COCHE ET MESSAGERIES
pilori, et leurs corps, coupés en quartiers, furent attachés aux arbres des chemins, pour servir d'exemple !.
Le 29 septembre 1602, le prévôt de Paris fit, pour le transport des voyageurs de Paris à Troyes, à Dijon, à Chälon-sur-Saône, un règlement qui fixait à 4 livres 10 sols le prix du voyage de Paris à Troyes, et à 2 sols 6 deniers la taxe à percevoir sur chaque voyageur par le commissaire général des coches publies. Le paiement d’arrhes n’était pas omis, non plus que l'indication des jour .et heure du départ.
Quant an service des messageries entre Troyes et Paris, il se faisait par deux chasse-marée, et, le 2 septembre 1598, la ville avait ainsi réglé les prix des transports : pour une lettre, 1 sol; pour un paquet de lettres, 18 d. ou 2 s. au plus ; pour les paquets de lettres royaux ou arrèts en parchemin, 3 s. en été, 4 en hiver; pour des hardes et marchandises, 1 s. par livre. Une personne payait un écu et demi avec 25 livres de bagages, et au-dessus 1 s. par livre ?. De Châlons à Paris, en 1607 #, le transport des voyageurs coûtait 4]. 10 s., et celui des bagages 8 den. par livre. Ainsi du moins le proposait le conseil de ville, au lieu de 400 sols par personne, et de 10 den. par livre, que demandait l’entrepreneur, Jean Goujard (10 septembre).
Ces dispositions, prises sous l'influence croissante d’un habile ministre, n'empêcheront pas sans doute les larrons et les soldats cassés d’entraver parfois encore les communications et de jeter l'effroi dans les campagnes”. Mais elles témoignent avec plusieurs autres que la vie et la fortune des citoyens deviennent de la part de l'autorité royale l’objet d'une protection de plus en plus vigilante et sévère. Ainsi le port des armes à feu est interdit sous peine de mort (4 avril 1598, 42 septembre 1609) ; les duelistes sont frappés de la même peine (avril 1602, juin 1609). Comme en 1567, les usuriers sont poursuivis et « pugnis par la bourse »; les concussionnaires sont recherchés, et des commissaires sont envoyés en Cham-
1 CL. Haton, t. Il, p. 986 et sq.
Boutiot, t. IV, p. 294.
3 Arch. mun., série BB, 18.
Pussot, ann. 1609.
5 1d., ibid.
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pagne pour s’enquérir du règlement des tailles. Il en vient deux à Reims, au mois de novembre 1598, qui ont l’ordre « de faire bonne « justice des délinquants ». Le principal, le sieur d’Amours, se contentant « de sa doulce vacation », sut, à la vérité, se faire « bien « payer par les recepveurs des tailles », et, comme Michel Alexandre en 1567, recevoir « grands deniers »; après quoi « se partit le « 5 décembre, et s’en alla à Rethel continuer pour ce faict sa com- « mission ». Ainsi, quand, l’année suivante (1603), vinrent également à Reims « commissaires pour la réformation et pugnition de « plusieurs généraux, trésoriers, recepveurs et officiers qui avaient « mal usé des deniers, des tailles et semblables », les coupables furent « pugniz par la bource seulement, et plus doucement « traités... quasi qu’en avait usé par cy devant Me d’Amours 1. » Un édit du 21 septembre 1604 révoquera la chambre royale et les commissaires députés dans les provinces pour la recherche des abus et malversations commis dans les finances ?; mais la surveillance n’en sera pas moins exercée sur la gestion des deniers publics, et l’avidité des officiers contenue. Aussi, dès l'ouverture du XVIE siècle, on sent renaître la joie dans le peuple avec la sécurité et la confiance. Le mariage du roi avec Madame la duchesse de Florence est, à Reims, le 2 février 1601, jour de la Chandeleur, l’occasion de fêtes publiques : on chante des Ze Deum à Notre-Dame, en même temps qu’on fait feux de joie au Marché-aux-Chevaux; on avait disposé trois fauconneaux au-devant de la Maison de ville, mais ils avaient été si mal chargés que les deux premiers se rompirent, et le second assez malheureusement pour causer la mort de plusieurs personnes.
L'année suivante, 1602, est une année d’abondance. « En ce « temps faisait bon vivre », s’écrie Pussot ; «le bled à juste prix, « savoir : le seigle xxxvr solz, le froment L solz, l’avoine xvux solz « le septier, et la queue de vin commun xxxvr livres tant vieil que « NOUVEAU ».
Cette même année, fut, le 30 septembre, publié à Reims «un « nouveau règlement et taulx des monnoys, savoir: l’eseu soleil « Lxv solz, et les aultres pièces d’or réglées selon l’édit; et les
! Pussot, ann. 1603.
? Arch. dép. de la Marne, Q 2490, f° 286.