‹ Histoire générale, civile, religieuse et littéraire du Poitou (volume 4)Chapitre 7 sur 20 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

. LK TEtAITÉ d'AnDEI.OT JUSQU'a LA MORT DE ChILDEBERT

partir de Tépoque où nous voici arrivés, il faut nous résigner à voir le silence et robscurité envahir une trop longue phase de notre histoire locale. Nous avons plus d'une fois déjà signalé !lde semblables interstices dont on fait les causes 1 ne nous en faut pas moins marcher vers notre r, autant que possible, le passé à l'avenir par ieuse attention à des faits généraux qui ne nous aussi étrangers qu'ils le sembleraient d'abord, uoi, et sans trop nous arrêter à la crainte de les longueurs inutiles en apparence, nous nous ;idé à entrer dans certains récits et en de certaines >ns dont nos lecteurs, après tout, pourront ofiter : car ces pages ainsi conçues ne sortent ité du grand cadre que nous nous sommes fait , it, au contraire, quoique parfois d'assez loin, aux et aux personnages déjà connus, ou à ceux is feront mieux connaître. Nous avons dû aussi , ■ ce plan, et quoiqu'il nous obligeât souvent à plus de travail, aider l'intelligence de notre r une plus exacte connaissance des mœurs, des t des coutumes de la vie publique ou privée, à

laquelle ces détails se rapportent toujours comme à de plus sûres notions de l'histoire générale plus ou moins liée à la nôtre. Il nous semble qu'en agissant autrement sous prétexte d'abréger notre récit, nous lui eussions ôté quelques lumières dont l'histoire a toujours besoin et qu'il faut bien se garder de lui refuser.

Nous avons d'ailleurs trouvé dans ces excursions qu'il ne faudra pas traiter de hors-d'œuvre, de fréquentes occasions d'éclaircir quelques difficultés historiques dont la solution importe d'autant plus qu'on les a souvent embrouillées en d'autres livres au service de l'esprit de parti, ou d'une philosophie de mauvaise foi, ou d'une polémique de hasard telle que l'a faite, depuis trois siècles surtout, la politique astucieuse dont les nations subissent de nos jours les fatales et extrêmes conséquences. Les esprits sérieux et raisonnables ne nous sauront pas mauvais gré, nous l'espérons, d'avoir rempli de la sorte des lacunes qu'il vaut mieux utiliser ainsi que dédaigner aux dépens d'une foule de vérités importantes.

Traité 11'An.jeioi. Le traité qu'avait proposé la reine Brunehaut pour

assurer à son fils l'amitié utile de Gontran, fut signé par ce prince le 29 novembre 587 , à Andelot (1) , propriété du roi de Bourgogne, située près de Soissons, d'où le roi y venait facilement. Il y fut porté par deux ambassadeurs, dont l'un était Grégoire de Tours, chargé d'en faire valoir le texte avec cette éloquence fine et cette noble droiture qui inspirait le respect aux grands comme aux petite. Par cette convention ChildeberJt cédait à Gontran, outre la ville et le territoire de Paris, Châteaudun{2), Etampes(3) et Vendôme(4), tels que les avait possédés Sigebert; en revanche le roi d'Austrasie reprenait possession de ses anciennes provinces enclavant Meaux (5), Tours, Poitiers, Avranches, Aire, le Conserans (6), Bayonne(7), Alby, et les tieux tiers de Senlis. On convenait aussi que celui des deux princes qui mourrait sans enfants, ferait de l'autre l'unique héritier de ses Etats. C'était un élément de paix, aussi bien que quelques autres

points relatifs à la condition faite aux branches lat( après la mort de l'un ou de Pautre contractant. Pai mesure très sage et fort capable de maintenir solidt la paix entre les' deux royaumes, il était entendu qi sujets de chacun d'eux forcés par les événements rieurs à quitter leur patrie pour se réfugier dans le ^ voisin, rentreraient chacun dans leur territoire na que néanmoins chacun jouirait paisiblement des légitimement acquis dans le pays où ils cesseraient d domicile ; qu'ils voyageraient librement i)our affair» selon leur bon plaisir sur les terres des deux royaum que enfin, les donations faites par les deux rois aux é ou monastères qui leur avaient appartenus, resterai leurs possesseurs actuels.

Ces sages promesses importaient beaucoup au bo des peuples et aux relations pacifiques des deuxsouve C'est pourquoi Contran après les avoir entendues, s'en par serment à les observer. ■ Que Dieu me frappe, ai de son jugement, dit-il, si je manque à une seule proi contenue dans cet acte que je m'engage de mainte D'après les dates données par Grégoire de Tours traité qui fut réellement accepté à Andelot par Go on peut croire que dès les premiers mois de V suivante 588, il fut signé dans une réunion do .ce ] avec Childebert qui s'était sans doute rendu à Soi avec sa mère Brunehaut, sa sœur Ingonde et sa f Freiieube.

Grégoire, en quittant la cour de Bourgogne, s'en éta à Reims, visiter l'évêque Gilles (8) dont il était trof pour ne pas aller jusqu'à lui; car ce prélat, quoiqi; d'une assez mauvaise réputation, et qu'il se fût f graves affaires" d'où avait suivi sa déposition par conciles tenus successivement à Verdun (9} et à Metz avait pas moins quelques titres à sa pitié et à sa dôfé En effet, lorsque Sigebert et Brunehaut avaient Grégoire d'accepter la charge de TEpiscopat, c'éta

les qu'ils Pavaient fait sacrer à Reims, celui-ei ayant rs toute la confiance du couple royal. Grégoire nous )rend w qu'il fit la rencontre à Reims même de Viliulfe, lyen de la ville de Poitiers qu'il y avait connu autrefois, qui sans doute pour obéir au traité d'Andelot, revenait plus tôt dans le Poitou, et prenait son chemin par Paris. is déjà, ce qui prouve quel empressement il comptait Ltre à exécuter les ordres royaux, il souffrait beaucoup ne fièvre violente avec laquelle il était parti, et qui avait s d'inquiétantes proportions.

^n effet, malgré les soins de sa femme, lui et un jeune ant qui était frappé du même mal moururent à Rueil (iO), sorte qu'on apporta leurs corps jusqu'à Poitiers, où ils 3nt enterrés non loin de la ville. Sa veuve ne tarda pas e remarier pour la troisième fois au fils de ce Boppolène, ; de France (H), qui avait joué plus d'un rôle coupable IS Cliildéric, son protecteur dévoué, et qui ne conduisait i mieux les affaires de sa famille que celles de sa consice et de son honneur. Ce fils, en effet, avait eu deux res femmes, tour à tour abandonnées, ce qui lui avait

une réputation détestable ; et après cette troisième on, pour laquelle, bien entendu, la religion ne fut pas s invoquée que pour la précédente, le jeune étourdi ne aandonnait pas moins à tous les excès de la luxure, férant à la dernière de ses prétendues épouses des imes perdues, dont la vie était aussi corrompue que la une. Saint Grégoire dut avoir une douloureuse déception plus quand il vit tourner ainsi le zèle et l'intérêt qu'il lit témoigné à Viliulfe, et cette conduite de sa veuve avec

adultère public ne contribua guère à faire oublier les tndedes dont gémissaient la Tourraine et le Poitou (12). Iles étaient les mœurs d'un pays où les rois donnaient pires exemples.

•^nfin la paix régnait en Poitou, grâce à celle qu'avaien.

ij Lib., IX, c. xni.

conclue Gontran et Childebert par Tintervention bér saint évéque de Tours. Ce ne fut pas le seul bienfai tinrent de lui les peuples que Dieu avait confiés à sa i Plus sur que jamais d'être écouté du jeune ro PAquitaine revoyait avec tant de bonheur la gouverr nouveau, il n'eut rien de plus pressé que de lui entendre qu'un peuple accablé d'impôts n'aime jam souverain qui l'en surcharge. Il ménagea ainsi un gement considérable aux pauvres gens de sa {H-ovim l'année suivante se virent taxés beaucoup moins qu l'avaient été depuis longtemps ii).

Avant de passer à d'autres scènes politiques, repi nous encore de ces grandes commotions sur un c tableaux pleins de douceur que la foi chrétienne briller si souvent dans les solitudes sacrées. A f Croix de Poitiers, le 13 mai 588, la sainte abbesse rendait son âme pure à Celui dont elle avait fait son I dix mois seulement après le départ de celle qui s'éta sa allé par l'obéissance et par l'amour. Nous l'avoi en maintes circonstances, seconder de son zèle écl sainte fondatrice qui l'avait distinguée dès son ei Avec elle, elle avait été à Arles étudier et pratiquer 1 de saint Césaire et l'avait apportée à Poitiers en 57i Vy établir définitivement. Elle montra dans son goi ment, plein de douceur ferme et d'humilité aimable, c< Radégonde avait été inspirée du ciel en lui donna charge d'autant plus difficile qu'elle devait, elle, si pi naissance, régler la vie et retenir les élans trop n de tant de têtes ardentes, venues de toutes les pn de la Gaule et des pays francs, avec les préjugés ( haute naissance et certaines prétentions orgueilleus la piété chrétienne ne tempérait pas toujours asse abbatiatfut relativement tranquille. Du vivant de Ka^^é soutenue par sa confiance en elle, pîir la directioi

(a) Greg. Turon,, De Miraculii S. Marti., Ub. IX.

te qu'elle en recevait, et secondée dans les soins iriels par Texpérience dévouée de Fortunat leur ami mun , elle s'était faite à la fois le modèle des vierges

la fidélité aux prescriptions de la vie religieuse, et impie des abbesses par le zèle de tous ses devoirs (•">. aient là autant de mérites qui applanissaient à l'admie fille la route du ciel. Elle arriva enfin à ce jour ré auquel elle aspirait d'autant plus depuis que sa e l'attendait.

2S précieux restes de sainte Agnès furent déposés avec : de sainte Disciole, prés du tombeau de leur Mère,

vénérée comme une sainte ; on semblait craindre de irer ce que Dieu avait si miraculeusement uni. Placées 3 à droite, à cause de son titre d'abbesse, l'autre à 3he de l'illustre reine, chacune d'elle occupa dans la ite un cercueil dont la présence consacrait aux yeux pèlerins le touchant souvenir de leur pieuse intimité (13). ïtte année, Antharic, roi des Lombards, obtint de debert sa sœur Clodowinde en mariage ; mais celui-ci 'a bientôt sa parole parce que en même temps Récarède, d'Espagne, lui demanda la même princesse par des lassadeurs. Contran prit en mauvaise part ce mariage en irrita. Childebert intéressé à garder la paix avec son e renonça à cette alliance, et se brouilla ainsi avec les î cours. De là sans doute, la révolte qui éclata presque «tôt à l'Est de l'Autrasie, chez les Bavarois soumis à debert, ce qui obligea celui-ci à une rude répression, epuis Clovis ce petit peuple avait vécu sous les rois Listrasie dont il était limitrophe. Un des ducs de la ière méridionale nommé Garibald tenta de secouer le ç. Pour cela il avait traité avec les Lombards d'Italie, se chargeaient d'autant mieux de soutenir son entreprise

leur roi Antaris était gendre de Garibald, et un des ices les plus remarquables de l'époque. Childebert après

I S. Fortunat., Cannina, lib. VIII, c. vi, — Lib. XI tant entier.

des conHits qui ne furent pas sans quelques revers, à rompre cette alliance, réprima le tributaire remi priva de son duché qu'il donna à son cousin Tassillo lo titre de roi et le devoir d'hommage envers lui successeurs. Le nouveau roi garda fidèlement cette pr que ses descendants renièrent à l'avènement dé la s race française, de façon à s'attirer de rudes chat mais alors les rois d'Austrasie ne furent plus rit notre province, à qui nous aurons vu donner des héréditaires (14).

Nous avons vu Chilpéric mettre en 580 un im lourd sur tes vignes de la Touraine et du Poitou une nouveauté d'autant plus onéreuse que l'avarie prince n'avait guère laissé de revenu qui ne fût g faveur de son fisc. Saint Grégoire avait beaucoup te délivrer son peuple, et il crut utile de le tenter au : où Chiidebert, rentré dans ses droits sur ces deux pr< devait être mieux disposé à reconnaître l'ancienne < affection de ses sujets. De son côté Marovée, évi Poitiers, n'avait pas moins bien mérité du princ supplia d'agir dans le même sens pour son Chiidebert y envoya donc des commissaires dans le de novembre 589. C'étaient des hommes considérai que Florentien, maire de sa maison, et Romulfe, c< palais, qui passèrent à Tours sans s'y arrêter et se i d'arriver d'abord à Poitiers. Maccon en était comi le verrons figurer en d'autres rencontres où il mor zèle pour le bien. Il reçut les envoyés avec toute: d'honneurs, et les aboucha avec Marovée, dont en soulevant cette question, était de prouver que vance annuelle portant sur les vignobles, avait été là perçue en Poitou avec une exagération qui beaucoup de ses diocésains. Il demandait donc av une révision des rôles terriers sur lesquels il éta pensable d'opérer des rectifications. En effet, h d'imposés étaient morts ; c'étaient donc des veuv

elins et autres gens presque tous insolvables qui lortaient le fardeau. Une nouvelle répartition se fit donc, juste et plus supportable, mais qui aboutit, en réalité, ever d^autant plus les Gaulois, car les Francs, par le : de leur naissance, jouissaient de Pimmunité (<i). Après

les officiers royaux revinrent à Tours (*). Là encore que défendit son troupeau, opposa aux commissaires privilèges anciens dont il avait joui sous les prédéeurs de Childebert, et il parvint à le faire exempter pots en considération du respect dû à saint Martin m. est que ces redevances ét^ent d^autant plus oppres- 9 qu^elles vari^ent au caprice des comtes qui se édaient fréquemment, et qui, obligés personnellement rs le trésor royal, s'occupaient moins d'une répartition table que du besoin de représenter le produit exigé de i collectes. Qu'on ajoute à ce fléau celui des spoliations raires des petits par les grands, et celui mille fois

terrible des famines qui venaient fréquemment s'y Ire, et l'on se fera une idée approximative des douleurs peuples de cette époque. On conçoit que la nécessité uitter les travaux de la campagne pour se former en es improvisées au premier appel du commandant de rovince; les ravages portés dans les champs, déjà is de leurs moissons, par ces bandes sans discipline iS à l'improviste ; le grand nombre de paysans emmenés jclavage à la siiite de chaque guerre; le sol laissé par

même sans culture , les demeures rurales sans rations parce qu'elles étaient souvent et longtemps lupées : tant de revers enfin, qu'ensanglantaient des (ions réitérées , étaient peu favorables à l'agriculture, récoltes manquaient le plus souvent, et les disettes elles amenaient des famines générales auxquelles ient se joindre les inondations, les orages violents et

Art de vérifier lei data, 2» part., V, 593. ttef. TaroQ., lib. IX, c. xxx.

qui 1

séparables de tant de sang répandu et de étant plus ou moins longtemps, dans les impagnes , Tair qui s'y imprégnait de tant de utables. C'est ainsi que la civilisation dont liaient été si sensibles aux iv et v' siècles, .'arrêtait enfin tout à coup devant ces luttes itées par Tambition cruelle des grands, qui ne ur eux dans la religion qu'un moyen de is un assez puissant motif de s'améliorer. : cette désorganisation sociale contre laquelle ^ religion s'élever presque toujours en vain, j| vous déjà fait remarquer, dans ce mélange

races si opposées de caractère qui vivaient ir le même sol. C'étaient toujours les Francs s , auxquels venaient même fort souvent elques familles romaines formant une aristo- ;ante, mais jalouse aussi de sa prépondérance ï cédant pas facilement à des parvenus lait que fort peu. Au fond, tant d'éléments 'ésumaieni dans les deux nationalités qui par le nombre et l'antagonisme de leurs peuple conquérant, aux mœurs violentes ne la hache et de l'épée, et le peuple envahi, )l8s et paisibles, ne se portant à la guerre li, n'en supportait que plus impatiemment le attres hautains dont toute la vie aboutissait à

et au pillage. Nous avons vu combien de

causé déjà en maintes rencontres , ces isans qui sous les noms de Leudaste, de utres non moins honnis, n'avaient trouvé de lies d'arrêter leurs désordres que dans des sants qu'eux. Nous arrivons à des événements

fut toute dans cette férocité du caractère I est bon d'en faire précéder le récit d'un jiudra, par un exemple de plus, l'iiTésistible

mœurs que rien ne pouvait réfréner.

Nous avons déjà observé qu'à la plusieurs familles franques s'étaient éi soit nouvellement, soit qu'elles descend miers ieudes à qui Clovis avait donné ( Ces sortes de possesseurs retenaient la p et sans aucune redevance au fisc. D'aï temporairement ces possessions, nommée et qui plus tard étaient devenues des a propres dont ils jouissaient leur vie dura était un seigneur dont on ignore le noi être considérable puisqu'il avait épousé i bode, comte de Toulouse venu d'un d trophes. Habitant près de Poitiers, san où était la vUla dont il jouissait, il y vi% faisait guère d'autres voyages que ceux Toulouse où l'appelaient parfois ses affa famille.

Wadon , ancien comte de Saintes , voisins de campagne. Cet homme s'i mauvaise réputation. D'abord intendant de Chilpéric, et partisan de l'aventurier < chaudement servi celui-ci dans ses prête d'Austrasie. On l'accusait d'avoir volé ei de la jeune reine Rigunthe, autrefois d'Espagne, et son luxe insolent prêta soupçons. Irascible et déloyal, il lui suffis de succès pour entreprendre les plus ii ayant convoité la maison dont il sava pacifique, il accusa celui-ci de lui avoir ( qui peut-être n'étaient pas sortis de ses s'en venger. C'est dans ce but qu'ayant i à main armée, il fit prévenir pendant 1' l'esclave qui avait la surintendance de 1 tenir Thabitatiou en état de le recevoir, i dépense qu'il y devrait faire avec se serviteur qui connaissait l'audacieux ]

rOIRE GÉNÉRALE DU POITOU (589) 183

lui céder ; il se prépara à une vigoureuse itestant que, lui vivant, personne n'entrerait »n de son mattre. Aussitôt il arme tous les ives de la villa, et jusque aux femmes ellesdant Tépouse de Wadon entend parler de co lans le voisinage : ce sont des préparatifs de son mari dont elle redoute les emportements, de le retenir, mais elle est brutalement de ses fils s'applique pourtant à la seconder, nce à la tête sa hache d'armes que le jeune I pas tout à fait; alors le père furieux lui xompagner ; on monte à cheval, et malgré les et les pleurs de la famille, on marche vers le. criminelle expédition. Parvenu à quelque ahisseur dépêche à l'intendant quelques-uns p lui réitèrent l'ordre de tenir tout à sa conveivrir de leurs plus belles tapisseries les sièges bies des appartements. Celui-ci n'obéit pas remiére fois, fait sortir tout son monde, le ors de la porte d'entrée, et s'y tient dans homme résolu. Wadon ne tarda pas à ;a sans peine la garde qui avait l'ordre de le A peine dans la maison, il devient furieux tat où on l'avait laissée, et avant que le itendant eût pu songer à se défendre, il se li, et d'un coup d'épée il lui fend la tête et Vïais à l'instant, le fils de la victime frappe 3 le ventre d'un coup de son javelot qui lui rps : il tombe. Alors les défenseurs de la stupéfaits mais enhardis par la chute de ce lemi, se jettent sur lui, l'accablent de coups ur l'achever. Mais quelques-uns des siens gré une grêle de pierres qui les accueille, jeter sur son corps un mauvais vêtement, le ,n cheval, et l'emportent, suivi de son fils ludes larmes, jusque chez lui, où il expire

, entouré de sa femme et de ses enfants. Ce même

l'avait accompagné, fut aussitôt trouver le roi îrt et obtint la survivance de son bénéfice (<». j s'expliquerait pas de telles faveurs, si Ton n'était é qu'elles ne venaient des rois à de si tristes sujets 'ce que les premiers avaient souvent besoin des . Ceux-ci devaient le comprendre aussi puisqu'ils venaient pas meilleurs, ni par le dévouement pour ftltres qu'ils abandonnaient en présence des moindres ions de leur intérêt personnel, ni par ie zèle de la mblique qui ne balançait jamais celui de leurs

affaires.

i eut une nouvelle preuve après la mort de Wadon

conduite de ses deux fils. Héritiers de ses vices en que de ses richesses, ils se flattèrent de l'impunité

avait si longtemps joui, et vécurent dans une ! entente avec leurs concitoyens, désolant le Poitou, fois très loin de leur demeure, mais surtout imposant

voisinage une terreur continuelle par les plus uses entreprises. Il n'y avait guère de nuit où ils îourussent le pays pour y commettre toutes sortes [les dont les moindres étaient les rapines et les les. Ils avaient commencé par détrousser les nds voyageant pour leur commerce dans les villes ampagnes. Après les avoir volés, ils les tuaient; ils

plus loin : ils n'hésitèrent pas une fois à attaquer, 'avoir fait tomber dans un piège, un receveur des

dont ils vidèrent la caisse et pillèrent le bien. Le de Poitou Maccon n'avait pu réussir par aucun

à réprimer ces brigandages. Cette impuissance rait peut-être que les voies ordinaires de la justice étaient annulées par une opposition armée des deux {u'on n'osait plus attaquer en face, et après plusieurs ices de leur part, ils osèrent demander que le roi

tg. Turon., Ub. IX., c. XXKV.

JTOIRE GÉNÉEtALE DU POITOU (589) 185

eàt de la valeur des accusations du comte, arce qu'ils avaient épouvanté les témoins ou ' dépossession impossible. Une audience leur Maccon s'y rendit en même temps, ayant rser au trésor royal les redevances habituelles irgé de lever sur les serfs (■"). L'audacieuse leux frères s'était augmentée d'une certaine plaire au roi, devant qui il était d'usage de ne re sans lui offrir quelque objet de prix, aient gloire de lui présenter un magnitique et de pierreries, et de plus un glaive d'un dont la garde était un admirable mélange de 3 gemmes d'Espagne. Mais le roi n'ignorait irs crimes, et sans se laisser prendre à la ieau, il les fit charger de chaînes et mettre à u milieu des tourments, ils avouèrent où se chés les trésors de leur père, volés autrefois , quand il suivait son parti. Des hommes ■s aussitôt, qui découvrirent le trésor; il se énormes sommes d'or et d'argent, et de utres objets précieux. Toutes ces richesses |uées au profit du trésor royal, et des deux Tit décapité et le second exilé du pays (*). me temps les cœurs honnêtes virent un autre chud^k'sT.ôî!.'" stice divine dans la mort de ce Childéric le ait été comte de Gascogne, et dont nous avons ux méfaits. Ce misérable s'était conduit dans ment comme Wadon et ses fils dans le Poitou, vait coûté en fait de crimes, d'émeutes et de X s'enrichir. Las de ce fatigant métier, il . Auch, près de sa fenime, qui y possédait de omaines. Childebert averti enfin de ses forfaits, îrdre qu'on l'en punît du dernier supplice ;

iot. ad Marculf. form., lib. 1, c. vm.— Moolesquieu, E^rit c. XV.; tnihi, p. 489.

,, lib. X, c. XXI.

mais la main de Dieu fut plus prompte que le bourreau. \Quand celui-ci allait venir, le duc, un soir, se coucha ivre, fut sufïbqué dans la nuit par le vin, et le lendemain on le trouva mort dans son lit. Il n'y eut personne qui ne vît dans cette mort un juste châtiment de ses impiétés et de ses crimes (a). Ces réflexions venaient naturellement en effet à qui pouvait s'épouvanter chaque jour des odieuses violences de tels brigands. On voit clairement par Thistorien qui nous sert . de guide que des bandes organisées de malfaiteurs se mettaient alors à la solde des hardis fripons qui les invoquaient. Celle qu'avait conduite trop longtemps l'indigne Saxon ne finit pas ses exploits quand il disparut; et sa coopération à une autre œuvre de brigandage que nous allons raconter fit croire à quelques-uns qu'elle y était encore commandée par lui. Mais il est certain qu'il était mort quand éclatèrent ces nouveaux scandales.

Nous voulons parler des troubles qui éclatèrent dans le monastère de Sainte-Croix après la mort de sainte Radégonde. La sainte femme n'avait pas mal jugé de certains caractères qui l'entouraient et des folies dont ils seraient capable. Mais il nous faut raconter comme préliminaires de ces désordres trop mémorables des scènes déjà bien odieuses, et qui sembleraient avoir inspiré celles qui devaient les suivre de très près.

raoMSère''de**^hiii! ^uc bellc-sœur de Clotaire I®% Ingeltrude, avait épousé ^^°"- un seigneur de la cour de Soissons. Devenue veuve, elle

avait fondé en 5G5 un monastère de femmes dans l'enceinte même du monastère de Saint-Martin de Tours. Trois enfants lui étaient restés, dont l'un, Bertramne, était devenu archevêque de Bordeaux. La fille, Berthegonde, avait épousé un officier de Gontran,.roi d'Orléans et de Bourgogne. Ce mariage avait été heureux pendant vingt ans, lorsque, par un de ces bizarres caprices qui no peuvent germer que dans une tête égarée i)ar toutes les impertinences de l'orgueil ,

(n) Greg. Turon., lib. X, c. xxii.

ÎTOIRE GÉNÉEIALE DU POITOU (V. 590} 187

'imagina de rompre cette union de deux époux nt, et dont plusieurs enfants resserraient les Tés par une si longue paix. Elle offrit donc à li donner avec le titre d'abbesse le couvent qui r à Tours si elle voulait abandonner son mari 3. C'était un divorce que rien n'autorisait, et hegondc se refusa en dépit des persécutions

Mais la mère n'eut pas de repos qu'elle n'eût gré l'opposition du saint évêque Grégoire, de

Poitiers et du roi lui-même ce qu'elle voulait

et celle-ci finit par céder. Elle se fit conduire n lui-même au nouveau monastère, et après ermée, elle renvoya ses enfants, « embrassant ne vie plus parfaite, » comme s'il y avait une ossible à rompre ainsi un mariage qui n'avait heureux, sans l'agrément de l'évêque et le it mutuel des deux parties (a)....

ion ainsi préparée ne devait pas se développer bres. Avec deux femmes de cette trempe, la 1 tarda pas à intervenir ; des' altercations entre la fondatrice à la volonté absolue, et ouse de sa propre autorité : si bien qu'un jour, i de ces disputes incessantes, disparut et gagna 'i elle demanda asile à son frère. Le mari ne l'apprendre , et l'y suivit, réclamant ses droits, [)our que l'épouse égarée réintégrât le domicile 3Ut autre que Bertramne s'y serait prêté, loin e sa protection des extravagances qui n'avaient )ns, môme apparentes. Le différend menaçait de , lorsque une mort inattendue vient frapper ie 'ait eu le temps toutefois de laisser par testament

possédait à sa sœur. Celle-ci s'en prévalut, et ;n revenir â Tours pour se remettre en posscsmonastère, elle vînt à Poitiers où elle chercha

m, Hist. Franc., lib., IX, c. xxx et xxxiii.

couvent de Sainte-Croix, encore attristé de la mort ente de sainte Radégonde, un repos dont elle avait besoin ir régler sa conduite ultérieure.

/lais, de son côté, Ingeltrude travaillait prés du roi ntran dont elle était la parente, et réussissait à lui faire luler le testament de Tévêque de Bordeaux : c'était un yen de s'en attribuer le bénéfice. De là nouvelles eussions entre la mère et la fille qui, soit à Poitiers, soit fours, résistèrent pour un arrangement aux instances î deux évêques chargés par des lettres royales de iterposer entre elles. Il faut reconnaître pourtant que îs cette question le droit était en faveur de Berthegonde. )n ne pouvait la priver du testament authentique de son re; aussi résistait^elle moins aux conseils pacifiques. lis Ingeltrude n'y voulait rien entendre. Elle aurait Lché les trois quarts de la succession d'après le décret .■al, mais elle voulait tout, et résista même à un référeniFC (15) de Gontran, envoyé en dernier lieu pour la ivaincre. Ces dissensions do famUle se prolongèrent donc qu'à ce qu'enfin Ingeltrude mourût à quatre-vingt-un ans, i mars 690 (16), en maudissant sa fille et désignant pour sesse une sienne nièce religieuse de la même maison, ant d'expirer elle avait exigé de celle-ci que pour punir rthegonde du tort que lui avait fait cette fille dénaturée,

ne la laissât jamais venir prier sur sa tombe, ni même trer dans le couvent. Cette exclusion de l'ancienne abbesse Lileva les murmures de la communauté qui se refusait à Lifler les dernières volontés de la défunte. II ne fallut s moins pouf ramener la soumission que l'autorité du int évêque Grégoire qui aima mieux sanctionner l'abbatial

la nièce que d'y replacer un sujet comme Berthegonde. ais celle-ci ne se montra pas plus disposée à la paix, ant venue à Tours , où le couvent lui fut fermé, elle se ndit à Metz, où se trouvait Childebert H, roi d'Austrasie, iur réclamer la succession de sa mère et le titre dont elle étendait hériter. Celui-ci se laissa gagner et signa des

rsTOIRE GÉNÉRALE DU POITOU (590) H

esquelles i) lui permettait de rentrer dans e tout ce qui avait appartenu à son père et par conséquent de dépouiller le monastère ( i y avaient laissé. Il n'en fallut pas plus à cet retenue. Elle revient à Tours, montre les lettri condée d'une horde de ces bandits mercenairt vons parlé, elle s'empare de tout le mobilii n'y laissant que des murailles dénudées, (atellites vers les propriétés rurales de la maisoi le lui apporter tout ce qu'elles contenaient ( en fruits. « Nous ne pouvons, dit l'historiei tes les horreurs qu'elle fit ainsi commettre i m. » Après quoi, riche et s'enorgueillissant i lies, elle revint à Poitiers où elle ne cessa i \ sa mère et sa cousine la nouvelle abbesse 1< s plus grossières et les plus fausses (''>. pas qu'après cette étrange victoire, la malhe igonde ait fait pénitence de si violentes énormité >rte comme sa mère, sans doute, dans la haii ,é, et avec l'ineffaçable stigmate d'une condui lonnêtes gens.

âmes vraiment chrétiennes devaient s'attrist râbles atteintes portées à la discipline régulier 3 par des rois en qui les liens de paren trop souvent le sentiment de la justice et d convenances. Poitiers était destiné à voir i lie plus grave encore, provoqué dans ce mén l'autres princesses à qui l'histoire a tenu i re des mêmes colères, fomentées par le mên

mort de sainte Agnès, qui avait suivi de pr ^nde dans le ciel, Leubovère avait été élue [• la communauté, comme la règle le voula up aussi par l'influence de Marovée, qui, s(

»n., ub. fttpr., lib., X, c. xii.

arce qu'elle était sa parente, soit parce qu'il la trouvait loins austère que Radégonde et plus facile peut-être à ouverner, s'était entremis pour beaucoup dans le choix de i communauté. En effet, Leubovère, pleine de l'esprit e son institut, aimait la régularité dans les autres comme . our elle-même, et si c'était là un mérite aux regards du lus grand nombre de ses sœurs, d'autres cependant se Écriaient plus ou moins contre ce qu'elles traitaient volonors de tyrannie, comme si elles n'avaient pas embrassé olontairement la vie plus austère du cloître au mépris des élices du monde et de ses séductions. Et pourtant cette . ccusatioii aurait dû être tempérée par certaines faiblesses ont la nouvelle abbesse ne semblait pas se garder assez. ;ile témoignait à une de ses religieuses, sa parente, une mitié qui allait souvent, au jugement de certaines autres, jsqu'à une indulgence excessive. Sa vigilance se relâchait arfois pour le maintien de la règle , et lui faisait autoriser 1 représentation de drames tirés de l'Ecriture, ou des ctes des Martyrs, qu'on trouvait peu conformes à la gravité e la vie monastique. Ces reproches semblent avoir peu de orléc, si on en considère la source, car ils furent jetés ans l'histoire par des témoins dont nous apprécierons lieiitôt la valeur. Mais ils renferment au moins une utile îçon à quiconque est chargé de conduire un monastère : a sainte et constante fermeté de l'observance doit y enlever ■ Dut prétexte au relâchement des uns et à la critique des ,utrcs. Un prétexte injuste est toujours de trop à alléguer outre des supérieurs inattentifs.

Leubovère avait d'autant plus à garder ces principes [u'elle ne pouvait empêcher complètement Tesprit du dehors le pénétrer jusque dans le cloître qu'elle gouvernait. 11 y Lvait là, ne fut-ce qu'en petit nombre, de ces femmes, itrangères appartenant par toute leur nature à une catégorie le personnes toujours plus portées à commander qu'à )béir, et dont les mains .se sentaient presque moins faites )Our le fuseau que pour la hache. De ce nombre, et pouvant

passer pour la plus intraitable, était Chrodielde, la fille c roi Charibert, et sa cousine Basine, cette fille de Chilpér que son père aurait volontiers mariée à un prince d'Ëspagn si Radégondc n'y avait pas opposé Tâustôre énergie do : sainte autorité. Celle-ci, quoique aussi noble par se origine que sa cousine Chrodielde, était moins orgueilleu: et moins violente : Tautre, au contraire, semblait m émule de Frédégonde, et plus propre à faire une amazoï qu'une religieuse, et elle se servit de toute la force que 1 donnait sOn droit d'aînesse et son ascendant naturel poi dominer cette âme qui fût restée paisible sans elle. Au fon une pensée la dominait et lui semblait autoriser cet véhémence. Fille de roi, destinée à devenir l'épouse d'i autre roi, si elle n'eût pas embrassé la vie du cloître, laquelle on prétend qu'on l'avait forcée sans qu'on puis trop savoir comment, qui pouvait être plus digne qu'elle de première place dans un monastère, et d'y être reine sur 1 religieuses, puisqu'elle ne pouvait pas l'être ailleurs?

Après la mort d'Agnès, en dépit du désir de sair Radégonde et de la résolution prise par ses sœurs, e avait brigué l'abbatiat, s'était agitée en mille intrigues po y arriver, et n'avait pas vu sans un dépit qu'elle dissimu peu, que Leubovôre eut réuni toutes les voix, sauf cell de quelques-unes, qu'elle même avait adulées par d promesses. C'est pourquoi elle détestait son abbess Comme toutes les âmes séduites par l'orgueil, des pensé d'insubordination, puis de révolte ouverte, la préoccupaiei elle était de celles qui trouvent d'abord des murmur pour déprécier les vertus qui les condamnent, et bientôt d calomnies qui s'élaborent peu à peu dans le secret de le colère contre le joug de l'obéissance et l'humble soumissii qui les sauverait. Elle forma donc avec quelques autr d'abord, et bientôt avec un plus grand nombre, une soi de pacte qui tendait à faire chasser du couvent l'abbes légitime pour s'y substituer à sa place. Elle se vantait q les rois ses parents, oublieux de leurs engagements envc

192 HISTOIRE GÉNÉRaIe DU POITOU (59Ô)

la sainte fondatrice, la soutiendraient dans cette levée de boucliers que devaient appuyer tant de mensonges. Elles quittent le mo- Le plan étant fait, et non sans avoir préludé àTintérieur

nastère, ^ ^ ^ *

par des colères scatidaleuses, Chrodielde sortit un jour du monastère suivie d^une quarantaine de religieuses. Basine raccompagnait : Allons, disait-elle, nous plaindre aux rois nos parents des affronts que nous recevons ici, car nous n'y sommes point traitées en personnes royales, on nous y met plus bas que les dernières servantes : c'était peu se souvenir, dit à ce sujet le narrateur de ces tristes aventures, de rhumWe abnégation pratiquée sous leurs yeux par une autre reine qui s'était faite leur mère. Dans leur empressement, les fugitives n'avaient même pas songé à se pourvoir de chevaux. La saison était des plus difficiles, on était au 1®"^ mars, c'est-à-dire au renouvellement de l'année 590, les pluies avaient pénétré les chemins : on conçoit dans quel désordre de toilette et dans quel état de fatigue elles

EiarriTentàTottrs. arrivèrent à Tours. C'était là qu'elles avaient résolu de

s'arrêter d'abord. Chrodielde comptait y laisser son escorte sous la protection de l'évêque, et la lui présenta en effet, comme un troupeau réduit à ce pire état par l'abbesse de Poitiers, le priant de se charger de lui pendant que, de son côté, elle irait exposer ses griefs aux rois ses parents.

Comment saint Gré- A ce langage plus que véhément, Grégoire répondit avec

beaucoup de calme que si l'abbesse avait manqué à quelqu'un de ses devoirs, il irait volontiers en conférer avec son frère Marovée et interroger avec lui celle qu'elle accusait; qu'avant tout, il fallait donc qu'elle et ses sœui*s rentrassent au monastère afin de ne pas exposer plus longtemps au mépris du monde une famille que sainte Radégonde s'était acquise au prix de tant de prières, de mortifications et de générosités. Ce n'était pas le compte de l'orgueilleuse fille des rois; elle déclara que rien ne l'empêcherait d'aller leur porter ses plaintes. En vain 1(! prélat, réfutant ces mauvaises raisons, lui reprocha de fair» i trop peu de cas de ses conseils d'évêque, et lui fit envisage '

WF^"

les graves conséquences d'une excommunication ( pouvait s'attirer. Cette peine, en effet, était portée, ( longtemps contre le mépris de la clôture monastlqut révolte dont une religieuse se rendait coupable : . s'était exprimée la lettre que le concile de Tours écrite à sainte Radégonde. Il alla jusqu'à lui lire la de cette lettre tout entière.... Qui croirait qu'aucune ■ raisons, si grandes pour le cœur et pour la foi, n'ir sèrent ni l'un ni l'autre dans cette femme impérieu que son unique réponse fut toujours un appel aux n parents? C'était pour elle une idée fixe sur laqut iiauteur fondait de grandes espérances. Au reste, Chrc et ses compagnes, qui ne la laissèrent pas toujours seule, ne ménagèrent pas l'évêque de Poitiers. entendre, il avait contribué aux troubles présents p. abandon du monastère, où il ne faisait rien. C'étai doute que, devenu la première autorité dans la mai n'avait pas cru devoir approuver les désordres qu'i causaient. Au reste, elles insistaient sur ses ancien et sur le peu de confiance qu'il s'y était attiré. Avec ■ propos, il n'y avait pas de raison pour en finir. Gi crut donc proposer im moyen qui, du moins, lui gagner du temps, en conseillant à ces vierges folle pour se rendre à la cour, si elles y persistaient attendissent du moins la fin de l'hiver qui sévissait e ce à quoi elles consentirent sur la promesse du sain que, prés de lui, elles ne manqueraient de rien.

C'est sans doute au milieu de ces fâcheuses circonst et quand tout Poitiers partageait les tristesses d'une i qui s'était attiré le respect et l'affection de tous, qu Fortunat écrivit à l'évêque de Tours pour épancher dï cœur ses propres chagrins, ceux de la communauté •ecommander avec elle à ses prières. Sans entrer en ; les déplorables détails qui déjà donnaient un caraci •ravité à ces premiers désordres, il chargeait le prêtre ] le sa lettre de lui exposer ce qui se passait à Poitiers. Il t

ser sa cause à Gontran

le prélat de les aider, de venir, s'il le peut, travailler à la paix des âmes si profondément troublées, de se souvenir que sainte Radégonde avait été sa fille et sa mère, et combien son amour de la règle était méconnu dans toutes ces agitations d'une famille qu'elle lui avait si souvent recommandée. La prieure Justine se joint au saint prêtre pour implorer cette preuve de sa sainte amitié ta). Une autre fois, c'est encore au nom de cette même Justine que Fortunat conjure Grégoire de prendre les intérêts de la communauté (^). Tous ces recours à un évêque étranger ne prouvaient pas que Marovéc s'occupât beaucoup de pacifier la sainte maison, ou que son zèle y eût beaucoup de succès, chrodieidenexpo- Le printemps étant revenu, Chrodielde laissa à Tours les

autres religieuses sous la conduite de Basine, et s'en alla trouver Gontran à Châlons-sur-Saône (17), qui était la capitale de la Bourgogne. Gontran, ou mal instruit de ce qui se passait, ou prévenu en faveur de sa nièce, l'accueillit honorablement, lui fit les présents d'usage envers les personnes de condition royale , et convoqua une réunion d'évêques à Poitiers qui jugeassent entre l'abbesse et elle. Cette mesure qui suspendait provisoirement toute décision à prendre, n'empêcha point que, pendant ce voyage de Chrodielde, un certain nombre des révoltées qu'elle avait laissées à Tours n'attendirent pas la sentence, et cédèrent à des propositions de mariage : singularité qui dénote clairement où en était venu, pour elles et pour ceux qui les épousaient, le sentiment religieux et le respect des convenances. Cependant les évêques convoqués à Poitiers tardant trop lOTmOTidînïi"^^^^^^^ au gré de Chrodielde, elle y ramena sa bande désordonnée

qu'elle abrita avec elle dans les dépendances privilégiées de l'abbaye de Saint-Hilaire. Pour se faire accorder cet asile qu'on ne lui aurait pas ouvert volontiers, elle n'eut pas honte de mettre à sa solde ces bandes infernales de

Elle revient à Poi-

(a) S. Fortun., Miscellan.^ iib. VIII, c. xvni.

(b) îhid., c. XIX.

gens prêts atout: voleurs, homicides, adultén criminels enfin à tous les degrés, que nous avons v au service du Saxon Childéric, de Wadon et de de tant d'autres. Quelques-uns ont prétendu qui encore ce même Childéric jouait, à la tête de ces foi, son rôle accoutumé. D'autres disaient, avec plu croyons-nous, que celui-ci était mort, mais rer un autre bandit qui ne valait pas mieux. Quoi qu'i Tapostate franque déclara qu'elle était reine, et rentrerait dans son monastère qu'après avoir mi à la porte.

A ces traits caractéristiques d'une affaire vint se mêler un épisode non moins triste, et trop combien le mal est contagieux pour le cœ 11 y avait alors à Sainte-Croix une recluse qui, pt auparavant, lorsque sainte Radégonde exista s'étant fait descendre en dehors le long des murs i et réfugiée à Saint-Hîlaire, vomissait contre Lei foule d'injurieuses calomnies dont saint Grégoi juger et qu'il avait appréciées à leur juste vale était sans doute un de ceux qui avaient fait ] sainte femme les irrégularités qu'elle avait voul Bientôt après l'extravagante, par un motif inc( qui n'était pas du repentir, s'était fait remonter cordes, par le même endroit qui avait favorisé si puis se jetant aux pieds de la sainte, s'accus méconnu et Dieu et elle par sa conduite, elle a' qu'en expiation de s» faute elle fut reçue encore damnée à une réclusion perpétuelle dans sa cellu accorda. Croirait-on cependant que cette malht laissant séduire par l'enivrement du scandale, c une imit briser la porte de sa prison volontaire, ■ommunauté, et s'en alla retrouver Chrodielde relant contre son abbesse tous les mensonges q ■\\e avait rétractés?

Enfin on vit arriver à Poitiers Gondégisile, m

deaux, qui avait pris avec lui sur sa route Tévêque igueux Soffarius, et celui d'Angoulême Nicaise. Ce sile avait été comte de Saintes et n'était monté sur de Bordeaux, en 585, que par la faveur de Gontran, lépris des volontés de son prédécesseur Bertramne, it désigné son diacre Waldon au choix du clergé et aie (18).

toire ne nous a laissé aucun renseignement sur is, dont on ne p^u•le qu'à l'occasion du fait qui nous Quant à Nicaise, il occupait l'évêché d'Angoulème dix ans, et s'y était manifesté un des chauds 13 de Gondebaud qu'il y avait reçu avec magnifi- A ces trois évêques se joignit Marovée qui les lit à l'église de Saint-Hilaire pour engager les ses 'rebelles à rentrer dans le devoir. Sur le refus '6 qu'elles en firent, les quatre prélats fulminèrent îUes l'excommunication qu'avait prononcée le second de Tours. Mais le mot d'ordre était donné, et aussitôt illites de Chrodielde fondirent sur les évêques, les èrent de leurs sièges, et sans respect ni ménagement ent de leur chute pour les charger de coups et les 3nt jusqu'au sang. Ils traitèrent de même les autres tstiques dont les prélats étaient assistés, de sorte i effrayés de ces violences qu'étonnés de ces dont ils auraient cru incapables celles qui les avaient ndées, ceux-ci ne purent que se disperser sans I même le temps de se dire adieu. Dans ce désordre, ?G Didier, qui était venu d'Autun avec des lettres de que Siagrius, monta à cheval et manqua de se noyer s Clain qu'il voulut traverser à la hâte sans en re le fond (19).

dielde triomphante usa de sa victoire d'une façon 'elle. Aussitôt elle donna ses ordres aux brigands d ; e escorte, et, poussant les uns de tous côtés où s 3 ïnt les biens ruraux de la communauté, elle guida le i vers les fermes les plus rapprochées de la ville, mt t

lesse et ensanglante les colons inoffe lés de terreur, et jure que si elle p£ itère, elle en fera jeter Tabbesse dans 1 nt de ce côté, on faisait bonne garde, lit d'ailleurs entourée de murs capabl tance.

river des envoyés de Childebert qu' imulte qui remplissait la ville et I ait au comte Maccon de la réprimer inerait que cet ordre fût venu si tai ivoir le besoin ; car et en dépit de ce ut n'était pas encore fini, cour d'Aystrasie Childebert croyait jiations à Poitiers par les quatre évêqt ureusement, il s'était entouré de h Is il conférait sur le même sujet, illes de Poitiers. Gondégisile, à pei .vait rendu compte à ceux-ci de ce ( ipondirent par une entière approbati urs quatre collègues, et leur indiquer* " novembre suivant, un concile q :es empêchèrent de tenir, mais que valent d'ailleurs rendre inutile quant ient en les exhortant à prier pour c leur serait si doux de voir revenir

esse Leubovère, cause innocente de t avec autant de force que de dignité. E de la province |de Bordeaux une copie itrefois par sainte Radégonde aux prél; c rois ses neveux. Ce texte vénéra la condamnation de ses adversaires, toujours en pareil cas, le mal avait f ;u ses critiques ; on penchait en favf accusait Leubovère d'exagération ds autorité ; on plaignait ses prétendi

S ; on signalait même Marovée comme fauteur al du scandale, car il n'avait Jamais aimé le monas- . plus de soin de sa part, disait-on, eût découvert le ns son principe et arrêté son expansion. L'évêque, itourner ces reproches et se donner le mérite d'une ble modération, crut qu'il fallait s'appliquer à faire 'excommunination encourue par les rebelles , el

dans ce but à Gondégisile un de ses prêtres qui it à Poitiers d'une grande réputation de sainteté.

envoyé était Porchaire : il gouvernait depuis ips le monastère de Saint-Hilaire de Poitiers. Sa mplaire, la sagesse de son gouvernement lui avaient

l'estime et la vénération de tous. Marovée qui le ait depuis son épiscopat, savait sa prudence et sa é, et ne doutait pas du succès de la négociation qu'il fiait. Mais Gondégisile jugeant mieux des personnes choses, et qui d'ailleurs pouvait bien ne pas vouloir

impuni l'attentat dont il avait souffert à Poitiers, [flexible et voulut une soumission en règle pour user ;ence ; c'était son droit et son devoir. D'autre part, 1, importuné des plaintes qui lui venaient des deux étégua à Poitiers le prêtre Thautère, homme honoré de li avait été référendaire de Sigebert, et qui venait récemembrasser le sacerdoce. Il était chargé de tenter une liation ; mais il n'y réussit pas mieux, Chrodielde avant 5 de son excommunication pour ne pas comparaître, et lant qu'on levât ce prétendu empêchement pour obéir ;. Nouvelles démarches de Thautère dans ce sens, 1 refus du métropolitain. Tant de pourparlers avaient lé des voyages ; le temps s'écoulait, les obstinations ongeaient depuis plus de six mois, et durant ces irs, beaucoup des complices de Chrodielde s'étaient

de leur rûle ; l'hiver se faisait sentir d'autant plus nt qu'elles manquaient de bois et qu'elles ne nt, par suite de leur excommunication, recevoir ni

de personne. Elles se dispersèrent donc, les unes

leur famille , d'autres , dans leur propre es-unes aussi dans les maisons religieuses it venues à Sainte-Croix, Il en resta fort peu et Basine, qui s'accordaient d'ailleurs assez lUtes deux voulaut avoir l'autorité qu'aucune , C'est ainsi qu'il arrive toujours à ces ambiindent d'abord pour briser les liens de la ;t ne s'accordent plus que pour se disputer le pouvoir (20).

Cette défection du plus grand nombre de ses affîdées irritait la fille de Charibert. Elle craignit de se trouver toute seule si les désertions se multipliaient encore, et résolut d'attirer l'attention par un coup d'éclat. Elle renouvela donc contre les propriétés rurales du monastère les sacrilèges qui l'avaient déjà déshonorée. Les sacripants qu'elle entretenait furent chargés d'aller incendier les villas (lu voisinage, avec ordre de maltraiter tous les gens qu'on y saisirait ; ils devaient s'engager à n'obéir désormais qu'à elle. Enfin, pour comble d'infamie, elle ordonna que ses assassins à gages forçassent de nuit la clôture de Sainte- Croix, qu'on y cherchât l'abbesse, et qu'on la lui amenât. Au milieu du bruit de cette invasion, l'héroïque abbesse comprit que c'était à elle qu'on en voulait; et, ne consentant pas à être entrahiée hors de la clôture malgré la règle qui s'y opposait, perdue d'ailleurs par la goutte, elle se fit transporter dans l'église, devant la châsse qui contenait la précieuse relique de la Vraie-Croix. Les brigands , après des violences qui leur avait valu un triomphe, avaient enfoncé la porte. Munis de torches, ils se répandirent dans le cloître, la cherchant partout, et enfin, pénétrant dans la basilique, ils l'y trouvèrent étendue, la face contre ferre. Un d'entre eux, scélérat plus déterminé, était près de la frapper de son lîpée, lorsqu'un coup que lui porta par maladresse un do ;?es camarades le fit tomber baigné dans son sang. Justine, la prieure (21), et d'autres religieuses qui n'avaient i)as abandonné l'abbesse, profitent de cet accident pour éteindre

la lumière, et arrachent les garnitures ■ couvrir. Au même instant, les sicaircs i pas, armés de lances et d'épées nues. I pour Leubovère, lui arrachent son voi cheveux par une sorte d'insulte (22), lî hors du saint lieu, et l'entratnent jusq Saint-Hilaire. Comme ils en approchalei çait à poindra : reconnaissant que leur celle qu'ils avaient cherchée, ils la renvi y reviennent eux-mêmes, s'emparent c trouvent enfin, l'emportent à Saint-Hilai dans l'appartement de Basine, en fais; par des gens armés. Leur rage ne se succès. Le soir, ils envahissent de nouv Sainte-Croix, allument des morceaux d( de la poix, et en font un vaste incendie, ils brisent tout, font un pillage du reste ce qu'ils ne peuvent pas emporter,

; Ceci se passait le dimanche et le lu la fête de Pâques, laquelle était céléb le 15 avril. Dès que l'évêque de Poitier vement et la détention de Leubovère, il qu'elle eût à la relâcher, sans quoi il n fête, ni ne donnerait le baptême à a 1 Que si vous persistez, ajoutait-il, à la les citoyens et je vous l'enlève. > F l'affreuse mégère envoie ses satellites g ordre de tuer sa rivale si quelqu'un se ■ On opposa une ruse à ses criminelles v un des clercs de Maïovéei23), fit, pai sortir l'abbesse de sa prison, et la fit lique, où elle put se cacher.

t- Pendant ces tristes scènes, de désordres avaient lieu dans l'église c Radégonde. La haine furieuse des bar hideuse fille de Charibert y avait portt

î la sainte reine fut souillé de sang, des prêtres ient furent massacrés en face de la châsse qui une portion de la Vraie-Croix (24).

u de ces triomphes de scélératesse, Chrodielde „^u"tt'?ràmîï plus d'orgueil. Elle encourageait ses séides à "«"«*"'(" "«i"'' le mal, et à mesure qu'elle réussissait à en faire méprisait sa cousine, ne lui parlait qu'avec finit par la dégoûter du rôle secondaire qu'elle ; ce drame impie. Fatiguée de ces dédains et de imatic affectée, Basine feignit de rentrer en ellela jeter aux pieds de sou abbesse, implorant son se rattacha à elle, trouvant que cette condition ■ alait encore mieux que des émotions continuelles rapportaient rien. Mais ces pieuses apparences [)tôt démenties. Pour être moins violentes, les : des deux parties n'en continuaient pas moins, rixe nouvelle, provoquée par Chrodielde, les de Leubovére tuèrent un de ceux qui avaient le. L'abbesse était revenue se Joger tant bien que es bâtiments de l'abbaye moins maltraités par le suite de ces reprises d'hostilités, elle dut se e nouveau à Saint-Hilaire. Basine en profita ionner de nouveau son clottre, et revint à celle Dubliait les injures, dès qu'elle lui vit quelques 3 nouveaux succès. En effet, des émeutes, des iglants se produisirent encore pendant quelques • si bien, » dit l'historien attristé de ces scènes > qu'il ne se passait pas un jour sans homicide, sans querelles, une minute sans pleurs. <• : rois comprirent enfin que l'affaire se grossissant '^, SVA^usSê lus, il importait de prendre contre Chrodielde Siioiïï"'""'" '" js de rigueur. Childebert, qui eu souffrait le plus, pposer à Contran une réunion d'évêques des deux ^ui pussent agir sur les lieux, et opposer à tant î des décisions canoniques. D'un commun accord, istrasie fit donc choix de Grégoire de Tours,

d'Ebr(^'gisiItî de Cologne, et de Marovée d de Bourgogne nomma Gondég(^sile de I sufTragaiits do Périgueux et d'Angoulême connu de l'affaire. Mais ces prélats refusé à Poitiers tant que le juge civil n'aurait uamtedePeiiiert sédîtion. Childebert, en conséquence, donn

mMit fln. . toujours Comte de cette ville, d'user de 1

pour rétablir Tordre, et de recourir mèi

coiiiiHi mira Hi armes s'il le jugeait nécessaire. A cette noi

du cbrodicide, qui était rcutrée dans son asile de Sain

devant la porte de Téglise ses bandes qu pas, et leur ordonna qu'à la première attf sassent la force par la force. Pour le C • plus à hésiter. Il commença à se montre cette horde intraitable, ou vit les uns a marteaux de fer, les autres tomber percés d «ui mt «iK«i ensanglantés de coups d'épéc. Après qut

fiu(f»iia. combat, la résistance devenait inutile p<

massacrés en grand nombre ou rcpouss dielde comprend alors le sort qni l'attend s'emparer de la Sainte-Croix qu'elle aval méprisée, elle s'avance vers les troupes « Ne me touchez pas, s'ôcrie-t-elle , je s cousine d'un autre roi, ne faites rien doni me venger sur vous! > Mais cette fo impuissante comme ses adjurations. Le:

sur elle et sur sa furieuse escorte : on révoltés sont enchaiiiés, tirés du sanctuai poteaux et frappés de glaives et de bat coupe les cheveux en signe d'infamie poignets, à ceux-ci les oreilles, à ceux-là Devant de tels moyens, la sédition s'ap évoques occupèrent des sièges qu'on Icu

«udéuniuSEÏ'K tribunal de l'Eglise. C'était le 30 octobre, i

deiïSti'^' "™"' Clirodielde qui recommença à y vomir reproches contre son abbesse. A l'entend

1 les crimes possibles dans sa condition, l été caché par elle dans l'abbaye, et la servi lUS son déguisement de femme. Il était 1 îlle le désignait du doigt dans la foule. Or, ( igé, déclara qu'il ne savait de Tabbesse que si nt jamais vue, et demeurant à dix lieues ■ )esse, interrogée à son tour, répondit qu''e! rien à cet incident. Ce point éclairci et co lombreux témoins, à la honte de l'accusatric ntinua pas moins d'affirmer une foule d'aulr le force. Elle et Basine, dont la haine et rougissaient pas d'affirmer que dans ; à l'abbesse, elles mouraient de faim, étaie ., et succombaient aux mauvais traitement mission de Leubovère, des étrangers usalu jnveiiant:e des bains réservés aux religieuse s'étaient faites dans le couvent, qu'clle-mèr jeux de hasard, qu'elle avait osé dépouill loieries et autres étoffes précieuses pour 1 lioce, et qu'enfin elle n'avait pas eraint de représenter des comédies indécentes. Tout ;ées contradietoirement furent reconnues po )mnies, soit que les faits y fussent inventé isent dénaturés par la passion. L'abbes Lt avec autant de précision que d'humilit dre avec ardeur, sans récriminer contre s isatrices,

purent se convaincre que l'innocence de idissait d'autant plus devant les fureurs i 5 adversaii'es, que la jalousie et Tambitlc Ses si complètement. Ils déclarèrent Chrodieli louveau excommuniées jusqu'à résipiscenc lUes de leurs malheureuses compagnes q 'ies ; ils réintégrèrent solennellement l'abbes: ions, et par une lettre commune, ils rendire leux princes des détails de l'affaire el c

204 HISTOIRE GÉNÉRALE DU POITOt

jugement qu'ils avaient porté. En vain obtenir des princesses révoltées les charte importants du monastère, ceux surtout pour Tavenir les donations des rois et di famille eu faveur de la communauté. Elk ne rien rendre, et les évêques conjuraien leurs parentes à celte juste restitutic réparation de leurs torts.

» Mais les chartes ne furent pas rendues par une fatalité diabolique, attachée comi la conduite des apostats, les vierges folle la confusion dont elles s'étaient couvertes c ni dans la rude punition qui les séparj suffisants motifs de se soumettre. Chrod lieu de revenir dans leur monastère où de rentrer, ajoutèrent à tant de crimes 1- Ellcss'enfurenttrouverChildebert à Soiss l'audace jusqu'à accuser Leubovèrc d'adu diverses personnes qu'elles ne craigniren en même temps; elles affirmèrent de pi pondait avec Frédégonde, l'ennemie déclar du roi. Celui-ci ordonna aussitôt qu'o accusés qui lui furent présentés chargés ne fut que pour reconnaître leur innoc discussion de leur conduite, furent remis Cette nouvelle preuve de ténacité dans attirer sur les deux femmes, sur Chrot sévérité qu'elle n'avait que trop méritée Elles furent pourtant laissées libres, grâ liens du sang qui les unissaient d'aus familles royales, et que les habitudes du talent pas d'oublier. Elles eu profitèreni Chàlons, près de Childebert, et le fatigue Epris de compassion, le bon prince les raître devant un concile qui devait s'asse le courant d'octobre prochain. Elles s'j

ISTOIRE GÉNÉRALE DU POITOU (590) 2l

priait les Pères d'avoir pour elles de rindu ■aiit en finir, ceux-ci, après en avoir écrit j I de Bordeaux, levèrent les censures. Basil t leurs pieds en protestant d'obéir dans la suî >e avec Phumilité et la charité d'une véritab t, en effet, elle retourna à Sainte-Croix pour ce. Quant à Chrodielde, elle protesta, avec il que toujours, ne pouvoir rentrer dans si int que Leubovère en serait abbessc. Le i à cette femme indomptable une maison jprès de Poitiers qui avait appartenu nagué illustré par tant de crimes : c'était un de c raux dont les souverains accordaient la joui seigneurs de leur entourage sans leur la propriété. Elle s'y retira, et n'y vécut ni en religieuse, se persuadant à tort ou à rais< ^ait ni reprendre dans le monde, sans un scandj rang qu'elle avait saintement abdiqué dans s'adonner aux pratiques religieuses dont s rendait incapable. Ainsi finirent, à la fin ibles qui avaient agité pendant plus d'un an sure où tant d'âmes vertueuses suivaient 1 idégonde. Deux âmes trompées par l'ambiti ivaient suffi pour mettre en question l'existen ille monastique, à qui Dieu réservait cepcndi vie de saintes œuvres, et qui devait jusqi édifier les fidi-les et perpétuer pour l'Eglise école féconde de sainteté et de ferveur. , si nous nous sommes arrêté à ces Ion i empruntés au récit énergique de Grégoire que l'histoire, nous a-t-il semblé, doit s'écr js événements nous l'ont dictés, et que tels observations pour rester une leçon vivai le à. tous les rangs de la société. Les sages, e nombre se rappetisse tous les jours à no iécadencc, trouvent ici à comparer cet épisoi

peine connu aujourdlmi, de la vio d'un lils plus retentissants de la dynastie mérc eux autres races royales qui lui succédéi rai que partout les mêmes passions fermen uelques cas particuliers, puis dans les nif !S mêmes conséquences et finissent par u moins lentement, ces grandes réoolutic ent si vite tous les principes, toutes les refit de quelques Catilinas de petite vale orrompues, rejetant les honnêtes gens en ction sociale, et livrant à leur destruc rapires que Dieu avait marqués du sceau 1 plus complaisante? Quel sujet de n ourquoi ne voit-on pas que le remède à i lents se trouve dans la foi chrétienne, eront jamais ni la modépation du pouvoir les sujets, ni la paix des Etats, et, par c berté des peuples, ni la sécurité des gou\

On voit que Childebert, qui gouvernait è t la Touraine, avait eu quelquefois de smg ;ouvernement. C'est dans ce même temps, ommencer les troubles de Sainte-Croix, n faveur de sa nii^ce Berthegonde ce jugt icvinerait pas la cause si on ne la trouvai irise trop souvent par les rois contemp rbitrairement les questions les jilus gravt anonique pouvait seul décider. Ainsi beauc laissaient souvent et se prolongeaient ps eux qui avaient mission de les interdire t

Un des amis de sainte Radégonde dont i léjà la vie édifiante, saint Yriexrat, ne lui [uatre ans, et mérite que nous honorions Toujours attaché à notre sainte et à ses le Poitiers, il mourut le 25 août 591,

(a) V. ci-dessos, p. 3i, ad ann. 570.

ion de sa fortune personnelle aux monastér aire de Poitiers et de Saint-Martin de Toui nnait également. Deux femmes possédées < t guéries ù. ses funérailles, qui eurent lieu En 1181, ses reliques ayant été levées, le 17 m. j Poitiers qu'il avait tant édifié, fut gratifié d'u :es précieux restes. On les pla(;.a dans Tégli ie la Motiie, qui prit son surnom de lui, et iqu'â présent. On y fait sa fête le jour annivi mort (26i.

clore ici les détails qui regardent la graii litou, il est bon de parler d'une autre sainte légonde, qui a embarrassé les Bollandistes, t pas confondre avec celle que le Poitou i i d'honorer. Pour bien les distinguer, il impoi au moins les docunjents différentiels de le

Bathilde, femme de Clovis II , gouverna France en qualité dé régente depuis 656, q oi son époux, jusqu'à 661, lorsque Cliildé fils fut intronisé en Austrasie : alors deven avoir fondé, en C62, l'abbaye de Clielles, ^aris, avec une magnificence toute royale, elli lu-s tard la vie religieuse. Pleine des traditio tes de son auguste parente de Poitiers, elle vou nt que possible : elle mit donc l'église abbati; ible de Sainte-Croix, et renonça pour elle-mêi rite , se rangeant dès le commencement de s l'obéissance de l'abbesse Berthildc, jeune fi Sposa, qui s'y sanctifia comme Agnès à Poitie 3 ne resta pas moins la conseillère et

le trait saillant qui nous intéresse surtout da e. Pendant son séjour à Chelles, Bathilde t ts baptismaux une jeune enfant que tout f du sang royal, et qu'elle nomma Radégonc

gonde. Dés que la raison commença à poindre dans cette enfant, elle vint vivre près de sa seconde mère, et celle-ci, qui avait toujours eu de pieux desseins sur elle, songea à la préserver des nombreux périls qui Pauraient menacée dans le monde. Elle veilla sur celle qui s'entendit souvent appeler sa fille, sa petite fille, et, dans cette douce familiarité avec l'aimable et innocente créature, la fervente recluse demandait souvent à Dieu qu'elle ne lui survécût pas. Cette prière fut exaucée. Bathilde était au lit de mort le 26 janvier 680 : trois heures la séparaient encore du moment suprême. Elle mande près d'elle sa petite Radégonde, conjure le Dieu de miséricorde d'appeler sa filleule à Lui avant elle, et, comme autrefois saint Hilaire, de qui sans doute elle s'inspirait, elle la voit expirer et la devancer au ciel. Et bientôt le petit cercueil accompagna le plus grand dans la tombe. L'enfant n'avait que sept ans. On eût dit que l'union de ces deux Ames les avait suivies jusque dans la mort. A leur tombeau, des miracles simultanés s'opérèrent. Près d'elles deux on pria avec une égale confiance. Si bien qu'au ix® siècle, Gisèle, fille de Charlemagne, devenue religieuse à Chelles, fît transporter de l'église de Sainte-Croix en celle de Notre-Dame, qu'elle venait de construire dans l'enceinte même du monastère, le corps vénéré de la sainte reine. A cette occasion, on plaça celui de la petite sainte Radégonde dans la sépulture royale qui restait libre. Vinrent de 845 à 886 diverses invasions des Normands. Pour leur soustraire les reliques de sainte Bathilde et de Radégonde, on les transporta à Dijon, ville fortifiée, où elles restèrent abritées dans l'église de Sainte- Bénigne. C'est là qu'on les retrouva en 1001, lorsque l'église fut reconstruite après un incendie. Dans le tombeau de la jeune sainte, on recueillit près de sa tête une lame de plomb sur laquelle on avait écrit son nom en toutes lettres , avec le titre de reine , ce qui l'a fait confondre par certains hagiographes avec la sainte Radégonde de Poitiers ; mais nous avons vu plus d'un exemple que ce titre était

îs femmes de famille royale, et le titre de

. petite sainte, dans les offices du monastère

aisse aucune confusion possible avec Fau-

*oitiers (27).

issiîile de Sainte-Radégonde à Poitiers

e de Sainte-Bathilde qui lui fut donnée en

ou, évêque de Meaux : ces derniers restes

ainte d'une famille royale de France, ne

lieux placés que près des derniers vestiges

X si saintement honoré le même trône. On

MIS le diocèse sous le rit double, le 28 mars,

ation de cette relique à Poitiers.

■ovée avait été chargé par Childebert de

si gravement troublée entre Ingeltrude et sa

le pendant les troubles que cette dernière

Sainte-Croix de Tours. En présence d'une

>n moins travaillée à Tours que ne l'avait

îrs par les détestables éléments de l'ambition

le prélat Poitevin fit inutilement le voyage

a zèle n'y fut pas plus écouté que ne l'avait

Qt-GrégOire. C'est la dernière fois que nous j,£^îJ^„*^

sseur de saint Pient mêlé aux affaires de ce Çimrtèni<iitMiépi>.

nent agité. 11 mourut en 593, à Poitiers sans

ire de Tours, qui avait cessé d'écrire depuis

ait aucune mention de cette mort, quoiqu'il

1 qui lut succédai-». Ce silence autorise à

pit de l'éloge que le pieux historien avait

B(*) à une époque où il ne le connaissait

une vie dont les caprices fougueux n^avaient

( de se révéler, ce qu'il avait dû voir de son

inée au monfistère de Sainte-Radégonde, et

: qu'il avait mis à ses devoirs de pasteur,

laint évêque qu'il valait mieux n'en rien

mer le caractère général de son épiscopat.

liMoi. eccîet. Franc., t. II, p. 97 et 396. UOfUni, lib. II, c. XLir.

Marovée avait pris d'ailleurs le meilleur moyen de déplaire à son humble et digne collègue en se faisant attribuer par Childebert la direction de Pabbaye, où n'aimant ni Radégonde, ni Agnès qui s'étaient opposées à ce projet, il devait se trouver très souvent en opposition avec l'esprit de l'une et de l'autre. On ne le voit guère prendre une part active aux douleurs de la malheureuse communauté, que lorsqu'il faut se prononcer malgré tout contre Chrociïelde et ses peu honorables suppôts. Mais là il devait agir en évêque, mêlé qu'il était forcément à l'action de ses collègues réunis en Concile, et ce rôle n'efface pas devant l'histoire celui qui avait contristé si souvent le clergé et les âmes religieuses de son diocèse. On peut le Iquer de son opposition à Gontran, quoique l'issue n'en fût pas heureuse parce que en cela même il restait fidèle à son légitime souverain. Mais l'église demande aussi dans ses premiers pasteurs des exemples de douceur et d'énergie, de charité et de patience, de dévouement paternel et de miséricordieuse piété sans lesquels la gloire humaine est peu estimable, et dont on n'aperçoit pas assez les traces dans cet épiscopat de vingt-quatre ans.

A en croire nos traditions diocésaines, Marovée aurait désiré être remplacé par saint Porchaire dont il avait éprouvé le zèle et la capacité dans les affaires de Sainte- Croix. Tout fait croire en effet que ce choix eût été utile, et il faisait honneur aux bonnes intentions du prélat. Mais un autre était dans les desseins de la Providence, et l'histoire devait avoir aussi de bonnes pages pour ce successeur auquel Marovée n'aurait pas songé.

Nous allons maintenant revenir un peu sur nos pas pour raconter une suite de faits que nous ne saurions omettre, et dont cependant la chronologie est embarrassée. Pour la fixer ici, il nous faut admettre des conjectures : du moirs elles porteront plus sur les dates que sur les faits, iiaîSiXveîtoo.***"* Nous avons vu saint Martin, de Vertou fonder scn

monastère et y ajouter bientôt le prieuré de Durinum, où dei x

construites à la fois, l'une pour des religieux, ne communauté de femmes que ces prêtres îr. Celait déjà, nous l'avons dit, le vœu de la ine partout où l'on pouvait le réaliser, et nous temples s'en multiplier dans le diocèse. Ce

la haute Vendée une source de prédications

amenèrent promptement d'autres établisseoisses et de prieurés. C'était la civilisation, nt des mœurs, l'union plus intime des familles it de plus en plus dans ces contrées à demie mesure que la religion s'y manifestait plus 1 éloquente par tous les dévouements de la ilique.

) son zèle des âmes et son amitié pour saint

porté à visiter celui-ci s'occupant de la ;on monastère des Deux-Jumeaux (29), s'était ses laborieuses et fraternelles sympathies. Il las moins ses frères de Vertou vivant dans é qui ne s'était point démentie. Pour lui,

d'ardeur autant que de courageuse patience, a son travail de direction, et, presque septuaimblait se fortifier plus, à proportion qu'il oins. Le mouvement des esprits, alors agités otions du monde, amenaient vers son couvent s son retour, un grand nombre d'hommes

affaires publiques, de femmes mêmes qui cher dans la solitude une sanctification plus fut alors qu'il établit à Durinum les deux 3nt nous avons parlé. C'étaient des vierges et lestinés à répandre autour de la vieille ville ible apostolat de la prière et de la prédication. i s'exerçait d'autant plus facilement, et 'aussi

matérielle des deux communautés, qu'elles desservies par plusieurs voies romaines vers rs et le haut Poitou ; et par les deux Maines, ; considérables pour se prêter au transport.

jusqu'à la Loire, du travail manuel des moines et des religieuses, et pour rapporter ensuite de Nantes les objets de commerce et d'exploitation.

La Vendée dut beaucoup, en ces temps si troublés, au zèle de saint Martin, qui y multiplia les missions, sans égard aux difficultés du pays. Souvent il venait prendre dans le monastère des hommes deux ou trois compagnons qu'il s'associait pour ses courses évangéliques ; par ce moyen, il renouvelait dans les villages l'esprit de piété qu'il y fallait sans cesse accroître si l'on ne voulait pas qu'il disparût. Il entreprenait à. pied ces voyages plus ou moiDS longs , pour lesquels le bagage était peu lourd ; leurs pieux entretiens y étaient d'ailleurs souvent interrompus par les aspérités des chemins qu'ils devaient souvent se frayer eux-mêmes pour abréger leur trajet, où pour trouver, à travers les rochers et les broussailles, des hameaux isolés dont ils ne s'occupment pas moins que des plus opulentes cités. C'est de la sorte que furent évangélisées, selon les traditions encore conservées dans le pays, les localités déji importantes, connues aujourd'hui sous les noms plus modernes des Herbiers (30)1, ^^^ Essarts (31), de Mouchamps {32}, de Rocheserviére (33) et de Clisson (3*). Tiffauges (35), Vendrennes (36), Aigrefeuille (37) n'échappèrent pas à l'ardeur sacerdotale du saint, non plus que Beaupreau (38), Chemillé, Vihiers (39), qui ne furent pas, croyons-nous, les extrêmes limites de ses laborieuses missions; car, outre l'Anjou, où sa mémoire est vénérée dans plusieurs églises de son nom, et la Bretagne où il reste honoré du même culte , il ne faut pas oublier que du bas Poitou il ne pouvait manquer de revenir souvent vers les parties supérieures de la province. C'est à ces fréquents voyages, sans doute, qu'il aura dû de saintes et intimes relations avec nos évêques de Poitiers : saint Pient, saint Pascentius, Marovée, Platon et même saint Fortunat : cir Tamitié de celui-ci pour saint Félix, auquel il survécut pli s de vingt ans, dut prêter à, leurs entretiens des charmts

dont nous avons le reflet dans ses graicieuses pc Martin ne put rester étranger non plus ni à sainte gonde, ni à saint Junien, qui sanctifiait dans le même ta solitude de Maire.

C'est, Â n'en pas douter, de ces habitudes voya^ que naquirent les premiers rapports de saint Martir le monastère d'Ànsion, qui déjà devait s^appeler < longtemps Saint-Jouin-de-Marnes , mais que Ton cependant, avec son nom primitif, dans les chartt XI" siècle (40). Comment se persuader, en effet, t fondateur de Vertou n'y aurait pas été attiré, d^ premières apparitions dans le Loudunais, quand li monastère était dans sa ferveur primitive, et que se! ses plaines agréables et fertiles lui représentaient s avec sa silencieuse vallée, arrosée par la Dive et le ' ses pures jouissances du monastère vendéen ? Mais comment cette religieuse sympathie entre Martin solitaires du Mirebalais (Al) amenèrent-elles ceux-c choisir pour abbé? C'est un mystère qui peut s'exj par ce qu'ils savaient de la sainteté du bon moine, dont nous ne savons ni le motif, ni l'époque. Toutefc a quelque raison de croire que la première visite de M Ansion fut antérieure à 576, époque où Q bâtit son mon de Bretagne. Dans la suite, il en serait devenu at même temps que de celui-ci. Il y a plus : nous croyoi saint Martin dut connaître dans ses fréquentes cour: Neustrie, saint Paterne, évêque d'Avranches de 557 mais qui, avant son épiscopat, avait pratiqué la vie se près de Coutances. On sait que la vocation du saint i s'était formée dzins le clottre d' Ansion. Il aura donc j peu plus tard, déterminer la nomination de son saii & la dignité abbatiale de cette maison (42). Toujours que le saint parait avoir gouverné simultanément les monastères, ce qui dut lui motiver de fréquentes vis) l'un à l'autre. Nous suivrons à diverses phases de listoire les vicissitudes des deux établissements. Toi

-il que sous la direction de saint Martin, ils marchaient n pas égal, soit dans la pratique des saintes vertus, soit is rillustration méritée que leur attira la culture des res et des sciences, lesquelles se soutenaient encore is les maisons monastiques, en dépit des mauvais iloirs qu'elles rencontraient déjà dans les mondains et

méchants.

-,e successeur de Marovée, XXIV* évoque de Poitiers, l'archidiacre de Tours, Platon, que quelques-uns ont mal tropos nommé Placide, d'après une faute de copiste qui

doit pas être^ acceptée w). Ce titre d'archidiacre, nous fons vu w, constituait dès lors une haute dignité dans ique église, où souvent elle était unique, mais elle s'était ;rue depuis peu de quelques prestiges qui en augmentaient fluence. L'archidiacre marchait donc à la tête du clergé it il avait la surveillance et la direction ; il avait aussi soin des écoles, et présidait à l'enseignement public, and l'évêque allait à la cathédrale pour y officier, ce ;nitaire venait au-devant de lui jusqu'à la porte, entouré * clercs vêtus d'aubes blanches et répandant sur son 5sage la fumée odorante de l'encens. Pendant l'office, ii iistait le prélat en aube blanche comme le reste du clergé. isi, il s'acquittait de la plupart des fonctions confiées X chorévêques.

Le saint évéque de Tours avait distingué la piété et les titudes du jeune Platon qui était devenu son disciple et lit mérité la haute distinction dont il jouissait près de 1 évéque. C'était sans doute une des mille raisons dont îspirait pour ses méchancetés le fameux Leudaste qui,

voulant à saint Grégoire, songea à compromettre avec

son archidiacre et aussi un ami intime du prélat nommé Ilien. En accusant Grégoire d'avoir calomnié Frôdégonde

i) V. Luchum, în vita S. Fortunat., n" 89. — D. Rnioart, ad wX. tu . 52. Ub. IV, De mirac. S. Mart.

b) y. ci-dessm, tome 1, p. 411,

HISTOIRE GÉNÉfULE DU POITOU (592)

il osa en appeler au témoignage de son archidiacre et de son ami Gallien, assurant qu'ils n'oseraient le ; ét^ent mis à la question. Chilpéric irrité, s'était croire l'indigne accusateur, et l'avait fait battre à c pieds et de poings. Il pardi que cette sorte de cl n'était pas toujours de grande conséquence pour hommes qui l'avaient subi. Leudaste, dont l'audi peu commune, n'en avait point été découragé, e promis de revenir à son projet. Quelques semain cette tentative, et le samedi qui suivait Pâques, prétexte de quelques affaires pour revenir à Tours l'avait expulsé, s'empare de Platon et de Gallien, absolument nus, et les envoie à la reine Frédégon bien instruite par lui du but qu'elle devait atteindre, traverser la Loire : la barque de Leudaste chavii où étaient les prisonniers, quoique fortement attac! première, se soutint à flot par une disposition p tielle. Leudaste se sauva à. grand'peine, grâce à. son de nageur, mais bientôt ses victimes parurent devan qui le comte demanda une condamnation. Le roi réfléchir, et n'osant pas sans doute maltraiter des ! généralement honorés, et dont l'un tenait une £ position dans le clergé, il se contenta de les coni garde du juge, ce qui était une sorte de captif rigoureuse, d'ailleurs exempte de prison, et qu'on ei envers les accusés qu'on voulait sauver ; par lâ trouvaient en même temps faciles à reprendre si découvrait plus coupables, et on les soustrayait ce aux persécutions de leurs ennemis* Leudaste aj obligé lui-même bientôt de fuir devant les justes des antagonistes qu'il s'était fait, Platon et s purent revenir à Toiu*s où ils reprirent leur vie h; de piété et de travail. Ce fut Grégoire qui fit secon Childebert le choix du clergé et du peuple qui le dési pour le siège de Poitiers. Platon y arriva sous les i de son saint ami qui présida à son installation.

louvel évoque habitait Poitiers depuis peu de temps, 'un incendie arrêté subitement donna à penser que Dieu in lui un serviteur digne d'être écouté. Le feu avait pris une maison voisine de la demeure épiscopale et ait de s'en emparer. Déjà, poussées par le vent, les èches et les tisons ardents menaçaient la toiture, cua redoutait un embrasement dont l'église cathédrale lit elle-même se ressentir. Platon, qui avait de la ère du tombeau de saint Martin, en mit dans un 'al qu'il opposa à l'action du feu en le lui présentant; M les flammes se retirèrent et le quartier fut sauvéw.

éclipse de soleil signala le 19 mars de Tannée 5^; jmraença à neuf heures du matin et dura jusqu'à une autre avait été observée le 4 octobre 590. Toutes îlles coïncidèrent avec des événements plus ou moins tants: aucune éclipse, pas plus que les comètes, n'en isolument séparable. Alors, comme souvent dans la

les peuples attribuèrent à ces phénomènes les partités historiques qu'ils leur semblaient signaler ; de ce 'e devait être la mort du roi de Bourgogne, Gontran, qui . le 27 mars 593, à Châlons-sur-Saône, après un régne nte-deux ans. lien avait soixante-huit, étant né en 535, ait fait remarquer au milieu des conflits trop souvent velés entre lui et ses frères, par beaucoup plus de

que de prudence. Il fut inhumé dans l'église saint il qu'il avait fondée près de Chàlons, et qui étïut e un prieuré en 1789. L'Eglise, qui regarde plus la fin s enfants que l'étendue de leur carrière, l'a mis au des saints poui* sa charité envers les églises et les 'es <*>. Ce n'est pas qu'on n'ait eu à lui reprocher des is que la religion réprouvera toujours; sa jeunesse it pas exempte des passions qui rendaient alors si luns les mariïiges Condamnés par la morale chrétienne ;

}r^. Toron., De mirac. S. Mart., lib. IV, c. xii. Vartyrol. roman., io die 28 mart.

ses colères irréfléchies devinrent funestes plus d^une fois à des victimes qu'il aurait dû épargner; mais ses contemporains accoutumés à voir en tant d'autres princes de ces cruautés qui ne touchaient guère qu'à des grands détestés du peuple , écoutèrent moins ces griefs qu'ils n'admirèrent souvent sa justice, son amour de la paix, son zèle à concilier ses frères, et ses autres grandes vertus qui brillèrent surtout dans la dernière année de sa vie. On le voyait respecter les évoques , invoquer leur jugement dans les causes douteuses, se refuser toujours à la moindre pratique de la simonie, prier et jeûner souvent et faire d'abondantes aumônes; si bien qu'il fit distribuer aux pauvres toutes les richesses qui lui échurent après la défaite de l'usurpateur Gondebaud. Il racheta ainsi par une piété sincère beaucoup de fautes commises plutôt par sa nature demi-barbare que par le cœur et la volonté. Au rapport commeot h mérite de saint Grégoire, qui le connut intimement et nous a conservé tous les traits de son histoire, on l'honorait beaucoup de son vivant comme ayant guéri d'une maladie de quatre ans le fils d'une pauvre femme qui parvint jusqu'à lui à travers la foule, arracha un fll de son vêtement et le trempa dans de l'eau qu'elle fit boire au malade. Le même historien avait vu ce prince délivrer des énergumènes que sa présence forçait à confesser les crimes qui les avaient assujettis au démon («); enfin Paul Diacre raconte qu'un trésor lui fut découvert dans une vision et qu'il l'employa à orner le tombeau de saint Marcel dans l'église qu'il avait fait construire en son honneur (*). Tant de grâces reçues de Dieu ne peuvent laisser douter que le saint roi n'ait fait pénitence de ses fautes , et que la voix des peuples ne l'ait canonisé justement. Il fallait bien que ses vertus fussent réelles pour que le peuple ne l'ait appelé que le bon Roi^ et il est certain qu'en lui le christianisme qui

(a) Greg. Tnron., lib. IX, c. xxi.

(h) Paul Diacre, Eistor. Longobardorum, lib. IV, c. xxxv. — Aimoin, De gestis Franc., lib. III, c. ui. — Baillet, Vie des Saints, au 28 mars»

t avec si peu d'avantage contre les passions barbares les puissants de la terre, vainquit la barbarie , ce qui t compter beaucoup pour le ciel. Le rôle actif qu'il

eu dans les événements de notre province et sa té à tenir les promesses faites à son neveu, ne nous ettaient pas de laisser disparaître sans Thonorer d'uo er souvenir, le premier de nos rois que TEglise ait I au rang des saints. On célèbre sa fête à Soissons le ars (•>>.

ntran mourait sans héritiers, tous ses fils étant morts Eis âge. Outre le traité d'Andelot, qui avait assuré sa 3ssion à Childebert, il avait signé un acte authentique equel il confirmait ces dispositions. Le roi d'Austrasie

donc pour^réunir à ses états tout le vaste pays qu'on lait alors la Bourgogne, qu'a en prendre possession les mesures ordinaires qui devaient se trouver dans paix armée : il s'y était préparé , d'autant plus que

de Frédégonde cessant par la mort de Contran, il it sagement redouter de sa part une reprise du pouvoir le avait perdu et un retour de la haine contre le jeune u'elle regardait comme un puissant rival de son fils, ildebert, en effet, comptait déjà vingt-trois ans ; il avait

conseil sa mère Brunehaut, il possédait avec son el héritage les deux tiers de la France. L'autre tiers it à Clotaire II, enfant de neuf ims, beaucoup moins indre par lui-même que par sa mère â qui revenait sa e, et dont l'activité ambitieuse était toujours secondée l'astuce perfide et l'audîicieuse habitude de tous les îs qui pouvaient servir ses projets. Il devait d'ailleurs d'assez mauvais œil un jeune prince dont la naissance me était naturellement contestée par ce qu'on savait L mère, et dans lequel c'était une raison de plus pour iter un usurpateur de ses propres Etats. Pendant donc ];hildebert veillait avec une égale prévoyance sur l'Aqui-

V, le Propre du diocèse de Soissons, i ce jour.

' les provinces de l'Est qui lui étaient récemmen 1 régnait aussi sur une importante portion de li tentrionale ; il était devenu mattre de la Touraine le d'Orléans, d'une grande partie de celui di l'ayant perdu que Soissons qui retourna, par li le Contran, aux mains de Clotaire et de Frédé

,ge s'était fait dans les termes d'une bonnt qui, des deux côtés peut-être, était moin! ipparente. De part et d'autre, et près de chaqui , incapable, par son âge même, puisqu'il n'avai is, l'autre, fort disposé à des conseils extrêmes ane femme jalouse de sa rivale, désireuse di comprenant bien que chaque prince avait plui attaquer qu'à se défendre. Frôdégonde étai de Childebert parce qu'il régnait, quoique trèi it, sur un territoire perdu pour son propre fils se méfiait de sa belle-sœur dont elle savai et de son neveu dont la mère ne manquerait pa encore des pièges dans lesquels périssaien s ennemis. On s'observait donc des deux côtés suspicion mutuelle durent nattre pour le ro certains renseignements qui l'obligèrent i 5 précautions. N'avait-il pas d'ailleurs assez de! de Frôdégonde contre sa propre maison, di es déshonorantes et de la haine générale qu pour prévenir de nouvelles entreprises dont il h a croire capable contre lui ? (43) e pourtant qui, prenant conseil de ses propre: ue son prétendu Conseil de régence adoptai euglémenl, songea à s'armer la première sous ! défendre Soissons qu'elle prétendait devoii ô par Childebert. Prévenu de cette levée du celui-ci ne tarda pas à se trouver prêt, e itre Landri que Frédégonde avait maintenu dans tpuis la mort de son mari, et qu'elle avùt mis à U

e de ses troupes. Ce fut près de Soissons que se rencoorent les deux armées, nombreuses dit-on de soixante mille mmes du côté de Childebert et de trente mille seulement

côté des. Neustriens. Une victoire était indispensable à iix-ci : sans elle on ne pouvait prévoir les conséquences me poursuite qui pouvait renverser le trône de Clotaire. i reine-mère se prépara donc à une bataille avec toute ctivité qu'elle mettait d'ordinaire à ses entreprises. Elle compagna Landri , menant son fils avec elle et le ïntrant aux troupes pour les engager à le défendre, lildebert avait pour généraux Wintrion, duc de Chamgne, et Gondebaud, cet ancien et fidèle ami qui avait uvé son enfance après l'assassinat de son père à Vitry. ■■ s'étaient avancés au milieu du Soissonnais, confiants ns un triomphe que paraissait assurer l'armée qui les Ivait et qui était une des plus formidables qui se fût vue

ce temps. Mais ils avaient compté sans un stratagème l'inventa la tête féconde de la veuve de Chilpôric. Elle ait fait marcher de nuit ses troupes &, travers les bois, laque cavalier ayant attaché au cou de son cheval une ;ère sonnette comme celle que dans les camps on donnait Lx chevaux laissés en libre pâture. L'armée austrasienne occupa peu de ce bruit qu'elle attribua à ses propres ODtures, se laissa approcher jusqu'à son campement où Tsonne ne se doutait de rien, où presque tous dormaient icore, et la lutte dut commencer sans qu'on fût prêt à la ifense. C'était à cinq lieues de Soissons, près d'un village >mmé Droizy (44). Les Austrasiens y perdirent de quatre à nq mille hommes, et accablés d'un côté par l'énergie de ittaque, de l'autre par le désordre qui s'était mis dans leur tmp, ils lâchèrent pied et leur déroute fut complète. éanmoins "Wintrion réussit bientôt à rallier les fuyards ;

remit de l'ordre dans leurs rangs , et revenant à la targe , il tomba sur les vainqueurs occupés au pillage du imp et des campagnes voisines. L'action recommença ors ; il en résulta un horrible carnage qui coucha sur le

terrain trente mille hommes des deux armées. Mais de nouveau repoussés, les gens de Childebert eurent la perte la plus considérable et laissèrent le champ libre à l'action de Frédégonde. Elle ne s'endormit pas sur ce succès, qui venait d'affermir le trône de son fils, et, le soir môme, pendant que les généraux battus repassaient leurs frontières et laissaient leurs troupes débandées rejoindre leurs provinces de Bourgogne et d'Aquitaine, elle s'avança dès le même jour vers la Champagne, alla jusque sous les murs de Reims, désola le pays par les incendies et les meurtres, et s'en revint à Soissons avec ses troupes chargées de toutes les richesses accumulées en quelques jours («).

Ce ne fut pas le dernier ressort que l'horrible femme fit ^^SS!^^^^^ jouer contre le prince qu'elle détestait. Elle ne songeait qu'à P'**^""^pratiquer son affreuse politique, tout son secret étant de ravir* aussitôt et par tous les moyens qu'elle pourrait, le royaume d'Autrasie au voisin qui la gênait le plus, dont l'âge cependant ne semblait pas celui du repos, et qui commençait à la connaître assez pour tenter de la tenir en respect. Elle noua donc de nouvelles intrigues avec ce Waroc, comte de Bretagne, qu'elle avait su déjà susciter contre Chilpéric, et qui n'avait jamais tenu une seule clause de ses traités. Depuis seize ans, elle ne cessait de le tenir à sa disposition par une correspondance assidue, et l'entretenait dans l'intention de rompre avec les princes dont il dépendait par le double devoir d'un tribut annuel et d'un hommage au roi lors de son avènement à la couronne. Donc, sans aucune déclaration de guerre, il fît des sorties sur les provinces françaises échues à l'héritier de Gontran, refusant de le reconnaître pour son souverain, il suivit les conseils de Frédégonde et entra sur les terres françaises par laTouraine au printemps de 594. Childebert, qui résidait à Orléans, où avait été avant lui la cour de Gontran, ne voulut pas abandonner le point central de ses Etats, et

(a) Frédégaire, Chroniq., c. xiv. — Paul Diacre, HUt. Longob.j lib. IV, e. lY. ^ AimoiD» lib. III, c. Lxxxi.

s HISTOIRE GÉNÉRALE DU POITOU (594)

ivoya des généraux que l'histoire ne nomme pas, et dont ,etion fut peu utile, de sorte qu'après des succès variés s deux partis, les Français furent obligés de se retirer, l'indépendance de la Bretagne n'en fut que plus assurée. Ces préoccupations fatigantes empêchaient Childebert de

porter activement vers le but qu'il s'était proposé de nger sur Frédégonde et son fils les malheurs de sa mille, dont l'amer souvenir ne le quittait pas plus que ^t^^ns pressentiments personnels. Il eut bientôt une autre euve de l'importance que cette méchante femme attachait l'inquiéter. Elle ménagea à ses projets une diversion •uvelle en soulevant contre lui un autre ennemi moins doutable que les Bretons, et qui paya de sa ruine le alheur de l'avoir écoutée.

C'était d'ailleurs une infernale habUeté de cette femme, qui craignait pas de faire servir à ses intérêts tant de secrètes rfidies, que d'aller choisir pour antagoniste au roi \ustrasie un peuple qui, habitant une extrémité de son •ritoire, devait le forcer, pour le combattre, à quitter sa pitale, en l'abandonnant peut-être ainsi à des entreprises .'elle était bien capable de méditer. Quoi qu'il en soit, tte ruse ne put lui servir; le jeune roi prit ses mesures réussit doublement à détourner ses embûches. Il y avait dans la partie la plus septentrionale de la iule, un petit peuple placé aux bords de l'océan Germa- ^ue, à l'une des embouchures du Rhin, qui depuis s'est rdue dans les sables de la Hollande, et n'arrive plus à mer : c'étaient les Warnes qui, voisins des Sicambres des Frisons, avaient gardé les mœurs et le caractère s Francs primitifs. Du temps de Ciovis, ils avaient un roi. i s'étaient alliés aux Mérovingiens aussitôt que ceux-ci

furent affermis dans leurs conquêtes, et leur faiblesse lative avait fait un point essentiel de leur politique de Eiintenir leur alliance avec eux. Cependant cette bonne tente s'était un peu compromise vers 530, à l'occasion an mariage manqué entre un de leurs rois et une fille de

Thierry P', roi d'Austrasie ; les bons rapports s'étaient alors refroidis. Les Warnes, soumis à des redevances annuelles, ne vivaient plus avec nos rois de Metz que dans une dépendance que Frédégonde leur conseilla de briser.

Ils profitèrent donc des derniers revers de notre roi d'Aquitaine pour s'aifranchir de leur tribut. Celui-ci Fentendit autrement. Fort de la multitude des troupes qu'il pouvait mettre sur pied, peu embarrassé de faire garder le royaume pendant une absence de peu de jours, il prit le commandement d'une armée et s'avança contre les Warnes, qui l'attendaient sur leurs frontières. Cette position était mal conseillée : il aurait fallu prévoir la possibilité d'une défaite, et tenir l'ennemi, après s'être avancé sur ,^es terres, à une distance utile du pays qu'un revers lui permettrait d'envahir plus facilement et de piller. L'événement le montra bien. Par cela même peut-être que les Warnes combattaient sur leur propre territoire, ils opposèrent à l'attaque une résistance inattendue. Childébert, furieux de ses pertes, commanda de ne rien ménager, accabla les révoltés, en massacra un grand nombre, emmena les autres en esclavage, et ainsi effaça de la carte du Nord cette mince nation dont il n'est plus question dans l'histoire (tf). Après cette expédition, Childébert parvint à jouir encore une fois de la paix qu'il avait chèrement achetée, et il en profita pour songer à modifier sur quelques points importants la législation suivie jusque-là dans les terres de son gouvernement.

Depuis Clovis, que nous avons vu consacrer la loi 4 frtto^dS'iSi"* salique, principe fondamental du droit monarchique dans ses rapports avec la noblesse et les serfs, beaucoup de modifications y avaient été faites suivant les événements qui, à diverses époques, avaient changé les formes du pouvoir souverain et l'administration de la justice. Nous avons vu combien souvent les châtiments et les supplices

(a) Aimoin, lib. III, c. lxxxii. -^ Procope, De Bello Goth,, lib IV, c. xx.

lient laissés à. Tarbitraire du prince et des officiers qui >nonçaient les jugements en son nom. En tout cela, lucoup de variantes se trouvaient donc, qui, selon les soins reconnus, se proclamaient tous les ans au champ

mars, c'est-à-dire dans les assemblées des grands et

peuple, tenues le premier jour de l'année avec une mde solennité, et où ne se traitaient pas moins les )ses de la législation que celles de la guerre. Dans ssemblée de Cologne, en 595, Childebert promulga xme istitution, recueil de plusieurs décrets qu'il avait rendus is les assemblées d'Andernac en 589, de Maêstricht inée suivante, et en deux autres de 591 et 592. On voit ■ là que ces réunions changèrent fréquemment de rendezis, pour ne pas obliger à de longs et difficiles voyages tous

seigneurs qui devaient en faire partie. Le zèle de la relin apparaît en cette rencontre comme une auréole de gloire 'able sur le front de ce prince capable de comprendre ) si la loi divine est le plus solide fondement de la islaiion humaine, les gouvernements lui doivent en retour î protection aussi active que sincère. Childebert interdit donc à tous ses sujets , même à ces chevelus de haute e qui n'étaient point les plus faciles à conduire, de itracter des mariages incestueux, sous peine de banriisaent et de confiscation de leurs biens s'ils n'obéissent en a aux évêques ; les officiers de son palais qui se feraient :ommunier à ce sujet, en seraient chassés à jamais. Le it, ce crime qui déshonore les familles, est défendu sous ne de mort; le travail du dimanche étant un mépris indaleux de la religion, on ne pourra travailler ce jour-là, is peine d'une amende de quinze sous d'or pour les liens ou les Francs, de sept pour les Romains, c'est-àa pour les anciens habitants de la Gaule, et de trois pour

esclaves qui, en cas d'insolvabilité par -eux ou par un ,re, seront soumis à une peine corporelle. Par cette ersité des amendes, on voit que déjà l'élément gaulois lit perdu beaucoup de sou influence et que la race

rOIRE GÉNÉRALE DU POITOU (594) 225

ait définitivement sur le sol conquis et civilisé

açon.

le défenses inséparables de la paix sociale

mœurs qui la garantissent, une innovation jncore proclîimée au grand avantage de Tordre lavons que la loi salique n'imposait communéiide qu'une amende pécuniaire ou composition •e payée par des parents ou des amis, ce qui nt l'impunité du meurtrier. Childebert abolit illusoire, ia remplaça par la peine de mort, devait arriver que le meurtrier ne fut pas i coupable qu'il pouvait le paraître, la loi

la peine capitale fût remplacée par une forte le uniquement par celui qui avait fait le mal. îurs qui jusque-là étaient punis de mort fort , ne pourraient plus l'être que sur le témoiq personnes au moins, connues ^ur leur mnêteté de leur vie. Par là on évita beaucoup ion hasardées, et l'on maintint en de justes iction pénale des crimes et des délits; on lent la peine sévère qui pouvait seule alors lit de propriété, et quant à celle qui punissait icide volontaire et prouvé tel, il était juste, égislateur, que celui qui avait tué injustement, lir une mort méritée (o>. Elle eut l'heureux I législateur s'en était promis, car dès lors, ut mieux proportionné au plus ou moins de . faute , ce qui est un principe essentiel ;islation w , et les attentats devinrent plus

donc une civilisation à demi formée, donnant nos modernes légistes qui n'ont fait qu'aug-

, Bai. Franc., 111, c. xxxvi.

E^rit des Loit, Ub. VI, c. xvt.

tr Ut date», mihi, t. V, t* part-, p. 595. — Flenry, fîùt. du

f menter le nombre des assassinats en abolissant par le

fait la peine de mort puisqu'ils ne veulent plus qu'elle soit appliquée. Ainsi les peuples qui commencent tendent à perfectionner leur législation : ceux qui finissent la- dété-

l' riorent sous prétexte de l'améliorer.

i' S'de^ToSî?^* ^'^ Pour nous reposer de ce fracas des armes, de ces

i trahisons de femmes, et de toutes ces cruautés d'une

f barbarie qui paraissait indomptable, l'histoire nous propose

k; à la fin de cette année la mémoire d'un de ces hommes de

bien en qui vivait, malgré tout, l'esprit du christianisme, ^ et qui, en face de populations si mal inspirées, montra tou-

^ jours comment on pouvait encore y faire vénérer la vertu. Le

i: 17 novembre, mourut le saint évêque de Tours, Georges-

{• Florent-Grégoire, que nous avons cité si souvent comme

[ historien et comme évêque. A ce double titre, en effet, il

^ mérita les regrets de ses comtemporains , et après douze

\ siècles, il garde encore la vénération de notre pays et la

l confiance des âmes qui l'invoquent. Ami de sainte

Radégonde et de ses filles, que nous l'avons vu ser\'ir

utilement plus d'une fois ; humble et charitable ; dévoué à

I ses devoirs, il n'avait su ni frapper les petits, ni se venger

u de ses ennemis les plus criminels, ni fléchir devant les

prétentions ou les colères des majestés de ce monde. ■ Toujours il sut pardonner jusqu'à la clémence, pousser le

dévouement jusqu'à l'abnégation, la piété jusqu'à la pénitence, l'obéissance au Saint-Siège jusqu'à la dévotion. Respecté des rois, il leur résista quand ils attaquaient la foi ou la justice, répondit avec une dignité énergique à leurs reproches immérités, et devant les accusations de la calomnie, il sut aussi bien se justifier que tolérer ses adversoD beau evacière. saircs. Tous Ics écrivains de son temps, et ceux qui le

suivirent, s'épuisent en éloges sur les beUes qualités de son cœur et de son esprit : double prééminence de la pens(^.e et du sentiment, si rare dans un même homme et si précieuîîe quand on peut l'y admirer. Son génie littéraire le portait à écrire ; mais ses loisirs devaient être rares dans une vie si

mouvementée par des voyages importants, des ambassades

réitérées que lui confièrent les rois Gontran et Childebert,

et les soins de son Eglise qui recevait de lui de fréquentes

preuves de son zèle, soit par ses missions et ses visites pasto-

rales,soit par la construction des monuments religieux et la

fondation de communautés des deux sexes dont il faisait

autant de ressources pour le salut des âmes par la prière

et la prédication. Tant d'œuvres, aussi diverses que difficiles,

ne Pabsorbérent pas toutefois assez complètement pour

quMl n'employât pas à des compositions littéraires le peu

de liberté qu'elles lui laissaient. Son attention aux affaires

ne l'empêcha pas de consacrer, quand il le pouvait, quelques

moments à écrire les vies des illustres saints qu'il avait ^^^ ««▼'«gc* »»"<^-

connus, celle surtout de son illustre prédécesseur saint

Martin, dont il voyait tous les jours le tombeau envahi par

une foule suppliante et obtenant de nombreux miracles qui

augmentaient la confiance des peuples et sa propre dévotion.

Mais le titre de saint Grégoire à notre reconnaissance est

surtout le recueil des grands événements de son temps qu'il

institua : Histoire des Francs^ divisé en dix livres, et sans

lequel nous ignorerions absolumentce qui intéresse le berceau F^fa!'^^^^^ ^"

de la monarchie française. Ce n'est, il est vrai, ni l'ordre, ni

la chronologie , ni le style qui se font remarquer dans cet

ouvrage, le dernier qui soit sorti de sa plume. Il appartient

à son siècle autant par les imperfections de son mauvais

idiome latin, que par l'incohérence des idées, l'obscurité de

la pensée, restée parfois incomplète, et le défaut absolu de

toutes dates, sinon celles qui résultent assez souvent de

l'indication, à côté d'un fait, de l'année du règne auquel il

appartient. Et pourtant ce livre est une source de lumière

où le ton paisible de l'historien désintéressé se mêle de

temps à autre à la chaleur de récits dramatiques, tout vivants

d'intérêt, et peignant ses personnages en traits qui ne peuvent

f^effacer. Il faut regretter qu'il n'ait pas eu de mémoires

authentiques pour la rédaction de ses chroniques locales.

11 se trompa surtout . d'une manière fâcheuse, quand il

^tribua, par exemple, au milieu du iii« siècle la divulgation a Christianisme dans les Gaules, reculant ainsi de près de eux cents ans un événement fondamental, à la suite duquel le école formée sur cette fausse donnéeà dû contester toute . chronologie primitive des églises de France. On n'a pas isez remarqué à ce sujet que les prétendus mémoires sur squels s'appuierait le saint auteur, n'étaient que de bien igues traditions, défigurées, comme presque toutes celles alors, à travers trois siècles de ruines et d'obscurités. Au ste, cette opinion suivie trop aveuglément, a ses contractions dans le livre même qui l'établit, et d'autres isertions la détruisent (35), Et il est certain que l'auteur a en pu taire cette faute, puisqu'il s'est trompé même sur succession des évoques de Tours qui avaient précédé son tntifîcat.

Grégoire était dans la force de l'âge quand il mourut, ayant que cinquante et un ans, dont vingt-deux d'épisipat. Il eut une administration laborieuse, embarrassée ts sollicitudes de son Eglise et de celle des affaires ibliques. Des luttes fréquentes contre le mal et les échants avaient usé les ressorts d'une nature qui semble ailleurs avoir été moins bien partagée du côté des forces irporelles que de celui de l'intelligence et du cœurw. L'Eglise de Tours a toujours honoré sa mémoire le ' novembre. Il avait demandé dans un sentiment d'humilité li lui était habituel, d'être inhumé sur le seuil de son [lise. Après lui avoir obéi en cela, on s'en repentit: les iracles de son humble vie, ceux qui le glorifièrent apràs i mort le firent bientôt placer à côté même de saint Martin, 1 un riche monument demeura en son honneur jusqu'aux .vages que les calvinistes portèrent en 1562 sur toute la rance catholique. L'Eglise de Poitiers n'a pu oublier lînt Grégoire qui l'aima et l'édifia, qui écrivit une portion iportante de son histoire, et s'est fait pour elle comm !

(d) Hist. Franc., lib. li, c. xxvi et lîb. III, c. xvii.

jlise, un protecteur dont le nom ne

ni pas de loin dans la tombe le saint reçu tant de services utiles, de pieux ;es conseils. Quand il pouvait espérer irs, un règne prospère sur des Etats ême devait assurer bientôt contre les de ses ennemis , il ne comptait pas sur ngent ici-bas la face des empires et i espérances des grands. Mais il fut à )rt, car sa vie se termina par le poison, e de sa femme Feideube qui le suivit . Les historiens assez peu scrupuleux igonde de ce nouveau crime, n'ont pais le servait qu'a elle, et bien plus qu'à t soupçonnée, mais qui n'avait aucun

à peine âgée de vingt-six ans, un fils nais eu à se plaindre, et dont la belle isque autant la sienne propre. Fré- .re, ne devait pas reculer devant une liliéres pour assurer à son propre fils laissée par Gontran à un rival qu'elle

été plus facile ensuite que d'étouffer les nés encore, entre lesquels le testament igeait ses Etats. Nous verrons bientôt ïs combinaisons purent entrer dans les igère , Dieu ne lui laissa pas le temps

t une grande perte pour la France et sw « )utre le mérite réel du jeune roi qui ses bonnes qualités, parmi lesquelles sr surtout son esprit d'ordre et son

U» de rEglUe de PoiUen, p. i67 et sniv. — D. Boubénédiclio D. Ruinait a. Aoaaé une excellcule Édition -s, qu'à reproduite l'abbé Uigue dans sa Patrologie,

Mnt d* CUMAM.

amour de la justice, il laissait ses deux sous la tutelle de leur aïeule Brunehau trop personnelle devait soulever de profo siens peu propres à donner du calme à nouveaux troubles allaient donc s'élever fait espérer que la conduite pleine de foi morale de ce prince remarquable procui royaume, lequel dans l'estime d'un grand ps de beaucoup sur la possession de tous monde. Ces leçons, quand elles ne sen qui les reçoivent, n'en ont pas moins I ceux qui les remplacent. Un prochain montrer quelle estime les enfants de Ch pour eux-mêmes.

(a) Lettre du pape saitU Grégoire le Grand à Childi lib. VI, cpist. 6.)

Note 1 e entre cet Aadelot, que Grégoire de Tours itre ^ncfe^au situé en AJsace. La proximité : de Soissons ne laisse pas de doute sur le it plus que les géographes s'accordent pour occupe la Haute-Marne, où elle est aujourimune. Ceux qui l'ont placé près de Langres a est à 60 kilomètres.

Note 2 iunum, dans l'ancien Dunois (Eure-et-Loir), x>ir, tire ce nom moderne de la position de teur. Ce château et le pays étaient le comté >s titulaires se sont rendus si célèbres. — ) habitants.

Note 3 le de 8,000 Ames, chef-lieu d'arrondissement fluent de la Juine et de l'Etampes. Elle était avait un château qui fut reconstruit vers par Henri IV.

Note 4 n, ville aujourd'hui de 8,000 âmes, sousler, sur le Loir. — Très forte à l'époque de B ces demeures qui n'avaient de valeur s'y défendre.

Note 5 i Marne, ancienne capitale de la Brie, sous- Marne. Elle a 9,000 âmes de population, l'appelait /a/tnam^ et prit le nom des Meldi, pitale. Son territoire, dans la quatrième ï de Lutecia (Paris), renfermait à peu près le de Meaux, c'est-à-dire le département de

Conserans, Consorani, petit peuple de la Gaule, dans la Novempopulanie; portion de rancienne Gascogne dont la capitale était SainULizier , au pied des Pyrénées. C*est la partie méridionale du département de TAriège. Conserans avait un évôché fondé vers 510 soua le nom de Sanetus Licerius. Conserans, suffragant d'Auch, fut supprimé en 1790.

• Note 7

Bayonne, Baionna^ ancienne Lapurdum, dont les modernes ont fait la terre de Labour j était une ville de la Gaule , dans la Novempopulanie , au confluent de la Nive et de TAdour. Aujourd'hui souspréfecture des Basses-Pyrénées, fortifiée et possédant une population de 24:,0(X) âmes. Son évéché date du iv^ siècle, et releva de la métropole d'Auch.

Note 8

Et non Eloi, comme quelques-uns Tont nommé. Eloi se dit en leLiin EUgiuSj et Gilles, Egidius. Or, c'est toujours ce dernier nom qui est donné par Grégoire à celui dont nous parlons ici.

Note 9

Verdun, Verodunum, ville gauloise de la première Belgique, chez les Verodunenses ou Veruni, Nous y verrons signer en 843 le traité qui attribua le titre d'empereur à Lothaire , fils de Louis le Débonnaire. — Ville à présent de 10,000 âmes, sous-préfecture de la Meuse. Son évéché, fondé au vi® siècle, dépendit longtemps de Trêves, et est aujourd'hui de Besancon.

Note 10

Rueil, Rigolalum dans Grégoire de Tours, villa royale que nous avons déjà citée ci-dessus, p. 357, ad ann. 585.

Note 11

En cette qualité, il avait commandé plus d'une fois les armées de Chilpéric, et reçu ce nom du pays occupé par l'île de France, où se trouvait Paris, et qui fut appelé France, avec les pays adjacents en deçà des deux rives du Rhin, sous la première race.

Dufour prétend pouvoir conclure du triple mariage du fils de Boppolène, qu'alors « le divorce était, sinon permis, du moins

\l. gèn. du Poitou, p. 88.) Pour se forger une telle conjec- )ublier que tous les coociles du tempe anathâmatisaient ma les priDces et les particuliers. C'est aiusi qu'un il instruit et encore plus mal inspiré peut donner de sur les choses de la religion, idées dont ne reviennent Ht ceux qui se sont laissé égarer par elles.

Note 13 nps ces deux monuments avaient dil changer de forme, jDCore, et de temps immémorial, ils ne consistaient plus iarcopbages très anciens, surmontés d'un couvercle à mais de dimensions beaucoup trop courtes pour avoir ' des corps de femmes, si peu grandes qu'elles eussent rareté des reliques qu'on y trouva dispersées en une Qtitë de poussière, et celte exiguité de leurs dimensions aisser douter que les cercueils aient été fouillés à une ]ue. On se le persuade mieux en constatant que le flanc chacun d'eux avait été creusé, et qu'on en avait ensuite de avec du mortier. On peut conclure de cet état de une époque inconnue, peut-être en 1562, quand furent ombeau et le corps de sainte Radégonde, on aura infligé stes de ses pieuses amies les mômes outrages, que les ront été brisés, et qu'ensuite des mains religieuses se i le soin d'en conserver ce qui restait avec le peu de l'on put y réunir. Ce sont ces fragments qu'il nous fut liner en 1850 et de reconnaître avec tous leurs titres d'au- *' de Poitiers nous chargea d'un rapport sur cette décou- >nna que les choses fussent conservées dans l'état que constaté. Ainsi les derniers dôbris dont l'authenticité fut luement reconnue, ne cessent pas de sanctifîer par leur ;lise souterraine où elles avaient toujours reposé. Pour- ^u'une disposition nouvelle ait éloigné de leur mère, et I nne obscurité où leur mémoire se perdra tout ce qui I reliquaires et de ces reliques pour lesquels on a brisé nés de la tradition que quatorze siècles avaient respectée. langes d'archéologie, d'histotre et de littérature . t. III, I.) Nous avons du protester dans le temps contre cette inspiration, et maintenant c'est à l'histoire qu'il apparplorer solennellement.

Note 14 lingiens et la France bous cette dynastie, t. I, p, 126,

- Frédégaire, Chroniques, a. xlv. — Daniel, t. I, p. 337. Celui-ci lace cet évéoement trop tOt, puisqu'il arriva que peu de mois avant 1 mopt de Childebert. — V. Art de vérifier les dates, in-8', • partie, t. IV, p. 381, et t. XVI, p. 386.

Note 15 Les référendaires étaient des dignitaires de la cour chargés des apports sur les affaires présentées à l'agrément de l'empereur. 'ette charge remontait à l'empire romain. Elle se reproduisît sous a première race, et dura ainsi en France sous des formes et des appellations différentes jusqu'aux derniers temps de ia Monarchie, m les Maîtres des requêtes eurent que^ues-unes de leurs fonctions. Î0U8 la deuxième race ils eurent, en plus de leurs charges, la ^rde du sceau royal, dont ils scellaient les actes du souverain.

Note 16

Le texte de saint Grégoire, liv. X, c. xn, porte « SepuUa esl teptima idus mensis primi s le 7 des ides (le 9" jour) de ce mois ju'on nommait le premier de l'année, parce qu'alors l'année comneuçait le 1°^ mars. Ingeltrude devait donc être morte la veille, qui itait le S.

Note 17

Châlon8-9ur-Saâne , Cabillonum, ainsi nommé de aa position sur :ette rivière, a 12,400 habitants, et est un chef-lieu d'arrondissemenl le SaAne-Qt-Loiro, à l'embouchure du canal du Centre. Il fut pris ît détruit au V siècle par Attila, relevé par les premiers rois de Bourgogne, et devint, sous la deuxième race, le chef-lieu d'un 30mté héréditaire, d'où sortirent plus tard les comtes d'Auierre. Enfin le comté de Ch&Jons fut de nouveau remis à la Bourgogne an 1267, et entra en 1477 dans !e domaine de la Couronne.

Contran n'aimait pas Bertramne parce qu'il s'était laissé prendre iiux prétentions de l'aventurier Gondebaud, le regardant comme roi légitime de Bourgogne.

Note 19 Cette assemblée a été placée parmi les Conciles, par les Bénédiclics (Art de vérifier les dates). Beaucoup d'autres l'ont omise à ce titre; mais on peut le lui donner, puisque les conciles étant des Assemblées d'Eoêques destinées à régler des points de foi, de mœurs ou àt discipline, ces deux derniers objets se trouvaient évidemmeit

intéressés dans les décisions qui furent prises. Nous regarderons donc celui-ci comme le deuxième Concile de Poitiers, puisque un premier, appelé Concile des Gaules, y a,\a,it été tenu sous Tépiscopat de saint Hilairo, en 355 (Vid. ad h, ann.). On ne pourrait opposer à ceux qui veulent voir un concile dans TAssemblée de 590; que Tabsence des évoques de Saintes et d'Agen, qui ne semblent pas avoir été convoqués, quoique suffragants de Bordeaux; mais il ne s'agissait point là d'un concile provincial, et d'ailleurs le droit n'exigeait pas alors, pour les délibérations en forme, la présence de tous les prélats de la métropole. Si les absents s'y étaient présentés, même sans convocation, on aurait dû les admettre, et ils y auraient eu voix délibérative. Ce qui est certain, c'est qu'on y vit saint Varant, évoque de Cavaillon, dont nous parlerons bientôt.

Greg. Turon., lib. X, c. 41 et suiv. — On garde au musée lapidaire de la ville de Niort deux tombes dont l'une, gravée d'une double croix en relief, porte pour épitaphe le double nom de Lopocena et Didimia, Un antiquaire de la Vendée patroné un peu complaisamment par un de ses confrères de Poitiers, a émis comme une idée acceptable que c'étaient les deux saintes religieuses échappées de Poitiers en 589, et réfugiées sous un pseudonyme en Vendée où ces tombeaux furent trouvés en 1860. Ceci est charmant ; mais, pour appuyer de tels renseignements, il faut plus que de l'imagination, il faut des preuves, et nous n'oserions, malgré l'autorité des remarquables savants que nous citons, faire de celles-là un fait historique. {V. Mém. des Antiq. de l'Ouest, t. XXVIII, p. 61 et 160.)

Note 21

Elle était nièce de saint Grégoire de Tours, c'est-à-dire fille de ce Justin, beau-frère de l'Evoque, laquelle avait été guérie d'une fièvre ardente, qui menaçait ses jours, en priant devant un cierge allumé que lui avait envoyé saint Grégoire avec promesse desaguérison. (V. De mirac. Saneti Mart., lib. II, c. ii). Il est aussi mention de cette Prieure (Prœposita) de Sainte-Croix dans Fortunat, qui en parle au dix-neuvième poème du livre III de ses Miseellanea.

Note 22

A eapite solutâ Cœsariâ, dit Grégoire, hist. Franc. ^ lib. X, c. xv. — Les religieuses pQrtaient les cheveux courts dès le jour de leur profession dont c'était la marque consacrée, comme nous l'avons vu

-atiquer par sainte Radégonde, à Noyon; mais les sicaires violeDlaQt Dsi Justioe auront voulu l'ÎD&ulter par 1& eu la dépouiltaut de sa levelurâ encore plus qu'elle ne l'avait fait elle-môme.

Flaoianus, dît saint Grégoire, nuper damealieus ordinatat. Ce irnier mot n'a pas été compris par les traducteurs 4"' n'^i ^°^ icun cas lorsqu'ils attribuent h. ce Flavianus le litre de ckairAellan t roi, (de quel roiï) — Rîeo ne nous semble autoriser ces idées, . le titre de domestieua nuper ordinatua doit se prendre pour un eien ! la maison de Marocée nouBetlement ordonné, (entré dans les rdres), et appartenant à ce qu'on appelle aussi la famille épiaeopaU.

Note 24

Il parait, par ce détail, qu'une portion de la principale relique lorée dans l'église du monastère avait été détachée pour rester ins la basilique extérieure, desservie par les clercs. On le conclut es bien de ces deux circonstances relatées par Grégoire de Tours, je Leubovère s'était fait porter dans l'église du couvent et se tenait rosternée devant la ch&sse, el que dans l'église du dehors, où était ijà le tombeau de la sainte, des meurtres avaient été commis devant I reliquaire où la Sainte-Croix était vénérée.

Note 25

Voilà un de ces événements qui expliquent pourquoi si peu de mseignements nous sont parvenus des origines de Sainte-Croix, ne foule de détails se sont perdus par suite de cette soustraction ni aboutit très probablement & une destruction complète de ces très, lesquels dans un accès de folie Chrodielde aura mieux aimé Struire que restituer.

Note 26

La Mothe-Saint-Héraye, Motha Saneti Aredii, qu'on a souvent lal écrit Sainte- Héraye. Ces deux noms réunis ne sont guère en sage que depuis le xvni° siècle. Nous avons des actes du xvi* qni arlent d'un curé de la paroisse Saint-Héraye de la Mothe. Ce bourg 3t situé à l'extrémité d'une vallée assez étroite qu'arrose laSèvr". 'iortaise. On sait que la source de cette rivière est & 2 lieues ai ud-Ouest, près du bourg de Sepvret, à l'endroit même où ce bouTi; at posé en un bassin ovale d'un niveau très régulier. Dupîn, dans s \ tatiatique des Deux-Sèorea, affirme, sans en donner aucune preuve ,

^rS

que ce lieu avait ^tô fondé par saint Héraie, ministre du roi Théodebert (p. 50). L'église, appartenant en 1041 à un Gauthier de la Mothe, était donnée cette année à Tabbaye de Saint- Maixent. Elle était construite près du château, aux seigneurs duquel elle devait probablement sa fondation. Cette belle demeure avait été reconstruite, vers 1650, par un seigneur de Parabère, gouverneur général de la province, étant presque ruinée par les guerres comme l'avait été Téglise qu'on rebâtit, à la fin du xv® siècle, sur remplacement do l'église romane. Il y avait dans le bourg de la Mothe, en 1790, une maison de religieuses Annonciades. La Mothe est à présent an chef-lieu de canton de Farrondissement de Melle. On y compte 2,600 habitants. Au commencement du xix"* siècle, Napoléon donna ce château au prince Murât. Il a été démoli ensuite, grâce à de malheureuses influences.

Note 27

Voir, pour toutes les preuves de ce fait et les nombreux auteurs qui nous les fournissent, notre histoire De l'anneau de sainte Radégonde et de ses reliques à Poitiers , à la fin de ce volume.

Note 28

n ne continua son histoire que jusqu'à l'an 591. Dupin {Biblioth. eeelés.j t. IV) se trompe beaucoup trop en disant que la mort de l'illustre historien arriva en 593.

Note 29

Deux-Jumeaux, monastère fondé vers 585, au diocèse de Bayeux. C'est aujourd'hui un village de 200 habitants, dans la commune d'Isigny. — Ce n'était plus, en 1790, qu'un simple prieurécure de l'abbaye de Cerisy, au même diocèse, nommée dans les chartes Cerasium et Cerisiacum, et fondée vers 1032 par Robert le Magnifique, père de Guillaume le Conquérant.

Note 30

Les Herbiers, petite ville de 3 à 4,000 habitants, chef-lieu de canton de la Vendée, arrondissement de la Roche-sur-Yon. Il ne faudrait chercher l'origine de ce nom ni dans Herbauges, dont nous avons souvent parlé, ni dans les mots latins Herherta, de Herbert is, que lui donnent les Fouillés modernes. C'est pourtant une ancienne localité romaine, comme l'attestent encore les vestiges très recon-

aissables de la voie qui se prolongeait de Poitiers à Nantes par faziëres, Saint-Pierpe-dw- C/iemm, Pouzauges, Saiot-Michel-Moctlercure, et de I& gagnait les Herbiers, jusqu'à Saint-Pbilberte-Grand-Lieu pour remonter au nord vers Rezè, vis-à-vis de fantes. Les lieux traversés ainsi par ces grandes artères de viabilité vaient toujours une importance relative, et i) n'est pas douteux que i ville des Herbiers n'ait eu la sienne. Au reste, ces heureuses chances nt dû lui venir, aussi bien que son nom, des merveilleux aspects dool Ile s'entoure, et qui lui sont propres; car, bâtie dans une plaine ardée par les hautes montagnes de Pouzauges et de Mont-Mercure, Ile apparaît de ces hauteurs et des collines qui s'abaissent de mtes parts au-dessous d'elle; de là, elle semble posée comme ne corbeille de fleurs sur un massif de verdure qu'embellissenl Qcore, par un délicieux contraste, les innombrables clochers qui urgissent au loin et qui y attestent la vie du moyen âge. Outre les reuves déjà données que ce lieu date de plus loin, on sait pertilemment qu'il fut à l'époque gallo-romatne un des principaux cantons u pagua ou pays d'Herbauges, dans la vaste étendue duquel il se rouvait. Il dut avoir antérieurement un nom celtique perdu depuis >ngtemps dans celui qui lui mérita le charme pittoresque de sa avissaute végétation. Quant au moyen âge, dont les commotions olitiques après les ravages des Normands nous ont privé des enseignements locaux, on ne le voit flgurer aux Herbiers qu'à artir de 1106, époque de la plus ancienne charte qui nous en reste, lais qui en suppose de plus anciennes, puisqu'elle confirme une onation des seigneurs du lieu par leur fils Jucaël à l'abbaje Jcemment fondée de la Grenetière. Ces malheurs des guerres valent porté les seigneurs à fortifier leur ville; elle l'était déjà en 130, et il fallait qu'ils eussent alors une puissance seigneuriale ien établie et qui n'avait fait que s'accroître, car, en 1278, ils ccordèrent à cette même abbaye de la Grenetière, qu'ils continuaient 'aimer, un droit de haute justice confirmé dans le siècle suivant ar un seigneur de Mortagne, plus grand seigneur encore, et qu'une Uiaoce avait rendu possesseur des Herbiers. Vers le même temps, !uy des Herbiers recevait de Hugues de Thouars, seigneur de lontaigu, des droits que sa famille avait laissé périmer sur sa terre léme, moyennant l'hommage, et quinze jours de garde annuelle au bateau de Montaigu.

Cependant, entre le xiv et le xv° siècle, des vicissitudes causées ar la guerre locale avec les Anglais avaient dépossédé l'antiqi e unille. La seigneurie avait passé à une famille de Fonscher, doi ( i chef, Jean, céda en 1409 aux nécessités de la guerre en coosentai l

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que le château qu'il avait fait bâtir fCit démoli après sa moi retrouve Déanmoins au xvn° siècle la famille des Herbiers poss de la terre voisine de l'Etanduëre , qui lui appartenait déjà XV*, et elle avait fait rebâtir le château dont on ne voit pli des ruines. Eu 1569, un Jean des Herbiers s'était renfermé à P sous la conduite du gouverneur Guy de Daillon pour défen ville assiégée par Coligny. Mais alors ces gentilshommes n'a plus que le nom de leur ancienne seigneurie. La famille For qui n'avait pas cessé de posséder ce domaiue jusqu'à la XV* siècle, l'avait fait entrer en 1493, par un mariage, d famille de Jean Guériu, écuyer et maître des requêtes Louis XII.

On est peu renseigné sur les événements religieux q ui intére: les Herbiers daus le cours du moyen âge. On sait cependant tour romane de l'église Notre-Dame qu'au xi' ou xi[° siècl église lui fut donnée, de belles dimensions et digne des seigne alors s'établissaient solidement derrière les murs de leur ville église était construite en dehors des murs, sur le territoire i du Petit-Bourg, et était un prieuré de l'abbaye de Saint-Miel l'Herm. Elle a été rebâtie à la fin du xv* siècle. Un autre prit Saiut-Pierre existait aussi dans la ville et était déjà entiè disparu au xvin* siècle. Il appartenait au Chapitre de Luçon. XVI*, le baron du Landreau possédait la moitié de la ville et Petit-Bourg, où il avait maintenu le culte catholique malj efforts des huguenots.

La Révolution a fait beaucoup de mal aux Herbiers, qu centre des opérations militaires en 1793. — Que de faits hé) se passèrent alors sous les vieux restes de ce donjon qu'on encore couvert de lierres et contrastant de loin avec les rajeunies des châteaux de Pouzauges et de Mesnard, et celle montagne des Alouettes, où la première chapelle gothique éli France aux souvenirs de la Monarchie est devenue tout à co ruine sous celle de 1830, et ne doit d'exister encore qu'à la des Antiquaires de l'Ouest^ qui a obtenu sa conservatiou.

Note 31

Les Essarts, Sanetus Peirus de Essartia. Ce dernier mot trouve déjà écrit ainsi dans une charte de 1222, indii établissement relativement moderne, c'est-à-dire qui n'a démêler avec nos^premières époques historiques, mais s'est c( peu à peu après avoir commencé sur un espace défriché ou au milieu des forêts dont l'aspect et le paysage se ressentent

le canton de I

Ce bourg de 3,000 Ames, relevant comme chef-lien de canton de l'arrondissement de la Roche- sn r-Yon , fut jadis une petite ville fortiflée, mais dont le château primitif fut remplacé par celui dont on n'y voit plus que les ruines et qu'y avaient élevé, à la fin du xvi* siècle, nos illustres seigneurs de Vivonue. Il se trouve encore, parmi les ruines abandonnées aujourd'hui au logement des familles d'agriculteurs, des vestiges de restauration du temps de Louis XllI et de Louis XIV. C'est tout ce qu'on peut dire de ses origines, qui sont mieux indiquées peut-être par les caractères archi tectoniques de l'église de Saint-Pierre, qui est du xi° siècle, et possède sons le chœor une belle crypte bien conservée et dont la voûte repose sur deui rangs de colonnes cylindriques. Celte église était d'abord un Prieuré à la disposition du Prév6t du Chapitre de Lui^n. Outre cette église paroissiale, il y eut aux Essarts un autre Prieuré de Notre-Dame encore mentionné en 164S dans le PouiUé d'AUiot, mais qui cessa d'exister peu après, et dont on n'a découvert les fondements que depuis peu d'années, près d'une métairie voisine du bourg. — On ne connaît pas de seigneurs des Essarts avant ceux de la maison d'Aspremont, qui iigure parmi les plus anciennes et les plus illustres du pays. Puis des chartes de la Un du xiii' siècle nou^ le montrent aux mains des Chabot, et au xiv' c'est une fille d'Olivier de Clieson, Marguerite de Penthièvre, qui possède le château et y tient prisonniers pendant quelques jours le jeune duc de Bretagne Jean V et son frère Richard, par une vengeance aussi cruelle qu'injuste. Les Essarts restèrent en possession de la maison de Vivonue jusqu'à la fin du xvi' siècle. — Pendant le xviii°, ils passèrent à celle de La Rochefoucaud , puis ils devinrent la propriété du brave général de Lespinay du Pally, dont la famille y possède encore un joli château récemment construit. C'est aux Essarts que naquit, en 1805, notre docte et modeste linguiste Julien Cardin, qui publia le premier, en 1834, le plan du Dictionnaire historique de la langue française, dont M. Littré a tant profité sans avoir dit un mot du savant Poitevin qui en avait eu la première idée. {V. nos Mélanges, t. IV.) La vieille ballade de Guillery, qu'on ne chante plus mais qui fut longtemps célèbre dans le Poitou, a pris son origine dans une page émouvante de l'histoire des Essarts : c'est dans les vastes et profondes forêts des environs que s'étaient retiré les frères Guillery, qui exercèrent longtemps leurs brigandages, à la fin du xvi» siècle, sur les routes voisines, contre la maréchaussée et les marchands, qu'ils tuaient sans pitié, jusqu'à ce qu'ayant eufia succombé à uni vigoureuse attaque des troupes royales , ils furent pris et roués vil i à Saintes, à la grande joie de la contrée et surtout des Vendéens.

ip

Note 32

Mouchamps, Sanctus Petrus de Molli campo dans un acte de 1135, avait dès lors un prieuré relevant de Tabbaye de Saint-Nicolas d'Angers fondée vers 1020. C'est encore un de ces bourgs considérables qui, en Vendée, tiennent lieu des villes qui y sont très rares, et qui n'eut autrefois ce dernier titre que parce que l'époque féodale l'avait entouré de murs et fortifié d'un château dont les derniers vestiges ont été absorbés dans les maisons construites sur ses ruines. Le nom ou plutôt le surnom tout latin de cette localité attestait des terres arables dont l'étendue est coupée fréquemment par des bois et des bocages pleins de fraîcheur ; ce nom fut précédé sans doute d'un autre beaucoup plus ancien, probablement celtique, dont le sens devait faire allusion comme toujours aux aspects du pays ou à cette facile docilité d^ sol qui se prête volontiers à plusieurs genres de culture. Des restes gaulois et romains s'y découvrent souvent, mais ce sont les seuls indices d'une histoire perdue, ne se ravivant qu'au moyen âge sous l'impulsion de la féodalité, qui fonde des monastères et des châteaux , pare les vallées et les monts d'églises et de tours qui s'y dressent encore, et ne nous transmet guère que des souvenirs très rapprochés. Le plus ancien de ces souvenirs remonte âl211, et nous montre deux frères, tous deux chevaliers, Guillaume et Geoffroy de Mouchamps, donnant aux Templiers de Mauléon (Châtillon-sur- Sèvre) un de leurs hommes, Thomas du Perrier, et ses héritiers, avec les fermes qu'ils tenaient de cet établissement. L'importance moderne de Mouchamps dut s'accroître surtout au xii* siècle, où fut construite l'église de Saint-Pierre, rebâtie dans le style que nous lui voyons encore et qui ne suffît plus â la population. Ce prieuré, aussi bien que plusieurs abbayes du voisinage, semblent avoir eu pour bienfaiteurs les seigneurs de Parthenay-l'Archevôque, devenus, au xiii* siècle, seigneurs du lieu , et dont l'un , Hugues II , céda aux moines de la Grenetière, en 1264, des droits dans la forêt de Mouchamps. En 1315, Mouchamps, pourvu du titre de baronnie, appartint â Guy, première souche des Parthenay-Soubise. Au xvi® siècle, ce dernier nom, allié bientôt aux Rohan, prend un rôle plein de tristes souvenirs dans l'histoire de Mouchamps. Dans la personne des seigneurs de Soubise, qui tiennent dans l'Ouest de la France la tète du parti protestant, le château du Parc de Mouchamps , [situé encore â une lieue, au Nord-Ouest du chef-lieu de la commune, devient le quartier général des révoltés. ^

En 1573, quand le traité de la Rochelle eut accordé aux protestants une liberté du culte qui ne fut que la liberté du mal, les Soubise prirent dans la contrée un rôle de sectaires et des plus

ctifs. Etablis au Parc de Mouchamps, qui prit leur nom et l'a ardé, ils en firent le centre 4e leurs opérations politiques et our cela y établirent un ministre, Jean-Baptiste Estort, qui y rècha publiquement, et y baptisa, le 14 août, un certain nombre 'enranls dans la grange de la maison noble de Fief-Goyau. & Fayolle, successeur d'Estort, en fit autant, mais ostensiblement, u château da Parc, le 1(3 septembre 1577. C'était de là surtout que artirent toujours les influences de l'hérésie sur tout le pays, et )r8que Catherine, la douairière de la famille, s'y fut établie vers 520, elle s'y montra une des plus exaltées propagatrices de la ibellion armée contre le gouvernement de Louis XIII. En dépit des •aités, et de l'Edit de Nantes surtout, elle s'empara des églises aroissiales de Mouchamps et de Vendrennes , en chassa les cathoqucs, et n'y permit qu'aux calvinistes d'y exercer leur prétendue sligion. Il fallut un arrêt du Conseil royal donné le 16 févtier 1633, enforcé d'un autre du 11 septembre 1634, pour réduire à néant ces ntétements d'hérésiarques qui ne purent être renversés que par la rotection de Richelieu, le dernier évéque de Luçon, déjà loutuissant à la cour.

On ne peut oublier, en parlant de Mouchamps, quelques détails sur is gentilshommes verriers qui, vers le xm' siècle, établirent aa *arc une verrerie. Ces établissements, auxquels on attachait alors n si haut prix, que ceux qui les avaient entretenu avec succès endant un certain temps, en méritaient des lettres de noblesse, y iirent installés par les seigneurs du lieu, déjà nobles d'origine, mais ui se glorifiërent d'une industrie utile et dont les perfectionnements iirent longs à se développer. A la fin du xvi" siècle, les fours pour 1 cuisson appartenaient à Philîppon Bertrand, dont un fils, Renâ, alviniste comme lui et seigneur de Saint-Fulgeut, s'était distingua lar ses exactions, qui en avaient fait la terreur du pays. Etant Hé forcément faire la guerre, et très bravement, en Hongrie, ontre les Turcs, il n'était revenu que pour retomber dans ses ésordres et se faire condamner à mort. Alors il se cacha, finit par <btenirsagrA.ee, et mourut en 168S, dans la paroisse de Mouchamps, gé de- soixante-dix ans.

Toutes ces vicissitudes avaient réduit Mouchamps à une situation lien différente de ce qu'il avait été. En 1663, on n'y comptait plus |ue 400 feux. C'est à peu près sa population d'aujourd'hui, où un iers de protestants y conservent les nouvelles habitudes religieuses [uoique la noblesse y ait abdiqué depuis longtemps les errean [u'elle avait trop protégées. Il parait qu'en 1750 on n'y comptait qa i )00 communiants, et que les protestants atteignaient le chiffre du

3. Ce chiffre a bien diminué depuis lors au profit des .tboliques.

oubiae appartient toujours à l'honorable comte Auguste )ui habile près de son ancien château incendié pendant e la Révolution.

le prieuré-cure de Mouchamps n'avait pas moins de Ires. L'église y avait plusieurs chapellenies à la nomitigneurs du lieu, de celui de l'Aubraye, et de l'évéque e revenu était de 2,000 livres. De tout cela, qu'abritfût ux château féodal , rien ne reste plus que l'église, qui '., et les délicieux paysages dont les radieuses collines allons s'abreuvent aux eaux du Lay et de mille ruisseaux int après un modeste parcours.

Note 33

iëre, Rocka Cerclera, indique assez par ce nom tant U latinisé, que les vieux titres manquent à son dossier :e qui nous laisse dans uue ignorance absolue de ses le ses premiers développements. C'est un chef-lieu de i Vendée, arrondissement de la Roche-sur- Yon , ajant on de 2,000 âmes. Les curiosités qui s'y rattachent font tionneur à son existence moderne qu'à sa vie du passé. r la Boulogne, qui vient des environs des Ëssarts et ur s'y perdre, jusqu'au lac de Grand-Lieu, au-dessous ilbert, ce bourg voit un beau viaduc de 70 mètres de lever en forme de pont au-dessus de sa rivière, près les

château fort qui fut pris, le Si juillet 1569, par le .andreau, capitaine des troupes catholiques, sur les |ui s'en étaient emparé. Cette demeure féodale n'a plus es, dont certains détails rappellent une construction du l'église n'avait pas été mieux traitée par les hérétiques, •lacée longtemps après par un vaste intérieur sans t'est la paroisse actuelle. Il y avait aussi un prieuré de

un des moindres que l'Ordre limousin possédait dans lelui-ci avait encore oeuf prêtres en 1534 , et dépendait de Déols en Berry. Un autre prieuré de Saint-Gildas inatioa royale et valait 2,300 livres. Il fut uni à la cure

(Oise).

Note 31

"Ueehio ou Clicehia. Voici une ancienne ville réduite Mtites proportions et à une population de moins de

âmes, où les ruines d'un magnifique cbâleau parlent trop smmeat des malheurs de la Vendée. Au confluent de la Moine la Sèvre-Nanlaise s'élève, Bur les débris de l'ancienne ville te en 1793, la ville nouvelle, dominée par les restes majeslueai D ch&tesu du xiii' siècle avec ses hautes tours et tous ses airs du moyen Age féodal, qu'entourent sur les bords de la -Nantaise de charmanta points de vue et des parcs ornés d'une e variété d'objets d'art. A tout cela se joint le beau pont-viaduc Moine qui s'éleva en 1841 avec ses quinze arcades ogivales mètres de haut. C'est toute la vie actuelle de ce chef-lieu de 1 de la Loire-Inférieure. L'église paroissiale de la Trinilé iservé quelques portions de l'ère romane ; une autre, de -Dame, lui a été réunie, et datait de l'époque des premiers lurs de Clisson. On a des titres de 855 relatifs à l'évëché de s et où il est mention des doyennés de Clisson et de Retz. Le élèbre parmi les chevaliers qui fondèrent la ville et le château 33 fut cet Olivier de Clisson qui y naquit en 1336, seconda isclin dans la guerre contre les Anglais, et devint connétable mce. Cette maison dura jusqu'à la tin du xviii' siècle, mais priété de ta seigneurie passa eu 1746 aux Rohan-Soubise, doni âge fut partagé en 1787.

Note 35

luges, ce lieu dont nous avons parlé déjà {t. I", p. 285 et 333), n déchu de sou ancienne position territoriale. Ce n'est plus qu'un de l,200âme8,du cantondeMortagne (Vendée). Ce chef-iieu d'un 1 pagua nommé Tefalgia a des chartes de 1098, où l'on voit ■9 seigneurs étaient de la maison de Thouars à laquelle leurs idants firent hommage-lige jusqu'au et y compris le xvc' siècle. ! temps on voit par les ruines imposantes du château que la se forteresse était en partie élevée avec ses hautes tours et ses ïpais d'où se découvrent une magnifique vallée et des campad'une charmante fertilité. Les xiv" et xv" siècles ont aussi leurs traces en certaine partie du vaste édifice qui parle : aux visiteurs de sa célèbre légende de la Barbe-Bleue, nent Gilles de Retz, qui possédait ce beau domaine au commeut du xv" siècle. Il devait cette seigneurie à une Marguerite ouars qui la lui apporta en mariage. — Quand vinrent les \s de religion, TiSauges, dont la position était si favorable à ;fensc, fut également enviée des royalistes et des ligueurs qui ièrent tour à tour. Ce furent les catholiques qui lui firent le e mal en l'iaceudiant vers la dernière moitié du xvi' siècle afin

d'empêcher les huguenots de la reprendre. Ajoutez à ces faits ceux des révoltes armées contre la royauté sous Louis XIII, et les -violences des armées républicaines de 1793, et vous aurez l'histoire de cette ruine complète dont le pays devait souffrir là surtout où la résistance des héroïques paysans s'était montrée si ferme et si hardie. — L'église Saint-Nicolas se trouve à Tiffauges faire face au château, sur le côté opposé de la route qui les sépare. Ce fut un prieuré de Saint-Jouin dont l'abbaye nommait le curé. Ce monument de style ogival ne date que d'une vingtaine d'années environ , et a remplacé une vieille église qui, à en juger par l'architecture du chœur, avait pu être construite en même temps que le château, c'est-à-dire au xi' siècle, et peut-être un peu plus tard, car l'abside, par ses sculptures et ses modillons, semble ne remonter qu'au xii®.

Note 36

Vendrennes, Vendrium en 1135. Vers ce temps il est mention d'une cure de Vendrennes qui plus tard devint un des bénéfices auxquels nomma l'évêque de Luçon, depuis l'érection de l'évêché en 1317, et qui était probablement d'abord dépendant de l'évêque de Poitiers. Le lieu lui-môme de Varennes parait avoir une origine peu reculée, car ce nom moderne, qu'on pourrait écrire Garinna, indiquerait très vraisemblablement une réunion plus ou moins étendue de garennes ou petits bois au milieu desquels auront été construites une villa et une église. Mais ce devait être de plus ancienne date que la première et sans doute l'unique charte de 1135 que nous venons de citer. Cette année est celle de la fondation du prieuré de BoiS'Goyer, pour lequel un certain Rainier, habitant de Mouchamps, emprunta au monastère de Fontevrault des moines qui y étaient encore au nombre de six vers le milieu du xvi® siècle. Ce prieuré, situé dans la paroisse de Vendrennes, était sur la limite de celle de Mouchamps, entre le village de la Bonnière et le château du Parc. Cet établissement fut confirmé alors par le seigneur de Pareds , dont' Rainier, comme habitant de Mouchamps, était le vassal. — Vendrennes , vers 1850 , voyait tomber en ruines sa vieille église qui fut remplacée par une nouvelle, de belle apparence. La commune est du canton des Herbiers, et renferme une population qui approche de 1,000 âmes.

Note 37

Aigrefeuille , bourg de 1,500 âmes, dans l'arrondissement de Nantes, chef-lieu de canton de la Loire-Inférieure , s'élève à mi-côte au-dessus de la vallée de la Maine, sur la route de la Rochelle à Nantes, dont il n'est éloigné que de 10 kilomètres.

notes do livre x Note 38

ipreau, chef-lieu de canton de l'arrondiBBement de Cholel s~et-Loire), a de 3 à 4,000 habitants. Son église de Saintest du xt° siècle. — L'autre paroisse, Notre-Dame, & élé truite, et consacrée en 1863, en style du xiv* siècle.

Note 39

ers, Vierium, chef-lieu de canton de Maine-et-Loire (1,700 — Curieux par un mélange intéressant de souvenirs celliques restes du moyen fige.

Note 40

bé d'Ansion était alors un Alarïc dont il est parlé dans le

ehristiana , ub. sup. , charte de Guillaume VIII , doc

laine, qui régna de 1068 à 1086 (t. II, col. 1725). — La Haye,

•igine des Poitecina, p. 30, à la fin des Annales de Bouchel.

Note 41

sbeau, Mirabelium, formait alors un chef-lieu de pagus. Ce lus qu'un chef-Keu de canton de 2 à 3,000 âmes. Cette petite lUx rues étroites et tortueuses, conserve avec une partie de irs et de ses anciennes tours un aspect antique et militaire qui bien encore avec ce que l'histoire rapporte de ses assauts et te vie chevaleresque et toute guerrière que le moyen ôge iepuis les origines de la féodalité jusqu'à la fin du xvi' siècle. verrons Mirebeau, qui secondait encore ses défenses par de eux souterrains-refuges, traces des plus reculées de son aucien- Lppartenir tour & tour, par suite des guerres seigneuriales, more d'Aquitaine, à Richard Coeur-de-Lion, à Jean-Sans-

Aprës ces noms viennent dans les annales de la capitale da liais, ceux de Condë et de Coligny qui s'en emparent; puis i IV à qui elle se soumît, et de Richelieu qui la posséda el nolir son vieux donjon du x° siècle pour qu'il ne devint n refuge aux protestants, toujours remuants jusqu'après le le la Rochelle qui les soumit enfin en 1628. C'est là, un aperçu .1 et très rapide des événements qui se dérouleront en leur

dans cette histoire et dont Mirebeau sera le the&tre ioté-

rice de Blazon, évéque de Poitiers, fonda en 1200 l'églis! aie de Notre-Dame. Bientôt après on y vit naître le prieuré d i iVndré, puis l'aumônerie de Saint-Jean-l'Evangéliste. Leti

irent en 1225 ; cinq paroisses y furent établies, dont SDservëes en 1803, Notre-Dame et Saint-André, loyen du Chapitre de Notre-Dame était archiprétre ui ôlait compriB dans l'archidiaconé de Poitiers. A ûècle, le sBigneur châtelain eut le titre de baron : levait du ch&teaa de Saumur après l'adjonction du \.njou que nous verrons s'opérer vers le xi* siècle.

•iatiana, t. II, Eeelea. Pietav., n'a sur ce point que s incertaines. Il place saint Martin le quatrième dans is : en réalité, il serait certainement le cinquième, Jouin fut le premier. Mais il y a là évidemment, lin jusqu'à saint Martin, plusieurs lacunes dues à la lents historiques. (V. noti-e Histoire de saint Martin 12 et suiv.)

Note 43

bistoriens qui ont traité de cette époque, nous ne ùel qui ait bl&mé Childebert de l'initiative de cette irai, on s'accorde à le regarder comme suffisamment «prendre par les justes craintes que la régence de irait faire naître sur sa prochaine conduite envers . Bourgogne.

Note 44

iutres le nomment Droissy ou Trouey; Mézerai, 1 latin Truceia, Truceiago, que M. Alfred Jacobs, pkie de Grégoire de Tours, p. 231, indique de façon I trouver. — C'est bien aujourd'hui Droisy, à 4 ou id-Est de SoissoDS (Aisne), chef-lieu de commune de habitants. — ' Aimoin, lib. Ill, c. lxxxi, raconte au et ne parle pas du lieu où elle se donna.

Note 45

Martyr., c.xiAïi. — "Ex Hist. Frane.,\\\}. I. c. xxx.— reot des contradictions évidentes. Hauteserre, Sérum : dit que Grégoire avait pris son erreur dans une je saint Saturnin qui le faisait venir en Gaule sous le t. Il ne parle pas même de Pharamond, dont on n'ose existence soit iabuleuse. V. Vie de saint Grégoire

I Tours, par M. l'abbé Dupuy, in-S", p. 551. — Oq s'étonne avec isOQ que ce dernier écrivain n'ait rien dit dans soa livre, d'ailleurs ïs intéressant, de la controverse agitée depuie vingt-cinq ans sur tte question. II craignait sans doute de ressusciter cette discussion isoupie, qui, dans le diocèse de Tours, avait été trop chaudement itretenue par des savants de grande valeur, mais dont les convicms sont plus respectables que motivées. Et en fait ces scropaies Eiuteur privent l'histoire de détails qu'elle réclame et qu'il ne udrait pas lui soustraire.

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