‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 240 sur 327 · RÉFORMES MILITAIRES · texte numérisé non relu

RÉFORMES MILITAIRES

V. Sully, qui, depuis 1577, était déjà seul surintendant des finances, ne s'élait pas seulement fait nommer, en 1599, grand voyer du royaume ; il avait encore joint à ce titre ceux de grand maître de l'artillerie et de surintendant des fortifications. H les avait sollicités pour faire servir la prospérité financière de la France à l’organisation de ses forces militaires, et pour mettre celles-ci dans la main du roi. Comme les armées étaient jusque-là mal payées, elles étaient mal entretenues, mal disciplinées, et se livraient à des désordres qui ne les rendaient pas moins redoutables aux populations que les ennemis eux-mêmes. « Le roi, n’estimant pas que des & capitaines mal payés, des soldats négligés, levés à coups de bâton « etretenus au camp et au devoir par la crainte des prévôts, des « prisons et des potences, portassent jamais grande amitié à ceux « qui les emploieraient, ni combattissent de cœur. et supportassent « gaiement les périls et les faligues de la guerre, se résolut de

« préparer des moyens pour les soudoyer suffisamment! ». Il fit si bien, grâce aux économies de Sully, qu'il put aisément réunir et retenir sous les drapeaux autant de Français que le voulaient les circonstances ?, sans être obligé de faire de pressants appels aux services de l'infanterie et de la cavalerie étrangères, qui commencèrent dès lors à perdre de leur importance. L'armée française prit ainsi un caractère vraiment #ational, et les récompenses décernées au mérite, les pensions réservées aux vieux capitaines, l'asile ouvert? aux pauvres soldats « estropiés, vieux etcaducs », les exemptions d'impôts assurées aux veuves el aux enfants de ceux qui avaient versé leur sang sur les champs de bataille, lui donnèrent une nouvelle force avec une nouvelle ardeur. Mais Henri IV eut le tort de conserver l’ancien et vicieux usage de licencier les troupes à la fin des hostilités; ce fut pour le soldat, comme nous l'avons vu plus haut, un prétexte de continuer à piller et à dérober pour se créer quelques ressources en ses vieux jours.

« C’est à l’année 1568, dit M. Boutarie, que remonte la création « définitive des plus anciens régiments d'infanterie ». Il s’en forma,

! Sully, Œconom. royales, c. 146.

? Un fantassin coûtait par mois 21 livres, y compris les appointements des chefs, et un cavalier 60 livres.

3 R. de l’Oursine, de 160% à 1606. Poirson, t. Il, p. 343.

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