ENDICE DU LIVRE IX
L'ANNEAD tt LES REUQUES M U\m mUmi
ont ce qui se rattache à la vie de sainte dû abréger beaucoup de détails qui intédes fidèles et quVne histoire du Poitou .intenir, afin de n'omettre aucuns renseignements dignes d'attention sur une des femmes les plus justement célèbres de notre pays. Je me propose donc ici de satisfaire une légitime et religieuse curiosité sur ce qu'on possède encore des reliques soit personnelles, soit extrinsèques de l'illustre reine de France. Très nombreuses d'abord, et d'une grande richesse, ces reliques ont subi les vicissitudes imposées à toutes les choses de ce monde. Beaucoup ont disparu, très peu nous restent, mais encore celles-ci peuvent-elles consoler les âmes sérieuses qui aiment à voir revivre dans ces épaves sacrées autant de souvenirs aimés de Celle qu'elles ne cessent de vénérer. Toutefois avant de signaler et de décrire les objets qui sont restés à notre antique monastère de Sainte-Croix et qi^'on y vénère toujours comme un héritage de famille , j'ai voulu raconter l'étonnante histoire de l'un des deux anneaux de notre grande sainte, merveilleux joyau dont l'étrange distinée est de courir le monde aujourd'hui au milieu de ille hasards qui peuvent y prolonger son regrettable totement, et peut-être nous le faire perdre pour toujours. ^ saint objet, recueilli d'abord par des mains ignorantes,
choyé bientôt après par d'ai
n'eut, de ceux qui devaient i
indigne de lui, et tomba de
dans une sorte de mépris qu
de resprit auxquelles il par
soumettent parfois comme
mortels. Comme je n'ai jar
comédies, je suis resté d'aut
convictions que je ne me s
changer pour celles qui firent de mes plus chauds adhérents
autant d'adversaires inattendus. Je vais raconter cette
pauvre histoire, et dire au milieu de quelles étonnantes
péripéties Panneau de notre sainte, qui devait être à Poitiers,
s'est égaré et court encore je ne sais où, au risque de
s'entendre un jour reconnaître généralement pour ce qu^il
est. Alors peut-être ira-t-il se reposer enfin, glorieux de
son histoire et honteux d'un si triste dénouement, sous les
vitrines à peine connues d'un musée de sous-préfecture ou
d'une collection d'amateurs distingués.
Après donc avoir lu ces pages, on àaura comment et pourquoi je devais les écrire. C'est le redressement d'une vérité systématiquement méconnue, et une protestation que je me devais à moi-même contre un outrage qui semble remonter jusqu'à celle dont la gloire devenait pour certains héros de la science moderne une embarrassante importunité.
En 1863, M. Benjamin Fillon, l'un des habiles archéo logues de la Vendée, mécrivait :
< Pourriez-vous me dire quelles sont les reliques c- * vous restent à Poitiers de sainte Radégonde ? J'ai » puissant intérêt à le savoir de vous aussitôt que possiL » aussi bien qu'un précis de leur histoire. »
Je répondais immédiatement :
« Les reliques dont vous me parlez se réduisent en
■ dehors du monastère de Sainte-Croix, ot depuis l'an 1562,
> aux débris d'ossements incendiés cette année, et recueiUiF
• par les catholiques, après le pillage et la destruction du
> corps de la sainte, sur le parvis de Péglise, par les
■ huguenots qui venaient de prendre la ville. Ces ossements
■ recueillis alors furent reconnus authentiques, scellés^anj I le tombeau de marbre qui avait occupé la crypte depuis
• le VI" siècle, et toujours vénérés par les populations don I les malheurs n'avaient diminué en rien la confiance. Ei » 1412, ce même tombeau avait été ouvert par autorisatioi » et en présence de l'évêque de Poitiers Simon de Cramaud I pour satisfaire la dévotion de Jean, duc de Berry e » comte de Poitou, qui désirait placer quelques reliques di I notre sainte dans la Sainte-Chapelle qu'il venait de fain
• construire à Bourges. On trouva le corps encore pan I de la pourpre d'un manteau royal, ayant sur la têt
■ une couronne fermée en vermeil, les mains jointes su » sa poitrine. Sa main droite portait deux anneaux d'o » dont l'un , celui de reine , était d'une confection dont oi 1 ignore les détails; l'autre, celui de religieuse, dont nou; » verrons bientôt quel fut le genre d'ornementation.
• La tradition rapporte avec Bouchet m et Pidoux (», qu
• confirme D. Fonteneau (c), qu^alors le corps de la sainte fu » trouvéentier,sansaucunealtération,etrecouvertdesmème » parures que je viens de dire. Jusqu'au ix= siècle, il étai » inouï ou au .moins très rare que les corps saints eusser » jamais été diminués d'aucune de leurs parties. Les relique 1 qu'on s'en procurait consistaient en quelques objets qu » leur avaient appartenu, en linges surtout qu'on avait fa; » toucher à leur corps ou à leur sépulcre, et dont mainte
{a) Vie de sainte Radégtmde.
(b) Pidoux, Vie de tainte Radégonde, io-12, 1623, p. 522.
(c) Mamiscr.,U\\\,p. 16.
l'ois la valeur fut attestée par des date du ix^ siècle, où les Non piller les églises, de nombreuses eurent lieu dans toute l'Europe trésors, les plus précieux de tous séparer entièrement, on se décida portions : de là les nombreuses un grand nombre de monastères ■ sainte Radégonde, lorsqu'on coi invasion à Poitiers, avait été trai de l'abbaye fortifiée de Saintqu'elle fut ramenée dans son é( disparu ; comme enfin , sur de avait été murée dans la crypte dt y resta oubliée jusqu'en 1012, où l'abbesse Béliarde l'y découvrit (j>, on s'étonne peu que son corps n'ait subi aucune altération, et qu'il ait apparu dans son intégrité aux augustes témoins qui assistèrent en 1412 à l'ouverture officielle du tombeau. Cette circonstance enhardit sans doute le prince Jean à demander qu'on en détachât la tête pour la lui donner. On n'y consentit pas ; on lui permit tout au plus de s'attribuer quelques portions des étoffes ou des bijoux : il pensa alors à l'un des anneaux que portait la sainte. Mais là, d'après la tradition appuyée du témoignage de tant d'illustres contemporains invités et présents à la cérémonie, une merveille inattendue ■ manifesta la volonté de la sainte. Quand le prince voulut se saisir d'un de ces. anneaux, le mouvement et la vie revinrent momentanément au doigt qui le portait ; soudain il se replia pour s'opposer à la pieuse spoliation, tand que le doigt voisin n'opposa aucune résistance et céi ■> volontiers lebijou qu'on lui demandait. On jugea alor » avec toute apparence de raison, que l'anneau refusé p » la sainte était celui qui témoignait de ses vœux
(a) Bulletin des Antiqmiret de l'Oaest, V, 361.
ŒAU DE SAINTE RADÉGONDE 419
it elle ne voulait pas se défaire. L'autre 3use et de reine, qu'on ne lui avait sans jrès sa mort que pour témoigner par un î du double rôle que Dieu avait donné à is le cours d'une vie où le commandement é moins remarquable que l'humilité et
j détails que je donnai à M. Fillon, en stions de la première lettre, et m'appuyant éjà anciennement recueillies aux sources :iter.
épondit :
i l'anneau de sainte Radégonde. Jugez-le ramme en cire rouge qui cachette cette moi votre avis, i
; m'avait frappé avant même l'ouverture de me semble bien que j'y peux lire Radeaprès tout, ce n'est qu'une copie, et sous le efaçons archéologiques dont nous sommes les jours par de plus ou moins habiles ne me prononcerai qu'après avoir vu et es. .
te correspondant m'annonçait aussitôt que îemainc suivante il serait à Poitiers, se présenterait chez moi à une heure après midi, et me demanderait mon opinion pièces en mains. Il m'invitait à y convoquer certains de nos collègues les plus compétents des Antiquaires de l'Ouest, qu'il regarderait comme autant de juges, et s'en rapporterait à notre décision, dont, au reste, U ne doutait pas.
Au jour dit, tout se passait d'après ce programme. J'avais invité à se réunir chez moi le Bureau de la Société des Antiquaires, dont faisaient -partie MM. Rédet et de Longuemar, spécialistes justement appréciés en fait d'épigraphie. A l'heure dite, M. et M"'^ Fillon se présentaient
420 HISTOIRB GÉNÉRALE DU
ensemble ; et tout d'abord le premier
de sa femme la bague mystérieuse c
remettait sans mot dire, mais avec
qui exprimait déjà l'espérance de i Mon examen ne fut pas long. Apréi
avec l'empreinte en cire rouge que j'examinai la facture générale, les
symbolisme de son ornementation ,
anneau à mes collègues sans dire
convaincu de deux points importan
était bien de l'époque mérovingienne,
gravé sur le chaton formait bien, e
le nom si célèbre de Radégonde.
Tour à tour les membres de notre
avis, et il n'y eut qu'une voix p^
possesseur d'une antiquité si reman Toutefois les archéologues ne ;
reconnaître et de définir l'objet de ces
Ils aiment, pour mieux s'éclairer, à
la chose. Us veulent savoir et d'où elle vient, et qui l'a
trouvée, et comment elle est tombée à un amateur qi
l'apprécie. Souvent, au fond de toutes ces incertitudes, s
cachent de sérieuses difficultés dont la solution exig d'attentives études.
Ce furent donc autant de questiojis posées presque à I fois à M. Fillon par chacun des investigateurs dont il ava consenti à faire ses juges.
Et M. Fillon nous fit le récit suivant ; « L'anneau a été découvert par un laboureur qui le ^ briller sous le soc de sa charrue , dans un champ doi l'étendue occupe une portion du territoire où se livra, < 1569, la fameuse bataille de Moncontour, entre cette vil et Airvault. Le paysan le vendit pour 50 francs, poids l'or, â un orfèvre de celte dernière ville. Celui-ci, qui n appréciait que la valeur vénale, le vendit à M. Calixte Tusseau, lequel le montra à son ami Fillon. Ce dem
comprit à première vue l'importance de l'objet , et comme l'acquéreur s'occupait moins de bijoux que de céramique , un accord devint facile entre eux : l'anneau, échangé pour un vase Palissy, fut bientôt la propriété de l'archéologue vendéen. C'est sous la première impression de ce marché, dont il se réjouissait fort, qu'il ouvrit avec moi sa correspondance de janvier 1863. «
Eli réfléchissant au théâtre de cette découverte, je m'expliquai aussitôt, et mes collègues approuvèrent tous mon sentiment, pourquoi une telle trouvaille s'était faite si loin, c'est-à-dire à 35 ou 40 kilomètres de Poitiers. En effet, en 1562 s'était consommé le pillage de cette ville par les protestants. Il est de notoriété historique, car tous nos chroniqueurs en font foi, que le corps de sainte Radégondc fut, le 28 mai de cette fatale année, tiré de son tombeau, traîné sur le parvis de l'église, et brûlé avec ses parures, moins, bien entendu, ce qui constituait parmi celles-ci une certaine valeur à ne pas négliger. C'est ainsi, qu'au rapport des procès-verbaux dressés après le pillage, il est constaté que les matières d'or et d'argent volées aux églises furent fondues au profit des vainqueurs dans une maison de la rue du Puigureau w. Parmi ces objets précieux, il ne faut pas douter que la couronne de la glorieuse reine de France ait trouvé sa place et ne se fût métamorphosée en lingots avec tant d'autres. Mais l'anneau de religieuse, abandonné en 1412 par le duc de Berry, était peu embarrassant : il était encore là, parant cette main vénérable que le temps avait merveilleusement conservée. Quoi de plus facile que de le soustraire à l'avidité des autres pillards? L'un d'eux sans doute, troupier et peut-être officier à la solde du comte de Grammont, s'en sera emparé et n'aura pas manqué d'en orner un de ses doigts où il l'aura montré souvent comme un souvenir de son triomphe. Mais il est de ces gages qui portent malheur. Je doute peu que le soudard de Calvin,
(a) V. notre Hùtûire de la Cathédrale de Poiliert, II, 352.
422 ■ HISTOltlE GÉNÉRALE DU PI
ayant échappé aux nombreuses mêlé souvent ensuite entre les catholiques ait été se faire tuer sept ans après (15 Moncontour, et qu'il ait laissé là avec le fruit maudit de son vol sacrilège, quatre-vingt-quatorze ans après, toml hasards qui déroutent tous les calculs de des mains d'un paysan à celles d'un ai à celles d'un antiquaire, et de ces dern où j'ai pu l'admirer et me l'identifier qu
J'avoue très volontiers n'émettre conjecture. Mais de combien de probab N'est-ce pas une sorte de lumière qu' de l'objet? Et une fois donné que la cha bien le nom de Radégonde ; en réfléchis contrée et bien au-delà, la n&tre fut sei nom à l'époque mérovingienne; en ra découverte faite sur un champ de bataill au doigt de Dieu sa délivrance des h^ lui avaient fait tant de mal..., en rapprochant, dis-je, de tout cela le souvenir de la dévastation de notre église e' de tout ce qui s'y était rattaché à l'ouverture du tombeau d( 1412, comment méconnaître que tant de détails si bien liéf entre eux s'expliquent très naturellement par Tinterprétatior que je leur donne?
Je l'ai dit : ce fut l'avis des studieux collègues qui m'entouraient. M. Fillon, qui n'avait pas encore songé à explique! historiquement la présence de l'anneau dans les terres d« Moncontour, vit dans mon opinion un appui de sa lecture devenue la nôtre, et s'y rangea d'autant plus volontiers.
Rien n'était t'i négliger pour l'histoire du pays dans cet intéressante trouvaille, non plus que dans les souvenif
quait. Je demandai à M. Fillon la permission ' à la Revue de l'Art chrétien, dans laquelle lepuis sa fondation en 1857 : ce que je fis en 'anneau et donnant l'historique de sa réapparition mde intellectuel, scription , je la renouvelle ici pour l'avantage do
qui forme le tour de l'anneau est forte de deux ; et se rattache à chacun des côtés du chaton gure de chenille dont la tète, flanquée de deux oes, sort du cercle où est inscrit le monogramme :s. Dans cet ensemble on reconnaît des traits le ressemblance avec les anneaux trouvés dans ux de Childéric I*"", roi de France, au v* siècle, lebert I*', au vi«<a). Cette chenille est un symbole ité, inspiré par la transformation de la chrysalide, génieuse du papillon, qui avait le même sens Dgraphie antique, et restreinte ici à sa plus simple
parce que les ailes de l'élégant insecte eussent xigences de l'art. C'est dans ce chaton affectant sphérique et de dix à douze millimétrés qu'est lom Radegondis , formé de caractères mérovinas entrelacés, comme il était fréquemment d'usage que, mais d'après une autre méthode non moins elle, isolant chaque lettre, la rattachait cependant
voisine en lui empruntant quelqu'une de ses ui prêtant quelqu'une des siennes propres.
\ailasis Childerici I, Francorvm régis, à Joan. Chiffetio ;
)3ervation qui intéressera les paléographes ne doit 1 échapper ici. C'est qu'on voit le mot Radegondii un 0 à la troisième syllabe, au lieu d'un U qu'il ait régulièrement : Rath-Gunts. Mais cette ortho- 'accuse en rien Thabile graveur du vi" siècle : elle it tout au plus qu'on aurait, en latinisant le mot [ue Radegiindis , substitué l'O plus latin à l'U jue, et qu'au lieu de tirer la seconde partie du mot ) de l'allemand Gunts, racine de GuNSTiG,/acoffeetueux, bon, il faudrait voir cette racine dans , protecteur, ce qui, sans rien changer au sens
composé donné à la fille de Berthaire (conseil e, femme de bon conseil), expliquerait comment
mérovingien a pu changer une lettre sans lettre la signification du mot. Il est vrai que cet e ru dans l'espèce est très familier à Grégoire de ui n'écrit jamais autrement le nom de la sainte qu'il t connue ; mais, au xiii* siècle, l'O fut préféré ù l'U leintre qui décora le sanctuaire de notre célèbre e. Chargé en 1849 de présider la restauration de euses peintures, je veillai scrupuleusement à ce y fût reproduit avec la plus grande fidélité, sans er encore que cette orthographe aurait son analogue tre intéressant anneau mérovingien.
lion allait à Paris tout fier de pouvoir y montrer gnifique spécimen d'orfèvrerie franque. Plus que il y portait des idées faites et des rapprochements [aient à l'authenticité du petit chef-d'œuvre. Aussi va-t-il heureux de le soumettre à l'apprécia^on aires et de paléographes distingués qui ne lui firent lut. Il trouva, à ce foyer de la science, d'accord i et par conséquent avec moi, MM. Guérard, de
de Laborde, et Quicherat, tous maîtres da , dont s'était glorifiée et dont s'honorait enco des Chartes, aicherat, surtout, se montra émerveillé. Membre
la Société des Antiquaires de France, comme M. Fillon c moi, il demanda à lui en faire un rapport. M. Fillon n'eu garde de s'y refuser : il confia son bijou au savant dîrecteu de TEcole des Chartes, sur la science et le crédit duquel i comptait pour relever Timportance d'un objet qui allai intéresser le monde archéologique. Le rapport, en effet émut ceux qui l'entendirent. On admira de concert la bagu franque. Tous adoptèrent à la fois les conclusions émises l'anneau était bien un ouvrage du vi* siècle ; le nom d notre reine de France y chatoyait en toutes lettres. Mai c'était tout. On ne s'avançait pas jusqu'à attribuer le pet trésor à sainte Radégonde de Poitiers , et toutefois on n combattait pas les conjectures qui auraient favorisé cett affirmation.
Et pourtant un changement de scène allait bientôt éveille un grand étonnement.
Il est d'usage, à la Société des Antiquaires de France qu'un mémoire ou un rapport quelconque, avant d'y êtr accepté pour l'impression, et d'avoir été lu une premier fois , le soit encore de nouveau à la séance suivante : c'es la condition définitive de l'impression. C'est aussi une sag mesure : dans l'intervalle des deux séances, de nouveau documents peuvent survenir, des objections se poser l'auteur ne peut, s'il en est ainsi, qu'améUorer son travai et le rendre plus digne de la publicité.
Donc , à la séance qui avait suivi sa première lecturt M. Quicherat procédait à la seconde. Mais alors quel n fut pas l'étonnement général d'entendre un travail où nor seulement quelques détails avaient été modifiés, mais où I thèse elle-même était tournée sens des.sus dessous, de sort que ce qui avait été l'anneau d'une Radégonde quelconqu n'était plus rien de cela? Ce n'était plus ce nom célôbr
HISTOmE GIi^fÉRALE DU ï
' fallait voir. Car on pouvait lire mie de noms tous aussi bizarres ns les uns que les autres : plai |ui ne valait pas mieux que la né lace de raffirmation si nette et :
ère lecture.
s d'où vient une si énorme variai savant professeur abjure aujourd rreur; il » renonce à toutes les ci tées • — c'étaient lès miennes ;er de manière de voir, « sur ui ie apparemment, • et sur une étu lents et des textes ».
n'est pas tout. Passant de l'anr gloire, aux reliques corporellei t antiquaire aflfirme « qu'il faut i ilir l'existence de ces reliques à F panslation à Saint-Benott-de-Quinc ut cela est qu'il n'y a aucun p; ^e de ce qui se trouvait dans le i
la spoliation de 1562. — En d'à ;onde n'a pas eu ses reliques i )u le IX' siècle; leur destructioi qu'une imagination, et encore auj ns pouvoir affirmer d'elle n'est toi ; illusion, i^i plus ni moins.
;iue devient dès lors la dévotion vêques de Poitiers, du clergé întier soit de la ville et des car les départements voisins, et de it cette religieuse confiance qui, t lontagnes et tes mers, attire a |ue basilique tant de vœux, de pr uicherat ne pouvait s'empêcher,
de tirer cette conséquence : To e comédie , consacrée par le tem
iples, mais qui ne prêtait qu'à sourire aux homme! t aux savants.
n, la vraie raison des fluctuations inexplicables di le sérieux et de ce savant distingué n'était pas dans 1 qui valait encore à M. Quicherat, dans le temps oi t ainsi, et une bonne place du gouvernement et unt ïi de docte philosophie qui, à Paris, se distribu( noins large par les mains d'une utile camaraderie, lerat était de ces libres-penseurs qui vivent de Ij et ne refusent pas de s'y ébaudir. En de tellc! s on voit parfois naître subitement les enthou lu savoir... Mais, si une découverte ainsi acceptéf ner au profit des croyances populaires; s'il arriv( )i chrétienne puisse en recevoir quelque éclat e ver dans les masses, alors on se mord les lèvres pt bien vite à « une erreur i qu'on désavoue ; oi l'autorité d' • une discussion plus éclairée > ; le! ts ont été plus attentivement étudiés, les texte! mpris...; et ces basses convictions, comme nou; voir, aboutissent en fin de compte à une disseri... n'aura pas le sens commun. Je me réserve de
I. Fillon, que pensait-il, que disait-il de ce nouveai isé par son docte ami? De lui qui avait eu sor arrément dessinée, qui s'était éclairé des lumières généralement admises, qui ne doutait pas d'avoii :, par un de ces heureux hasards ménagés souven bas monde aux objets les plus intéressants, ur débris de la toilette de sainte Radégonde ; lui qu toujours si bien ses opinions arrêtées en archéO' le souffla mot, ne se récria pas, ne plaida pas se I souffrit que l'anneau de Moncontour n'eût plu;^ tribution vulgaire, et la signature du chaton n'eûl
)lus à ses yeux cette distinction tout* )Iu à lui reconnaître et qui en centuplai :e silence? Pourquoi désertait-il ce c )Ouvait si bien défendre ses premié [ui s'était occupé de numismatique ivre sur les monnaies de la Franci ivec une autorité acquise la lecture c ivec tant d'autres, reconnue incontesti îontre les négations de M. Quicherat' )as alors, maïs je le sus un jour dt ■evoyant pour la première fois après >agne, et lui témoignant ma surpri.
]ue je lui reprochais, il osa me r( oujours comme vous ; mais si vou ;agne peu à se mettre mal avec ces , Avais-je tort de trouver que les inti '.à n'étaient qu'une pauvre camarader
A quelque temps de là parut, d ^'olume des Mémoires de la Sociét France (•"), une note de M. Quicherat laire de l'époque mérovingienne. Not Faisait rentrer dans le droit commun, par ces simples muis, le bijou auquel naguère on avait tout d'abord donné de si beaux titres de noblesse. Mais ce n'était pas là l'unique prétention qu'il affichât dans ce singulier écrit de quinze pages. Il s'y donne le rôle inouï, non-seulement de reproduire le caractère que de si doctes gens avaient reconnu avec lui à la bague sigillaire, mais, battant en brèche toutes les traditons de notre pays, méconnaissant l'histoire qu'' fausse à plaisir pour le besoin de son hostilité systématiqu
(a) I8fii, p. 180.
lui qui ne veut pas de conjectures, et qui méprise souve^ rainement celles qui s'appuient chez nous des probabilité! les plus acceptables, il fait de l'histoire à son service, avei une géographie idéale ; il veut, dépassant toutes les audacei possibles en pareil cas, faire table rase de tous les fonde ments qui ont soutenu jusqu'ici la dévotion du Poitou au] reliques de sainte Radégonde ; et, pour prouver que li fameux anneau ne lui a jamais appartenu, il proclame ne que depuis le viii* siècle, où le corps de la sainte, jusqu'alor; gardé à Poitiers, en fut enlevé et transféré à l'abbaye d< Saint-Benoit-de-Quinçay, il n'en a plus été question che; nous, et que nos annalistes poitevins n'ont rien dit qui vailli en racontant dans tous leurs détails les intéressantei péripéties qui ont signalé , depuis le retour de Saint-Benoi à Poitiers, les phases miraculeuses du saint tombeau. & telles assertions ne tendaient à rien moins qu'à détruir les saintes influences de la patronne de Poitiers ! Car, s renseignement de M. Quicherat égalait en sûreté sa fier désinvolture à le produire, il n'est pas douteux que 1; piété populaire, aussi bien que l'histoire, et mes propre convictions acquises dans une longue et sérieuse étude d leurs motifs, n'étaient plus qu'autant d'impostures accré ditées contre toutes vraisemblances par des évêques et de prêtres aux dépens des milliers de fidèles poitevins nationaux et étrangers, venant chaque année de la ville e du dehors vénérer les dépouilles séculaires d'une reine d France, de la fondatrice de TégUse de Sainto-Radégonde e du monastère de Sainte-Croix.
VU
Si quelqu'un dut être étonné de ce langage et s'inscrire e faux contre de si maladroites bizarreries, c'était bien moi Depuis vingt-deux ans, j'étais historiographe du diocès de Poitiers. Ce ne devait pas être seulement au profit d
quelques cahiers où venaient se mi notes recueillies avec autant de soir aussi, il l'occasion, prendre la défoi téger contre les écarts de nos ennt genre d'argumentation employé pî doutais pas que ce fût à lui que je sans retard.
Je pris donc, à défaut de M. Fïlloi en appartenait autant qu'à moi, maii ces gaillards-là, je pris le seul celui de réfuter ces incroyables tira et j'adressai, le 10 octobre 1863, à tien une ample réfutation des rôvt auraient pu prendre pour des réalité; et comme il convenait surtout i n habitudes, avec toutes les formes et vains vivants se doivent toujours entr dissertation à mon illustre adversai lettre où je faisais la part à son m( considérer qu'en m'inscrivant contre les miennes sans séparer en rien 1 tions du respect que je portais à sf aussi l'espoir que ce nuage élev empêcherait pas de nous rendre un
L'aigreur du savant contrarié p éloquente réponse en quatre lignes et votre brochure. Je vous en rem viennent de ce que nous sommes i différent. • — Puis : * J'ai Thonneu
Oh! les antiquaires... et les sav ou l'autre, je n'en voudrais être qui
Quoi qu'Q en soit aujourd'hui, et < volume de mon Histoire du Poitou complément de la vie de sainte Ra( question de ses reliques. Je n'aurai b( de résumer ma réplique à M. Quiche
)ler le reprfs de sa cendre, il m'est permis rnier effort pour que sa polémique, restée lurae des Antiquaires de France, puisse exe lire ici une réplique qui ne soit due ni à ni au hasard.
Vin
rat s'appuyait sur deux objections : d'aborc e gravé sur le chaton de la bague ne pou \egondis, — puis il ne pouvait venir du tomb< I car, après son départ pour Saint-Benoîtcorps n'était jamais revenu à Poitiers (! ! !). it examiner successivement ceS deux point* tarque, avant sa concersion, avait trouvé le i incontestable. Une fois converti, il n^en \ apert;oit, avec toute sa perspicacité ordina stition catholique en pourrait bien tirer pi est donc de contester d'abord la réalité iendrait à bout en contestant l'existence de lui, ne peut se voir dans l'arcade entouran Lites les lettres, lesquelles se rattachent à nme à une portion d'elles-mêmes. Pour mo 1 que cette arcade ne soit bien un N, (Vol, ai apporté en preuves de douze à quinze sp nnaies françaises et d'inscriptions grecques ires races. Rendu à ce point, mon advcrs tr une bonne raison contre moi en concluant la lettre, qu'il n'y veut plus voir, laisse à cha lire non plus Radegodis, mais Ergadilo, Ai lême Gradelo... En conscience, ce n'est pa i sérieuse. Ces noms baroques n'ont jamais s, et il ne faudrait pas les inventer pour t à un adversaire ignorant. Nous allons scène un homme de haute valeur qui, s'il i
pas toujours de mon avis , me permet
dans mes idées, puisqu'il ne soutient pa
et qui, ce que je me plais à reconnaître
discussion affable, pleine de politesst
négations les plus accentuées, et en qui la science ne fait
jamais tort à réducation.
Je veyx parler de M. Edmond Le Blant, Tune des notoriétés les plus remarquables de notre temps pour ses études paléographiques et sa. connaissance des inscriptions chrétiennes. M. Quicherat s'autorisait de son avis pour voir rS du mot Radegondis là où il voulait qu'il fût. Cela m'intéressait peu, puisque l'S n'était pas en discussion ; je l'avais fait remarquer dans mon Mémoire en observant que l'autorité de notre savant collègue ne regardait ici tout au plus qu'une faute de graveur, chose insignifiante, et que, dans l'espèce, l'idée émise par M. Le Blant ne pouvait rien décider entre nous. Mais un incident bien autrement grave allait surgir après la lecture de M. Quicherat. C'était M. Le Blant lui-même qui, exposant en très bons termes que I puisque je lui avais fait l'honneur de prononcer son nom dans rintéressante Notice adressée à la Revue de l'Art chrétien, » il demandait à ajouter quelques mots aux observations de son éminent confrère M. Quicherat.
Evidemment, il y avait là une mise en scène convenue d'avance entre les savants confrères, et j'analyserai très rapidement le nouvel interlocuteur, en disant que le mot Radegondis, fùt-il aussi lisible que possible , et il ne Tétait pas pour lui , rien ne prouvait qu'il fallût l'attribuer à la sainte de Poitiers plutôt qu'à toute autre femme de ce nom; que cette formule pourrait bien signifier d'autres noms germaniques : Gondegardis , Aregondis, Audregondis ; qu'il ne voit dans le monogramme ni le D, ni l'S, ni l'J que réclame mon interprétation ; quant à l'N que je troui dans Tarcade extérieure, il ne saurait l'admettre oa confiance; qu'enfin il lui parait téméraire d'expliqui aujourd'hui avec certitude ce que les auciens eux-mômi
nVxpUquaieDt pas toujours sans de certaines difficult que, par ces motifs, il est empêché de suivre M. l'a Àuber dans ses intéressantes déductions, et qu'à ses y la bague d'Airvault ne semble pas avoir cette gra importance.
A cette heure, la parole m'est rendue, et je vais su l'une après l'autre ces objections pour les peser à mon U Les plus savants peuvent se tromper, même dans choses dont ils ont une plus grande expérience. Quelqi uns jugent aussi moins par la science qu'ils possè< très bien que par le sentiment qui les égare parfois s qu'Us puissent trop s'en défendre. Je crois un peu c'est ce qui est arrivé ici è, M. Le Blant. Avec sa prc éclairée, il a jugé d'après ses premières convictions me semble avoir perdu de vue, dans ses compîu'ais paléograpbiques et quant à la forme de certaine lettre qu'il y a de trop avéré pour lui et pour moi dans caprices du burin, dans les variantes irréfléchies du gra' qui, surtout à l'époque mérovingienne, laissait mar< souvent ses mains au hasard sans trop s'embarra des imperfections de ses contours ou de ses lignes. ' admis, et les doctes ne le nieront pas, nous permettr fort bien, qu'on pût hésiter sur la lecture de notre mi gramme ; nous accorderions bénignement que tous les i germaniques formés des dix lettres trouvées ici y pus constituer les éléments d'une vie improvisée pour le be du plaidoyer... Mais puisqu'on veut bien parler ici mes intéressantes déductions, il ne faudrait pas trop ou non plus que si M. Le Blant n'exprime que sonpeu deconji dans la valeur de mon N, il semble aussi, par ces pro termes, ne le rejeter pas absolument. Voilà déjà un éléi qui m'est favorable. Je ne comprends guère non plus aille infirmer cette lettre si importante et si controvei lous prétexte qu'en d'autres spécimens plus ou m lombreux on ne l'a jamais vu employée ainsi. Il ne fau >as accepter ce raisonnement quand on est 'd'accord si
liberté grande prise par les monétaires ou les orfèvres de varier les traits de leurs monogrammes selon le besoin de la chose, les caractères usités dans ce cas pouvant s'enchevêtrer, s'assembler et se disposer de façon qu'une hampe ou une courbure peuvent, sans perdre rien de leur forme naturelle, se prêter à toutes les combinaisons d'un alphabet arbitraire, et arriver à un résultat voulu sans qu'on puisse en trouver antérieurement de similaire bien formel.
Nous ajouterons, si vous le voulez bien, qu'il ne faut pas regarder le souvenir de Moncontour et d'Airvault comme absolument étranger 'à notre objet. Je me rappelle encore l'impression qu'il produisit, quand je l'émis pour la première fois, sur ceux de nos savants collègues de Poitiers, qui y virent une explication très plausible et du caractère mérovingien du précieux joyau et du champ où s'était opérée sa découverte. Pour eux, l'une de ces raisons fortifiait l'autre. Ils savaient bien que c'est très souvent en •groupant des conjectures qu'on restitue des faits historiques dont on n'a eu que par elles seules la solution définitive. . Pourquoi se refuser ici à un accord qui va presque jusqu'à l'évidence ?
• Un autre trait corrobore l'idée que notre anneau fut celui, non d'une femme quelconque du nom de Radégonde, comme on voudrait le faire supposer, mais d'une femme constituée en dignité, disons même une religieuse... Voyezvous, en effet, au-dessous de l'N que vous méconnaissiez jusqu'à n'en faire qu'une arcade, voyez-vous cette petite 'croix grecque très séparée du reste et se nichant modestement en dehors du champ de l'inscription? N'est-ce pas là un indice de christianisme, peut-être même d'une profession plus parfaite que celle d'une chrétienne ordinaire? Les rois, dans leurs monnaies, faisaient le plus habituellem» it surmonter de cette croix leurs types d'or, d'argent ou e billon : à défaut de cette place ils leurs donnaient le milieu de a pièce qui souvent aussi retenait ces deux signes à la fo ».
.U DE SAINTE RADÉGONDE 435
Ici ce n'est plus un roi, mais une reine ; c'est une reine qui a renoncé à la royauté, une reine à qui sa position demande souvent des écrits revêtus de sa signature, de son monogramme. Mais cette reine est aussi une religieuse. Elle ne veut pas, elle ne peut pas séparer son nom du nom de son second époux. Et voilà que la croix rend celui-ci inséparable de l'autre; et comment c'est bien Panneau que la sainte refusa à Jean de Berry, quand elle se laissa ravir volontiers celui qui n'avait été pour elle que l'anneau d'un mariage forcé.
Je crois donc, et je soutiwis devant' ces considérations topiques, et malgré des objections plus spécieuses que solides, je crois que la belle bague d'or ramassée dans le (en-itoire de ta bataille de Moncontour a ses titres d'authenticité. Et je ne suis pas le seul qui le croie ; car, après la défection de M. Quicherat et l'argumentation convaincue de l'honorable M. Le Blant, nous avons encore un témoin de premier ordre qui n'a pas hésité à demeurer de mon avis. C'est M. Fillon lui-même, qui, resté coi pendant les débats, après avoir ainsi persuadé à tout son pubHc parisien qu'il était de son a'\ùs, n'en a pas moins professé, en Poitou et ailleurs, qu'il croyait à l'origine royale de son anneau, se vantant d'en rester l'heureux propriétaire. Il y a plus : sa famille , ses amis ont partagé son opinion très orthodoxe, et dans une vente publique d'objets curieux, faite à Paris après sa mort, ses héritiers, m'a-t-on dit, n'ont pas craint de porter l'objet à un trop haut prix en le ■ proposant à 13,000 francs. On ajoute qu'il n'a pas été vendu{a).
En somme donc, on peut regarder que la polémique ménagée par M. Quicherat contre l'objet injustement répudié par lui est moins un examen sérieux et motivé qu'un procès de tendance entrepris dans un autre but. Nous allons donc le suivre en des prétentions non moins excentriques.
(n) Il faut rendre cetle jtatice i M. Fillon que, dans un pourparler avec Hadarao la Supérieure de Sainie-Croii, il l'aurait lais$6 à 12,000 franct, u la commanaoté STait pu se décider i cette dépenseï
- J'ai raconté comment notre érudit avait publié, au lieu de sa première nota ou il affirmait comme moi la lecture du mot Radegondis, une seconde note où il soutenait le contraire. Je ne me plains jamais, et mes amis le savent très bien, qu'on ne parle pas de moi, en quelques rencontres que ce soit. Cependant il est une circonstance que dans l'occasion je trouve significative. En effet, en abordant la question, M. Quicherat raconte que M. Fillon lui a\'ait envoyé l'empreinte en cire du monogramme sans lui dire ce qu'il y avait lu. Ce fut alors que M. Quicherat lut, dit-il lui-même, la même leçon. Il ajoute que M. Rédet, archiviste de la Vienne, n'avait pas lu autre chose ; mais il se garde bien d'indiquer la réunion de nos Antiquaires de Poitiers, réunion qui s'était faite chez moi, que je présidais pour ainsi dire, et où M. Rédet et moi n'étions pas seuîs ^^ l'avis 'de M. Fillon. Voilà donc une sorte d'aréopage d( tous les juges affirment le même point. Parmi ces jugi le voyageur vendéen n'avait pas manqué de dire que trouvait un chanoine de Poitiers. Il me semble voir ali se rembrunir quelque peu le front ordinairement serein l'illustre professeur. C'est alors qu'il aura dit sans doute maussade propos que je recueillis un jour de ta bouc du libre-viveur Mérimée : « Je n'aime pas que les prêtres mêlent de çà ! » — Chers et doctes Messieurs, plaisant vous? Vous qui vivez de parchemins et d'archéolog qui dissertez en de beaux, livres et aux grands frais budget national sur les ogives de l'architecture chrétiet et les fresques de nos voûtes romanes, où seriez-vc aujourd'hui, et qui eût jamais entendu parler de vous, les prêtres ne s'étaient pas mêléi de çàt Eh ! quoi t prêtres ne sont-ilg. pas dans leur domaine propre lorsqu traitent de la construction, de la peinture, de l'orfévrei des vitraux de nos basiliques? Est-ce vous ou eux quia pris les premiers en .main, aux origines du chrîstianisi
l'équerre et le ciseau, le pinceau et la palette, l'or et les gemmes des reliquaires et des vases sacrés? Fi donc! vous n'êtes venu ravir aux prêtres qui n'y gagnaient rien , ces bienheureuses fonctions que pour y trouver autant de moyens de vous enrichir. Il vous a manqué à la fois l'esthétique, la liturgie, le sens chrétien, les moindres éléments du mysticisme, toutes choses dont le moyen âge avait le secret, et dont vous ne vous êtes même pas douté. Vous ignoriez la Bible, les Pères de l'Eglise, les encyclopédistes catholiques, l'hagiographie, et c'est dénués de ces indispensables richesses que vous nous avez fait trop souvent, au lieu d'églises, d'ignobles quadrilatères qui ne valent pas la moitié de nos plus humbles chapelles. Vous avez imprimé de fastueuses pages de papier vélin, de prétendues histoires de nos peintures murales aussi remarquables par vos fautes d'ignorances que par vos folies d'imagination ; vous n'avez eu, depuis 1848, la disposition de nos édifices sacrés, que pour les dénaturer ou les perdre ; vous n'avez usé de votre maudite omnipotence que pour tout bouleverser au lieu de conserver et de rétablir ; vous n'avez payé aucune de vos fautes ; vous vous êtes enrichis d'autant plus que vous avez mal dépensé les millions de la. France, des paroisses et des départements (•>;. Ne cherchons pas ailleurs le secret de cette remarquable parole : > Je n'aime pas que les prêtres se mêlent de çâ («. »
El c'est pourquoi aussi nous découvrirons dans le style et l'argumentation de M. Quicherat, contre l'anneau et les reliques de sainte Radégonde, tout ce qu'il faut de mauvaise humeur et de piètres raisons pour prouver que les prêtres doivent s'en occuper un peu.
(a) Cf. Revue de l'Art chrétien, 1)fô9, dos articles sur YArt religieux et les a -chitectet au XIX' siècle.
(b) V. le volume in-f>, publié vers 1868 par H. Mërimée, sur ]ei Peintures de r 'glite de SaitU-Savin, olx s'élalent de grosses fantes d'appréciation sur des bits koD(^;raphiqnes; d'où l'on est obligée de cooclure qu'avant de se mêler de çà Y toleur aoroil bieD fait d'étudier les éléments de la liturgie catholique.
Suîvons-Ie pas à pas.
Et d'abord il avoue que « toutes les convenances possibles concouraient à faire du bijou de Moncontour une ancienne possession d'une reine de France habitante du Poitou w. Cet anneau avait été renfermé avec elle dans son tombeau, selon l'usage des temps barbares (t>y. C'était l'un des deux trouvés dans le tombeau ouvert en 1412, et celui dont le duc fut empêché de se saisir parce que, selon Jean Bouchet, le doigt auquel il était passé se replia. Nécessairement il avait été volé en 1562... Retiré de terre dans le champ de bataille de Moncontour, c'est qu'il était une épave de cette bataille. Quelqu'un l'avait perdu, soit en luttant pour défendre sa vie, soit en tombant blessé ou mort. » Certes, je n'aurais pas refusé de signer ces quelques lignes. Elles étaient la reproduction de mes paroles dites chez moi en présence de nos Antiquaires de l'Ouest et de M. Fillon. Celui-ci avait fidèlement rapporté ce qu'il avait entendu. Elles avaient suffi pour convaincre M. Quicherat, qui ne donnait ainsi dans ce passage que sa propre pensée très nettement exposée dans sa première lecture.
« Cet enchaînement d'idées, dit-il, l'avait séduit; i mais de toutes les conjectures auxquelles il s'était associé^ il n'en est plus une seule qu'il oserait hasarder maintenant. Et les raisons de cette reculade? Jugeons-en, car le savant rétrograde nous invite « à le suivre », et nous n'aurons garde de nous y refuser. Il va nous faire , à sa façon, « une histoire du corps de la bienheureuse reine •. Et d'abordf comme il sait bien qu'on ne croirait pas à l'anneau si l'on peut prouver que le corps et ses reliques annexes ont disparu sans qu'on ait jamais pu les recouvrer, il va s'appliquer à nous faire regarder cette disparition comme historique ; il fera rafle de nos traditions, il arr i-
(a) Mémoires des Afitiqtmires de France, t. XXVII, p. 187.
(b) Non-seulement des temps barbares, mais du moyen âge, et encore jas<j ao xvu« siècle.
géra à sa façon les données les plus certaine n'était pas plus fort contre les étables d'Augias. Avant tout il s'attaque au tombeau de sainte et se sert du rédt de Grégoire de Tours, que ! cité exactement (a), pour prouver par les deux pierre qu'on avait réunies, après en avoir enlevi afin de donner au cercueil de bois une place que le tombeau actuel ne date pas de cette pren ture, • malgré, ajoute-t-il, l'hypothèse tant de fo — Il est certain qu'il ne faut pas forcer cette Tout nous fait croire, d'après le texte latin, qu'o alors à la sainte qu'une sépulture provisoire. < ne rien faire de définitif avant le retour de ] Poitiers. Grégoire ne rapporte donc que ce qu'il en examinant bien le tombeau actuel, l'archéolc voit pas d'autre origine prouvée que celle du vi* frise sculptée sur les côtés de l'auge , si elle e romain, comme nous le croyons avec M. Quic appartient que mieux à ce temps où l'art chrétie pas encore caractérisé par des ornements d'autr coupe en bâtiére du couvercle ne contredit en pensée. Seulement les supports de cette masse peuvent appartenir à une époque plus rapprochf comme l'indique leur forme trapue et leurs élémentaires w. On concluerait donc mal après i que le tombeau n'a pas son origine dans une ci très rapprochée de la première cérémonie, pi Grégoire de Tours; nous regardons comme probable que ce monument aura été donné à 1î clos définitivement très peu de temps après s ne faut donc pas récuser ce double témoignage de la pierre en regardant, avec notre critique, c simple hypothèse que le tombeau actuel soit
(a) Ci-dessus, ad ann. 5S7.
(b) M. de Caumoat ret^ardait c tent-élre A discuter : i
lequel la sainte a été déposée peu de temps Une autre erreur, bien plus évidente, persuadi que les reliques ont fait quatre voyages pos 600 à 814 ou de 840 à 876, parce que les deux époques ont à Poitiers des lacunes qi supposer beaucoup de faits dont on n'a i Mais pourquoi les supposer ainsi gratui simple hypothèse? Et jugez d'ailleurs co voyages auraient dû faire ces reliques si no) un ou deux seulement de 600 à 876, puisqt du IX* siècle seulement, il en compte qui moins, en prenant à témoins les BoUandistt nous verrons, au reste, qu'il est assez n bien de tant de courses, gardons-en une, 1; historique, celle qui se fit en 8^, de P Benott-de-Quinçay, mais ne regardons pas comme sérieuses les autres dates empruntées par M. Quicherat aux Bollandistes, qu'il a mal compris, car il prend pour des dates de translations successives celle du premier voyage de la sainte à Poitiers, après le miracle des avoines, ou du retour de ses restes dans sa basilique poitevine, après la disparition des Normands, et dont notre érudit n'a aucune idée ; ou enfin une ou deux autres aussi peu concluantes. Et après avoir dit que » l'une des quatre translations est à l'abbaye de Quinçay », il ajoute naïvement : « On ignore l'itinéraire des autres » — Je le crois bien, et tout le monde sait pourquoi. Mais à défaut de cette géographie, il va s'en faire une autre qui est bien de la plus singulière invention que je connaisse. Néanmoins, sans qu'il nous invite aie suivre, mettons-nous en route avec lui à travers un pays imaginaire. Comme il tient absolument à ce que nos annalistes et le; fidèles catholiques du Poitou aient cru sans fondement à h présence de saintes reliques dans leur crypte sans inter ruption depuis le ix" siècle, il en compose un roman d'< résulterait que les moines auraient emporté le préciev cercueil, devinez où? — Eu Rouergue, s'il vous plaît...
— Et la preuve, direz-vous? — La preuve, la voie que, < entre Poitiers et Rodez, on voit s'étendre unejile d'églises au vocable de sainte Radégonde docte chercheur a la bonté de nous les montrer c Il en compte jusqu'à neuf, s'il vous platt, ce c neuf ou dix translations au lieu de quatre. En sa\\ Jile, il ne s'arrête que dans t'Aveyron, dans le c Rodez, où il trouve un village de 1,200 âmes, ht nom de la sainte, et il ne doute pas que ces villes o n'aient été autant de stations où la fuite de nos poitevins ait laissé autant de souvenirs de transi: de repos. Pour nous faire mordre à une telle plai il aurait fallu éclairer ce bel itinéraire de traditions de textes historiques rapportant à ces voyages s Poitiers des souvenirs authentiques qui obhgeass même conclusion. Peut-être notre géographe a-t-il 1 goût d'érudition dans quelques réminiscences de n( Hilaire, emporté dans le Velay, et gardé longtemps où il échappa heureusement aux déprédations des l Entre le Puy et Rodez, en effet, il n'y a qu'u distance : puisque l'un de nos saints s'était logé i de ces villes, l'autre pouvait bien choisir la ville Il est seulement très regrettable que les chroniqi l'Auvergne s'accordent autant sur ce qui regai Hilaire, qu'ils sont unanimes à se taire sur Rodez, pourrions-nous pas pousser plus loin notre légitir site en demandant à M. Quicherat si tous les 1 portent les vocables si célèbres de saint Hilaire, Pierre et de saint Martin ont dû ces noms vén< môme cause qu'il signale ici avec tant de cou l'occasion de sainte Radégonde? N'y a-t-il pas, er seulement, des centaines de paroisses encore hou ce nom, et aurait-il pu nous dire si ce sont autant consacrés par autant d'itinéraires semblables à c s'est plu à fabriquer^ci?
Mais ne perdons pas de vue la thèse que veut
44â HISTOIRE GÉNâRALB DU POIl
notre voyageur. Il s'agît d'établir nettemer sainte est restée exilée de chez elle e1 demeurée obscure chez les Auvergnats pe mais, qu'enfin une merveilleuse découver rendre toutefois (car il importe qu'elle ne : À Poitiers), Tait confinée sans honneur & une des belles églises de la Bourgogne. C
Notre habile confrère des Antiquaires d en avoir le cœur net. Pour en finir avec s il s'ingénie de compulser la table générah du volume des BoUandistes qui raconte, au de la grande reine. Il n'en passe rien : i bonheur enfin d'arriver à une certaine pi où il a la joie d'apprendre qu'en 1001, fouilles à l'église Sainte-Bénigne de Dijon, depuis longtemps, et qu'il s'agissait de réi dans un cercueil de bois une toile cir ossements humains accompagnés d'une ] Cette plaque contenait une inscription lati ces ossements étaient ceux de sainte Rad Que fallait-il de plus à M. Quiclierat p procès ? Voilà bien , certes , une translatîo en Bourgogne, c'était une des quatre partie ; en voici une de plus parmi cellt Voilà un bonheur d'antiquaire ! Le nom de < désormais au nom de celle-là.
Il y a mieux encore. C'est que M. Quicherat a pour lui les Jésuites. Ces BoUandistes, qu'on ne peut quelquefois s'empêcher de consulter, au moins pour certains cas i conscience archéologiques, sont aussi étonnés que not
(i) Chronic|ae de Sainte-Bénigne de Dgon, dans d'Achâry, S]HcUep., III, 3t
lEAÛ DE SAINTE RADÉGONDE 443
décident un peu moins vite, n'ayant pas
lui de cause personnelle à soutenir ; ils ce qui est de sainte Radégonde par ce en transcrire ; ils ont enrichi de précieux tes les vies de la sainte de Poitiers, écrites i jusqu'à Jean Filleau. Cette nouvelle sainte ant. Ils ne savent comment concilier ces nême nom, et ne trouvant pas à cette tion qui les satisfasse, ils laissent aux Dijonnais la tâche de s'arranger comme ant pu trouver aucun élément de certitude r décidément fa).
its qui savent douter parce qu'ils n'écrivent ["is. Si quelque -chose nous étonne ici, c'est
Belgique, dont la correspondance était si it un collège à Poitiers, n'aient pas cherché et à leur source la plus sûre, des renseiussent certainement reçus au xvii" siècle 'y manquaient pas. Néanmoins ils doutent est beaucoup, et M. Quicherat, qui a its, n'a pas celui-là. Son idée préconçue enthousiasme; il proclame que c'est bien . qu'elle est à Dijon et non à Poitiers; que le
cette reine a bien été celui de Bourgogne;
ses ossements s'y est fait le 7 juillet, ibre encore. Puis, afin de se faire un lus de ces Jésuites qu'il trouve si comleur dernière phrase, citée tout à l'heure, exprimant une hésitation à se prononcer teux, mais comme se prononçant nette- . convaincus, et défiant les Poitevins de 3uves à l'encontre des Dijonnais.
abord combien ici M. Quicherat est facile
iDâes liU monumenlis non asquiescuni, ipsi niiliquiora ivionensibus intentant Ulem : quare nos, defecin certiorit ilunius. (Bolland-, lor. cit., p. 65.)
444 HISTOIRE GËNÉEULE I
â convaincre. Pour adopter cette ; Poitiers, il ne demande aucune autr de ce corps. Il ne recourt pas à de puissent corroborer sa pensée ; il quand et comment ces ossements, dans une toile cirée, sont arrivés à sait bien qu'ils n'étaient pas origii  savoir si ce sont les restes d'une enfant. On n'a probablement jamai par cela même ne devait-il pas êtn méfier un peu plus de ces documer si insuffîsemts par eux-mêmes?
Ce qui l'a trompé surtout, c'est et attribué, dit-il, par la plaque de pi elle était restée inséparable.
Montrons clairement que cette il triste pour le professeur de l'école
Personne n'avait mentionné jusq de même nom appartenant à deux j l'ai indiquée dans cette Histoire t que personne ne s'y trompe plus, ressé à ne rien ignorer de la ne comme je l'ai fait, s'il n'avait pas vérité que d'autoriser son vaste sy eût appris comme moi en lisant lei l'attention que doit porter à de tell chartes et de papyrus, ce que j'ai volume (fl), et dès lors il n'aurai sainte de Poitiers celle de Chelles t pas laissé aveugler par ce titre de enfant de sept ans pour signifier, premières races, qu'elle tenait p royale ; et tout l'échafaudage de se ses voyages de Poitiers à Rodez
(a) V. ci-dessm, p. 207 et soir.
nous allons voir, se serait écroulé dans son cabinet : et si Panneau de Moricontour n'en fût pas ressorti plus brillant, puisquMl avait de si hautes raisons de n'en pas vouloir, il n'eût pas combattu son origine avec toutes les autres mauvaises raisons qui vont nous occuper encore.
Ecoutons bien. « Une inscription, ignorée des Bollan- » distes, mais qui n'aurait pas dissipé leur incertitude s'ils » l'avaient connue... fut découverte seulement en 1849 et » publiée par M. l'abbé Auber. » — Or, cette inscription qui occupait deux pierres séparées, en voici la traduction, dont je suis l'auteur, et dont je garantis l'exactitude comme le lecteur peut en juger (?) :
« L'an 1012 après l'Incarnation du Fils de Dieu, sainte » Radégonde restait encore inconnue à tous. Son tombeau, » caché dans cette crypte, y avait été recouvert de terre. » Son monastère ne l'honorait plus que par le souvenir de » son nom, lorsque l'abbesse Béliarde, faisant des recherches, » dans la crypte sacrée ,
» demeurée si longtemps obscure, fît décorer ce lieu » saint, l'éclaira de plusieurs lampes, et assura ainsi » l'heureuse conservation du tombeau. — Sous le règne de » Robert; Guillaume le Grand, cinquième du nom, était » duc d'Aquitaine, et Gislebert, évéque de l'Eglise de » Poitiers (a). »
. M. Quicherat avoue qu' « ici le sens ne saurait faire de » doute. » — « On a voulu, dit-il, apprendre à la postérité
(a) Annis mille Dei carnis bis scxque peractis, Omnibus ignota Radegundis sancta manebat. Scrobis in absconso tumnlus tegebatur in umo. Aula suo yenerebatur de nomine Sancto.
Abbatissa sacris scrutam Beliardis in anfris,
pridie Kalendarum Marcii patefecit Gryptam que lacerais honeste foecit illustrari. Mundule Beliardis Tumulum servaTit Dum esset Robertas Rex, dnxque Pictavit Wil. Lelmus quintus apex, Gilberto Régente Ecclesiam.
» que les restes de la sainte, enfouis dans la crypte de » son église, où personne ne soupçonnait leur présence, » furent retrouvés au mois de février 1012. » — t Mais » comment peut-il se faire, continue notre latiniste, qu'à » onze ans d'intervalle le même corps ait été découvert de » la même manière à Dijon et à Poitiers? » — Eh! cher monsieur , nous venons de vous le dire : vous le savez maintenant : il y avait réellement deux saintes Radégonde. L'une n'était pas l'autre : c'est positif. Mais l'une a été confondue par vous avec l'autre, et c'est ce que vous auriez évité si, renonçant à toute idée arbitraire, vous aviez cherché comme moi, non à combattre la vérité qui gênait votre religion, mais à la voir où elle devait être par suite d'un examen qui devait vous être aussi facile qu'à moi.
Et pour ne laisser ici aucun doute, pour exposer surtout bien clairement le sens de cette épigraphie que vous avez si mal comprise , laissons, pour n'y plus revenir, la jeune Radégonde de Dijon, et parlons encore de la nôtre.
Voici donc comment, en suivant nos traditions les plus avérées et les raisonnables conjectures qui s'y rattachent, le corps de sainte Radégonde de Poitiers se révéla en 1012.
Nous savons, et M. Quicherat avec nous, qu'à une première approche des Normands, dont la mauvaise réputation se répandait très rapidement au loin devant eux, on s'était décidé à transporter le saint corps dans l'abbaye de Saint-Benoît-de-Quinçay (a). On avait, pour faire ainsi, toutes sortes de bonnes raisons : l'église Sainte-Radégonde étant située à Poitiers hors des murs, manquait donc de tou^
(a) Et non pas à Quinçay, cotnmo le répète si souvent M. Qaicherat, parce qu'il ignore que non loin de Tabbaye se trouve un village de Quiuçay, qu'il croi tout à fait identique à Tabbaye, quoique celle-ci en soit parfûtemeut distincte.
fense. Saint-Benoit, au contraire, venait de se lit entouré de retranchements et de murailles ; résistance alors invincible à des hordes encore sées avec les sièges et les assauts. La suite te
L'ennemi y épuisa vainement ses forces, et Tés son départ, les moines de Poitiers n'ont s pressé que de recouvrer leur trésor, et ■tent dans sa première et naturelle demeure.
de nouvelles invasions menacent des mêmesjtte fois on prend le parti de garder la précieuse îoit qu'on n'ait pas le temps d'entreprendre un je ; soit qu'on ne voulût plus l'exposer à rester ais il faut pourtant la ravir à de fâcheux
On se décide donc â enterrer le tombeau où é remise. Monument et relique disparaissent es de la crypte ; après quoi on en mure l'entrée, s troubles et les craintes du pays se prolongent,
a dispersion des moines et sans doute des ;omme le dit lui-même M. Quicheratw), de 840 i a causé dans cet intervalle un silence forcé roniques des deux monastères, et de beaucoup i s'étonne peu qu'après ce long espace de is, lorsque les rares témoins de ces dernières prises dans le plus grand secret étaient morts , on soit revenu au gîte commun sans aucun de 'S si intéressants. Cependant quelques rumeurs
produire ; quelques vagues données seront
la mémoire de certains et parvenues jusqu'à iliarde, qui, sans doute, n'avait pas assisté à la iumation. Mais des indications plus ou moins itant données, elle dut procéder à des recherches : ins quel en fut le résultat.
clair comme le jour. Voilà donc la sainte e tombeau relevé de terre, la crypte est rendue
Antiq. de France, XXVII, p. 196.
à son ancien éclat ; des lam
En un mot la trame perdue est retrouvée. On la garde avec d'autant plus d'amour ; la dévotion publique se ranime è l'aspect de ce monument qu'on visite avec foi, près duquel on prie avec confiance. Quatre cents ans s'écoulent, témoins de cette piété traditionnelle qui s'est perpétuée et s'est renouvelée pour douze ou quinze générations, lorsqu'on 1412, un prince français, l'oncle du roi Charles VI, épris d'un mouvement de dévotion pour la sainte, témoigne le désir d'avoir de ses reliques pour une des églises de S8 ville de Bourges. Aurait-il eu ces sentiments, aurait-il conçu un tel désir s'il n'avait pas été de notoriété publiqui que les reliques étaient toujours dans le tombeau?
Nous savons le reste. Le cercueil de marbre est ouvert la sainte apparaît dans ce costume dont on s'est plu, saoi doute après la découverte de lOlS, à parer en elle li majesté royale. Elle est là tout entière, et ce qui se voit, et qui se passe, les faits miraculeux du doigt conservant pai un mouvement d'opposition l'anneau qu'on veut lui ravir la blessure du maçon qu'un éclat de marbre a faite Ion de l'ouverture du tombeau, et sa guérison Instantanée pai une simple application de l'anneau sur l'œil sorti de son orbite, tout est là, tout parle devant d'innombrables témoins et l'annaliste Bouchet, qui raconte ces détails d'après It témoignage de son grand-père et de sa grand'mére quatrevingts ans seulement après la visite de 1413 (i), ne pouvùeQi être récusés que par un esprit de chicane et de mauvaist foi. — Et cependant vous entendrez M. Quicherat nier d( plus belle l'authenticité de cette remarquable inscriptioni encore lue et admirée de tout le monde à sa place primitive. Lui qui en a vu tant d'autres dont il n'a pas douté, il refuse de reconnaître celle-ci. En vain elle a avec sod véritable alphabet du xi" siècle une date certaine, le no~ d'une abbesse reconnue dans les dyptiques de Sainte-Croi
(a) Mém. da Antiq. dt VOttett. XXIV, 9 et 20.
uverains qui régnent alors en France, en le Siège de Poitiers; enfin tous ces carac- Dtarié sont autant de leurres dont on n'a )urquoi, direz-vous? Parce que, répond-il, )nciliation possible entre le corps de Dijon 3rs. Ne serait-il pas plus rmsonnable de lierre comme un irrécusable témoignage différentes ont porté le même nom, et que 1 perdu la sienne ? — Sans doute, mais si ervée, il y a de grandes chances pour 'anneau, et M. Quicherat n'en veut pas. Il înt à n'en pas vouloir, qu'il va s'inscrire, re l'ouverture du tombeau d'où cet anneau 'histoire ne l'embarrasse pas plus que
qui avait eu certainement, pour écrire ses 'aine, des mémoires et documents contemqu'à l'ouverture du tombeau, en présence , t le corps estoit entier, voylé, couronné, linctes •. — « Entier, s'écrie notre savant, près un si grand nombre de ces voyages » faits) « et où l'on sait que l'hospitalité se don de quelque ossement • {ce qui n'eut •es rares exemples avant le ix' siècle), i couronne est un emblème de fausse n'aurait pas donné à une reine volontaiie de la dignité royale >. — Ainsi, il faut iractéristiques des saints, et Radégonde pit de Bouchardon et de toutes les traditions ui, n'aurait dû porter ni le sceptre, ni la nanteau fleurdelysé, ni ce livre de la science ent toujours entre leurs mains les docteurs, solitaires. — Mais une idée lui vient et lui es doutes. Il prétend qu'ici l'histoire en a tombeau, ainsi décrit par Bouchet, pourrait le Pépin, roi d'Aquitaine, inhumé en 838
dans Téglise de Sainte-Radégonde. It d'Adhémar de Chabannais, qui avait i avec celle de Sainte-Croix, dont Pépin a Au reste, le récit de Besly(4) rectifie biei sans doute celui-ci, qui écrivait au xi' Poitiers, avait commis une faute que 1 eu des raisons de relever. M. Quicht moins que le tombeau de la reïne-re être celui du roi d'Aquitaine, et t qu'i tirer pour la science de ce qui se trou de Poitiers avaiit la spoliation de 156S
Si nous voulons avoir une juste raisonnement, rappelons-nous que toi sophe nie obstinément au moyen de trouvait confirmé du temps de Boucl murales qui, sur les murs latéraux, de la porte principale de l'église, re{ dans son tombeau telle que les Atu constatent, avec la guérison du ma< secondaires. Rien de tout cela n^offus veut absolument que les restes de I jamais, aient été pris dans la collégi patronne de Poitiers. C'est à. déroutei
Et voilà de quelles armes se server battent en dépit du bon sens contre 1 et les principes qu'ils ont abdiqués !
faut écrire longuement pour opposer faits à développer et des raisonnen , des preuves. Ce que nous venons de ■ une fois de plus, que les plus hau science ne sont pas toujours les plus et qu'il est de certaines matières qu'i moins aborder qu'ils ne les ontjam ment. Disons-le donc au profit de
(a) Comtes de Poictiers, p. 70.
it pas assez. Beaucoup devraient se dispenser de sans conseils des choses qui tiennent à ta théologie, alques n^étudient pas assez ni l'Ecriture, ni les ■s sacrés, ni les théologiens surtout, pour avoir de intes notions sur une foule de détails qu'on ne peut au hasard. Le clergé, au contraire, tout en se irisant avec toutes les sciences, n'ignore rien des ;s divines de la science surnaturelle. Il sait, d'ailleurs, cela même, comprendre les rapports des institutions .nés avec celles d'En-Haut ; il raisonne mieux de oup de choses qui se rattachent à ces dernières, et insi d'une plus grande aptitude à l'universalité de la ne.
s il est un genre de mérite auquel tous les écrivains it se sentir appelés : c'est le discernement du bien et il, du laid et du beau, de la franchise et de la maufoi. Il y a un honneur d'écrivain comme il en est un lancier et du commerçant. C'est cet honneur qui it les lettres par l'amour de la vérité, par le zèle des 5 consciencieuses, par la recherche de tout ce qui sse le bien public. Ces belles qualités, disons-le tement, n'apparaissent que rares et amoindries dans >mmes qui se sont privés de l'inspiration chrétienne, trop souvent dans les rangs de ses ennemis, uniqueguides par les passions de la terre. De ceux-là, ndez jamais la noble indépendance de la pensée, le lement généreux de Içurs plus mauvaises opinions, un quelconque, un intérêt mesquin, une vanité anxieuse ur réputation, l'emporteront toujours en eux sur le nent du vrai et du bon. N'entreprenez pas de les irtir. Au besoin-, ils fausseront toute logique, et oseront usqu'aux plus éclatantes splendeurs de la lumière, dépit de ces tristes abberrations, nous croyons avoir 'é que M. Fillon a bien possédé l'anneau de sainte gonde, et que M. Quicherat, dans un esprit d'oppoau culte de la sainte, a combattu, mais en vain,
l'identité du précieux objet. Un regret de cette polémique mal éclairée, c'es intéressante bague n'ait pas inspiré à de pour le comprendre, que sa place et mains de hasard qui la profanent, m trésor de Sainte-Croix où semblaient renée tant d'autres objets si riches d( sainte, et dont il nous reste à parler a^ tude que de vénération.