‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 30 sur 327 · INCENDIE DE TROYES · texte numérisé non relu

INCENDIE DE TROYES

lui assignant une subvention el partageant avec elle, pour ses exercices, la carrière des archers ‘.

C’est au milieu de ces dispositions militaires qu'éclata à Troyes, le 24 mai, un incendie qui dévora le quart de la ville, détruisant le beffroi, endommageant les églises de Saint-Jean, de Saint-Nicolas et de Saint-Pantaléon, surtout réduisant à la misère une foule de familles. Il avait été allumé, selon toute probabilité, par une vengeance privée, mais la gravité de la situation extérieure fit aisément supposer à la population affolée qu'elle était victime de boute-feux aux gages des ennemis de la France”, et dans sa première fureur elle livra aux flammes, sans jugement ni avis, plus d’un malheureux, étranger ou non, qu'elle tenait pour suspect. Ni l’âge ni le sexe n'étaient épargnés, et de « pauvres savoyards, porteurs de patenô- « tres et de flûteaux de Saint-Claude, trouvés en ville, reçurent, dit « Nicole Pithou, de bien mauvais traitements à ».

Ce triste événement, joint aux rumeurs alarmantes qui venaient du dehors, fut pour la ville un motif impérieux de redoubler de vigilance et de précautions. Dès le 27 mai, une assemblée générale décidait qu'on travaillerait tout d’abord à la réparation des portes et des murailles, et qu'on formerait une compagnie de 600 hommes chargés de veiller à la süreté commune. Mais les circonstances demandent le secret et la permanence des délibérations : le 2 juin, il est créé un étroit conseil de neuf personnes, six laïques et trois ecclésiastiques, lequel se réduit à six par le refus obstiné du clergé de désigner des membres. Entré, le 3, en fonctions, ce conseil sanctionne les résolutions de l’assemblée générale; puis, le 5, fait

1 Le 15 avril suivant, le roi donnait à sa mère le duché de Nemours, y compris les châtellenies et terres de Château-Landon, Nogent-sur-Seine et Pont-sur-Yonne, vacant par la mort de Philibert de Savoie, qui en avait obtenu la jouissance sa vie durant (Arch. nat., XI 8612, f° 9).

2? Ce fut aussi le sentiment des magistrats de Troyes, ainsi qu’en témoignent la réponse qu’ils firent, le 9 juin, aux maire et échevins de Dijon, désireux de connaître la cause de l'incendie, et la lettre qu’ils écrivirent, le 15 juin, à « leur très chers frères et amys, les maire et eschevins de « la ville de Bourges » (qu'un pareil désastre avait éprouvée quelque temps auparavant), afin de savoir ce que le roï avait fait pour eux. (Boutiot, ibid., p. 316 et 324).

> Boutiot, p.310 et sq.

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