PAU LE DIACRE SAMUEL
Nous devons à l'obligeance du R. P. Cahier la communication du précieux manuscrit qui renferme ce drame de l'adoration des Mages. Nous sommes heureux de payer ici un faible tribut de notre reconnaissance au savant et infatigable religieux à (pii la science archéologique est redevable de travaux remarquables dans toutes ses branches, et à qui nous devons en particulier des indications aussi judicieuses que bienveillantes.
Ce drame est tiré d'un évangéliaire manuscrit du y." siècle provenant du monastère de Rilsen, dans le Limbourg, près de Liège, (le manuscrit porte à la fin : Ego Samuhel indignus diaconus ■scripsi istum (sic) Evcmgeliimi.
On voit par cette signature que la pensée de Fauteur a été de mettre en action l'évangile qui se l'apporte au voyage des rois Mages, à leur visite à Hérode et à la crèche de Bethléem et enfin à la colère de cet ambitieux tyran, bien digne des maîtres dont il tenait la couronne, et qui, pour la conserver, a commandé le plus lâche massacre qui ait ensanglanté les pages de l'histoire.
Le texte du manuscrit est accompagné d'une notation en neumes dont il serait difficile de donner une traduction exacte. On remarquera que cette composition lyrique renferme un grand nombre de vers hexamètres. L'auteur revient à celte forme dans les phrases un peu longues. On voit qu'il n'a pu la conserver partout à cause de la rapidité du dialogue.
La scène où se déroulait ce drame assez compliqué devait être
114 IIISTOIRK CiKNÉRALK DK LA AU SIQl K HKLICUEl SK.
vaste. Il est probable qu'il a été représenté dans l'église du monastère de Bilsen. 11 s'ouvre par un chant en l'honneui' d'Hérode qui occupe le trône de David.
On voit d'un côté les anges annonçant aux bergers la bonne nouvelle et chantant Gloria in cxcclsis. Les bei'gers s'empressent de se rendre à Bethléem. D'un autre côté, les rois Mages voient l'étoile qui doit les guider el»se mettent en marche. Le chambellan d'Hérode arrive et leur fait connaître les ordi'es de son maître, dont il vante la puissance. IJs se rendent auprès du roi et lui expliquent l'objet de leur voyage. Le roi fait appeler les scribes qui lui lisent les prophéties relatives à la naissance du Sauveur. Hérode fait des présents aux rois Mages et les invite à revenir à sa cour, pour lui raconter ce qu'ils auront vu. Les Mages se remettent en route ; ils revoient l'étoile. Ils rencontrent des bergers et les abordent; aussitôt les bergers, qui semblent deviner le but de leur voyage,, les conduisent dans l'étable de Bethléem. On peut suivre dans le texte le mouvement de cejeu de scène. Magi ad pastores :« Pastores dicite. » Magiducti ante stabulum. L'accoucheuse, obstetrix, dont nous avons déjà constaté la présence dans le drame de Noël, les jutroduit. Ils offrent l'or, l'encens et la myrrhe au Roi des rois. L'ange apparaît alors, et, après avoir constaté l'accomplissement des prophéties, il ordonne aux Mages de retourner dans leur pays par un autre chemin. Il termine par le chant du Deo gratias. Les Mages chantent, en se remettant en marche, l'Antienne O regem cœli et l'Hymne Hostis Herodes impie, qu'on a modifié au xvi* siècle dans l'hymnaire romain dont elle fait encore partie, et qui commence par ces mots : Crudelis Herodes. Un personnage nommé Archélatvs annonce au roi qu'il est trompé dans son attente et qu'il ne re verra plus les Mages.
Si, au lieu de posséder une copie de ce drame faite en vue du chant qui est écrit en neumes, comme nous l'avons dit plus haut, nous avions pu trouver le manuscrit original, il faut croire que les rubriques seraient plus explicites, et qu'elles nous auraient donné quelques renseignements sur les détails de la représentation. Malgré l'isolement de cette pièce curieuse, il est probable qu'on fit au x*" siècle plusieurs essais de ce genre. La forme dramatique
i)«A.vii:.s MTuiUiKii i;s DANS i,i:,s K(ii,i.si;.s. 115. n'était pas inconnue à cette époque. La célèbre religieuse de Gandesheim, Hroswitha, savait Térence par cœur et composait des dr ames qui ont été représentés dans son abbaye. On peut se convaincre du mérite de ses compositions en lisant le travail si judicieux et si complet que M. Magnin a publié sur le théâtre de Hroswitha.
Nous publions ci-après le drame des Mages tel que nous l'avons copié sur le manuscrit.
Or do. Post Ucnedicamus, puerorum splendido cœtus ad Regem pariter protendere gressu, prœclara voce necnon istud resonare.
Eia dicamus ! regias liic ferl dies annua laudes ;
Hoc lux isla dédit quod ipeus sperare nequit.
Atlulit et vere votorum gaudia inille ;
Et regnumregi; pacem quoque rcddiditorbi ;
Nobis divicias, decus, odas, fesla, clioreas.
Eia dicauuis! Hune regnare decet et regni sceptra tenere;
Régis nomen amat, nomen qui nioribus ornât.
Chorus, ascendente regc : Super solium David (1). Angélus, ah altis , pastoribus ista prœdicit : Pastores annuntio vobis (2).
Multitudo Angelorum : Gloria in excelsis. Bethléem pastores tune pergant hœc résonantes : Transeamus Bethléem.
Rex primus, qui stat tune in medio, cantet : Stella fulgore nimio rutilât (3) ,
Secundus, qui stat ad dexteram : Que Regem regum natum monstrat,
Tertius, qui stat ad senestram : Quem venturum olim prophetia signaverat.
Insimul hi pergent ac oscula dulcia figent ; tune pergunt, pariter hoc verbum vociférantes : Hac ducente , pergamus ubi ejus sit nativitatislocus.
Compcllat taliter internuncius : Regia vos mandata vocant ^ nec segniter ite.
(1) Ant. du Benedictus des Laudes au troisième dimanche de l'A vent.
(2) Premiers mots de la troisième Ant. des Laudes de l'office de Noël.
(3) Première Ant. des Laudes de l'Épiplianie.
IIG IlISTOIRH (JKNÉIUIJ-: OE LA MUSIQUE RELKitEUSE.
Magi : Qui Rex sic per te vult nos revocando venire?
Regestunc ense jugulari prœco minatur : Rex est qui totum regnando possidet orbem et nos cernemus quis regum sic sit herilis.
Illos demittit [et ad i'egem redit) : Vivas eternusRex semper vivere dignus.
Rex contra : Quid majoris opus mea sit gratia et munus? Quid rumoris alîers?
Non mora?7i faciens, respondet nuntius ista : Nuncio dura, facis refero presagia natis.
Rex : Quae sunt presagia natis?
Internuncius : Adsunt nohis, Domine, très viri ignoti ab Oriente noviter natum quemdam regem queritantes.
Occurrens aliuscui tune hœc sunt patefacta: Rex, rex, rex, rex, regem natum constat per carmina vatum. Constat preclarum natum de virgine natum.
Tertius accédât his qui monstrat venientes : En Magi veniunt et Regem regum natum stella duce requirunt; portant infanti sua munera cuncta regenti.
Talibus auditis, rex illi talia profert : Ante venire jube quo possim singula scire, qui sint, cur veniant, quo nos rumore re-, quirant.
Armiger ad sic implet velle potentis.
Reges ad regem veniunt, pariter sic are salutant : Salve, Princeps Judœorum.
Rex : Que sit causa vie ; qui vos vel unde venitis dicite nobis.
Magi : Rex est causa vie. Reges sumus ex Arabitis, hue venientes Regem regum querentes.
Rex : Regem quem queritis natum esse quo signo didicistis ?
Gantant Magi : Illum natum esse discimus in Oriente : nio?istixmt stellam, f liste levato: Stella monstrante. Ira tumens, gladio stringens, rex ista redundat: Si illum regnare creditis, dicite nobis. Vai Christo Régi nobis mendacia loqui. Magi: Hune regnare fatentes, cum misticis muneribus de terra longinqua adorare venimus. Tune monstrant dona quœ portant Omnipotenti. Primus : Auro regem ; secundus : Thure sacerdotem ; tertius : Mirrba mortalem.
I)KAMK« I>1TI lUMQl i;s DANS Li:s K(;LI.Si:.S.
Rex, /lis auditis, jubct hos in carcerc trudi; advocat discipnlns, ac mis taiia pandit : Hue, si miserti mei, disertos pagina scribas prophetica ad me vocate. Discipuli ad scribaS : Vos , legisperiti a rege vocati ciim prophetarum lineis properando venite.
Scribœ ad regem : Salve.
[Rex] Talia cantet... baculo quoque cedri : 0 vos scribœ, interrogati dicite si quid de hoc puero scriptum vos videritis in libris.
Scribœ: Vidimus, Domine, in prophetarum lineis nasci Christum in Bethléem civitale David propheta sic vaticinando.
Incipiat [rex) libros : Bethléem, ac illos reddat.
Tune cantet rex fuste minaci : Tu raichi respondesstans primus in Oriente : tu ergo unde es?
Magus : Tarsensis regio me rege nitet Zoroastro.
Rex : Tu alter, unde es?
Magus : Me metuunl Arabes, michi parent usque fidèles (1).
Tertius magus : Impero Caldeis dominans rex omnibus illis,
Advocat [rex] scribas : Vestris consiliis, vestris volo viribus uti, Consilium nobis date quod sit et ite.
Scribœ : Audi que facias Rex, audi pauca sed apta ; eis des donum nec mitte morari ut noviter nato quem querunt rege reperto, rex, per te redeant ut et ipse scias quod adorant.
Tune tribus dona remittit : lté et de puero diligenter investigate, et invento redeuntes michi renunciate.
Magi descendentes : Eamus ergo et inquiramus (2) et offeramus munera aurum, thus et myrrham. Videntes stelîam cantant : Primus : Esse stella. Secundus : Esse stella. Tertius : Esse stella. hisimul : In oriente previsa quam Balaam ex judaïca orituram predixerat prosapiaiterum precedet nos lucida. Non relinquamus ultra donec nos perducat ad cunabula.
Magi ad pastores : Pastores dicite.
(1) Nous n'avons pas besoin de faire remarquer que les réponses des rois Mages sont en vers hexamètres. Le diacre Samuel se contente ailleurs de terminer ses périodes par un dactyle et un spondée. Son intention a été sans doute de donner ainsi a son drame une forme plus lyrique.
(2) Deuxième partie de l'Ant. des premières Vêpres de l'Epiphanie.
118 IllsTOIRI£ (;É!\ÉHAI,H l)K LA MISIQVK HELIGIRISE.
Pastorcs : Infantem.
Magi ducti ante stabulum : Ecce patere domus nobis pia claustra rogamiis ; his quibus est votis regem donis venerari quem prefert regnis astrum, quod praenitet astris.
Obstetrix : Qui sunt hi quos stella ducit nos adeuntes, inauditi ferentes ?
Maffi : Nos sumus quos cernitis reges Tharsis et Arabum et Saba, dona ferentes Xristo régi nato domino quem , stella deducente, adorare venimus.
Obstetrix : Ecce puer adest quem queritis , jam properate, adorate, quia ipse estredemptio mundi.
Maffi : Salve, Princeps seculorum. Primiis : Suscipe, Rex,aurum. Secundus : Toile thus , tu vere Deus. Ter tins : Mirrham signum sepulturae.
Angélus: Impleta sunt omnia que prophetice dicta sunt. lté, viam remeantes aliam, nec delatores tanti régis puniendi eritis. Deo gratias.
.)Jagi revertentes cantant : 0 Regem cœli (1), « Hostis Herodes. » Archelaïis. Delusus es, Domine ; Magi via redierunt alia.
CIRCO^'CIKIO^'.
(fête improprement appelée fête des fous, de l'ane, etc.)
Avant de traiter de la fête importante de la Circoncision, nous <levons parcourir les quelques jours qui nous en séparent encore.
Saint Étienne premier diacre chrétien, chargé parles Apôtres de pourvoir au soulagement des pauvres et des veuves, occupe la pensée de l'Église le lendemain de la féte de Noël. Les diacres se
(1) Répons de Matines après la huitième Leçon.
DliAMHS I.ITl'RCilQUEK I)Ai\.S l,HS K( ;i,ISF.S. 119
partagent les principales cérémonies et le chant de rollicc. Ils sont revêtus de chapes à la procession ; un sous-diacre chante l'Épitre. Deux diacres revêtus de chapes, chantent au pupitre une Prose qui remplace la Séquence , dont la facture très-rhythmée comporte ordinairement un plus grand nond)re de voix que la Prose. Ce dernier détail donnerait à penser que la liturgie de ce jour avait été composée de manière à procurer aux diacres l'honneur de fêter leur patron.
hi die sancti Stephani processio fiât et diaconi in cappis.
Subdiacomis cantat Epistolam alla voce et ynagna rêver entia.
Duo diaconi cappis induti cantent in pulpito hanc prosam :
« Stat ut agnus inter lupos Stephanus habens vultum angeli. »
L'Épitre est tirée des « Actes des apôtres, » et renferme le récit du martyre de saint Etienne. La musique est un récitatif solennel sur trois phrases se succédant régulièrement. Nous avons déjà remarqué le même nombre et la même succession dans la superbe Généalogie de Jésus-Christ, qui se chantait après la Messe de la Vigile de Noël.
Dans l'Épitre que nous avons sous les yeux, la musique change à ce cri de saint Étienne rendant le dernier soupir: Domine Jesu, susciPE spiRiTUM MEUM. Aiusi la musique suit en esclave docile le sens des paroles, lors même qu'elle est entraînée par l'impulsion d'un rhythme uniforme. Cette Épitre devait être considérée comme une des pièces les plus importantes de l'office, puisqu'elle contient la narration du martyre de saint Étienne; aussi la rubrique citée plus haut invite-t-elle le sous-diacre à la chanter, « Alta voce et magna reverentia. » Nous rencontrerons souvent dans les rubriques des traces de foi et de piété qui ont disparu successivement dans tous les missels postérieurs à l'époque dont nous nous entretenons.
C'est ainsi que, dans l'office du Vendredi saint , nous lirons des détails d'une onction inexprimable, écrits dans le style le plus simple et le plus sublime, celui du cœur. Après avoir découvert la croix cachée sous un voile, pendant les cérémonies précédentes, la rubrique ajoute :
Hic elevetur Criix. Omnes, viso crucifixo, se solo tenus proster-
120 IIISTOIHK (JÉNÉRALK Dli LA Ml'SIQl E RKl,IGri:t SK.
nant et lacrimabili corde in terrain adorent , primwn archicpiscopuSy postea diaconi, etc.
Ces invitations, ces pieux conseils adressés aux prêtres euxmêmes et non simplement aux fidèles, puisqu'on les trouve dans un missel, comparez-les avec les froides et sèches indications de nos missels modernes ! Nous ne croyons pas avoir besoin de faire remarquer que ce Lacrimabili cordk montre que les rubriques étaient parfois éloquentes.
La vie de saint Jean l'Évangéliste est certainement l'une des plus intéressantes que le Nouveau Testament nous ait léguées. Elle est contenue toute entière dans les textes qui composent l'office de sa fête. Afin qu'on se fasse une idée du style de cette biographie, nous publions la Séquence qui exprime avec une grande simplicité les principaux traits de la vie du disciple le plus aimé et le plus aimable du Dieu de charité.
Johannes Iliesus Xristo miiltum dilecte virgo, Tu ejus amore carnaleni In navi parentem liquisti.
Tu lene conjugis pectus respuisli Messyam seculus, Et ejus pecloris sacra meruisses potare fluenta. Tuque in terris positus gloriam conspexisti Filii Dei Que solum sanclis invita creditur contuenda esse purliempui. Te Xristus in cruce triumplians malri sue dédit cuslodem Et virgo virginem servarcs alque curam supeditares. Tu te carcere flagrisque fraclus testinionio pro Xristo es gavisus. Idem mortuos suscitas inque Jiiesu iiomine venenuni forte vincis. Tibi sumnuis tacitum ceteris Verl)um suum Pater révélât. Tu nos omnes precibus sedulis apud Deum semper commenda. Joliannes Xristi care.
La Messe de saint Jean nous offre en outre une Prose trèslongue intercalée entre l'Introït et le Graduel. Sa présence à cette place indique que la Prose diffère complètement de la Séquence. C'est donc à tort qu'on les a confondues jusqu'alors. La Prose est une suite de versets non rimés et d'une facture moins poétique et moins accentuée que les strophes de la Séquence. On a été induit en erreur par la sidjstitution;, dans les Graduels modernes, d'une
l)liAiMi:s I.ITI i> D.ws i.i:s K';i,i.si;.s. 121
l)i(>cc ({u'on appelle Prose, aux anciennes Séquences. Nt-annioins (pielques-uncs (le ces doi-nici-cs on! été conservées, entre aulrcs « Victimaî paschali laudes », (iiii porte à tort le nom de Prose dans la Messe de PAques. Dans les missels du xiir et du xiv'' siècl'.', elle a pour titre : « Sequenlia. » Ce n'est pas, au reste, la seule mutilation qu'on lui ait fait subir. Nous reviendrons sur cette magnifique Séquence, lorsque le moment en sera veim. Ces usurpations de titre et ces niutilntions inintelligentes montrent avec quelle légèreté ont été fabritpiés nos livres liturgiques.
La fête des saints Innocents contient encore une prose entre l'Introït et le Graduel, sans préjudice de la Séquence ; ce qui corrobore la distinction que nous avons établie plus baut. La peinture du massacre des Innocents est énergique et touchante.
Castra milittiin dux iniqnus aggregat, /
Ferrum figit in membra tencra.
Inter ubera lac elTudit
Antequam sanguinis fiercnl coagula
Hoslis nature natos evisceral atquc jugulât.
Toute la semaine de Noël est consacrée aux fêtes et à l'allégresse. Le tableau sanglant et funèbre que nous venons de citer est effacé par l'esprit même de la Séquence, qui fait trouver ordinairement dans la fête, quelle qu'elle soit, des motifs d'enthousiasme et de jubilation. La Séquence du dimanche dans l'Octave rappelle les joies de la Nativité ; elle est abondante en images éblouissantes, en métaphores virginales dont on chercherait en vain des traces dans les plus grands poètes de l'antiquité; Dante seul pourrait nous offrir des beautés analogues. Le liturgiste s'écrie : « Prodige admirable ! L'ange du Conseil est né d'une Vierge! Soleil sorti d'une étoile ! Soleil qui ne se couche jamais ! Étoile toujours limpide et brillante. L'astre lance Je rayon , la Vierge met au jour un fils. Le rayon ne saurait oliscurcir l'astre; le fils n'altère en rien la virginité de la mère. »