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PRISES DE CALAIS ET DE THIONVILLE

désastre, à la suite duquel le due de Nevers, gouverneur de Champagne, avait ramené à la Fère les débris de l’armée, livrait Paris au vainqueur et mettait le royaume en péril ; mais Philippe Il était {trop inhabile pour tirer parti de la victoire. Il se rappelait d’ailleurs Yissue de la tentative de son père contre la Provence (1536), et craignant d'entrer comme lui en France en mangeant des faisans, et d’en sortir en ne mangeant que des racines !, il perdit son temps à poursuivre la prise de Saint-Quentin. Henri Il eut ainsi celui de former une autre armée, dont François de Guise, promu lieutenant général du royaume, prit le commandement à son retour précipité de l'Italie, tandis que le due de Nevers renforçait la frontière?.

Mais le trésor était vide, et le salut de la France réclamait de nouveaux sacrifices, d'autant plus impérieux qu’une fois Saint- Quentin pris, l'ennemi s'était successivement emparé du Catelet (7 sept.), de Ham, de Noyon, et s’y fortifiait solidement. N'osant plus augmenter les tailles, le gouvernement eut la pensée de faire un emprunt sur les classes riches, et, à cet effet, on convoqua à Paris une assemblé e de notables (6 janvier 1558), où fut représentée la ville de Troyes*. Le duc de Nevers ÿ pritla parolé au nom de la noblesse, et tous les de présents mirent au service de la couronne leurs corps et leurs biens. Il ne fallait pas moins de trois millions d’écus d’or, dit le cardinal de Lorraine, et la noblesse offrait un million ; les bonnes villes auraient done à fournir les deux autres, dont l'intérêt serait payé au denier douze. La charge était lourde ; mais sur ces entrefaites arriva F nouvelle de la prise de Calais par François de Guise (8 janvier). Ge brillant succès, qui, en rendant à la France une ville occupée par les Anglais depuis deux cent treize ans, leur fermait l'entrée du royaume, leva toutes les objections. Troyes avait à payer, pour sa part, 36,000 L. : elle les acquitta, en livrant de la vaisselle et des joyaux d’or et d'argent. La chute de Calais devait être bientôt suivie (22 juin) de celle de Thionville,

4 Louis Cabrera, historien espagnol (V. Hist. des ducs de Guise, par R. Bouillé. t. Ier, p. 400).

2 V. Hérelle, La Réforme et la Lique en Champagne, Lettres, p. 26 à 27. Le roi le félicite par lettre datée d'Offémont, 29 juillet 1557 (Arch. dép. de la Marne, AA 4).

Boutiot, p. 438. V. le Registre XII des Conclusions du conseil.

dont la garnison inquiétait de ses continuelles incursions jusqu'aux frontières de la Champagne.

Dès la fin d'avril, Vieilleville, gouverneur de Metz, était arrivé sous les murs de la place avec plus de 12,000 hommes, et, conformément aux instructions du due de Guise, il l'avait fait investir avec l’aide de « castadours et de pionniers » levés loin des frontières dans les élections de Sens, d'Auxerre, de Nemours, d'Orléans, de Troyes et de Châlons, pour ne pas éveiller l'attention des ennemis

Vers ce temps-là même (24 avril), le dauphin François épousait la nièce des Guises, Marie Stuart, reine d'Écosse, et sept mois après (17 novembre) Philippe IH, qui avait déjà perdu (21 septembre) avec son père l'appui de son nom et de ses conseils, perdait avec sa femme l'alliance et le secours de l'Angleterre. Cette situation, jointe à la détresse du roi d'Espagne, dont les finances penchaient vers leur ruine?, et à l’impatience du connétable de Montmorency de recouvrer la liberté, amena la paix de Cuteau-Cambrésis (2 et 3 avril 1359), qui fut proclamée dans les villes de la Champagne au son des trompettes, accueillie par des réjouissances publiques et célébrée par des Te Deum et des processions *. Le traité n’était cependant pas aussi avantageux à la France qu’elle avait le droit de l’espérer ; mais il promettait quelque repos à la nation. Il donnait à Philippe Il la main de madame Elisabeth, fille aînée de Henri, et à Philibert de Savoie celle de madame Marguerite, sa sœur ?.

Au milieu des fêtes auxquelles donna lieu ce double mariage, le roi de France fut mortellement blessé dans un tournoi (29 juin 4559). Sa mort (40 juillet) fut un deuil général, et il y avait raison, car la jeunesse et la fin prématurée de son fils allaient livrer la France aux fureurs des guerres civiles.

4 Boutiot, ibid., p. 44%.

V. les Papiers d’Etat de Grandvelle, t. V, p. 453-454 (Doc. inédits). Boutiot, p. 445.

4 Le roi n’avait pas attendu la fin des négociations pour conclure le

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mariage, projeté depuis longtemps, de sa seconde fille Claude avec

Charles If, duc de Lorraine. Ce mariage fut célébré le 22 janvier 1559.

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