‹ Histoire générale civile, religieuse et littéraire du Poitou. 5Chapitre 10 sur 18 · WM · texte numérisé non relu

WM

île U Pr«idenco.

L'orgueil indompté ouvrait la lice aux querelles et aux vengeances ; aucun respect de la propriété ; nulle retenue dans les propos, la parole était brusque et sévère, le commandement sans aménité n'amenait qu'une obéissance forcée, les habitudes domestiques étaient l'abus de la force contre la faiblesse, et toutes ces difformités de l'esprit, du cœur et de la volonté étaient moins dans les classes inférieures que dans les seigneurs et leurs courtisans. Ceux-ci ne savaient que se battre et piller ; les autres pratiquaient une douceur relative, due à l'exemple des moines dans leurs relations de tous les jours, et il n'y avait de contraste avec les vices et les excès que les vertus des saints qui, en grand nombre dans la vie des cloîtres ou l'habitude des travaux utiles consolaient Dieu et son Eglise de tant de contradictions avec sa loi.

l*< amiinfnwat* On le nierait vainement : c'est l'ordre surnaturel de la Providence qu'au milieu de ces désordres sociaux des avertissements divins reviennent aux sociétés détournées du bien et oublieuses de la religion. Il y a sans doute des superstitions, et beaucoup trop dans les croyances religieuses des peuples, mais ces grandes erreurs ne sont que des témoignages en faveur de la vérité qu'elles outrepassent. Dieu destine donc réellement les accidents aux individus, les fléaux aux peuples, comme châtiments de leurs fautes dans lesquels percent toujours des avertissements miséricordieux (a). C'est la raison chrétienne et l'unique philosophie qui explique le mal singulier qui envahit la France en cette malheureuse année 994, et qu'on nomma le mal des ardents. C'était une maladie qui déjà était apparue en 945 en certaines provinces en y développant une épidémie cruelle dont les ravages avaient duré plusieurs années. Mais elles n'avaient causé d'abord que de bien moins graves malheurs. C'était une espèce d'ergotisme gangreneux qui attaquait tout à coup et brûlait les entrailles ou quelques autres parties

(a) Loirçueval, Hisl. de l'Eglise Gall., ad ann. 1040 et 1089.

Le nui det irdenti.

du corps qui tombait en débris et s'en détachait. Heureux s«cancièr«et j* ceux qui n y perdaient qu un bras ou qu une jambe I A la mû** fin du Xe siècle cette plaie sévit surtout en Aquitaine et emporta dans le Poitou et l'Angoumois, le Pôrigord et le Limouzin plus de quatre mille personnes. Ce fut un deuil général qui alla jusqu'à la plus profonde consternation. On sentit enfin que la main de Dieu était là, manifestant sa puissance, et ceux qui avaient le plus de reproches à se faire songèrent à s'amender par la pénitence et le retour aux vertus chrétiennes. Les grands, qui troublaient ces provinces par leurs guerres particulières et leurs déprédations, jurèrent solennellement entre eux de garder la justice à leurs sujets, et formèrent, dans ce but, une sainte ligue qui donna l'exemple au loin, et détermina la fondation de nombreuses maisons hospitalières (38), une foi plus exemplaire et un commencement de réformes qui hâtèrent le sentiment d'une amélioration générale <*). Heureux les peuples qui comprennent Dieu, les hommes qui regardent la civilisation dans la foi chrétienne, et la conscience dans les enseignements de la croix !

(a) Mézeray, Hist. de France, II, 38

Note 1

Raoul Glaber, que nous commençons à invoquer ici parmi les

témoins de cette époque, était un bénédictin qui résida en plusieurs abbayes de son Ordre, soit en France soit en Italie. Oa ne sait ni la date de sa naissance ni celle de sa mort. Il est certain qu'il vivait encore en 10 ES, année qui aurait suivi, dtt-on (Guizot, ub sup.^ p, 1G7) la publication de sa Chronique, mais qu'on doit avoir reculée de six: ans trop tard, puisque d'après Mabillon il assure qu'il était mort en 1012, Dans ce livre, l'histoire contemporaine va depuis Tan 000 jusqu'en 1017. L'auteur y est fort original, mêlant à sa narration, très curieuse et assez complète, une foule de phénomènes, de remarques et de réflexions très utiles pour l'histoire de son temps. Il s'attache beaucoup à ne rien omettre dans ce qui se rapporte à la Bourgogne, ce qui fait penser qu'il en était originaire ou y avait beaucoup vécu. Pithou publia en 596, dans son Recueil des historiens de France 3 la première édition de cet intéressant volume; c'est celle dont nous nous servons ici (in-f Framcofdrii),

Note 2

Le moine de Maillezaîs qui a écrit l'histoire de l'Ile prétend qu'Emma fit enlever son fils par surprise du palais de son père : ce qui n'est pas supposable d'un jeune homme de 25 à 26 ans.

Note 3

Richelieu, sur lequel nous aurons plus d'une occasion de revenir, est une charmante petite ville de Touratne de 3,000 âmes, bâtie en 1637, par Je cardinal qui lui donna son nom, sur la Mablc, et chef-lieu de canton en l'arrondissement do Chinon. Elle avait un magnifique château que la Révolution démolit en profanant toutes les beautés qui y rappelaient les gloires de la monarchie et celle d'un de ses plus grands ministres.

Note 4

Montreuil-Bellay, Monsteriolum-Bertaii^ bourg de l'Anjou, sur le Thouet (Maine-et-Loire). Il doit son nom â son premier seigneur

Berlay, qui en fit bâtir le premier château vers 1080, et reconstruire tout près de lui un petit monastère, monasteriolum depuis longtemps ruiné par les Normands. Le fief et le château restèrent aux mains de la famille jusqu'en 1215, qu'on les vit passer aux vicomtes de Melun, puis, vers 1415, dans la maison d'Harcourt, qui fit construire le beau château qu'on y admire encore avec l'église paroissiale construite dans ce môme temps. Montre uil ainsi refait passa aux Longueville, puis aux La Trémouille, qui l'acquirent en 1760 et le vendirent en 1822 à M. Nivelot, dont la fille, Mm9 de Grand-Maison, a montré, dans une magnifique restauration de cet intéressant pianoir, un goût des arts et une générosité dont le bourg de Montreuil a eu lui-môme de grands avantages. (V. pour plus de détails la Notice de M. Georges d'Aviau de Piolant (Mémoires des Antiquaire* de l'Ouest, XXIX, 297 et suiv.).

Ngte 5

Coussay, Cussiacum en 837, canton de Monts-sur-Guesne. Ce groupe est à peu près aujourd'hui de 5 à 600 âmes; on y voit un élégant château de la Renaissance orné d'une jolie fontaine. L'église est de Saint-Paul ; on y avait joint, dès le xve siècle, un prieuré de Saint-Pierre dépendant de l'abbaye de Cormery en Touraine. Ce prieuré avait appartenu à Richelieu, qui en était titulaire quand il fut nommé, en 1606, à l'évôché de Luçon.

Note 6

Excessit Laudunum de manu Pictaoensis Comitis et in prœliis superavit eum et perseeutus est eum usque ad mirabellum admettant que cela fut vrai ; on n'en pourrait conclure que Guillaume aurait abandonné à Geoffroy ses droits de suzeraineté, puisque nous avons toutes les preuves possibles du contraire, dont la plus importante, outre l'état des choses constatées, comme nous venons de le dire, sous les successeurs de Grisegonelle, serait certainement que le Loudunais et le Mirebelais, aussi bien que Moncontour et ses dépendances* seraient passés à l'Anjou, et sont pourtant toujours demeurés au territoire poitevin. (V. D. Bouquet, Script, rer. GalL, IX, 31.) C'est le sentiment de tous les historiens français, faisant autorité dans nos affaires, tels que le chroniqueur de Maillezais (Bouquet, X, 145) ; celui de Marmoutier (Gesta Comit. andegav. ibid., p. 255) ; le P. Anselme (Histoire des Grands Officiers de la couronne, II, 515). Il est vrai qu'on pourrait invoqner, pour contredire ce témoin, l'autorité ordinairement bien établie de Y Art de vérifier les date», XIII, 46. Mais son avis n'est suivi en cela d'aucun de ceux

qui, après lui, ont pu étudier mieux la question, tels que Dumoustier, Tbibaudeau et Bodin. Tant de difficultés témoignent très bien avec quelles précautions il faut marcher dans les avenues historiques. Pour nous, il nous semble que désormais on ne pourra plus hésiter sur cette question.

Cette accusation portée contre la reine qui y avait seule donné lieu par l'ensemble de sa conduite, n'est fondée cependant sur rien de sérieux. On ne le voit, dit Michaud {Biographie universelle, \xv, 101) que dans les historiens modernes, comme le président Hénault; Velly ne sait si ce crime doit-ôtre attribué à la femme de Louis V, ou à sa mère. Au reste, cette assertion avait cela de spécieux que le jeuno prince mourut à vingt ans, n'avait pas une santé qui lit douter d'une longue vie, et témoignait au contraire, dans toute sa conduite d'une activité qui éloignait toute crainte d'une mort prématurée. Mais quelle conclusion logique tirer de tout cela à l'impossibilité d'un accident ou d'un crime? Pour accréditer ou pour absoudre un pareil fait, il faut autre chose que des conjectures, et ce qu'il y a de plus croyable, comme l'a dit Fiévée {Biographie universelle toc. citp. 79), c'est que ce bruit fut répandu après la mort de Louis V, par ceux qui avaient intérêt à s'en servir contre les derniers représentants de la seconde race.

Note 8

Cette loi qui n'avait jamais été oubliée en France par les légistes, dirigeait par une coutume immémoriale, les rouages du gouvernement sans presque qu'on s'en doutât, car on ne l'invoquait jamais que dans les grandes circonstances, dans les assemblées nationales surtout, où les principes du gouvernement Français étaient invoqués t en faveur de la succession au trône, et de l'hérédité séculaire dé la couronne. C'est ainsi qu'en 1590, les Etats Généraux renouvelèrent cet axiome, qu'un prince lieutenant général, qui abuserait de sa situation pour se substituer à l'héritier légitime, serait à jamais exe! u du trône lui et sa race (Cf. M. de Vautibaud, les Bourbons d'Anjou et d'Orléans, p. 21) et que la Constitution Française de 1791 déclarait (art. 17), que la qualité de Français se perdrait par I acceptation non autorisée par le roi de fonctions publiques conférées par un gouvernement étranger.

Note 9

Cette église, qui existe encore, est celle de Saint-Sauveur de Nuaillé, Nulliaeum (Charente - Inférieure) , prieuré de Nouaillé,

Nobiliacum, près Poitiers. L'église Saint-Sauveur date du xi* siècle, et est bien bâtie dans le style roman do son époque, { Arcère, Hist . de la Rochelle, I, 128.)

Note 10

Chasseignes, Cassaniœ, village et ancienne commune du Loudunais, réunie à celle de Monterre-Silly, avait, en 1003, une église de Notre-Dame, prieuré de l'abbaye de Bourgueil,à laquelle on voit qu'Emma n'avait pas tardé à la donner. Elle fut paroisse jusqu'en

Note 11

Vouzailles, Vozalia, avait, en 889, une églUe de saint Hilaire, qui en est encore le patron. C'est aujourd'hui une commune du canton de Mirebeau, qui a 800 âmes, et dont l'église est d'origine romane avec addition du xvi° siècle. Le prieuré, la cure et la chàteflenie appartenaient à l'abbaye de BourgueiL La seigneurie relevait de la baronnie de Mirebeau.

Note 12

Jazeneuil, Jazenolium, qui n'est point le Chasseneuîï placé sur le Clain, dans le canton de Saint-Georges (Vienne), est aujourd'hui une paroisse de Saint-Jean-Baptiste, du canton de Lusignan, ancien archiprêtré de Sanxais. C'était, au vu* siècle» Sizollalo et Geniaio, et au xiv° un prieuré de la Chaise- Dieu, sous le nom déjà adopté de Jazenolium en 1270 et en 1296. Là éiatt aussi, en 15*26» une maladrerie. Le fief de Jazeneuil relevait de celui de Curzay, dont le château, encore habité par la famille de ce nom, est une belte demeure modernisée aux xvie et xvn* siècles, L'église est romane du xi°. Près de Jazeneuil sont les souterrains de la grotte aux Fous, anciens refuges aux bords de la Vonne, qui vient de Vausscroux (Deux-Sèvres) et se jette dans le Clain à Vivonne (Vienne).

Note 13

Verre-sur- Clain, Varias super Clinum, ancien fief avec château de la commune de Saint-Georges» chef-lieu de canton de l'arrondissement de Poitiers. Il y a maintenant le grand et le petit Verre. Ce dernier est de la commune de Chasseneuil. — Tous deux relevaient primitivement du château d'Harcourt, à Chauvigny.

Migné, Magniaeurrij bourg du canton Nord de Poitiers, qu'il ne faut pas confondre avec le village do Magné, près Gençay» où se

trouve le joli château de la Roche, habité par la famille de Briey* Ces deux localités ont souvent le môme nom dans les chartes. M igné est sur l'Auzance, à un kilomètre de Sigon, qui est de la paroisse* Cette paroisse eut pour centre, dès le temps dont nous parlons, l'église de Saint-Pierre, reconstruite au xi* siècle lorsqu'elle devint un prieuré de Montierneuf, et qui fut rebâtie sur de plus grandes dimensions mais sans style religieux à l'occasion de la croix miraculeuse qui apparut au-dessus du saint édifice à la fin d'une mission donnée en décembre 1826.

Note 15

Valençay, Valenciacus. On a le Grand et le Petit. Le Grand Valençay formait un fief de labaronnie de Marmande (Vienne); ce ne sont plus que deux hameaux de la commune d'Ântran, prés Châtellerault. Marmande était de la Touraine et relevait du château de Chinon. Le château est en ruine dans le village, commune de Vellèche (Vienne).

Note 16

Marsais, Marciacum, à ne pas confondre avec le chef- Heu d'une commune du canton de Vivonne, dans la Vienne. Celui-ci est une paroisse de la Vendée, ancien prieuré de l'abbaye de Saiot-Maixent et d'abord de celle de Maillezais. Cette paroisse se'nommait Marsais- S^-Radégonde, aujourd'hui Marsais et S^-Radégonde forment deux paroisses distinctes delà commune de Marsais-S^-Radégonde; elle a 900 habitants, est du canton de l'Hermenault, et de l'arrondissement de Fontenay.

Note 17

Saint-Clément , près Niort, Saneti démentis prope Niortum, était dans la paroisse d'Aiffres. (V. ci-dessus, t. III, p. 436 et 456.) Il appartenait à Bonneval-lez-Thouars, et était par conséquent un prieuré de femmes sous la règle de saint Augustin.

Note 18

L'église de Coulon, Colonncij Colonia, était déjà paroissiale, située au milieu des marais qui environnent Niort. L'évoque de Saintes, dont le diocèse venait jusque là, nommait à ce bénéfice sur la présentation de l'abbé de Nieuil-sur-1'Autise. Elle avait le double vocable de Saint- Sauveur et de la Sainte-Trinité. Ce dernier était la fête patronale. Elle eut jusqu'en 1095 une aumônerie, qui fut alors réunie à l'hôpital de Chizé. Coulon a 1,500 âmes. Il eut un port jusque vers le milieu du vii* siècle, quand la mer se retira de cette partie du Poitou.

Note 19

L'Orme-d'Oiré est le bourg actuel d'Oiré, à 3 lieues au Nord-Est de Châtelleraylt (Vienne), et a été mal indiqué par une note manuscrite de Dufour, en marge de la p. 274 des Comtes de Besly, comme étant dans l'arrondissement de Niort. C'est la paroisse de Saint- Sulpice d'Oiré, dépendant autrefois de Saint-Denis-en-Vaux ; elle est du canton de Dangé. C'était au vu0 siècle Fiscus de Odriaeo et Eeclesia saneti Sulpicii. Cette église eut sa reconstruction au commencement du xi° siècle, et conserve encore des restes de peintures murales du xiv°. Le fief relevait de la baronnie de Preuilly en Touraine, et la paroisse dépendait de l'archiprôtré de Châtellerault. Il est probable que l'Orme-d'Oirê a disparu, après avoir été assez remarquable pour devenir le surnom du village.

On ne le trouve au reste annexé à aucune mention de l'Oiré des Deux-Sèvres, et il est remarquable que le texte de la charte ne porte que le nom Ulmus, sans qu'Oiré y entre pour rien.

Note 20

Nanteuil, Nantolium, est un bourg de 1,200 âmes, à 3 kilomètres Est et du deuxième canton de Saint-Maixent. gon premier vocable fut de saint Gaudent, évéque de Brescia en Italie, mort vers 427; il est depuis longtemps de Notre-Dame de l'Assomption. Ce fut très anciennement un prieuré de l'abbaye de Saint-Maixent, auquel avait été ajouté une maladrerie de fondation royale, et qui relevait, en 1533, do l'évoque de Poitiers aussi bien que la cure. — Ce Nanteuil, qu'il faut distinguer de Nanteuil-en-Vallée, près Ruffec (Charente), a des souvenirs qui le rattachent à l'époque celtique encore gardés sur son territoire par la présence de deux ou trois dolmens ; ce fut au ixe siècle un chef-lieu de viguerie, Vicaria NanUlonensis, dans laquelle était compris le lieu de Montigny, près Vérines (Deux-Sèvres), dont l'ancienne église de Saint-Martin, presque entièrement ruinée, était une paroisse relevant de Saint-Maixent et qu'on a réunie à celle de Vérines.

Note 21

Breloux, Berlum, bourg de 2,400 âmes, du premier canton et à 12 kilomètres Sud de Saint-Maixent, arrosé par la Sèvre-Niortaise, qui y reçoit les ruisseaux du Chambon et de la Crèche. Dans une lie de la Sèvre étaient encore vers 1840, non loin du beau viaduc de Pont-de-Vault, les derniers vestiges d'un château considérable, uniques restes du moyen âge pour cette localité. Breloux avait autrefois juridiction spirituelle sur le village voisin de la Crèche qui

fut érigé en succursale en 1866 et doté alors d'une fort belle église en style ogival.

Note 22

La Traye, Traïaeus, Traya, ancienne église de Saint-Denys, paroisse de l'abbaye de Bourgueil, réunie à Notre-Dame-de- Bonne, canton de Chef-Boutonne (Deux-Sèvres).

Note 23

Santon, Santonium. Santon, mentionné en 989 et en 1232, et aussi Santuns, en 1074, paroisse de la Vendée, canton de Saint- Hilaire-des-Loges, prieuré de Maillezais, et plus tard à la nomination de l'évoque de Saintes.

Note 24

Chassenon, Cassation, cure de Saint-Martin et prieuré appelé quelquefois de Chastenay, canton de Saint-Hilaire-des- Loges (Vendée), c'était une annexe de Santon dont l'église du xn° siècle fut démolie en 1854.

Note 25

Saint-Etienne-des-Loges, cure du canton de Saint-Hilaire- dos- Loges (Vendée), mentionnée en 1300 comme étant de la collation de l'évoque de Poitiers.

Note 26

Montreuil-Bonnïn, Monsterollium-Bonini , devait être la plus considérable des terres données à Emma, étant dès 1077 un château fort et un lieu très fortifié. C'est vers ce temps qu'y furent construites une église de Saint-André et une autre de Saint-Pierre. Les deux églises furent données à Saint-Cyprien en 1085, l'une comme paroisser, et l'autre (Saint-André), comme unie à la mense abbatiale. Cette forteresse joua un grand rôle entre les comtes de Poitiers et les seigneurs de Lusignan au xie siècle, et au xnedans les conflits de saint Louis avec le Poitou. Ce fut un atelier monétaire de Richard Cœur-de-Lion, d'Alphonse, frère de saint Louis : et il garda ce privilège jusqu'en 1316, et fut pris par les Anglais : on ne voit plus qu'un reste de son vieux donjon circulaire. Montreuilest aujourd'hui un centre de 1,600 âmes, plein de nos souvenirs les plus émouvants, riche de ses magnifiques ruines monumentales et de sa belle église romane de Saint-André qui a survécu à tout le reste. La commune est une des 13 paroisses du canton de Vouillé (Vienne).

Note 27

Sciecq, Saziacum, aujourd'hui petite commune de 400 habitants du canton de Niort, au bord de la Sèvre. Dès le xe siècle, Sciecq avait son église de Sainte-Madelaine, la môme qui entre dans cette donation. Elle eut plus tard un prieuré de Saint-Thomas qui fut réuni pendant le xviii0 siècle à Poratoire de Niort.

Note 28

Nous devons prévenir une objection qu'on pourrait opposer à la note précédente. La Chronique de Saint- Maixent (Marchegay, Chronique des Eglises d'Anjou, p. 388), date la fondation de Bourgueil de 962. Mais on a mal traduit ce passage et l'on n'a pas fait attention que le chroniqueur portait la création de Bourgueil à l'an 9G2. En même temps, elle parle de plusieurs autres faits quelle prétend moins rattacher à cette môme année que grouper dans son ensemble des faits où figure Guillaume IV, sa femme et son fils, et même l'évoque Alboin qui mourut cette année. Tout ce passage est donc moins une note qu'une confusion qui ne peut faire foi dans l'espèce.

Note 29

Chilvert, Gilveto en 989, a déjà son nom actuel en 1080. C'était une villa située dans cette partie Sud-Est du faubourg de Poitiers qu'on a appelé ensuite de la Tranchée, ce terrain est occupé aujourd'hui en partie par un des cimetières de Poitiers.

Note 30

Vouncuil, Vonogilum, surnommé sous Biard, parce qu'il se trouve a l'Ouest de ce village et au bord de la Boivre qui va se perdre à Poitiers dans le cours du Clain. En 1265, c'est déjà Vonolium, propre Biardum, et en 1438 Vouneil-soubz-Byard. C'est le centre d'une petite commune de 400 âmes que la Boivre traverse de ses eaux sinueuses et encaissées au-dessous de coteaux que décorent de charmantes habitations. On y peut suivre encore des traces de l'aqueduc romain qui amenait à Poitiers les eaux de Fleury. L'église romanu était de Saint-Pierre et Saint-Paul, prieuré de Saint-Cyprien, auquel Guillaume le Grand, duc d'Aquitaine, l'avait donnée en 996.

Note 31

Cissé, CissiacOj commune du canton de Neuville (Vienne), ayant mille habitants; pourvue dès 889 d'une église de Saint-Pierre ès-liens à laquelle nommait l'ôvèque de Poitiers; cet édifice avait

beaucoup souffert des guerres de religion dès le xviV siècle, et s'en ressent encore. La paroisse était, avant 1790, de l'archiprêtré de Parthenay, et le bourg relevait de la châtellenie de Poitiers.

De Chergé, Mém. des Antiq. de l'Ouest, notice sur l'abbaye de Charroux, p. 213 et 289, donne à tort cette date du 22 mai eu attribuant dans le texte latin le chiffre xi au mot Kalendisj au lieu de le rattacher au nombre des évoques présents. (V. le P. Labbc, ConeileSj ix, 733.

Note 33

On peut s'étonner que les Bénédictins de Y Art de vérifier les dates, aient ici si mal vérifié celles qui se rapportent à ces événements. En effet, après avoir raconté (X, 97) le prétendu siè&e de Poitiers par Hugues Capet, auquel nous avons prouvé ci-dessus, qu'il ne fallait pas croire, ils établissent nettement, que vers Van 990, le comte de Périgord Adalbert Ier, aidé du comte d'Anjou Foulques Nerra, était venu assiéger Poitiers, qu'on y avait repoussé ses efforts, mais qu'après cette première victoire, les Poitevins avaient été vaincus à leur tour, et qu'à la suite de maintes autres entreprises contre le Blaisois et la Touraine, ce môme Nerra était venu en 995, assiéger contre Guillaume le Grand, (Guillaume V) le château de Gençay. C'est une confusion inexplicaple de la part des doctes critiques entre les événements des deux règnes de Guillaume Fierà-Bras, et de son fils Guillaume le Grand. 11 est possible à des écrivains traitant séparément les faits relatifs aux dernières années d'un règne de les attribuer aux commencements du règne suivanL ; mais quand on écrit une histoire générale, où le synchronisme jette une parfaite lumière sur la suite des événements qu'on y raconte, ou sait à quoi s'en tenir sur la liaison des événements, d'où l'on s'étonne de voir cette liaison disparaître, quand on passe, dans VAH de vérifier les dates, de ce qui, à une même époque, regarde le Périgord où règne Adalbert, à ce qui intéresse l'Anjou, où Foulques Nerra se montre si remuant, et le, Poitou où Guillaume IV est vieilli par Ja maladie, retiré dans un monastère, et va mourir : trois choses qui pourraient bien expliquer une défaite finale, mais qui disent peu comment on soutiendrait un siège suivi d'une victoire... — Où donc nos savants religieux, ont-ils pris de quoi orner ainsi les dernières années d'uu duc d'Aquitaine, dont le nom ne se trouve mémo pas dans aucuns de ces événements? Ils s'appuient (tom. X, p. 205} du témoignage d'Aimoin dans sa relation des Miracles de Saint- Benoit, (liv. II, c. 7.) Disons aussi que rien n'autorise cette narration

ni dans Orderic Vital qui a raconté l'histoire à cette époque, ni dans Y Histoire des Comtes cTAnjou,,oxx il n'est môme pas question d'aucun démêlé entre les deux princes susdits. (V. Marcheguay, I, 326 ; — et Hist. Consul. Andegao. ibid. 89, 117), ce sont peutêtre là les sources de Terreur, Aimoin maltraitant assez la chronologie. Mais comment expliquer des aventures qui ne laissent môme pas supposer des témoins comme ceux que nous signalons, lesquels restent d'ailleurs dans un mutisme complet sur des faits de cette importance? C'est que dans un ouvrage aussi compliqué, une inadvertance peut suffire pour égarer à l'occasion un lecteur inattentif. C'est pourquoi dans l'intérêt des nôtres, nous voulons établir une fois de plus qu'il faut savoir se servir avec précaution du difficile travail dont nous signalons ici une des erreurs les plus dangereuses et qui pourtant est fort réelle. Malgré son brillant succès, Y Art de vérifier les dates, n'en renferme pas moins beaucoup d'omissions et de fautes, qu'on ne peut guère se dispenser de fairç remarquer sous peine de paraître à tort en contradiction avec des savants renommés : nous sommes heureux d'ajouter, au reste, que l'ouvrage de Dom Clément est certainement le plus remarquable monument d'érudition qu'ait laissé le xviii0 siècle, et que dans ce dédale de documents si propres à nous éclairer, il est impossible de ne pas s'égarer quelquefois. Nous serions moins indulgent pour ce qui regarde la doctrine catholique, dont la pureté comme nous le verrons, n'y a pas toujours été suffisamment respectée en présence des idées schismatiques du temps. On peut d'ailleurs consulter utilement à ce propos les Mélanges d'Histoire, publiées en 1806 chez Leclerc à Paris, tom. Ier, p. 406 et suiv.

Note 34

Le Poitou a plusieurs petites rivières ainsi nommées; celle-ci tire son nom d'une prairie de la commune de Magné, canton de Gençay, non loin du hameau de Puyrabier. Elle est peu considérable, n'ayant guère que 3 ou 4 kilomètres de cours, et se perd dans la Clouère, près Gençay. •

Note 35

Nous n'avons fait que traduire ce passage si intéressant du récit de Pierre de Maillezais dans YHistoire de la fondation et des progrès de son monastère (ibid, I, c. v). Cet auteur qur ne manque ni de correction ni d'élégance, écrivait vers 850, et avait pu voir quelques-uns des événements qu'il rapporte et parlait certainement d'après des notes fidèles ou des témoins plus âgés que lui et dignes

de foi. C'est pourquoi nous n'avons voulu omettre ici aucun des détails si attachants que nou# lui empruntons avec confiance, Au reste, il est le seul de ses contemporains qui précise aussi nettement les méfaits rappelés ici par Guillaume IV contre Boson. Ce passage est des plus curieux, car il nous donne uner haute idée de cet honneur français qui fait stigmatiser par un mourant en termes si énergiques la mauvaise foi d'un vassal qui n'a eu aucun prétexte de se révolter, que sa propre ambition, et qui manque à la foi, à l'honneur professionnel et à la reconnaissance.

Note 36

Nous disons 994 selon notre manuscrit actuel, il faut reprendre l'année au 1er janvier, car ayant commencé à Pâques précédent, qui ne devait revenir que le lor avril, indiction 7, nous suivrons â l'avenir cette même méthode pour être plus commode au lecteur.

Note 37

La Reynaudière. Lieu détruit près Dive, commune de Verrière (Vienne) et qui, en 1490, appartenait encore à l'abbaye de Nouaillé.

Note 38

Ce fut surtout l'occasion de la fondation en 100G de l'abbaye de Saint- Antoine de Vienne, par un gentilhomme de cette ville, reconnaissant envers Saint- Antoine, qu'il avait invoqué pour la guérison de son fils unique. Les religieux de cet ordre hospitalier devinrent très célèbres en se dévouant partout aux besoins des malades, lors des trop nombreuses apparitions que le môme fléau fit en France du xe au xm° siècle.

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