‹ Histoire générale, civile, religieuse et littéraire du Poitou (volume 4)Chapitre 11 sur 20 · V. 379. — Dufour, Hist. gén., p · texte numérisé non relu

V. 379. — Dufour, Hist. gén., p

Aiinoin, de Gett. Franc, lib. IV, c. xx.

Noirmoutier, sur les côtes de notre Océan , puis le re rateur de Saint-BenoIt-de-Quinçay. Nous le verrons b contribuer aussi beaucoup au progrès des monastèr Notre-Dame de Luçon et de Saint-Michel-en-rHerm.

Filibert était né en 616, dans l'ancienne ville d'Eaus Gascogne (59). Cette ville, alors fort considérable, pos! un évêché qui fut dans la suite transféré à Auch. après sa naissance, son père Filbaud, qui exerçait, C( officier du roi Clotaire II, une magistrature élevée la ville de Vie (60), non loin d'Eause, devint veuf; même temps Tévêque de Vie étant mort, il se vit ap[ lui succéder par le suffrage unanime de tout le pay admirait en lui de grandes vertus. Filibert fut donc é] Vie, sans doute dans l'école épiscopale, et y demeura les leçons et les exemples de ses docteurs naturels ju ce qu'ayant achevé son éducation, il fut envoyé à la de Dagobert I*'. Là nous savons combien princes et tisans se ressentaient trop du paganisme de leurs pèr qu'on y mêlait volontiers des idées barbares à la sa des principes chrétiens. Heureusement le jeune homm touchait à sa vingtième année, trouva dans cette ca difficile un saint qui devint son ami ,et qui, par ses co et sa propre conduite, le garantit de la corruption du s C'était saint Ouen, alors Référendaire du roi, qui i plus tard évoque de Rouen, et qui venait de fonder naj au diocèse de Meaux, le monastère de Rebais (61), se régie encore très suivie de saint Colomban.

Cette rencontre était évidemment de celles que la I dence ménage en faveur des âmes qu'elle appelle. Fil épris des charmes de cette vie intérieure qu'il avs étudier dans quelques visites à cette abbaye, se dôgoi la cour et de ses séductions, et résolut d'embrasser u plus capable d'assurer son salut. Il s'en ouvrit à Agilus, abbé de Rebais, et trouva dans cette sage diri de quoi affermir son dessein. Il sollicita donc le boi d'entrer dans cette grande famille, y fut admis en 6

fit si bien admirer son amour de la règ! aux choses sérieuses, qu'après la mort il fut élu pour diriger la maison. Nous le la suite, plein d'action et de sagesse, tra œuvres dans notre diocèse ou ailleurs, omii n, roi ds Cependant Dacobert, après avoir, en

BonrgogwtldeNeiU- ^ o i r i

^'- fils Sigebert roi d'Austrasie quand ce jei

encore que trois ans, eut l'année suivant devait être Clovis II, et qu'il fit accepi Neustrie et de Bourgogne par les se royaumes. C'était le moyen de laisser ] Etats à sa descendance, sans avoir à r après lui, les entreprises des grands territoire. Cette importante affaire était que les Gascons se remuèrent de nouvea RéniM tètrmia Novempopulanie , où ils firent de grand i^iw» ."■"j*?"^"' nombreuse armée formée surtout dans li poiioB. et dont le Poitou eut à fournir une p

contre eux et les força de demander ( sanglantes défaites. Il n'y eut aucune d de leurs montagnes qui ne fussent témoii La paix leur avait été accordée après soumissions, lorsqu'on apprit par des leu àClichy(62), où était le roi, que le litl< Poitou était pillé par des troupes de '. peuple, que sa position géographique excursions maritimes, descendait avec < breuses dans les tles mal défendues qui de cette partie de l'Aquitaine formant noti et de là se portait sur le continent opp châteaux et de villages possédés par la gienne. Ces fies, il est vrai, ne renfermai monastères dont elles furent dotées cinqi par conséquent les populations que ces

(a) Frédégaire, c. Lxxvi. — G«*(a Dagobert., c. xxï

devaient pas manquer d'y attirer. Mais nos traditions tendent à établir que déjà quelques solitaires y vivaient, soit isolément, soit avec un petit nombre de disciples; et quant au territoire ferme, où les habitants étaient encore peu multipliés, la culture y était assez pratiquée par ses riches possesseurs, et les forêts assez étendues pour que des conquérants au petit pied cherchassent à s'en emparer afin d'y dévaster les fermes ou d'en couper les bois (a). C'est de quoi les leudes venaient se plaindre fort à propos au moment même où les troupes revenues de la guerre contre les Gascons étaient toutes prêtes à une expédition prompte et sévère. Dagobert trouva donc une occasion favorable de se montrer fort contre cette petite Bretagne qui n'en était pas contre lui à son coup d'essai, et dont plus d'une fois il avait faUu réprimer les entreprises par trop hardies (^).

Judicaël était alors roi de ce petit pays, à qui sa position greuSliê*^' '*^* *** sur un des phis beaux rivages de notre Océan inspirait des idées plus mercantiles que guerrières. Ses sujets, encore assez peu au fait des habitudes civilisées, ne réclamaient pas l'agrément du prince pour ces courses maritimes dont leurs voisins avaient, à se plaindre ; et celui-ci , dont tous les mémoires du temps ne parlent qu'avec la vénération que méritait sa sainteté, ignorait presque toujours ces sortes de pirateries (c) . Il n'en était pas moins responsable aux yeux des offensés, et Dagobert résolut de l'en faire repentir. C'est dans ce but qu'il lui envoya une ambassade, avec ordre de venir se justifier à Paris sous peine de voir arriver chez lui au plus tôt des 'troupes qui le forceraient d'obéir. Ces termes sévères se justifiaient par le traité passé antérieurement entre les princes prédécesseurs de Judicaël et les rois de France, de qui ils s'étaient reconnus

(a) Cf. Tabbé ÂUlery, Pûuillé de Luçon.

{b) Bouchet, Annal, d'AqtUi.^ p. 83 et suit.

{c) D. Lobineau, Vies des Saints de Bretagne, II, 103 et suiv., in-8o» 1836.

endants, ce qui ne les avait pas empêciié de prendre itre de roi. Heureusement que l'ambassadeur, pour un

si grave, fut choisi parmi les hommes les plus pacies de la cour de Dagobert. Ce fut saint Elôi, devenu

de ses leudes les plus remarquables par ses vertus et

génie, et que le roi honorait avec une pleine confiance, i partit donc, et n'eut pas de peine à négocier un arranlent. Judicaôl s'engagea à réparer les pertes causées

les fiefs du bas Poitou et à leur faire restituer des biens it il n'avait pas profité. De plus, il fut convenu, et c'était uoi Dagobert ne tenait pas moins, que la Bretagne et

roi relèveraient désormais, à titre d'aveu {63}, du roi de ince et de ses successeurs. Ceci ayant été convenu entre ■oi de Bretagne et l'ambassadeur français, il s'agissait lier en exprimer la promesse au roi suzerain. Judicaêl Tipressa, par un sentiment de justice, à se laisser guider

Eloi, qu'il avait pris en amitié : tant les âmes vertueuses lent à se rencontrer et à se croire ! .■es auteurs varient sur le lieu où se fit l'entrevue des IX princes. Fût-ce à Creil-sur-Oise, à Crécy en Ponthieu, à Creteil, près de Paris? Il est difficile de se fixer k cet ird (M). Toujours est-il que le prince breton, venu avec ï suite nombreuse et digne d'un roi, fut reçu d'une façon ,to royale. Il fit de riches présents à Dagobert, lui adressa loyales excuses du dommage causé par ses sujets, promit idemniser les seigneurs poitevins de leurs pertes, el lonnut pour lui et ses héritiers la suzeraineté de la jronne de France. Ajoutons que Judicaêl abdiqua, six ans rès la couronne de Bretagne , et qu'il se retira dans le mastêre de Gaèl (65), où i! avait passé quelques années de

jeunesse, et y mourut dans la pratique de la pénitence, qui Pa fait honorer comme saint dans son pays w). C'était en ce même temps que commençait à poindre la ! si remarquable d'un saint dont nous avons signalé la

a) V. D. Lobineau, au 16 décembre, et les autres tiagiogî^hes. — Frétera. C. LXXVlll.

naissance et dont il est temps de raconter les premié années. 11 s'agit de saint Léodégarius, devenu saint Lé. pour les âges modernes, et qui remplit du parfum de vertu, de. ses travaux et de son martyre plus des ti quarts du vu* siècle. Nous avons dit qu'il était né en ( non en Poitou, comme on a pu le croire sans preuve ( mais plus probablement dans quelqu'un des châteaux sa puissante famille occupait sur les frontières du Nordde la France. Il fut, vers l'âge de dix ans, privé de son pi et recommandé, selon l'usage que nous avons mention au roi Clotaire II, destiné par conséquent à devenir personnage important dans un prochain avenir. Sa rc Sigrade, sœur de l'évêque de Poitiers Didon, mère ai du comte Guérin, qui administrait le Poitou, était femme aussi recommandable par sa piété que par intelligence, et elle ne l'abandonna au régime du pa qu'après l'avoir nourri des premiers éléments de sa Il y demeura quelques années, menant la vie commune jeunes seigneurs qui y suivaient les cours de sciences même temps que les habitudes plus joyeuses des plai guerriers leur rappelaient à quel avenir chevaleresque les destinait. Mais Dieu, qui avait ses desseins sur c précieuse existence, inspira au prince pour son jeune pai une exception aux régies habituelles de la recommar tien. Au lieu de le garder à l'école du palais, où bien dangers auraient pu menacer son innocence, il voulu confier à Didon, son oncle, qui, de son côté, choisit d son école épiscopale un de ses prêtres les plus capa' pour diriger l'esprit et le cœur du précieux enfant. Ces que Léger connut le jeune Ursin, qui plus tard devint mi de Ligugé, écrivit l'histoire de son saint ami, et re témoignage de ses naissantes vertus et des remarqua développements de son intelligence. Il le vit profiter cou lui-même de l'enseignement donné dans l'école très frôque de la cathédrale, où le mattre habile donné à Léger, en lui enseignant les lettres humaines, développa dans

cœur, selon le consciencieux dei naissance et Tamour de Notre-St

Cependant Didon ne restait p soin sur le cœur de son cher constater ici à Thonneur de son i . comme un heureux contraste aux , publique, [qu'il aima, dit un éci inspirer Tamour d'une régularit avait toujours gardé{a).

Léger demeura donc ainsi cint de son instituteur, qui put le renc desseins de la Providence, à l'or Celui-ci, qui avait pu juger des son neveu, l'avait disposé à servi un jour son successeur. Donc, 1< ui. quitté les bancs de l'école, touc année, il trouva l'évêque disposé Ce n'était pas encore Tâge qu'il '.

règles ecclésiastiques, pour en t les décrets des Papes, avaient

ans pour être promu à cet Ordre m, et ne faisaient d'exception, aux jugements de l'évêque diocésain, qu'eu égard à quelques circonstances impérieuses, comme le petit nombre des ministres restés â une Eglise après une guerre ou uni maladie contagieuse qui les avait dispersés. On pouvai aussi considérer le mérite exceptionnel d'une personm qu'on voulait élever à cet honneur, et ici cette dernièn raison était surtout applicable. Dans Léger, beaucoup di connaissances acquises se joignaient à une solide piété. L; théologie, la jurisprudence, les belles-lettres, lui étaient déji si familières, que Didon n'hésita pas à faire, en faveur di cette nature d'élite, une exception qui avait dans l'Eglisi

(a) Ursin, Vita S. Leoieg.

(b) Concil. Cartkag. ni', ann. 253. — Tolel. teeond, et Tert., md. 187 e 589. — V. D. CbaHoa, Hitt. da Saarm., r. 79.

de nombreux et illustres précédents. Léger fut donc au diaconat.

Cet ordre sacré avait alors un rôle très important l'Eglise. Il y était devenu une charge administri s'appliquant à tous les soins que les prêtres dispersés les campagnes pour la dispensation des* sacremen pouvaient pas prendre autour de l'évêque. Les di étïùent donc nombreux dans la ville épiscopale, où : partageaient le ministère des pauvres, la prédication sainte parole, la direction du temporel des paroisst même celles des écoles. Ils assistaient aussi l'évêque l'exercice de ses fonctions à l'autel. Il importait dom ce fussent des hommes d'expérience et d'édificatioi avaient d'ailleurs un ou plusieurs chefs choisis parmi sous le nom à'' archidiacre, titre qui était devenu véritable dignité par les rapports plus immédiats l'Ordinaire, d'après lequel ils agissaient, et qui leur c( une grande partie de son gouvernement. En ces di\ épreuves, le jeune Léger montrait une rare aptltud son esprit de sagesse et la perspicacité de ses vues, < engagea son oncle à lui donner, presque aussïtô' entrée dans l'Ordre des diacres, la direction suprêm affaires diocésaines. Alors commencèrent pour lu foule de rapports avec des hommes de tout âge caractères divers, rapports qui, dans la surveillan toutes les églises, laissèrent voir en lui d'autant plu grande prudence et une merveilleuse habileté. De fonctions ne laissent pas d'être souvent difficiles, ( fautes peuvent s'y commettre avec des conséquences r tables ; mais irréprochable par lui-même. Léger 1 dans la sainteté de sa vie, dans ses lumières super et non moins dans la droiture de ses intentions, d'inc tables éléments de succès qui, tout en étonnant cei les comparaient à sa grande jeunesse, accoutumaie euprits à plier comme malgré eux sous l'influence aitorité qu'appuyaient de tels exemples. Tant de qi

ivaient d'ailleurs et s'entretenaient par une aptitade ère à l'étude, au travail. Il passait de l'un à l'autre amais se lasser. Comment s'étonner que de telles les amenassent les succès qui justifièrent si bien le pour ainsi dire audacieux, que l'évêque de Poitiers u oser d'un collaborateur si jeune et par conséquent avancé dans la connaissance des affaires humaines^ îhose non moins remarquable, c'est que de si beaux 6 la Providence n'eussent jamais pu se développer is fortes études qui se faisaient dans les écoles du dirigées par des clercs, et dans celles -des cathéet des monastères. Qu'en pourraient dire aujourd'hui Ui méconnaissent les droits du clergé à l'enseignetublic et à la reconnaissance des générations qui lui 'ent l'origine et les développements?

s furent les premières années de la jeunesse de swnt

Il n'est pas facile de le suivre, malgré beaucoup herches à travers le silence de l'histoire, sur la l'il put prendre aux événements du Poitou pendant çt années qui vont s'écouler. Ce qui parait certain, u'il demeura alors dans la province et à Poitiers

prés de son oncle. Celui-ci, au reste, se déchargea 3rs sur lui des soins les plus onéreux de son admion. De fréquents voyages à la cour, où il était bien 'ent faire briller d'autant plus la prudence du saint acre, qui, d'ailleurs, y goûtait dans sa résidence la intimité de son frère Guérin, que sa sainteté faisait ? et chérir dans tout le pays de son gouvernement, tons qu'il devait être secondé avec non moins de ins les choses du saint ministère par un autre nage non moins digne de nos souvenirs, et qui doit e ici pour la première fois. Il s'agit de saint Emmeran mmeramne, qu'on a fait faussement, nous l'avons ique de Poitiers, et qui n'a pu être que chorévéqie épiscopat de bidon 167). C'est surtout avec l'arcl iit de saint Léger que doit coïncider son action da is

le diocèse lorsque le prélat, maintes fois absent, avait besoin d'y être remplacé par quelqu'un à qui pussent être confiés tous les pouvoirs de cet Ordre. C'était l'unique moyen qu'aucun de ses devoirs ne souffrit essentiellement de ses fréquentes disparitions. Ainsi, quoiqu'il en fût des absences assez prolongées de l'évêque, et de celles, quoique plus rares , du principal dépositaire de sa confiance et de son autorité, le chef du diocèse disposait tout de telle sorte que le gouvernement de scn Eglise reposait toujours entre des mûns sûres, et que rien n'y souffrait ni quant à la discipline, ni quant à la surveillance, qui forment deux des plus grands devoirs de la charge épiscopale.

Emmeran, issu d'une famille patricienne de Poitiers, y était né au commencement du vu" siècle. Il y fit ses études, s'y adonna à la pratique du bien, se distinguant surtout par l'excellence do ses sentiments religieux. Il aimait les pauvres jusqu'à épier leurs besoins, et se prépara ainsi aux Ordres sacrés et au sacerdoce, auquel il dut être promu dans les premières années de l'épiscopat de Didon, vers 626. Ses heureuses qualités, auxquelles se joignaient l'éclat de sa naissance et les avantages d'un extérieur attachant, durent engager le prélat à en faire un de ses coadjuteurs pour le vaste diocèse auquel il n'aurait pu suffire tout seul, y eût-il fidèlement observé le devoir de la résidence : on peut même conjecturer justement qu'Emmeran exerça ce ministère à Poitiers, après que Didon lui eut conféra le caractère épiscopal. C'est ce qui aura fait croire aux uns et répéter par d'autres que le saint évéque avait été titulaire de ce siège, sans égard aux. raisons que nous donnerons bientôt. Les biographes, entre autres Cyrinus, évoque de Frisingue, qui écrivit sa vie vingt ans après sa mort (a), s'accordent sur son caractère de sainteté, et nous le verrons, en effet, aller chercher le martyre au milieu des preuves les plus admirables de son dévouement pastoral.

(a) Bollaud., 22 novembre.

ir Boggfi ei

'StMuSf ^" ^'^ rAquitaine, qu'une pi

I bécMai

avait rendue florîssanle et plus j été depuis longtemps, fut érigée héréditaire en faveur de ses d frère Charibert, Boggis et Ben par aucun document que ce char nement de cette grande contrée habitudes administratives du Poit continua de gouverner. Ce qui i Poitou fut expressément nomm< comme devant appartenir au frères.

Cette reconstitution de TAqu qu'une restitution de l'héritage ii Charibert. Ainsi revenait cette soi jeunes fils d'abord dépouillés i désormais étaient appelés à tran:

descendants. Mais ce ne fut donné aux princes de la famille d'un tribut annuel à foi et homma titulaire : c'est l'observation très égard l'illustre historien du Lang

que de bien vague sur le gouvernL ,

qui continuèrent de faire régir les provinces de leur duché par des comtes dont les noms sont restés inconnus, en exceptant toutefois le frère de saint Léger dont nous venons de parler, et sur lequel de tragédiques événements nous forceront de revenir.

Dagobert ne devait pas profiter longtemps du nouvel ordre qu'il avait mis dans ses Etats, et de la paix <fx\ l'accompagnait. Se trouvant à sa maison royale d'Epinay (M), il fut pris d'une dyssenterie dont il prévit les suites, et il se fit transporter à l'abbaye de Saint-Denis, peu éloignée 4u palais. Cest là et non à Epinay môme, comme le répète

(a) D. Vaisselle, Httt. du Langued., I, 338. .

presque tous les historiens, qu'il mourut, après quelt jours de souffrances, le 19 juillet 638. Il n'avait que tre six ans, et par un retour fidèle à une vie plus réguj que sa jeunesse, il laissait espérer une continuation règne où la justice et la modération auraient pris meilleure part. Mais déjà de trop longs désordres s'étE emparés de la monarchie. Ce prince devait être en ré ]e dernier de sa race, ne laissant que deux fils mine' dont les maires du palais allaient s'approprier le pou' Les jugements des historiens sont ou trop sévères ou indulgents à son égard : ce qui vient sans doute de ce les uns n'ont considéré que les premières années de sî où il fut trop souvent cruel, injuste et débauché; les au< qui ne regardèrent que ses derniers temps, firent grâi ses défauts et à ses vices en faveur de ses bonnes qua et de ses œuvres pieuses. La postérité l'a mieux jugi blâmant l'abus qu'il fit de ses heureuses disposil naturelles et du bonheur d'avoir eu des conseillers coi Pépin de Landen, saint Arnoux de Metz, saint Eloi, s Ouen et saint Amand de Maéstricht. De telles gr. rendent impardonnables ses mauvaises actions devant hommes. Puisse la miséricorde de Dieu ne les avoir pe qu'au poids des bonnes intentions de ses derniers jour; Au reste, l'esprit public se trompe rarement sur princes qui disparaissent de ce monde. Nous trouvon; preuve des jugements divers exprimés dès lors su compte du roi de France dans un récit légendaire raci alors par un homme de bonne foi, et qu'il n'est pas ini de reproduire ici, puisqu'il nous donne une juste idée opinions du temps, très conforme à celle que nous veu d'exprimer. Aimoin raconte que vers les derniers jour; Dagobert, un jeune seigneur franc, nommé Ansoald, a\ ou défenseur de l'Eglise de Poitiers, voyageait en Si non , quoi qu'on en dise , comme ambassadeur

(a) Prédé;., ub. sus., c. xi.vi et soir. — D. Rhet, ma. iittér., III. SE

340 HISTOmE GÉNÉR

France vers un prince de c très petite existence (69), instruit, qui utilisait sa jeu les choses. Ce qui est cerl devait être un jour évêque < dans sa patrie il voulut i vivait un certain ermite i signalé la sainteté. Pendar des choses du salut, le vie s'il avait connu le roi Dagc qu'il le connaissait partiel sur sa vie et ses habitudes vous dire que cette nuit, après de longues veilles, u blancs m'a ordonné de n pour l'âme du roi Dagobt cette même heure. Je i qu'aussitôt je vis apparattr d'horribles figures de dér sur un esquif et chargé d et de fouets et l'entratnant milieu de ces supplices oi cris le secours de plusieur ciel s'ouvrit et au milieu d( trois personnages de merve de le défendre. Je leur der étaient, et ils m'apprirent qi cations de Dagobert, car ili saint Denis , et saint Ms Martin. Aussitôt ils enlevé:

de délivrer. — Telle fut la raconta à son hôte. Ansoa à saint Ouen qui l'écrivit perdu pour l'histoire (70).

Nous ne voyons pas tro Ouen aura consigné cette

éditée cent ans après par l'auteur anonyme et.asseï de la vie de Dagobertfa). Une particularité de ce réc d'ailleurs que nous nous y arrêtions pour l'éclai yeux du lecteur. Ansoald était, dit-on, aDOUé ou d de l'Eglise de Poitiers. C'est un titre que nous ici pour la première fois, 'fit qui fut très connu pendant le moyen âge. Voici donc quel en est l'hi Cette institution était déjà ancienne : ce fut le Con à Carthage en 407 qui en prit rinitiative. Jusque-là, en traitant de ses propres affaires devant les ti laïques, où ses causes devaient être souvent n'avait employé que des clercs, qui étaient poui Eglise des économes chargés habituellement de ses lesquels plaidaient au besoin et s'appelaient pour ce avocats ou défenseurs. Mais à mesure que les h Eglises se multiplièrent et demandèrent des soins plus assidus que la jalousie et la rapine des s'exerçaient plus contre leur droit de propriété , il impossible de charger des clercs de le défendre, p; la persuasion devenait incapable toute seule coi injustices que la force devait aussi réprimer. C'est ] les Pères de Carthage obtinrent des empereurs Hom et Thôodose II la faculté de se constituer des avi défenseurs laïques qui eurent, comme les évêques, de conférer de leurs affaires avec les juges dans 1' même du palais de justice. Honorius donna une cor dans ce sens datée du 16 novembre 407. L'Eglise adopta pour elle-même ce moyen de bon gouvei Elle eut ses défenseurs chargés de parcourir les p de son territoire pour recuaillir les plaintes des examiner comment les employés publics remplissait ■ charges , et dénoncer , les abus à réformer. Nous ce même rôle donné plus tard par les rois de Fra Missi dominici et aux magistrats des Grands-Joui

{a) Getta Dagoberti Régit, ap. Duchesne, l. VIII, p. 572^89.

i Le moyen âge, vu la ce

'l et les richesses des monast

'Ç la tâche des défenseurs.

\ obligées de se protéger c

!^ toujours avides des prérog

p leur prodiguait dans ses ]

'. s'obligeaient donc à souter

y domaines et leurs revenus

l nalière, soit par leur intei

I; ils devaient plaider ; ce qi

t. dans les chartes le nom d»

t.. Ces avocats furent nomi

' évoques et des abbés, en p

[ Plus tard, les rois se ré

ï acquérait de l'importance

dérèglements de la féodalit

; des hommes puissants dor

par des plaidoiries que pai et qui considérassent au p dont chacun s'honorait, i

;' comme dans les plus belle

^ pour le faire tourner à son

dont quelques-uns imitèren souvent à cet égard les reprc écrivait à l'empereur Fréd< défenseur de l'Eglise étan

vous devez abdiquer ce dernier titre, si vous négligez de la | défendre, i (71) Mais aussi cet office fut rempli souvent par d personnages désintéressés, dont le zèle était tout religieu et à qui leur haute position permettait d'être généreux enve l'Eglise. C'était d'ailleurs pour eux un honneur de la so tenir contre toute exaction. Ils le prouvaient en se charges de porter par eux-mêmes ou par un de leurs officiers bannière de l'Eglise, ou du monastère, quand les devo de la féodalité obligeaient les évêques ou les abbés commettre leurs troupes dans quelques-unes des tréqueo

prises d'armes du moyen âge. Plus tard, quand il fallut multiplier les avoués pour chaque établissement, sous la haute autorité d'un seigne\ir, ils eurent le tiers des amendes prononcées par les tribunaux où ils plaidaient, et trop souvent ils dépassèrent ce droit dont ils ne surent pas toujours se contenter. Au vu® siècle, il ne paraît pas que ces abus existassent encore; et par la haute position qu'An* • soald occupait à la cour, tout fait croire qu'il était un de ces grands seigneurs donnant ses services à une Eglise qu'il aimait, et dont il méritait déjà de devenir le Père en se faisant un de ses serviteurs les plus soumis («).

Saint Eloi, dont nous venons de parler, a droit à notre roSîS.''^* '^"^'^ * souvenir dans l'Eglise de Poitiers, où il est honoré le 1^' décembre. Il était né à Chatelat (72), près Limoges, vers 588, d'une famille honnête, chrétienne depuis longtemps, et d'origine gallo-romaine. Distingué par les belles qualités d'un caractère élevé , il avait reçu un goût singulier pour les arts : il y montrait des dispositions, indices d'un véritable génie et s'appliqua, jeune encore, à l'orfèvrerie dans laquelle il excellait. Ses progrès y furent remarqués et encouragés par Hobbon , qui était à Limoges monétaire du roî , charge alors d'une grande importance. Ce beau talent, d'autant plus remarqué à une* époque où son art, très prisé des grands, se perfectionnait chaque jour davantage, attira Eloi à la cour où il mérita l'estime et l'amitié du roi Clotairc et des seigneurs qui l'entouraient. Il y arriva d'autant mieux à la même charge de monétaire, laquelle donnait la garde du trésor royal, qu'il avait témoigné en plusieurs rencontres d'une probité remarquable. On raconte entre autres preuves, qu'ayant reçu de Dagobert une grande quantité d'or et de pierreries pour la confection d'un trône qui ne devait être composé que de ces deux matières, il trouva moyen, tout en satisfaisant aux exigences du prince, de lui remettre en sus la moitié du trésor qui lui avait été

(a) Cf. Guérard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris, préface. — Le même, ^otyptyque (i7rmtn(m^fpassim.

é. Son élévation ne le restreignit donc pas aux seules ;ions de monétaire. Il s'appliqua encore à oraer d'or et de 'es précieuses les châsses de plusieurs saints les plus )res, comme saint Martin de Tours et saint Denis de s. Ces beaux succès, cette position si élevée ne Tempèent pas de donner l'exemple d'une touchante piété et d'une ité sans bornes. U fonda à Solignac (73), près Limoges, lonastére d'hommes ; à Paris un autre de filles. Il eut

ami saint Didier, qui devint évêque de Cahors, et sainl 1, qui occupa plus tard le siège de Rouen, fut sacré ême jour que lui et écrivit sa vie. Cette vie était assez iplaire pour attirer l'admiration de tant d'illustres tins auxquels il était en vue. C'est ce qui lui fit imposer scopat, aussi bien qu'à son ami saint Ouen, par une mblée d'évêques dont on ne dit pas le lieu, mws qu'on

de l'année 640. Eloi fut destiné à Noyon, qui, avec nand et Tournai , ne formait alors qu'une seule Eglise, peuples de cette contrée étaient encore plongés en plus id nombre dans les ténèbres dii paganisme et les habis farouches qu'il suppose toujours: le zèle et les miracles DÏ yopérérent en peu de temps beaucoup de convers. Il mourut à plus de soixante-dix ans, après dix-neuf d'épiscopat, de travaux incessants d'où ressortait son ur infatigable pour le bien des âmes,, priant beaucoup, hant toujours, écrivant sans relâche, faisant d'abones aumônes, et laissant des disciples dont plusieurs Ht trouvés dignes après lui des premières charges dans Svêchés et les monastères (a).

3 culte de l'illustre saint se répandit de toutes parts ; un id nombre d'églises, en Neustrie, en Bourgogne et en trasie, voulurent avoir de ses reliques, dont beaucoup nt accordées. Le Poitou ne resta pas étranger à ces IX désirs, et c'est sans doute à la possession de Iques-uns de ces vénérables débris ou à la dévoticm

V. fioUand., 1 déc, VUa S. EUg. ab Audoeno.jiassm. — UtinSifm.Aii., i. n. — Fleury. Hist. Ecd., lib. XXXVll, numéro 38.

de personnes favorisées de certaines grâces, qu'on dut en quelques-unes de nos églises des chapellenies sous ce vocable, comme dans Tabbatiale de Saint-Maixent et la prieurale de Saint-Martial de Montmorillon. D'autres chapelles s'élevèrent aussi en divers endroits du diocèse, comme au village de Saint-Eloi, à une demi-lieue au Sud-Est de Poitiers. Mais il ne semble pas y avoir jamais eu dans notre territoire actuel aucune paroisse de ce nom (74).

Les chroniqueurs de cette époque notent qu'en cette K^iîî^Tuuêf^dlSIannée 638 arrivèrent d'extrêmes chaleurs qui se prolon- ^**' gèrent pendant toute la durée de l'été et causèrent de grandes désolations dans les campagnes. Les sources furent desséchées, les arbres privés de fruits, les moissons ne mûrirent pas, et le peuple fut très malheureux, manquant, outre le pain et le vin, de légumes et des autres plantes nécessaires à la vie. Les animaux ne furent pas mieux traités, les fourrages étant morts sur pied, et la soif détruisant la presque totaHté des bêtes de somme et des troupeaux.

Cette calamité qu'on ressentit dans toutes les Gaules y produisit des famines qui ajoutèrent aux malheurs des peuples. Nos écrivains locaux ne disent pas que l'Aquitaine, déjà très fertile, en ait souffert autant que les autres contrées : il n'en est paa question quant à notre province en particulier. On pourrait attribuer ce bonheur à la sage administration des deux frères qui s'y partageaient alors le soin des affaires : saint Léger et saint Guérin. N'est-ce pas un des premiers soins d'un gouvernement de savoir réparer de telles pertes autant que d'en prévenir les fatales conséquences? La science économique des temps modernes ne perdrait rien en pareil cas à s'adjoindre le sentiment chrétien de la charité.

Note 1

La Bohâme, Boiskemum, coatrée de l'Europe centrale, )a Saxe, la Prusse, la Moravie el la Bavière. Elle aie ti royaame-uni à l'enipire d'Autriche. Elle a de 4 à 5 millions bilants. Prague en est la capitale, et a 145,000 âmes.

Note 2 La Meuse, Moaa, ud des grands fleuves de la France, 17 kilomètres Nord-Est de Langres (Haute-Marne), travei départements des Vosges, de la Meuse, qui prend son nom, Ardennes. De là elle passe en Belgique, arrose les Pays-Bas perd dans la mer du Nord entre Brielle et Graveseade, apn course de 600 kilomètres.

Note 3

L'Escaut, Scaldis, un des grands fleuves de l'Europe, pa

430 kilomètres depuis sa source en France, dans le dèpartem l'Aisne, jusqu'à la mer du Nord par les bras des lies de la Zéli

Note 4

Quelques auteurs disent que ce fut le cinquième de Parie,

qu'ils se sont tous copiés sans un examen suffisant. II est fa

se convaincre du contraire, puisque d'après les collections dî

on trouve avant celui-ci ceux des années 360, 551, 557, 573 i

Note 5 Le saint pape Célestin I", mort en 433, avait déjà ordoni l'évèque fût pris, autant qu'il se pourrait, du clergé de Is (V. Longueval, V, 95.)

Note 6 Ce concile, tenu en 549, sous Clotaire I", qui aimait a; dominer \w évéques, établissait, paralt-il, dans son dixième i

les élections dans le même sens que celui de tentent du roi >. Mais < ily a, dit M*' Guénn des manuscrits qui ne portent point ce eon Les Conciles généraux et particuliers, t. I, l'auraient-ils pas tous meationaés s'ileiiti généralef Si l'on s'en prévalut à Paris en 61 polation avait été faite, et qu'on s'appuyait pas sincère.

Note 7

Ce pourrait âtre aussi depuis i'an 1321, < terre par l'archevêque de Bourges Guillaume au 20 mai, p. 328.)

Note 8

On ne sait pas bien l'origine de cette abba] qu'après 593 , où mourut le saint évèque appelé saint Nicet. En 789, elle n'était plus, prieuré ayant 250 livres de revenus, d'après

Note 9

Ch&ti lion- sur- Indre, Caslellio ad Ingerin doit son développement à un château fort, o seigneur de Châteauroux, sur les limites du est aujourd'hui un chef-lieu de canton de église romane lui reste, laquelle est plein symboliques sculptures du xii° siècle, quo xvi* lui aient infligé des mutilations regre latéraux et à l'abside surtout, beaucoup plu on a placé des bas-reliefs sculptés pour devait être du vii° siècle : ces sculptures re saint Austrégisile recevant de saint Pierre li à répandre dans la contrée ; puis à Texte: inscription en caractères saillants sur gr mots : aie Austregiailus Friooalam de Z> Noliee sur CkdtiUon-aur-Indrej au Bulietii

Note 10

Le Vigeois, Voaieum, chef-lieu de canton sèment de Brives, sur la Vezère, bourg d abbaye de Bénédictins du vocable de saint I d'avant 550.

Note 11

e, Saneitts Sequanus, boui;g de 800 âmes, chef-Heu de i^te-d'Or. Il avait un monastère béaédîctin fondé en 534 ppelé alors Seairum, d'où vient que l'on ti'ouve l'abbaye I cette époque sous le nom de Monaalerium Ceslrenae.

Note 12 mole, Sanetus Domnolu», fondée ea 573, par l'évéque :e nom aux abords de la vitle, est la même abbaye que t du Mans.

Note 13 r-sur-Loire, Saneii Mauri ad Ligerim, nommé d'abord ibbaye bénédictine fondée en 512 au diocèse d'Angers, aur, disciple de saint Benoit. Cette maison était le la congrégatioa de Saint-Maur. Co n'est plus qu'un laîae-et-Loire de 250 âmes, du canton de Genues, de lent de Saumur. (V. ci-dessus, t. I, p. 437.)

Note 14 .uxoUum ou Luxooium, petite ville cbef-Ueu de canton Sadne, et près d'une des sources de cette rivière, au ges, a 4,000 habitants. Elle fut fondée en 590 par saint ont la règle, avant celle de saiat Benoit, était le modèle autres. Il y eut jusqu'à oeuf cents religieux. Desinscripont établi que ses eaux thermales étaient connues des i l'avaieut comprise dans la Grande-Séquanie, Elle se la Franche-Comté, au diocèse de Besancon.

Note 15 'ienna, ville de 18,000 âmes, au confluent de la Gère et et maintenant sous-préfecture de l'Isère. A l'époque e fut la capitale des Allobroges, devint une colonie 3 Tibère, et eut un Sénat qui lui fut donné par Claude, imonte & l'apparition du christianisme dans la Gaule, ière partie du ii' siècle. Elle devint archevêché comme sa douze cités dotées d'un évéché autour d'elle, et fut mme prîmatiale des Gaules. Cet archevêché fut aboli ution. Il n'en avait pas moins été le foyer des lumières \T son école dans toute cette contrée, où Arles et Lyon i lui disputer plus tard la gloire de son titre et de ses

No

Marmoutier, Majus monasterii par saint Martin pour les religîei rent sous sa coDduite dès qu'il o( nom exprimait la diCTérence eati cellule où le saiut vivait à part d Âge une des plus célèbres écoli depuis 1790, qu'un village à remarquable que par le beau pi Cœur font fleurir sur les ruines c

No

Lârins, Lerina, est le nom de ranâe, via-à-vis du département

de ce dernier diocèse. L'une est i . . „. . .

l'ancienne Zéro, et l'autre de Saint-Honorat, depuis que ce saiot solitaire y fonda, en 410, le monastère qui s'illustra dans la suit SQus la règle de saint Benoit. Les deux lies ne sont séparées qu par un canal de mille pas de large. Les deux lies ont de 3 4,000 habitants.

Note 18

Jumièges, Gemmetieam, abbaye de Bénédictins fondée en 654 ps notre saint Filiberl, sur la Seine, à 24 kilomètres Ouest de Rouei Nous en parlerons à son époque.

Ce lieu s'appelait alors CatuUaeua, et n'était qu'une bourgade peine connue même des environs.

C'était un seigneur puissant da race germanique, dont les ateu étaient venus en deçà du Rhin avec les rois francs, et qui lui-mën avait passé sa jeunesse à la cour du roi d'Austrasie Théodebert I et s'y était marié. C'est pourquoi on le cite, quoique ayant été eosui évèque de Metz vers 610, comme le chef d'où sortirent les rois de 1 seconde race, étant le grand-père de Pépin d'Héristal.

Pépin de Landen, dit le Vieux, et honoré comme saint dans pays de Liège, tirait son nom d'un château (Landimtm) b&ti ai bords du Bek, dans la province de Liège. C'est encore un village 800 âmes, à 8 lieues Nord-Est de Namur.

NOTES DU LIVRE XIl

Note 21

u, l'auteur d'un Caleadrier manuscrit de la cathédrale de simmet uue grosse faute en plaçant ce même Jean parmi mages qui souscrivirent à un privilège d'exemption donné Landry, évàque de Paris, en faveur de l'abbaye de Saint- ! doit être un autre Jean, car le nôtre était mort en 626, Ion occupa le siège de Poitiers, et ta charte de saint Landry

Note 22

'emarquer avec soin que celte juste exclusion que nous i de saint Emmeran dans la liste de nos évéques porte à t seulement et non à vingt-neuf le nombre des prédécesseurs C'est pourquoi nous indiquons ce dernier comme étant le vième évoque de Poitiers, et non le trentième, en dépit du il adopté jusqu'à présent, et qu'on croyait autorisé par une longue date. Et cependant cette erreur se perpétue... Elle e admise par YOrdo diocésain, malgré ce que nous en t comme ici, et par suite d'un raisonnement irréfutable, Vie* des Saint» ^ publiées en 13581... 11 est donc bien beau :rompéf

Note 23

ileur, ruisseau qui commence dans la commune de Clussay vres), et rejoint la Dive du Sud avant sa perte sur la rive u Clain, près d'Anché et de Voulon (Vienne). Elle a dans Bment de la Vienne un parcours de 28 kilomètres , et y s communes de Chaunay, Brux, Vaux et Sceaux, arrive es de Paire et de Voulon , qu'elle sépare de celle d'Anché.

Note 24

que le fameux Annius Milon, non moins célèbre par sa ambition que par le beau plaidoyer par lequel Cicéron en vain de lui éviter l'exil de Marseille, ne mourut que ant l'ère chrétienne, et précisément au moment où César ait sa guerre des Gaules. Un héritier de son nom pourrait r suivi le conquérant latin dans cette expédition et s'être ' cette belle terre du Poitou qui plaisait tant à la noblesse

Note 25 is impensis honoravit, dédit que ei tune temporis villam Milon, Dec non et alia mulla. ■ (Dom Bouquet, III, 390.)

352 NOTES DU LIVl

Ce («ne iemparia weabulo Mtlon, n' appelé Milon, lors de la dooatioD, ne s' le moiee contemporain de l'éTénemei monastère n'était plus déjà à Voulon

Note 26 V. le Grand Gauthier, fin du xiii Hugues IV dit le Brun, sire de Lusignï le prieuré et l'église de Notre-Dame.

Note 27

Ce tableau, qui n'était pas d'une mai principal ornement de la petite église (V. BuUet. des Anliq. de l'Ouest, III, ; l'église môme dont le titre- paroissial d fini par disparaître, et les lambeaux n'e empêcherait qu'on le remplaÇ&t par ui une courte inscription renouvellerait le gqons ici¥

Note 28

Cette église n'a plus d'elle-même, & place qui porte son nom , et encore ce i contre les folles prétentions de quelques aux savantes réclamations d'un homr inspiré. (V. les intéressantes lettres de du mois de décembre 1877.)

Note 29 Macoux est la traduction française que certains pays de paioU ont tirée du latin Maeloceus, dont on a fait aussi Maeliata» a Mahoux, et enfin Saint-Malo, qui a donné son nom à la vill maritime des côtes de Bretagnei c'est une soBS-préfecture d'Ille-el Vilaine, de 10,000 habitants. Elle était tout récemment fondée quaii saint Macoux devint son premier évéque.

Note 30 Aleth était une forteresse connue dès l'époque gauloise sous '. nom A'Aletum, Aleeta, su Nord-Ouest de la ville actuelle i Rennes et sur les bords de l'Océan. Plus tard elle devint une vil de commerce, puis épiscopale au milieu du vi° siècle. Au ix*, elle f minée par les Normands; les évéques se réfugièrent alors dans n

He voisine où était un monastère de Saint-Vincent qui devin noyau de la ville de Saint-Malo. L'évëché de Saint-Malo supprimé par le Concordat de 1802, et réuni au diocèse de Ren — Il ne faut donc pas confondre cette Aleth avec une autre p< ville de même nom au pied des Pyrénées (Aude), et qui existe en avec des bains d'eaux thermales, et n'ayant que 1,200 habitante

Note 31 Cette date est diversement écrite par les hagiographes. Quelq uns avec Fleury, Châtelain, Saint-Allais et les anciens brévis de Paris veulent que ce soit 565. Mais Longueval et D. Lobin suivis plus communémeht aujourd'hui, motivent très bien préférence pour 627, en expliquant que la méprise de leurs de' ciers vient do ce qu'ils ont confondu le saint Léonce de Saintes, an saint Malo, avec celui de même nom qui avait siégé à Bordeau milieu du vi» siècle. — D'ailleurs saint Malo était mort un dîmai 16 novembre; ce quantième ne peut se trouver qu'en 527, et de 'lui aucune contestation n'est plus possible.

' Note 32

Cf. Baillet, Giry, Longueval; Briand, Hist. de t'Egt. Sant.j I et sniv, — D, Lobineau, Htst. des Saints de Bretag., au 15 no Bolland., ibid.

Note 33

Saiot-Hilaire-de-VouIesme, Sanctua Hilarius de VoUsmaj un prieuré-cure de Bénédictins dépendant, au xiv° siècle, de l'ab de Nanteuil. C'est aujourd'hui une paroisse du doyenné de Givra 8 à 900 habitants, à deux lieues Sud-Ouest de cette dernière sur la Charente. Son église romano- ogivale atteste la fîi xtt* siècle, et dut en remplacer alors une autre beaucoup ancienne.

Note 34

Eeeletia Sancti Saoyoll, San SaoioUU, dite encore S. Saoiou les vieux titres. Elle fut supprimée après le Concordat de 18 réunie pour son territoire et ses habitants à Saint-Macoux. Ce village d'origine celtique sur le territoire duquel se voit, à 1 ki de la gare de Civray, un dolmen connu sous le nom de Pierre-Ï Le bourg établi sur la rive gauche de la Charente, à une Sud-Ouest de Civray, est de ce canton et n'a guère que 500 à Il conserve une église du xiii° siècle dont le chevet fut rebâti au iprès une ruine du monument par les Anglais. Au xiv%

Sapinaud, seigneur de Fayolle, dont le restauré, dans le voisinage, fonda di chapellenie de Saint-Jacques, dont le pf

Note 35

On étendit celte dénomination de Ga (Vaaeonea) à toute la petite peuplade qu Bt la Garonne.

Blaye, Blauium, alors château coneii une résidence royale. — Grégoire de Blavium. — Aujourd'hui chef-lieu d'an avec 4,000 habitants, au bord de ce fleu

Note 38

Il y a ici beaucoup d'inexactitudes i quant aux dates de ces divers événeni quatre années. Comme le plus souven Bénédictins- de VArt de oérifier les date toujours mieux autorisées.

Note 39

Le Bigorre touchait au Béarn par le pays des anciens Bigerrones. I) dépend

royaume d'Aquitaine, dont il fut un comté. Il fut réuni à la France en 1381 par le mariage de Philippe le Bol avec Jeanne , qui en était héritière. Il forme aujourd'hui la majeure partie du département de Hautes-Pyrénées, et Tarbes (Tarba) en est le chef-lieu.

Note 40

Le Béarn, devenu dans la géographie moderne une des province de France sur les confins de l'Espagne, était, sous les Romains, a petit pays de la Novempopulanie habité par les Benehami. Non assisterons dans cette histoire & beaucoup de ses vicissitudes. Ce) maintenant une partie du département des Basses-Pyrénées, oùe trouvent les villes d'Oloron, Orlhez et Pau.

Note 41

Saint-Denis-en-Vaux est k présent une petite commune de 4 {>00 habitants du canton de Leigné-sur-Usseau (Vienne). Cei commune ceutralise presque tous ses habitants dans le bour^ q

s'éteod le long de la Vienne. Elle se trouve abritée par deux collines dont les vignes donnent un vin renommé. Des titres de nos archives départementales datés de 637, mais dont on a contesté l'authenticité, prouveraient qu'avant cette date le lieu s'était appelé Plumbata, et plus tard, en 1113, on voit dans un acte recueilli par D. Fonteneau (t. XXVII bisj p. 351), qu'il y avait une abbaye (c'était le prieuré) dont le nom est encore appliqué à une certaine portion du bourg, sous le nom de l* Abbaye. En 1486 il y est fait mention d'une église de Notre-Dame qui est la même souvent dite Notre-Dame de Saint* Denis-en-Vaux. Cette église, toujours siège d'une paroisse, dépendait de Saint-Denis dont l'abbé y nommait de plein droit ; elle avait le triple vocable de Notre-Dame, des *Saints Anges et de Saint Denis. {AnnaL Bénéd,, II, 372.) Enfin le prieuré devint au xvi* siècle une chatellenie dépendante du duché de Châtellerault. — Non loin de l'église romane de Notre-Dame est une chapelle ogivale du xii* siècle. C'était celle du prieuré distinct alors de l'église paroissiale, et qui n'a plus que des ruines, n'ayant conservé qu'à peine son portail en plein cintre et une portion des bâtiments claustraux.

Note 42

AnnaL Bénédic, II, 372. — D. Félibien, Histoire de l'abbaye de SainUDenis, p. 136. — Une charte donnée plus tard par Charles le Chauve, en 859, en confirmant cette donation et celle des autres domaines, mentionne que dans cet endroit appelé Plumbata était déjà une chapelle appartenant à des ermites qui s'y sanctifiaient dans la pratique des bonnes œuvres et de la pénitence : c'est celle qui était dédiée aux Saints Anges. Nous ne voyons pas ce que devinrent ces ermites quand les Bénédictins prirent possession de ce terrain : ils restèrent probablement dans leur vocation et allèrent se fixer ailleurs, ou se fondirent dans la famille bénédictine. Les nouveaux moines y apportèrent bientôt des reliques de saint Denis et des saiûts martyrs ses compagnons qui rendirent célèbre le prieuré par les guérisons nombreuses qu'on y obtint. (V. aussi Besly, Comtes de Poitou^ p. 227. — Bullet. des Antiq. de l'Ouest^ I, 242 et suiv., 2* édition.)

Note 43

Ce bourg est ainsi nommé de sa position entre deux cours d'eau (Inter aiwines), la Vienne et un petit affluent de sa rive gauche, non l(in du moulin du Gué. Ce n'était alors qu'une villa appartenant à it.n8oald. La commune, du canton de Leigné-sur-Usseau, arrondissement de Châtellerault, a6à 700 habitants. Cette localité, où l'on croit que des souterrains-refuges, récemment interdits par des

.356 NOTES DU LIVIi

éboulements, gardaient «quelques tracet dès le xii" siècle, une église de Saint-Hi détails attestent encore un monument r et dont l'abside extérieure est surtout ci

Note 44

Dangé, de Dangeo en 637, Dangiac.

1235, Dangiacum en 1520, enfin Dangié aux \iv° el XV' siècles. — Chef-lieu de c Ch&tellerault, c'est un gros bourg de 85 de la Vienne, avec une église de Saintvers 1865. Son sol a procuré des tuil« romaines.

Note 45

Ingrande, Igoranda, Ingranda, sur bourg de 1,100 habitants, à 8 kilomètr lieu est connu dans la géographie ron auquel équivaut le mot celtique qui f Danville, qui parle de celui qu'on a mal trouve sur les limites du Poitou et du Trémouille, ne dît rien de celui-ci qu comme séparation de ces deux provinci d'autres Ingrande, dont le nom répond à la Touraine et le Berry. Le nôtre étaitd

du Poitou, sur la voie de Poitiers & Tours. — En 914 Ingrande, qui semble avoir acquis une certaine importance, était un chef-lieu de vîguerie, vicarialgradensis. Le moyen âge 1 ui donne uoe égliae romane ogivale de Saint-Pierre et Saint-Paul. On remarque dans les murs latéraux de ce monument de larges traces du petit appareil romaio qui dénoncent une église de beaucoup antérieure remplacée par celle-ci à l'époque de la transition architecturale, et dont les matériaux y sont employés en partie. En rapprochant de cette découverte celle des tuiles à rebords, de haches en silex, de souterrains-refuges aujourd'hui impénétrables, on s'élève jusqu'à une ère très reculée, et l'on soupçonne à Ingrande une antiquité dont les phases ne furent pas moins remarquables que sa vie du moyen âge.

C'est sur le territoire d'Ingrande que fut, en 682, la première station faite par les reliques do saint Léger ramenées A S&im- Maixent par notre évéque Ansoald. A 3 kilomètres au Nord-Oue se trouvent l'église et le château de Saint-Ustre, dont nousavo parlé ci-dcssua, I, il4.

■ -vm

Note 46

Oyré, Oriacum, Odriaeum et Auriaeum, à une église du xi® siècle assez bien conservée et du vocable de saint Sulpice, à 3 lieues au Nord-Est de Châtellerault. La commune, qui est du canton de Dangé, a 850 âmes. Elle doit son nom au ruisseau d'Oyré autrement dit de Rémilly qui joint la Vienne dans la commune d'Ingrande. C'était le siège d'un fief qui avait appartenu à Philippe de Cbmines. Mais de plus anciens souvenirs lui viennent avec ses débris de haches celtiques trouvés dans le sol. La paroisse d'Oyré a eu pour curé M. Lalanne, auteur de V Histoire du Châtelleraudais,

Note 47

Moussay, Muaeiacuà en 673, n'^st plus qu'un hameau, sur la rive droite du Clain, après avoir été le centre d'une paroisse partagée entre la commune de Beaumont et celle de Vouneuil-sur- Vienne, dont il dépend, quoique l'ancienne église paroissiale de Saint-Hilaire fût une annexe de la chapelle voisine de Baudimcnt. C^ Moussay est appelé souvent Moussay-la-Bataille, en souvenir de la victoire remportée, en 732, par Charles Martel et notre duc d'Aquitaine Eudes, sur les Sarrasins conduits par Abdérame. (V. plus loin à cette même année 732.)

Note 47

S*-Gervai8-d'Avrigny ou d'Avrigné. Une église de S*-Gervais et S*-Protais était déjà bâtie en 537, en un lieu appelé Cursonus ou Cur- 8ona, qui prit bientôt après le nom des deux saints patrons et auquel on ajouta le surnom d'Avrigny, d'un village voisin qui fut longtemps une paroisse, mais qu'on réunit à Saint-Gervais en 1818. Non loin de ce dernier et à moitié chemin entre lui et Avrigny était, sur les bords de la Vende, un village de S^-Martin-de-Quinlieu qui subit à la même époque la même annexion. De là le nom de S'-Gervais-rfes- Trois' Clochers que la commune garde encore officiellement, mais qu'on lui trouvait déjà en des actes de 1644 et 1659. Il y a donc dans la commune de Saint-Gervais trois véritables paroisses, ce qui en fait une des plus vastes du diocèse de Poitiers, traversant dans toute sa longueur le canton de Leigné-sur-Usseau, dont elle est une des 9 succursales. L'église du xii^ou xiii"* siècle, qui exista jusqu'en 1883, a été reconstruite et consacrée en 1886. Ce nouvel édifice, avec de je lies, apparences, ne soutiendrait pas une critique des détails, et reste, comme l'église précédente, trop restreint pour une population a ssi considérable. Le dernier recensement y indique près de 1,400 à les. La cure était pourvue par le Chapitre de la cathédrale^ tout

en relevant de t'archippôtré de Faye-la-V Cette commune est très fertile, étant arrc d'eau, affluents de la Yeude.

La Veude est une rivière qui natt de la au hameau de Chalay, commune de Th Après avoir traversé tout le territoire de I pendant 12 kilomètres vers la Touraiue, où Vienne.

La cure d'Avrigny, dont l'église est en i 1790, de l'archiprôtré de Faye-la-Vineuse. I Villa. Oq mentionne ea paroisse de Noti aveu de la baronnie de la Touche établit, en autrefois c une ville close se fermant à pont: de foEsés. » — Sic transit gloria mundi!

Note 49 Saint-Martin-de-Quinlieu , de Cuelo en ' On l'appela aussi quelquefois Saint-Martin raison que Saint-Gervais. Cette ancienne 1790 de l'archiprôtré de Faye-la-Vineuse, Saint-Gervais. C'était un prieuré-cure dépen Hilaire de Poiliers. Là est aussi un ruissi sort de la fontaine de Montbrard, ancien f commune de Saint-Gervais, et qui se jette c n'est plus qu'une ferme avoiainée d'un hami

Note 50 Leugny-Bur-Creuse. Il y a trois locali département de la Vienne. Une première, a la commune de Bonneuil-Matours, citée ei la viguerie d'Ingrande, et fief relevant de la c'était la Villa Luntiaeus, sur la rivière d' mence près d'Archigny et iînit dans la Viec lerault. — La seconde est encore un vill Saint-Jean-de-Sauves, près Montcontour, et le nom de Villa Luniacus in niearia Satcin dont il s'agit ici, est une paroisse du cantoi en 1212, avec une église de Saint-Hilaire même nom , ancien rendez-vous d'un pè pourvue par l'évéque de Poitiers. Ce liei autres par le surnom de Leugny-sur-Creu petite distance et sur la rive gauche de c

prend son cours dans le département de la Creuse, traven de i'Iodre, sépare ceux de la Vienne et d'Indre-et-Loire, dt jonctioQ avec la Gartempe, près la Roche-Posay, jusqi confluent avec la Vienne, près le Port-de-Piles. Cette { relevait, avant 1790, de l'archiprôlré de Châtelleranlt ; son ti dépendait en partie de la baronnie de Montoiron, et en pari Guerche et de la baronnie de La Haye, en Touraine. On ■> ce territoire les ruines très pittoresques de la chapelle de Dame de Prélong. L'église paroissiale parait d'origine romaj fut réparée ea IGOO, et augmentée d'une croix latine, l'indique une inscription placée à l'intérieur et qui attri importantes restaurations à Jean Couturier, alors curé, è de Gréanne, habitant le manoir du lieu, et à sa femme Mai de Ch&teau-Cbaloue. De tels souveoirs devraient être ainsi conservés avec soin, et on ne les retrouve pas sans plais les rares églises qui en gardent encore.

Leigné-sur-Usseau, û la nomination de l'évoque de Poitie l'ancien archiprétré de Faye-la-Viueuse, au diocèse de Te lieu figure en 637 sous le nom de Laingniaeum, qui rei autant à du latin qu'à un dérivé de la langue des Celtes. Il une église sous le vocable de saint Hilaîre, et un René de Lt vers 1084 : ce personnage atteste par sa présence dans le publics que la féodalité y est établie. En 1790 Leigné devit lieu de canton, et garde encore ce titre quoique avec ci modifications qui, en 1801, répartirent diversement les cor qui en avaient relevé d'abord. L'époque celtique y réel Grand'Borne, sorte de menhir occupant le champ des Ralar les tuiles romaines n'y sont pas rares. Le moyen âge y a soi de Saint-Hilaire, qui a le caractère du xi* siècle. Sa populai de 1,200 âmes.

Note 52

Aatogné. En 1097 c'est Autoigné, en 1119 EecUaia deAnt Saint Pierre en est le patron ; la cure, maintenue en 1803, él nomination du prieur de Saint-Romain. L'église de Saint-Pi< Liens n'a aucun intérêt. Sa population ne dépasse pas 300 ha

Note 53 Nueil-Bur-Dive, NioUum, est un chef-lieu de comm 600 habitants du canton des Trois- Moutiers, arrondit de Loudun, divisée en haut et bas Nuei) par le vallon de

âge de ce territoire. C'était en 1076 une villa qui appartenait à )baye de Bourgueil en Anjou. La Dive l'arrose et rafraîchit le ;oreaque paysage qui l'entoure, d'où se contemplent les ruines indioses de l'ancien prieuré de Saint-Jeau, bâti avant l'an 1300, lont le style est absolument conforme à celui de la caihédrate de itiers. Il n'y a que cinq maisons à Nueil, ce qui a fait transporter 1842 le service paroissial dans une nouvelle église bâtie à Berrye ■ l'antique famille de Dreux-Brézé. Cette cure a encore le titre de tre-Dame, et le peuple appelle la sainte Vierge, dont on y célèbre fête patronale le 8 décembre, * la bonne Dame des Avente. > — bas Nueil avait appartenu aux Montmorency- la-Trémouille, et trouvait enclavé pour sa ch&telleaie dans l'archiprétré de Loitdun.

douant, Poientum, Puentum, commune de 800 habitants du canton Monl-Eur-Guesne, appartenait en 889 à l'abbaye de Saiut>Hilaire, it il portait le vocable. En 9i2, elle est citée comme une villa de viguerie de Braye, alors en Poitou, et aujourd'hui de la Touraioe. iqu'en 1790, le Chapitre de Saint-Hiiaire resta seigneur de Pouant, nomma à la cure, qui, sans doute, lui avait dû sa fondation. Ze même nom de Pouant était donné à une terre qui s'étendait sur communes de Nieuil-sur-Dlve et de Pouançay, et fut successivemt aux XV* et xvii' siècles des chàteilenies de Lcudun et de trye. Elle appartenait au Chapitre de la cathédrale et se reconnaît qu'en 1742 sous le nom de Petit- Poitiers, parce qu'en 1402 non de Cramaud, patriarche d'Alexandrie, qui avait été évëque de Itiers, l'avait donnée au Chapitre pour la fondation de la psalette, mme le témoigne encore une inscription encastrée en deux des iers du chœur de la basilique.

Note 55

Angliers, Anfftariaa, Anglerium, canton de Montconlour (Vienne!, t une commune de 700 âmes, à laquelle on trouve ce même nom 1284, qui appartint à Marmoutier, et dont l'église de Saint-Martin t connue tout au commencement du mi' siècle. Cet édifice est de ?te roman mêlé d'ogive. On y voit encore le tombeau d'un comte Drfeuille qui fut seigneur d'Angliers avant que le fief appartint X La Tour d'Auvergne-Lauraguais encore possesseurs du chàte u du parc, qui y sont remarquables. La paroisse est de l'archipré i Loudun, comme autrefois sa châtellenie. Dans cette paroisse il lieu de Triou, dont les Montalembert portent encore le nom.

NOTES DU LIVRE X[l

Note 56

ira ont été jusqu'à mettre en doute l'histoire de i fondation par Dagobert du prieuré de Vaux, sr ces doutes avec ce que nous venons de dire eus les plus graves, tels que FéUbien et Mabillon, dans les archives mômes de l'illustre abbaye de r nier tout cela on s'appuierait en vain d'une te à une époque postérieure pour protéger l'abbayo les avidités de ses ennemis. Cette charte, si fausse , ne prouve pas plus contre Saint-Denis que celle parlé à l'année 507 ne prouve contre la donation de laire de Poitiers.

Note 57 u fameux livre connu sous le titre (iesta Dagoberti iQ dans Duchesne, Hiator. Franc, t. I, p. 572, et, Script., reo. Gatl., III. Il vivait vers la fin du éloigne par conséquent de plus de cent ans de 30Q ifils Clovis II, dçat il a aussi écrit la vie. Son t celle de l'abbaye de Saint-Denis que celle de ces loiquQ compromise par les fables qui n'y sont pas Dt cependant des renseignements utiles, et qu'on l'ils n'arrivent pas à l'état de rêveries trop évidentes. tiilér. de la France, II, 586.)

Note 58 lité de retrouver ' dans la Seine un objet de telles ixplique guère, quand depuis douze ou treize cents ivertes archéologiques y ont été faites, et de choses :M}nsidérables, tels que les plomba et autres minces '. retirés de notre temps. Mais comment d'ailleurs a de ceux qui veulent voir ici le Vieux-Poitiers B-vea lint-Hilaire dont la ruine et la déprédation auraient Bilieuses dépouilles? — De quoi les inventeurs sont

Note 59 nétropole primitive de la Novempopulanie, fut fondée siècle. Détruite par les Sarrasins vers 720, la juritaine fut alors transférée à Bordeaux, oA elle resta C'est alors qu'elle fui donnée à Auch, qui en prit le

NOTES DU LIVRI

Vie, VicojuUensis ou Aduri. C'est le pr évéché fondé vers le commencemeat du dans la suite Aturitam, Ataritenais, Ail d'Aucb, chef-lieu de canton des Landes.

Note 61 Rebais, Resbaeum, fondéen 635 par saii évâque de Noyon, et sous le vocable de st tard la règle de saint Benoit. Rebais éta de Meaux. C'est aujourd'hui un chef-l Marne, peuplé de 1,500 âmes.

Note 62 Chcby, CUppiacum,ClepiacumetCtepi — Clichy-la-Garenne, commune de S,500 1 Saint-Denis, sur la rive droite de la Ë

dences favorites de Dagobert I" et de Clotaire ii. ii y eut a uiicay, cette même année 636, et le 1" mai, une assemblée d'évôques, ma! & propos nommée Concile, puisqu'on n'y fit pas do règlementi ecclésiastiques. Saint Agilas y fut établi le premier abbé de Rebais

Note 63

L'aveu était un acte où se trouvaient mentionnés les terres et droil y attenant que le vassal tenait de son seigneur. De telles piëcei avaient pour but d'être invoquées comme preuves en cas de contes' tations ultérieures sur les obligations des deux parties, mais surtou du vassal.

Note 61

Ce lieu est nommé Crisilum par saint Ouen (Vita S. EUgii), qn était grand Référendaire (dignité équivalente alors à ce que fut plu tard le garde des sceaux) et qui fut témoin de tout ce qui se passa Or, Crisilum est représenté aux yeux des uns par Crécy en Ponthiea trop célèbre par la fameuse bataille de 13i6 ; et pour d'autres, c'e« Creil-aur-Oiae , près Senlis, ou enfin Créteil, à 2 lieues de Paris Adrien de Valois voudrait même que ce fut Vaudreuil-sur-Eure, prèi Louviers en Normandie, où était un château royal. On ne voit guèi d'analogie entre ce nom et celui donné par saint Ouen. Il n'y on pas plus entre celui-ci et Clipiacum, Ciichy, sur lequel on ne ■ serait pas trompé, tout le monde le connaissant très bien. Ceq nous parait plus acceptable est Crécy en Ponthiea, où était en efl

une villa royale, et qui, s'il n'est pas représenté tout à fait Crisilum, qui pourrait avoir été altéré par des copistes, resse: da moi as beaucoup à Criaiaeum, Criaeecum, Circiacum et Creeia donné indifféremment & Crécy. Pourquoi ne songerait-on pas éj ment à Carisiacum, Quiercy, dans le Soissonnais, où était ausc palais royal I Nous pensons qu'avec de telles divergences, te aussi fondées les unes que les autres, il faut renoncer à traitei question qui suscite tant de prétentions insolubles, et sur laquelle noos nous sommes peut être trop arrêté.

Note 65

Gaél, fondé sous le vocable de saint Jean, vers 565, au die de Saiat-Malo. Aujourd'hui village de 500 âmes, du canton de S Méen (llle-et- Vilaine.)

Note 66

Vie de saint Léger, par M. Babinet, in-S", Poitiers, 1831, p. 1 L'honorable auteur, pour faire de saint Léger un Poitevin de i sance, s'appuie d'une phrase d'Ansoald, successeur de Didon si siège de Poitiers, qui, revendiquant plus tard les reliques du mi d'Autun, s'autorisait de ce que celui-ci était sorti d'une pan à lui confiée pour s'élever aux honneurs. On n'a pas compris dans le texte de l'anonyme d'Autun, qui rapporte cette parole, on traduire le mot Parœehia, non par paroisse, mais par diocèse, c( convient très bien ici & la pensée de l'évoque. On trouve plusi fois ces deux mots comme synonymes dans Grégoire de Tours Migne, numéro? 209 et 315). — Etre sorti de son diocèse, où i Léger avait été élevé, semblait en effet an titre pour que ses n y revinssent après sa mort, et nous verrons comment on s'en s plus tard.

Note 67

Dufour [Hiat. génér. du Poitou, p. 340) a très bien développa raisons qui font rejeter saint Ëmroeran de la liste de nos évé de Poitiers.

Note 68

Spinogilum, SpinoUum, à 3 lieues Nord-Est de Paris, &[ aujourd'hui Epinay-sur-Seîne, sur la rive droite de cette riv C'est un village peuplé de 1,000 è 1,200 habitants, de l'arrondi ment de Saint-Denis. Frédégaire l'appelle Spinogelum, et Vi fait remarquer avec raison que d'après le mécanisme régulier de étymologies, on devrait traduire non Epinay, mais Bpineuil. { Frédégaire, Chroniques, lxxix.)

notes du livre xii Note 69 ■

^ détail d'une prétendue ambassade est encore un de ceux que listoriens se sont transmis d'après un passage mal compris par emier qui a copié Aimoin. Celui-ci ne parle pas du tout d'amade, il dit simplement qu'Ansoald parcourait la Sicile : parles ■grabat SicctieE. Au reste, le règne de Dagobert ne laisse paraître ■ne autre ambassade donnée à Ansoald que celle d'Espagne, nous avons dit le motif. Or, il ne s'agit que d'un homonyme elui-ci qui y fut employé, et comme cette mission se rattache à lée 589, on voit vout de suite qu'en l'attribuant au futur ëvËque 'oitiers, celui-ci en eût été chargé plus de vingt-cinq ans avaot

Note 70

est malheureux que ce chroniqueur, qui écrivit vers 780, ait ]té assez de faits équivoques pour s'être attiré le surnom de dator. Il y a bien quelques traits qui sentent la vérité dans ce t, par exemple ces cavernes de l'Etna, culeania loea. La itagne de ce nom étant située dans la province de Calane, en le et surla cdte orientale de l'ile, se trouve précisément en face 1 certain nombre de petites Iles dont l'une pouvait très bien

celle habitée par l'ermite Jean. — Ajoutons que rien n'est plus sible qu'un rêve de ce genre. Le cété merveilleux se trouverait c dans la coïncidence de ce récit avec la mort du roi, qui, étant vée le même jour, ne pouvait être connue naturellement du taire. Le malheur de ces aortes d'histoires est de tomber sous ugement de critiques à qui la foi chrétienne manque pour bien rëcier le rôle des démons dans ce monde où saint Paul les croit rtant si occupés. (Eph., vi, 12.) Un autre inconvénient, c'est que )remier narrateur ait conclu de ce fait que les usurpateurs des 18 ecclésiastiques ont toujours tort de no pas s'en priver, et que lien fait aux églises et aux monastères peut être d'un grand poids ant la justice de Dieu. Les adversaires de la religion jettent les Lts cris devant une telle morale ; mais ils s'y évertuent vainemeol. sera ainsi jusqu'à la fin du monde : les voleurs seront toujoun

voleurs.

Note 71

'um AdvQcatus Ecclesiœ idem intellîgi debeatur ac defensor;: îDSoris omittis ofEicium, nomen impropriê rétines advocati. (Ri di, Ann. eeetes., ad ann. 1226, n" 4 et suiv.)

Châtelat est un bourg de 600 âmes, dans le canlon de ^ (Haute -Vienne). On y voit encore une maison que la trai persiste k regarder comme le lieu de la naissance du saint.

Note 73

Solignac, SoUgniacum, bourg du canton Sud de Limoges, : habitants, et une magnîfiquo abbatiale byzantine consacrée en C'est donc une reconstruction de la première, fondée par saint en 531, sous l'invocation de saint Pierre et saint Paul. C'est un plus remarquables églises du Limousin. Il ne faut pas coofond Soligoac avec une autre abbaye du même nom sur la Loire, e les vieilles chartes nomment Solamniaeum.

Note 74

Faisons remarquer à ce propos que des erreurs se sont gli dans un certain nombre d'auteurs qui ont attribué au vocab saint Eloi {EUgiua) ce qui ne convient qu'à saint Gilles (j'Egic Cette confusion des deux noms a trompé entre autre Dufour, d( manuscrit, page 135 (mihi), nomme Saint-Eloi-la-Bataille commune des Deux-Sèvres, près Cbef-Boutonne, où il prêtent l'égliae eut un autel consacré en 1113 par notre saint é< Pierre II. Le fait et la date sont vrais, mais outre que I' consacré était celui de la chapelle Saint-Eloi, près Poitiers, c le vocable donné par Dufour était-il faux, car il aurait falU Saint-GUies-la-Bataille et non pas Saint-Eloi. Et ceci n plus de sens.

Page 1