CRÉATION DE L'ÉLECTION DE SAINTE-MENEHOULD
le 9, à la Capelle, d’où, assuré de son pardon, il partit, le 11, pour Saint-Germain, résidence de la cour. L'accueil qu'il y reçut de Sa Majesté et des ministres, fut très cordial. Il promit de demeurer soumis aux volontés du roi, jura « d'aimer Monsieur le Cardinal « autant qu'il l’avait haï », et s’en alla vivre obscurément à Blois, tandis que la reine-mère se réfugiait à Londres auprès de sa fille Henriette.
Tranquille désormais sur l'intérieur, Richelieu, après avoir confié la sûreté de la Lorraine à la vigilance de Condé, et la garde des frontières du duché et de la Champagne à l’arrière-ban de la noblesse, pouvait maintenant jeter l'épée de la France dans la guerre de Trente-Ans.
Mais avant d’entrer dans le récit des événements qui se rapportent à cette période, rappelons 1° que Louis XIII racheta, en 1634, Ze comté de Sainte-Menehould, qui par aliénation étaitentré, en 1597, dans la maison de Nevers, et que, le 22 juillet, fut fait un bail des revenus de ce domaine au profit du roi; 2° qu'un édit du mois de mai 1635 créa à Sainte-Menehould un siège et bureau d’Ætection en chef, qui porta à 12 le nombre des éZections de la généralité de Champagne ! ; 3° que par suite d’un malentendu, les fortifications de la ville furent, cetteannée, presqu’entièrement démolies. Jugeant que, depuis l’annexion à la France du Clermontois etde la province des Trois-Evêchés, les châteaux-forts de différentes places de la Champagne devenaient inutiles, le conseil du roi avait décidé le rasement des fortifications du chäteau de Saïinte-Menehould ; mais la commission donnée à l’intendant portait ces mots: le rasement des fortifications de la ville et du château de Sainte-Menehould. On avait donc appelé à l’œuvre de destruction 8,000 paysans des villages environnants, et ceux-ci, commençant par la démolition des murailles, déployaient d'autant plus d'activité qu'ils pensaient être désormais affranchis de l'obligation du guet et de la garde qui pesait sur eux, quand, sur les observations présentées au conseil, l'erreur fut reconnue, et la démolition des murailles suspendue. Elles furent même relevées ensuite (1636) au son des violons, et mises en meilleur état qu'auparavant. La dépense, qui s'éleva à 54,333 1., devait, par arrêt du conseil du 29 novembre 1636, être supportée par toute
1 Arch. départementales de la Marne, G 2498, {° 167.