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ARBALÉTRIERS ET ARQUEBUSIERS

« batterye et grand effroy », jusqu’à l’entrée du cimetière, qui leur fut interdite!.

A Provins, la même année 16414, la compagnie des arbalétriers se transforme et substitue la buttière à l’arbalète. Nombreuse et élégamment vêtue, la nouvelle compagnie d’arquebusiers marche fièrement sous un drapeau qui présente, d’un côté, l’image de la Towrle-Rot avec cette légende :

Struaæit me Cæsar, servat me Cœsare major, et de l’autre une guirlande de lis et de roses avec ces mots : Le)

Sic florent nostris lilia mixta rosis?.

Les arbalétriers de Sainte-Menehould avaient, depuis longtemps déjà, opéré leur transformation ; mais ce ne fut qu’en juin 4612 que la compagnie des arquebusiers fut constituée par lettres du roi, comme elle reçut, le 3 juillet suivant, ses premiers statuts $.

Celles de Vertus et de Suippes ont pris naissance en 1643 ‘. Leurs chefs prêtaient serment entre les mains du capitaine de la compagnie de Châlons, dont elles se reconnaissaient filles.

Celle de Chaumont se réorganise en 1620, et reçoit de la mairie (1623) un nouveau règlement. Ce n’est plus le roi du tir qui commande la compagnie pendant l’année ; le capitaine est désormais nommé par élection.

Les arquebusiers de Château-Thierry, à la suite d'une montre dont Louis XIIT fut très satisfait, obtiennent de Sa Majesté (novembre 1631) la confirmation de leurs privilèges, et, en particulier, pour celui qui aura abattu le pape-gault, des avantages précieux 5.

1 Pussot.

? Bourquelot, t. IE, p. 215.

$ Buirette, p. 251 et sq.

4 L’arquebuse de Vertus, reçut, en 1615, lettres patentes du roi ; mais elle était organisée dès 1613. Celle de Suippes s’était fondée le 8 mars 1611, par permission de M. le duc de Nevers. Mais toutes deux ne furent véritablement constituées qu'après avoir prêté serment au capitaine de la Compagnie chälonnaise (Dom François, Hist. manusc. de Châlons ; pièces justificatives des 48 mai, 24 mai et 142 juin 1613). — M. Paris conjecture que l’arquebuse d'Avenay naquit vers ce temps-là.

5 Hist. de Château-Thierry, t. 1, p. 261.

Toutes ces compagnies ont des buttes où elles s’exercent et où elles se convient. mutuellement à disputer quelque riche joyau. Ainsi les archers de Reims, le 1% juillet 1612, offrent aux archers des treize villes un prix de vaisselle d'argent de la valeur de 600 liv. tourn. ; Châlons, Rethel et La Fère répondent seules à l'appel, et ce sont les Rethelois qui ont l’honneur d’emporter « le principal « et meilleur pris ».

Mais le jour même, à l'issue des vêpres, revenaient de Sézanne les arquebusiers rémois, fiers du succès qui les avait signalés, car ils avaient fait les meilleurs coups et gagné pour mil dix-huit 1. t. de vaisselle d'argent ‘.

En 1624, c’est Troyes qui offre les prix d’un tir général. Les convocations ne se bornent pas à la Champagne ; elles s'étendent aux provinces voisines, à l'Ile-de-France, à la Picardie, à la Bourgogne, et 74 villes promettent de se faire représenter à la solennité. Trente-quatre tiennent parole, Reims, Châlons, Château-Thierry, Melun, Chaumont, Meaux, Auxerre, Sainte-Menehould, Senlis, Mézières, Nevers, ete. Le rendez-vous était fixé au samedi {7 août ; ce jour-là six cents chevaliers assistèrent avec toutes les confraternités des paroisses à un grand service religieux et à une procession générale, Le mardi suivant, les préparatifs de la fête terminés, et le prix général proposé, lequel était de 7,840 livres, le bailli tira le coup du roi, auquel répondirent les trompettes et les détonations de l'artillerie. Aussitôt commença le tir. Le plus beau coup fut celui du chevalier Violette, de Bar-sur-Aube, qui frappa à une ligne de la broche 2.

If. Ces compagnies, qui étaient, du reste, « composées de l'élite « des bourgeois et habitants # », ne rivalisaient pas seulement d'habileté au tir, mais encore de luxe dans leur accoutrement. La ville de Troyes seule avait cinq compagnies qui se distinguaient par les couleurs de leurs habits de satin, de taffetas, de gros de Naples. Chez d’autres, le velours le disputait à la soie. Aussi bien le luxe était-il général et faisait-il des progrès que les lois somp-

1 Pussot.

2 Boutiot, t. IV, p. 336 et 337.

3 Ce sont les termes d’un arrêt du 26 janvier 1715, art. 3.

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