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TRÈVE DE VAUCELLES. — QUESTION DE LA VESLE

désire que la question soit soumise aux intéressés!, et le 49 août 155%, le conseil en est saisi. Celui-ci ne voit aucun moyen d'échanger cette taille contre un impôt indirect ; car «le commerce, qui « est de peu de chose à Reims, n'est pas déjà très florissant ». Une répartition différente de l'impôt en allégerait peut-être le poids ? Châlons est d'avis que, « pour remplacer la contribution susdite, le « Roy élève Le prix du sel à 8 sols par minot » (6 septembre). En attendant, des lettres du roi du 9 novembre 4554, sur la considération que l'empereur s'efforce, « en continuant ses opiniastretez et « mauvaises volontez de nous courir sus et faire du pis qu’il peult », ordonnaient la levée de 100,000 livres pour fortifier les villes frontières, et Reims était mis à 1,000 livres tournois pour sa part. Il est vrai que, l’année précédente, pour ce qui intéressait ses propres fortifications, des lettres patentes des 25 avril et 7 mai 1553 lui avaient accordé certaines sommes à lever par semaine sur les habitants des élections de Reims, Epernay et Sézanne‘.

Enfin un jour vint où Charles-Quint, las des jeux de la fortune, qui l'avait sans cesse ballotté entre la suprême grandeur et les plus cruelles humiliations, prit la résolution de se retirer de la scène du monde et d’abdiquer en faveur de Philippe Il, son fils ; celui-ci n’eutrien de plus pressé que de conclure avec Henri I, la éréve de Vaucelles (5 février 1556)5.

Les nécessités de la guerre avaient, en 1554 (février), appelé l'attention de Henri sur une question dont l'importance avait déjà éveillé celle de son père, ét auparavant celle de Charles VI (1489). On se plaignait alors des inondations de la Vesle, dont 28 moulins entravaient le cours. Le bailli de Vermandois, Douillet, avait reçu mission d'étudier les moyens de remédier au mal, mais il avait

1 Îl en saisit aussi son conseil par lettres datées du camp de Crèvecœur, 2 août 1554.

? Arch. lèg., Statuts, t. 1er, p. 903. L’impôtfut étendu, l’année suivante 1555, à tous les roturiers (H. Martin, t. VI, p. 451, note).

3 Id., ibid., p. 476.

4 Id., ibid.

5 Charles avait renoncé à la couronne d'Espagne le 16 janvier. Dès le 25 octobre 4555, il avait abandonné les Pays-Bas à Philippe. Le 7 septembre 1556, il envoya à son frère Ferdinand les ornements impériaux avec

sa renonciation à l’Empire.

échoué devant l'opposition du plus grand nombre des propriétaires de moulins !. François Le, à son tour, frappé de la difficulté pour la « ville de Reims, capitale du comté de Champagne assise en fron- « tière 2», de se procurer le foin et le bois nécessaires à ses besoins et à ceux des garnisons, avait chargé (1528) un de ses conseillers, Louis Gorra, de visiter les bords de la Vesle, et Gorra avait ordonné aux propriétaires de moulins de baisser les seuils et d'indemniser la ville de Reims des dommages que les eaux avaient causés à ses remparts. Mais, 25 ans après, tout se trouvait encore dans le même état. Les études entreprises par les commissaires du roi avaient convaincu son fils « qu’il serait fort facile » d’obtenir satisfaction « le long de la rivière de Vesle, où sont quantité de terres palu- « deuses et marais entretenus par l'empêchement » qu'opposent au cours de la rivière « certains partieuliers » ; qu'il suffirait de faire disparaître ces empêchements pour « réduire les marais en prés, et « obtenir des plantations de saules et peupliers propres à faire « fagots et échalas nécessaires au vignoble ». D'ailleurs, en ramenant les eaux à la rivière par des saignées et fossés « pratiqués dans « les marais, on pourrait la rendre navigable jusqu’à l’Aisne,.… ce « qui establirait communication avec la mer ». C'était là un sujet d'enquête fort intéressant, qu'Henri IL recommandait à la sollicitude de la ville : on rechercherait soigneusement les causes du peu d'écoulement des eaux et des inondations qui en résultent ; on ferait arpenter les marais, et, s’il y avait lieu, pour les réduire, de faire disparaître « les empêchements et retenues d’eau, on ne man- « querait pas de pourveoir de récompense raisonnable les intéres- « sés{». — Conformément aux instructions du roi, la ville fait faire, par un peintre vitrier, « une figure en parchemin* des prés et « marais, et du cours de la rivière de Reims à Fismes © ». Après de

4 Dix-neuf sur les vingt-huit.

? Arch. législ., ibid., p. 901.

3 Ils sont reconnus être de 47 à 1,800 arpents (Lettre du roi du 26 août 1556, Arch. législ., ibid., p. 873).

4 Id., ibid. — Cf. les lettres du 20 juin et du 26 août 1556. Par ces dernières, Henri 11 qualifie de nouveau la « ville de Reims capitale de son «-comté de Champagne ».

5 Un plan sur parchemin.

6 Arch. législ., ibid., p. 906.

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