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LANGRES CONFIE SON COLLÈGE AUX JÉSUITES. d17

classes ! y avaient été transférées dès le 26 mars 1618, et deux ans après on y comptait quatre cents élèves ?.

Aïnsi en fut-il à Chaumont, où les vœux de la population, les libérales donations de la famille du prévôt Nicolas Rose, et des lettres patentes d'approbation du 11 juillet 1617, permirent aux Jésuites de substituer à l’ancien collège, mis en vente, un établissement dont la chapelle, fondée le 18 mai 1629, fut ouverte au culte le 21 novembre 1640, et dont les dispositions intérieures furent complétées, au milieu du siècle, par la construction d’une bibliothèque, d’une salle des congrégations et d’un salon « pour jouer la tragédie ÿ ».

Vers le même temps (20 septembre 1633), la ville de Sens cédait aux Jésuites l'hôtel des Tournelles pour y établir son collège. Ils le firent reconstruire en pierres de taille et briques provenant des démolitions du château de Villeneuve-l’Archevèque, qu'Octave de Bellegarde leur abandonna.

Sept ans plus tard, c’est-à-dire après vingt-trois ans d’inutiles tentatives, le 28 mai 1630, étaient «admis les vénérables Pères de

« la Compagnie de Jésus en la ville de Langres, pour tenir escole |

« et y faire leçons des humanités et exercices pieux qui se font « ordinairement en leurs collèges, et commencèrent à régenter au « vieux collège de cette ville... jusqu'à la Saint-Remy, qu'ils

. <entrèrent au logis du prieuré Saint-Gengoulphe, et eurent pour

« premier préfet ou directeur dudit collège le Père Jean Dorigny,

mérite (Histoire de l'Abbaye d’Avenay, par Paris, p. 343). L’établissement relevait d’abord de l’abbaye d'Avenay, mais il ne tarda pas à s’affranchir de cette tutelle (41 février 1627), et il garda son indépendance jusqu'au jour où un arrêt du conseil vint le supprimer (21 février 1788), pour l'affecter au logement des pauvres de l’hospice Saint-Maur. Cest aujourd’hui, depuis 1847, une maison de retraite de femmes.

1 À la suite d’un mandement du roi de procéder sans retard à l’ouverture du collège (Rouen, 28 décembre 1617). La même année, l’évêque faisait savoir son intention d'établir un séminaire en ville, en face du collège (17 octobre).

2 Il ny manquait qu'une classe de philosophie : le 10 sept. 1621, le conseil de ville sommait les jésuites d’en ouvrir une (Arch. municipales, BB, 19).

5 Hist. de Chaumont, p. 207 et sq.

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« natif d’auprès de Reims, homme très docte et savant en toutes « sortes de langues !».

Ce n'était point à la célèbre compagnie que la ville de 7royes devait donner sa confiance. François Pithou, qui mourut le 25 janvier 1621, ne lui avait, du reste, légué de grands biens pour l'entretien de son collège, qu’à la condition expresse de ne le point confier aux jésuites? ; elle en remit la direction aux Oratoriens, le 90 avril 1630, à la faveur d’un séjour de Louis XITT en ses murs. Les Pères de l’Oratoire prenaient l'engagement « d’y instruire la jeunesse « de la ville et du dehors ; d’y tenir cinq classes pour y enseigner « publiquement et gratuitement les lettres humaines, les bonnes « mœurs et la piété... »; etils tinrent si bien parole que la maison qui était déjà peuplée de 293 élèves en 1634, en comptait, en 1638, 350 ; en 1649, quatre cent dix-huit et neuf classes ?.

Dans des localités moins importantes se fondaient en même temps et de la même façon, sous les noms de régences, de pédagogtes où de prestimontes, des établissements plus modestes, qui offraient à la jeunesse l'avantage de se préparer commodément à l'exercice des arts mécaniques par des études appropriées à ses besoins. Ainsi, en 1628, une dame généreuse laissait-elle à Chemery une rente de 600 livres pour y créer et y entretenir une régence avec le concours des habitants. Ainsi les libéralités de Louis de Bourbon, comte de Soissons, et de François de Selles, concoururent-elles à doter Noyers d’un collège, qui fut, dès l’origine (1633), dirigé par les Doctrinaires. Ainsi Ghâtillon-sur-Seine jouissait-il, depuis 1624, d’un collège tenu par des ecclésiastiques qui ont su y soutenir jusqu’à la Révolution la gloire des vieilles écoles de cette petite ville.

L'instruction manuelle des enfants pauvres était aussi l’objet de la sollicitude publique. En 1624, l’année même où la mort devait le

1 Journal de Clèment Macheret, p. 10.

2 « Autrement je désire que tout soit vendu pour estre employé aux pauvres. » (V. le testament de François Pithou, Arch. de l'Aube, D. 9). Troyes ne voulut jamais recevoir les Jésuites. [ls étaient cependant parvenus à y prendre pied en 1638, par la faveur du roi: mais, voyant le peuple échauffé contre eux, le maire dut, pour les soustraire à des insultes, les faire monter dans un carrosse et les conduire hors de la ville. 3 Hist. de Troyes, t. IV, p. 352.

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