‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 44 sur 327 · LE · texte numérisé non relu

LE

« canon !», et traversant la route de l’Epine, continua de descendre la rivière, « si qu’à l'aube du jour » il avait « passé plus haut que le « camp des François ? ».

Cest pendant que son armée campait à Sarry, presque sous les murs de la place, qu'impatiente de « reconnaître l’ennemi et de « rompre des lances pour l’amour de leurs dames », la jeunesse de Mgr de Nevers sortit à l’escarmouche ; il se fit là de belles charges, où deux gentilshommes de la maison de Mgr d'Orléans furent tués « de coups de pistoles (pistolets), qui sont petites harquebuses qui « n’ont qu'environ un pied de canon, et qu'on tire avecques une « main, donnant le feu avecques le rouet » (1° septembre).

Laisser derrière soi l’armée française était chose fort dangereuse : aussi bien l’empereur avait-il pensé l’attaquer dans son fort; mais il fallait passer la Marne à gué faute de pont, et Guillaume de Furstemberg, qui s'était chargé de trouver un endroit favorable, était tombé pendant la nuit dans une embuscade, alors qu’il sondait la rivière. Privé de ce secours, et sur la foi des rapports qu’il avait reçus, pensant ravitailler à Epernay son armée, l'empereur continua de tenir la rive droite de la Marne, se dirigeant par Tours-sur-Marne et la ville d'Ay, qu’il trouva dévastée, sur Avenay, où il passa la journée du 4 septembre.

Charles-Quint avait appris, en effet, qu'il se trouvait à Epernay un encombrement considérable de bestiaux, de grains, de vins, et de denrées de toute espèce. On les y avait réunis pour servir à l «estaple » de l’armée française, dans la prévision que les Allemands entreprendraient le siège de Châlons ou de Sainte- Menehould*. Mais, en apprenant que Charles-Quint passait outre, le dauphin envoya « un capitaine de gens de pied faire retirer les vivres qui « estaient audit lieu, et rompre le pont qui estait sur la « rivière »,en même temps que le roi donnait au capitaine Séry, qui commandait dans la ville, l’ordre d’y mettre le feu (3 septembre) ; « et fut [à cet égard] la chose faicte si soudainement que les habitants

1 Id., ibid.

? Mémoires de Ferry de Guyon, ibid.

$ Cette ville, dont François Er, en montant sur le trône, avait donné la seigneurie à sa mère Louise de Savoie, était revenue à la couronne à la mort de cette princesse (1531), et Claude de Lorraine, duc de Guise, en avait eu l’usufruit.

—— em

Page 1