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LA CHAMPAGNE SOUS HENRI II

1547. — 929 Jun 1559.

Sacre de Henri Il par Charles de Lorraine, Nommé cardinal, ce prélat se rend à Rome ; il obtient pour Reims la création d'une université. La cour vient à Troyes. Heuri I, entraîné à combattre la prépondérance de Charles-Quint, crée trente-deux présidiaux, dont huit en Champagne. Bienfaits de cette institution. Privilèges accordés aux hacquebutiers de Reims. Vues du roi sur la Lorraine. Henri vient à Châlons ; faveurs qu'il accorde à cette ville. Bientôt Toul est occupé, Metz surpris et Verdun se soumet. L’armée royale pousse jusqu’à Strasbourg, mais une invasion de la Picardie par les Impériaux la ramène en Champagne. Charles-Quint assiège vainement Metz ; il se venge en ruinant Térouenne. La Champagne se met de nouveau en frais pour sa défense et celle du royaume. Abdication de l’empereur. — On s'occupe, à Reims, de la navigation de la Vesle jusqu’à l'Aisne. — On y fonde le Bureau des pauvres ; dispositions pour qu'il n’en soit pas fait abus. — Enregistrement des coutumes du Vermandois — Une imprudence du gouverneur de Picardie rallume la guerre : déclaration en est faite au roi pendant son séjour à Reims, La prise de Calais par François de Guise ramène bientôt Ja paix. Mort du roi.

Henri Il, qui avait les goûts fastueux de son père sans manquer d'élévation dans les vues ni de constance dans l'exécution, après avoir recommandé l'âme du royal défunt à tous les chapitres cathédraux de la province, se mit en devoir d'aller se faire sacrer à Reims, et, jaloux de déployer la plus grande pompe, se fit accompagner des princes du sang, des principaux prélats, seigneurs et officiers de la cour, sous l’escorte de compagnies françaises et de dix enseignes de lansquenets. Il fit son entrée dans la ville le 25 juillet, et se rendit au palais par la grande rue, ornée d’ares de triomphe et de pyramides de verdure. Le lendemain 26, il reçut l’onction sainte des mains du nouvel archevêque, Charles de Lor-

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raine, fils de Claude de Guise !. Ce prélat, né à Joinville le 17 février 1595, avait été, dès l’âge de neuf ans (153%), chargé, comme premier abbé commendataire, des intérêts de l’abbaye de Montierla-Celle, puis appelé, le 26 avril 1838, par son oncle Jean à lui succéder sur le siège de Reims. Il avait été, sept ans après (février 1545), sacré archevêque à Joinville par l’évêque d'Amiens, le cardinal de Givry. Bientôt (mai) il recevait à Reims le pallium des mains de l’évêque de Châlons, et allait ensuite revêtir à Paris la dignité de chancelier de l’ordre de Saint-Michel.

Nul homme ne fut mieux partagé des dons de la nature ; nul ne réunissait dans un plus haut degré aux grâces extérieures de la personne un génie vif et profond, une imagination féconde et soutenue d’une heureuse mémoire. Il avait fait de brillantes études au collège de Navarre, qui était alors le collège des princes, et son esprit, orné des connaissances les plus variées et les plus solides, était éminemment propre à concevoir et à exécuter de grands desseins. Aussi François Le, frappé de la distinction de sa personne, de la supériorité de son jugement et de l’excellence de sa doctrine, navait-il pas craint de le donner pour précepteur à son fils, quoiqu’il fût de six années plus jeune que le dauphin. Désigné d'avance à l'admiration publique, quand il vint à Reims, le 6 décembre 1546, prendre possession de son siège, il y fit une entrée d’autant plus solennelle qu'il avait obtenu du pape des indulgences dont la publication, jointe à la curiosité, avait attiré dans la métropole un immense concours de peuple.

Ce prélat de vingt-deux ans venait de sacrer un roi de vingt-huit ans, quand, au milieu des réjouissances publiques, il apprit qu’il avait été nommé cardinal au titre de Sainte-Cécile (1° août)?. Peu après il partait pour Rome, sous le prétexte d'aller porter au pape, selon l’usage, l'hommage filial du nouveau monarque, et recevoir

1 Comme il redoutait l'influence énervante de la chaleur pendant cette longue cérémonie, Henri avait eu soin de demander au pape, pour lui ct sa suite, la permission de ne point jeûner avant la messe, et Paul IL s'était empressé de la lui accorder par une bulle du 28 juin (V. cette bulle dans Marlot, t. IV, p. 675).

2 Il s'appelait d’abord cardinal de Guise, puis, à la mort de son oncle Jean (1550), il prit le nom de Lorraine, laissant le premier titre à son frère Louis.

CHARLES DE GUISE DIT LE CARDINAL pe LORRAINE

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