‹ Histoire générale, civile, religieuse et littéraire du Poitou (volume 4)Chapitre 3 sur 20 · Miteett., lib. IV. c. xvni · texte numérisé non relu

Miteett., lib. IV. c. xvni

Turon., lib. IV, c. XLViii.

jit son échec, il réso] irt , son fils aîné , av quelque temps prisi it une des guerres prt rmes contre son on recommandée par Ij son fils, qui d'ailleur Tobligation de marcl les recouvrer ies s ait en Sigebert Pépou e avait fait sa victin iveau crime. Ainsi p aile , Théodebert se ;s provinces à peint i. Pour plus d'activité, ; adjoint, et, seconc rmer lui-même une a ! ses Neustriens, e jui s'approchait. Dai Bur de prévenir ces lement l'inutilité d'um êques de ses Etats de ifin de juger des dro entre eux. Ce fut le t il s'assembla le 11 s nt en vain à conjurer léprisa leurs messagt iratifs(a)(8).

, tout était disposé, ■ ,it alors avant Pâque; commença les host irent le théâtre de 1

If. ecclés., I, 361. Cel aute

vile, Théodebert et Mérovée passèrent la Loire et se figèrent vers Poitiers.

Non loin de la ville et dans une plaine dont le nom s'est face de l'histoire, les chefs austrasiens avaient concentré urs forces. Le plus remarquable d'entre eux par son habileté

son expérience était Gondebaud (9), dont nous ne savons itre chose sinon qu'envoyé par Sigebert au secours de la ace assiégée , mais avec trop peu de monde , il fut défait

vit son armée massacrée presque entièrement (a). Théoibert entra donc en triomphe à Poitiers, où il s'établit )ur en faire le centre de ses opérations. On pourrait en inclure que la cité ne souffrit pas trop alors de cet asservisiment â un pouvoir étranger ; tous les partis y respectaient paiement la présence de Radégonde qu'entourait toujours

prestige de ses vertus. Au reste elle donna une fois de us la preuve de son patriotisme et de son esprit religieux, rsque voyant à quels excès ces guerres déplorables laient porter encore les princes ses parents, qu'aveuglaient, 1 dépit de leur foi chrétienne, l'esprit de vengeance et d'orjeil, elle se décida à leur écrire. La même lettre fut portée 1 même temps aux trois frères t qu'elle blâma fort , dit ouchet, de telles insolences i. Le texte de cette lettre ne DUS est pas resté. Mais à quelque source qu'en ait puisé îsprit un des historiens de la sainte (*), elle leur reprochait Svèrement ces dissensions continuelles qui ne se prolonaaient qu'au détriment de leurs peuples et au grand péril 3 leur propre salut. Nous n'avons guère à douter que ces ipplications aient été portées aux princes par Fortuoat, ms lequel rien d'important ne se faisait dans le monastère, ; que de fréquentes négociations, soit avec des évêques soit vec des rois , semblaient avoir désigné depuis longtemps our de telles ambassades w. Il y a plus. Il était aimé de igebert et de Contran ; Chilpéric n'avait eu que des motifs

(a) Ann. d'Aquit., p. 73.

{b) Fulbert, Episc., Cam. VUa Radeg., e. xiv.

(c) Luchi, ViUf Forhin., c, lx et suiv.

talent autant de raisons pour que la sai ,t par lui le succès de ses démarches , ( urs' appuyer efficacement, par leur en es, un grand nombre de personnages pi ■ochaient chaque jourw. Aces supplicati nés elle ajouta les instantes prières et > de toute sa famille monastique, et l'on

comment, les âmes dociles à la grâce par elles , et comment lui résistent ce ue leurs passions. Sigebert, en effet, sans peine, il envoya des propositions ît à Théodebert : Mais ni le frère ni le ne conseils de la modération et de la justi avait voulu d'abord s'emparer de Poiti ivenable au siège de ses opérations u a pas à remonter vers la Touraine, q tout : Il fallut que Tours se rendît p( Bientôt retournant sur ses pas, il porta 3 le Limousin et le Quercy, en prit s, et son armée porta dans ce malheurc n la plus complète. On ne peut compa iges causés- antérieurement par les hon les m" et iv« siècles, les horreurs et incendies et les démolitions qui raser

maisons et les églises, dont aucunes ■s devant les soldats de Chilpéric. I es, les couvents de femmes, avant d'ê ruits, devenaient les témoins et les victin 5 orgies, et celles-ci méritèrent au roi im , d'être cotnparé à Dioclétien et à Néron . pas la désolation de ses provinces st leur. Désespéré, hors d'état de voler à h des hordes bien plus fortes que ses propi

un., c. Lxxii el LKxiii.

b. IV, c. xu\ et suJT. — D. nouquei, HUt. Gall.,

upes décimées par leurs défaites successives, il se décida, oi qu'il ]ui en put coûter, à convoquer d'au-delà du Rhin

soldatesques allemandes de son obéissance , mais qu'il tvait toujours contenues, et qu,e plus d'une fois il avait cées à respecter les provinces de la Gaule. C'était risquer mcoup : Ces populations, à peine soumises aux lois d'une ilisation encore élémentaire , avaient , par-dessus tout , istinct du pillage et de la cruauté : surtout elles désiraient ïuis longtemps se joindre à celles de leurs tribus qui taient fixées dans les fertiles provinces de la Gaule }tentrionale. Sigebert était donc sûr de leur appui, quelles

lui refusèrent pas ; mais, tout en l'opposant comme une crière légitime aux injustes prétentions de ÇhQpéric sur 5 propres Etats, le roi d'Austrasie n'eut pas assez de ig-froid pour peser les funestes suites d'une invasion au n de la France par ces barbares qui y convoitaient des maines. Ce grand péril n'échappa point à la sagacité du i de Neustrie. Il chercha un secours prés de Gontran i, non moins alarmé pour son royaume de Bourgogne, issocia à ses vues , développa une armée le long de ses tntières du Nord, et fut s'établir à Troyes pour surveiller pparition de l'ennemi.

Les Allemands accourus sous les drapeaux de Sigebert [■ent bientôt prêts à marcher sous ses ordres. Diverses ripéties se déroulèrent pendant le cours de Tannée 574, i l'on voit Chilpéric, abandonné par Gontran, fuir devant 5 armées victorieuses de Sigebert, demander la paix, et lui-ci l'accorder généreusement en recouvrant, comme incipaie condition, les villes de ses Etats prises par léodebert, et l'évacuation par celui-ci de tout son territoire i l'Aquitaine. Cette paix fut ratifiée par un usage du temps li s'observe encore chez les populations de nos campagnes, îs deux contractants se frappèrent tour à tour dans la ain. C'était un contrat et un sermentw.

(a) Greg. Turon., ub. sup.

Les Allemands à la suite de Sigebert murmurèrent seuls ^ :^",*"!?^L.^" de ce traité. Ils n'y trouvaient pas le pillage qu'ils avaient tem, et sont renvoyés. espéré, et se révoltèrent. Le roi d'Austrasie dut à son calme et à son énergie de réprimer cette émeute menaçante. Il fit lapider quelques mutins, et força le gros des rebelles à regagner leur pays. Mais ils n'y arrivèrent qu'après avoir tout ruiné sur leur passage , en dépit des menaces et des défenses de Sigebert, qui dut se résigner à voir incendier les villages, piller les églises, démolir les fermes et les maisons. Quelles mœurs et quelles calamités!...

Le Poitou no jouit pas longtemps de la paix que lui avait co^irrsf^Un'y' m rendue l'évacuation de son territoire par les Neustriens. MtreCbiîpéricctGon- En vain l'hypocrite Chilpéric avait mis pour condition à sa •dernière promesse de paix que Sigebert, en reprenant ses provinces d'outre-Loire, ne tirerait aucune vengeance des peuples que le fer et le feu avaient forcés d'abandonner son sceptre. Il ne put tenir longtemps contre le désir de reprendre à son profit la dot de Galsuinde, et engagea dans une nouvelle ligue le faible Gontran, qui supportait avec un profond ressentiment la dévastation d'une partie de son royaume par les terribles auxiliaires de Sigebert. Après quelques mois d'un repos apparent qui cachait leurs projets, les deux frères se rencontrèrent et résolurent ensemble de reprendre les hostilités. L'instrument de ces nouvelles fureurs fut encore Théodebert. Au commencement de 575, il reçut ordre de repasser la Loire et de saccager les campagnes de la Touraine et du Poitou. Il y parvint, après avoir défait les forcés miUtaires qu'on lui opposait, et exigé des peuples d'énormes contributions. De son côté, Cliilpéric ravageait autour de Reims avec la ville elle-même tout le territoire qui en dépendait entre l'Aisne (10) et la Marne (11).

A la nouvelle de ces perfidies, Sigebert, indigné, rappelle TbSdîSrVdï^rAles troupes franques et germaines dont il était connu, et se ^"*'""®décide à ne plus ménager le meurtrier de sa belle-sœur, redevenu sans motif son ennemi, et de lui faire payer cher sa déloyale agression.

Tout d'abord, il marche au secours de Reims, refoule Chilpéric sur la Marne, occupe Paris, dont la neutralité convenue dès longtemps entre les trois frères n'avait plus de raison d'être quand deux d'entre eux manquaient à leurs plus solennels engagements. Après cette expédition, qui était la plus pressée, il songe à dégager des étreintes de Théodebert les provinces de l'Aquitaine qu'il incendiait et noyait dans le sang. Mais il ne devait pas diviser ses forces au risque d'un revers calamiteux. Il chargea donc des envoyés d'aller vers Tours et Châteaudun lever des troupes qui pussent être aussitôt dirigées contre Théodebert. Celuici, déjà maître des bords de la Loire, s'était avancé vers le Midi de l'Aquitaine, qu'il comptait reprendre. Mais les Tourangeaux et les Dunois, craignant sans doute un retour* vers leur pays du vainquent qui venait de les ruiner, refusèrent de seconder les efforts d'un roi dépossédé : il fallut Godé-isiie et oon- Qu'aussitôt ils v fusscnt forcés par Godégisile et Gontranddesigebeit. Bosou, dcux dcs plus habilcs généraux de l'Austrasie, qui

vinrent à la hâte, levèrent des troupes, et, repassant la Loire avec elles, menacèrent Théodebert, qui ne s'y attendait pas. De ces deux généraux, le premier différait beaucoup du second par la dignité habituelle de sa vie autant que par les vertus domestiques. L'autre, au contraire, qui devait finir d'une mort malheureuse, manquait de gravité, était avare, envieux, ne s'abstenait pas, à l'occasion, du bien d'autrui, ce qui lui avait procuré de grandes richesses : enfin il aimait mieux donner sa parole que la tenir (a). Ces divergences de caractère n'empêchèrent pas que les deux chefs ne s'entendissent très bien et ne s'avançassent, de concert et à marches forcées, vers l'ennemi qu'ils devaient chercher et punir. A leur approche, les .Francs de Théodebert se découragèrent, et quand déjà il prenait le parti de faire face aux Austrasiens en se portant vers eux jusqu'à Angoulême, Théodebert eut le dépit de se voir abandonné

(a) Greg. Turon., lib. IX, c. x et xii.

par le gros de ses forces : il ne voulut pas reculer cependant, et paraître avoir cédé à la peur. Avec le nombre réduit des troupes qui persistèrent à le suivre, il s^avança jusqu'aux bords de la Charente, où les deux généraux Pavaient attiré dans une position habilement choisie. En ce lieu que les historiens ne nomment pas, mais qui devait être rapproché d'Angouléme, une bataille se donna où hç^^"f„f'^'*****®" Théodebert fut tué par Boson. Trouvé parmi les morts, où déjà on l'avait dépouillé de ses riches vêtements, il dut les soins d'une sépulture honorable à un certain Arnulfe , chef du parti de Sigebert, qui le reconnut à sa longue chevelure, lui rendit les honneurs dus à sa naissance, et le fit ensevelir dans une des églises d'Angoulême (a).

Ces dramatiques événements, si variés et dont Pâme du lecteur est incessamment fatiguée, sont heureusement traversés dans l'histoire bruyante de ces temps difficiles , par les nombreux contrastes de faits et de personnages qui ramènent à une certaine période de sérénité et de paix. Nous ne pouvons donc négliger de placer ici une de ces humbles et imposantes figures, d'autant plus intéressante, qu'elle semble plus généralement oubliée. Il s'agit en effet, d'un saint dont le culte, encore effacé sur nos frontières occidentales, s'est entièrement conservé chez nous, où nous allons pourtant reconnaître qu'il aurait dû persévérer justement.

Saint Goar ou Gower était né dans l'Aquitaine, disent les jof^^e^SïîîîJpoi: vieux historiens , et vraisemblablement dans le Poitou , qui '°"semble le seul pays de cette contrée où se soit gardée sa mémoire. Ce nom paraîtrait avoir une origine germanique, et nous prouverait peut-être que ses parents, riches d'ailleurs et considérés, seraient venus s'établir dans notre province à la suite de quelques-uns des chefs illustres qu'y amenèrent les fréquentes invasions du v® siècle. Quoi qu'il en fût, Goar dut y voir le jour vers la fin de ce même siècle ou dès les

(a) Grcg. EuD., lib. IV, c. u.

remières années du suivant. A peine adolescent, il se entit dégoûté du monde, et quoique devenu prêtre un peu lus tard, il aspira à une plus parfaite solitude : C'est ourquoi voulant se cacher si bien qu'on ne le pût décourir , il alla s'établir dans les environs de Trêves , au onfluent du Rhin et de la Moselle, et s'y bâtit, avec la crmission de l'évêque saint Fébiciusw, une cellule et un ratoire où il passait saintement une vie tout occupée de i méditation, de la prière et de l'hospitalité envers les auvres pèlerins. Ses prédications furent aussi très utiles à i contrée, car il ne put tenir à son esprit de solitude et de ilence devant les plaies que faisaient au salut des Ames le aganisme et les vices grossiers qui les désiionoraîent dans es contrées encore à moitié barbares. Il y eut des succès ar de nombreuses conversions. Mais ce ne fut pas sans ue le démon y apportât, selon sa malice ordinaire, un enre de compensation qu'il n'épargne pas aux saints, et ont Dieu permet souvent qu'ils soient éprouvés pour mieux js tenir dans l'humilité, Goar fut donc calomnié pour ses onnes œuvres, mais il sortit avec honneur de ses épreuves jsqu'à dévoilei' même par un miracle la vie repréhensible e l'évêque Rustique, successeur de saint Fébicius, qui le igeait mal et s'en expliquait librement. Le bruit de ces ffaires parvint à la cour de Sigebert I" qui voulut placer roar sur le siège de Trêves en place de Rustique , atteint ravcment par les lois ceuioniques. L'humble solitaire cfusa constamment cette dignité, et après avoir demandé vec larmes à Dieu de l'exempter de ce fardeau, il tomba ans une maladie qui dura sept ans, offrant ses langueurs our l'évêque qui l'avait persécuté, et dont la pénitence fut gaiement édifiante. Ce fut ainsi que notre saint arriva à ne précieuse mort le 6 juillet 575. Son corps fut inhumé .ans la petite église qu'il avait bâtiem. Une autre plus

(a) Daniel, Hist. de France, ad anD. 576. — Gbalmel, Tablettes de l'histoire e Touraine, p. 34.

{b) Cf. Bolland., 6juHas. — Baillet, ibid., et les autres hagiographcs.

iIRE GÉNÉRALE DU POITOU (575) 65

onstruite plus tard en son honneur par le F, père de Charlemagne , sur le même lieu a première. Une ville se forma autour de fut donné par Charlemagne à Tabbaye aujourd'hui encore un lieu fortifié de 1,200 s, appartenant à la Prusse, et à 9 lieues entz.

religieux de Pruym, écrivit la vie de saint ou 615, d'après D. Rivet w. C'est de son giographes tirèrent tout ce qu'ils ont écrit

du saint corps, qui se fit le 25 mai 765 dans jj^^^^^^,**', Pépin, fut l'occasion de nombreux miracles '' "*«" ^ '*'"'■ e moine de Pruym (121- C'est de là sans pandit, avec quelques reliques, la dévotion ;ulte qui devint célèbre, mais presque oublié ips. Le Poitou était certainement une des levait être le mieux accueilli. C'est pourquoi ■obablement dés cette époque, un village tout iges-sur-l'Autise (13) prit ce nom qu'il garde ,teau fort y existait au xii« siècle avec une 18 voit plus que quelques débris dont l'archiise cette époque. L'église, posée au nord du place à un chemin public ; le château fut âti à la Renaissance, et reste encore une are, située dans une vallée qu'arrose un abondant pour ne tarir jamais. Ce ruisseau e près du chevet de l'ancienne église : un protège aussi bien qu'une voûte plate dont t, et au-dessus de laquelle on a encastré adossée au mur du château, une statue en €tdition a décorée du nom de saint Goar, e appartenir plutôt à l'art gallo-romain qu'à ie du vi" siècle (14).

i }ul. — Btiillel, ibid., cl les aalres bagiograiihes.

3 village d'AnsouIesse (15), dans la paroisse de Monta- Ml6), voisine de Poitiers, avait une église dépendante Tabbaye de Saint-Cyprien , où était une chapelle de it-Goar. La fête du saint s'y célébrait chaque année le illet, avec un pèlerinage très fréquenté, et roffice s'y lit par un des religieux de la maison-mère qui s'y rentout exprès (a). Aucune autre trace n'est venue jusqu'à s, semble-t-il, de cette mémoire, pourtant si vénérable, Dnt l'ancien éclat mérite à tant de titres d'éclairer, au is pour l'avenir, quelques pages de notre histoire. 3venons à Sigebert. Pendant que son Aquitaine était le tre de ces horribles tiraillements, il n'avait pas perdu temps en Neustrie. Chilpéric, épouvanté des revers et a mort de son fils, s'était allé renfermer avec sa femme légende et ses enfants dans Tournai, la plus forte ville les frontières du Nord. Sigebert était donc maître du un , et il parut décidé à laisser en proie à ses alliés srhénans la majeure partie des Etats de son fugitif. > à cette nouvelle les Neustriens , craignant de se voir er par les barbares, dont ils savaient l'ardeur au pillage, tyèrent offrir à Sigebert de régner sur eux, lui promet- , comme condition de la paix, d'abandonner Chiipénc i ne reconnaître plus d'autre autorité que la sienne. Le e fut accepté, et le roi d'Aquitaine, triomphant enfin de de perfidies et de violences, visita rapidement les cipales villes pour s'en assurer la possession, et rentra aris, que lui soumettaient les suites d'une guerre ime. Il fut bientôt suivi par son épouse Brunehaut, ses i filles et le plus jeune de leurs enfants, nommé Childe- , Toute cette famille, pendant la dernière période de la Te, qui semblait finie, était demeurée à Metz, toujours taie de l'Austrasie. Pour Brunehaut, dont le cœur ait encore l'ulcère qu'y avait creusé la mort de sa sœur, lit un double triomphe que celte défaite de l'assassin et

SuUeU det Antiq, de l'Oaetl, Xlli, 396 et suiv.

GÉNÊflALE DU POITOU (575) 67

OÙ il se trouvait. EUle ne songeait pas timcnt; elle s^abandonna à celui dMne le, et, sous prétexte de ne pas manquer iœur, elle oublia qu'elle était chrétienne, 5 d'exercer la justice en punissant des jamais de se venger. Aussi, à peine acclamations du peuple, elle exprima ms qu'elle inspirait â Sigebert. Il ne oins que d'aller s'emparer de Tournai, roi dépouillé et vaincu une sanglante les.

ait encore évêque de Paris. Plusieurs se sans succès entre les deux frères ; lais surtout du côté du roi de Neustrie bservations et ses conseils. Il en était voyant pas sans un profond chagrin ;t tant d'autres qui menaçaient encore 'enir de la Gaule. Il résolut donc de Ffort d'où devait résulter la tranquillité de Chilpéric. Il écrivit à la reine pour rojets condamnables qu'elle soufflait à le roi déjà prêt â partir pour le siège lisant que la pensée de tuer son frère sa propre mort. On vit alors le plus noble des fils de Clotaire, céder plutôt uillant et emporté qu'aux inspirations vœu de la religion. Se croyant sur de ta dans son fatal projet, et se dirigea 17), pour s'y faire couronner roi des Il y arriva avec un cortège nombreux, par la noblesse et le peuple du pays )mme leur, nouveau chef. Rien n'était amond au cérémonial de ce grand acte lur cette première race de nos rois. Les ô un cercle immense au milieu duquel ic le nouveau roi, les Icudes et autres

jrands officiers de sa cour. Des soldais l'élevant sur un i;rand bouclier, l'avaient porté ainsi trois fois autour du sercle, tandis que les assistants le saluaient de leurs cris le joie en frappant bruyamment leurs armes du plat de eur épée. Des festins splendides continuaient pendant les ours suivants : mais cette fois on avait abandonné volontiers lette dernière partie des fêtes officielles, et Sigebert après :ette solennelle intronisation s'était hâté de marcher sur fournai. Déjà, pendant ce triomphe, d'autant plus enivrant [u'il avait été moins espéré, ses troupes serraient de près es alentours de la place ; Chilpéric découragé et morne de iésespoir n'y attendait plus qu'une catastrophe terrible. Mais Frédégonde, qu'on peut regarder comme la furie de ion siècle, ne manquait jamais quelqu'une des ressources \ne lui gardait son caractère astucieux et cruel. Elle avait ^agné deux jeunes Francs des environs de Thérouanne, les irmant de deux énormes couteaux empoisonnés , et leur [ïromeltant les plus magnifiques récompenses, elle leur avmt ordonné d'assassiner Sigebert. Donc ils gagnèrent le camp 3Ù le nouveau roi des Francs venait d'arriver, demandèrent i le saluer, et comme celui-ci les accueillait avec bienveillance, ils tirèrent brusquement leurs couteaux et l'en frappèrent dans les deux flancs à la fois. Le prince jeta un cri et tomba mort. Les assassins furent aussitôt massacrés par la foule m.

Le malheureux prince avait alors quarante ans. Il en avait régné quatorze, dont dix sur l'Austrasie et sur l'Aquitaine, nous savons à travers combien de vicissitudes et de combats. Cette mort fatale, arrivée au milieu de tout ce que la gloire humaine semblait avoir de plus éclatant, parut aux sages de son temps le prix mérité de beaucoup de fautes, et surtout parce qu'il avait dédaigné les paroles inspirées de saint Germain. On s'afflige, en effet, de voir cf prince à l'esprit élevé, au cœur si habituellement inspin

(a) Gr^. TuroQ., ub sup., Iib. IV, c. li.

eux, céder trop faiblement, dans le fol succès, aux mauvais conseils d'une lle-mêmi3 des mauvaises pensées de son me que fût son triomphe, quelque juste ntre un frère toujours parjure, et sur les ne devait plus compter, rien ne justifiait le ses Etats les sanguinaires violences time. Quant au parjure que semble lui 3 et pieux historien lorsqu'il s'empara i neutralité de cette ville jurée par les e !*"■, il ne faut pas oublier que le !S amené par la guerre, l'envahissement Jeustrie, et le besoin de s'assurer une te pour amener la dépendance du reste, lent cette mesure. Des traités antérieurs,

et Sigebert n'en avait jamais déchiré nie page. Il eût donc été d'une mauvaise p au milieu des chances de la guerre, un nés conventions effacées, au risque d'en itôt profiter des ennemis qui n'eussent t. Ce fait par lui-même n'ôte donc rien 3rt dont la loyauté ne fut jamais plus TOure. D'ailleurs, il avait donné toujours irs et de la religion, et par tant de it l'honorable mérite de protester contre les des trônes qui environnaient le sien.

était à peine mort que ses généraux ; Tournai. Selon l'usage de ce temps uvait avoir de permanence, se débanda, ses foyers d'Austrasie ou d'Aquitaine,

assiégés n'ayant plus rien à craindre ent tous les soins de sa sépulture. Elle bord à Lambres, près Cambrai, autre ic trouvait un atelier monétaire, puis ssons, dans l'église de Saint-Médard, depuis treize ans.

sii^î?lSi™re^'' Childebert, le jeune fils du roi assassiné), cet enfant de

quatrç ans que nous avons vu à la cour de Metz avec sa mère et ses deux sœurs, devenait l'héritier légitime de son père. C'était un juste sujet d'appréhender contre lui les entreprises de Chilpéric et de Frédégonde, qui ne manqueraient pas de s'en défaire s'ils tentaient une fois de plus la conquête de la Neustrie. Avec la fortune des combats avaient disparu les amis de la famille. Pourtant un seul, dévoué et fidèle, lui restait et ce fut assez pour déjouer de perfides desseins. On se rappelle ce Gondebaud (18), général défait par Théodebert l'année précédente, sous les murs de. Poitiers. Ce fut lui qui se chargea de soustraire le royal enfant, encore à Paris avec sa mère, aux recherches de ses ennemis. Par ses soins l'héritier de Sigebert fut placé dans une corbeille et descendu la nuit par une fenêtre du palais ; après quoi, et sous la conduite d'un serviteur éprouvé, on le ramena à Metz, où son arrivée releva les espérances des Austrasiens, qui renoncèrent à Chilpéric et reconnurent Childebert pour leur voïiay. Bien en avait pris à ses amis de le soustraire au danger, car de leur côté Chilpéric et Frédégonde arrivèrent à Paris, s'emparèrent des trésors de Sigebert et de ceux de Brunehaut qu'ils exilèrent à Rouen , et incontinent faisant lever des troupes dans le Maine par un de leurs généraux nommé Rocoléne, qui était comte du Mans, ils lui enjoignirent d'aller se saisir de Tours. Mérovée, le troisième fils de Chilpéric, allait être chargé bientôt d'envahir le Poitou (*). Les deux provinces virent recommencer pour elles, l'une tout d'abord, l'autre un peu plus tard, les malheurs qui avaient signalé les guerres précédentes, de ''rTïfuiM^jSr Rocoléne alla camper au bord de la Loire, et fit demander chupéric. g^^^ Touraugcaux de se rendre et de lui livrer, au nom de

son maître, Gontrand-Boson , sur lequel il voulait venge*

(a) Greg. Turon., ub. mp. Fredegar., Epitum. c. l\xii.. {b) Greg. Turon., lib. V, c. i et ii.

lebert. Ce général, en effet, s'était fixé à dernier armistice ; mais sachant à quoi ié profonde du roi de Neustrie, il n'avait ivée de ses troupes pour sortir de la ville,

s'était sauvé dans les dépendances de ■Martin. C'était, paraît-il d'après les fermes ïire de Tours dans ce récit, c'était à luii'êque de ce siège depuis deux,ans, que irrogante injonction, et il voyait dans cette iquer ici son crédit et son autorité parce qu'il ; du monastère dont il était le chef. Mais ormel de livrer une victime ne devait pas invoya donc une députation vers le comte ter que ce qu'il dem.andait ne s'était jamais violation du lieu saint ne porterait bonheur lême, et qu'il devait redouter du saint patron auteur vénéré d'une guérison miraculeuse quelque nouveau miracle qui pourrait bien

son impiété. Pour des gens inspirés des rie, ces raisons, respectées de tous, n'en locolène déclara qu'il ne s'en embarras- , plus que des menaces qu'on lui faisait. à ses gens de ravager tout le pays d'alen- 3pter les maisons et propriétés des clercs et sn commençait à peine à exécuter ces ordres général fut frappé d'une attaque d'épilepsie plusieurs fois et de plus en plus grave. ■valles de ces cruelles rechutes, d'aveugles lèrent d'entrer enfin dans la ville. Trop ides avis, il réitéra aux habitants l'ordre ■ iilique pour en faire sortir Boson : à quoi érent encore. Rocolène, irrité, monta à :• un pont de bateaux ia rivière, qui n'était s'avança lui-même vers la basilique pour 'omme c'était la veille de l'Epiphanie, une jndait de la cathédrale à Saint-Martin ;

âque et le clergé y accompagnaient les reliques des its, selon l'usage, en chantant des psaumes. Le malheus ne craignit pas de prendre la tête de la procession, semblait ainsi lui faire cortège. Cette dérision impie it recevoir son châtiment. Il entrait à peine dans l'enite sacrée qu'aux premières menaces qu'il prononça il saisi: d'une nouvelle attaque de son mal, et dut être ïorté à la hâte. Il fut très agité toute la journée, et ne prerfdre aucune nourriture. Après avoir langui quelques laines, découragé d'ailleurs par un gonflement subit de jOire, il songea qu'il n'avait plus aucun mal à faire dans nalheureuse cité ; et, un peu remis enfin de ses violentes ousses, il résolut d'aller continuer à Poitiers sa détesle mission. Il s'y fit donc transporter, n'ayant plus qu'une piration très gênée; c'était pendant le carême, et il se posait à commencer le l^mars, contre les habitants, vexations et les rigueurs qu'il avait méditées, lorsque, reille de ce jour, il expira dans une nouvelle crise, et :c lui, dit son historien, expirèrent son insolence orgueilsc et .sa fastueuse présomption (a). Mais tout n'était pas pour le Poitou.

'hilpéric et Frédégonde, après s'être assurés à Paris i riches trésors de Brunehaut et l'avoir fait conduire LS bonne escorte à Rouen, qui lui fut donné pour prison, iurnèrent à Braine (19), où ils se tenaient souvent, et qui it leur maison de campagne du Soissonnais. De là Ipéric, qui était décidé à profiter de la jeunesse de son eu, et des difficultés de la régence qui gouvernait en nom, pour reprendre toute la basse Aquitaine où Idebert avait été reconnu , dépêcha Mérouée l*) avec re de soustraire au jeune roi les villes principales de domination, telles que Poitiers, Limoges, Cahors et deaux. Le roi, qui avait si souvent méconnu sa parole,

i Greg. Toron., lib. V, c. IV. — De nùrac. S. Martin., Mb. Il, c. xxvii. I Xerweus, que uous traduirons par Mérouée, pour le distinguer Ae ses

ne soupçonnait pas que son fils allait employer contre lui des leçons de fourberie qu'il en avait reçues.

• En effet, le jeune prince, parti pour Poitiers avec des J^"^ '"^'^'^ «^"apparences belliqueuses, n'eut rien de plus pressé que d'oublier sa mission militaire. Les fêtes de Pâques approchaient. Au lieu d'entrer en campagne, il s'arrangea pour les célébrer à Tours, où son premier soin fut de rançonner, en disposant de ses biens et en s'appropriant ses richesses, un des plus fidèles amis de son père, le comte de Tours luirmême.

Ce comte n'était autre que Leudaste, dont nous connais- ge^SeuadîsIe?"**'" sons déjà le nom déshonoré par un rôle d'infamie. Nous l'avons vu,^quand la Touraine était échue à Sigebert en 567, prendre le parti de Chilpéric, qui contestait injustement cet héritage à son jeune frère. Leudaste avait été puni de cette trahison par un revers qui, rétablissant le roi d'Austrasie en Aquitaine, l'avait forcé de fuir en abandonnant ses biens au pillage de l'ennemi. Mais ce revers n'avait pas duré longtemps. Quand Théodebert avait recouvré par les armes la malheureuse province de Tours, saint Grégoire, qui venait d'en être fait évêque, s'était prêté, sur la (Jemande du jeune vainqueur, à faire réintégrer Leudaste dans ses fonctions de comte, et, dès ce moment, celui-ci devint envers le prélat humble, soumis et obséquieux. Il lui jura même sur le tombeau de saint Martin de s'intéresser à tout ce qui toucherait sa personne et son Eghse, et à ne jamais donner lieu à aucun reproche sur sa conduite. Sigebert étant rentré en possession de la Touraine, Leudaste chercha un asile chez Macliau, duc de Bretagne, qui ne valait pas mieux que lui. De là il surveillait les événements et ne manqua pas d'en profiter lorsque, deux ans après, Chilpéric vit de nouveau la malheureuse ville tomber entre ses mains. Ce fut le signal pour Leudaste de nouvelles intrigues qui lui valurent de recouvrer sa dignité et ses honneurs ; malheureusement, ce devait être aussi une nouvelle occasion de dévoiler ses hypocrisies et sa méchanceté. On le

itôt, en dépit de ses serments à saint Grégoire et de version qu'il avait feinte à de meilleures mœurs, Ire son caractère indomptable. Il était revenu à ses res exactions, et, comme elles avaient ranimé les mal éteintes de la population, il s'en vengeait par croit d'orgueil et par une insupportable tyrannie. rs revêtu de l'habit militaire, il se plaisait à imprimer

la terreur, ne jugeait point sans insulter ses justi- , se répandait en injures grossières contre les irs indistinctement, emprisonnait les prêtres, bEkttait jes les militaires, en un mot se faisait un jeu envers 3S plus révoltants outrages. Telle était sa conduite Mérouée vint le-forcer de vider ses caisses d'autant respectées par lui que le public irrité applaudissait

ce châtiment trop mérité sans doute, mais que it aucune loi n'autorisait.

notif secret poussait d'ailleurs îo jeune prince à cet l'autorité dont la victime ne devait pas se consoler lent. Il avait vu à Paris la reine Brunehaut, l'une is belles femmes de la Gaule , et quoiqu'elle tût sa il s'en était épris, celle-ci, de son côté, n'était pas insensible à cette affection : elle s'enivra bientôt de ;spérances mêlées peut-être du désir de trouver un ;ontre Frédégonde dans l'héritier du trône de Neustrie. Fut donc pas vers Poitiers que Mérouée se dirigea ; indit à Rouen, et de là, en dépit du degré (Je parenté ohibait son mariage, il fit bénir cette union par e Prétextât, qui était son parrain. Une telle alliance videmment contre les canons, et eût engagé la ;nce de l'évêque ; car du temps de Grégoire le Grand, celui-ci (590-604), il était défendu de se marier entre 5 jusqu'au septième degré inclusivement (•>>, mais es auteurs c« ont pensé , non sans fondement , que oute alors le métropolitain pouvait accorder de telles Gregor.. Episl-, 17, lib., XIV.

eg., Turon., lib. V, c. xtix.

dispenses, eu égard à des circonstances graves. Ce qui le ferait croire , c'est qu'au milieu des accusations qui furent portées bientôt après contre Prétextât, on ne voit pas formuler aucun reproche d'avoir outre-passé ses pouvoirs en cette rencontre, ce qu'on n'aurait pas manqué de faire si le prélat y eût donné lieu ; c'est l'opinion des historiens modernes (a).

Leudaste se sentit à peine délivré de Mérouée qu'il entra J^'^^G^Jiri^dl en fureur contre l'évéque de Tours, son bienfaiteur, dont la ^°""' vertu était la seule cause de sa haine. Entre autres prétextes dont il chercha à autoriser ses colères, il en inventa un digne de lui : il reprocha à Grégoire , qui J'aimait sincèrement et ne songeait qu'à l'améliorer par ses sages conseils, d'avoir causé sa ruine en conseillant à Mérouée de le dépouiller. Il devait pousser plus loin la calomnie : mais arrêtons-nous un instant pour faire connaissance avec le saint prélat qu'il persécutait.

Georges-Florent-Grégoire était originaire d'Auvergne, où No'ionssurcepréut. sa famille occupait un rang distingué dans la noblesse. Son aïeul Florent était sénateur de la province, et son père Georges y avait succédé à cette charge. Par sa mère, il descendait du célèbre martyr Epagathc, qui souffrit à Lyon en 177, pendant la persécution qui priva cette illustre portion de la Gaule de son évêque saint Pothin. Sa mère Armentaire, tenait par les Hens du sang à saint Nizier, alors évêque de Lyon, et à saint Gai, qui occupa le Siège de Clermont de 527 à 554. Un de ses frères fut diacre de Langres; une de ses sœurs, Justine, fut reUgieuse à Sainte-Croix de Poitiers , du vivant de sainte Radégonde ; saint Euphrone, son prédécesseur sur le siège de Tours , était son cousin. Enfin il avait eu pour aïeul par sa mère, saint Grégoire de Langres,. marié avant son épiscopàt, et dont il prit le nom pour honorer sa mémoire. Une telle parenté, toute composée de saints, sut tourner vers le ciel

(a) V. France Pontificale. Rouen, p. 23.

le cœur et les pensées d'un jeune enfant qui était né à Clermont le 30 novembre 539. •

Sa jeunesse se passa dans la piété et dans les études sérieuses. Il y contracta l'amour du travail, y trouva le germe de sa vocation au sacerdoce. Souvent appelé à Tours par sa dévotion à saint Martin, il était autant du clergé de cette ville que de celui de Clermont, et quand saint Euplilrone mourut, le 4 août 573, la vertu et le savoir de Grégoire l'appelèrent à lui succéder. Pour accepter cette charge qu'il redoutait, il ne fallut rien de moins que les instances du roi Sigebert, prés duquel il se trouvait à Metz, où il était allé en ce même temps pour quelques affaires de l'Eglise de Clermont. Il fut ordonné à Reims et avait alors trente-quatre ans.

romere.'*^*^"* '^*^ Ses relations avec Tours bien avant son épiscopat lui

avaient ménagé de fréquents rapports avec Poitiers. Il s'y était lié avec Radégonde, avec Fortunat qu'il y visitait souvent dans le monastère où il avait une sœur ; la reine accueillit cet épiscopat avec la joie d'une amie qui s'en promettait la gloire de Dieu; le poète qui avait aimé et chanté saint Euphrone , célébrait l'avènement de son successeur (<i). Mais les louanges de celui-ci non plus que les félicitations de l'auguste religieuse ne purent que tempérer médiocrement les tristesses de la guerre civile qui inaugurèrent, pour ainsi dire, l'épiscopat de Grégoire. Aux soins pieux qu'il se donna pour relever les églises détruites de son diocèse, soulager les misères subies par les pauvres de ses campagnes désertées, et ramener l'ordre et la paix dans les esprits troublés , il vit se mêler bientôt contre lui les indignes menées dont Leudaste se fît le perfide instrument.

Avant d'entrer dans ces détails , revenons un peu à saint Martin de Vertou dont les œuvres méritent ici notre attention.

Nous Pavons vu après son retour d'Italie fonder son

ia) Miscellan.j lib. IV, c. i. — Lib. V, c. ni, îv, v.

lE GÉÎJÉRALE DU POITOU (576j 77

rds de la Sèvre-Nantaisc. En 576 tout y 3 l'églisu abbatiale, vaste et élégante, telle 1 toujours des liommes de priéi'c accoule la maison de- Dieu une idée conforme 'Sté Divine à qui elle est consacrée. On ird que le catholicisme a seul donné à ses ieuses des caractères dignes d'elles, et c'est t dans notre sujet que de décrire ce que lument que saint Félix, qui siégeait encore D édifiante vieillesse, consacra cette année de saint Jean-Baptîste . Elevé au i)oiiit

colline , le monastère semblait planer tiouvoments agités du monde. L'église lie dcjîc vaste édifice et surmontée d'une niait la cloche des offices liturgiques (20). imposant sans doute, puisqu'il réunissait de trois cents religieux, et que selon lit encore une large place au peuple qu'y

de la prière et l'attrait des cérémonies :plique très bien comment église et monas- Ss en moins de trois ans, c'est que l'archinps ne prodiguait pas encore, comme au ■e de taille et le moellon. L'abondance des 'immenses forêts, la facilité de les travailler : de la main-d'œuvre étaient autant de construire que par des enchevêtrements planches mêlées de galets noyés dans un t de chaux. La brique et l'ardoise y avaient lays où la nature s'y prêtait ; et quelques

s'emblcnt aujourd'hui de tels édifices, on

de les voir parfois si durables en consindre accident appelait une prompte répaîurveillance y était exercée avec ce même s voyons encore dans les maisons monas-

y sont chargés du matériel. Le feu, il est i rapides et complets ravages, mais ces

dégâts étaient d^autant plus tôt effacés, et c'est ce qui explique rétonnante rapidité avec laquelle nous remarquons souvent qu'une église incendiée était reconsacrée dés l'année suivante, et si complètement remeublée qu'on y pouvait tenir des conciles provinciaux, comme nous le verrons plus d'yne fois pour l'abbatiale da Charroux. Quant à la forme, elle fut toujours la même, à peu de variantes près. C'était une croix latine , formée par une longue nef, parfois , mais plus rarement alors, flanquée de deux autres, et traversée, en avant du chœur et du sanctuaire , par un transept au-dessus duquel s'élevait la tour carrée du clocher, quand elle ne dominait pas la façade. En deçà de cette traverse s'ouvrait le chœur où se plaçaient les religieux, puis au-delà le sanctuaire où s'élevait l'autel, mais encore sans tabernacle, la croix, le livre et deux chandeliers y trouvant seuls leur place, et la Sainte Eucharistie étant réservée dans une armoire de l'abside. La fenestration consistait en un certain nombre de baies de fort petites dimensions, réduites ordinairement à trois ou à cinq dans le sanctuaire, puis à six ou neuf dans chaque mur latéral, selon l'étendue du vaisseau. Comme , dans le cas des trois nefs , les piliers destinés à supporter la toiture étaient en pierre, on leur donnait presque toujours des chapiteaux sculptés d'images symboliques destinées à l'enseignement du dogme et de la morale. Aux premiers temps de l'époque mérovingienne cependant, on se contentait le plus souvent d'embellir les chapiteaux de feuillages et d'entrelacs capricieux : quelques-uns de ceux qui parèrent la première église de Vertou , que nous décrivons ici, témoignent de cette particularité au musée de Nantes, aussi bien que d'autres débrjs trouvés parmi ses ruines («). A côté de ces curieuses sculptures, les murailles de l'intérieur , les entre-deux des fenêtres, les voûtes ou plafonds étaient ornés de peintures, de dorures et même de mosaïques. N'oublions pas qu'à Vertou un des ornements

(a) V. Bulletin monumental^ XXII, 480.

vr-,

principaux de la remarquable basilique était la statue de. saint Jean-Baptiste, le patron des moines, le plus illustre* modèle de leur vie silencieuse et pénitente , autant que de leur vocation de pécheurs d'hommes par la parole sainte etPoraison.

Il faut aussi reporter à cette date les premières relations ^^^^^ dfvcrtoi formées entre le monastère de Vertou et un autre non eid-Ansion. moins célèbre qui brillait depuis deux siècles à Pautre extrémité du Poitou.

Il s'agit d'Ansion, autrement nommé Saint- Join-de-Marnes du saint solitaire qui Pavait fondé avant 350. Nous avons dit que c'était la plus ancienne fondation de ce genre dans le Poitou. Ansion s'élevait dans une plaine agréable et fertile du pagus de Mirebeau, entre les rives do la Dive et du Thouet. Comment se formèrent entre cette maison et celle de Vertou les rapports de confraternité qui les unirent dés lors ; de quelle façon se sont-elles développées au point que saint Martin en soit devenu abbé, tout en conservant le gouvernement de la grande famille bretonne? Autant d'obscurités profondes que perce néanmoins avec un évident éclat la certitude d'un fait historique. Il est très certain , en effet, que Martin fut appelé à diriger, simultanément avec sa première abbaye, celle qui honorait déjà dans la liste de . ses précécesseurs les noms de saints renommés dans notre Eglise, tels que Léonégisile et Généroux. Ce que la suite nous apprendra de cette double administration ne sera pas moins sûr; mais les deux maisons éprouvèrent certains changements de rôle dont la cause reste inconnue, en sorte qu'à l'égard d' Ansion et de Vertou, et quant à leur marche réciproque à travers les siècles, nous n'aurons même pas l'insuffisante ressource de conjecturer que rien ne saurait autoriser. Nous pouvons seulement poser vers époque où nous sommes l'origine de cette vie commune lux deux étabUssements d'Ansion et de Vertou, laquelle l'a pu commencer avant la fondation du premier monastère le saint Martin (21).

scènes moins paisibles nous rappellent vers Frédé-

! femme perdue ne pouvait souffrir l'évêque de Tours qu'il avait protégé le duc Gontrand-Boson contre la nce de son époux dans l'asile sacré de Saint-Martin, gna le comte de Tours qui se chargea de sa vengeance ctant dés lors une insolence qui dépassait toutes les . 11 ne garda plus aucune mesure contre le saint, ne fit que le rendre lui-même plus odieux au peuple lait son évèque. Nous verrons bientôt les effets de lersécution qui devait finir par tourner contre son

i n'avons pas à raconter ici en détail ce qui se lors de notre province tant que durèrent les démêlés its suscités par l'ambition, la jalousie et la vengeance Ihilpéric et ses propres enfants, entre Brunehaut et onde. Cette dernière surtout, ne redoutant aucun pour arriver à ses fins, multipliait les assassinats, ur satisfaire ses haine.s personnelles, soit pour faire

à ses enfants les trônes de ses beaux-frères ou de sveux. C'est à son instigation que Mérouée et laut, poursuivis par Chilpéric et arrachés par la

l'asile de Saint-Martin de Tours, sont violemment 5, persécutés, et que le poignard termine les jours ilheureux époux d'une femme qu'elle détestait. ns-les maintenant poursuivre leurs intrigues et leurs fis passionnées, et arrêtons-nous sur des épisodes nlinuent d'opposer à tant de crimes le contrepoids ant des vertus du christianisme et de l'héroïsme de rite.

t Euphrone était mort le 4 août 573. Sainte Radégonde ■etta comme un de ses amis les plus sincères et les lévoués ; il avait donné une grande preuve de sa ice pour elle quand il n'avait pas craint de déplaire collègue Marovée, en venant déposer dans l'abbaye tiers la sainte Croix devant laquelle ce dernier avait

osé sVnfuir. Le saint homme était parvenu â l'âge de soixante-dix ans, et sa vie, signalée par beaucoup de travaux où brillait son zèle pour le service de Dieu et le salut des âmes, ne le fut pas moins .par sa tendresse pour son troupeau, dont les souffrances furent extrêmes durant les calamités des guerres civiles qui affligèrent son épiscopal de dix-sept ans. Plus d'une fois il usa de son crédit auprès du roi Charibert, soit pour alléger le poids des exactions que le fisc se permettait contre sa ville et son diocèse, soi' pour faire contirmer les immunités propres de la cité. Ces ainsi que les évoques n'usaient du pouvoir dû à leur haut< position que pour le bien des peuples, qu'ils protégeaien contre les injustices des grands. Outre l'église fameuse d» Saint-Martin , qu'il releva après sa ruine par un incendie il bâtit, dans la ville même ou en dehors, les églises d< Saint-Vincent de Truyes (22), de Céré (23) et d'Orbigny (24) il créa plusieurs paroisses. Dieu récompensa cette vl douce , humble et laborieuse par le don de guérison et d prophétie. Il fut inhumé dans l'église de Saint-Martin, i Tours, et son diocèse a conservé son culte sans discontinuité Celui de Poitiers n'a conservé avec respect que sa mémoir inséparable de celle de la sainte épouse de Clotaire, qu l'avait trouvé d'une amitié pleine de gratitude (25).

Il n'en fut pas ainsi de saint Germain de Paris. Se relations avec sainte Radégonde avaient été plus fréquentes et la vie de l'un s'était mêlée à celle de l'autre en de occasions plus solennelles. Nous l'avons vu chargé pa Clotaire d'aller à Poitiers rassurer sa sainte épouse contr la crainte que lui inspiraient les prétentions hautemei exprimées de la rappeler à la cour. Il était un des évêqut signataires de la lettre adressée' par le second conci de Tours à l'auguste fondatrice de Sainte-Croix pour confirmation du monastère : enfin il avait béni sainte Agni comme Abbesse de la pieuse maison. A des soins donn' au bien des âmes, il avait ajouté les sollicitudes des grand affaires du royaume de Neustrie. Quand Brunehaut por

, se défaire de Chilpéric assiégé dans Tournai, et 'ajouter une scène sanglante à tant d'autres qui ient cette malheureuse famille, le pontife avail tte reine vindicative pour la détourner de ces projets qui allaient désoler encore les provinces mes de Metz et de Soissons ; il avait prédit à ]ue sa persistance dans ses desseins fratricides lie d'une catastrophe qui, nous l'avons vu, ne as de s'accomplir. De tels souvenirs le rendent ■tre Eglise, puisqu'ils lient sa mémoire à celle los plus touchantes protectrices.

. mourut à Paris le 28 mai 576. Il allait atteindre ■vingtième année. Il est probable que son culte tiers du temps même de sa bienheureuse mort, idégonde en fut la première propagatrice. Dans une belle église paroissiale du xii^ siècle existait ), laquelle, fermée quatre ans après, fut vendue lent et ne s'est rouverte qu'à l'état de grange |26). is à Leudaste. Sous prétexte de réparer les I les spoliations de Mérouée lui avaient fait subir, 1 ses exactions, traita les amis de l'évêque avec [justices que lui-même il s'attaqua aux biens de :e qui constitua bientôt sa fortune. Une autre ai fut suggérée par Frédégonde. Il s'agissait de isser de Mérouée dont elle redoutait la concurp légitime contre ses propres enfants pour le Neustrie. Le comte sachant donc que le jeune tait réfugié encore dans la basilique de Saintnploya toutes les ruses d'une amitié feinte pour ;ortir. Boson qui avait eu les mêmes raison que rcher un asile contre la vengeance de Chilpéric, urieux de la mort de Théodebert sous les murs [■s, inspirait au prince toutes ses mauvaises ;t, dans les débauches de table qui ne leu'' it pas, il se plaisait à écouter les anecdotes scan- [ue celui-ci ne craignait pas de raconter sur soi

(HT il Sort dit laiaU.

.ÊNÉRALE DU POITOU (576) 83

;. Une telle conduite ne devait guère lu Ciel sur ce fils dénaturé , et allait fatal. Frédégonde se lassait d'attendre le ambitionnait. Par un des convives s amis, elle séduisit Boson, à qui elle imesses s'il parvenait à faire tuer son d'une telle conscience qu'il se garda iter. Il complota donc avec le prince lin refuge à Timproviste. Les avertisitres furent en vain donnés à Mérouée

qui consistait à ouvrir au hasard un ■ conclure, d'un passage encourageant le heureuse ou non d'une entreprise m le pousse à. partir en dépit de ces

décourageaient. Il s'éloignèrent donc i cinq cents hommes de guerre : mais ï furent attaqués par un des ducs du )ntran. Mérouée prisonnier réussit à se dédiée  saint Germain [28). Boson, combat, retourna à Tours où il avait

dans la basilique de Saint-Martin. Il ^onduisit à celle de Saint-Hilaire où

asile plus sûr, Poitiers appartenant istrasie.

pas moins le point de mire de Childe qui avaient résolu de s'en défaire, ivis vrai ou faux, qui lui fut donné vmt tMmus de lite que son malheureux fils projetait le Poitiers, n'hésita pas à envoyer e armée, qui après avoir défait les , y renouvela par l'incendie, le pillage la contrée toutes les horreurs prédéqui en était toujours comte, fut enlevé

et conduit au roi qui le condamna à

biens au profit de son trésor. Pendant 'éloignait et allait rejoindre Childebert

84 HISTOIRE GÉNÉRALE DU POITi

il Metz, OÙ son indigne conduite notait Do son cnté, Mérouée se gardait bien di de Poilieis. Elle était bloquée, une i ouverte aux clercs qui y fréquentaient les offices : il se voyait donc retenu dans Penceinte, Tunique sauvegarc qu'on n'osait pas profaner. Frédégonde impatiente de tai d'efforts inutiles, recourut, selon sa coutume, à ur nouvelle trahison. Boson qui se serait vendu dix fo chaque jour au plus offrant, fut chargé de la seconder, > le monstre, profitant de la confiance de sa victime, lui I offrir par des envoyés d'entrer dans un complot contre so père et de le détrôner pour prendre lui-même la couroim de Neustrie. L'avidité de régner avait toujours été le faibi de ce remarquable brouillon. Il donna donc facilement dan le piège et s'avança jusqu'à Arras à la tête d'une trou]i armée, qu'une autre, non moins perfide, vint grossir e l'accueillant comme roi. Après celte marche précipitée, qi semblait aboutir à un triomphe, il entra dans une ferm l)0ur y prendre quelque repos , et à peine y était-il qu l'infâme Boson en fit fermer toutes les issues et envoy avertir Chilpéric que le sort de son fils était entre se mains. Dans cette extrémité, Mérouée ne s'abusa point sii le sort qui lui était réservé, il redouta, dit-on, les horrible supplices qu'en pareil cas on n'épargnait pas à un rebelle et se fit tuer par Gallenus, ami fidèle, qui l'accompagua toujours et dont le dévouement alla jusqu'à une obéissanc aveugle. L'historien de cette scène tragique raconte que 1 bruit public fut alors que la mort de Mérouée ne fut pa tant un suicide qu'un assassinat, accompli par les ordre do Frédégonde, laquelle chercha ensuite en répandant ccll version i dissimuler son nouveau crime (<j).

Quoi qu'il en soit, l'infortuné prince fut ainsi puni dès c monde de tant d'entreprises où la cupidité et l'ambitio avaient eu plus de part que la justice et la piété filiali

(a) Grcg. Turon., Ub. V, c. xtx et xxv.

^ÉRALE DU POITOU (577) 85

xemple de ces vengeances divines ^wî^*'''"*

Is échappent rarement ici-bas. Au

5 les seules victimes de ce funeste

ic repattre de la mort de son fils qu'il

bare impassibilité ; puis, il se vengea

lues officiers qui lui avaient témoigné

Trahi à son tour par Frédégondc,

de mourir, couper successivement le nez et les oreilles ; on assomma où il fut exposé ensuite, et Ganucil lui-ci avait été référendaire et comte Beaucoup d'autres périront par des

dénouement d'une coupable fidélité

it le mauvais génie de son mari, J'ùi^^Vir^'îil année 577, dans une trame odieuse ' îine contre l'évêque de Rouen, Prérdonriait pas d'avoir uni â Mérouéc hilpéric lui-même n'avait été furieux irce qu'il redoutait qu'en devenant rouée ne soutint le jeune prince qui ans. En cela il se trompait fort, car lé des preuves qu'il osait aspirer pour i. Toujours est-il que les plus abominouées par Frédégonde et accoptécs l'ennui de lui déplaire le déshonneur itisfaction de ses instincts d'injustice ^rent si bien l'infortuné prélat en un ilomnieux et d'accusations perfides, n ensemble de faux témoignages et ifiés pour l'occasion.

is déplorables de cette machination

-.. ,. , le de Paris assemblé vers la fin de

1 mnéc |)0ur juger sa victime, Chilpéric eut soin de faire s égcr, paiTtii les quarante-cinq évèques, une majorité cons dérable de ses créatures , dont les unes trompées , les

es par une inique complaisance, condamnèrent leur ï, en dépit des réponses et des preuves triomphantes

avait données en faveur de sa cause.

n'y eut que. le saint évêque Grégoire de Tours qui, lant très bien la valeur du prince accusateur, de la ne criminelle qui l'instiguait, et l'innocence du métroain de Rouen , osa le défendre contre le roi lui-même s'efforçait de prouver la prétendue culpabilité. On ne lusait de rien moins que de conspiration régicide et de lu préjudice de la reine ; cette dernière surtout, dont on .it l'implacable fureur, entravait la résistance de tous. Le

évêque de Tours osait s'adresser tantôt à ses collègues

adjurait de ne pas juger contre la justice, tantôt au dont il réfutait énergiquement les reproches outrageants re sa propre personne. Mais ce zèle de la justice et de ti ne put prévaloir contre un complot qu'on avait voulu tir de formes légales. Pendant que le misérable prince citait un jugement qui déshonora son adversaire, cl Grégoire protestait contre ces barbaries que n'autorisait me loi, Frédégonde, d'accord avec son mari, fit entrer tement au milieu du concile des gens armés qui enle- ;nt l'évêque de Rouen, le mirent en prison, et, après )ir cruellement battu, le conduisirent en exil dans l'océan annique (a), vis-à-vis des côtes du diocèse de Coutances. r en finir avec cette triste victime des trames les plus luses et de la plus indigne prévarication judiciaire, disons

à présent que sept ans après , quand Chilpéric n'élait t que depuis peu de jours, Prétextât, que ses diocés n'avaient pas manqué de replacer sur son siège, périt issiné, par ordre de Frédégonde, au moment où il allait brer le Saint Sacrifie^ dans sa cathédrale. Se sentant pé, il monta aussitôt à l'autel oi!i il eut le courage de idre le corps du Seigneur, qu'il s'administra w, et remlil lernier soupir après avoir reproché à Frédégonde le

Aujourd'hui la Maoche.

Gr^. Turon., lib. V, ub. tup.; — lib. VIII, c. XLi. — De Bussière, p. i.15-

ait seule coupable. Ce prélat avait de de remarquables vertus ; elles effacèrent ilations ce qu'il avait eu de faiblesse en des crimes que ses ennemis lui impusur l'instigation de ce méchant prince, ié que c'était là un moyen de sauver sa ; n'oserait pas le condamner s'il le voyait osité. Quant à la condescendance qu'il ; le mariage de son tilleul , nous avons I pouvait en avoir eues. Ce qui est certain, lort son peuple et son clergé l'honorèrent a liturgie indique sa fête au 24 février et

s point notre Marovée au nombre des à ce concile, qui n'en fut pas un en doit regarder plutôt comme un synode issemblé sur l'ordre d'un roi dont on •es, et auquel un trop grand nombre les ne savaient pas résister. Deux d'entre t furent les plus remarquables par leur emode de Paris, accusé par Grégoire de i un des flatteurs de la cour, et Bertram le parent de la famille royale qu'il servait cience : homme perdu de mœurs et dont tait, dit un autre historien, dans ses 5sance (*] .» De tels adversaires suffisent accusé.

Chilpéric il ne restait plus que Clovis, , i, envoyé contre le Poitou en 572, y avait 5sé par Mummolus. Frédégonde voyait istacle à ses projets ambitieux pour ses a donc une conspiration dont le but aurait roi, d'elle-même et de leur jeuuc famille,

faire régner à leur place le malheureux prince qui n'y jamais songé. Un instrument ét^lit nécessaire à cette

perfidie. On le trouva dans Leudaste. Ce misérable, s qu'il avait été expulsé de Tours pour ses mahersade toutes sortes, s'était glissé à la cour de Neustrie, 5 gens de sa valeur étaient toujours accueillis. Frédé- 1, unique et infatigable instigatrice du mal qui s'y t, l'avait déjà employé contre Môrouée pendant sa te à la basilique de Saint-Martin. Mais après la perte n gouvernement de Touraine, il avait conçu une haine ite contre la reine qui ne l'avait pas soutenu, et il ;ha dès lors à la perdre. C'était, pour arriver à ses un moyen excellent de s'unir à Ciovis qui détestait sa ■mère, et qui, par suite d'une conspiration adroitement e, devait remplacer son père sur le trône et devenir

du traître qui l'aurait aidé. D'un autre côté, Leudaste, retrouver les bonnes grâces du roi et reprendre son de comte, avait inutilement recouru à saint Grégoire >ui"s qui ne l'estimait plus assez pour le patroner. Perdre gne prélat en même temps que Frédégonde était un )Ie succès qui allait à son caractère. Donc, tout en laissant e à celle-ci qu'il entrait dans ses desseins contre Ciovis, rangea du parti de celui-là; se frayant ainsi, qui plus jne terrible vengeance contre Pévêque de Tours, ildebert, toujours roi d'Aquitaine par son droit hérédi- , ne possédait pourtant pas ce beau pays : la Touraine

Poitou, entre autres, étant aux mains de Chilpéric. oi d'Austrasic habitait Metz sous les auspices de sa ! et la direction d'une régence des leudes qui gouverit plutôt pour eux-mêmes que pour lui. Cette absence lissait oublier ni aux Tourangeaux, ni aux Poitevins la Ile légitime de leur roi. Grégoire de Tours avait les les raisons de la regretter ; mais, comme à Poitiers même e gardait cliez lui de toute imprudente manifestation lurait pu y ramener les fléaux d'une vengeance armée

le pays avait tant de fois souffert. Néanmoins il étail

iBE GÉNÉRALE DU POITOU (578) HM

i'accuser le saint évêque d'une affection dont il avait autrefois donné des preuves, parti pour le calomnier à la cour, secondé es ecclésiastiques du diocèse, dont l'un, iromesse de succéder à son évêque, l'autre,

2 de l'arcliidiaconat de la même ville, dont ;n sa faveur l'archidiacre Platon. Ces deux appelaient du même nom, Riculfe, et étaient

les trois fourbes n'allait pas à moins que I. A les entendre, Grégoire conspirait avec itrasie pour ramener dans le pays d'outreu'on en privait injustement. On ajouta un oit contre Frédégonde. Leudaste imputait répandre scandaleusement partout que .

Bordeaux, ce Bertram dont nous avons elle des liaisons criminelles. Il osa dénon- Dhilpéric, qui le reçut mal, lui fît donner (ds et de poings, et le fit incarcérer comme e sous-diacre Riculfe subit les mêmes

n faite, le roi crut qu'il fallait regarder près. Leudaste fut interrogé : c'était ce l'hésita pas à faire arrêter, comme ayant )ouche même de Grégoire les prétendus lit tenus sur la reine, deux de ses amis, Platon, l'archidiacre de Tours, et l'autre, qui était de son intimité habituelle. Tous lis p:ar Leudaste même, qui, changeant de rément du roi, fut dépêché à Tours pour y idus témoins. Il y arriva le vendredi d'après se comporta si mal envers Grégoire, en pment de fidélité à toute épreuve , qu'il ne

3 des violences aux injures grossières qu'il lui. Le lendemain, Platon et Gallien furent dépouillés de leur vêtement ecclésiastique,

et emmenés à Soissons, où était la cour ils furent mis en prison , tourmentés menacés de mort. Ils résistèrent couraj aveux menteurs qui eussent pu leur sauvt pas employer la m^me rigueur envers Tév sa sainteté et par l'estime publique.

\J^t^â^T^. On ■^oit que dans cette circonstance ( Leudaste le titre de comte de Tours, ce qi lence de sa conduite envers l'évêque e rigueurs contre Gallien et Platon, Nous n l'histoire aucune autro trace de cette r< d'ailleurs, devenait possible dans la pe aussi capricieux que Chilpéric, auquel d genre pouvaient toujours être aussi utiles Cette affaire, habilement conduite a\ perfidie, préoccupait d'autant plus Chilpéri

à bSI'sI «Lt "■?"* pi'ésidait plus à toutes ses impressions, coup au premier que Grégoire fût innoc propre honneur s'y trouvait engagé ; l'au l'aurait voulu coupable, pour exercer si vengeances implacables qui lui coùtaiei décida à faire juger l'illustre accusé pj ecclésiastique qui fut indiquée en effet à de Braine-sur-Vesle (31); mais sa tenue i par d'autres événements qu'il nous faut r Contran, roi de Bourgogne, ayant pei *'*' se voyait sans héritiers, et craignit qu'aj territoire et ses sujets ne tombassent aux i Chilpéric, dont le gouvernement ne po bonheur de ses peuples. Il résolut donc succession en s'associant son neveu le jeui qui n'avait guère alors que sept à huit a avait réuni les deux princes, dont les leu( de maintenir cette convention tout à 1' pays. Le premier effet de ce pacte de fi Austrasiens, désormais assurés d'une

Greëiiin <■' Toin.

imae ChilMKtt. M

sommer Chilpéric d^évacuer Poitiers, dont il venait de s'emparer. L'usurpateur reçut cette injonction avec une fierté qu'accompagnait un refus formel. Gontran, toujours pacifique, recula alors devant une guerre qu'il lui coûtait . toujours d'entreprendre, et les Austrasiens n'osèrent seuls attaquer Chilpéric. Mais la diplomatie a toujours eu ses moyens détournés pour atteindre à un but politique. Ce que la régence de Childebert n'avait pu obtenir par des négociations, elle tâcha de l'emporter par la ruse, en ménageant au roi de Neustrie une guerre dont les résultats pourraient aboutir à la même fin. On suscita donc du côté de la Bretagne une difficulté .^^^JflP^a^^^j''

^ et des Poitevins en

supposée capable d'une grande influence sur le Poitou : ^f*^* **"^® ^^*' c'était la révolte inspirée à celui des comtes de cette contrée qui y possédait Vannes et tout le reste de la côte méridionale. Ce comte était Waroc, fils de ce Macliou que nous avons vu en 574 donner asile à Leudaste. Tout à coup, cédant aux répugnances qu'il avait toujours eues pour le joug que des traités lui avaient imposé envers Chilpéric, Waroc refusa de payer le tribut qu'il devait pour sa ville de Vannes, et de continuer à en rendre hommage : on lui avait fait espérer qu'il ne serait pas difficile de s'affranchir à l'aide des troubles domestiques de la famille royale (32). Nous avons pu observer déjà plusieurs fois qu'en ce temps-là les armées se composaient de divers corps réunis au besoin sur les ordres du prince et pris dans chacune des provinces de sa domination. Ces troupes étaient concentrées sur un point désigné, et commandées par un ou plusieurs généraux choisis au gré du souverain. Chilpéric, à la nouvelle de cette rébellion, fit donc lever des troupes dans toutes ses provinces limitrophes de la Bretagne, ^ savoir la Touraine et le Poitou, l'Anjou et le Maine. Il y adjoignit des compagnies armées de Bajocassiens (33), petit peuple placé sur le rivage le plus septentrional de la Normandie actuelle. En qualité de gens toujours plus ou moins soumis, mais exposés d'autant plus volontiers par les chefs

iipes indigènes, on avait pour habitude de leur ans la guerre les postes avancés, où ils avaient le premier choc. C'est ce qui fut fait encore, cl Ht de rexpédition. Waroc attendait l'ennemi sur le la Vilaine (34), en avant de Vannes, qu'il fallait ivrir. Les Français s'étaient portés vis-à-vis son l'autre bord. C'était à la tombée de la nuit. Le roflta pour passer, à la télé d'un corps considés gens, un gué qui lui était connu, vint donner nt sur l'avant-garde des Saxons, l'enleva, et en i carnage. Le désordre se communiqua aussitôt s postées en arrière, qui battirent en retraite. cas pour le. vainqueur de poursuivre l'ennemi.

s'était pas préparé autant à attaquer qu'à se d'ailleurs, il pouvait craindre qu'une invasion ■ritoire neustrien ue lui attirât des embarras , après trois jours, ayant appris que les généraux ic se disposaient à une revanche, il se décida à

traité qui le remettait dans sa première dépen- ! Poitevins revinrent donc dans leur pays ; mais, rs associés dans cette expédition, ils eurent plus le la paix que de la guerre qu'ils avaient faite é euxffl).

en faisant publier le ban qui appelait à lui les 3s provinces désignées , avait agi , selon ses de despotisme, sans égard aux privilèges des

des clercs : il les avait tous appelés, aussi bien [ques et les réserves ordinaires : ce qui, outre ent de dépeupler les églises, laissait toutes les ns chefs et les travaux de la terre interrompus, ordre, en Poitou comme ailleurs, était demeuré tats, et pas un clerc, pas uu laboureur ne s'y ;né. Mais ils avaient affaire à un maître qui ins par la justice que par la force, et qui trouvait

uron., lib. V, o. xxvii.

lyens de se faire obéir. Dans cette conjone- :elui qui grossissait mieux ses trésors déjà Dndamna à de lourdes amendss tous ceux lontrés récalcitrants, et ce fat une plaie ! à tant d'autres , que Texcès des impôts et arbitraires des officiers du fisc rendaient aux malheureuses populations. Il fallait 5 fussent bien lourdes, pour que l'horrible ligée un jour de rentrer en elle-même quand 'ée en quelques jours de ses trois enfants, îonnaltre devant son mari que le Ciel la e deuil des malheurs qu'ils infligeaient à et l'exhortât à soulager ses sujets de ces justes qui compromettaient leur propre

liverses phases de cette guerre si courte et iaste était revenu à Tours, continuant d'y Toiuïï'i la perte de saint Grégoire et celle de Frédé- . possible- Cette préoccupation n'ôtait rien à linaire pour le mal. Ses prévarications en aient plus de bornes, et ses vexations surtout îs un continuel sujet de terreur pour les égoût pour les honnêtes gens. Ceux-ci ne oir souffrir plus longtemps ces monstrueuses l'un homme à qui rien n'était sacré, ni la udeur publique, ni l'honneur des femmes, ni isticiables.

sn fut envoyée secrètement à Chilpéric pour jstice en lui donnant des preuves incontesmis à la charge du comte, a les députés , mais il n'oubliait pas que le lu de réunir à Braine les évêques chargés griefs portés par Leudaste même , contre le le Tours (3B). Il chargea donc Ansouald, un

lib. V, Ct XXIX.

Ml IfOttTefUeDfDt d

de ses leudes en qui il avait plus de confiai les lieux compléter ses renseignements. Ils le prince reconnut la nécessité d'une déterni mais avant tout il voulut en finir entre l'accusé.

Ce dernier n'eut pas de peine à se disculpe

juges que des admirateurs de sa sainteté. Oi

Tfltîl°«''^uî il donc à sa conscience, on n'exigea de lui q

raiae.ii os . ^^^.^ mcsses à trols autels différents, et qu

mencer chacune d'elles, il répétât le sermeni

prononcé les paroles qu'on lui imputait cont

L'accomplissement de cette condition rend

bonnes grâces du roi qui, indigné contre Lei

à son tour d'avoir calomnié son évêque. Or,

chiic de LcBiaiM. nique contre un calomniateur était l'excomm

fut prononcée contre lui en même temps que

tuait de son titre de comte , et , afin de répai

le mal que ce grand prévaricateur avait fait d

reuse province, et pour donner à Grégoire u

avait recouvré sa confiance , il permit à 1

Tourangeaux de choisir un autre gouverneur

Un seigneur de race gauloise fut désigné da

blée générale. C'était Eunomius, honoré d

renommé par sa bravoure et ses vertus.

RioKB it ciiiiperic Un curieux épisode du concile de Braïne i

tK),ii jini le nSfs ici uotre attention. Fortunat, fidèle à sa vocj

jur ForlBttil. - i i.

ne laissait échapper aucune occasion de fa: obtint (ou peut-être on lui suggéra) d'en adr* longue pièce à Chilpéric dès l'ouverture qu'une telle démarche avait d'inusité, et j d'étonnant, disparaissait aux yeux sagaces ne voyaient pas sans chagrin produire devs accusé un de leurs plus saints et plus illui Ce fut donc une occasion pour Fortunat de tement la défense de Grégoire, qu'on savj pour l'innocence duquel il espérait combatti

3ut croire qu'outre les preuves juridiques /euv du saint évoque, les vers élogieux du 'auront pas déplu à ce roi qu'il fallait flatter , justice, à cette reine qui ne méritait pas es que son illustre mari, mais qui, en sa e femme et d'hypocrite , se contentait d'une t de deux. Voilà pourquoi le panégyrique ) haut les bornes de la vérité quant à Chilpas même supportable en ce qui regarde ns doute on ne peut nier ce que dit le poète re de ce prince qui l'écoute avec complain courage dans les combats, ni de la gloire ntoure son nom : « ses défaites même dans

sont que des vicissitudes auxquelles tout mis ; ses revers n'ont fait que rehausser sa

est pas moins la force de la patrie contre i la convoitent, la justice personnifiée et l'esli cultive en même temps la théologie et les idant, au milieu de ces fumées de l'encens sérieuses leçons surgissent pour l'honneur de >étique : I Des biens que le prince possède, il qui ne vienne de Dieu ; donc il faut l'adorer 3t le moyen d'en obtenir de nouvelles grâces, lour toujours les fléaux qui ont désolé le lamps se couvrir d'abondantes moissons et r les peuples de leurs malheurs, le prince ir sur des sujets fidèles, sur des ennemis jn bras, et devenir le chef sublime de la la rigueur cela pouvait se dire, les louanges posantes leçons, et leur exagération même, ne sous des dehors où il n'était pas en tout u reste l'avocat s'appliquait w aussi à capter ais son éloge, sous quelque face qu'on le vit, le encore, et toute louange paraissait claire-

ment ne s'adresser à elle que parce ( redoutable. A entendre le poète, elle et régne pour les mœurs, la prudence, le g dément; par sa générosité, par sa fidéli était rhonneur du roi et la gloire de sa bien plus : n'est-ce pas elle qui obtient tou époux qu'elle recommande si souvent à F Telles furent les louanges données i comme autant de lys, par le poêle des connaissent les deux époux qui les reçur et sérieux critique , peuvent juger si elles appliquées. Il faut donc croire, avec ce i que nous suivrons volontiers, que Fortun à sacrifier aux circonstances le sentime que, pour en venir là, il ne crut devoir refu ni à Frédégonde une satisfaction de vai adoucir en faveur d'un évêque dont l'amil moins précieuses qu'au monastère de Sai expliquons la chose sans nous hasarder i ce qu'eUe avait d'excessif.

, Revenons aux suites du concile de Bra Leudaste, convaincu de haute trahison, devant le concile pour y entendre la sent de la communion des fidèles. Mais il en autre plus grave à ses yeux, et s'y éta fuite, laissant aux mains de Frédégondi

, complices les deux Riculfe : de ces également odieux par leur inconduite pu intervention dans les déboires de leur éi prêtre orgueilleux et brouillon , fut monastère : le second moins protégé par diacre, et dont le rôle s'était compUqii plus insigne méchanceté, fut condamnt Durant cette suprême expiation le cœur

(a) Cf. Fortunal, Miscell., lib. IX, c. i ; Cum twt., cal. tSi et suiv.

se remplit de pitié, et il obtint qu'il ne Mais d'après son propre récit, empreint lent de commisération, on se prend à XX valu pour le coupable mourir d'un ) traverser les cruels supplices dont se délecter sur lui, et que le charitable iter. Les mains liées par derrière, il fut ■e et y resta six heures durant; après irre, entre des poulies qui distendaient ; frappé à coups de bâtons, de verges s de cuir, et cela non pas seulement irreaux, mais par autant d'hommes qui r. C'est pendant ces tourments que i à dévoiler les calomnies de Leudaste îdences l'avaient entraîné au crime et à t>issait (d).

de se voir dévoilé, n'espéra plus, même

ordinaires, rentrer en grâce près du lui. La seule pensée de Frédégonde le

commença à mener, déguisé sous un a vie d'un proscrit et d'un vagabond, e qu'il avait épousée à Tours, et digne ir ses vertus et ses sentiments, dépouillé a populace avait pillés en apprenant la race, il s'était réfugié successivement à.

Bourges, et enfin à Poitiers, dans la -Hilaire. Qui croirait que là, dans un ère sacré eût dû au moins le retenir, à istére où une reine de France donnait hautes vertus, il osa songer à récupérer an immense fortune par les plus ignobles lignit pas de se former une bande de ait lui-même dans une suite de briganit il dévastait les maisons de campagne

nés de Poitiers, se réservant la plus grande part de ce ^e, et encourageant par le reste les satellites qu'il ait à ses gages pour de nouvelles expéditions. Cette ce répandait la terreur autour de lui. Personne n'osant rder, au risque d'encourir ses colères toujours redous, il en vint à se livrer à des adultères publics jusque les cloîtres même de Téglise. Il fallut toute l'autorité linte Radégonde pour l'en faire expulser par des gardes lés exprés. Qu'avait à faire, disait l'auguste femme, ce pieux asile, un excommunié qui n'y avait plus , et qui, eùt-il pu l'invoquer justement, méritait d'en chassé pour ses hideuses profanations ? Il fallut donc r. L'incorrigible criminel, évincé pour la seconde fois le crédit de la sainte, se trouva obligé à nouveau de iT une vie errante que ses ruses diaboliques surent re améliorer quelque temps. Mais il fallait que la idence en finit avec tant de scandales, et le fît donner li-méme, en dépit de ses nouvelles hardiesses, dans le 3 où il devait succomber.

,ns ses courses hasardeuses, il ne manqua pas de antrer certains seigneurs dont le caractère encore plus loins sauvage s'éprit de cet étrange coureur d'aven- ;, à qui ses hardiesses avaient ouvert tant d'abimes, et i'en était toujours tiré si adroitement. Apparemment pour ces tètes encore indomptées, en qui l'audace lit seule l'emploi de la framée et de la lance, c'était telle bravoure qui faisait les héros. Ils se mirent donc 1 service, et, sur ses instances, ils pressèrent de tant ïllieitations les évêques, ChUpéric, et Frédégonde ellec , qu'ils parvinrent à faire lever la sentence d'excomcation si bien méritée. Frédégonde seule, comme on ait s'y attendre, refusa cette faveur à celui qu'elle tit pas cessé de regarder dans sa personne comme le cruel ennemi de Dieu et de ses propres institutions, mi de cette sauvegarde et méditant quelque ruse pour er tôt DU tard dans les bonnes grâces de la reine, Leudaste

3 revenir à Tours, d'y reprendre sa femme

r, et n'eut rien de plus pressé que de faire

nt Grégoire les lettres épiscopales et celles

rendaient une sorte d'état civil. Il sollicitait

élat apposât sa signature près de celles de

Vlais le saint évoque connaissait Frédégonde ; ^^«^KnvdiM in-

en sûr qu'elle ne gardait pas contre lui plus

ncune pour le crime qu'il n'avait pas commis,

ait trop d'avoir été accusé. Il refusa donc

daste à la communion dans son Eglise avant

[ué pourquoi aux autres assentiments n'était

de la reine. Il voulait expliquer ce mystère,

1 exprès vers Frédégonde : celle-ci par le

retour immédiat de l'envoyé priait l'ôvêque de ne point

ccepter dans son Eglise, ni recevoir au baiser de paix

échappé de Braine qui en avait disparu sans qu'elle eût pu

égler définitivement avec lui.

Ces derniers termes révélaient nettement des projets iinistres : le bon pasteur en conçut de graves inquiétudes, :t pour concilier sa charité avec le besoin de ne pas se ;onipromettre devant la cour, 11 prévint le beau-père de ^udaste, le conjurant d'inspirer à son gendre des précauions pour sauver sa vie, et d'attendre au moins pour se aire remarquer que le temps eût adouci une colère dont U levait encore craindre les effets.

Mais Leudaste suivit fatalement son propre conseil plutôt ]ue celui d'un saint qui lui avait donné tant do preuves l'un charitable intérêt, et qui se vengeait par un bienfait louveau des noirceurs d'un implacable ennemi. Incapable le croire à une telle générosité, il espéra s'emparer de 'esprit du roi et l'alla trouver sous les murs de Melun que e prince assiégeait par une raison qu'il est bon d'exposer vant d'aller plus loin.

Le roi de Neustrie ne s'était point alarmé d'abord du sijpi ii« Boom raité d'alliance conclu en 577 entre son frère Gontran et "nniiM de ckiiptric. on neveu Childebert. Mais après la mort de ses fils, il

Béralfe.

Poitiers, y

songea à séparer les deux contractants et à rapprocher de lui. le jeune roi d' Austrasie , dont Tamitié lui paraissait préférable à celle de Gontran. Des intrigues causèrent bientôt une rupture, et la régence d'Austrasie, qui espérait plus de Chilpéric que de son frère, n'hésita pas à abandonner celui-ci, à qui la guerre fut aussitôt déclarée. Le but de ce nouveau soulèvement était, dans Pesprit de Chilpéric, de s'emparer de la Bourgogne, et de la réunir à ses Etats. Pour Tatteindre, il fallait se rendre maître de Bourges et de Melun , deux villes importantes dont la soumission entraînerait celle de beaucoup d'autres. De nouvelles comte de levées d'hommes se firent donc en Aquitaine. Bérulfe, Duc de Poitiers, conduisit celles de sa province, qui pénétrèrent dans le Berry par la route de l'Est. Le siège en fut fait par lui, secondé par les ducs de Bordeaux et de Toulouse. Dans le même temps, Chilpéric en personne assiégeait Melun. Ces opérations de stratégie tirèrent en longueur, parce que la science militaire des généraux n'allait pas encore jusqu'à leur faire prendre des villes bien défendues. En effet, le succès ne répondit pas aux espérances des envahisseurs. Gontran, sachant que pour se désennuyer des longueurs du siège les troupes de Chilpéric s'amusaient à dévaster les campagnes autour de Melun, marcha contre son frère, l'attaqua vigoureusement, et tailla en pièces une grande partie de son armée. Chilpéric, aussi faible après une défaite que violent quand il se trouvait le plus fort, parla de faire la paix, et fut écouté par Gontran, qui ne faisait jamais la guerre que malgré lui. Tout s'arrangea donc, excepté les affaires des malheureuses populations du Berry et de l'Ile-de-France, qui furent ruinées pour longtemps : le pays ravagé, les campagnes dévastées, les femmes outragées, les hommes changés en esclaves, étant le seul dédommagement donné à des troupes indisciplinées, appelées à l'improviste , et qui ne suivaient leurs chefs que dar s l'espérance de riches dépouilles et de tous les excès qi e semblait autoriser le droit du plus fort.

ÎÉNÉRALE DU POITOU (580) 101

ur surcroît aux grandes calamités de isement d'un impôt dont ses sujets grevés; ici iJ est bon, avant d'entrer prendre une idée juste de ce qu'était impôts publics.

Stait foncière. Les nobles en étaient vance n'étant faite sur leurs propriétés, e comprenait partout les hommes de ou franque, les gallo-romains seuls

valeur annuelle prise sur les terres.

i impositions , rien n'avait été changé 1 établie par la conquête romaine;

la levée, les agents chargés de la uellc on l'exigeait dataient déjà de cinq lin maintes fois les rois et leurs agents lient efforcés de comprendre dans le nposables les propriétés de ces riches ient dans leur position élevée et l'hajrivilège d'une exemption illégale mais nue. Il faut bien attribuer aussi à la itration publique l'irrégularité des per- ! rendement des taxes.

)S que le fisc était dans cet état per- 3 à l'égard des contribuables, lorsqu'en gouvernait autant que son mari, s'avisa Screts de celui-ci, à un recensement i restaient les mêmes depuis plus de oujours , les officiers du trésor exagéeurs exigences, qu'ils avaient soin de is le résultat des levées d'argent. Parmi lire Marcus, que son titre chargeait de blics et de rapporter au roi les réclaimposés. Aussi habile à grossir les buer une large part, il se livra sans lent des terres et des personnes. La , le Limousin le virent tour à tour

parcourir leurs villes principales, et pousser à un tel point ses exactions quHl y eut en certaines provinces, à Limoges surtout, des .résistances qui le forcèrent à fuir. Il y perdit ses registres, abandonnés à la hâte, et que la population se hâta de brûler. Mais les choses durent prendre bientôt une autre face. Chilpéric et Fr^dégonde irrités, tirèrent ufie vengeance sanglante de cette révolte inconsidérée ; la ville dut payer de bien plus fortes sommes que d'abord. Ce qui exaspérait le plus dans ce moyen de se faire de Pargent, c'était la taxe sur la vigne, ressource nouvelle, qui devait produire jusqu'à une cruche de vin pour chaque arpent («>, c'est-à-dire quatre-vingts mètres carrés.

De là des irritations et des révoltes qui ne furent réprimées, en plusieurs villes et à Poitiers même, que par de cruels châtiments. Vers le même temps, le roi fit arrêter à Poitiers des ambassadeurs de Mirion, roi de Galice, qui s'y étaient reposés en se rendant vers le roi de Bourgogne pour une mission dont on né dit pas l'objet (*). Un caprice, un soupçon de cet étrange souverain suffisait pour de telles violences, et il les fit conduire à Paris où ils gardèrent une prison d'un an. A toutes ces préoccupations publiques vinrent se joindre des calamités d'un autre genre. Des inondations, des tempêtes, dévastèrent la France, où des contrées entières virent les depieures renversées, les moissons détruites, les plantations arrachées par des cyclones qui tuèrent un grand nombre d'hommes, et ravagèrent les campagnes devenues méconnaissables et stériles. Un jour, chassé par les orages de quelque forêt voisine, un loup pénétra dans la ville de Poitiers : on en ferma les portes et l'animal fut tué en laissant dans toutes les âmes un sentiment de terreur superstitieuse qui ne fut pas peu augmenté par une éclipse de lune (36) et l'apparition d'une comète. Enfin une maladie contagieuse, qu'on regarde comme une sorte de typhus, tourmenta la malheureuse cité qui garda cette

(a) Greg. Tur., lib. V, c. xxvii. — Frédégaire, c. lxxx.

(b) Aimoin, Hist, Franc, ^ lib. III, c. xxxin.

FT«ilé«oiHle.

ant plusieurs semaines , et vit mourir bcaujitants <i).

Chilpôric était encore devant Melun que iida à l'aller trouver. Parmi les officiers qui i^^j"?^ rince, il retrouva beaucoup de ses anciens ^ irmes, et ces mêmes dehors qui les avaient 5 , lui valurent de leur part et de celle des mifestations qui dictèrent au roi sa conduite au venu. Il fut pour lui très indulgent, affable illa à l'impudent de ne pas se fier à paraître a reine , et d'attendre que son courroux eût rec le temps. L'avis était bon, mais donné ncapable de le suivre, et qui ne consultait rudence d'autrui que les premières impresgueil. Le roi donc retournant à Paris après , Leudaste s'y arrêta au lieu d'en disparattro id, un dimanche matin le couple royal assis- ! à la cathédrale, il osa fendre la foule et IX pieds de la reine en implorant son pardon. ■ie et se détourne de lui; elle conjure son livrer de ces importunités audacieuses ; un

se répand dans l'église ; le Saint Sacrifice A la faveur du désordre, Leudaste se sauve, e pouvait échapper à un piège tendu par lui , que pour tomber dans une autre aberration, [ue la reine s'apaisera aisément si de riches . sa cupidité bien connue, et il va de magasin isissant, avec une morgue incorrigible, les itoffes de prix dont il proclame tout haut Pendant qu'il se livre à ces soins, la foule liédrale entourant le cortège royal. L'œil igonde découvre son ennemi qu'elle semUe lis à peine rentrée au palais, elle ordonne nène chargé de fers. Cerné bientôt par les

exécuteurs de ces ordres, Leudaste tire son en désespéré, mais accablé par le nombre, i tête et renversé; puis, échappant à leurs e la fuife, veut traverser un pont sur la Seine dans les planches mal jointes du tablier et jambe. Pris de nouveau, couvert de sang, 1

. mené au palais.

' Ici se manifeste un de ces raffinements d( il ne faut pas accuser la barbarie du siè bourreaux en eussent inventé de pareilles, Frédégonde, toujours capable de tout en l'indigne époux qui la craignait jusqu'à c( horribles instigations, quand il avait à se quelque indulgence passagère, dont il fa dédommageât. N'écoutant donc plus que s< tigre, Chilpéric conçut un plan que l'his jamais assez lui reprocher. 11 se proposa prisonnier des tortures raffinées ; mais l'ét le permettant pas sans qu'il succombât rigueurs, il envoya des médecins pour le ce qu'un retour suffisant de ses forces le re subir de plus longs tourments. 11 y eut conduire dans une des fermes royales des < air plus pur contribuerait plus promptemt Mais l'événement déjoua ces affreux calcul s'empara des plaies et bientôt on n'eut [ qu'une mort prochaine, A cette nouvelle l'I s'exaspéra : elle voyait lui échapper un sMtait promise, et ne voulut pas être privés jouissance : le peu de vie qui restait au n voulut du moins en disposer et le lui ravir, de son lit, étendre par terre sur le dos ; > nuque une énorme barre de fer; avec une lui écrasa la face, jusqu'à ce qu'enfin il r soupir dans ce supplice atroce autant qu'in (a) Grcg. Turon., lib. VI, c. xxii.

Tes despotiques, si bien servies par 1 et l'horrible abus d'un pouvoir égol! , n'en sont pas moins le châtiment m is les vices s'étaient mêlés, où au épargné pour la fortune d'un des plu ui ait souillé de son nom et de ses actes 1 souvent hideuses, de cette déplorai:

ne leçon grave et utile résulte de ces ij inattendues et d'autant plus frappai ambitieux sortis de rien, à qui ] ménage des voies aussi dangereuses 8 nuisibles à la paix publique et au \ rdonnés. Dans ces vies scabreuses, li it aux succès ; la tyrannie orgueil ises passions ; la fougueuse ténacité i avec avantage contre la bassesse de 1 ;aractère et la légèreté impudente des pes ; et un jour survient où, après i nonde appelle la fortune, on doit recoi ) de Dieu n'est qu'une miséricorde i 1 moment arrive où elle se change e 5, où les contemporains peuvent enfin lir s'instruire, et l'esprit humain c lemple de plus que la débauche fini suprêmes, et que le mépris des lois à ir la honte et par Tasservissement.

ésastreux des plus grandes misères ous arrêter à bien saisir le caractère di

Note 1 >Q d'origiae tartare, habitai iens. La guerre et le pillage '.

sse. Très nombreux dans lei

partie se tourna vers l'Ëur trées 60 y portant le ravage ( Attila, si reDommé par sa i

après la mort de ce princ mêlant aux autres nations qi ïules, l'Italie, et les autre

Note 2 ardi, étaient nommés ainsi p

cause de leur longue barbe it Danemarck) pour se jeter èrent la Panoonie ou Hongr rsés, général de Justinieo, xpulser les Goths ; mais ils < % sous la conduite d'Alboin :t y établirent le centre du

cents ans, ayant succombé le des Papes de leurs hostili :iâ des lois adoptées par le:

Note 3 le 25,000 &mes, chef-lieu di apttale du comtat Venais; olonie florissante. Elle fut d' bonnaise, puis dans la secon

é aux ducs ou gouverneurs , (V. Daniel , HUt. de Fr., a

Note 5

ciea fief relevant de la ch&tellenie de Cerizay, village □edeVivonne, se compose maiDlenant d'un moulin qui portent sou nom, dans la commune d'Anché

plus anciens actes qui en parlent sont de 1080. Les p retranché sont encore très reconnaissables. (Hédet,

Vienne. — D. Fonteneau, xuii, 299.)

Note 6 I sont racontés nulle part avec la suite que nous leur

ce récit. Mais entre ces noms propres et des détails , il y a des coïncidences qui ne permettent pas d'hésiter, B obscurités qui s'étaient faites jusqu'à présent aulour isants épisodes. (V. Greg. Turon., lib. IV, c. klvi. — istoire de sainte Radégande , p. 240. — De Bussière, )

Note 7 ; conauUanlem Legati sorte fréquenter t ad hispanoa GaUica cura oiros.

Caria, contracté par le besoin du vers. Galliea curia « que la coup de Chilpéric , neuvième roi de France ïssade Taisait aussi partie un certain Gojon, que cite ins son Abrégé de Grégoire de Tours, c. Lvn. — Le iDS ses Noies sur Fortunat, doute que ce Basile soit le

poète fait un si bel éloge. 11 est vrai que celui-ci dans at nous allons parler ne dit rien de son genre de irait pas manqué de lui prêter quelques inspirations art, au contraire (Annotations sur Grégoire de Tours), danl pour l'opinion que nous adoptons ici.

n., lib. VI, c. xLvm. — Il fut question aussi dans celte nnuler la nomination non canonique faite par l'évéque idius, d'un prôLre de Chartres, nommé Promotus, à un Uteaudun que le métropolitain créait ainsi de lui-même ocèse d'autrui. L'évéque de Chartres Pappolus, qui l'Austrasie, réclama contre cet empiétement, et Sigeseconda sa résistance. Contran, au contraire, prit le us dont il était diocésain. La question ne pouvait être le Concile, qui ordonna de rétablir les choses en leur ■, ce qui n'empêcha pas Contran de soutenir son évéque

HOTES DU LIVRE y ni lOÏ

t pour les deux princee un prétexte de plus i aimèrent un instant quand ils eurent consent t une assemblée ecclésiastique. De son câU ntran contre Sigebert qu'il n'aimait pas, e

igeait contre toute justice dans le parti di teaudun. C'est pourquoi le concile s'cfTorça lire entendre raison au roi de France, commi autorité. Nous entrons dans ces détails parc< prit du temps et le caractère du prince qu'i

Note 9 iigné par Bouchet comme étant alors f comtt ; audit pays dudit Sigebert.» (^Inna/. p. 73.) Oi lar cette double qualité qu'il eût été le généra ifense du territoire. Quant au lieu où fut livréi -ce pas Moussais, village de la rive droite di de Vouneuil-sur-Vienneî Ou dit bien qa é la Bataille, parce que les Sarrasins, commi î, y furent défaits par Charles-Martel. Mai: mption d'un certain nombre d'historiens qu< 3n aussi grand nombre. 11 y aurait d'ailleur 3 pour l'action de 573, puisqu'elle se donni ! les troupes do Théodebert venaient de Tour ou : dans ce cas, le surnom donné à Moussai de 732. (V. GregTuron-, tib. IV, c. xlviu, o qui a servi de matière aux récits de Daniel 3t d'autres.)

ind sa source dans le département de la Marn ïu-dessous de Compiègue.

Note 11 ij sort du département de la Haute-Marne, n , aux eaviroDS de Langres et de Chaumont , à Charenton, après 90 lieues de parcours.

Pnania, abbaye fondée en 597 par Pépin I 10 lieues au Nord de TrèvBS. Elle dut son noi li la côtoie. Elle reçut la règle de saint Benol

Note 13

Coulonges, Cotonia, et, au xiv siècle, C petite ville chef-lieu de cantoo de l'arroadif Sèvres). Elle a près de 3,000 habitants, et que de 20 kilomètres au Nord-Ouest. On Is Thouar&ais par son surnom des Royaux, co peut-être à quelque possession royale du lie reste, que ce Coulooge ne soit fort ancien, e égard à son nom latin , it put être , dès le ' ces'TeiFales qui habitèrent alors plusieur 11 eut une paroisse du nom de Saint-Etienni est au 3 août, et qui devint nn prieuré de l'Autiae, Ordre de Saint-Augustin, vers la 1 démembrement du diocèse de Poitiers en 13 de Maillezais, aussi bien que Nieuil, et fui d'Ardin.

Note 14

L'agréable manoir de Saint-Goar si longti vers 1880, la propriété de M. Henri Lafos beaucoup de goût le confortable qui en habitations des environs de Niort.

Ansoulesse, citla Ensoletla, on 934, été Cyprien, situé dans la paroisse de Monti juridiciion spirituelle sur le château de la I de la noble et ancienne famille des Peyrus au XVI* siècle un évèque au siège de Poitie qui s'est effacée, y était celle de sainte Quil^ dans l'église de Montamisé, et qui avait do annuel dans l'église paroissiale, où cette st Cette sainte était originaire d'Aire en Gasc dans ce pays et dans l'Agenais, où l'on faii double titre de vierge et de martyre. L'a et celle de la Trinité de Poitiers possède même paroisse. (Mém. des Anliq. de l'Oue

Note 16 Monlamisé , Mona Tamiaerius , dont li dénaturé dans les aetes depuis le x* siècle, ment aujourd'hui comme il l'est ici, est le

de 1,000 âmes, à 8 kilomètres Nord-Est de Poitiers, dans le caotor de Saint- Georges. Son église de Notre-Dame, plusieurs fois retouctée, indique une construction des xi* et xii* siècles, mais qui m doit pas être la première , car on tirouve les noms de ses seigneur et de son église dès le milieu du x'. Il est probable que la fondatioi de cette église venait du Chapitre de Notre-Dame-Ia-Grande d' Poitiers, car elle relevait encore, avant 1789, de cette collégiale, e le seigneur y avait le droit de haute justice.

Note 17 Vitry, Vieioriaewn, qu'il ne faut pas confondre avec un autr Vitry de l'Orléanais, nommé dans les chartes Vietriacutn, Celu dont nous parlons étïtit une maison royale a|>pelée Villa publica situé entre Douai et Arras, sur la Scarpe. C'est aujourd'hui un boui^ de 2,500 &mes, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais, à 4 lieue Nord-Est d'Ârras.

Note 18

Quelques historiens , avec Y Art de vérifier les dates, l'appellen GondoaJd et Aasoald. Cette différence vient sans doute des copie manuscrites ou d'une mauvaise traduction, car Grégoire de Tour l'appelle toujours Gundohaldua, lib. V, c. i, et lib. VI, c. vni.

Note 19

Braine, alors Brennaeum, Brenna et-màme Bibrax, était un maison royale située k 3 lieues de Soîssons, sur la route de Reimi Il y avait, un receveur du fisc ; elle était arrosée par la Vesle, qui t jette dans l'Aisne, & 2 lieues au Nord. Cette maison royale ei plusieurs fois mentionnée par saint Grégoire de Tours, qui s' défeadil en 580, dans une assemblée ecclésiastique, contre les accu eaUons calomnieuses de Leudaste, soutenu par Chilpéric. C'ei aujourd'hui un chef-lieu de canton du département de l'Aisne, et d diocèse de Soissons. Une abbaye y fut fondée au vii> siècle, sons I vocable de saint Yved (Ecodiua), évéque de Rouen, et réformée c 1180 par l'introduction des Prémonlrés. En 1789, elle était e commende.

Note 33

L'usage des cloches dans l'Eglise est dû à saint Paulin, évéque c Noie, en Gampanie, où il siégeait en 400. Ce ne fut, il est vrai, qt vers 550 qu'on l'introduisit en France, mais il s'y répandit ai rapi dément qu'il était partoat adopté vers la Rn du vi" siècle, et h

I de saint Martin avec l'Italie ne permettent pae de douter monastère ait adopté I'ud des premiers la sainte symphonie ;iite pour le culte chrétien.

Note -21

allia ehriatiana (II, col. 1274), et après lui Da Tems de France, II, 459), ont dressé leur catalogue des Abbés 1 en plaçant saint Martin de Vertou le quatrième de tous. ,6, il serait le cinquième, puisque saint Jouin est évidemment er, et que dans leur liste saint Martian serait le troisiâme, it qu'il ne doit pas être regardé comme étant saint Martin luiliais il y a dans ce calcul une énorme inadvertance que les lin te-M art he n'auraient pas dû commettre. Ck>mment, en effet, 1 si petit nombre de supérieurs à la tôte d'une commuDaulâ si long espace de deux cent vingt ans au moinsT — Saint Jouin n abbaye entre 340 et 350 au plus tard. Saint Martin n'en 'enir abbé qu'après 575, et dans cet intervalle il n'aurait en charge d'abbô d'Ànsion que quatre prédécesseurs f (V. Gi^. ub. sup). On voit bien qu'il existe là une lacune à signaler, vient uniquement d'une erreur de chronologie qui n'aurait échapper à de tels savants. On ne fait pas de doute sur mporànéifé de saint Léonégtsile qui prend l'abbatiat après iin, et de saint Généroux qui lui succède. Après eus vient ■tianus qui est ou n'est pas le mémeque Afarfinu»..., pea car on voit clairement que ces trois ou quatre vies d'hommes nte-Martbe ne s'étonne nullement, n'ont pu former la chaîne fondateur d'Aosion et celui de Vertou. Ces quatre anneaux donc duré chacun un laps de cinquante années f La seule 'une telle exagération est évidemment dans l'absence de s abbés qui ont disparu des traditions, quand celles-ci, par s envahissements des Wisigoths, des Sarrasins, des Nores Anglais, et de tant d'autres qui ne valent pas mieux, se oblitérées par la perte ou l'altération des archives. C'est un 'il ne faut jamais oublier pour se rendre compte des difficultés nre. ,

Note 22 is, village de 700 âmes, canton de Montbazon (Indre-et-Loire).

Note 23 village de 1,Q00 âmes, canton de Bléré (Indre-et-Loire).

tes du livre vik 1x3

Note 24 canton de Montrésor, arrondissemeot de

Note 25 lu monastère de Sainte-Croix une belle iphronfl portant la sainte relique dans une I pierreries- La comniunauté avait perdu ce ses biens confisqués par la Nation d'alors. «, cette grande toile, qui n'est pas signée, propriété de l'illustre famille de Saiote-

:s ce vocable sont disséminées sur le terri- }ut en Vendée ; mais elles ne sont qu'en s de saint Germain de Paris. Saint Germain snHes, par exemple à Saint-Germain prés ette commune de 8 à 900 habitants, et -Savîn, qu'elle touche, et dont la Révolution sur la rive droite de la Gartempe. Elle est i romaine de Poitiers & Argeuton en Berry. I, en style du xi° ou xn' siècle, était un de Saint-Savin. Une bulle donnée en 1184 t'abbaye de Saint-Savin l'indique comme 3S lieux saints dépendant de l'abbaye déjà rlainement paroissiale à la fin du xiv* siècle, , Gauthier de Bruges. — On distingue les ï la fête patronale des paroisses. Celles qui laint Germain de Paris; les autres sont du main l'Auxerrois.

Note 27 t s'était fait de ce moyen fondé d'abord sur un B en Dieu, mais dont la superstition avait trop ! de présage infaillible, et l'on s'y abandonaintes fois, en de graves circonstances, Dieu Ainsi nous avons vu Clovis avant d'entrer combattre Alaric, envoyer des députés au t, avec de riches présente, pour se le rendre en entrant dans l'église, avaient entendu tume 143, où le prophète bénissait Dieu de a au combat. Mérouée venait de demandei

au mftme saint de l'éclairer sur le succès Ai que cette fois encore la prédiction eut bieni Il parait, par un concile tenu à Vannes en vérité, on choisissait un clerc qui ouvr en expliquait le passage plus ou moins ce concile avait interdit cette pratique par se canons, sous peine d'excommunication, Lf velée par le concile d'Agde en 506. Saint / cl réfuté le même usage, fort accrédité de s< le trentième canon Hu premier concile d'Orl la mémo peine contre ceux qui employaient que la curiosité, et aussi l'anxiété de certaine jours revenir à cette sorte d'augure, qui dm quand on voulait conjecturer ce qui arriven lement sacrés. (V. Fleury, ffiat. eeetea., lib

Note 28

Saint Germain d'Auxerre était mort en 4 576 on trouvait déjà des églises dédiées sou

Note 29

M. de Bussière s'est trompé en attribua de Tours. Saint Grégoire dit positivement, lil

rex PicTAvUM peroasit.

Note 30

Au reste, il y a eu des avis bien divei culpabilité de Prétextât. Daniel ne le di Nous avons suivi de près chaque historiei que Grégoire de Tours en a fait le récit bien que le plus circonstancié. Ce qui es' détails, c'est que Frédégonde fit tous les ' saint évéque de Tours pour l'attirer à son [ lui offrant de grosses sommes d'or, qui d plupart de ces juges iniques. (Daniel, I, 24f

Note 31

Braine, Brenaaeum, Brinnaeum, était ui de Soissons, sur la route de Reims, et : Champagne qui a sa source entre Ch&lo (Marne) et son embouchure dans l'Aisne, à

Notes do livre Vin 115

B liea était alors bien entouré de murs solides, uelle y était faite, parce que les trésors de renfermés, et que Chilpëric y mettait les siens, iladîe les daux fils de Chilpéric, Dagobert et urd'hui une petite ville chef-lieu d'un canton habitants. Le nom latin dit fort bien qu'on «j et non pas Braine, comme quelques-uns

s-là que les germes du système féodal se déveoaination des rois francs. C'est ainsi que les suce de Childebert s'attribuaient tes territoires ) gouverner et les rendaient héréditaires dans

Note 33 tBtea de César, habitants actuels de Bayeux, nent du Calvados, et ancienne capitale d'un petit . Bayeux est un évéché suffragant de Rouen, et régoire de Tours les appelle Saxonnes, Bajoavaient été d'abord une colonie de ces Saxons l'Honorius, de Valentinien, et des derniers ., avaient fait de fréquentes invasions dans le et ne s'en retiraient pas sans y avoir laissé est de la même façon que les Teifales s'étaient ailleurs vers la même époque. Ces Saxons lent été récemment convertis au christianisme [ue de Nantes. On voit par un capitulaire de u'à la fin du ix* siècle il y avait encore sur ce id, assez voisin des bouches de la Seine, un toujours sous le nom de Saxe.

Note 34 I et Vieinocia, rivière dont la source est près elle passe de là à Rennes, et va se jeter dans . 6 lieues Est de Vannes , vis-à-vis l'Ue de Mai.

Note 35 as qui ont parlé de ces temps si tourmentés n'est 1 qu'il y faut assigner h chacun de ces événeurtant que tout doit se rattacher ici an concile ironologistes assignent à l'année 580. — Donc,

;fl que nous rapportons ici est antérieur à etagDe a dû servir d'interstice aux deux it Grégoire de Tours. C'est le seul moy I de Leudaste & l'année même du con niné avant sa tenue.

te é6lipse dut se faire le 5 avril 581, à S VArl de Dériver tea dates, iû-S", 2' part

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