LIVRE XIII
Depuis le règne de Clovis II en Neustrie, jusqu'à la mort du roi d'Austrasie Sigebert II,
SOUVERAIN DU PoiTOU
IAGOBERT avait réglé de son vivant le partage ^ de ses Etats entre ses deux fils. Sigebert, [ deuxième du nom (i), garda TAuslrasie dont il était déjà en possession. A peine âgé de cinq ans, i], était sous la régence de Pépin de Landen, surnommé le Vieux, aussi recoramandable par son talent d'administration que par ses vertus chrétiennes. A ce grand ministre étaient adjoints Cunibert, évêque de Cologne, à qui sa vie exemplaire mérita le titre de saint, puis Adalgise, qui était déjà duc du palais, ce qa\ le plaçait au premier rang après le maire. Ce fut surtout avec ces hommes honnêtes et scrupuleux que Pépin, à peine rentré k la cour de Sigebert II, y forma une ligue des grands de l'Austrasie pour protéger le jeune roi contre les intrigues d'un certain nombre de seigneurs et la faiblesse d'une minorité. Didon se joignit à l'élite de la noblesse dans cette L nîon inspirée par un patriotisme désintéressé. Nous \errons que malheureusement les circonstances ébranlèrent t n lui ces bonnes dispositions.
' L'autre fils de Dagobert, Clc trois ans, avait été nanti de la d'Œga, et la régence nominale i heureusement Œga, si digne d'à
mourut deux ans après en 640. Cette double perte fut d'autant plus triste pour les deux royaumes, que le pouvoir y tomba dès lors entre les mains d'hommes nouveaux qui n'eurent ni la même équité pour les intérêts de leurs maîtres, ni le même zèle pour le bien public. Il est bon de tracer ici rapidement ce nouvel état des choses pour l'inlelligence même de notre histoire locale.
Erchinoald, parent de -Clovis, remplaça Pépin comme maire du palais de Neustrie, et la mort de Nantilde, recommandable par ses vertus et son intelligence, le laissa seul maître des affaires. Il en profita pour sa conduite plutôt en roi qu'en ministre w. En même temps, l'Austrasie voyait Grimoald, fils de Pépin, s'assurer par ses intrigues la succession de son père : c'était le premier exemple de cette sorte d'hérédité qui allait ainsi se constituer à toujours jusqu'après avoir confisqué à son profit l'autorité souveraine, sous des rois qui n'en avaient que le nom , elle arriva à briser le sceptre de la famille mérovingienne pour faire de ses débris celui d'une nouvelle race iw.
Il n'est pas moins vrai que Grimoald fortifia, dans ses propres intérêts, la ligue formée par son père. Didon y resta avec les dignes assesseurs que nous avons nommés, et jusqu'à ce que ceux-ci eussent disparu, soit par la mort, soit par répugnance pour intrigues dont ils apercevaient la trame, l'évéque de Poitiers, que des liens peu faciles à démêler, attachaient toujours à Grimoald, sembla autoris l'ambitieuse audace de celui-ci qui ne craignait pai agissant désormais sans le moindre contrôle, de melti son nom à côté de celui du roi, et avant celui des évôqu
(o) Frédégoire, c. LXxxni et Lxxxv.
(6) Aiinoin, De gett. Franc., lib. JV, c. xxxvili.
)n des chartes et édits. Il en vint à faire a toutes ses vues et tous ses desseins w. linoald songea à fortifler son crédit à la ai n'y pouvait mieux réussir qu'en mariant le personne dont la reconnaissance lui lient. Cette personne fut sainte Bathilde, onne que le sort de la guerre avait fait ivoir. Tous les précédents de cette jeune core des moyens ménagés par la Proviie la France, qui devait être fondée sur te union devenait pour elle une sorte de ar le ciel d'un sceptre beaucoup moins it vu naguère tomber de ses mains. On que fille d'Ethelbert, premier roi chrétien sque dés l'enfance, elle jouait un jour avec ur les bords de l'Elbe, des pirates s'en t l'avaient vendue à Erchinoald. Cette I, jointe à une beauté remarquable, la re aux desseins de son mattre. Mais ce pour l'avenir que Dieu lui réservait, elle i solide et d'une érainenle fermeté de e Clotilde et Radégonde, avec lesquelles Drtunes lui donnaient de si remarquables lance, et dont la sagesse chrétienne avait usante influence sur les premiers jours de ;ette nouvelle héroïne commençait une Elle allait traverser une suite d'années us et d'angoisses ; mais elle laisserait du
avec des fruits excellents de son admi- ■uvenirs de sainteté et d'activité prudente ;e toujours, au milieu des tempêtes civiles,
veut consoler ou glorifier ici-bas.
i dix-huit ans, par la mort de sa mère, d'une
d'une pieuse surveillance, s'abandonna à '
iffic., IV, ou. •
toutes les mauvaises passions du libertinage et de Tivrognerie ; Sigebert, au contraire, aidé et conseillé par deux saints évéques, Arnoux de Metz et Cunibert de Cologne, gouverna sagement et se fit aimer de ses sujets.
«ilw»"'' "" '^" ^^ ®°"* ^^^ deux rois qui, maintenus à cause de leur jeunesse dans une sorte d'inaction continuelle par les maires du palais, commencèrent la suite de ceux qu'oD appela fainéants. Observons ici que ce nom ne leur fut guère donné qu'après l'extinction de leur race, par les historiens du règne de Charlemagne. Quoi qu'il en soit, cette qualification n'exprimait pas tant alors un blâme d'inutilité et de paresse, que l'éloignement où les jeunes princes furent tenus, en vertu même de leur âge, des affaires politiques et administratives, par les maires du palais qui les tenaient en tutelle. Ceux-ci, d'ailleurs, n'étaient pas tous alors des chevaliers ambitieux et entreprenants. Ceux qui appartenaient à l'Eglise montraient surtout des vertus et des talents qui accoutumaient les grands à les respecter, et le peuple à se confier à eux. Ce fut par ces mêmes raisons que l'autorité royale dut nécessairement s'amoindrir en proportion que celle des maires devàt augmenter.
loire'lwiïéralî"' Nous trouvous encore, en ces temps de décadence, de profondes obscurités s'épaississant autour de nos archives. Des années nombreuses s'écoulent pour nous dans un silence absolu des échos de l'histoire : nous y sommes sans guides, sans témoins. Âdatius, plus connu sous le nom d'Aimoin, et Frédégïiire, y parlent à peine, et sembleni s'être plu, dans leur laconisme, à ne nous donner que de vagues réminiscences de ce qu'ils ont pu voir ou relire, soit dans les chroniques de leur temps, soit en quelques devanciers inconnus. Nous sommes donc obligé nousmêmes de nous taire sur les faits relatifs surtout à no -e Aquitaine et à notre Poitou.
lioîi^i^'iîiw^ Cependant un moyen très actif de civilisation par christianisme, que Dieu tenait en réserve pour l'Eure
entière, conquise à la foi dans sa plus grande partie, se manifeste, à cette époque surtout, par la fondation de nos plus illustres monastères. Le Poitou y a sa grande part, et nous n^avons pas à douter que pendant cette période du VII® siècle , où les événements politiques se taisent pour nous, Faction bienfaisante de TEglise n^apparaisse sur notre sol , chez nous autant que partout ailleurs , par Fédification de ces lieux de prières, de pénitence et de travail qui ont toujours compté pour beaucoup dans les prévenances de la miséricorde divine. Nous savons combien ce siècle, livré à un reste de barbarie que la religion seule pouvait combattre et arrêter, avait besoin de .cette triple compensation à tant de crimes et d'égarements. Mais tout en satisfaisant ainsi à la justice divine, les fondateurs n^en travaillaient pas moins au bien matériel des populations. C'était, n'en déplaise à des critiques méchantes ou peu éclairées, le double côté de ces temps si troublés qui prête le plus aux utiles réflexions d'une- véritable philosophie.
Ce ne fut donc pas seulement par une concession naturelle si^hîrtufwruJii « à l'esprit de ses contemporains que le jeune roi Sigebert II ^fl"»*^"*donna de si larges libéralités aux églises et aux abbayes qui couvrirent la surface de son royaume. Doux et charitable, pieux jusqu'à une vertu qui ne se démentit jamais, il se sentait porté naturellement à multiplier ces maisons d'où il savait bien que jailliraient de toutes parts les lumières, les mœurs chrétiennes et les richesses de l'agriculture. Cette portion du gouvernement ne restait pas, à bien prendre, au-dessous des soins que se donnaient ses ministres , et ce n'était pas être par trop fainéant que d'occuper de si sérieuses institutions une vie à peine commencée. Outre les nombreux établissements de ce genre que lui durent toutes les provinces de l'Aquitaine, il en dispersa dans toute la vaste étendue de ses Etats, depuis la Loire jusqu'aux bouches du Rhin. N'était-il pas ^^ pToîwemTeu • Tune excellente politique de créer ainsi sur un sol défriché ^^ ^'"»»*^*°»- >ar tant de mains saintement laborieuses, les villes qui
venaient se former autour des me n'attiraient-elles pas par les pompi qui s'y portaient et n'en sortaient p que se préparait, au nom de 3és\ religieuse qui devait modérer les pri la féodalité, et que notre âge révo notre passé, prétend follement rem de toute distinction sociale? Nous habité aujourd'hui par ce progrès sommes si effarés, regarder la f luxuriantes de moissons, de nos ms de villages florissants, de montagnes vineuses, sans les attribuer aux saints ouvriers qui s'oubliaient pour nous dans la pratique d'une humble obéissance et d'une charité désintéressées. Et ils firent bien d'autres choses; <tuand les uns cultivaient des sillons nouveaux au grand air des campagnes, sous l'ardent soleil des étés brûlants, sous l'âpre température des hivers glacés ou pluvieux, d'autres cultivaient sous le toit commun, la langue latine qui se perdait, copiaient des livres, servaient de notaires pour les actes, et confiaient au parchemin les faits historiques, les dates contemporaines, et les mœurs locales que nous n'aurions jamais connues sans eux. Ils se li%Taient môme à une étude dont l'histoire ne leur a pas assez tenu compte, celle de la médecine qu'ils exerçaient dans les villes et les campagnes de leurs environs, et dont ils étaient seuls les praticiens habituels, depuis qu'aux v* et vi^ siècles les ravages et la domination des Barbares avaient jeté les sciences dans un désarroi complet. La connaissance des simples, l'expérimentation qu'Us en faisaient chaque jour, les observations de thérapeutique usuelle qu'ils renouvelaient si fréquemment près des malades, leur avait donné une réelle habileté dans l'art de guérir, et il n'était pas ra-e qu'on les appelât de leurs monastères pour cet office de charité. On voit par une lettre de saint Avit, évêq'ie de Vienne, mort en 5^, que Helpidius, diacre de l'E^li ie
de Lyon, dont les succès en ce genre étaient renommés, consentit à quitter la Gaule, sa patrie, pour aller résider, en qualité de médecin, près de Théodoric, roi des Ostrogoths dltalie, dont il gagna ainsi la confiance et Tamitié (a).
Mais plus précieux encore comme résultat de ces grandes agrégations d'hommes éminents qui s'encourageaient au bien par leurs mutuels exemples, était l'esprit du christianisme qui s'immisçait ainsi dans les masses, s^ implantait profondément, et formait l'esprit national qui a fait la gloire de la France, et porté sa mission chez tous les peuples des [les et des continents. Il ne reste donc plus de barbares que les orgueilleux contempteurs de ce passé qui devraient savoir comment les lettres et les sciences appartenaient exclusivement aux moines et aux clercs, puisqu'ils étaient alors les seuls qui pussent étudier.
Au vii^ siècle, le Poitou fut riche en personnages dont il a le droit de s'enorgueillir. Nous avons déjà fait connaissance avec quelques-uns dont il faut maintenant suivre la marche à travers ces temps agités. D'autres se montreront à nous pour la première fois et continueront sous nos yeux leur œuvre civilisatrice : tous nous consoleront par leur vie de foi, d'abnégation et de travail dans ces ténèbres chronologiques où nous jette le mouvement toujours si obscur des événements contemporains.
Constatons d'abord qu'à la barbarie et à l'ignorance trop évidentes de ce temps de formation sociale, on peut * opposer ce grand nombre d'évêques d'un mérite distingué qui illustraient alors l'Eglise des Gaules. Ces grands hommes continuaient, sans se laisser arrêter par les soins de leur ministère spirituel, aussi actif que fructueux, de gouverner leurs écoles diocésaines. Poitiers brillait au premier rang parmi celles-ci, recueillant toujours et répandant, par une noble émulation, l'amour des lettres, soit par l'enseignement des chaires épiscopales, soit par
a) S. Arit, Bpiitol. 33, apud BoUand., 5 febv., p. 688, n° 5.
celui du monastère de Saint-Hilaire professaient à la grande gloire de î écoles s'étaient formées aussi en diocèse w. A Ligugé, on continuait Ansion vit sortir de ses cloîtres pk abbés qui répandirent au loin les £ rintelligence des belles-lettres : c'ét puissante des habiles maEtres inspi:
Fortunat. 11 n'y a pas à douter que Ne ne contribuassent également à cet
de la science et de la foi. Disons plus encore : on peui remarquer qu'au vu" siècle Poitiers joua un rôle si important dans les choses de la politique et de la science, que le plus souvent on se sert alors de son nom pour exprimer la France méridionale. L'Aquitaine donc, c'est surtout le Poitou. Nous ne serions donc pas étonné qu'il fallût reporter à notre capitale ce qu'on dit de certâns hommes marquants qu'ils avaient illustré l'Aquitaine, c'està-dire le Poitou, par leurs belles actions ou par leurs succès dans les lettres. C'est ce qu'on pourrit dire de saint Didier, qui, devenu évoque de Cahors en 630, avait achevé, vers 615, ses études < dans une ville de l'Aqui taine » (qui pourrait bien être Poitiers). Il y avait acquis 1 connaissance des lettres latines, de l'éloquence et du droi! tout ce qu'on pouvait enseigner de son temps, sans ometlr même les mathématiques, dans lesquelles il n^était pa moins habile.
Jf^^ La ville de Poitiers, d'où partaient tant de rayoc lumineux sur la contrée, était célèbre au loin par ceti belle réputation, mais non moins encore par ses agrémeni naturels, qu'un biographe d'un des siècles suivants (î) s'e plu à décrire en admirateur qui l'avait visitée. D'après < témoin oculaire, c'était une cité forte de ses magniBqui remparts, heureuse de l'aisance et du courage de s*
(a) D. RiTct. Hitt. liltér. de la France, UI, 428. — Cf. MabiUon, An» £^»«dtd., II, 681, 98i.
citoyens, agréablement partagée par la beauté de se environs et la fertilité de son territoire. Autour d'elle, le moissons abondent de façon à déAer les famines ; le vignobles y sont une source de richesse : elle est d'ailleur autant respectée au dehors que bien munie au dedans d " troupes nombreuses qui la défendent contre les attaque de ses ennemis. Mais à cette gloire, l'auteur en ajoute un autre non moins inestimable. Cette ville a eu le bonheu de produire et d'élever d'illustres saints dont la protectioi lui forme une défense plus sûre que ces avantages matériels et c'est à propos de saint Achard, dont il écrit la vie, qu le bénédictin de Jumiéges prodigue de si beaux éloges ; notre vieille capitale du Poitou.
Il est temps que nous parlions nous-mêmes de ce saint encore honoré dans notre pays (3). 11 était né à Poitier; même en 623. Son père se nommait Anscarius ; sa mère Ermence. Tous deux étaient d'une grande noblesse qu'il soutenaient par la pureté irréprochable de leur conduit^ chrétienne. Anschaire était d'ailleurs un des officiers d' Clotaire II, ce qui ne l'empêchait pas d'habiter Poitiers, oi il était aimé et honoré de tous. Ces bons parents confièren leur fils, à peine âgé de dix ans, à l'école monastique d( Saint-Hilaire, où un mattre habile nommé Ansfredus n'étai pas moins recommandable par sa science et piir son espri que par son éminente piété. » En vivant avec lui, di l'historien que nous suivons, on n'avait de pensée que poui la sagesse ; on imprégnait de justice toutes ses actions, i Achard resta jusqu'à seize ans sous cette sage discipline avançant dans ta science et dans la pratique du bien formant son cœur et son intelligence, que Dieu disposai secrètement, à l'avenir qu'il lui ménageait.
Cependant le père d'Achard voulait produire son fils : la cour et l'y établir. Mais pendant que le jeune homme sf conformait à des intentions si respectables, sa pieuse raèri priait ardemment qu'il ne se perdit pas dans les vanité! mondaines, et lui-même sentait dans son cœur que Diet
l'y avait pas appelé. Il s'ea ouvrit bientôt à ses parents, ji" conscience chrétienne seconda le parti qu'il avait pris tudier la volonté de Dieu dans le silence ; et, après moins deux ans passés à la cour sans aucun préjudice pour i innnocence, il alla se consacrer à Jésus-Christ dans )baye d'Ansion , c'est-à-dire de Saint-Jouin-de-Mames, it l'ancien nom commençait déjà à s'oublier. Les obscu- !s qui couvrent pour nous l'existence de ce monastère ette époque laissent ignorer sous quel abbé commença te vie nouvelle du fervent jeune homme. Toujours est-il it n'avait pas plus de dix-huit ans. De grandes incertiies n'existent pas moins sur le temps qu'il dut passer is cette solitude. Les auteurs se trompent assez généraient en ne l'y maintenant qu'un petit nombre d'années, .is comme on ne conteste ni l'époque de sa naissance ni le de sa mort (4), U faut bien reconnaître qu'il ne dut pas neurer à Ansion moins de dix ans. Il ne fallait pas moins, effet, pour se former à la vie austère des cénobites, qui s'acquérait pas en quelques mois ; car elle supposait 3 étude continuelle de soi-même, une grande expérience i saintes règles, et, de plus, pour songer à fonder une ivelle famille, une connaissance sérieuse et réfléchie du ur humain. C'est pourquoi nous ne lui verrons établir 3 vers 651 l'abbaye de Saint-Benoft-de-Quinçay, où valent jusque-là vécu, depuis saint Hilaire, que des itaires dispersés en des cellules d'où chacun ne sortait e pour les prières communes de l'Office divin. [1 est temps de revenir à saint Léger, que nous avons ssé pourvu par son oncle Didon de l'archidiaconat du icèse. Les souvenirs de sa vie nous le représentent [idant les cinq ou six ans qu'il garda cette charge, s'y onnant pleinement, faisant retentir très souvent la chaire istrée par tant de saints évêques des paroles éloquentes i charmaient les foules ("). Il paraît très évidemment q ic
t) rrsirt. Vie de saint Léger, t. ii.
tous les autres devoirs de Tadministration reposaient à peu prés sur lui seul, car nous ne voyons pas que Didon y apparaisse aucunement, plus occupé déjà, sanis doute, des affaires politiques et mondaines que de celles que Dieu lui avait confiées. Contraste malheureux avec les évoques de son temps que Thistoire vénère et que l'Eglise a couronnés en si grand nombre de Fauréole des saints, on ne le voit, pendant quarante-sept ans d'épiscopat, qu^autant qu'il le faut pour se déshonorer par des intrigues que nous relaterons à regret. De 636 à 643, son EgUse n'est dirigée que par le jeune parent qui est moins son élève que son modèle, et qui, sans rien négliger de ses difficiles obligations, se prépara dans ce laborieux intervalle au sacerdoce qu'il reçut sans doute aussitôt que l'âge canonique le lui permit. Son historien ne s'explique pas sur l'époque précise où cet honneur lui fut accordé : ce qui paraît sûr, c'est que très peu de temps après, et quand il avait à peine vingt-sept ans, la confiance de l'évêque semble lui avoir abandonné dans les affaires de son Eghse une part plus grande que jamais. C'est ce qui a fait croire à quelques-uns que l'archidiaconat plaça entre ses mains, en 643, le gouvernement complet du diocèse. C'est avoir mal compris tous ses précédents; et ce qu'en a écrit le moine de Ligugé, suivi par le cardinal Pidra, établit clairement que depuis sa première ordination, ce saint jeune homme, comme nous l'avons dit, s'était vu appliqué aux soins généraux de l'administration de son oncle (5).
Quoi qu'il en soit, l'Eelise de Poitiers avait alors le . son frère saint wa-
^ 7 D f ,n^ comte de Poilou.
double bonheur d'avoir deux saints pour la double direction des affaires ecclésiastiques et de l'administration temporelle. Nous avons déjà parlé de Warin ou Guérin, comte de Poitiers, de qui relevait, avec l'administration de la justice, le commandement des troupes et la levée des impôts. Les vertus et les hautes qualités de ce seigneur le rendaient cher aux populations de son gouvernement; celles de son frère inspiraient le même respect, que son caractère religieux
augmentait encore : c'était donc un double choix aussi heureux pour le peuple que pour Tévêque et le roi que ceux-ci avaient fait en faveur d'une des plus belles provinces de TAquitaine. Au reste, et par une singulière bonté du Ciel , les deux frères , ainsi placés pour le salut des âmes et la paix de tous, pouvaient rivaliser, à la grande édification des peuples , par des preuves égales de dévouement et de sainteté au service de leur Dieu et de leur roi. Heureux les rois, s'ils savaient toujours choisir de tels serviteurs !
Malheureusement ce choix n'est pas toujours facile, soit parce que trop de gens ont intérêt à tromper les rois, soit parce qu'eux-mêmes ne méritent pas toujours des sujets fidèles et incorruptibles.
Erehi!iMilî**Œ^^t Nous avons vu les deux maires des palais de Neustrie ce'S.^''*"'^'** et d'Austrasie, Pépin de Landen et Œga, mourir en 640, à
une courte distance l'un de l'autre, également dignes des regrets inspirés par leur intégrité et leur dévouement à la personne de leurs maîtres. Un des Qls du vertueux Pépin, Grimoald , convoita la place qu'avait occupée son père à la cour d'Austrasie et que celui-ci avait honorée par son zèle et son équité. Bien différent toutefois, Grimoald était ambitieux et pourvu de toute la duplicité qui, presque toujours, fait triompher les intrigues. Il nous en donnera bientôt de tristes preuves. Un antagoniste de si peu de valeur se présentait aux grands qui devaient l'élire : il s'en débarrasse en le faisant tuer , ert arrive ainsi à monter en 646 sur une sorte de trône qui dominait celui du roi. On trouve partout dans les actes du temps la preuve de ses continuelles aspirations à cette prépondérance, soit qu'il fortifie la ligue des seigneurs formée par son père pour soutenir les droits du trône et s'en emparer bientôt, soit que dans tous les actes publics, chartes et diplômes donnés par Sigebert en faveur de monastères ou d'autres fondations religieuses, il ose donner sa suscription à côté même de celle du roi, et
avant celle des évoques (a). En un mot, il eut soin de toi mener selon ses intérêts propres, et ne craignit pas ( faire endosser par le jeune roi des actes qui tournaie plus au profit de sa famille qu'à l'avantage du souveraii Le plus remarquable de ces faits naissait d'une politiq\ tortueuse qui a servi trop souvent celle des rois conti l'Eglise.
Sigebert est regardé d'un commun accord dans l'histoii comme remarquable par la sainteté de sa vie. Doué d'i bon cœur, par cela même aimant la paix et la justice, pieii dans sa conduite, honorant les évêques, généreux à fondi des monastères, soigneux de les pourvoir de saints abbé comme de ne donner, les évêchés qu'à des sujets recon mandables, quelle apparence trouverions-nous à ce qu eût de lui-même cherché querelle à l'épiscopat sur l'une c ses plus incontestables prérogatives? Ce serait pourtant < qu'il aurait fait s'il fallait n'attribuer qu'à lui certain diplôir sur la teneur duquel l'histoire doit s'expliquer.
Saint Vulfolède, métropolitain de Bourges, avait indiqi un concile de sa province, qui faisait partie du royauir d'Austrasie. On y devait agiter la question importante dt monothélites, qui dogmatisaient depuis quelque temps dar la Gaule. Le saint évêque n'avait pas cru devoir demand( l'agrément du roi, ce qui prouve bien que cet agrémei n'était pas regardé comme aussi nécessaire que les gatlicar l'ont voulu prétendre, ou que dès ce temps il y avait dt évêques assez courageux pour le nier (7). Mais il est certai aussi que maintes fois, et presque généralement, cet agr( ment avait été demandé et toujours obtenu, sans doui par suite d'une politique venue beaucoup moins des roi eux-mêmes que des maires qui se substituaient à eui Cette fois pourtant, le roi opposa une volonté contraire l'indiction du concile de Bourges. Il écrivit même à tou les prélats qu'on y avait invités pour leur manifester so
(a) Aimoin, de Gett. Franc.. Ub. IV, c, xxxviii. — Script, rer. Franc IV, 634.
sition. De ces lettres, qui durent être identiques, on a ervé celle adressée à saint Didier, évoque de Cahors,
l'on en étudie le style et les termes, on voit clairement
le souverain y parle moins d'après lui-même que 'es le tuteur ambitieux qu'on lui avait donné. Il invoque, îet, l'avis des grands de son royaume', qu'il a consultés, , pour cette décision (8). Or, ces grands étaient tous
la dépendance du maire, dont les volontés inspiraient smplaçaient celles du roi, et s'exprimaient dans tous décrets. Il importait surtout dans cette circonstance les évêques restassent assujettis à une coutume antitienne, et personne n'y était plus intéressé que Griraoald,
les menées secrètes préparaient par là le triomphe de plans criminels. En effet, si les évêques avaient pu jembler librement, il les eût trouvés contraires à ses îprises. Il valait mieux, à son point de vue, les laisser
eux ; et, dans le cas où ils auraient pensé à se réunir imoins, leur opposer l'usage établi de ne le faire qu'avec lentiment du roi, et cet assentiment était toujours celui ninistre. Si l'on cherche bien l'origine et le principe de sortes d'oppositions contre l'Eglise, trop fréquentes î l'histoire des monarchies chrétiennes, on découvrira surs, en regardant de près, qu'elles étaient bien plus le de quelques courtisans intéressés que celui des princes mêmes, qu'ils surent très souvent égarer à leur profit u véritable détriment de l'Etat. Ce n'étaient là que des udes à la prétendue Pragmatique-Sanction de saint is, et aux déplorables agissements de Philippe le Bel Nogaret, et de tous les parlementaires, en faveur des 'tés de l'Eghse gallicane (at.
3nc le Concile indiqué à Cahors pour le 1*' septembre 647, i peu près, ne se tint pas, et cet acte ministériel fut ,-être la première des mesures pratiquées par Griraoald r réaliser ses projets.
I D, Bouquel, Script, rer. Galt., Il, 17,
Sigebert, quoique cédant par inexpérience à la poiii de ses ministres, ne s'en montrait pas moins dévou bien de l'Eglise. Il aimait à seconder les ouvriers é géliques dont sa piété éclairée appréciait la sainte et mission. Nous avons vu notre saint Amand, rappe la cour par Dagobert, qui l'en avait chassé dans un a de colère injuste, aller semer la parole de Dieu < la Gascogne et la Navarre. Après son retour à Trêves résidait Dagobert, il ne tarda pas à se porter vers habitants du pays de Gand (9), idolâtres en grande p comme ceux de toute la portion Nord-Est des Gaules, affronts, les injures, les attaques môme à sa vie ne pi le détourner de ses soins charitables; enfin, ses min secondèrent si bien son ardeur sacerdotale, que bientô peuples y furent baptisés en foule. Cette conversioi contrées jusque-là si rebelles à la foi lui facilita les mo d'un autre genre de prédication qui multipliait les misi naires en chaque pays en y semant par l'exemple toute vertus qui sanctifient les âmes. Nivelle (10), Marchiennes et d'autres monastères devenus célèbres, et d'où part pour les contrées à demi-sauvages la vie spirituelle et existence florissante, lui durent leur établissement et des écoles qui s'y adjoignaient toujours. C'est donc qu'on doit attribuer pour le Brabant (12) et les Pays-Ba le bonheur d'avoir eu pour modèles et pour protectrice abbayes de Saint-Jonas de Marchiennes, de Sainte-Gerl de Nivelle, de Saint-Bavon de Gand, et une foule d'à dont les prédications du saint évêque firent éclor vocation et assurèrent le salut. Cette action incessani ce cœur sacerdotal n'échappait à personne, et lui ass l'estime et la confiance des grands et des petits. Sige qu'il avait baptisé, l'aimait beaucoup. 11 second juste dessein des évêques de son royaume en exi( de l'affection du saint évêque qu'il s'attachât au sièg Maëstricht (14). Le saint ne l'accepta que par condes dance; son humilité s'accomodait peu de cet lioni
:j82 histoire générale du pc
Néanmoins, d^autant plus digne recherché, il travailla en bon pa:
encore peu préparée ; il la parcourut partout, et cependant ne trouvant qu ces indomptables esprits étaient < civilisation chrétienne. Ces efforts pendant lesquels il n'éprouva que ( montables. Ce troupeau, qui était entier, était d'autant plus difficile à c eu jusque-là, malgré la sainteté de prêtres dont la conduite et les sentin plus de mal à son Eglise qu'il n'y Quand trois ans furent passés en inu conversion de ces mauvais serviteu lations qui suivaient moins ses con que ceux des méchants, il reprit, av saint Martin 1", son ancienne vocati Rome, où le Souverain-Pontife, aj soa désir de se consacrer à l'évangé associa plusieurs missionnaires. Il visiter les monastères qu'il avait I beaucoup d'autres, parmi lesquels celui de Saint-Amand, qui donna ville ainsi nommée au diocèse c premiers, ii choisit celui d'Elnon Tournai, pour sa dernière résidec mourir quand ses forces ne suffira Cependant près de trente ans se pass de ces travaux. Plein de mérites et d' qu'octogénaire en 679, dans ce mon ne sortait plus depuis quatre ans et sorte de prédilection, peu^être parce œuvres de sa jeunesse. Nous antici détails afin de terminer ici ce qui re Son nom resta vénéré dans le pays ministère.
Nous ne savons comment le culte de saint Amand nous est venu dans notre pays , où nous ne le trouvons honoré aujourd'hui que dans une seule église portant son nom en un village du bas Poitou que côtoie la Sévre-Nantaise (17). On y célèbre la fête du saint le 4 novembre, ce qui suppose une translation de ses reliques à une époque inconnue (18).
Nous avons vu saint Emmeran travailler avec saint Léger, EmmlrM en*^Bav"!îî à Poitiers même, au salut des âmes de la grande ville, chrétienne depuis longtemps, et marchant toujours dans la fidélité aux prédications de ses pasteurs. Pendant qu'il se livrait à ce soin, que Jésus-Christ bénissait, d'autres préoccupations saisissaient l'esprit et le cœur du saint évêque. Semblable à beaucoup de ceux qu'honorait le même caractère, il ne pensait pas sans tristesse à tant d'âmés qui continuaient de se perdre dans le paganisme, manquant d'ouvriers évangéliques , et dont les anges gardiens appelaient au loin des apôtres qui vinssent les délivrer. C'est surtout vers le Nord des Gaules que se portaient les pieuses aspirations de ces hommes de Dieu. Les difficultés qu'avait trouvées saint Amand étaient les mêmes combattues par bien d'autres avec plus ou moins de succès en ce même temps. Plusieurs y avaient fondé des sièges épiscopaux, comme saint Omer à Thérouanne (19) en 641 ; d'autres s'y étaient- parés de la palme du martyre comme saint Livin, venu de la Norwège (20) en 946. Cette gloire était ambitionnée surtout par Emmeran, quand il se décida en 649 à visiter les mêmes contrées. C'était à la suite d'une conversation avec quelques clercs du pays sur la barbarie qui régnait encore chez les populations guerrières et presque sauvages des bords du Danube. Aussi bien il avait fait ses preuves dans le Poitou ; il ne l'abandonnait pas sans pasteurs , et il espérait que le laissant à des mains exercées comme celles de saint Léger, et à un clergé formé et guidé par elles, la protection de Dieu le suivrait dans cette entreprise aussi courageuse que difficile. Il n'eut donc pas besoin de donner sa démission, comme l'ont dit et répété des copistes sans
autorité. Nous avons vu par Te:
qu'une telle démission ne se donnî du Souverain-Pontife, et nulle trac saint ne laisse croire qu'il en ait é Au reste, il ne se dissimulait pas tion vers ces contrées malheureuseï les Abares, c'est-à-dire le territoii Pologne actuelle, pourrait bien n pense de son zèle que des perse mort violente. Mais ces glorieux dehors de son plan : l'éloignemei possibles ne firent que rendre pi conquêtes qu'il enviait.
Il sq mit donc en route, prena à qui leurs travaux et leur sainte les honneurs d'un culte public, l'autre Vitahs : celui-ci devait lui :
Nos pieux voyageurs ne restérenl pour se rendre à leur but, les cité France et de la Germanie. Ils se chemin la parole de Dieu, et arrii en Bavière (21).
* Cette contrée appartenait au r* avait donc un duc ou gouverneu Sigebert. Ce duc était Théodor religion, et qui goûta beaucoup Ii hôte. Depuis sqixante-dix ans que christianisme des mains de saint ] païens y persévéraient encore et doctrines de la foi (a). Le zélé per:
à garder avec lui les pieux mi singulièrement affermi dans ce des quelques jours de prédication, < bénissait, et combien de converst
{a) OianaiD, De la dtiltMtùm chez Ut Ga
lui. C'est que, en effet, Thumble patience, la douce persévérante d'un cœur . simple et se confiant dans grâce du Saint-Esprit, n'entrent pas pour peu dans 1 succès du ministère évangélique.
Théodon exhorta donc les trois apôtres à s'occuper son peuple, chez qui les prêtres étaient d'ailleurs enco très rares , et leur représenta , pour les mieux convaincr de quels obstacles s'entourait leur peissage chez les Hur ses plus proches voisins, avec lesquels il était préciséme en guerre. De si sérieuses considérations, jointes au bi qu'il voyait s'opérer, persuadèrent enfin à Emmeran poursuivre cette régénération si bien commencée , et consentit à s'y livrer tout entier en attendant qu'il lui i possible d'aller plus loin.
La Bavière n'avait encore que trois évêchés, et Ralisbon n'était point le siège de l'un d^eux (32). Le digne pasteui exerça sa charité comme dans sa propre Eglise. Demeu seul, car il s'était privé de ses deux compagnons en fave des diocèses voisins, il renouvela, sur ce territoire deve le sien, les bonnes œuvres et le dévouement dont il av donné tant de preuves Aans celui de Poitiers. Il instruisi autant qu'U était possible, chaque personne en particulii et,, ne gardant que le nécessaire de ce qu'on lui donnait, distribuait le reste aux pauvres w.
Trois ans se passèrent ainsi, pendant lesquels il se don tout entier à cette région à demi -sauvage, se fatigi jusqu'à l'excès , pénétrant partout , compatissant à tous maux, supportant toutes les faiblesses, quelquefois même insolences de ces nations grossières, et fécondant l'acti de son apostolat par autant de fermeté et de courage q de condescendance et de douceur. C'était saint Paul faisant tout à tous, et montrant en sa personne comment évêque doit être en tout irréprochable, et digne de l'appi bation du Seigneur.
(a) 4p- Suriam, 2â sept. — LecoiDte, aim. 649, n" 26.
386 HISTOIRE GÉNÉEIALE DU POl
Mais au milieu de ces laborieuses oc sans relâche, le saint, qui avait tant travame pour ibs auires, sentit le besoin de songer enfin sans distractions aux propres affaires de son àme. C^est la pensée qui ne manque jamais aux pasteurs des peuples qui tiennent à leur propre sanctification, de se tenir prêts à rendre de leur pèlerinage terrestre le compte qui peut leur être demandé chaque jour. S'en étant donc expliqué avec Théodon, le prince, quoique bien à regret, ne put refuser d^y condescendre, et d'un commun accord il fut résolu que le digne missionnaire irait porter au tombeau des Saints- Apôtres, dans la ville Eternelle, ses prières pour la Bavière et pour la France. C'était là aussi qu'il espérait mourir sans doute. Mais il entrait dans les desseins de Dieu qu'il n'allât pas si loin chercher le terme de son exil et h couronne de ses vertus. MortauttediNiit C'était vôrs le milieu de septembre 652. Le bon prélal quitta Ratisbonne accompagné d'un petit nombre d'ecclésiastiques. Chaque jour il s'arrêtait à certaines heures, poui réciter dans les églises qui se trouvaient sur son passagi les heures canoniales. Le troisième jour, lorsqu'ils ôtaien parvenus sur le territoire qui forma en 718 le diocèse df Frisingue, il apprit que dans une maison du villagi d'Helftendorf où il passait, se trouvaient quelques reliques df saints. Sa dévotion le porte à s'y arrêter, et comme c'étai vers neuf heures du matin, il se mit en devoir d'y psal modier les prières de tierce, avec quelques fidèles qu s'étaient joints à, lui et à ses compagnons. Tout à cou] des soldats furieux envahissent la paisible demeure, ei dispersent les habitants et s'emparent du prélat. Ils étmen guidés par Lantbert, fils puinô de Théodon. Ce jeuni prince, non moins animé que sa troupe, se précipite sur lu en proférant des paroles de colère, l'insulte avec ironir lui reproche d'avoir déshonoré sa sœur Uta, dont la bon' est devenue publique depuis son départ, et ne peut êti imputée qu'à lui d'après les aveux formels de cette malhei
reuse princesse. Et en effet, la jeune fille, perdue pj Sigebald, fils du principal magistrat de la ville, et craigna pour lui l'animadversion de son père, avait profité i l'absence du saint, qui ne pouvait plus se défendre, pour noircir de la plus infâme calomnie (23). Trop prompt à croire, éperdu à la pensée du déshonneur de sa famill le frère de la coupable n'avait alors écouté que son resse timent, s'était jeté sur les traces du saint que toute sa ^ aurait dû suffisamment défendre, et voulait venger sur I l'affront dont il le croyait l'auteur. En vain Emmer; protesta de son innocence, invoqua ses antécédents, voulut faire comprendre enfin qu'en admettant le fait, demandait à être jugé par le Pape, vers lequel il allait, que le droit rendait juge naturel de sa cause à l'exclusi' de tout autre. Lantbert n'écouta rien et ordonna à s satellites de saisir l'évêque. Cinq soldats désignés enl autres obéirent, et, s'emparant de lui, le traînent dans u grange voisine, l'attachent par les quatre membres à u échelle après l'avoir dépouillé de ses vêtements, et, sur Tord de leur maître, dont la fureur n'avait plus de bornes, ils livrèrent sur lui aux plus incroyables indignités.
Après lui avoir tranché les jointures des doigts a pieds et aux mains, deux des bourreaux eurent horreur ces cruautés et s'enfuirent. Les trois autres eurent l'horril courage de s'acharner encore sur l'innocente "victime, coupèrentles oreilles, les lèvres et le nez, ajoutèrent d'auti mutilations à ces barbaries, et finirent par lui arracher yeux. Au milieu de ces longues souffrances, le martyr ne plaignait pas. Résigné dans une admirable patience •. cette croix où ses forces s'affaiblissant lui annonçaient i mort inévitable et prochaine, il ne cessait de réciter < psaumes et de prier pour ses persécuteurs. Ceux-ci n furent pas touchés, tant l'homme qui s'abandonne au cri s'y perd et s'y aveugle ! Et comme s'ils eussent st redoubler leur emportement devant cette douceur généreu ils voulurent encore lui ravir cette consolation et
pèrent la langue. Après quoi, ils <3 } et de ses jambes les restes tronqu îes mains, et se retirèrent quand il i 5 son sang.
3S clercs et les gens de sa maison q ent écartés, revinrent en voyant .eillirent les précieux morceaux de set is enterrèrent sous un buisson d'aub< oulut le porter dans une litière au bo latre lieues de là, mais il expira avai e à une lieue du théâtre de son s lécembre. Enterré alors dans l'égl ïtait sous le vocable de saint Pierre, sféré par les soins de Théodon dai 'ges de Ratisbonne, où de pompeu it faites.
eu avait à venger Tinnocence de s er sa réputation contre les calomn e victime. Il permit que beaucoup de : tater que le saint martyr n^avait jàrai xt la raison du culte qu'on lui rendit 1, si bien qu'une église fut bâtie bl même de json supplice ; une autr lière sépulture ; enfin , l'église de ibonne prit son nom et vit s'élever aui lonastère dont les religieux furent < ion tombeau. Ce monastère devint- e lier évêque de cette ville.
leur côté les meurtriers ne tardérei ffets de la colère divine. Sept jours d'entre eux, possédés du démon, se
où ils coururent sans pouvoir s's > y fussent frappés de mort viole:
ignages si éclatants, le duc Théodon
la perte d'un ami dont il avait te été et apprécié les services, punit c
assassins qui survivaient encore à leur victime, et il ba de ses Etats son indigne fils, qui, s'étant réfugié chez Huns, y mourut misérablement avec toute sa famille W.
La seule place que saint Emmeran ait occupée c notre diocèse, est celle qu'on lui a donnée à tort parmi évêques titulaires de ce siège. Mais ce titre même, si en qu'il fût, ne semble-t-il pas réclamer autre chose qû simple mention dans nos dypUques, et n'a-t-il pas un o double au 25 septembre dans le Propre diocésain? (25) K n'avons ni église, ni chapelle, ni même un simple aute! chapellenie consacré à sa mémoire. C'est un oubli qu'il s blerait facile de réparer, et qui est souverainement regretta
Pendant que ces choses se passaient au loin, un a Poitevin s'appliquait aussi, dans un couvent du diocës« Meaux, aux habitudes de la vie cénobitique. Nous a\ laissé saint Filibert sous la direction de saint AgUus, l'avait reçu à Rebais en 636. Sous un tel maître, il manqua pas d'avancer dans la pratique de la règle, d l'étude des saintes lettres, et surtout dans Tardent d de vaincre ses passions et sa nature, contre lesque quiconque veut devenir parfait rencontre toujours occasions fréquentes de combattre et de triompher. Il m quatorze ans cette vie pleine d'édification et de renoncem De sorte qu'Agilus étant mort en 650, les religieux n'eu: qu'une voix pour l'élire à sa place. Dans cette charg» s'appliqua avec non moins de prudence que de zël maintenir dans les uns, à renouveler dans les autres l'es qui fait les saints. Extirper les vices des commençai touchés de la grâce après une vie de licence et de diss tion, mïùntenir la discipline, pratiquer la charité pour frères du dedans et pour les pauvres du dehors, telle sa tâche, à laquelle il joignit, avec un infatigable dévoi;em les soins de l'hospitalité envers les étrangers. Car c'( encore lÀ un des plus touchants caractères qui distinguai
(a) BtriUnd., t. VI, de leptfflnbn, p. 46S, n» 75.
es temps de formation sociale, les communautés ies dans le monde chrétien. Alors, il n^y avait pas «rges publiques; c'était dans les monastères ou les aux que grands et petits venaient solliciter la dtnôe ou ucher après une journée de voyage pénible à travers ichers ou les ravins des forêts immenses qui couvraient rs du sol de la Gaule M.
i laborieuses sollicitudes qui le rendirent cher i ses i ne purent vaincre cependant Tesprit d'opposition que ousie et l'orgueil suscitèrent en quelques-uns d'entre Si l'on se fait une juste idée de ce que devaient être en grande partie ces natures indomptées, que lanl lotifs jetaient dans les monastères, on s'expliquera nent tant de défauts saillants pouvaient y devenir, pour [ues sujets, un contraste affligeant avec les vertus de d'autres. C'est que, en ces temps si troublés, quand lomme inconnu venait frapper à la porte toujours rte d'une abbaye, on ne s'informait pas de son passé, î recevait tout d'abord comme un do ceux qu'un bon ' seul pouvait porter à faire partie de la grande famille, it parfois un païen converti récemment, un grand qui achait au monde, où de graves incidents auraenl )romis sa vie ; d'autres fois , ce pouvaient être des s de ce monde, dégoûtés de ses folies, victimes de ses !3 peut-être, et venant chercher sous les profonds abris . pieuse solitude la rénovation de son âme et une sainte aration à la mort. Pour qui que ce fût il n'y avait de ;. Chacun était admis, soumis à la même règle, et itôt obligé d'embrasser la vie commune, les pénitences ires, la frugalité avec ia privation de tout ce qui élaii le, et enfin le traVail incessant qui fait si bien l'homme tuel. C*est cet ensemble, relativement difficile au plos d nombre, qui formait une véritable déception poir coup de ceux qui, venus sans aucun doute par in
Cf. Alfred Uaury, Hitiûire det graadet forit* de lu Gaule, iaS-, p. Ii ''
HISTOIRE GÉNf^-RALE DU POITOD (653) 391
motif de foi, trouvaient cependant ce joug moins léger qu'il ne l'avaient cru. L'indulgence des saints pour les résistance ou les infidélités de ces natures étonnées ne les corrigea: pas toujours. On les voyait céder aux murmures, à de mécontentements ouverts, et s'oublier jusqu'à des rébellion contre les supérieurs. Saint Benoît, saint Colomban, £ quelques autres des plus célèbres fondateurs, l'avaien éprouvé. Il était réservé à saint Filibert de l'expérimente comme eux. Quelques faux frères, mécontents de s. fermeté, et depuis longtemps indociles à ses avis, résoluren de l'expulser du monastère. Cette fermeté du saint était d' celles qui veulent fortement le bien , mais préfèrent cède aux orages qui ne menacent qu'eux et abandonnent volon tiers leur propre cause. Il se sentit donc incapable d'um telle lutte, et, se démettant de son abbatiat, il profita bientô de sa liberté pour suivre l'esprit de Dieu qu'il sentai l'appeler ailleurs. La suite montra bien qu'il agissait ains moins par ses propres idées que par une vocation réelle La règle de saint Colomban, venu (l'Irlande au pied de: Vosges pour y fonder, en 590, le monastère de Luxeuil attirait partout son attention comme étant un des plu: excellents codes de la vie parfaite. Persuadé qu'il y troU' verait un élément de succès, il voulut l'étudier dans sj pratique, et se mit à visiter dans ce but les couvents fondé: par le saint Irlandais en France et en Italie. Il s'arrétt surtout à Luxeuil et à Bobbio (26)- En même temps i comparait la règle suivie dans ces maisons à celles dt saint Basile, de saint Macaire et de saint Benoit; et ains s'instruisant à fond des lois de la vie religieuse, nous l( verrons bientôt appliquer cet intelligent éclectisme à unt grande institution qui aura sa célébrité parmi celles du monde catholique.
Cependant saint Aehard, que nous avons vu embrasser la profession monastique à Ansion ou Saint-Jouin-de-Marnes, commençait, après un séjour de plus de dix ans dans Is solitude qu'il s'y était faite, à comprendre que cette existence
HISTOIRE GÉNÉRALE DU POITOlI (<
it pas celle qui pouvait le rendre plus u )ieu : lui aussi, sans doute, rêvait d'un action religieuse, et le ciel semblait insj [•s, car, au rapport de ses biographes (a), i inconnue qui retentissait à ses oreilles for me celle d'un ange, et lui parlait frôquemi xi des aspirations à quelque œuvre qu'il bien et pour laquelle Dieu semblait avoir ïtte pensée qui le poursuivait rengage ■À les établissements religieux qui se a:
côtés, et tout d^abord il se dirigea veri ints y habitaient encore et le revirent avt
î de leur demeure, non loin de la vL..„,
Durs, mais ruinées en plus grand nombre, et ne donnant
asile qu'à un petit groupe de solitaires, les quelques mes et les grottes presque oubliées de l'ancienne agréon formée, sous les auspices de saint Hilaire, parles s de saint Benoît de Samarie. N'était-ce pas là une des Tes que son zèle avait devinées, et pour lesquelles. 3 le savoir alors, Dieu l'avait éloigné de son abbaye dt ais? Une telle conception dut lui paraître, en effet iridentielle quand ses pieux parents lui offrirent des terres sidérables de leur patrimoine pour faciliter son entreprise « laure, où nous avons vu saint Vivence former uni ille de cénobites , ne nous a laissé aucun souvenii ict de son existence ultérieure, non plus que de se ssitudes. Peut-être était-elle devenue, dès les iv* e ;iècles, un monastère véritable où, comme à Ansion oi ouaillé, des bâtiments communs et plus considérable! ient remplacé les premières huttes de branchages et lei IX des rochers où les solitaires passaient leur vie. Mail invasions du pays par les hordes étrangères, le séjoui Wisigoths , et surtout les premiers assauts donnés a s par ces sauvages conquérants , avaient dû effacer à
) y. Baillet et les autres.
sol ces lieux vénérables, et n'y laisser depuis longte que des décombres désolés. C'est à ce. spectacle, qu cœur d'Achard se sentit ému, désireux de mettre à p ses idées sur la perfection monastique, possesseur des b que venait de lut abandonner sa famille, il se mit à l'œu Nous verrons comment Dieu l'amena au temps marqué sa Providence à prendre une part active dans l'œuvre q autre saint devait achever avec lui (27).
Arrêtons-nous ici et rentrons dans les événements l'histoire profane qui deviennent intéressants pour n pays.
En 651, une famine, dont nous avons vu les premi atteintes dans la Neustrie quelques années auparav gagna le reste des Gaules et devint universelle. Ce f revenait souvent dans un pays dont la population augmei toujours et où le grand nombre de forêts couvrait un qu'on ne pouvait livrer que lentement à l'agriculture. C encore là une grave raison aux rois et aux seigneur multiplier les fondations religieuses. Les moines étf autant de colons dont le blé payait les labeurs, et dom récoltes, en ne laissant à l'abbaye que le juste nécessf devenaient autant de ressources distribuées aux pauv qui, naturellement en pareil cas, invoquaient la chanté couvents et s'y portaient en grandes foules (a). En Neus Clovis, de l'avis de saint Landry, évêque de Paris, i employé les luxueuses richesses, prodiguées à l'abbay Saint-Denis par son père Dagobert, à fournir aux peu affamés des moyens de se nourrir. Eu . Austrasie e< Poitou, par conséquent, Sigebert II se montra plein de c et de zèle, et fut secondé par les nombreuses communa qui lui devaient d'y fleurir. Comme toujours, on manqu' renseignements sur la durée de ce fléau. Ce qu'on positivement, c'est la part que prirent dans notre provi à le combattre par la charité, toutes ces maisons de p
(a) Cf. Aimoin, lib. IV, c. xli. — D. Bouquet, Hitt. Gall. tcript., IH, — GMa Dagob. Ibid., Il, 59i.
de -Mimes.
bienfaiteurs, à qui aucune charge publique ne restait étrangère, et qui, à défaut 'de lois onéreuses que notre époque de prétendus progrés politiques a dû édicter pour se passer d^elles, s^imposaient à elles-mêmes le soin des malheureux et le bonheur de les soulager en tout. bi£^dc"^îiii3idîî En ce temps-là, on gardait à Saint- Jouin-de-Mames la
touchante habitude qu^y avait introduite le saint fondateur, de confectionner des instruments de labourage distribués ensuite aux paysans qui en venaient réclamer. On nourrissait aussi des troupeaux de bœufs, de moutons et de porcs pour servir au travail et à la nourriture des campagnards, surtout dans les occasions malheureuses où ce secours devenait aussi opportun qu'indispensable. Outre ces ressources, là, comme dans tous les autres monastères, comme à Saint-Maixent et à Nouaillé, on donnait chaque semaine des vivres à un certain nombre de pauvres; la viande, les légumes, le vin, les vêtements, rien ne manquait à ceux qui, sans cette source inépuisable eussent manqué de tout. Chaque monastère était pourvu, soit dans ses bâtiments intérieurs, soit au dehors, d'une hôtellerie et d'un hôpital où étaient accueillis les étrangers et les malades. Un religieux veillait, dés leur arrivée, au bien-être des hôtes; un autre prenait soin de leurs chevaux. Dans la campagne, les pauvres malades, si éloignés qu'ils fussent du couvent, étaient visités par quelques-uns des moines qui les consolaient, entretenaient dans leur cœur les pensées de la foi, leur apportaient des remèdes et des aliments plus convenables. On. ne se lasse pas d'admirer cette tendresse pour les pauvres qui, dans ces hommes dénigrés aujourd'hui et calomniés si indignement, se révélait par des soins paternels et des inventions que la charité de Jésus- Christ pouvait seule inspirer. A hre cette partie des saintes règles qui regardait les pauvres, mais surtout à la voi pratiquer, on aurait dit qu'on cherchait jusqu'à de prétextes de faire l'aumône. On ne se contentait pas de distributions de chaque semaine et de chaque jour; *
chaque anniversaire des bienfaiteurs défunts, et le jour des morts, on fournissait de pain et de vin douze pauvres. Aux jours gras, les joies de la famille monastique se traduisaient pour un nombre de mendiants qui allait quelquefois jusqu'à cinq et six mille : en donnant du pain à tous, on leur partageait cinquante jambons. Quand un religieux était mort, sa portion journalière de chaque repas continuait à être servie à sa place pendant un mois, et les pauvres en profitaient, et cela s^observait même dans les prieurés qui «
dépendaient de Tabbaye. Cette même coutume était maintenue pendant l'année entière qui suivait la mort de l'abbé. Elle s'est même conservée jusqu'à nos jours dans les monastères de la Trappe, ceux qui ont le mieux gardé dans toute son austérité le primitif esprit de la vie religieuse : c'est que personne ici-bas n'est riche comme le pauvre de Jésus-Christ (a).
Ces saintes habitudes qui avaient été inspirées aux soli- yJSSt^î!!^ i^C taires dès la première apparition de la vie ascétique, étaient ***"•"'• devenue d'une obligation étroite à toutes celles qui s'étaient succédé dans toutes les régions, et dès ce temps, une de nos plus célèbres abbayes suivait ces traces bénies non loin de la capitale du Poitou. Saint-Maixent avait dû acquérir depuis son installation aux bords de la Sèvre une grande importance que ses archives perdues laissent supposer beaucoup moins que son état de prospérité vers le temps dont nous parlons. Il fallait bien que cette abbaye fût riche et considérée, pour qu'un grand seigneur comme Didon se chargeât de la gouverner, selon une tradition que nous acceptons sans d'autres preuves, mais qui a pour elle de graves conjectures. Le silence de l'histoire sur ce premier dignitaire de l'abbaye, s'étendant même sur ceux qui durent le précéder, laisse croire que Didon s'étaitréservé la dignité abbatiale tout en occupant le siège de
(a) Ancien cartulaire de NouaîU*^ dans Tbibaadeau, Abrégé de l'Histoire du Poitou, 1. 1, p. 170 et sniv., i" édition. — Chroniq, S, Uaixent,, V. 0. Fon* teneau, t. XV et XVI.
Ts. Tout fait supposer aussi que si son iatention étiùt ir pour successeur, comme évêque, le jeune neveu aimait tant, ce n'était pas sans l'avoir destiné d'abord I abbatiat. Il paraîtrait donc que Bidon se sermt démis jtte charge en 653, et que l'archidiacre en fut revêtu tôt. Il avait alors trente-cinq ans. Pour bien gérer place, très importante dans un monastère si considé- , il fallait être honoré du sacerdoce que les rapports nuels avec la communauté rendaient indispensables, r le reçut des mains de son oncle, et dut par consét se désister de l'archidiaconat dont les fonctions ouvaient utilement se cumuler avec ses nouveaux { irs {"). Il garda six ans le gouvernement de l'abbaye, | îinistra avec cette sagesse d'En-Haut que les saints ident comme un parfum sur toutes leurs œuvres, de ; sorte que le temporel s'en augmenta en même temps j la régularité spirituelle. Il se montra surtout le père i nun dans cette grande calamité de la famine qui 3,1a le commencement de son administration et mérita tfint plus l'admiration du ■ monde avec l'amour des Tes et Taifectueuse obéissance de ses frères. )us croyons avec le savant historien de l'illustre abbé c'est sous le gouvernement de Léger et par lui-même la règle de swnt Benoît fut introduite à Sainf-Maixent, jusque-là, s'était gouvernée d'après celle qu'avait établie ord pour les solitaires de Voulon le saint fondateur pit (»). Toutefois le changement de local et la réputation se fit, dès la fin du siècle précédent, la règle de saint tmban, avaient pu apporter certaines modifications aux irvances suivies depuis plus de cent cinquante ans. 3 ce n'était pas encore le code si parfait qui commençait re plus connu avec le nom du grand génie du Montsin. Ce fut à l'occasion de la translation des reliques d
Cf, Dom Pitra, But. de tairU Léger, p. i V. à-dessns, ad nnn. 507.
saint Benoit à Fleury-sur-Loire , que saint Léger, témoin avec tïint d'autres évêques et abbés, des prodiges de toi genre qui signalèrent cette marche triomphale, comprit c qu'il y avait de ressources pour la conduite des monastère dans ces lois simples et puissantes qui fortifiaient la dise pline en soumettant l'abbé lui-même à l'accompHssemei de leurs austères leçons.
Afin de se faire une juste idée de la vie que notre saii dut mener dans cette nouvelle phase de sa vocation, et poi mieux apprécier dans l'avenir celle des moines qui prosqu tous et partout furent bientôt soumis à la règle bénédictim ii convient d'en faire connaître les principaux éléments pï une analyse succincte dont nous emprunterons les traits l'un de ses plus émioents interprètes.
■ Et d'abord le monastère doit être regardé comme u royaume qui doit se sufBre à lui-même, tout s'y faisant pt tous au moyen du travail des mains qu'on ne sépare jama des saintes occupations de la prière, de la charité et de rétud< Douze moines au moins doivent en constituer le personne Mais ce nombre par lequel on compose d'abord les prieuré; se multiplie à l'infini dans les abbayes, et alors les charg( y sont établies en proportion. Après l'Abbé, qui seul reçc le nom de Père, parce qu'il doit en avoir le cœur avec li fonctions , vient le Prévôt ou Prieur, qui le remplace i besoin ; puis les doyens ou décurions sont pris dans chaqi dizaine parmi les plus exemplaires et les plus fervents. I sont chargés de surveiller dix moines à la fois pendant lei travail. L'abbé devait être élu par la communauté, s'appliquer surtout au gouvernement des âmes, ne rii faire sans le conseil des dignitaires nommés plus hai Le cellérier était chargé du temporel; l'infirmier, d malades; l'hospitalier, des hôtes venant du dehors pass gèrement; le portier recevait au seuil de la maison 1 pauvres qu'on y entretenait et les étrangers que divers mot: pouvaient amener. Si quelqu'un se présentait avec le dés de partager cette vie d'obéissance complète et de pauvrt
allant jusqu'au mépris des plus petit d'abord des difficultés, et on ne l'a un an de noviciat, pendant lequel c sortes assuraient qu'on pouvait cor solide. La profession se faisait alors avoir donné tout son bien aux pau puis l'acte de profession en était i quoi le profés s'était revêtu de l'habit le sien pour le lui rendre si, par n il pouvait être exclu pour des fai avec réitération, et après avoir été a Les manquements contre la règle ir publique. Après deux avertissemen jusqu'à une excommunication temp capables d'en comprendre l'import; nicalion était une séparation de la < la prière et l'Office, soit pour la tabl Pour les délinquants d'une nature p sière, il y avait des punitions corpo et les verges. On chassait ceux comme incorrigibles ; mais s'ils :
repentir, on les admettait encore ju:
épuiser la charité pour ces bBebis d'Israël. Au reste, l'abbé devait prei des excommuniés, les entretenir, quelquefois leur punition, les garde ment. On voit avec quelle sagesse étaient traités : aussi les hommes règle où tout respirait la prudenct l'esprit de Bieu, devenaient de véi différents de ceux des autres coi avons parlé comme ayant parmi parfois indomptables. Ces différence certaines intelligences d'élite à se fa qu'elles trouvaient de mieux dans tou et, d'autre part, on vit en peu de
nombre des monastères embrasser celle de saint comme le plus excellent type de la vie intérieure (ai
Déjà à Poitiers ce dernier parti était embrassé célèbre monastère de sainte Radégonde, où la nouve entra vers le milieu du vu* siècle. On ignore sou: abbesse eut lieu ce changement important, les d; s'étant perdus depuis 650 jusque vers 814. La règle Césaire, suivie pendant les cent premières ani l'abbaye, avait donné aux religieuses un vêtemem elles le changèrent pour la robe et le voile noirs portent encore, quand elles adoptèrent la règle faénéd A Saint-Cyprien , on s'empressa aussi de se ra: régime préféré, lorsqu'en 824 il tut établi par Pi d'Aquitaine. Charroux en avait fait autant dès 761 de sa fondation, et les archives de nos autres mo prouveraient au besoin l'espèce d'enthousiasme qi au code du Mont-Cassin la plus grande partie des tions monEtstiques.
Sous cette pensée s'élevèrent aussi dans ce tei abbayes nouvelles que leurs fondateurs ne manqué d'établir en ces mêmes conditions d'obéissanc travail. Nous avons vu saint Filibert-se livrera de recherches et à de sérieuses méditations sur le modes de la régularité monastique, rapprochés qu'il était allé admirer en Italie, au berceau m Bénédictins. Trois ou quatre ans consacrés à ces l'avaient imbu de ces grands principes : il ne s'agis que de les appliquer. A cet effet, et comme il avail à Rouen saint Ouen , son ancien ami , qui en étai évêque, il s'entretint avec lui de son projet, que le put qu'approuver ; il fut convenu qu'un nouveau m serait créé dans son diocèse, où beaucoup de terrain
(a) Cf. Begula S. Bnted., apnd Migne, vi» siicle. — Le cardinal de taint Léger, p. 05 et suiv, — Fleury, Hitt. Ecclet., ad ai D. Calmet, Comment, jopro ta Regoia Ai Santo Benedetto, passini.
ib) V. Règle de SainU-Cnix, p. 13, in^2, Poitiers, 18il.
icultes existaient encore. Us obtinrent de Clovis II et ;a sainte mère, la reine Bathilde, un territoire de leur îndance, à cinq lieues de Rouen. La Seine arrosait cette ude; le sol y était couvert de forêts, plus vastes et i touffues, paraît-il, qu'en aucune autre province des les (28). De larges marais y donnaient asile à des reptiles toutes sortes, qui en rendaient le défrichement très cile. Mais quels obstacles de ce genre pouvaient ébranler évouement de ces infatigables ouvriers? C'est là que )ert jeta les fondements de Tabbaye devenue célèbre i le nom de Jumièges (39). Là arrivèrent, pour la constion des bâtiments et de l'église, un grand nombre de i du monde à qui souriaient les plans de la nouvelle ude et l'espérance d'y observer une discipline plus îte que partout ailleurs. Ils ne se trompèrent pas ; moins trois ans suffirent pour donner à ces religieux une tation commode et leur assurer un avenir qui ne fût à .erci de personne. La régularité qui s'y établit, l'extrême citude que le saint abbé y montra surtout pour le bon i^ernement de la maison et des âmes précieuses qu'elle ermait, étendirent au loin sa réputation; si bien qu'on ■mpta bientôt jusqu'à neuf cents moines, dont un grand bre étaient des riches de la terre. D'opulentes donations nt donc faites tout d'abord à l'établissement, et s'accruencore de celles qu'une foule de seigneurs considéraWes lurent à y ajouter. Ces richesses étaient nécessaires à entretien si coûteux. Mais Filibert, selon l'esprit de lise , en employait la dîme en larges aumônes envers Dauvres; par elles, il procurait la délivrance des priliers pour dettes et des esclaves que ses religieux ent racheter dans les pays étrangers : tant il est vrai la charité chrétienne a toujours les mômes inspirations! ependant les autres frères restés auprès de lui travailit par leurs prédications et l'administration des sacre ts à la conversion du pays. D'autres défrichaient le 3S et y jetaient le principe de fertilité dont jouil, de uo
jours encore, une contrée qui, après les désastres de Pimpiété , considère avec une déplorable . indifférence les ruines qu'elle a souffertes et qu'elle ne songe pas à relever.
Un autre genre de bien résulta des entreprises de HaiS"d?ceîtetondî- Filibert. Divers monastères se fondèrent dans le pays à '**^"' Texemple du sien. On venait à celui-ci pour se former à la règle, et Ton répandait ensuite dans ces nouveaux asiles le bon grain qui y germa et produisit des fruits de bénédiction. Au reste les lettres ne pouvaient que gagner à cette multiplicité de foyers d'où leurs lueurs s'épanchaient sur le monde. On les cultiva dès le commencement à Jumièges, où se formait surtout une école de prédicateurs. C'est de là que le goût de la science fit établir de belles bibliothèques à Fontenelle, nommé ensuite Saint- Wandrille, à Saint- Bertin, qui fut d'abord Sithiu, et à Saint-Taurin-d'Evreux, qui. n'apparut que trente ans plus tard, et qui dès lors s'acquit une grande célébrité.
Nous avons vu déjà qu'antérieurement à cette époque, les Bénédictins donnaient toujours leurs soins à quelque monastère de vierges, construit non loin de leur demeure, et assujetti à la même règle. C'était un souvenir toujours vivant de saint Benoît et de sa sœur Scolastique, vivant ainsi en deux monastères, à une lieue et demie l'un de l'autre (a). Ainsi Filibert consacra à de pieuses femmes, qui s'y retirèrent sous sa conduite et celle de ses religieux, le monastère de Pavilly (30), dont sainte Austrcberthc fut la première abbesse.
Le saint homme put voir, avec une consolation que Dieu ménage souvent ici-bas à ses serviteurs, le fruit de ses soins dans les progrès de ce double établissement. Plus de quinze ans s'écoulèrent pour lui à Jumièges, qui furent des années de paix, de prière et de ce travail incessant qu'impose toujours la charge des ûmes. Il ne se mêla aux
(a) V. fioUand., Vitœ S. Scokut,, 10 februar.
03 HISTOIRE GÉNÉRALE Dl
Ffaires du monde que pour y ihrist et faire triompher Tespr prouva enfin que ces moisson mjours dans les seules joies du mrs paisibles suivis et traversés preuves dont Dieu n'exempte p; ifants les plus chers.
On s'accorde à regarder Tanné lort de Sigebert 11, roi d'Austi âge de vingt-cinq ans, le 1"' fi loins par lui-même que par It ireclion dés son enfance. Coi ailleurs d'honnêtes gens dont lérita dans TEglise le titre d influence de leurs exemples el lonarques de son temps. Son ro;
Metz, comprenait le vaste territ ppelions naguère la Champagne :s Pays-Bas, depuis la rivière ontiéres des Frisons, la Lorraint >ute la basse Allemagne, même , Saxe ; puis, dans la haute jmprenait le Palatinat, la Fra uisse. N'oublions pas qu'il possi Drtions de la France méridional oitou, l'Angoumois, le Limousir I Rouergue, le Quercy, les G 'était, en un mot, plus de la molli 3 Neustrie, ne s'étendant que c ;ptentrionnal, et des limites orien >chers de l'Armorique et de la f
C'était dans ce champ spacieu urant les dix-huit ans du règne mbitieuses des tuteurs qui go près la mort de Pépin de Jliandei onorés de sa confiance. La
personnages avait favorisé les goûts tranquilles et du jeune monarque : son adolescence s'était [ fonder solidement la justice et les bonnes mœurs, et le libertinage furent bannis de sa cour ; il fît d'ab aumônes, bâtit et dota douze monastères consii protégea dans le Poitou, qu'il aima toujours, Quinçay, de Sainte-Croix et d'Ansion. Enfin, dit u biographes, d'après ceux qui parlèrent de lui fori nement, il n'omit aucune bonne œuvre qu'il en contribuer au bien spirituel et corporel des peuf donnant l'exemple d'une innocence de vie admirai nous verrons bientôt comment cette bonté fut ha exploitée par ceux-mêmes sur lesquels iJ aurait d compter.
Note 1
8 comment ce prince SigebertlII, parce qu'ils l'arriëre-petit-flls de Brunebaut, lequel ne régna étâ proclamé roi; mais ce Sigebert-là, ne peut t parmi les rois d'Austrasie, n'ayant été proclamé l'ambition de sa bisaïeule, et étant mort en 613, ans, et absolument inconnu.
Note 2
)îne de Jumièges vers le \* siècle, dans sa Vie de luriuB, 15 septembre, p. 152.
Note 3
traduit chez nous par Aehard, et ce nom lui est . Poitou. — Longueval et D, Rivet le nomment la corijuption du nom primitif. — Batllet, au pelle saint Acaire, ce qui est moins rationnel.
Note 4
izgénéralement à Taire naître Aehard en 623. Baillet
it donc eu de trente-cinq à quarante ans lorsqu'il
prit, comme nous le verrons plus tard, la conduite des moines de
Quinçay. It y a de grandes fautes de chronologie dans l'ensemble
les écrivains, qui, tous, s'arrangent sans réflexion de façon à faire
présider la première construction de ce monastère par l'évéque de
Poitiers Ansoald, qui ne commença à gouverner qu'en 673 ou 674.
Aehard serait donc resté près de trente ans h. Ansion. Ce désordre
des dates ^e chaque 'historien, copiant ses devanciers, semble
Bvoir pris du moine de Jumièges auteur de la Vie de saint
\ehard, vient sans doute de ce que n'écrivant que deux ou trois
enis ans après la mort de son héros, il a manqué de ces détails
e familles qui s'obscurcissent souvent à de lointaines distances, et
ne des bouleversements locaux amenaient très souvent alors dans
is archives des monastères. — C'est au reste l'avis de D. Rivet, qui,
406 NOTES DU LIVRE XIIl
tout en recoonaissaut les bons cAtés de i'hiator qu'il lui a manqué certains ëlëmenls ds précisioi
Une famille du Poitou, une autre de l'Anj encore de Normandie, lesquelles paraissent, d'à Bois, n'être que les trois branches d'une mân parait-il, -jusqu'au vu* siècle en Poitou, qui semblent descendre en ligne directe d'un J jouissait & Poitiers d'une riche fortune et d'une Ce serait le père de notre saint, et ses autn illustres et tinrent les premiers rangs de la nob vers le milieu du xii' siècle. Au vm", l'un deux c les Sarrasins, et ramena sur son siège i'évôquc avaient chassé. D'autres se distinguèrent au ix° Ils possédèrent dans le Poitou, entre autres I Mothe-Achar^d, devenue un chef-lieu de cantoi l'arrondissementdesSables-d'Olonue, etCb&tea Châtel-Achard), dont nous avons parlé ci-dees 500). On ne sait plus comment deux branche séparèrent du tronc, qui demeura en Poitou, qui accompagnèrent, en 1086, Guillaume le C terre, ont le souvenir d'un saint évéque d'Avra siège de cette ville, en 1102, fut inhumé à. l'ai dans son diocèse, à laquelle il avait fait beat de Perthuis ou Perthus-Achard a gardé son m (Orne), à toute une filiation qui l'a porté jusqu'
C'est un Achard de la branche de Normand possesseur du marquisat de la Haye, cant d'Evreux (Eure), qui venant se marier en Toui moitié du xviii° siècle, acheta en Poitou la t Mirebeau, dont il fit b&tir le ch&teau. La Ré\ l'ayant forcé d'émigrer en 1791. Il y revint n premiers jours de la Restauration pour y mour descendance s'est alliée aux de Goyons, aux d< s'est éteint en 1837, à l'école de Pontlevoy, Camille Achard de la Haye, son pelil-fils, mon déjà on pouvait espérer en lui un digne représ
Un pont, qui traversait à Poitiers tes marais < existe encore sur la Boivre, est toujours connu Achard. Des chartes de 1003 et 1017 {Mém. a XIV, 82) en parlent déjà comme d'un quarliei n'est pas douteux que ce nom ne lui soit ven de la famille dont l'influence à Poitiers, où el.
imtères positions, devient ici notoire avec une date Chesnaye, Dtetionn. de la noblesse; B&uchet-Filleati tietionn. des familles du Poitou.)
Note 5 itra, Hisi. de saint Léger, p. 66, suppose que Didon et ent bien pu se retirer do temps k autre, mâmo pendant i de celui-ci, dans la solitude de Saint-Maixent : peut- ,1, Didon en aurait-il pris le gouvernement, ce qui :tre au rang des abbés. Tout cnla est bien conjectural aucune pensée acceptable. Mieux vaut-il, comme nous haut, placer l'abbatiat de Didon avant son épiscopat comme l'ordre naturel des choses le fait mieux
lonothélites du nom grec de leur erreur, des hérétiques I vil' siècle à Constantinople, et qui prétendaient qu'il re-Seigneur Jésus-Christ, Dieu et homme, que l'action ivine, quoiqu'ils lui reconnussent ses deu:i natures. inn se contredisait elle-même; la nature humaine, nnquant ainsi dans Jésus-Christ d'un de ses attributs 'absence anéantissait cette nature. Il en résultait que ait pas un Dieu fait homme, dans tout le sens de ce } là anéantissement complet du christianisme. Cette Hnilivement condamnée avec ses sectateurs par Je I de Constantinople , tenu par cent soixante évéques, 680 au 16 septembre 681.
Note 7 du reste, était fondé sur la raison même, les prétenou des empereurs n'ayant jamais eu d'autre origine lutisme dans leurs rapports avec l'Eglise. Celle-ci irnemeat terrestre, a besoin de protecteurs et d'appuis on action pour le bien des hommes. C'est de quoi les isé étrangement, s'imaginant qu'ils pouvaient bien se be que leur a imposée la Providence, en s'arrogeant, t l'indépendance du Saint-Siège ou des évéques, de s qui ne leur furent jamais donnés. Qu'on nous dise si is de ce monde que Jésus-Christ a promis les clés du Haut ; s'il a mis son Eglise aux mains de ses Apàtres rois ; si les empereurs païens furent jamais consultés lis premiers siècles sur l'opportunité des conciles, et
vécus chrétieDS, ils ont acquis par le baptdme 1 arche et de gôner son action? De soi donc, itrat n'a le droit d'ordonner ou d'empdcher ut rt heureux très souvent d'obtenir de l'Eglise qi régler ou fortifier par ses décisions des points ?tance pour la paix des Etats. Ils eurent touj< wnder pour le bien public, jamais celui d'atte faire. Tout ce que l'tvstoire nous raconte d'op[ '6 que les pouvoirs humains peuvent abuser c orce matérielle, jamais que leur tyrannie est I ant ce principe que l'esprit révolutionnaire es laccord dans la distinction des deux Pouvoirs, aujourd'hui les suites de (elles doctrines qui la se fondements. (V. Rohrbacher, Hist. de l'E,
Note 8
Dgueval (Hiat. de l'Egl. galiic. — miki, t, 1 Durces avaient manqué pour bien juger du I rement compris, veut, expliquer cette oppos: I qu'il lui importail de ne pas laisser un métrc aquer les évoques de son royaume à un concil mt pu être méconnus. C'est une mauvaise rai; . de la seconde Aquitaine, ne sortait pas d irs, qui en était aussi, et l'Aquitaine était de lin que le docte auteur prétend justifier nos roi autorité^ de n'avoir pas souffert que les évèque leur agrément, observant que d'ailleurs les rois un plaisir et même un devoir de le leur accc it bon si nos rois, en pareil cas, avaient usé d' ir couronne ; mais il faut toujours se souvenir i l'en s'attribuant celui-ci, ils ont nui en méi urnes, à eux-mômes, et fait le plus grand tienne, qu'ils ont l'obligation divine de coni lant leur concours à l'Eglise.
Note 9
ind, Gandavum, grande ville de 115,000 âme; ,is, de l'Escaut, de la Lièvre et de la Moer idre orientale, comprise aujourd'hui dans le royi t Amand y construisit deux monastères, l'u 35, et l'autre en 610 de Saint-Bavon, qui y fut tes après.
notes du livre xiii 409
Note 10
'ioigeila, petite ville de Belgique (BrabanO de 6 à 7,000 sur la Thienne, mince rivière qui sort d'un village >in dans le Pas-de-CalaiB. La fondation de l'abbaye de f établit saint Amand est due au zèle généreux de la le Rouberge, veuve de Pépin de Landen, qui s'y retira sainte Gertrude. Celle-ci en fut^abbesse en 647. L'abbaye ard un Chapitre de cbanoinessee.
les, Marehiana, petite ville de 3,0D0 âmes, chef-lieu de àpartement du Nord. C'était, en 643, une terre consile Bienheureux Adalbaud, époux de sainte Rictrude, ut Amand. Le saint évéque y construisit le monastère ui prit sou nom. — On l'a appelée quelquefois Saintétait le nom de son premier abbé établi par saint
Note 12 it était un duché de l'Empire germanique et la province dérableduroyaume des Pays-Bas. Desguerres fréquentes )arteair successivement à diverses puissances. Il forme deux provinces du royaume de Belgique, dont Bruxelles le.
Note 13 Bas forment un Etat du Nord-Ouest de l'Europe situé du Nord, la Prusse, le Hanovre et la Belgique.
Note 14
t, Moaœ-Trajeetum, sur la Meuse, ville de 37,000 âmes, at du royaume des Pays-Bas, dans le Limbourg. Son it été fondé vers 380, par saint Servais, évéque de i s'y était transporté lorsque les Barbares menaçaient sa pale. Maëstricht était, comme Tongres, de la seconde Ce siège fut transporté à Liège dans le courant du
donc pas le confondre avec Utrecht, ancienne. ville des 1 40,000 âmes, qui est sur le Rhin, et appartient aujourollande : Maëstricht, au contraire, sur la Meuse, n'a que ants, el appartient à la Belgique. Son nom, en brabançofr, tage de la Meuse, irajeelm ad Monam : on y passe, en