‹ Histoire générale, civile, religieuse et littéraire du Poitou (volume 2)Chapitre 8 sur 24 · d'Alaon · texte numérisé non relu

d'Alaon

de notre époque merovmgienne, la charte d Alaon, dont il est temps que nous donnions une idée aussi complète que

(rt) V. ci-dessus la table géographique du premier volume.

l'exige la connaissance de notre histoire, car elle date de cette année 834 où nous sommes encore, au moins quant à sa cause occasionnelle. Ceci d'ailleurs nous laisse toujours dans notre cher pays d'Aquitaine.

Les Sarrasins,qui enviaient sans se décourager d'empiéter sur les terres de cette belle contrée, avaient cru pouvoir profiter des troubles jetés depuis cinq ans dans les atïaires de la France. Ils eussent réussi à s'étendre de nouveau vers les Pyrénées, ni l'empereur ni Pépin ne pouvant les retenir, s'ils n'eussent trouvé à leurs succès des obstacles qui firent honneur à la France. Ils étaient sans cesse harcelés à l'Ouest par Alphonse le Chaste, roi des Asturies, .pendant qu'au Nord ils se voyaient vivement poursuivis par le roi de Navarre, Garcias Ximénès, par Galiedo, comte d'Aragon, par Wandrégisile , comte des Marches et de Gascogne, et même par Bernard de Septimanie, qui les repoussait jusqu'à la Méditerranée. Ce Wandrégisile avait fait bâtir dans la vallée de Téna le fort château de Wandres pour arrêter les entreprises des Maures d'Aragon : de là il faisait des courses fréquentes sur le territoire qu'ils occupaient, secondé par ses quatre fils, tous titrés dans le pays, et qui l'aidèrent à délivrer la ville de Jaca (26) et le diocèse d'Urgel (27) du joug des infidèles. Après ces succès, Wandrégisile voulut témoigner sa reconnaissance à Dieu en fondant avec sa femme Marie, et du consentement de ses quatre enfants et de leurs épouses, le célèbre monastère d'Alaon, qu'il dota, dans le diocèse d'Urgel et sous Tin vocation de la Sainte-Vierge , avec les dépouilles et le territoire enlevés aux Sarrasins. Cet établissement avait commencé en 832. Deux ans après, il était déjà habitable (^). Mais on ne la vit achevée que sept ou huit ans plus tard, ce qui prouverait que les constructions en avaient été faites en pierre et très solides, ce qui était encore rare à cette époque où le bois continuait d'être employé en majeure

(rt) Annuaire de la Société historique de France, l%o8, p. 67.

partie dans l'architecture. Mais la consécration de l'église, qui avait été le commencement de l'œuvre, selon l'usage, dut avoir lieu en 835, car c'est cette année, et sans doute depuis cette dédicace, que Wandrégisile y fit transporter de Saint-Sauveur de Limoges les cendres et les ossements de son père Altargarius et de son grand-pére Hatton, fils du duc Eudes, l'ancien duc d'Aquitaine. C'est là aussi que reposèrent plus tard les dépouilles de l'illustre fondateur et celles de la comtesse Marie, son épouse.

Un personnage que nous connaissons déjà fut présent à cette grande fête. C'est Dodon, abbé de Saint-Savin, dont les relations avec beaucoup d'abbayes de l'Aquitaine, autant que sa belle réputation, avaient fait choisir parmi les dix abbés qui y assistèrent («).

La fondation du monastère d'Alaon devint un événement public, lorsqu'en 845 Charles le Chauve donna dans ce monastère, et en sa faveur, une charte qui immortalisa son nom, et dont l'importance devint considérable pour l'histoire des premiers Carlovingiens et leur domination dans l'Aquitaine. Afin de ne point séparer les détails qui regardent cette pièce, nous anticiperons ici de quelques années pour en donner une juste notion à nos lecteurs.

Lors de la translation que Wandrégisile fit des restes de Fondation du mo-

^ nastère de ce nom.

ses aïeux de Limoges à Alaon, il dota cette fondation de tout ce qui lui appartenait sur le monastère de l'île de Rhé, fondé en 726 par le duc Eudes (*). Il y ajouta beaucoup d'autres terres patrimoniales et plusieurs églises anciennes ou nouvelles établies en divers lieux.

Wandrégisile étant mort, Aznar conserva ses bonnes grâces à l'abbaye, et quand Charles le Cliauve eut succédé à son père Louis le Pieux, on songea, comme de coutume, à lui faire confirmer la donation. Aznar s'y prêta volontiers, et l'abbé d'Alaon, Obbonius, fut présenté au nouveau

(a) BuUetiti des Antiquaires de l'Ouest, II, 120.

(b) V. ci-dessus, à cette même année 726.

monarque par rarchevêque de Narbonne, son métropolitain, au château de Quiercy, voisin de la maison royale de Compiégne. Muni de sa charte et de lettres de recommandation d'Aznar et de sa femme, la vicomtesse Gerberge, Obbonius exposa sa requête. Il avait affaire à des hommes graves, dont Tattention fut attirée sur les prétentions qu'exprima it la charte de revenir sur toutes les usurpations faites par les Carlovingiens sur la branche ducale d'Aquitaine, issue de la race royale des Mérovingiens. Charles le Chauve jugea qu'il devait mûrir sa réponse avec son conseil, les grands et les prélats du royaume. Cet examen consista en une enquête sur l'origine des droits des fondateurs d'Alaon, d'où suivit une délibération sage et motivée du prince, une décision basée sur l'équité, la religion et les convenances : ce fut enfin une de ces pièces de chancellerie qui font honneur à la justice du roi et aux lumières d'un siècle qui n'avait pas encore perdu tout l'éclat imprimé par le génie de Charlemagne. Ce diplôme fît connaître avec autant de clarté que de précision les droits qui pouvaient appartenir au comte Wandrégisile et à ses fils. Il s'en fallait qu'ils pussent regarder comme à eux beaucoup des propriétés dont ils avaient nanti l'abbaye, car parmi elles, il s'en trouvait en Aquitaine et en Gascogne que la famille avait perdues par confiscation légale, motivée sur la rébellion constante de ses chefs contre les princes carlovingiens. Charles dut donc refuser de confirmer tout ce qui, dans les provinces susdites, avait été indûment donné au monastère. Pour tout le reste , il se montra facile , tant parce que c'était justice que par égard pour les enfants du donateur, qui continuaient envers Obbonius la bienveillance de leur père. Il se plut même à concéder en plus des privilèges considérables que l'abbé n'avait pas sollicités. Ainsi l'abbaye était affranchie de tous droits, taxes, impôts exigés ordinairement par le fisc. Le roi de France devait seul connaître du temporel de l'abbaye ; le spirituel ne relevait que de l'évêque d'Urgel. Enfin étaient réservés tous les droits du fils de

Wandrégisile, qui possédait à titre de seigneur le territoire d'Alaon Gî).

Cette charte ainsi adoptée resta aux mains des abbés, et fut confirmée jusqu'à neuf fois, de 872 à 1040, par les héritiers et successeurs de la noble maison de Wandrégisile,

On a contesté l'authenticité de la charte d'Alaon : rien n'autorise cette difficulté. Les noms des dignitaires du temps, la certitude de la date, la coiicordance des événements, déjà séculaires, qu'elle mentionne avec les histoires les mieux traitées de la province et de la France d'alors, ne permettent pas de l'infirmer. On sait très bien qu'elle a été tirée, au commencement du xii^ siècle, des archives de l'Eglise d'Urgel ; en beaucoup de points, elle éclaire de la plus vive lueur des faits historiques dont un grand nombre de témoins vivaient encore ; Aznar et sa famille n'opposèrent rien à ces faits publiquement avérés qui repoussaient leur droit de propriété sur de vastes domaines; ni le style, ni les faits allégués n'en peuvent balancer la vérité historique. Elle doit donc rester dans riiistoire comme un de ses plus anciens et de ses plus utiles monuments (28).

Reportons aussi au 1^^ novembre 834 la première célébration en France de la grande solennité de la Toussaint. Elle avait été établie en 613 par le pape Boniface IV pour suppléer, par une fête générale, 4 toutes celles qu'il n'était pas possible de célébrer dans le cours de l'année, dont les trois cent soixante-cinq jours ne suffisaient pas au martyrologe. Mais cette coutume n'avait pénétré ni dans la Germanie ni dans les Gaules, où cependant l'Aquitaine l'avait adoptée plus vite, étant plus voisine de l'Italie. Ce fut à la prière de Grégoire IV que l'empereur fit recevoir cette fête annuelle dans tous ses Etats (*).

(«)Cf. D. Vaisselle, loc. cit. — Mauléon, Histoire des Carlov., Il, p. :2ll et suiv., 246 et siiiv.

{h) Baillet et autres hagiographes, au 1er novembre.

Note 1

La Souabe, Suevia^, partie de l'ancienne Allemagne dont Zurich était la \ille principale. Elle était comprise entre le bas Mein et le Rhin supérieur, et embrassait l'Alsace et la Suisse allemande, qui lui était limitrophe.

Note 2

La Bavière, Boaria, contrée bornée par la Saxe, la Bohême, l'Autriche, le Wurtemberg et le Tyrol, a changé souvent de titre selon que les événements l'ont entraînée. Elle est enfin, depuis 1805, un royaume dont on augmenta alors le territoire, et se trouve englobée, depuis 1872, dans le nouvel empire d'Allemagne, dont Guillaume \" s'est déclaré le chef, sans égard pour l'empire d'Autriche.

Note 3

La Suisse est l'ancien pays des HelvèteSj nommé ainsi du temps de César. Au centre de l'Europe.

Note 4

Le pays des Grisons forme aujourd'hui un des vingt-deux cantons de la Suisse.

Note 5

Louis le Germanique, ainsi nommé plus tard parce qu'il devint, en 843, souverain des provinces allemandes qui s'étendent à la droite du Rhin.

Note 6

. Il est remarquable, à propos des calomnies souvent renouvelées contre l'Eglise par les aveugles avocats des juifs, que c'est dans les papes que ces malheureux trouvèrent plus de pitié et d'indulgence. Quand les souverains, lassés de leurs méfaits et de leur méchanceté haineuse, les traquaient de toutes parts afin de soustraire leurs peuples aux multiples péi'ils de leur fréquentation; quand les peuples eux-mêmes, éclairés par des faits patents sur leur compte, s'en

vengeaient par des violences inattendues, saint Grégoire au vi^ siècle, Alexandre II au xi®, Innocent II au xii°, et beaucoup d'autres, les protégeaient contre les justes récriminations des nations chrétiennes, et cherchaient aies convertir par de touchantes preuves de tolérance et de douceur. Il faut rendre justice à ces illustres persécutés : ils ne reconnurent jamais ces bienfaits que par les plus noires ingratitudes ; ils n'en persévérèrent pas moins dans leur haine héréditaire dont ils se glorifiaient contre les chrétiens, et au moment où nous écrivons (février 1883) ces lignes, l'Europe juge encore de cette infernale persévérance par la déplorable catastrophe de V Union générale, due uniquement aux juifs de l'empire d'Autriche , ligués contre la plus forte et la plus honorable agence financière de la France qu'ils ont su anéantir sous un coup de bourse, à la ruine d'un grand nombre des meilleures familles du pays. — Au reste, et tout dernièrement en 1886, M. Drumont, dans sa France juive, dont j'ai lu la cent quinzième édition, a porté devant tous les esf»rits sérieux, à cette maîtresse du monde actuel, un coup de massue qui aurait dû la tuer, si la France, esclave de ses menées, imitatrice inconsciente de ses mœurs et disciple trop aveugle de ses doctrines, pouvait revenir à son antique dignité !

Note 7

Villani, habitants des villas; roturier, de ruptura, rumpere glebas. ceux qui rompaient la glèbe, les laboureurs. (V. La Polyptique d'Irminon, Prolégomènes, § 19.) — Irminon était abbé de Saint- Germain-des-Prés de Paris au commencement du ix^ siècle. Il fit rédiger pour son abbaye un registre de toutes ses terres, propriétés, cens et redevances que la multiplicité de ses sujets faisait déjà appeler Polyptique ou réunion de plusieurs livres. M. Guérard, de l'Institut, l'a publié en 1855, avec une savante préface ou prolégomènes où se trouvent exposées beaucoup de curieuses coutumes des monastères et des villas de ce temps. Le registre d'Irminon est l'un des plus anciens qu'on ait découverts, et, grâce à la science de son premier éditeur, a rendu de véritables services aux études historiques restées longtemps très incomplètes sur ces matières.

Note 8

Cf. L'Astronome, Nithard et autres, ad h. ann. — Nithard, né en 790, était fils de saint Angibard, un des comtes de Charlemagne, et de Berthe, fille du prince, et servit à la cour de ce dernier jusqu'à l'âge de cinquante-deux ans. Il commença, sous Charles le Chauve, son histoire des divisions^ entre Louis le Débonnaire et ses

enfants j en quatre livres. Il l'écrivit à la demande de ce dernier prince. Il fut donc témoin de tout ce qu'il raconte. Son récit, quoique fait avec assez d'ordre et d'arrangement, manque parfois de clarté, mais il est généralement assez exact pour les dates, indiquant très bien les jours et les lieux où se sont passés les événements qu'il raconte. Il est dans le deuxième volume du recueil de D. Bouquet.

Note 9

Wala avait épousé la sœur de Bernard, et ne s'était fait moine qu'après son veuvage. Nous savons qu'il était cousin de Charlemagne.

Note 10

Saint-Omer. Cette ville, qui a aujourd'hui 22,000 habitants, dans le Pas-de-Calais, où elle est le siège d'une sous-préfecture, était alors à ses commencements, formée autour du monastère de Sithiu, nommé ensuite Saint-Bertin, du nom de son second abbé. Saint Omer, son évèque au vii° siècle, en avait construit la cathédrale.

Note 11

Gallia chrlstiana, II, col. 1286. — Il est croyable que ce nom de Strada, ou mieux Strata^ indiquait une voie romaine ou grand chemin quelconque, pratiqué non loin de cette localité.

Note 12

Servais, Sylciaeo palatio, palais royal, dit autrement dans les actes SyLvacurrij Sylvaglum, dans le territoire de Laon, près la Fère ; c'est un chef-lieu de commune de 600 habitants, dans le département de l'Aisne.

Note 13

La Benaize prend sa source en Limousin, près Saint- Sulpice-les- Feuilles (Haute- Vienne). Elle remonte par Mondon, Boue, Coulongesles-HérolIes et Tilly jusqu'à la Trémouille (Vienne) et l'Anglée, où elle se perd près de Concrémiers, qui appartient à l'ancien Berry. Elle sépare cette province du Poitou actuel.

Note 14

Jouac ne doit pas être confondu avec Joué d'Indre-et-Loire, nommé aussi Joeondiacum par les géographes. Le Jouac dont nous parlons est un bourg de 5 à 600 âmes du canton de Saint-Sulpiceles-Feuilles.

Note 15

Ce qui rend cette détermination difficile, c'est que, vers les parages indiqués ici, se trouvent, sur les limites septentrionales du département de l'Indre, une localité nommée Crozant et une autre nommée Croyon, très distinctes l'une de l'autre, et toutes deux dans le voisinage d'Aigurande et d'Argenton, qui se touchent de fort près ; et toutes deux sont côtoyées par la Creuse.

Note 16

La Fontenelle n'a pas réfléchi à ce dernier fait quand il a avancé {Rois et Ducs d'Aqidt.j, p. 185) que le comté de Poitiers n'avait pas cessé depuis dix-huit ans d'appartenir à ce seigneur.

Note 17

Redon, RodOj Rothonunij Reginodam, abbaye de Saint- Sauveur, au confluent de la Vilaine et de l'Ourthe. On y suivait la règle de saint Benoit depuis sa fondation en 831. — Saint Convoyon mourut en 868. — Aujourd'hui sous-préfecture d"Ille-et- Vilaine; elle a de 4 à 5,000 habitants.

Note 18

Ce château de Bert ne doit pas être confondu avec un liea du même nom, près d'Aigueperse en Auvergne.

Note 19

Montsoreau, Morts Sorellij petite ville de 800 âmes, assise au bord de la Loire, dans le canton de Saumur (Maine-et-Loire). On y voit les restes d'un magnifique château de la Renaissance, rebâti sur remj)lacement de celui dont il est ici question. La terre avait le titre de comté, et faisait autrefois un gr^nd commerce de blé avec Loudun.

Note 20

Colmar, Columbarium, ville de 20,000 âmes, fortifiée, ancien chef-lieu de notre département du Haut-Rhin avant de revenir à la Prusse, qui l'avait vu annexer par Louis XIV à la France en 1697. — Elle devait son origine à une forteresse romaine qu'ils appelèrent Columbaria.

Note 21

V. Sismondi, Hist. des Français, t. III, p. 20. — Cet auteur n'a pourtant rien compris au côté de son récit qui touche le droit canoniaue.

Note 22

Tortone, Tortona, ville de 10,000 habitants ; passe pour avoir été fondée par les Gaulois.

Note 23

Le Dorât, d'abord Scotoriunij puis Oratoriam, date des premiers temps de la monarchie française ; il eut de l'importance au moyen âge et fut la capitale de la basse Marche depuis 1572. C'est maintenant un sim[)le chef-lieu de canton de 3,000 âmes, dans la Haute-Vienne. Il a une église romane qui est un des beaux monuments de la France centrale.

Note 24

Nous préférons cette époque, donnée par M. de Sainte-Hermine, dans une dernière note du deuxième volume de la deuxième édition de Thibaudeau, à celle de M. de La Fontenelle, qui mentionne bien l'an 900 comme étant celui de la première charte qu'il a rencontrée, ce qui ne prouve pas qu'il n'y en a pas eu d'antérieure. Il en cite lui-même de 882. Une autre erreur plus importante de ce dernier, c'est de croire que le mot Ris fut ajouté à celui à'A.-iat ou à'Ahzac, parce que ce lieu était dans le pays de Ris. C'est bien mieux parce qu'il était près du Saleron, le mot riz ou ris (rivus) ayant été appliqué souvent aux localités que baignait un cours d'eau. On en trouve six exemples dans le dictionnaire de Redet. On pourrait y en ajouter un grand nombre d'autres, où le mot Ris est placé soit avant soit après le nom de lieu qu'il accompagne et distingue. (V. Mém. des Antiquaires de l' Ouest ^ t. V, 375.)

Note 25

L'Anglin, Flucius de Englis , Engliœ , prend sa source dans le département de la Creuse, près du bourg d'Azérables, canton de la Souterraine. De là il traverse l'arrondissement du Blanc (Indre), et, après avoir borné à l'Est la commune de Saint-Pierre-de-Maillé (Vienne), il va se jeter dans la Gartempe, à travers la commune d'Angles, qui en a pris son nom.

Note 26 Jaca, petite ville de 4,000 âmes, en Aragon, au pied des Pyrénées.

Note 27

Urgel, d'abord Cetelsis, puis Orgelium^ appelée encore la Seu d'Urgelj ville de 3,000 âmes, en Catalogne, sur la Sègre.

Note 28

En 1856, M. Rabanis, doyen de la Faculté des lettres de Bordeaux, a publié un mémoire intitulé : Les Mérovingiens d'Aquitaine, où il prétendit démontrer des erreurs chronologiques, des impossibilités matérielles qui s'en suivraient, et les anomalies de langage qui trahissent une compilation récente. A l'entendre, c'est le xvii'' siècle qui aurait inventé la Charte d'Alaon. Quelques esprits superficiels adoptèrent ces doctes visées, et même l'Académie des Inscriptions, qui ne néglige jamais les siens, couronna la dissertation gasconne. Il est dommage pour le savant et pour ses juges qu'avant même d'écrire, les soutenants aient (m contre eux des hommes de quelque poids, tels que D. Vaissette, Guérard, ChampoUion, Fauriel, La Fontenelle et d'autres qui avaient, longtemps avant M. Rabanis, publié leur opinion entièrement opposée.

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