V. Besly, Eo. de Poitiers, p. 38; — Comtes, p. 223. — Ces
dates, au reste, sont obscures, car on ne sait s'il faut les prendre
selon les textes des 13e et 14e années de Charles le Simple, dont le
règne peut être indiqué soit de l'an 892, où il règne de moitié avec
Odon, soit de 898, où il fut le seul roi après la mort de son
antagoniste.
Note 20
Mougon, villa quœ voeatur Molgonum au xe siècle, ne doit pas être confondu avec le petit lieu nommé par Hincmar, Mogoium, dont on a fait le Campus Mogotensis, où était, sur le Clain , un prieuré de Saint-Marc, dans le territoire de Château-Larchor (Vienne), et où se prolongea la bataille de Voulon, en 507. — (V* ci-dessus t t. Iw, p. 315, 318 et 345.; — Le Mougon des Deux-Sèvres dont nous parlons ici, et que le Larobon arrose, dans toute sa longueur, semble remonter par son nom au temps de la civilisation celtique. Mais il ne s'avance jusqu'au xe siècle, où nous le rencontrons, qu'à travers des nuages. Alors toutefois on croit voir une certaine importance à la villa qui appartient peut-être aux vicomtes de Melle, et qui, à cause même de ces relations de parenté
que noua avons cru voir entre ces seigneurs et ceux d'Aunay, explique 1res bien comment elle serait venue aux mains des premiers. L'histoire et la numismatique ont constaté qu'à cette époque les vicomtes de Mclle eurent à Mougon un atelier de monnayage où le minerai de leur ville fut employé. Nos musées possèdent encore des types dont on reconnaît l'origine au mot Molgon, qui se lit au revers. On voit que dès ce temps existait à Mougon une église de Saint-Jean et Saint-Paul soustraite, par la religieuse sollicitude de Cadelon III et de sa famille, à l'avidité des laïques dont elle avait été longtemps le patrimoine illégitime. Cette église, par son vocable, semble attester une origine très reculée, car nous avons vu ce nom consacré par saint Hilaire en 367 , à celle qui prit son nom quelques années après sa mort, et tout fait croire que ce dût être peu après que quelques autres, fort rares dans le diocèse, eurent occasion de le prendre. Au reste, nous devons remarquer ici que depuis longtemps Mougon a toujours eu le patronage de Saint- Jean- Baptiste, erreur qui vient sans doute de ce qu'on s'était accoutumé à ne le nommer que du premier nom de ses deux patrons, c'est de là que la fête patronale en vint à se faire le 24 juin, où YOrdo do Poitiers continue de la consacrer sans plus de raison. L'église de Mougon, plusieurs fois ruinée, fut rebâtie au xi° siècle, et devint un des riches prieurés de l'abbaye de Cluny : elle donnait, par l'acte de son érection, à l'hôpital de Niort une rente considérable en froment et en bail large, Mougon appartint peu de temps après, et à l'époque où furent établis les archiprôtrés, à celui d'Exoudun. II releva au xvi° siècle de la baronnie de Melle, puis appartint tour à tour à la maison dô Rochcchouart et à celle des Avices de Mougon. Les Avices du Poitou t distincts de ceux qui habitèrent la Normandie et la Bretagne, portaient i d'azur à trois diamants taillés en triangle j posés sur leur pointe, chaque triangle a trois facettes. »
Note 21
Lambon, ruisseau qui fertilise toute la plaine où se trouve Mougon, après avoir pris sa source vers l'Ouest de Niort, non loin de Verruyes, il parcourt une quarantaine de kilomètres à travers des prairies naturelles et va se jeter dans la Sèvre en amont de Niort. Il trouve dans ce parcours Fressioes, Vouillé et Souche. A peu de distance de la grande rivière et avant qu'il l'atteigne, le Lambon disparaît en panie, et va dans un conduit souterrain grossir d'une nappe assez abondante Je réservoir du Vivier, d'où une machine hydraulique, remarquable par sa simplicité et ses résultats, fait remonter ses eaux jusqu'à la ville de Niort qu'elle alimente au-delà de ses besoins.
Note 22
Ce Sept- fonts, dont le nom est dû aux sources qui surgissaient sur les terres de son appartenance, ne doit pas être confondu avec la célèbre abbaye, fille de Citeaux, qui appartenait au diocèse d'Auiun, où elle fut fondée en 1132 par un duc de Bourbon, nommé Guillaume. L'ancienne seigneurie du Limouzin est aujourd'hui un simple chef-lieu d'une commune de 1,900 âmes, canton de Château- Ponsac (Haute-Vienne).
Note 23
Ce village d'Alexandre, situé à une quinte de Poitiers, s'en éloignait donc de cinq kilomètres, ou à peu près» car c'est, nous l'avons déjà dit, la valeur de cette sorte de mesure, la quinte, d'après du Cange, étant la cinquième partie de la lieue romaine qui équivalait à la nôtre, à peu de chose près. On convient, du reste, assez généralement, que la quinte correspond à l'idée de notre banlieue* Ainsi Nouaillé et le champ d'Alexandre étaient dans la quinte et la banlieue de Poitiers. (V. Redet, Topographie de la Vienne ; V° Alexandre (champ d'), et Mém. des Antiq. de l'Ouestf V., 365*)
Note 24
Depuis Clovis jusqu'à Charles le Chauve, un Franc n'était vassal que du pays et n'appartenait à personne. Ce fut la multiplicité des fiefs et la création par leur hérédité de l'indépendance des seigneurs qui amena ce changement social de si haute importance où l'on vit le vassal, ou seigneur indépendant du roi, faire des arrière-vassaux, c'est-à-dire des hommes liés à lui par la location de terres appelées arrières-fiefs , et qui, pour jouir de ce titre, se soumettaient à une condition du service obligatoire- Ce fut le commencement de grands désordres, l'unité de commandement, premier besoin d'un gouvernement raisonnable, se trouvant morcelée par autant de souverains secondaires qu'il y a de provinces ou pagus. De là ce droit de guerre que chacun s'arrogeait, et qui n'eut enfin d'obstacle possible au xi° siècle que dans la paix et la Trèce-de- DieUj dues à l'Eglise, et par cela môme, comme nous le verrons, si méchamment calomniées par ses ennemis. (V. Lachesnaye Desbois, II. 373, Dictionnaire historique, III, 723, V* Vassal.)
Note 25
Aurillac, Auriliaeum, ancienne capitale de la haute Auvergne, est devenue, le chef-lieu du Cantal, et a 10,000 habitants, sur la Jordanne. Son église paroissiale de saint Géraud est un beau type
do l'architecture du xnie siècle, qui la vit reconstruire après sa ruine par les Anglais. C'est de l'abbaye d'Aurillac qu'était sorti, en 999, le pape Sylvestre II, simple moine, natif du pays, et qui fut regardé comme l'un des plus savants hommes du moyen âge.
Note 26
Mâcon, Matisco ou Matisconum, ville de 16,000 âmes, chef-lieu de Saône-et-Loire, sur la Saône. Elle est antérieure à l'occupation de la Gaule par les Romains. Chef-lieu d'un comté et faisant partie du duché de Bourgogne, elle fut réunie à la couronne de France par Louis XI, en 1477.
Note 27
Cluniaeum, petite ville de 2 à 3,000 âmes, chef-lieu de canton de Saône-et-Loire. — Il paraîtrait, d'après la signature du diplôme cité par Besly (Comtes du Poict. p. 37J et VArt de vérifier les dates, que cette terre avait été donnée à Guillaume par un testament de sa sœur, comtesse de Mâcon, veuve de Ranulfe, comte de Poitiers. Elle comptait par là expier les nombreux pillages q*ue son mari avait faits des biens ecclésiastiques. On avait donc, en ces temps de foi, de véritables notions du juste et de l'injuste, du bien et du mal, du vol et de la réparation par laquelle il doit être effacé... Tous les siècles se suivent et ne se ressemblent pas !... — Guillaume avait fait signer aussi cette charte par le comte de Toulouse, dépendant du duché d'Aquitaine. Mais une particularité plus remarquable parce qu'elle est d'une époque où se modifient les usages et l'esprit public du pays, c'est que le protocole de la charte est conçu au nom de Guillaume, due d' Aquitaine, par la grâce de Dieu, ce qui exprime nettement une complète indépendance de toute autorité temporelle. Ce n'est plus le roi de France qui possède l'Aquitaine, ni aucune autre des provinces qu'elle enclave. Le duc la tient de Dieu seul et de son épée qui la défendra au besoin. Le roi sera le suzerain car elle est venue de lui sous cette condition ; mais le duc est maître chez lui. Il est devenu un de ces grands vassaux dont le fief, propriété personnelle, aura ses arrière-vassaux et ses arrière-fiefs. Il arrivera môme que les Comtes conquerront aussi leur propre personnalité du souverain auquel ils ne devront plus que foi et hommage ; ils sont déjà possesseurs héréditaires et incommutables. C'est la féodalité qui apparaît avec son incontestable souveraineté. Le roi n'est plus qu'une sorte de premier parmi ses pairs. Il n'y a plus d'unité gouvernementale, mais autant de maîtres que de gouverneurs provinciaux. De là naîtront les abus que nous verrons désormais presque à chaque page de notre histoire, et la royauté
devra compter parmi ses plus tristes fautes, d'avoir méconnu ellemême que l'unité monarchique, trop partagée, conduit fatalement à la diffusion du pouvoir, et que cette promiscuité de la puissance engendre, tôt ou tard, le mépris de l'autorité. C'est ainsi qu'on jette dans les masses inintelligentes le germe des idées républicaines, et que pour les grandes nations, la république dénaturant les éléments sociaux, amène fatalement aussi, pour dernière conséquence, la ruine de l'Etat et la fin des plus glorieuses nationalités.
Nous sommes destinés à marcher vers cette fin, lentement, mais sûrement; et nous le devrons aux abus que les divers pouvoirs auront fait de leur force ; et nous serons obligés de conclure un jour que les peuples ne périssent pas tant par le despotisme d'un seul, qui ne peut jamais durer, que par la tyrannie des masses, toujours composées d'imbéciles ou de pervers. — Ce sont ceux-là qui s'éternisent !...
Note 28
Nous ne pouvqns parler ici que des commencements de Cluny, pour ne pas sortir du cadre où doit se renfermer notre sujet ; mais, pour satisfaire à une juste curiosité des lecteurs studieux, nous esquisserons en quelques lignes la suite moins consolante de ces magnifiques commencements. Ainsi nous ajouterons qu'en dépit du merveilleux parallèle qui se remarque dans le berceau de Cïuny, avec l'ordre bénédictin si vivace et si fort, il y eut cependant une différence remarquable entre les deux instituts, c'est que lo dernier venu modifia la règle du premier en multipliant les prières aux dépens du travail des mains, que la grande intelligence do Saint Benoit avait voulu maintenir comme un des points principaux de la. règle. On ne tarda pas à s'en apercevoir, par l'affaiblissement de l'esprit de mortification et de pénitence. Après des abbés comme Bernon, Odilon, Hugues et Pierre le Vénérable, qui gouvernèrent l'Europe à la manière chrétienne, par l'étendue et la continuité de leurs relations avec les papes et les rois, vinrent les abbés mondains, prenant Cluny pour un fief, s'en faisant une forteresse, ets'illusïrant par des fêtes chevaleresques, bien plus que par les exemples d'une vie de sainteté. Puis arrivèrent les abbés commandatairesT aboutissant par une grande ruine à la révolution philosophique de 1790- — V. la belle Histoire de l'abbaye de Cluny, par Lorrain, 1810, in-8° ; Mauléon, Carlooingiens, II, 47.
On voit quel service le pieux duc d'Aquitaine avait rendu à son pays, et quelle reconnaissance il en méritait. En traçant ce court historique du magnifique établissement que lui dut notre moyen âge, nous avons donné la plus juste appréciation de son esprit élevé, et
une preuve de plus de l'aptitude aux grandes choses qui distinguait les grands hommes de ces âges, si intéressants à bien connaître. Mais quelles graves leçons l'humanité ne trouve-t-elle pas dans ces décadences de ses affaires les plus importantes ! Comment n'a-t-on pas vu clairement, au milieu de tant de secousses qui, à tous les âges du monde, ont ébranlé ses fondements, que les plus belles et les plus solides institutions n'ont cédé qu'à d'imprudentes utopies, accréditées par l'inexpérience d'hommes incompétents ou insuffisants à une tâche nouvelle que de sérieuses réflexions n'avaient pas mûrie? Le travail manuel avait paru au patriarche de Subiaco un excellent moyen d'interrompre la prière ; les études, la copie des livres rentraient dans ce travail, faisant diversion nécessaire aux rudes occupations de l'agriculture, de la bâtisse et de soins domestiques. L'oubli de ce grand principe, qu'on croyait remplacer par quelque chose de meilleur, devint fatal à Cluny où il est désormais plus facile de manquer à la seule pratique de la prière, qu'à plusieurs autres dont la négligence simultanée, en devenant plus apparente, eût semblé plus répréhensible, et eût moins prêté au relâchement. Cluny se fut ainsi maintenu dans sa régularité primitive ; il eût continué, au gr^nd avantage de la religion, la réforme dont ses fondateurs avaient donné le signal. Et maintenant, ne sommes-nous pas appelés, par ces exemples trop peu compris, à d'autres considérations d'une haute portée, et que nous ne pouvons nous dispenser de soumettre à nos contemporains ! En quelles conditions normales vivent aujourd'hui toutes les nations de l'Europe? N'y remarque-t-on pas un détraquement complet qui menace chacune d'elles d'une ruine plus ou moins prochaine? Et pour ne pas sortir de nos propres affaires, qu'est devenue cette constitution de la France qui l'avait rendue, pendant quinze siècles, le modèle et l'arbitre de tous les peuples du monde? Qu'a-t-on fait de ce peuple calme, intelligent, docile à ses gouvernants, glorieux par sa politique, ses succès militaires, son génie artistique, son caractère spirituel, sa franchise proverbiale, sa littérature modèle, son attachement à la foi chrétienne? De ce peuple admiré partout, de faux docteurs, par la philosophie de Diderot et de Voltaire, sont venus faire une nation écervelée, ingouvernable, sans principes d'administration, sans caractère national, faisant de l'art un commerce honteux, profanant les lettres en- des romans sales ou impies, n'aimant que les succès de Bourse, avec le sensualisme et la mollesse, sans autre conviction que le matérialisme athée, et n'appuyant le droit public que sur la force matérielle, l'hypocrisie et la cupidité! Telles sont les conséquences du renversement de la Monarchie sécu-
laire de la France. Les fauteurs de la Révolution de 89t qui la couvaient depuis longtemps, n'eurent d'autres motifs de leur révolte que l'envie de se saisir du pouvoir, sous l'ombre menteuse d'améliorations prétendues, entreprises en faveur de la liberté qui ne souffrait pas", et des Droits de V homme qu'on n'avait jamais méconnus- L'autorité royale offusquait les grands seigneurs de l'anarchie, Mirabeau et consorts en vinrent à bout, en la modifiant par la fameuse et à jamais détestable Constitution de 91. C'est d'elle que sont nés le parlementarisme, la liberté de la presse, le suffrage universel, l'enseignement obligatoire, la laïcisation, comme iis disent, du catholicisme, de la conscience humaine; et Je mépris haineux de tout ce qu'on avait eu jusqu'alors de plus respectable et de plus sacré.
Et pour revenir à notre point de départ, en considérant que ce bel ordre de Cluny, en dépit de ses admirables commencements, ne s'affaiblit si vite que parce que, tout en conservant le fond de la règle bénédictine, on y avait aboli, sous prétexte de perfectionnement, un point essentiel qui maintenait ses membres depuis 500 ans sous la férule salutaire de la dépendance et du travail, ainsi notre malheureuse France a perdu sa force vitale dès Jors que le principe monarchique est devenu la victime d'ambitieux sans croyance et sans moeurs. Et quand les vieilles traditions de paix, d'honneur national et de foi religieuse sont ainsi tombées dans le mépris d'une génération qui se croit en progrès, comptez de combien d'émeutes, de révoltes, de révolutions violentes souffrira ce peuple divisé en partis innombrables, où toutes les plus grossières idées auront prévalu, où chaque cerveau aura ses plans pour le bonheur public, où l'anarchie se vantera de marcher à la conquête du capital, et où toutes ces écœurantes idées n'auront pour antagonistes que des conservateurs tranquilles, résignés à mourir plutôt qu'à se défendre.
Que nos lecteurs pardonnent, s'il le faut, à cette longue digression dans laquelle un exemple, déjà si loin de nous, nous a fait tomber... Ilya des chutes dont on ne se console pas I
Note 29
Chartres, d'abord Autricum, puis Carnutes, occupait, entre la Loire ei la Seine, le pays des Carnutes, dont on a fait les départements d'Eure-et-Loire, de Loir-et-Cher etdu Loiret. Elle est posée sur une montagne dont l'Eure baigne le pied. C'est de cette rivière (Antrica) que la ville avait reçu son premier nom, avant qu'elle prit celui des Carnutes. Ce peuple fut un de ceux qui soutinrent le plus
ênergiquement contre César leur autonomie et celle de la Gaule. Chartres était le principal séjour des Druides. Ce petit pays leur dut tout ce qu'il avait de civilisation. Elle fut au x° siècle la capitale d'un comté de son nom. En 1661, elle devint un duché-pairie pour Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV. Elle a maintenant dix-huit mille âmes, une des plus belles cathédrales de France, et la préfecture d'Eure-et-Loire.
Note 30
V. Dudon, de moribus Normannorum. Cette relique avait été donnée à l'Eglise de Chartres par Charles le Chauve : c'était l'empereur Nicéphore qui l'avait envoyée à Charlemagne vers l'an 804, et depuis ce temps elle avait toujours été conservée à Aix-la-Chapelle jusqu'en 876, qu'elle devint la propriété de la célèbre- église qui la possède encore. Son authenticité fut renouvelée en 1846 par M*r Clausel de Montais, évoque de Chartres. (Cf. Description de la cathédrale de Chartres, par M. l'abbé Bulteau, p. 163.) — Ajoutons qu'il faut se méfier, sur le fait de ce siège de Chartres, de la date trop incertaine donnée par Besly (Comt. de Poict., p. 216), d'après Orderic Vital, laquelle date a été mal citée, car l'affaire est du 11 juillet 911 , et cette année là, on ne trouve pas que l'indication donnée par Orderic fût indiction 3, qui n'appartient qu'à l'année 915, mais 14, qui concorde bien avec 911.
Levés, chef-lieu actuel d'une commune de 1,200 âmes, situé sur une colline à une lieue au Nord de Chartres, sur les bords de l'Eure.
Note 32
Ces claies étaient formées de branches d'arbres entrelacées faites sur place pour se défendre dans les sièges contre les traits des assiégés. On les dressait devant soi pour s'en faire autant de remparts mobiles. On les jetait aussi sur les fossés opposés par l'ennemi à la marche des troupes, et ce dernier usage a duré dans les armées jusqu'à ce que les développements de l'artillerie eussent rendu ces moyens absolument inutiles. (V. Lachesnaye-Desbois, Dictionnaire militaire, V. Claies, t. Ior, in-12. Paris, 1758.)
Note 33
Baidon, Baidonus, ancien fief relevant de la châtellenie de Launay , commune de Sérigny, arrondissement de Chàtellerault (Vienne). Quoique cette villa appartienne en 912 à la viguerie de Sauves, elle
est, en 964, de celle de Colombiers qui en avait été détachée, et en 1285, une seigneurie. C'est maiutenant une simple ferme de la commune de Marigny-Brizay, canton de Neuville (Vienne).
Note 34
Troly, Troslegium, palais royal, aujourd'hui modeste village du canton de Coucy-les-Châteaux (Aisne).
Note 35
Saint-Clair-sur-Epte est un bourg de l'ancien Vexin, de l'arrondissement de Mantes (Seine-et-Oise) , que traverse aujourd'hui! comme en 912, la grande route de Paris à Rouen. Cette rivière d'Epte est un affluent de la Seine, nommé alors Etta ou Epta, et qui avait été suivie dès le commencement des invasions par les Barbares, pour se répandre dans les terres. (V. Annal de Saint-Bertin, ann. 861.) Saint-Clair est une commune de 600 habitants, posée dans une belle vallée, et du canton de Gisors, petite ville voisine arrosée par l'Eure.
Nous n'entrerons pas dans les articles du traité de Saint-Clair, mais une note est nécessaire ici, pour donner au lecteur une idée juste et aussi complète que possible de la vérité historique sur un point important qui nous intéresse d'ailleurs comme Poitevins. H s'agit de déterminer les limites assignées alors au territoire abandonné à Rollon. La Bretagne en fit-elle partie, comme quelques auteurs l'ont affirmé, entre autres Guillaume de Jumièges, ou bien faut-il teoir avec d'autres qu'on la lui refusa? C'est ce dernier parti qu'il faut prendre, car, outre qu'il n'eût pas été possible de céder cette grande province de l'Armorique, d'ailleurs peu disposée à perdre son autonomie, et qui aurait, par son voisinage avec le Poitou, compromis de nouveau l'indépendance de l'Aquitaine, il y avait aussi à considérer que Rollon, ne possédant rien sur ce terrain, n'avait pas à espérer, que, déjà maître de la Manche, il allait recevoir par surcroît à ses forces maritimes, ces plages de l'Océan occidental qui eussent favorisé des expéditions contre les lies de la Bretagne et du Poitou. Il est certain f]uc les prétentions de Rollon n'allaient à rien de moins que cette adjonction d'un territoire qui lui eût offert des ressources considérables pour l'agriculture et des salines de grande valeur; mais on les lui refusa nettement, trouvant le sacrifice aussi coûteux au point de vue de la richesse que de la politique. Les historiens qui ont écrit le contraire» comme Dudon (lib. II de moribus Normanorumj et Guillaume de
Jumièges, s'étaient laissés surprendre par ce fait que les petits pays de Coutances, d'Avranches et de Bayeux longeant les côtes septentrionales et occidentales de la Normandie, et qu'occupaient alors des colonies bretonnes , furent retirées à ces dernières qui ne les possédaient qu'à titre d'hospitalité, et ajoutées aux possessions normandes comme un complément naturel et indispensable. Cette question doit être ainsi résolue, comme on peut s'en convaincre par la lecture de livres autorisés que publièrent à des époques différentes, mais dans le môme sens, l'abbé de Vertot : Traité de la mouvance de Bretagne, Paris, in -12, 1720, t. I; — Dom Lobineau, Hist. de Bretagne, I, 61 ; — Deville, Mém. des Antiq. de France, 1861.
Bodin, dans ses Recherches sur l'Anjou, p. 145, apHé ces conjectures au besoin de la cause libérale qu'il a plaidée dans tous ses livres, et La Fontenelle ne s'est pas aperçu qu'il recevait trop facilement ces impressions quand il a dit : « Il paraît que dans ce « refus il ne fut pas question des objets précieux en pierreries, en or, «c en argent.... Sans doute, que les moines de Tournus les gardèrent « aussi pour répondre des frais de nourriture et d'entretien des « disciples de Saint-Florent. » Apparemment qu'en compensation de ces frais, l'objet principal ne pouvait pas suffire à des calculateurs si énergiquement résolus de les garder... Il est vrai, pour tout dire, que l'historien qui nous a transmis cet épisode dans Y Histoire de saint Florent, traite sévèrement ceux de Tournus, et les accuse pour ce refus d'une «c violence avaricieuse ; violenter et avare retinentibus ». Mais ces mots expriment plutôt le mécontentement d'un membre de la famille qu'un reproche très exact dans les termes ; car l'abbé Hervé, après avoir motivé son refus, ne le fait porter que sur le saint corps : Sanctissimam quant apport astis non reportabitis sarcinam, ce qui exclut toute autre chose que la très sainte relique. On n'a donc pas le droit de l'accuser d'avoir retenu avec elle aucune autre chose que les ornements dont le respect et la dévotion avait coutume de la parer.
Note 38
Dudon, de moribus Normann., lib. H. — Mauléon, les Carlov., III» 45. — Le nom de. cette princesse qui se trouve cinq ou six fois appliqué à quelques-unes des femmes de la famille royale depuis Charlemagne, a été confondu en plus d'une occasion. Plusieurs historiens ont pris celle dont il s'agit ici pour une fille de Charles le Simple; elle ne pouvait être que sa sœur, fille, comme lui, de Louis
le Bègue, et qui devait être née vers 878. Cette erreur, qui vint d'abord de Guillaume de Jumièges, fut répétée ensuite par Orderic Vital. Elle leur venait de ce que n'étant pas tout à fait contemporains de l'événement, ils se sont laissés égarer par des traditions inexactes. On voit par la môme raison que ceux qui ne donnaient que 15 ans à Gisèle lors de son mariage, ne se trompent que de 20 ans, toujours par suite du premier calcul. (Cf. Mauléon, Hist. des Carlov. II, 45, 60, et 321.)
La Chaise-Dieu, Casa Dec, abbaye bénédictine, fondée au diocèse de Clermont en 1046. Un de ces anciens abbés fut le cardinal de Richelieu. Elle avait plusieurs prieurés dans le Poitou, et dora Estiennot, l'un de ses religieux les plus célèbres, habita souvent l'abbaye de Nouaillé, où il recueillit, en quatre volumes in-folio, les Antiquités bénédictines du diocèse de Poitiers.
Note 40
Cf. Guillaume de Malmesbury, bénédictin anglais qui écrivit au xii° siècle, en 1142, l'histoire de son pays (De gestis regum Anglorum). Ce travail se trouve dans la collection de Duchesne, mais une édition nouvelle en a été donnée à Londres, par Hardy, 1840, deux volumes in-8°. — On peut consulter aussi Guillaume de Poitiers, ainsi nommé de ce qu'il avait étudié dans cette ville. Il a écrit en bon latin, et avec une véritable érudition, une histoire de Guillaume le Conquérant laquelle, pour n'être pas toujours d'un observateur très scrupuleux, a cependant le mérite d'une narration fidèle, curieuse par une foule de détails. Guillaume de Poitiers mourut archidiacre de Lisieux, dans le cours du xie siècle.
Note 41
Le Saleron, Jlumus Saleronis, dont nous avons parlé ci-dessus, ad ann. 834, et qui, après être entré dans le département de l'Indre, va se perdre dans l'Anglin, près d'Ingrande, l'ancienne Finas, limitrophe du Poitou et du Berry et qui n'est pas celle renfermée aujourd'hui dans le canton de Dangé.
Note 42
Pouligny, Pauliniaeum 3 petite ville gallo-romaine d'origine, canton du Blanc (Indre). La Fontenelle écrit Pontignyt ce qui nous transporte dans l'Auxerrois, ou même dans la Moselle. Au reste, ce Pouligny a des homonymes, dont le nôtre se distingue par le vocable de Saint-Pierre, qui est celui de la paroisse.
Note 43
Nous venons de voir Ingrandisse, au vne siècle ; ou trouvera en môme temps Ygorande, et Egurande qui en semblent des abréviatifs; Plus tard, c'est Ygorandis, Ygorandinsis ; et après maintes autres transformations, on voit arriver lgranda au xi° siècle, Igranda encore au xn°, et enfin Ingrandia au xiv° et Ingrande en 1497. (V. Redet, Dictionnaire de la Vienne et Cartulaire de Saint- Hil aire, I, 17, 33, 35.) En dépit de toutes ces variantes, dues à la prononciation changeante des époques et des localités; on voit bien que l'origine à? Ingrande est dans YIngressus des Latins, dont le mot Fines était le véritable synonyme. — Au reste, toutes les données, justement acceptées sur la traduction de Fines et Ingressusy se confirment encore tout récemment par la découverte d'un autre Ingrande, située aux environs de Fontevraud, et placée sur les antiques limites qui séparaient le Poitou de la Touraine. (V. Bulletin des Antiquaires de l'Ouest, XIV, 468.)
Note 44
Saint-Ustre n'est qu'une traduction assez mal déduite du latin Adjutor, qui fut le premier nom de Saint Maixent. C'est donc sous le patronage de ce dernier qu'a toujours été la petite paroisse annexée à Ingrande, et qui l'a encore pour titulaire.
Note 45
L'antique légende est l'histoire parlée du peuple qui n'écrit pas. Ce peuple naïf y raconte ses mémoires pour les générations suivantes ; s'il s'est trompé souvent dans ses appréciations, si la chronologie lui est inconnue , il ne dit rien qui ne s'appuie de ses croyances religieuses, et c'est ainsi que ses récits, plus ou moins déviés de la foi chrétienne, sont toujours respectables au point de vue de la bonne foi qui nous les transmet, et de la simplicité qui la perpétue. Nous en avons une charmante preuve dans la tradition de toute cette contrée, où le culte de sainte Florence dure encore malgré les obscurités de son origine et la perte absolue de ses habitudes liturgiques. On sait, très historiquement, dans la paroisse d'Ingrande et deux ou trois autres non moins zélées, que sainte Florence est cette jeune vierge qui vint se mettre sous la direction de saint Hilaire, habita Comblé, y mourut, et fut honorée dans le Pqitou, sans interruption depuis le iv° siècle. Mais ce que les hagiographes ne nous disent pas, et ce que le peuple sait très bien, c'est que, au-delà d'aucune époque bien précisée par lui, une statue de la sainte avait été trouvée dans les décombres d'un sanctuaire détruit ;
qu'apparemment une tradition conservée, et encore vivante la fît reconnaître; que les paroisses voisines se la disputèrent, et qu'ello resta, on ne dit plus comment, au Chapitre d'Ingrande qui, dès lors, institua une procession qui se fait encore chaque année, le 3 mai, anniversaire probable de la découverte. Ce pèlerinage est très suivi par une foule religieuse qui y va prier, expose tous ses besoins à la sainte, et lui attribue les grâces qu'elle reçoit. Il n'y a rien là que de très conforme à la théologie catholique. Quoi de plus touchant que cette unanimité de tant de consciences professant les mêmes convictions, que tant d'espérances diverses dirigeant au môme but, et qui persévèrent depuis tant de siècles à renouveler périodiquement ce voyage de foi, sans que rien ne l'arrête ni le décourage ! Comme elles parlent éloquemment ces ruines recouvertes de tertres moussus et d'herbes épaisses, abritées par des chênes séculaires, comme on les goûte dans ce silence de leur solitude, que des cantiques viennent seuls interrompre une ou deux fois chaque année ! Ne se trouvera-t-il personne qui songe à relever ces débris et à faire acte de conservation en faveur de ce peuple qui n'aura plus rien à respecter quand il aura perdu sa foi ? (V. sur sainte Florence, ci-dessus, 1, 206.
Note 46
La famille d'Argenson est une de celles qui, en France, se rattachent aux origines de la patrie par de glorieuses traditions qui peuvent manquer de preuves dans les listes généalogiques, mais qu'il ne faut pas dédaigner cependant, parce qu'on n'invente pas des faits qu'à aucune époque les contemporains n'eussent acceptés, si des litres sérieux n'en eussent été la base primitive. Sans donc se laisser séduire par telles ou telles légendes, dont un tribunal n'adopterait pas nécessairement les témoignages, on peut accueillir des souvenirs historiques transmis par des siècles attentifs à les perpétuer. Ainsi, quoique les d'Argenson n'apparaissent dans nos dyptiques nobiliaires que vers la fin du xive siècle, on ne peut douter, pour eux, d'un berceau qui remonterait jusqu'au ixe siècle, où leurs notes de famille consacrent leur premier nom. Ce nom était \igeriuSy dont on a fait Voyer, devenu leur nom patromimique, et qui, ayant été longtemps Vigerius, laisserait supposer qu'une première illustration aurait pu leur venir d'une charge de Viguier. Serait-il vrai que Charles le Chauve (vers 940), aurait donné à un chevalier qui l'avait servi contre une révolte des Bretons, la terre de Paulmy, qui domine la Vienne, et d'où serait venu aux Voyer leur nom féodal? — D'aucuns historiens le disent, et des plus renommés parmi ceux qui écrivirent sur nos annales, comme André Duchesne
(Antiq. des villes de France, p. 75) ; et Tristan de Soliers (Hiniotre généalogique de la noblesse de Touraine, 1679, in-folio, p. 89). — Mais ce sont surtout les généalogistes de profession, dont la renommée est une garantie en faveur de ceux dont ils parlent. Moréri (Grand Dict. historique, in-folio, 1759). — Le P. Anselme, (Grands Officiers de la Couronne, VI, 593), nous montrent les Paumy faisant une donation à Notre-Dame de Beaugorais, datée de 1244, vendredi après Quasimodo. — Ces Paumy (qui écrivirent Paulmy), furent donc la première branche, qui eut dix rameaux d'où sortirent de nobles chevaliers et des magistrats qui s'illustrèrent dans les armées de nos rois et dans les charges civiles de la Touraine; les uns ayant gouverné cette province, d'autres les châteaux de Loches ou la ville de Châtellerault ; tous honorés par leur bravoure et leurs services, et demeurés fidèles à la religion pendant les lamentables périodes des guerres civiles du xvi* siècle, où le château de Paulmy succomba sous les efforts des séides de Calvin, C'est après ces mémorables secousses sociales, qu'une fille de Jean- Armand de Voyer, ayant épousé un Pierre de Voyer, son cousin, seigneur d'Argenson, lui apporta la terre de Paulmy, et ainsi fut fondée, en 1689, la seconde branche de la famille.
De cette.branche, un Claude Voyer-d'Argenson fut aumônier du roi Louis XIII, en 1626; puis dignitaire du Chapitre de Luçon, dont il refusa Tévéchô par humilité. Il est auteur de plusieurs ouvrages de théologie mystique et de droit. L'un de ces derniers, Jarisprudentia christ iana Francorum, fut imprimé à Poitiers en 1G52. — Nous voyons deux de ses neveux portant successivement le nom de Marie-René, devenir, l'un après l'autre, ambassadeurs à Venise comblés de dignités et de faveurs méritées de la cour.
Cette seconde branche, mieux connue de nous parce qu'elle s'en rapprocha de plus près, finit en la personne d'une fille d'Antoine- René, marquis de Paulmy et d'Argenson, laquelle fut mariée en 1771 à un Montmorency-Luxembourg, qui fut député aux Etats- Généraux de 89 par la noblesse du Poitou.
La troisième branche fut celle des comtes, qui parait d'abord eo la personne de Marc-Pierre de Voyer, baron des Ormes- Saint- Martin, Marmande, etc. — Né en 1696, et mort en 1761, il remplit les plus hautes fonctions de l'Etat, ayant été lieutenant-général de police, intendant de Tours, garde des sceaux, ministre de la guerre et fondateur à ce titre de l'Ecole militaire. Il fut aussi membre honoraire de l'académie des sciences.
Le frère aîné de Marc-Pierre, René-Louis, était homme de lettres, tout en s'occupant, comme tous les siens, des affaires de l'Etat, où
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il remplit des emplois considérables. Lié avec Voltaire, ses écrits s'en ressentirent, et ses Essais ou Loisirs d'un homme d'Etat, aussi bien que ses Mémoires, laissent trop s'étendre une philosophie où la franc-maçonnerie avait déjà la principale part. Son fils, né en 1722, fut ambassadeur en Suisse, à Venise, puis ministre de la guerre en 1752, Il fonda la bibliothèque de l'arsenal, qui était la sienne propre, et dont il tira un recueil de 65 volumes in-8°, qu'il publia sous le titre de Mélanges extraits d'une grande Bibliothèque, les idées fausses du temps n'y manquaient pas.
Le dernier comte d'Argenson, que la Révolution trouva nanti de ce titre, fut Marc-René-Marie, né en 1771, et mort en 1842. Il était petit-fils du précédent, et le vent qui soufflait sur la France, celui-là môme qui avait fait éclore la politique révolutionnaire, avait aussi poussé ce représentant d'une famille si fidèle au service de ses rois vers le général Lafayette, dont il devint l'ami et l'aide de camp. Ces circonstances suffisent à expliquer comment on le fit, en 1809, Préfet de l'Empire, Représentant en 1815, pendant les Cent- Jours, et membre, peu après, de la Chambre des députés, où il siégea longtemps dans l'opposition. En 1833, il signa un manifeste républicain de la Société des Droits de l'Homme, et se retira enfin dans son château des Ormes, où il continua, jusqu'à sa mort, à dépenser sa fortune en faveur des idées républicaines, préparées en lui par le libéralisme de la Restauration, ou plutôt par les révolutionnaires de 89.
L'Auzon, Also, Ausonius, petite rivière qui naît dans Je département de la Vienne, à 2 kilomètres au Sud-Est d'Archigny, dont elle limite à l'Ouest le territoire. Elle traverse les communes de Bonneuil-Matours, de Montoiron, A vailles, Sénillé et Targé, et va se perdre dans la Vienne en amont de Châtellerault, au-dessus du village d'Auzon, où était une commanderie du Temple. L'importance relative de ce cours d'eau a fait donner son nom dans les campagnes qu'elle arrose à d'autres ruisseaux pour lesquels il est devenu synonyme de rivière. Ainsi l'Auzon de Sénillé, de Chénevelle, etc.
Note 48
Carte de Cassini, n°67. Cet étang est aussi appelé delà Tongrière en 1673, dans un acte cité par Rédet. {Dictionnaire de la Vienne*)
Note 49 Marsày, Marciacus villa in Vicaria Ygoradinsi, à 1 kilomètre T. vi 8
au Nord de Sénillé, sur un ruisseau. Il y a le Grand et le Petit Marsay,
Note 50
La Tour d'Oiré csl un hameau de la môme commune d'A vailles, ancienne châielleoie relevant de la baronnie de Thuré, domaine des évoques de Poitiers avant 1447.
Note 51
V, Mèm. des Antiq/de tOuest^XXll, 19. Ce Prinçay est la Villa *Pri&ciacit3j qu'il ne faut pas confondre avec le bourg de même nom, dans le Loudunais, qui le portait, dès 854, dans un diplôme de Charles le Chauve, et dont nous parlerons plus t$rd.
Note 52
Ce ruisseau de Chénevelle part de la Bouffonnerie, commune d'Arctiigny, et traverse la commune à laquelle il a donné son nom.
Aujourd'hui Chabannesj hameau de la commune de Chénevelle, canton de Pleumartin (Vienne). V. Cartulaire de Saint-Cyprien, p. 168.
Note 54
Cartulaire de Saint-Cyprien, p. 152. — Ce Savigny était un prieuré de l'abbaye et n'est plus qu'un hameau avec un château encore existant au bord de la Vienne.
Note 55
Un Àznar, comte de îaca, était fils de Loup, qui avait préparé le désastre de Ronce vaux, et qui fut pendu par suite de cette trahison. Un autre fut, en 834, comte de Soullans de Mauléon d'où descendirent les Mauléon du Poitou. Un autre encore, dès 824, avait été comte amovible de Gascogne. Rien d'étonnant que ce nom soit venu en Poitou à Tune de ces époques, et y soit resté à une terre dont Anière (et mieux Àsoière), aura continué ainsi le souvenir historique. Nous avons déjà parlé d'une paroisse de ce nom, A&inaria, cidessus, t. 111, p. 96, qui occupe le canton de Brioux (Deux-Sèvres).
Note 56
Le chefeier était un dignitaire préposé au soin du luminaire et de la cire. Dans le Chapitre de Poitiers il avait aussi la garde des reliques, des croix, des calices et autres vases sacrés. Il tenait donc les clefs des armoires ou des appartements qui les contenaient. (V.
pour plus de détails notre Histoire de la Cathédrale de Poitiers II 112etsuiv.)
Note 57
Archigny, Presbiteri de Archineo. C'est encore Archinneum, Archinntaûum t à Ja fin du xne siècle, d'où on lui voit arriver son nom moderne.
Note 58
Douce, Dulciacum, hameau de la commune de Rilly, (Indre-et- Loire)! canton de nie-Bouchard, arrondissement de Chine i .
L'abbaye de l'Etoile fut fondée dans les bois, entre Archigny et Cenon, aux bords de la Vienne, par Isembaud de l'Etoile, parent de nos évéques du nom d'Isembert, qui la gouvernait déjà en 1124. Nous verrons en son temps, ce qui se rattache à cette fondation et à plusieurs phases de son existence.
Note 60
L'Acadie, ou nouvelle Ecosse, est une presqu'île de PÂmérïque septentrionale, Elle dut son origine à des colons français, qui s y établirent en 1614. Elle se développe par 120 lieues de long sur 40 de large. Les Anglais l'ayant prise, la rendirent à la France en 1661. En 17G3, les ministres de Louis XV eurent la lâcheté d'abandonner de nouveau à l'Angleterre ces compatriotes qui avaient toujours montré à la mère-patrie un filial attachement, et qui, vexés par ranglicanismo dans la pratique de leur religion, émigrèrent pour conserver leur liberté de conscience. M. Des Cars profita de cette circonstance pour accueillir ces malheureux et les appliquer à la culture de celte partie du Poitou, qui en avait tant besoin.
Note 61
Rude père, ancien fief, connu dès 1309, relevant des chàteHenies de Montgamé et de Chitré.
Note 62
V. Histoire de la Cathédrale de Poitiers, II, 187. — La prébende était Un revenu en argent ou en provision, accordée par mois ou par semaine aux clercs d'un chapitre qui n'étaient pas dans les ordres sacrés. Ces fonds faisaient une partie à part dans les possessions de la Compagnie, et étaient réservés exclusivement à ceux qui devaient
les toucher. C'était envers eux une dette essentielle acquise à leur charge pour laquelle on devait la leur donner. De là, le mot prébende, prebanda, ou semi-prébende, qui n'était que la moitié de ce revenu affecté à une charge moindre. Ce revenu était toujours pris sur le bien du Chapitre, qui en disposait seul pour ses subordonnés, et avait le droit de les régler ou modifier au besoin, sans toutefois en diminuer la somme, la portion des prébendes devant toujours rester la môme. Les chanoines avaient aussi leur prébende ou semi-prébende ; mais ces revenus, qui pouvaient s'augmenter en quelques circonstances, ne pouvaient jamais être diminués, parce qu'ils étaient attachés à l'inamovibilité de leur position.
Note 63
Traversay. On trouve vers 1176, dans la généalogie un Prévôt de la Boutetière (Saint- A liais, x, 267), prieur de Traversay. Est-ce le Traversay dont nous parlons f est-ce un fief de cette famille qui s'est distinguée de plusieurs autres, par les noms de Prévôt-Sanzac et qul pouvait avoir des alliances avec les Prévôt de la Boutetière, originaire du bas Poitou? Ceci nous paraîtrait difficile à traiter, sans de nombreuses pièces dont la précision serait concluante, mais qui semblent se dérober à nos recherches. Tout en croyant pourtant que le nom du fief susdit, qui est à présent un village de la paroisse de Saint-Cyr (canton de Saint-Georges-les-Baillargeaux), a donné son nom à la famille, encore représentée à Poitiers très honorablement par M. le marquis de Traversay.
C'est une branche alliée à celles de Touchimbert, de la Chesnaye, de la Vauzelle, dont la souche apparaît dans nos annales, dès le xve siècle, avec les Prévôt-Sanzac, et dont la Chesnaye- Desbois nous énumère, en une foule de détails intéressants, des branches diverses. Celle qui nous intéresse ici, se distingue dans la personne de Jean Prévôt, seigneur de Traversay, aux batailles d'Oudenarde, en 1708, et de Malplaquet, l'année suivante. Ses fils ne manquèrent pas à ces exemples, et se signalèrent, par des traits de bravoure et d'honneur, dans les armées de terre et de mer où les avaient engagés leurs noblep instincts de gentilhommes français. La révolution les trouva dignes de leurs principes, et quand ils virent, en 1791, qu'il n'était plus possible de servir et de défendre le roi qu'on trahissait de toutes parts, les serviteurs incorruptibles, les chevaliers de Saint- Louis, les officiers qui avaient aussi bien commandé nos vaisseaux aux colonies que nos compagnies de terre dans les guerres sanglantes du règne de Louis XV, quittèrent la France, prirent du service à l'étranger, et de l'agrément du roi, déjà prisonnier et
impuissant, ils acceptèrent du service à la Martinique et en Russie. Ils développèrent de grands talents de marins dans ces fonctions élevées. La Russie dut au marquis de Traversay de voir reconstituer sa marine, et l'honora de ses plus beaux grades. Celui-ci reconnut ces hautes faveurs en créant, par son zèle et son dévouement, les beaux établissements maritimes de Nicolaïef et de Sébastopol. Ses enfants continuèrent à se distinguer, soit hors de France, pendant, la Révolution et l'Empire, soit en France, où la Restauration les rappela pour utiliser leur patriotisme et leurs talents, jusqu'à ce comte de Traversay (Auguste-Jean), que nous avons vu mourir en octobre 1849, à Poitiers, où, chevalier de Saint-Louis, et se reposant dans une extrême vieillese, il était honoré de tous pour les services publics rendus à son pays, et aimé jusqu'à la fin par ses venus exemplaires, l'aménité de son caractère et la bienveillance de ses relations.
M. le marquis de Traversay représente aujourd'hui la branche poitevine de cette illustre famille et continue . ses traditions d'honneur, de piété chrétienne et de bonnes œuvres.
La famille de Traversay porte $ argent à deux fasses de sable, accompagné de 6 merlettes de même, posées 2, 3 et 1. — (La Chesnaye-Desbois , Saint-Allais , Beauchet-Fillcau , Société des Antiquaires de l'Ouest.)
Note 64
Ce fait si peu important en apparence, ne peut toutefois rester indifférent à notre géographie poitevine, Il est ici question en effet d'un lieu appelé ad illum mansum. Nous avons déjà dit que ces termes latins qu'on ne traduit pas ordinairement, devaient indiquer quelque maison isolée dans la campagne, ou plusieurs groupées quand on désignait ce lieu par le pluriel, ad illos mansos . Or notre géographie compte dans le seul département de la Vienne deux endroits nommés les Manseaux , l'un, au village de Bonnes, dépendant de la seigneurie de Touffou, et nommé en certain acte Mansenula; l'autre, n'est plus qu'une simple maison rurale de la commune de Dangô (Rôdet, Dictionnaire, p. 377; — Cartulaire de Saint -Cyprien, p. 85.) Ne trouve-t-on pas une véritable analogie entre ces noms et celui de ad illum mansum, ou mansos. Quelque étendue que fût la viguerie de Sauve, qui confinait par son extrémité méridionale à celle de Poitiers, nous ne pouvons prétendre à y renfermer un lieu placé dans la commune de Bonnes, et encore moins dans celle de Dangô; mais nous avons cru devoir observer ici ce rapprochement entre le mot Mansum et les Manseaux*
comme pouvant servir parfois à diriger dans la découverte de quelques autres localités répandues en assez grand nombre dans les chartes sous le même nom.
Note 65
Cette erreur a été surtout consacrée par Corlieu et par Vigier de la Pile, trompés sans doute par Adhémar de Chabannais, et peut-être aussi par quelques récits du monastère même, écrits plus tard à l'aide d'incomplets souvenirs, et que contredit formellement la narration contemporaine évidemment inspirée par des émotions personnelles- {V. Bealy, Comt, de Poici^ p. 161 ; — Vigier de la Pile, Hist. de l'Angoumoisj p. 11; — Corlieu, Recueil en forme d'histoire de la mile et des comtes d'Angoulême, p. 14 et 63.)
Note 66
Quod iantum divin ce virtuti dïsplicuit, subsequens illico judicium deetaravit.(Re$\yt loc. cit.) Ces mots displicuit, et judicium attribuent nettement un sens intime à la Sainte- Vertu qui est appelée ici Dioine. On y voit certainement la vie réelle et eucharistique du Sauveur T et le narrateur parle de cet Etre vivant et pensant comme on n'aurait certes pas parlé d'aucune autre relique morte , comme du bois de la Vraie-Croix,
Note 67
Pransay était en 696t Pramiaco, Pranziacus en 917 1 où elle est citée comme villa sur la Vonne. Son église de Saint-Pierre existait déjà alors. Elle devint paroissiale pour la ville basse de Lusignan. Citée comme telle par Gauthier de Bruges à la fin du xiv° siècle, elle garda ce titre jusqu'à ce que, ayant été détruite par les Huguenots eu 16G2, le service paroissial, devenu impossible fut transféré dans l'église Notre-Dame de Lusignan. C'était un bénéfice de Nouaillé ; l'abbé nommait à la cure. La réunion officielle des deux paroisses n'eût lieu pourtant qu'en 1712, On l'avait réparé tant bien que mai plusieurs fois; mais toujours si mal, qu'une ruine s'en suivit enfin, avec l'impossibilité de se relever après tant de désastres.
Note 68
Exoudun, Exadunum, Nous avons vu que La Fontenelle avait confondu cet endroit avec Civaux. Exoudun était dans le pagus de Brioux; il appartient aujourd'hui au canton de la Mothe-Saintlléraye, arrondissement de Melle, et fut classé dans l'ancienne division du diocèse, au nombre de ses 24 archiprôtrés. L'ancienne église romane fut reconstruite de 1853 à 1854, et consacrée en 1855
eous Iô vocable de Saint-Edouard, au lieu de Saint-Pierre qui était le titulaire depuis huit siècïes, et ne fut plus que le patron de la paroisse. Le bourg d'Exoudun qu'arrose la Sèvre-Niortaise, est situé k 3 kilo m, du chef-lieu do canton, et n'a pas moins de 1,500 âmes. En 1097, l'église appartenait à Saint-Cyprien, à qui elle fut alors comfïrmée par notre saint évoque Pierre II ; puis elle le fut encore en 1119 par le pape Calixte IL Elle fut une de celles que donnèrent en 1087 aux mêmes religieux, Hervé, archidiacre de la cathédrale, et Fort, son frère, qui prétendaient la tenir du droit paternel, ce qui prouverait peut-être que leur père l'avait déjà prise aux moines malgré les récentes revendications de l'Eglise. (V. Cartul. de Saint-Cyprien, p. 15, 17 et 271.) Il y avait dans l'église d'Exoudun en 1789, onze chapelles fondées à diverses époques, et presque toutes à la collation de Têvèquo de Poitiers ; puis à Fontblanche et à Isernay , sur le même territoire, deux prieurés de Saint-Benoit, dont le premier appartenait à l'abbaye de la Couronne, près d'Angoulôme, sous le vocable de Noire-Dame-, l'autre était à l'abbaye de Saint-Maixcnt sous l'invocation de Saint-Germain. Enfin, on y avait une maladrerie de fondation royale qui fut réunio à l'hôpital de Saint-Maixent en 1096, Quant à ses origines, Exoudun est évidemment celtique.