CHARLES DE GONZAGUE DESCEND EN ITALIE
lui avait laissé en Italie Vincent Il, duc de Mantoue et marquis de Montferrat, mort sans postérité (1627), avait invoqué l’appui du roi, et, sous la conduite de Louis?, une armée avait, le 1% mars 1629, franchi le mont Genève. Elle comptait dans ses rangs de nombreux gentilshommes de la Champagne, et le régiment de Rambures, un des petits vieux corps, avait pour sergent-major le sage et vaillant Fabert, dont l'expérience ne devait point être inutile au premier succès de nos troupes $. Grâce à ses conseils, elles avaient brillamment emporté le Pas-de-Suze, fermé par trois lignes de retranchements (6 mars); puis, envahissant le Piémont, ellesavaient contraint le duc de Savoie à demander la paix (11 mars), dégagé Casal *, que pressait un corps espagnol, et rétabli Charles dans la possession de ses Etats.
Mais, les Français une fois partis, la maison d'Autriche avait repris les armes contre le prince, et Casal, Mantoue, les deux citadelles de l'Italie, vigoureusement assiégées, étaient menacées de succomber, si la France ne leur venait en aide.
Pour le ministre, il n’y avait pas à hésiter : l'honneur et la sécu-
1 Pour être parfaitement exact, le véritable héritier de Vincent était le fils de Charles de Gonzague, Charles, duc de Rethel, qui avait épousé, en 1627 même, la nièce de Vincent, et qui mourut le 31 août 4631, un peu plus de deux mois après letraité de Quiérasque (19 juin), qui réglait son différend avec la maison d'Autriche.
2? Dans ce voyage de Paris à la frontière de Savoie, Louis « reçut à « Bray la visite du prince de Condé, accouru du fond de sa province pour « lui demander humblement la permission d'aller faire un tour à Paris, « promettant de sy gouverner ainsi que Sa Majesté lui ferait dire à « l'oreille ». (Diaire du voyage du roi en Italie, Aff. étrang., Turin, t. X, 1° 377).
Louis arriva à Troyes, le 23 janvier 1629, se rendant en Dauphiné ; il y fit son entrée royale le 25, et fut accueilli à grands frais. Quand, après son départ, on fit l'évaluation des dépenses, on trouva qu’elles s’élevaient à 24,251 1. 17 s. (Courtalon. t. ler, p. 176 à 484.) — Le 31 janvier, Louis était à Dijon, et ily « receut visite de Messieurs les vénérables du chapitre « de Langres, comme aussi de Messieurs les maire et eschevins de ladite « ville de Langres ». (Journal de Clément Macheret, p. 8.)
$ A son retour d'Italie, il devait recevoir de Louis XIII les provisions d’une charge de capitaine devenue vacante au régiment de Rambures.
# Casal a été remplacée par Alexandrie.
rité de la France lui commandaient d'intervenir; mais tel n’était point le sentiment de la reine-mère et de ses flatteurs, bien plus jaloux de l‘influence de Richelieu que soucieux des intérêts du royaume. Le cardinal l’emporta, non sans qu'il en coûtât à Marie des pleurs amers : la guerre fut résolue. Aussitôt 25,000 hommes sont envoyés dans les Alpes, et 25,000 réunis en Champagne, où l’on pouvait craindre une attaque des troupes impériales qui occupaient l’Alsace. Cette seconde armée est placée sous les ordres du maréchal de Marillac, frère du chancelier et créature dévouée de la reine-mère, à qui avait été remis le soin de la lever.
Richelieu, quis’était décidé à prendre le commandement de l’armée d'Italie, substituant à sa robe de pourpre l’équipement militaire, ne tarde pas à partir (1629, 29 décembre), et bientôt, au bruit de ses premiers succès, le roi quitte Fontainebleau pour se rapprocher du théâtre des opérations et observer en même temps les mouvements des impériaux en deçà du Rhin. Le 43 février 1630, en même temps qu'il invitait le conseil de ville de Châlons à rendre leurs armes aux habitants qui font profession de la R. P. R. ?, il annonçait son arrivée à Troyes et demandait qu’on réparât les chemins aux abords de cette dernière ville, et « qu’il fût construit un pont en bois avec « garde-fous en face du moulin de la Pielle, suffisant pour y passer « un Carrosse ».
Cependant Gaston d'Orléans, son frère, qu'offusquait la puissance de Richelieu, après s’être retiré à Montargis, avait gagné Joinville, Saint-Dizier, et de là s'était rendu à la cour de Lorraine (septembre 1629), où il avait reçu le plus brillant accueil et les fêtes les plus somptueuses. Il importait au roi que son frère n’y demeurât pas longtemps, et qu'il n’allât pas s’enflammer d’un beau feu pour la sœur cadette de Charles IV, dont les charmes paraissaient faire impression sur son cœur. Louis lui fit offrir, avec l’oubli de ses torts, le duché de Valois pour augmentation d'apanage et le gouvernement d'Amboise. Gaston, qui avait inutilement demandé le gouvernement de la Champagne ou de la Bourgogne, accepta loffre de Louis (2 janvier 1630), et se séparant du duc de Lorraine, partit pour Orléans, sans songer du reste à voir le roi.
1 V. ci-dessous, Appendice, n° XVI des lettres de Louis XIE. ? Arch. dép., AA 9.
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