I.K PLAIN-CHANT COMPARK A LA Mt^SIQrE MODKRNE
tien, autant qu'il est en son pouvoir, doit prendre à tMie de suivre et d'imiter? Le fait lui-môme de l'incarnation du Fils do Dieu répond à cette question. Il est le modèle, l'exemple incarné que nous devons étudier. Son humanité sacrée répond absolument à l'idée de Dieu le Père ; et ceux qui, par l'aide de Dieu le Saint-Esprit, parviendront à ressembler à ce modèle incarné, auront, à la fin de leur temps d'épreuve, atteint le but pour lequel ils ont été créés.
L'humanité sacrée du Fils éternel n'étant plus visible comme elle le lut en Judée lorsqu'il enseignait environné de ses Apôtres, l'Église qu'il a fondée vient prendre sa place, et, par ses moyens variés d'instruction , elle répand dans l'esprit de tous la connaissance de ce divin modèle. L'Église, pour nous servir d'une expression d'un auteur cité par Mohler, est la continuation de Jésus-Christ [ein fortgesctzer Christus).
Il en est ainsi du chant chrétien. L'intelligence doit comprendre qu'il lui faut un guide et qu'elle ne saurait rester abandonnée à elle-même. Il n'est pas assurément de guide plus sûr que la pensée divine : ce serait sans doute un acte d'impiété de la part d'un individu d'imaginer à priori un idéal musical et de donner à son œuvre la qualification de pensée divine. En effet, toute la valeur de l'argumentation qui va suivre repose sur la réalité constatée et reconnue des principaux traits et des parties constitutives de la pensée que nous allons esquisser plus loin. Pour peu que la base que nous adoptons soit contestée, la comparaison manque son effet. Staudenmaier dit avec justesse en parlant de la création : « Les deux idées divine et humaine sont dans la l'elation suivante : Dieu réalise son idée éternelle du monde par l'acte de la création , tandis que l'homme ne peut acquérir une idée du monde que par le raisonnement et un examen expérimental du monde tel qu'il existe depuis la création. Chez Dieu l'idée préexiste au monde, tandis que chez l'homme le monde physique précède ce qui est sa plus belle conquête, l'idée, puisqu'elle est le résultat de l'examen et de la connaissance de l'œuvre de Dieu (1).
(1) Staudenmaier. Die Chnstliche dogmatik, vol. III, part, i, p. 42.
Mais s'il est possible à l'esprit humain de comprendre l'idée divine de la création par l'étude du monde tel qu'il existe, il lui est aussi possible d'une manière analogue de comprendre l'idée divine de la musique religieuse par l'histoire de l'Église et la législation des conciles, par la doctrine des Apôtres et des Pères de l'Église ; enfin par l'étude raisonnée du sujet. L'hypothèse contraire amènerait l'alternative inadmissible que le divin Sauveur, qui a tant fait pour éclairer notre intelligence en lui offrant un guide nécessaire par le mystère de son incarnation et par l'exemple de toute sa vie, nous aurait laissés sans aucun principe pour nous guider dans le choix et l'emploi de la musique sacrée ; cela ne saurait être. Le divin précepteur des hommes ne peut dans sa miséricorde nous laisser livrés à nous-mêmes dans une affaire si importante, une affaire qui touche de si près au culte qu'il nous a enseigné à rendre à son Père et au Saint-Esprit. Il doit donc être possible de trouver dans ses paroles sacrées, dans celles qu'il a inspirées à ses Apôtres, dans la doctrine des Pères, dans l'histoire et dans les lois de l'Église aussi bien que dans nos instincts chrétiens et dans notre raison chrétienne, comme nous avons essayé de le faire dans les pages suivantes, une indication de la pensée divine assez claire, assez intelligible, suffisamment digne de foi et décisive pour servir de guide à ceux qui comprennent l'intérêt profond et précieux qui s'attache à cette question, et le danger qu'ils courent de tomber dans une erreur fatale et dans des conséquences subversives de la foi. Si le moyen d'acquérir une telle indication existe, il est inutile de dire que notre devoir nous oblige à le rechercher; et malgré les raisons qui nous font croire que ce but a été atteint quoique imparfaitement, nous considérons comme un devoir, comme une tâche qui nous est imposée sur cette terre, et en même temps comme une œuvre sainte et méritoire, de ramener la musique de l'Église catholique à suivre cette indication de la pensée divine, par des efforts sages, légitimes et persévérants.
LE PLAIN-CIIANT COMPAUÉ A LA Mt.SIQl i; MOOURNK. 509