ARRIVÉE DE LA COUR A REIMS
seront représentés à l'entrée des souverains ; on en a soumis les sujets à M. de Guise et il les a tous approuvés. « Trois dames, € savoir : Amour, qui sera vêtu de rouge, Paix vêtue de blane, « et Vérité d'azur, seront assises sur un échafaud bien triompha- « lement, et ne parleront pas, mais seulement feront une grande « révérence à la reine, quand elle approchera, etchacune aura son « nom écrit auprès d'elle. Quant à la jeune fille qui doit représenter « la ville de Reims, elle sera ainsi accoutrée : une cote de satin de « soie jaune paille, le surcot de satin blane de soie, les manches de « toile d'argent bien découpée et du taffetas dedans jaune, noir et « blanc, et on les fera fort bouffer; et en grande révérence elle « fera sa petite harangue.. » On offrira en présent à « la reine et « aux enfants de France » deux bassins et trois coupes de la valeur de 600 écus d’or soleil. « On donnera du vin au roi et aux grands « de sa suite : en tout 84 poinçons, dont 20 au roi ! ». Le 30 mars, la cour faisait son entrée dans la ville au milieu de l’allégresse générale, et trois jours après, le 2 avril, on vendait à l'hôtel de ville les meubles et accoutrements qui avaient servi à la solennité ?.
Vingt jours avant le roi (10 mars), était venu à Reims prendre possession de son siège et se préparer à recevoir son souverain Jean de Lorraine, frère du gouverneur de Champagne, qui fut le premier archevêque de la cité nommé en vertu du concordat. Il succédait à Robert de Lenoncourt, décédé le 25 décembre 1532, et qui avait signalé son pontificat non-seulement par l’affabilité de son caractère, sa déférence singulière pour le chapitre etles dons précieux qu'il fit à son église Ÿ, mais encore par la générosité de son cœur et la charité éclairée qu’il montra, dans les mauvais jours, aux ouvriers
1 Arch. législ., ibid. Ce dernier point de la délibération du 18 mars prouve seul amplement que le roi a fait son entrée à Reims, le 30 mars, avec la reine et ses enfants, et que, si Jean de Lorraine y est venu, le 10, prendre possession de son siège, ce n’est pas avec François [', ainsi que le dit Marlot (t. IV, p. 296).
? Le 13 juin, le conseil constatait qu'après cette vente il restait net de frais faits, 3,283 1. 15 s. 10 d. t. — La cour était partie le 31 mars.
ë Il lui fit entre autres, en 1530, celui de 14 pièces detapisseries sur lesquelles on trouvera plus bas quelques renseignements.
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de la manufacture, les employant à des constructions qu'il interrompait ou reprenait selon les besoins du peuple, et assurant ainsi l'existence de nombreuses familles, qui, sans son aide, auraient suecombé sous le poids de leur misère. Jean de Lorraine ne devait point laisser une telle mémoire à un diocèse qu'il ne fit d’ailleurs pour ainsi dire que traverser, el qui était le douzième auquel il était appelé, depuis qu’à l’âge de trois ans, il avait été investi du titre de coadjuteur de l'évêché de Metz. Esprit pénétrant et délié, il avait pour les négociations une aptitude et des lumières que prisait fort le roi, et dont il sut tirer parti dans sa troisième guerre avec Charles-Quint (1534-1538).
Pour dissiper les soupçons de l'empereur, le duc de Milan avait fait assassiner (juillet 1533) l'ambassadeur de France, qu'il avait secrètement agréé. Jaloux de venger cet outrage, François va d’abord resserrer à Marseille les liens qui l’unissent au pape Clément VIE, en mariant son second fils Henri d'Orléans à Catherine de Médicis, nièce du souverain pontife (27 octobre). À son retour, il traverse Troyes en grande pompe, le 31 janvier 1534, et s'occupe immédiatement de réorganiser l’armée. Par son ordonnance du 24 juillet , il distribue les francs-archers en légions, « à l’ancienne « façon des Romains », compose chaque légion de six compagnies de mille hommes chacune, met à la tête de chaque compagnie un capitaine ayant deux lieutenants sous ses ordres, et, pour relever la considération de cette infanterie, autorise, encourage les nobles à y entrer. Les 42,000 légionnaires doivent tous être couverts de hallecrets ou corselets de fer; deux mille sont armés d’arquebuses, le reste de piques.
En temps de paix, ils sont exempts dela taille, pourvu que leur eote ne dépasse pas 20 sous, et sont soumis à des montres (revues) régulières, deux par an, pour lesquelles ils reçoivent une indemnité de frais de route ; en temps de guerre il leur est alloué une solde de la valeur de cinq francs par mois. S'ils sont blessés sans être hors de service, ils seront exempts de la taille pour toute leur vie et placés en
1 Il en avait fait une le 12 février qui réglait Feffectif des lances de chaque compagnie de gens d'armes. C'est vers ce même temps que les anciens archers à cheval prirent le nom de chevau-lègers et formèrent des
corps séparés.