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LA GUERRE SE RALLUME

« niques ». « Îl veut de plus entretenir cinquante vicillards et « cinquante vieilles femmes qui n’ont plus aucun moyen de sub- « sistance ! ». C’étaient là de bien hautes inspirations, de bien généreuses institutions. Notre siècle, assurément, n’a rien trouvé de mieux.

La même année 1557 (2 juillet), étaient enregistrées en Parlement les coutumes du bailliage de Vermandois, pour la rédaction définitive desquelles Christophe de Thou était venu à Reims, le 31 octobre 1556, avec deux conseillers en la cour, présider les états du bailliage *. C’est cette rédaction qui est demeurée officielle jusqu’à la promulgation du code civil. Nicolas Bacquenois, que le cardinal de Lorraine avait fait venir, en 1550, de Verdun à Reims, l'imprima en 1557 sous le titre : Coutumes générales et particulières du bailliage de Vermandois, et elle se vendait chez « Gérard-Colbert, marchand libraire juré en l’université de Reims ».

Les délégués de Chälons, dès le 15 novembre, annonçaient au conseil de ville que leur tâche était remplie à la réserve de deux articles, dont l’un, disaient-ils, était « de grande conséquence ». Il s'agissait de la défense faite par la coutume châlonnaise aux père ou mère, aieul ou aïeule, d’avantager leurs enfants l’un plus que l’autre : à quoi les commissaires royaux ne voulaient rien entendre. Les délégués de Châlons invitaient done le conseil à en délibérer sans retard. Réunie le 18 novembre, l’assemblée générale des habitants, preserivit à ses mandataires de ne point céder aux demandes des commissaires du roi, et ainsi fut fait.

Cependant la trève de Vaucelles, qui devait assurer cinq années de repos au pays, avait été presque aussitôt rompue que conclue, et ce fut celui-là même qui l'avait négociée, ce fut l'amiral de Coligny, gouverneur de Picardie, qui ouvrit les hostilités en tentant de sur-

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prendre Douai, le 6 janvier 1557. Philippe [l n’y répondit qu'après

1 Arch. lèg., Statuts, t. [#, p. 905. A Châlons, il faut l’arrivée du dauphin (23 avril 1552), et le mécontentement qu’il manifesta de voir errer par les rues tant de mendiants, pour décider le conseil à voter cent écus en leur faveur et à placer pour eux des troncs dans les églises. (E. de Barthélemy, ibid., p. 201).

? Arch. lègist., Coutumes, p. 868. Les lettres de Henri Il chargeant M. de Thou de cette mission sont du 19 août 1556.

avoir amené sa femme, Marie Tudor, reine d'Angleterre, à prendre parti contre la France. Henri IL était à Reims, où il était venu avec la reine et le dauphin célébrer les noces du duc d'Enghien avec Mve de Saint-Pol, quand, le 7 juin, se présenta un héraut d'armes anglais, parvenu jusque-là à la faveur d’un déguisement, et qui, mettant un genou en terre, exposa au roi, devant toute la cour assemblée, l'ordre qu'il avait reçu de sa royale maitresse de lui faire déclaration de guerre. « J'accepte volontiers cette déclaration, « répondit Henri ; mais je veux que toute la terre sache que j'avais « cultivé l'amitié de la reine avec autant de sincérité que jamais « celle d'aucun autre prince. Aussi j'espère que la justice divine me « vengera de la rupture du traité. Je vous parle d’ailleurs de la « sorte, ajouta-t-il en s'adressant directement au héraut, parce que « c’est une reine qui vous envoie ; sic'était un prince, je vous par- « lerais sur un autre ton ». Après quoi il lui commanda de sortir au plus tôt du royaume, ce que celui-ci ne fit pas cependant, sans avoir reeu de Henri Il une chaîne de la valeur de 200 écus".

Le mois suivant (juillet), tandis que le roi appelait sur ses armes les bénédictions du Ciel ?, l’armée espagnole entrait en campagne sous la conduite de Philibert Emmanuel de Savoie, et, après avoir feint de menacer la Champagne pour y attirer les forces françaises, tombait sur la Picardie et venait mettre le siège devant Saëint- Quentin. Le connétable de Montmorency avait pensé dégager cette ville en se portant au secours de Coligny à la tête d'une armée de 25,000 hommes qu'il avait assemblés à Attigny. Arrivé à la Fère, il avait, le 8 août, poussé vers Saint-Quentin une reconnaissance dont il avait eu lieu d’être satisfait, et le 10, jour de la Saint-Laurent, il parvenait à introduire d'Andelot dans la place avec une force de 590 hommes. Mais, attaqué dans sa retraite, il essuya une sanglante défaite, et lui-même, qui avait annoncé « à tous les capitaines qu'il « montrerait à l'ennemi un tour de vieille guerre, grandement « blessé d’un coup de pistolle au dos », demeura prisonnier. Ce

1 Histoire de J. de Thou, t. I, p. 443. V. aussi le Discours de ce qu'a fait en France le héraut d'Angleterre et de la réponse que lui a faict le roy, imprimé à Reims par J. Bacquenois, 1557.

> L’archevêque de Reims reçut, le 47 juillet, des’lettres de Henri demandant des processions pour apaiser la colère de Dieu.

Mémoires du sieur Mergey, gentilhomime champenois.

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