‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 96 sur 327 · L'ÉDIT D'AMBOISE · texte numérisé non relu

L'ÉDIT D'AMBOISE

rebelle des négociations qui avaient, non sans peine, abouti à l'édet d'Amboise (19 mars 1563). Tout le passé était mis à néant, et le roi reconnaissait que Condé n’avait pris les armes que pour le bien de son service. Le culte protestant était autorisé dans les maisons des nobles, dans l'étendue des domaines des seigneurs hauts justiciers, et dans une ville par bailliage d’où l’on appelle directement aux cours souveraines. Les étrangers des deux armées seraient renvoyés dans leur pays, et on leur donnerait des guides pour les accompagner jusqu'aux frontières.

À peine connu, l’édit avait provoqué de toutes parts l’indignation, chacun des deux partis se croyant trahi, l’un par la faiblesse ou l'ambition de Condé, l’autre par un secret penchant de la reine pour les nouvelles doctrines. Le Parlement ne l'avait enregistré que contraint, et le conseil de ville de Troyes, après avoir, le 29 mars, décidé que le roi serait prié de ne le point faire exécuter dans la ville, avait, le 20 avril, rédigé dans ce sens unenouvelle requête. Pour toute réponse, le gouvernement avait, à la prière des protestants, fait parvenir à l’échevinage, le 95 avril, une copie de l’édit par l'entremise de M. de Barbezieux, lieutenant général de la province; mais le conseil n’en avait pas moins persisté dans sa résistance, appuyant son refus sur l’approche des forces étrangères qui, selon lui, étaient à dix lieues environ de la ville, et sur les menaces, dégâts, ruines et démolitions d’églises advenues depuis la publication de l’édit 1.

Les reîtres approchaient, en effet, au nombre de dix à douze mille, sous la conduite du prince de Porcien, l’un des commissaires désignés par le gouvernement ?; ils.étaient entrés dans la Brie «par « au-dessus de Nangis », et, après avoir costoyé le pays de la rivière de Marne jusques ès environs de la ville de Vertus, non sans effrayer les gens de Provins qui s’attendaient à les voir apparaître le mardi de Pâques (13 avril), ils avaient traversé la Champagne pour aller gagner la rivière d’Aube. De là, laissant Troyes sur leur droite, ils vinrent camper près de Montier-en-Der, qu’ils pillèrent au commencement de mai, et où ils séjournèrent près de six semaines. Le pays à six lieues à la ronde eut fort à souffrir ; l’abbaye de Huiron fut en partie ruinée ; Bar-sur-Aube fut saccagé, le château

1 Boutiot, p. 901, 553 et554, 2 Henri, ibid., p. 26,

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de Blaise emporté et le couvent des minimes de Bracancourt livré aux flammes, après avoir été, sous la direction de la princesse de Porcien elle-même, mis au pillage. Il n’y avait, du reste, pillards si avides que ces Allemands. Rien n’échappait à leurs recherches, et ils fouillaient partout « en logis, jardins, cours, fumiers, pour « trouver butin ». Tout leur était bon : « vans à vaner grain, fléaux & à battre ès granges, seaux ou seilles à porter et puiser eau, cordes « et chaînes pour en puiser »; ils entassaient « tous ces biens! » sur leurs chariots et les emmenaient avec eux; le bétail, « gros et « menu », ils le poussaient devant eux ?.

Ils attendaient ainsi qu’il plût au gouvernement de leur acquitter le prix de leurs services. Le gouvernement, de son côté, n’a rien trouvé de mieux, pour les payer, que de proposer de vendre pour trois millions de biens du clergé : « chose, dit Pasquier, où l’on « n’eût seulement osé penser dix ans auparavant ». L'indignation du parti catholique était extrême : vainqueur, non-seulement il voyait les vaincus gratifiés de nouveaux droits, mais il était encore obligé de payer les instruments de leur révolte. Le clergé fit de vaines remontrances : il fallut s’exécuter. La vente de ces biens s’éleva, en Champagne, à la somme de 449,478 livres .

1 Nos paysans n’avaient encore ni glaces, ni pendules à offrir à leur rapacité.

2 CI. Hatton, t. Ier, p. 355.

8 Boutiot, p. 560. En voici le détail :

BAILLIAGE DE VERMANDOIS

(Archevéché de Reims et évéchés de Châlons et de Laon).

CIS PRIRENT ON 143,145 1. 12 s. 10 d. t.

Ébalonspr mines mure At 34,255 3 7 FSC AR Rue pr 29,798 °) 10

BAILLIAGE DE VITRY

(Archevéché de Reims et évéché de Châlons).

RTS A Re a AA 67,494 I. 5s. 4% d.t.

BAILLIAGES DE TROYES, SENS, SÉZANNE ET BAR-SUR-SEINE. (Evêché de Troyes).

RON OR A PR rl A An 118,003 1. 15 s. 92 d. t. CAO AME EEE ET CE A 11,886 7 1 DONS RIT MANS AA ME ART 2,793

Bar-sur-Seine .............,.. 3,795

BAILLIAGE DE CHAUMONT

(Evêchè de Langres).

CHAUMONT. PREMIERE, 15,608 1. 14 s. 4 d. t.

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