‹ Histoire Général de la musique religieuseChapitre 8 sur 71 · IIISTOIRK (aÎNÉRALK DH LA MUSIQVK RF-LlCilElSE · texte numérisé non relu

IIISTOIRK (aÎNÉRALK DH LA MUSIQVK RF-LlCilElSE

Voici cette Séquence admirable; elle est due au génie de saint Bernard, ce qui en explique suffisamment la beauté.

Letabundiis exullel fidelis chorus.

Isaias ceoinit,

AUeluia.

Synagoga meminit,

Hegein reguiii intacte profudit thorus,

Nunquam tamen desinit

Res miranda.

Esse cœca.

Angélus Consilii natus est de Virgine,

Si non suis vatibus,

Sol de Stella.

Credat vol gentilibus,

.Sol occasuni nesoiens; Stella semperrutilans

Sybillinis versibus luec prœdicta.

Semper clara.

Infelix, propera;

Sicut sydus radium, profert virgo filium

Crede vel vetera.

Pari forma.

Gur damnaberis,

Neque sidus radio, neque mater fllio

Gens misera ?

Fit corrupta.

Quem docet littera

<:edrus alta Libani conformatur hyssopo

Natum considéra,

Valle nostra.

Ipsum genuit puerpera.

"Verbum Ens Altissimi corporari passum est

AUeluia.

Carne sumpta.

Nous voici arrivés au jour de la Circoncision. Comme notre manuscrit ne nous offre aucune trace des cérémonies qui avaient lieu alors dans plusieurs diocèses, nous comblerons cette lacune en reproduisant l'office de la Circoncision composé par Pierre de Corbeil, à l'usage du diocèse de Sens. Ce manuscrit est précieux non-seulement au point de vue de l'art musical, mais encore sous le rapport historique. En effet, il renferme entre autres pièces remarquables, la fameuse « Prose de l'Ane » et il contient la réfutation formelle, et aussi explicite qu'il est possible, de tous les contes qu'ont débités depuis trois siècles, les incrédules de toutes les écoles , au sujet du prétendu office de V Ane dont Millin et Dulaure ont donné des descriptions si burlesques.

Nous ferons précéder cette publication d'une description du manuscrit. Lorsqu'un voyageur visitait la bibliothèque de la ville de Sens, on lui montrait mystérieusement et avec orgueil un diptyque en ivoire représentant soit les quatre éléments, soit le triomphe de Bacchus, de Cérès et d'Amphitrite, soit je ne sais quel amalgame mythologique sculpté avec quelque soin, mais privé de sentiment et d'expression, comme la plupart des œuvres de l'art byzantin.

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Le voyageur, après avoir examiné le diptyque, se contentait de dire : « c'est bien ancien ! » et replaçait l'objet avec précaution dans Tarmoire à cAté de têtes de sauvages tatouées d'une manière horrible , do verroteries, de petites momies et de coquillages dont la profusion attesterait que la bibliothèque de Sens (\st plutôt fréquentée par des pèlerins que par des lecteurs.

(Cependant, ce diptyque renferme un manuscrit précieux composé en grande ]iartie par Pierre de Corbeil, archevêque de Sens, mort en 1222. Il renferme trente-deux folios en parchemin assez fort, formant soixante-quatre pages de musique en notation du treizième siècle. Ce manuscrit joint à son origine vénérable un «îtat parfait de conservation. Il a pour titre : Office de la Circoncision à Vusarje de la ville de Sens, et non pas , comme on l'a affirmé, fête des Fous ou fête de l'Ane. On n'y voit aucune trace de bouffonnerie ou d'inconvenance. Tout y est grave, aiistère ; çàetlà (pielques effets lyriques sont obtenus parla répétition de mots sonol'es; voilà tout ce qu'on peut y trouver d'orig inal et d'extraordinaire.

L'office de la Circoncision commence par une sorte de prologue qui se compose de quatre vers chantés aux portes de l'église et de la V rose Or ietitis, dite de VAne. Le Deus in adjutoriuniy commence les premières Vêpres et est accompagné de paraphrases poétiques. Les cinq Psaumes des premières Vêpres sont ceux de Noèl. Après le Capitule se trouve une suite de Répons et de Versets destinés à être chantés probablement par chacun des clercs assistants ou par différents groupes, suivant les rangs de la hiérarchie ecclésiastique. L'Hymne est remplacée par le magnifique chant Trinitas ; puis vient le Magnificat suivi du Benedicamus et du Deo gratias paraphrasés. Les Complies sont suivies du A^w«c dimittis et des prières du soir Kyrie, Pater, Credo paraphrasés, (^e premier office est terminé par le beau Benedicamus : Patrem parit filia. L'office des Matines se compose de trois Nocturnes auxquels le compositeur a donné le même caractère lyrique, en y introduisant des Hymnes et des Séquences. Entre les Matines et les Laudes, les clercs chantaient un Noël et prenaient leur récréation. On revenait ensuite chanter les Laudes, toujours terminées par un Benediccnmi'i en forme de Séquence. Après le chant des heures de

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