LIVRE IX
DÉVELOPPEMENTS DE l'aBBAYE DE LA MORT DE SAINTE RaDÉGONDE
S pu comprendre à divers traits du précède, quelles luttes l'Eglise avait ir, jusque dans son propre sein, s passions des grands et les ambilui étaient le plus contraires. En dépit , les rois qui s'honoraient du titre de ent croire que leur autorité ne devait et ces mêmes princes qui enrôlaient Tre, qui levaient des impôts dont la iilations de s'expatrier, s'attribuaient ler des évêchés à leurs courtisans, de veaux Sièges épiscopaux, et même de d'argent. Ils enrichissaient ainsi leur •ilèges levés sur des pasteurs qui ne peuples, ni les instruire, ni les sauver rines et les mauvaises mœurs. Menée de fer des princes toujours armés pour îlle, épouvantée par des crimes qui ne fidic, par des supplices qui n'étaient ruautés sans scrupules, par le mépris protégeaient le petit contre le puissant lis fort, la société serait infaUliblement
«mbée dans le chaos d'où l'avait tiré ;ette foi, qui doit toujours vaincre, ne l'j ses propres excès, si elle n'étmt venue o Darrières aux envahissements de l'arbit indomptée. Les conciles, le droit d'asile s'entouraient heureusement d'un prestige surnaturel que Dieu autorisait par des miracles nombreux : moyen plus sensible aux regards de populations que le raisonnement aurait peu touchées, mais qui se laissaient plus volontiers dominer par le sentiment. C'est là surtout ce qui amena le rôle imposant des monastères, et fonda l'autorité morale des évoques. C'est là ce qui, en dépit même des crimes des gouvernants et des fautes d'un clergé trop souvent choisi au hasard, attachait les peuples à l'Eglise, et -les gardait contre les vices de leurs maîtres par l'éclat sacré de se: apôtres et de ses saints. ,
Car il y avait, en face de cette vie matérielle des puisseint: de la terre, l'influence plus douce et plus sûre des grande; âmes qui se donnaient à Dieu pour sa gloire et au mondi pour son salut. C'est sous l'action de ces hommes simple! de coeur, mais si élevés par les inspirations de la grâce que se refirent souvent des localités considérables, disparue! dans le cataclysme des guerres antérieures, et que h christianisme, au souffle fécond d'un pauvre moine, faisai sortir de leurs cendres et ranimait pour un avenir pluf fructueux. Ainsi, vers 580, la Vendée vit renaître sa vieilh cité de Durinurrij depuis longtemps oubliée, et qui dut unt nouvelle vie au zèle apostolique de saint Martin de Vertou
Nous savons par ce qui a été dit jusqu'à présent, que sor monastère était déjà devenu florissant en 575. Cet état dt prospérité et la vie régulière qui s'y tenait fit grouper autoui de Martin des disciples attirés de Nantes et d'ailleurs, épris df l'isolement et du silence de la sainte retraite, charmés pa* cette vie toujours occupée, et qui, touchés de l'esprit di Dieu, aspirèrent à partager cette existence angélique. Auss fallut-il bientôt songer à se ménager à Vertou des ressource
SÉNÈRALE DU POITOU (580) 119
ui commençait à s'y faire. Le meilleur er des prieurés où fussent délégués
s'y occupassent de la culture des Qps que de la prière et des bonnes avait fait déjà à Savenay(l).
îment se fit à sept lieues au Sud-Est ienne cité de Durinum. On allait donc
nouveaux éléments de l'ère chrétienne stite ville, jadis florissante et considé-
au temps dont nous parlons, à une par les malheurs qu'elle avait subis d'invasion. Son nom avait été latinisé laine, mais son origine, bien antérieure lontait à une appellation celtique expri- Bux cours d'eau, ce qui s'accorde avec s qui, prés de là, vont se jeter dans la e de Vertou. Plusieurs voies romaines tion et en facilitaient les abords, aussi rce jadis considérable. C'est là que son prieuré, dont les communications ! deviendraient également ^utiles aux Selon la coutume qui commençait alors prouverait encore qu'on suivait bien à int Benott, un couvent de femmes fut es moines qui en prirent la direction, de Durinum devint bientôt plus consiile des âmes et aux sollicitudes de la s nouveaux venus : double caractère IX ennemis du christianisme sa vérité inité de sa mission. Une église destinée tés s'éleva alors sur l'ancien ybrum et aint Georges, que le lieu a conservé
chaque jour la prospérité des saintes on et de la vertu ; comme toujours elle autour de Vertou l'établissement d'ex-
ploitatious rurales et de paroisses dont plusie consacrées à saint Martin. Vertou est de chef-lieu de canton, et un doyenné ecclésiast de Nantes, lequel compte aujourd'hui six m
Avant de rentrer dans le récit des événem nous avons encore à nous arrêter quelque autres saints qui ne peuvent être oubliés i saint Léomer et saint Cibard. Aussi bien, Vl la nature, a heureusement ses contrastes < le lecteur et le charment tour à tour. L'une horreurs qui repoussent et ses beautés qui i ralion. Les violences reviendroilt bientôt s monde. N'y rentrons pas sans avoir bét existences qui ne nous parlent que du bon gation chrétienne et de son incomparable pi
Une paroisse du canton de la Trémoi aujourd'hui de quatre à cinq cents âme: petite église sans caractère architectoniqut vocable rappelle le diocèse de Chartres qui donné le culte de sainte Soline. Cette éghse, cure de l'abbaye de l'Esterp [4) en Limous saint Léomer qui vécut dans le cours du dans le pays chartrain, étranger au Poito ses souvenirs, ce saint eut cependant chez m nous ignorons l'origine, mais qui s'atteste pa qui peut remonter jusqu'au xm" siècle, et dont l'église est encore, en possession.
Saint Léomer ou Lomer, embrassa jeun érémitique dans les forêts du Perche (5). Sor imposa un jour à des voleurs qui s'imagina trésors dans sa cellule, un sentiment de re: tomber à ses pieds. Il fonda bientôt deux n de nombreux disciples, et tous deux dédiés à Tours : l'un dans ces mêmes forêts, vei non loin de Dreux (8), dans un lieu nommi seconde année de Chilpéric," c'est-à-dire er
vieillesse, au milieu des travaux que lui ivernement de cette dernière maison. Vers lie, évêque de Chartres, l'ayant appelé près niques affaires, le saint y tomba malade et lourir. Comme l'évêque pleurait auprès de mt le consola en lui assurant qu'il le suivrait isterait pas aux malheurs qui allaient fondre ce qui se vérifia. Saint Léomer mourut le
et reçut la sépulture dans l'église monasklartin-en- Vallée, située sous les murs de la osait déjà notre saint Lubin. C'est le jour sa mort que se célèbre sa fête, dans la petite s reliques furent sans doute l'occasion de nterrompu jusqu'ici. Un fait intéressant se remières années de ce culte dans la ville !t prouve quelle importance la foi de ces t aux restes dos saints. Les moines de tant avec peine que leur père eût été enseveli oilieu d'eux, s'ingénièrent d'envoyer dans le Blois deux des leups qui y firent profession.
temps de séjour, et quand personne ne sr d'eux, ils parvinrent à enlever furtivement lont les reliques furent divisées ensuite, en instances où il fallut les soustraire aux les Normands, soit des calvinistes, et dont 'a sans doute venue dans le Poitou à une e(8).
it qui nous tient de plus près, vit terminer ^jcé ips son pèlerinage sur la terre. Cibard est v^^^^- Ht peu à peu le vulgaire en modifiant celui il portait, et que lui ont conservé toutes les latines. 11 était d'une illustre famille du moins remarquée par la sainteté de ses lar le rang élevé qu'ils tenïùent dans cette grand-père du saint, aussi bien que son père : été gouverneur ou comte. Né à Périgueux
lâS HISTOIRE GÉNÉRALE DU POITOt
en 504, rien ne manqua à son éducation i comprit si bien, qu'après avoir été plusit jeunesse chancelier de son père (9), il ne monde, et avait trente-trois ans loraqu' pieds de saint Martin , abbé de Sédaciac de lui donner l^habit religieux. 11 passa dans cette solitude. Mais ayant voulu s'en' voyages des perfections à apporter à la il s'arrêta à Angoulême où l'évêque Api de son intelligence et de sa vertu, le c( dans son diocèse , il envoya même Front d'Angoulôme, vers Sabaudus, alors évêq pour le prier de ne pas s'opposer à ce cl fut pas .sans peine que le prélat et l'ab consentirent, et lui-même ne céda qu( solitude complète qu'il désirait ardemm promise par son nouvel ordinaire. Celuilui avoir donné l'onction sacerdotale, lui ac de la ville et sur les bords encore déser une grotte où il vécut en reclus, se dor ce genre de pénitence par le saint exe: continuelle et d'une contemplation qu'il ment. En face de sa retraite, un vaste au-delà du cours de la rivière où se dérou riche des plus beaux sites. Tel fut le séj( long espace de trente-neuf ans, il cher s'imposant un carême perpétuel qu'il année quand revenait celui de l'Eglise, et austérités qu'il fallait une grâce particu succomber à ce que le monde appelleraii Comme toujours la sainteté du solitain nombre de cœurs. Beaucoup voulurent êl .. vers 570 un monastère dut l'ecevoir ces i bas de la colline où la grotte était crei accompagné de miracles qui, en attest Cibard, lui attiraient le respect et l'amoi
ndantes aumônes nourrissaient les pieux le sa solitude. Le surcroît des besoins n'était c mains de ces économes fidèles. Il y avait
des pauvres que multipliaient les grands lette époque troublée, et des esclaves arrachés leurs à leur pays et à leurs familles pendant ncess^lntes dont l'Aquitaine ne se reposait
et les autres retrouvaient leur vie et leur ics générosités du monastère. Celte grande dée par l'aménité la plus inaltérable, attirait ises grâces aux pécheurs, qu'elles convertis- 5 il arriva à notre saint d'arracher en priant
criminels à un châtiment dont ses supplicat pu les garantir : ce qui était d'une grande
ces temps où nous savons combien l'horreur
s'augmentait des tortures barbares qu'on ment d'y ajouter.
ïi monastère fût habité par ses religieux, et lement leur abbé par la surveillance et la abitait pourtant sa chère grotte. C'est là que, il, il mourut doucement sans avoir éprouvé Transporté dans l'église abbatiale, il y fut lieu d'un immense concours de fidèles touchés : malades qui y furent guéris, et de ceux qui, lui de la captivité, ne pouvaient oublier qu'il lus à leur famille et à leur pays. Quelques , l'évêque d'Angoulême Nicasius, ayant fait iux un monastère sous son nom, y transporta s ses rehques, dont le reste demeura dans était mort.
e a disparu sous les dévastations des huguciiècle. A la fin du xvin*, on voyait encore sur illies quelques cellules habitées par cinq ou ns, derniers représentants de tes antiques est là qu'Adhémar de Chabanaisw écrivit, Champagnac.
vers 1015, sa Chronique de la monar tout le temps qui s'écoula entre les annéi I Au xi« siècle, une autre portion d( apportée à Poitiers et recueillie dans un à cette intention à l'extrémité occidentali église fut le centre d'une paroisse jusqi alors par la Révolution, elle resta profa Une de ses nefs, restaurée alors par lei ôvêque de Poitiers, fut consacrée le 11 juii évêque d'Angoulême, et rendue au cultf pieuses sœurs garde-malades de la M maison y est annexée.
Telles étaient les vies irréprochable; placidité et d'innocence que le Christian passions indomptées des conquérants entraînements de l'orgueil et à ce mêlai foi divine et des plus honteux égarement condamnés. C'est par ces influences salu marchait vers la véritable civilisation, obstacles de la barbarie et les flots de s Là se maintenait le feu sacré qui ter d'expansion , à seconder pour un procl latente, mais pure, et le monde qui orages était le même qui devait sortir p de CCS premiers jours.
Mais avant cette période glorieuse inaugurera, nous aurons encore à subi guerres intestines et les perversités du ' I* Le jeune Childebert était toujours ro il ne possédait pas Poitiers, que Chilpéri qu'il refusa de rendre à son neveu en n que la régence d'Austrasie avait tentées teur en apparence de ce pupille avec 1
(a) V. D. Baunier, Bèné/ice» royaux, I, 154. — DupuY, Eitat de l'Egtiie du PMgord, 1.
S d'accord que celui-ci résistait plus à soi ionnait pas moins tout ce qu^il pouvait .
et ne manqua pas d'agir en maître dan
Childebert. Comme il s'était assujetti le lies de l'Aquitaine, il profita de la paL ec le roi de Bourgogne pour visiter se mit partout des gouverneurs de son choix, t ls, selon ses instincts les plus remarqués, d
revenus publics et de les faire verser dan Et comme ces spoliations devaient trouve
nécessaire dans la levée de nouveaux impôts )mme le Limousin, le Périgord et autre 1 méridionales, se sentit de nouveau accablt exations déplorables était cependant le sei pas ajouter beaucoup aux dévastations déj que les gens de guerre apportaient toujour nx pays qu'ils traversaient, se passèrent ainsi dans une amitié ave i rien ne troubla, mais aussi en continuelle avec Contran , qui pourtant ne prenait jamai e malgré lui et recherchait la paix aussit< ait possible. Un événement heureux pot faire, en 583, une diversion à ses habitude
un fils lui naquit de Frédégonde, qu'il I yande pompe à Paris le jour de Pâques, < ioric ou Thierry. Ce fut une courte occasic Bs peuples, qui furent délivrés d'une portion c et pour quelques serfs des maisons royales hit au nombre de trois couples par chaqi
*it guerrier de ces populations remuante: illage qui n'accompagnait pas seulement It rises de villes et l'occupation des campagne t le passage même des troupes qui, revena:
fs après la guerre , se pourvoyaient de tout , et à de leurs besoins, sur les terres qu'elles travercela enchaînait les unes aux autres.des calamités itre d'un grand profit pour les rois, causaient IX peuples de fréquents malheurs , souvent des t ils ne se relevaient que longtemps après. Ainsi s du Poitou furent encore appelés en 583 par de nouveau brouillé avec Gontran, à supporter blés dégâts qu'on eut à déplorer aussi bien dans I de Bourgogne.
[>édition était à peine terminée, que l'ambitieux Jirigea contre le Berryune autre armée composée evés en Poitou, en Anjou et dans le pays nantais ; . la conduite à Bérulfe, comte de Poitiers depuis D'autres généraux se portèrent simultanément rges, qu'ils avaient ordre d'assiéger et de forcer t de fidélité. Les Berruyers ne se firent pas t allant au-devant de l'armée réunie à Paris et iait vers Bourges pour l'enlever, ils la joignirent e mille hommes près de Mehun-sur-Yèvre (12) : e sanglante s'y donna où périrent sept mille 3S deux armées. L'avantage resta pourtant aux , qui s'avancèrent sur Bourges, la prirent, et ne il rien, ni dans la ville, ni dans les campagnes tes. Les églises, leurs richesses sacrées, les 'ignés, les jardins, jusqu'aux arbres des demeures les prairies et des champs, tout fiit dévoré par ss et dévasté par la hache. Mais ces cruels devaient être suivis d'un remarquable revers, rvint avec des forces qu'il opposa aux ravages re. Un soir, il engagea une action vigoureiise le Melun, et y tïiilla en pièces les forces de Dès le lendemain, selon sa coutume, celui-ci a paix, dont les conditions furent laissées à des Evéques, et, en attendant le traité, les linës par les troupes mêmes qui auraient dit
les protéger, eurent à verser de nouvelles larmes sui malheurs qu'ils ne s'étaient point attirés !■">.
Au milieu de ces scènes tumultueuses, il y eui intervalle de paix amené par de grandes fiançailles et royale alliance avec la famille wisigolhe qui régnait er en Espagne. Là aussi nous pouvons ajouter quelques pre de plus à ce caractère de perfidie et d'avarice dont l'his flétrira à jamais Chilpéric.
Le jeune fils que nous avons vu naître à ce roi e sort de ses frères , et , à peine âgé de quelques mo mourut d'une dyssenterie. A cette occasion, la jalousi s'attaque toujours au mérite, osa accuser de magie ci cet enfant , un général que Frédégonde fit mourir dam tourments indicibles. Deux autres fils naquirent d'elle les deux années suivantes ; mais ils moururent en et leurs parents en parurent inconsolables. Le roi trouva d'autant plus attaché à Rigunthe, l'afnée do ses I qu'il avait fiancée à Recarède, fils du roi d'Espagne wigilde. Cet attachement le porta à une perfidie qui f même temps une impiété.
D'Audowère, la première femme qu'il avait répudiéi était née une fille nommée Basine. Audowère s'était r dans un monastère du Maine. Ellle y mourut quelque t après par les sanguinaires menées de Frédégonde, qui avait séduit le cœur de Chilpéric et s'apprêtait à étrangler Galsuinde. La jeune Basine était restée à la L'indigne marâtre, qui la détestait, la força de se religieuse à Sainte-Croix de Poitiers. Les exemples consolations de sainte Radégonde la soutinrent qu temps contre les dégoûts d'une vocation forcée, comprit même que le bonheur pouvait se trouver là elle bien plus sûrement que dans une cour où sa jeu n'avait laissé que de si tristes souvenirs. Mais son qui ne supportait pas la pensée de perdre sa fille i
(a) Gtdg. TurOD., lib. VI, c. xxxi.
la remplacer pour Récarède par celle qu'il ins, et il proposa à Basine de devenir reine , Celle-ci refusa ; c'était son devoir ; mais le père ;qu'â l'importunité, ot il fallut que Radégonde
une opposition énergique à ce projet en repré-
roi que l'épouse de Jésus-Christ n'était pas venue li avec les engagements les plus sacrés pour
à lui et lui préférer les rois de la terre. C'était ière occasion de faire valoir la décision des u deuxième concile de Tours, et Chilpéric les ssez pour abandonner son dessein sacrilège (•>}. ndant ces menées le temps s'était écoulé et en n s'impatientait non sans menaces. Des ambasisigoths vinrent de Tolède en Neustrie sommer snir sa promesse ; il n'y eut plus de raison pour ■ un refus plus longtemps prolongé devenait une ;uerre. Il fallut donc songer au départ de la jeune 'é de parents tels que les siens, rien ne valait en le luxe et l'ostentation qu'ils mettaient à tout. On c à la fiancée de grands trésors. Avant le mariage qui devait se faire en Espagne, on en célébra la iéfinitive à la cour de Paris. La dot consista en 'or considérables données par le roi ; la reine y si grande quantité d'or et de bijoux que son ême en fut étonné et se crut un moment dépouillé ses riches'ses. Selon l'usage, les grands de la i royaume ne manquèrent pas d'augmenter ces ces de dons considérables en or, en argent, en , en tributs de toutes sortes et en chevaux de eut jugef de ces incalculables prodigalités quand is Grégoire de Tours que cinquante chariots rgés de monnaies d'or, de précieuses parures, s et d'étoffes incomparables p^l^ la matière et la
travail. En un temps de guerres incessantes, et
aroQ., lib. VI, c. xxxiv. Bolland., Conwi. preni., p. f&, 13 aug.
Histoire générale du poitou (584)
pour traverser sur une longue étendue un territoire combats pouvaient se renouveler chaque jour, i, donner à un tel convoi une garantie respectable, contre les embuscades prévues des rois d'Austrïisi Bourgogne. A cet effet, une idée digne de lui vint i de Chilpéric. Pendant qu'on célébrait à Paris les pr solennités nuptiales, il s'occupa de former ce cor prétendit le composer de tous les hommes de famill ou serviles qui peuplaient ses nombreux domaii grand nombre ils furent pris sans avertissements pré et ce fut une désolation dans tous les rangs de la Ceux qui gémissaient et refusaient de quitter leurs furent emprisonnés jusqu'au moment du départ. Qi uns, que leur haute position n'exemptait pas de cette rigueur, firent leur testament, supposant qu'ils ne draient pas d'une expédition commencée sous de auspices.
Par ce moyen, ce fut une armée de quatre mille 1 que Chilpéric groupa autour du char de Rigunt ducs, des comtes et autres leudes s'y étaient joir former une cour à la jeune princesse : entre au tenant le premier rang, le duc Boson qui avait ambassadeur en Espagne, et son épouse Don: Ansoald, chargé naguère d'une légation semblabk d'origine et l'un des fidèles confidents du roi ; enfin qui avait été comte de Saintes, et qui alors était k dôme de la princesse (13). De ces grands seigneurs devaient ne l'accompagner que jusqu'à Poitiers, le la suivre jusqu'à destination, et rester auprès d'ellt
Le roi d'Aquitaine Childebert, dont on avait re rencontre, ne perdit pas tout à ces formidables tiens. Peut-être, toujours animé du juste ressentit usurpations de son oncle, avait-il préparé une revj gagnant des officiers mêlés à cette escorte : toujoi que le premier jour du voyage, la nuit étant a quelques lieues de Paris , et les tentes ayant été c
ur une halte, cinquante hommes de Tarmée prenant avec X les cent meilleurs chevaux avec leurs freins d'or et ux grandes chaînes qui servaient à les parquer, s'enfuiit en Austrasie avec ce bulin. Le même fait se renouvela isieurs fois pendant le trajet. Quant au cérémonial posé aux villes que traversait l'illustre voyageuse, il était jlé d'avance à leurs frais : aucune dépense ne retomba à charge du roi. Conformément aux habitudes d'économie de violence suivies par lu couple royal, tout se solda sur itc la route pai' des levées faites sur les riches et les uvrcs. Poitiers et tout son territoire, aussi bien que les ovinces ultérieures que traversa cet incommode cortège, jn furent pas quittes pour ces taxes extraordinaires, tiistorien du temps déclare impossible de raconter les ces de tout genre qui se commirent par ces troupes iisciplinécs, marchant sans ordre, se répandant partout ur piller, et faisant souci bien moins de la princesse à rder que de ce qu'ils pouvaient prendre. Rien n'était ipecté par ces hordes de déprédateurs. Ils dépouillaient iqu'aux modestes mansions hospitalières destinées aux uvres, dévastaient les vignes jusqu'à enlever les ceps ec les raisins, ravissaient les troupeaux, ne laissaient sui" ir passage rien de ce qu'ils pouvaient s'approprier. Ce au tombait d'autant plus mal sur ces contrées malheuises, que plusieurs mauvaises années venaient de se ccéder dans la Gaule. Des tempêtes violentes y avaient inéles édifices des villes et des campagnes; de nombreuses ïndations ayant été suivies de sécheresses, les terres y lient devenues stériles, et tant d'infortunes publiques naient mettre le comble à ces terribles calamités w. Le bas Poitou surtout parait avoir souffert d'une peste i semblait venir de la Bretagne, s'attacher aux bords de Loire, et à qui ce grand fleuve ne fut pas un obstacle qui éservât notre pays. C'étaient surtout ses débordements
0) Greg. Toron., lib. VI, c- xlv.
f]ui l'cmplirent le sol de la Vendée septentrionale des pagus de Mauges et de Loudun, de mias empoisonnaient la population. En de telles re nous savons par les exemples de tous les temps se comportent les prêtres, les évêques et les relig ne s'épargna donc pas devant le fléau, et si les ar effacé les traces de ces catastrophes et de Ta qu'elles surent inspirer, à Vertou surtout les r leur saint abbé Martin ne restèrent étrangers i affreux ni par les victimes faites dans leurs ranj les soins charitables qu'ils prirent de toutes cel virent frapper autour d'eux. La plus illustre de ce: et la plus regrettable sans contredit fut Félix luisaint évèque de Nantes, l'ami de Martin, qui ne sut ni ses forces ni sa parole pour soulager par soi ment et encourager au sacrifice ses peuples désol frayeurs de la maladie et les horreurs d'une moi subite et toujours cruelle. Ce funeste fléau se ■ plus de deux ans et finit par épuiser les forces ( évêque déjà septuagénaire. Après un long épi trente-trois ans, il succomba à ses fatigues, fra par la contagion. C'était en 583 i!4).
Saint FéHx avait pour ami intime saint Fort devait occuper lui-même un jour le Siège de P qui lui envoya souvent de gracieuses poésiefe où sait à louer soit son habileté littéraire et son ( soil sa piété qui procurait par de ferventes prière de sa ville de Nantes attaquée en 572 par les ï Rennes. Une autre fois c'était l'éloge de la n église de Saint-Pierre-et-3aint-Paul , élevée par prélat, et dont le poète décrit la dédicace solennell c'est la noblesse de sa naissance que relèvent sollicitude pastorale et ses vertus admirées de t( c'est son zèle à faire célébrer dans sa cathédi toute la pompe du culte catholique, la grande fête ( quand il venait encore de délivrer son peuple di
pélagienne. Nous devons ainsi à notre détails que Thistoire eût ignorés sans lu Quand saint Félix mourut, Martin touc sixième année (W. Il y en avait plus de vin à l'édification de tous, la charge de son long espace, il avait soutenu sans inte lance les travaux qui s'étaient accumi Rien n'était changé à son régime d'au; Son caractère de fermeté avait toujours soit pour la suivre lui-même, soit poui que la faiblesse humaine accepte trop ^ meilleures vocations. Chaque matin, apr dans les veilles et la contemplation, le re au chœur où l'office allait se chanter, ■ l'assistance de quiconque avait besoin di lait, dans sa course paisible et féconde dans l'océan éternel, ce fleuve aux o purifiait tout sur son passage en y ve fécondité. Ainsi s'expliquent les succès dans les âmes, et comment se produis!
miraculeuses et les conversions désespé souvent par la seule présence de notre sî tout sous ses pas bénis. Nous verre comment Dieu récompensa cet apôtr contrées.
Au milieu de ces commotions viol toujours surgir quelques-uns de ces cai qui profitaient des calamités publiques plus condamnables excès. Leur audace s'; toujours de l'impunité qui semblait les i au tard, l'indignation publique, et quel d'émulés moins heureux, finissaient pai perdre.
(a) V. Ven. Fortnnali ofp., Miicellafi-, lib. III, pas;
(b) V. Vie de «ami Félix, par H. de Kersabiec, p. S
lE GÉNÉRALE DU POITOU (584) 133
priva à uq certain Védaste, surnommé race franque, que sa vie dissolue et ses mt rendu depuis trop longtemps célèbre erdu de mœurs, ruiné par ses débauches, profitant des désordres que tant de guerres perpétuaient sous ses yeux, il savait, à l'exemple de Leudaste, exploiter les crises publiques pour reprendre sur ses compatriotes ce qu'il avait dissipé de ses revenus. Les rapines, les assassinats devenaient ses exploits de tous les jours à la tête de ses sicaires, qu'il avait gagnés pour exécuter ses plans dans les campagnes voisines de Poitiers, et jusque dans la ville. Il s'était lié pour ces méfaits avec un certain Childéric, Saxon d'origine, et dont les crimes en fait d'homicides et de vols n'étaient comparables qu'aux siens. Celui-ci avait fait ses preuves dans les différents partis qui se disputaient depuis trop longtemps le territoire des trois royaumes de la France. On juge quel accord devait exister pour le mal entre deux hommes de cette trempe. Védaste ne le cédait en rien au Saxon pour la perversité. Il vivait dans le crime avec la jeune femme d'un citoyen de Tours nommé Ambroise, et l'engagea à se défaire de son mari. Donc les deux époux étant allés à Chinon où ils avaient un logis, Védaste les y suivit. Une des nuits suivantes, quand Ambroise occupait le même lit que son frère Lupus, tous deux plongés dans un sommeil profond, résultat d'une orgie de la veille, Védaste se munit d'une torche, pénètre dans la chambre, et d'un seul coup de sa hache il fend en deux la tôte d'Ambroise, et se sauve. Lupus réveillé subitement et saigné dans le sang de la victime, s'écrie au secours, disant u'on assassine son frère. Alors revenant près du lit, le meurrier frappe encore et le laisse pour mort. Le malheureux, ui avait détourné son frère de la cléricature de peur que sa >rtune ne fût donnée à l'Eglise, et qui lui avait trouvé cette idigne femme, survécut à ses blessures et put dénoncer le céjérat. Mais dans ces temps de confusion sociale, la force eule et la ruse se faisaient un droit. La veuve et l'assassin
isparattre sans que personne songeftt à les iiour- '
à la suite de ces horribles scènes que Védasti,-, it sa détestable concubine et publiant qu'elle était ne, vint avec elle s'établir^dans le Poitou. Il y
Childéric le Saxon, avec lequel il ne manqua pas nmencer d'anciennes habitudes de violences et de !
3s. Mais Dieu permet toujours que la source du il aussi tôt ou tard celle d'un châtiment exemplaire, ait pour quelle noble cause ils se disputèrent un 1 en vint aux injures, puis aux voies de fait. Dans it, un valet de Childéric porta à ^'édaste un coup
qui le frappa à mort : au même instant il fut percé ; et expira sur le lieu. Ainsi, dit notre vieil histojustice divine lui fit expier en un instant le sang;
qu'il avait répandu, les déprédations et les adiiiil avait commis, et qu'il faut renoncer à rcdirt! tant it nombreux. Quant au Saxon, il en fut quitte pour le amende aux enfants de sa victime wi. C'est une dites légales du temps où les crimes se rachetaient i d nombre par des amendes et des dommagescalculés sur l'éiiormité du méfait ou le rang des 3s lésées. i
;es exemples ne suffisaient pas à l'humanité. Les que Dieu n'a placés à la tête des autres hommes [• veiller à leur bonheur, et qui voyant tomber de i
astres sur leurs peuples y ajoutent encore les s d'une administration égoïste, et font de leurs '.
Lutant de déplorables victimes, n'attendent pas
au-delà de la vie présente pour expier leurs crimes [ des peuples qu'ils ont perdus. Après avoir mérité is odieux d'Hérode et de Néron, ils finissent
toujours dans le sang : c'est le leur qui se mêlr 3ut celui qu'ils ont mêlé de tant de larmes.
Turoii., lib. VI, c. xiii; —VII, c. iti; — Vlll, c, xv; — X, c. x\ii
ÉNÉRALE DU POITOU (584)
^aut devait atteindre Chilpéric.
ithe s'acheminait vers rEspa{ l'était rendu de Paris à sa \i e le plaisir de la chasse (15). Ui i cet exercice jusqu'au milieu jour du palais, et comme il s'ap aval sur l'épaule d'un de ses off qui s'était approché par derriè s l'aisselle : un second coup lui itant. Il expira aussitôt, rendai a bouche et par ses blessures, irbarics et d'assassinats comm la vie avait été un tissu de en Irégoire de Tours qui le conn:
. le voir de près, et dont le car Dupçonner aucune partialité, a utant plus vrai qu'il est moins i qu'il lui donne, on devine un t es monstruosités qui ourdirenl crime, et terminée sans repe md Dieu, sans doute, se trou la mesure était comblée des ( que le monstre en avait reijus.
me de 584, que se termina ce trop long pour le malheur d ustice Etemelle dut lui demand