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INFLUENCE DE LA RÉFORME SUR LE CLERGÉ

quatre heures, à peine du fouet pour la première fois, des galères pour la seconde, et défense leur est faite de mendier : ils seront contraints de besoigner pour gagner leur vie. — Les invalides, habitans ou estrangers, seront mis aux hôpitaux de la ville. — Tous les pauvres secourus porteront sur l’épaule droite la livrée de leur paroisse, selon l’ancien règlement ; sinon, leurs noms seront à jamais rayés des rôles de l’aumône.

À cette répression un peu draconienne de la mendicité, on est heureux d’opposer les encouragements donnés à la vertu indigente par le duc de Nevers et Henriette de Clèves, sa femme. Dès 1573, ils avaient fait en faveur de soixante fillespauvres, dites f{les-madame, que l’on mariait tous les ans dans leurs principautés, une célèbre fondation qui fut, en 1588, renouvelée sous une forme plus simple, et dont le pape Sixte-Quint reconnut l'intérêt, cette année-là même, par une bulle d’indulgence accordée, le 10 novembre, aux pieux donateurs. On n’exigeait des jeunes filles à marier que trois conditions : qu'elles fussent pauvres, catholiques et honnêtes. Tous les ans, à Pâques fleuries, autant il s’en trouvait qui réunissaient ces conditions, autant, dans chacune des localités désignées par la fondation, on mettait de billets en un vase couvert d’un linge ; les billets favorables portaient ces mots: Dieu vous a élue; les autres, cette parole touchante : Dieu vous console ! Tout lot gagnant assurait une dot de cinquante livres, et en échange de cet avantage on demandait aux filles appelées à en jouir de réciter un Pater et un Ave pour les deux bienfaiteurs, afin de «les garder d’offenser Dieu, « accroistre leurs bonnes intentions, et de leur pardonner leurs « fautes et péchés * ».

VII. On l’a dit avec raison: « Le plus grand », si ce n’est le seul « mérite de la Réforme », — car des libertés de conscience et d’examen elle ne tint aucun compte à l’égard de ceux qui les voulaient prendre au sérieux, — « c’est d’avoir imprimé à la pensée humaine

1 Cf. l'ordonnance de Charles IX, du 7 avril 1564. —. La police des pauvres est confiée à des bedeauæ, qui ne sont autres que les sonneurs des églises paroissiales.

2 Marlot, t. IV, p. 468 et sq. — Rethel et Gerson, par Chéri Pauflin, pur

« une prodigieuse activité, d’avoir ranimé le catholicisme ; c’est, « comme l’a si bien remarqué M. Guizot, d’avoir provoqué ses « adversaires à écrire, à discuter avec elle. Cette guerre de pam- « phlets, de conférences entre les anciennes et les nouvelles opi- « nions, a répandu en France une liberté qui a tourné au profit de « la science, de la moralité, de l’honneur du clergé français ». On accusait ses mœurs : il répondit aux attaques par des mœurs plus pures ; «on lui reprochait son ignorance, l'oubli de ses principaux « devoirs : il se voua à l'étude, à la prédication, il se réorganisa « enfin sous l'influence d’une discipline sévère, et il devint en « France le représentant d’un catholicisme plus large et plus « éclairé ». « L'Eglise, dit Tavannes, ressemble aux royaumes qui « sont longtemps en paix, lesquels n’ont point de capitaines pour « n'avoir point esté attaqués. La guerre en fait naître : ainsi les « ecclésiastiques s'éveillent et se font sçavants par l’entreprise des « huguenots, les rembarrent ! ».

Il n’en alla pas ainsi tout d’abord ; mais la persécution huguenote, en secouant la mollesse du clergé, ranima sa foi, fortifia son attachement à l'Eglise, et quand celle-ei eut fait entendre sa voix au concile de Trente, il céda volontiers à l’aiguillon de la parole et de l'exemple du grand cardinal de Lorraine. La pompe du culte prit un caractère plus sérieux ; les principes de la religion furent, dans les chaires de vérité, exposés aux fidèles avec une force et une éloquence nouvelles ?; des religieux, répondant avec empressement à l'appel des évêques, vinrent, aux avents et aux carêmes, confirmer l’enseignement des prêtres séculiers par des prédications à la fois savantes et enflammées ?. En même temps, des cérémonies ou des

1 Le Cardinal de Lorraine, par Guillemin, p. 500.

2? Ceci remet en mémoire une demande que Mayenne fit, le 8 février 1591, à l'effet d'obtenir pour l’armée la dispense du maigre (Corresp., t. I, p- 21).

3 Voir Pussot, passim, pour ce qui regarde Reims. — A Chaumont, où c'était la ville qui nommait les prédicateurs, on a retenu le nom de ce capucin, le P. Aimé, qui, prêchant un jour sur la Passion, après avoir avancé que le Christ avait reçu deux mille coups de poing bien comptés, les fit retomber par parties sur son auditoire : 500, s’écria-t-il, sur ces coquettes dont les minauderies causent la perte des âmes ; 500 à la police, dont les officiers m’entendent, eux qui, pour des épices, font les aveugles

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