‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 43 sur 327 · SAINT-DIZIER SE REND · texte numérisé non relu

SAINT-DIZIER SE REND

Six semaines pour s'emparer ainsi d’une bicoque ! C’était un début peu encourageant. Charles-Quint, qui, dans la nuit du 6 au 7 août, avait déjà fait saccager Vaucouleurs, pouvait bien, le 19 août, tirer vengeance du mal que lui avait fait François de Guise, en envoyant 4,000 Espagnols avec 4 pièces d'artillerie, saccager et brüler Joinville ‘. Il n’en voyait pas moins son armée très fatiguée, en grande disette de vivres, et il avait en face de lui une armée de près de 50,000 combattants *. En cet état de choses, il crut prudent de prêter l'oreille à quelques pourparlers de paix mis en avant, durant le siège de Saint-Dizier, par Grandvelle et des serviteurs du roi. Les députés de part et d’autre se réunirent à La Chaussée, et « entrèrent en quelques articles de traittes ». Pendant ce temps, l’armée impériale, après s'être reposée quelques jours à Saint-Dizier, s'était mise en mouvement le 25 août, et s'était avancée sur Vitry, où l'empereur vint coucher le 26 et « demeurer le 27 tout le jour ». Le 99, il était à Saënt-Amand « pour négocier », et le lendemain à La Chaussée ; mais il ne se fit « aucune conclusion ». Charles V continua donc sa marche, et suivant la rive droite de la Marne, par Saint-Germain-la-Ville et Chepy, qui fut ruiné complètement ?, il alla loger, le 31 août, à Surry, où il demeura le 1* septembre, et où les négociations furent reprises sans plus de succès qu'auparavant. Arrivé, le 2, devant Châlons, « environ les trois « heures » après midi, « incontinent qu'il fut nuit’, c'est-à-dire « environ les dix heures® », il tourna la ville « à un demi trait de

1 Le château, qui était bien « le plus beau qui se puisse voir pour la situation, architecture et l'agrément », fut épargné. Ainsi épargna-t-on les églises des villages mêmes qui eurent le plus à souffrir, Chancenay, Valcourt, Moeslains, Hoéricourt, Eclaron, etc. (L'invasion allemande en 1544, p. 263, n. 2).

2 16,000 Suisses et Grisons, 6,000 Italiens, 6,000 lansquenets, 12,000 fantassins français, 2,000 lances, 2,000 chevau-légers.

3 V. à l’Appendice, une requête des habitants de ce village, tendant à ce qu’ils soient exemptés d'impôts, en raison de leur malheur.

1 Mémoires de Ferry de Guyon, dans la collection de la Société de l'histoire de Belgique, 1 vol. in-8°, Bruxelles, 1858. De Guyon faisait partie de l’armée impériale, et raconte de visu.

5 Itinéraire de Jean Vanderesse dans la collection des voyages des souverains des Pays-Bas, publiée en 1874 par Gachard, t. IL, p. 290.

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