ECRIVAINS ILLUSTRES
chaires en chacune d’elles !. Fournier jouissait à Reims d’une telle
popularité que, lorsqu'il y vint en 1609, le premier jour surtout où
il administra le sacrement de confirmation, il « ÿ eut un grand
« désordre à cause de l’affluence du peuple ? », avide de contempler ses traits, et jaloux de recevoir sa bénédiction. Il mourut à Metz ; l'année suivante, et son corps fut inhumé dans l’église de Saint- : Denis. ù
Nicolas Brularst, sieur de Silery (17 dée. 1544-octobre 1624).
Après avoir été conseiller au parlement et président des enquêtes, si il fut envoyé en ambassade auprès des cantons suisses (1887), où il Ù ir demeura jusqu’en 1593, et il y servit heureusement les intérêts de | la France. Il prit ensuite une part très active aux négociations du
traité de Vervins, et l’honneur qu’il en rapporta le fit choisir pour | aller à Rome traiter la délicate affaire de la nullité du mariage du
roi avec Marguerite. Les éminentes qualités qu’il révéla dans ces
différentes missions lui acquirent une telle considération et lui | gagnèrent si bien la confiance et les bonnes grâces de Henri IV, que
ce prince créa pour lui l'office de garde des sceaux (déc. 1604) et { lui conféra ensuite celui de chancelier de France (17 sept. 1607), | pour être inséparablement uni au précédent (V. ci-dessus, p. 320,
n. À, et p. 455)3, et Nommons ensuite Nicolas Bergier (1566-1623), Rémois d’origine ni 1 et avocat de profession, qui, après avoir enseigné tout d’abord les Al humanités au collège des Bons-Enfants, se livra pour lui-même à le | l'étude des lettres et des sciences, et se distingua non seulement jé )e comme poète et musicien spéculatif, mais encore et principalement FA comme antiquaire et historien. Son ouvrage le plus important est | ii sans contredit son Æéstoire des grands chemins de l’Empire romain. Î
1 Les cours de droit civil et canon se firent dans les bâtiments de la Cour-Chapitre; ceux de médecine dans une maison située rue de l’Æcole à de médecine. — Cf. l'Histoire du Collège des Bons-Enfants par M. l'abbé | | Cauly. iL |
? 1d., Pussot, ann. 1609.
5 Cest en souvenir du chancelier Sillery-Brularst que le célèbre voyageur Champlain, qui avait reçu du roi, en 4603, la mission de créer des
établissements dans l'Amérique du Nord, fonda, en 1608, à 12 kilomètres 4 Aa au sud de Québec, sa principale création, le village de Sillery, que recom- ; 4 mandent ses pelouses et ses ombrages. ; ;
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Il se proposait d'écrire celle de sa ville natale ; mais il n’en a laissé que le plan et les deux premiers livres, qui traitent des anciens peuples de la Gaule Belgique et de l'origine des Rémois.
Vignier (Nicolas), de Troyes (1530-1596), s'est distingué comme médecin et surtout comme historien. Partisan des nouvelles doctrines, il avait dû fuir en Allemagne pour échapper à la persécution qui signala les dernières années du règne de Henri I. Ce fut là qu’il composa la première partie de ses ouvrages, el particulièrement sa Bibliothèque nationale. Ge recueil considérable l'avait obligé d'étudier les Pères et les annales de l'Eglise : l'étude attentive qu'il en fit lui ouvrit les yeux sur ses erreurs, et de retour en France, il s'empressa de les abjurer. Cette conversion, jointe à l'éclat de ses mérites, lui valut les bonnes grâces de Henri Ill, qui le choisit pour médecin et le pourvut des charges d’historiographe et de conseiller d'Etat.
Jean Passerat, né à Troyes le 18 octobre 1534, mort à Paris le 44 septembre 1602. Successeur de Ramus dans la chaire d’éloquence et de poésie latine au Collège de France, après avoir été contraint par les troubles de la ligue d'interrompre ses leçons, il les reprit en 4594 sur l’ordre de Henri IV, et les ouvrit « par une harangue « éloquente, mêlée de plaintes sur les malheurs passés et d’éloges « touchants pour le second restaurateur des lettres, que sa fidélité « à la cause royale lui donnait le droit de louer». Il avait, en effet, combattu pour lui dans la Satyre ménippée, dont la plupart des vers lui appartiennent *, comme l’un des morceaux les plus considérables de ce pamphlet politique, la harangue du représentant du Tiers état, passe pour être sortie de la plume de son compatriote Pierre Pithou. Aussi a-t-on pu dire sans trop d'exagération que la Satyre ménippée fut une œuvre « champenoise et « même troyenne* », ce qui ne l’absout pas du trop juste reproche qui lui a été fait d’avoir indignement travesti et livré au ridicule les
1 Poirson, Hist. de Henri IV, t. Il, p. 424.
2 Parmi ses poésies, qui ne manquent ni d'esprit ni de grâce, celles où il célèbre le dieu de la dive bouteille témoignent naïvement d’un goût que ses contemporains du reste lui attribuent, et que son portrait atteste suffisamment. (V. 4 Nouvelle biographie générale du docteur Hoffer.)
3 Boutiot, Hist. de Troyes, t. IV, p. 226