‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 40 sur 327 · MESURES DE DÉFENSE PRISES A CHALONS · texte numérisé non relu

MESURES DE DÉFENSE PRISES A CHALONS

dirigées sur Saint-Dizier‘, Montéclair près Andelot, et Montigny-le- Roi. On complètera l'artillerie l’année suivante (1544, 14 juillet), en convertissant en pièces de canon les cloches de cinq églises. La population valide forme quatre compagnies, commandées chacune par un capitaine et marchant chacune sous un étendard aux trois couleurs. Si la place est assiégée, chacun fera son devoir ; il serait dangereux d’ailleurs d’y manquer : par ordre des commissaires royaux (juillet 1544), quatre canons doubles sont placés devant l'Hôtel de Ville, et deux potences se dressent, l’une au Marché-au- Blé, et l’autre au grand pont de Saint-Jacques *. À Châlons également on fait de grands travaux. Dès le mois de mars 1543, M. de Guise prévoit un siège, et les habitants de Vertus ont reçu l’ordre de prendre part aux fortifications en fournissant chacun deux chevaux harnachés avec tombereaux et pionniers ; un mois après, le roi, qui avait envoyé, en 1542, quatre canons à la ville, expédie lettres closes prescrivant d’y laisser 7 milliers 547 livres de salpêtre pour être convertis en poudre *. L'année suivante (1544), sur les ordres de Mgr de Nevers, qui avait été particulièrement chargé de la défense de Châlons, le conseil de ville décide, le 93 juillet, qu'il sera fait en certains greniers des amas de grains ; le 24, « qu’on prendra des « convers et novisses des Cordeliers etJacobins pour ayder à esbarber « les boulets de la ville... et que les mareschaulx et charpentiers seront contraintz par emprisonnement de leurs personnes à monster et acoustrer les deux coulleuvrines bastardes et ung faulconneau.…; » le 26, que « l’on fera quatre bannières de toilles, deux noires et deux blanches, pour mestre sur les deux elochés de Saint-Etienne et Nostre-Dame », avec deux guettes, qui mettront en apparence labannière noire pour annoncer l'approche de cavaliers ennemis, et la bannière blanche pour signifier celle de gens de pied, en même temps « qu’ils devront frapper autant de coups qu'’ilz

1 Saint-Dizier reçut aussi de Provins 13 beaux canons, qui lui furent envoyés par M. de Longueval, lieutenant du due d'Orléans (Bourquelot, Hist. de Provins, t. 11, p. 115); ils ne devaient jamais revenir.

? Boutiot, ibid., p. 385 et sq. — Les pertes occasionnées par les démolitions sont estimées 200,000 liv. (3 millions), les dépenses en constructions 117,044 liv. (4 million 766,000 fr.). Ce fut le plus grand effort militaire de Troyes. L

3 Dom François, Hist. ms. de Chälons.

— Tr = es = =.

« pourront compter de gens !. » De plus, on fera à la sûreté de la place de durs sacrifices : on rasera non seulement Z4 maison de l’évesque?, mais encore les églises Saënt-Mange et Saint-Sulpice, la maison des Mathurins ou Trinitaires, l'abbaye de T oussaints, encore hors des murs, et toutes les propriétés situées « à l'entour « des murailles à la distance de 50 pas » . Ainsi Sainte-Menehould, qu'avait visité François Ier, vers le 20 septembre 1543, et qu'il avait commandé de fortifier, vit-il disparaître le prieuré de Saint-Etienne, dépendant de l’abbaye de Moiremont.

Reims est prêt, de son côté, à recevoir l’ennemi ; l'archevêque a écrit aux habitants (154%) pour les engager à faire bonne garde !, et ils n’y failliront pas.

Charles-Quint et Henri VIII se proposent, en effet, de démembrer la France ; ils sont convenus de l’envahir, celui-ci par la Picardie, celui-là par la Champagne, et de marcher tous deux sur Paris sans s'inquiéter des places fortes. Mais leurs intérêts étaient trop divers pour qu'ilsse fiassent l’un à l’autre. Le roi d'Angleterre, débarqué vers la mi-juillet 1544, avait à peine entrepris le siège de Boulogne, que le vice-roi de Sicile, Ferdinand de Gonzague, qui

1 Conclus. du conseil.

? Rapport d’un espion lorrain, dans L’invasion allemande en 1544 : « On abattait, quand partys jeudi dernier, la maison de l’évesque, qu’estait « joindant les murs ».

5 Peu avant ces résolutions, des plaintes s’étaient élevées sur le petit nombre des conseillers de ville qui assistaient aux séances, bien qu’ils fussent 40 ou 45. On propose d’en déléguer douze qui auraient pouvoir de conclure en l'absence des autres ; finalement on décide que dorénavant ceux qui assisteront au conseil recevront 1 solt. sur les deniers communs de la ville (24 juin).

Il semble qu’il faille alors stimuler le zèle des gouverneurs et échevins de Châlons : c’est sur peine de la hart qu’on leur donne l’ordre (1° juillet de faire faire 3,000 pelles, 2,000 piques, 2,000 hoyaux et 4,000 hottes pour travailler aux remparts (Concl. du conseil, Le juillet 1544). Il est vrai, dira le conseil dix mois plus tard (26 avril 1845), que, « pour la grosse multitude de peuple mort, et que plusieurs se sont absentez pour le dangier de peste qui y reigne si piteusement, et rendus habitans des villes loingtaines, tant à Paris, Estampes, Reims que autres villes », c’est « chose impossible de répartir équitablement les charges de la ville ».

4 Coquaulf, Hist. ms. de Reims.

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