RESTAURATION DES ÉTUDES
institutions pieuses, telles que les processions et l’adoration perpétuelle, ranimaient et entretenaient la dévotion du peuple, particulièrement à Reims, où, de Noël 1589 à la fin de l’année 1595, toutes les églises exposèrent successivement à la vénération publique « le « corpus Christi », pendant huit à quinze jours, selon l’importance des oratoires !.
À cette restauration de la foi catholique par l'enseignement et les pratiques de la religion, Henri IV concourut, dans une certaine mesure, en choisissant pour les prélatures des « personnes de mé-
et rendent la justice à rebours. À qui donnerons-nous les 500 autres? Aux maltôtiers qui ne manquent point parmi nous. Comme il descendait de la chaire, les officiers de la police l’arrêtèrent: « Révérend père, lui disent-ils, vous avez gardé 500 coups de poing pour vous, et vous mériteriez qu’on vous les administrât. » (Histoire de Chaumont, p. 192).
1 Pussot, ann. 1590. On ne saurait nier qu’en prêchant l'émancipation de la raison, le protestantisme contribua puissamment à émousser les armes de l'Eglise ; mais il faut aussi reconnaitre qu’en présence de l’ébranlement de la foi, l'Eglise eut la sagesse d’en user avec plus de circonspection. Elle ira même jusqu’à faire disparaître dans ses commandements ceux qui se rapportaient à l’excommunication.
Le sixième et un septième disaient :
Les excommuniez fuyras Et dénoncez expressément.
Quand excommunié seras Faitz toi absouldre promptement.
Dans ses Décrets du 7 juin 4640, René de Breslay, évêque de Troyes, adoptant le formulaire du prône publié, l'année précédente, par Octave de Bellegarde pour le diocèse de Sens, remplaça ces deux commandements par le suivant
Vendredy chair ne mangeras Ni samedi défendu lan.
« Ni le samedi mesmement », dit le Rituel de 1660.
On sait queles formulaires du prône ne firent leur apparition que sur la fin du XIVe siècle et dans le cours du XV®. Ils ne faisaient, d’ailleurs, que consacrer d’antiques prescriptions, sauf à en modifier, selon les temps, la forme où même l’objet. (Voir le premier formulaire du prône dans Je diocèse de Troyes, publié par M. l'abbé Lalore, à Troyes. lmprimerie de J. Brunard.)
« rite, qualité et suffisance ‘», et en assurant aux desservants, par l’édit de 1606, avec le revenu de leurs eures, une existence honorable. Les gentilshommes durent, en effet, sous peine d’amendes arbitraires, cesser de prendre ou de faire prendre, à titre de ferme, par personnes interposées, le revenu des ecclésiastiques ?. Les curés cessèrent dès lors d’abandonner leurs paroisses faute de ressources, ou de « s’employer à chose séculière contre leur profession #», et une fois garantis contre les étreintes de la misère, ils devinrent pour les évêques de bons ouvriers fermement dévoués au succès de l'œuvre évangélique.
Mais ce n'était point assez pour Henri de prêter à la religion le concours de son pouvoir et de ses lumières ; le développement de l'intelligence, la culture des esprits se recommandaient aussi à sa sollicitude. Les commendes, en livrant les abbayes à des étrangers, à des soldats avides, à des protestants même ‘, en avaient chassé les lettres, dont elles étaient autrefois l’asile, et il était devenu nécessaire, pour donner l'instruction à la jeunesse, de faire appel à toutes les forces vives du clergé séculier ou régulier. Les Jésuites répondirent à cet appel, et, quand il vint à Reims en 1606, Henri n’hésita pas, en y autorisant la fondation d’un collège, à leur en confier la direction. Etablis d’abord (24 août) dans l’ancienne maison des Ecrevés, ils se transportèrent, deux ans après, dans l’hôtel de Cerny Ÿ, que François Bruslarst, abbé de la Val-Roï, avait acquis pour eux, et leur enseignement eut bientôt un tel succès
1 Edit de décembre 1606, Recueil d’Isambert, t. XV, art. 1%, — René Benoist, qu’il avait nommé évêque de Troyes le 4 avril 1594, n'avait pu être agréé par le pape : il lui substitua, en 1605, René de Breslay, qui prit possession le 20 septembre, et fit son entrée solennelle le 23 octobre ; c'était un prélat pieux et zélé, qui usa sa vie épiscopale à favoriser les Jésuites et à fonder à Troyes des maisons religieuses.
? Edit de décembre 1606, art. 28.
SAS art 2/0
4 Sully en avait obtenu un certain nombre qui lui donnaient un revenu de 45,000 livres. — On regrette de voir Mayenne solliciter l’abbaye d'Igny pour le fils d'un magistrat qui était âgé de 13 à 1% ans. (Corresp., 1. M, p. 31.)
5 Les bâtiments de lhôpital général occupent aujourd’hui cet
emplacement.
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