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REIMS FONDE LE BUREAU DES PAUVRES

nombreux débats, on conclut que le tiers des marais soit réservé aux usages de la ville, et que les seigneurs propriétaires qui voudront conserver les leurs aient à payer les deniers que coûtera le curement et dessèchement ; les, autres seront indemnisés (23 juillet 1556) !. L'affaire de la navigation de la Vesle est aussi longuement traitée, et, sur les conclusions du Conseil, le roi permet à Reims de prendre pour cette opération 10,000 livres tournois pendant deux ans sur les élections de Châlons et de Laon?.

Une autre question, celle de l'assistance publique, préoccupait également alors l'administration rémoise. Dès le 22 mai 1529, elle avait manifesté le désir de mettre à exécution l'ordonnance du Parlement sur les mendiants valides et vagabonds3. Le 20 mai 1549, sur la requête de la ville, inspirée et appuyée par le cardinal de Guise, archevêque de Reims, Henri II permit au conseil d'appliquer à l'entretien despauvres valides l’ancienne contribution exigée pour la corvée des fortifications, et de faire, en faveur des invalides, une levée annuelle de deniers sur les bourgeois de la cité. Or, chacun des pauvres et moins aisés était taxé pour lesdites corvées, quand il ne pouvait faire sa journée d’une personne, à quaire deniers parisis par semaine, et les autres plus « puissants et mieux aisés à huit « deniers parisis ». Cet impôt, qu'il avait jadis supporté, parut cette fois au peuple mal assis, et, sur la demande du conseil, les plus

4 Un an plus tard (3 juillet 4557), le roi, apprenant que Oudart Bachelier avait entre les mains une bonne somme provenant des marais de Reims, écrivait aux gens du Conseil et gouverneurs de la ville : « Estans nos affaires tels que sommes contrainctz recourir pour la nécessité à ceulx qui ontmoyen pour nous ayder, nous vous prions esire contens nous faire prest sur lesd. de la somme de 4,000 tournois » (Hérelle, La Réforme et la Ligue, Lettres, p. 26).

? Arch. lég., ibid., p. 901 et 904. — La navigation de la Marne et de la Blaise est toujours aussi l’objet de la sollicitude de l'autorité (V. plus haut, p. 108). Pour l’améliorer, Antoine du Prat, garde de la prévôté de Paris, impose les villes assises sur ces rivières : Vitry-le-François à 250 1. £., Châlons à 800 1., Ay à 50 1., La Chaussée à 50 L., Epernay à 2001. Damery à 120 1., Pocancy à 50 1., Châtillon-sur-Marne à 400 1., Dormans à 4101., Château-Thierry à 450 L., La Ferté-sous-Jouarre à 100 L, Meaux à 600 1. et Lagny à 120 I. (17 octobre 1556).

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riches durent payer quatre sols parisis, et la taxe être graduellement diminuée selon les facultés et chevance de chacun, jusqu’à la somme de 4 deniers parisis, perçue sur les plus pauvres (14 octobre 4552). La ville obtint ainsi par semaine un fixe de 36livres dans les commencements et de 40 livres ensuite, ce qui faisait pour l’année 2,080 livres, somme considérable en ce temps-là !.

Le Bureau des pauvres ou de la miséricorde était fondé ?, mais il fallait prendre garde que la taxe des pauvres n’engendrât des abus. Un mémoire, présenté le 2 mars 1555, en signale quelquesuns avec les remèdes à y apporter. Il est des pauvres, dit-il, qui, « hardis et rusés, se font délivrer double ou triple pitance ; les « pauvres honteux endurent la faim ; beaucoup de valides, habitués « à l'oisiveté de longue date, ne veulent plus se mettre au travail ». ILconvient de faire dresser, dans chaque paroisse, deux rôles de tous les mendiants, « l’un pour les valides, l’autre pour les invalides ». Aux valides on ouvrira des ateliers de « drapiers drapans, « étaminiers, ouvriers de tissus, rubans, toiles, etc. » ; des prêts faits par de bons bourgeois entre les mains d’un notable commis par eux serviront à acquérir les laines, chanvres, etc., et le bénéfice de la vente leur sera, par ledit notable, réparti au marc la livre. — Si les valides ne savent point de métier, ou s’ils sont de sv lourde espèce qu'ils n'en puissent apprendre, on les fera besogner aux remparts. — Quant aux invalides, ils seront ou placés dans les hôpitaux, ou entretenus chez eux sur le produit des quêtes faites dans les paroisses, ou des deniers à Dieu que les marchands seront admonestés à mettre sur les marchandises qu'ils feront. — On renverra tout mendiant étranger. Le projet est adopté. Néanmoins, deux ans après, la mendicité est toujours grande dans la ville. Le cardinal en est affligé ; il voudrait éviter surtout que les enfants apprissent à mendier dès le plus jeune âge, ct il fait connaitre au conseil, le 10 avril 1557, son intention de recueillir « à ses dépens », en « certains logis, cent jeunes garçons et autant de filles pris surtout « parmi les orphelins, pour les instruire aux arts libéraux et méca-

1 Arch. lég., Statuts, ibid., et t. 11, p. 87 et suiv. 2? V. les manuscrits du chanoine Lacourt, qui assigne la fondation à

l’année 1550.

8 Arch. lég., Statuts, t. Ir, p. 903.

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