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LES VILLES DE LA PROVINCE SE METTENT EN DÉFENSE

« à laquelle tous les roturiers universellement du royaume sont « contribuables et subjets, et de cet argent on en façonne de braves « hommes et vaillants capitaines » ; car il ne suffit pas d’avoir des hommes, il faut encore les former au maniement des armes. On continua done d’enrôler des Suisses, des Allemands, des Italiens, mais on ne renonça pourtant pas tellement au service des nationaux qu’on ne retrouve la mention, en 1575, de la légion de Champagne. En conséquence de la réforme, sur la somme à laquelle sont taxées les villes fermées des bailliages, Troyes l’est, en 1543, à 26,040 L., Reims à 39,600 L. î.

in même temps François [#, qui avait, le 19 novembre 1538, confié le gouvernement de Bourgogne à Claude de Guise, déjà gouverneur de la Champagne ?, et qui l'avait ensuite déchargé de ce

On voit par les lettres du roi du 8 mai 1543 que cette dernière somme répondait à la solde et payement de 4,600 hommes de guerre (Arch. légist., p. 475-476). La taxe dut naturellement varier et varia, en effet, selon les circonstances et surtout suivant les instances faites par les villes pour en obtenir la diminution. Elle était, en 1548, de 21,820 livres pour Troyes. Les archives de Reims présentent des lettres royaux du 15 juin 1576 portant décharge de 7,000 L. pour la part de la ville, — du 26 avril 4582 portant décharge d’un quart (Ibid., p. 477). Mais cette contribution n’en devait pas moins être de bonne heure odieuse et insupportable auæ villes (Lettres du roidu 2 août 1554. Ibid., p. 902, 903). A Reims, les gens d'église, après quelques débats, furent tenus de payer 25 0/0; les nobles contribuaient pour leurs biens ruraux situês dans la ville (1b., p. 891. Délibération du 26 mars 1543. Boutiot, t. IL, p. 384). — Nous devons faire observer touchant la cotisation de Reims qu’il y a contradiction entre les termes de la délibération du 26 mars 1543, portant que la ville est taxée à 14,600 1. (p. 891), et ceux de la déclaration de François Ie* du 8 mai de la même année, portant que les commissaires l'ont cotisée à 39,600 1. (p. 476). Mais cette contradiction n’est qu'apparente et nous semble se dissiper devant les lettres de Henri Il du 18 décembre 1548 autorisant à employer le produit. de l'octroi sur le vin « au payement de 14,600 1., à laquelle la ville a été cotisée en 1543 pour le payement de quatre mois de 50,000 hommes de pied » (Ibid.).

2 Cette réunion des deux gouvernements dans les mains de Claude est prouvée par les conclusions des conseils de ville de la Champagne, et spécialement par celles du conseil de Reims du 7 janvier et du 7 juillet 1539. On lit particulièrement à ce conseil, le 7 janvier 1539, des lettres

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gouvernement en faveur de Philippe Chabot, amiral de France (25 mai 1542), le lui rendait le 3 juin 1543, à la mort du titulaire (Le juin); puis, le 17 août, il investissait du gouvernement de la Champagne Charles, duc d'Orléans, son 3° fils, en lui donnant pour lieutenant général le duc de Nevers, et en comprenant dans son gouvernement le duché de Luxembourg (18 août). Le roi pensait sans doute par ces mesures rendre plus libre et plus active la défense de l’une et de l’autre province !.

De leur côté, les villes de la Champagne prenaient leurs sûretés et n’y épargnaient aucun sacrifice. A Troyes, on achève les remparts sur un plan nouveau : on abat trente des anciennes tours, on en renforce douze autres, et on jette six ponts pour relier les fortifications ; en même temps on détruit impitoyablement les jardins et les maisons situés dans un rayon d’un quart de lieue ; on construit seize moulins à cheval et à bras, on fabrique des artifices à feu : et néanmoins il sort de la ville des munitions considérables de guerre

du duc, datées de Joinville le 27 décembre 1538, qui se terminent ainsi : « Le duc de Guyse, gouverneur es païs et comté de Champagne ét Brye, lieutenant général pour le Roy et commis de par ledit seigneur en la charge de gouverneur des paiïs et duché de Bourgogne. « Bien vostre « Claude ».

Et le 7 juillet 1539, autres lettres datées de Dijon 1°: juillet, au-dessoulz desquelles est escript : « Le duc de Guyse, per de France, lieutenant général du Roy en Champagne, Brye et Bourgogne ».

Signé : Claude.

Remarquons en passant la conclusion du 25 janvier 1540 : « ME' le duc de Guyse doit cejourd’huy arriver en cette ville. L'on présentera taudit seigneur gouverneur ung poinsson de vin clairet et ung poinsson de vin blanc du meilleur, et on lui fournira le linge qu’il faudra ».

ï 1 Les deux actes qui regardent la nomination de Charles d'Orléans en qualité de gouverneur de Champagne, et l'attribution à son gouvernement du duché de Luxembourg, sont datés de Marchais (Arch. mun, de Chälonssur-Marne, AA 3).

Cest à tort, croyons-nous, qu’on a supposé que le roi se défiait de l’'ambition du duc, surtout depuis l’avénement de Marie de Lorraine, sa fille, au trône d'Écosse ; car cette princesse était mariée depuis 7 mois au roi d’Ecosse (9 mai 1538), quand son père fut appelé à joindre le gouvernement de Bourgogne à celui de Champagne.

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