LIVRE XI
MORT DE ChILDEBERT I^"", ROI d'AqUITAINE ET TRASIE, jusqu'au RÈGNE DE ClOTAIRE II
ES deux fils que Childebert avait eus de sa ^.Jo^ femme Failheube, Tatné, Théodebert, était âgé *<'»*'' de neuf ans : l'autre n'en avait que huit. D'après le testament du feu roi, le premier eut l'Austrasie et le second la Bourgogne. Et aire II régnait depuis douze ans sur ce qu'on rance,dont il était le dixième roi, trois royaumes d'exister, trois rois de grandir dans les langes e tutelle qui ne pouvait être qu'orageuse , se gérait par deux femmes toujours rivales itre en habileté, en haine et en ambition. Nous lous occuper ici, comme Poitevins, que de i princes qui devint le maître de l'Aquitaine îéquent du Poitou. Mais cette proximité de imitrophes, dont les régentes ne pouvaient se Dlère, et dont les grands ne se gouvernaient que par le sentiment de leur orgueil et de leurs lit amener prochainement de graves dissentions, labitait Paris, Théodebert II se fixait tantôt à tôt à Metz, et Thierry II à Chàlons-sur-Saône.
tait comme trois points de vue où chacun d'eux ne nquerait pas de s'observer et d'où la guerre pourrait gir à la fois et porter de nouvelles désolations sur toute lurface du pays des Francs.
îuelque peu que le Poitou se prête aux événements itiques dont nous avons maintenant à parler, nous ne ivons oublier pourtant qu'ils auront pour principaux ;igateurs Théodebert II, qui a l'Aquitaine dans son itage, et sa mère Brunehaut qui exerce la régence, el réalité régne sous son nom. Ce sont donc deux souveis dont les actes ne peuvent nous rester indifférents, et t il faut que nous suivions les multiples apparitions sur icéne d'un monde où nous devons rester avec eux. hildebert, avant de mourir, avait commis une faute qui it avoir de fatales conséquences, et qu'il se serait évité consultant plus la raison que le sentiment. A la Bour- ;ne, laissée aux mains de Thierry, il avait imprudemment ité une portion de la Champagne et de l'Alsace, lesquelles ]ue-là avaient naturellement appartenu à l'Austrasie t elles étaient des parties intégrantes. Le prétexte de e faveur était que le petit roi de Bourgogne ayant été 'é dans son palais de Marleim , maison royale devenue village de même nom à quelques lieues de Strasbourg, populations du pays s'y étaient attachées et désiraient 'e sous son sceptre. Ce n'était pas moins semer un me de discorde entre les deux jeunes frères Théodebert Thierry. On devine comment les deux régentes ne iquèrent pas de le fomenter. Frédégonde, à peine en session de guider son fils Clotaire et délivrée des losltions qui l'avaient retenue depuis si longtemps, ûlut de reprendre Paris avec les villes importantes des ds de la Seine qui avaient appartenu à Childebert. Elle mit donc à la tête d'une nombreuse armée , emmenant c elle son jeune fils, selon la coutume franque, suivie pareil cas, de ne jamais séparer le roi des troupes qu'il it censé commander toujours (i). Son dessein était de sti
retourner vers PAustrasie pour y reprendre en Champagne et en Alsace ce que le testament du roi défunt aurait dû suffisamment assurer à Théodebert. BrUnehaut, qui épiait assez sa belle-sœur pour n'avoir jamais à se tromper, ne s'aveuglait pas sur ses intentions. Toujours aussi prompte qu'audacieuse, elle disposa tout pour s'opposer à ces projets, poussa ses troupes vers Paris et y marcha elle-même avec ses petits-enfants. A cette nouvelle Landry, le général favorisé de Frédégonde, vint au-devant d'eux en toute hâte. Deux rencontres eurent lieu, l'une à un endroit nommé Thcodeben défiu à alors Latofao. placé, dit-on, près, de Laon, et qu'on ne connaît plus certainement (2) ; l'autre à Dormeil, entre Sens et Auxerre. Dans la première, ce fut Frédégonde qui l'emporta après une action des plus sanglantes. Mais ce devait être sa dernière victoire ; car dans la seconde Brunehaut reprit sa revanche et se fît céder par Clotaire la plus grande partie de ses Etats. Ces alternatives, en réalité, finirent mal pour Frédégonde. Cette femme qui s'était faite dans l'histoire le type le plus accompli de tous les vices unis à ce qu'une avide ambition pouvait inspirer de passions déréglées et de crimes affreux; cette reine qui, épouse et mère, ne recula jamais ni devant l'adultère, ni devant l'assassinat, ne régna trente ans, sous le nom de son mari ou de son fils, que pour sacrifier à ses vues tous ceux dont elle crut la perte nécessaire à sa grandeur ou à sa sûreté («), se vit mourir à cinquante-cinq ans d'une mort qu'elle ne Monde Frédégonde. devait pas attendre, tranquille en apparence dans un milieu ÎKï/w^ief**'*'' qui était encore celui de sa grandeur terrestre, respectée des courtisans qu'elle avait dominés de toute la hauteur de son génie et de sa redoutable perversité; mais non sans remords, puisque son âme, en quelques circonstances où Dieu semblait l'avoir punie, s'était trouvée accessible à la crainte des jugements éternels. N'avait-elle pas à répondre, en effet, outre les crimes qui l'avaient fait détester, des
(a) Daniel, ad k. ann. ^
mépris qu'elle avait toujours montré des saintes règles de l'Eglise, de la vénalité qu'elle y avait donnée aux charges s plus élevées, et de ct-tte exécrable série de forfaits qui, irés l'avoir placée sur le trône par l'artifice et la débauche, f avait maintenu par l'abus inouï d'une autorité sans nitcs et d'un bonheur sans interruption ? C'était donc une 3 ces inexplicables destinées d'ici-bas où la gloire de iccés prolongés, le despotisme de la force morale et Snergie du crime toujours heureux peuvent abuser les iules ignorantes et prolonger leurs illusions. Mais ces randeurs, rarement soutenues jusqu'au bout, finissent par încontrer deux jugements qui les écrasent. Celui de Dieu ni ne se fait pas attendre, et celui de la postérité qui Dmmence au jour de la mort, et fait honnir à jamais ces lustrations honteuses que l'honneur répudie et que la sligion n'avait jamais pu que maudire et condamner. Brunehaut, qui devait être moins heureuse dans sa fin, le it une fois de plus quand elle apprit celle d'une rivale étestée qui avait mérité dans sa jeunesse l'éloge des gens e bien pour ses vertus et sa piété. Elle n'avait pu se 'ouver qu'au grand détriment de ces précieux avantages n contact avec les plus contagieux exemples des grands ui l'entouraient. Elle avait eu à subir, comme gouvernante >e ses enfants, les contradictions et les haines de sa belleœur qui avait dû aussi influencer en elle le développement le tous les mauvais instincts. L'antagonisme de cette furie [ui s'aida toujours [des ruses perfides, des cruautés froides, t des jouissances vindicatives d'un cœur perdu dans le lévergondage et dans le sang, paraissait autoriser pour ette ardente nature méridionale tout ce qu'un retour qui ui semblait juste peut inspirer de récriminations violentes it d'abandon aux plus honteux excès des mœurs.
Voilà pourquoi, l'histoire sous les yeux, et en comparant a reine d'Austrasie à sa rivale de l'Ouest on ne sait aquelie détester plus que l'autre. Cruelle dans ses vengeances mais plus avare encore que Frédégonde qui s'était
fait tant d'énormes trésors avec les sueurs de ses peuples Brunehaut faisait les siens en pillant les familles dont elli tuait les chefs pour s'attribuer leur héritage sous les forme! légales de la confiscation. Le duc de Champagne Wintrion qui l'avait si courageusement servie à Droisy, était imraen sèment riche : elle le fit tuer sur un rapport de Frédégondf et s'attribua toute sa fortune. Le même sort fut fait ai patrice Agila par la même raison (a).
Au milieu de ces outrages à la justice, comment explique: le zèle que montra Brunehaut à seconder les efforts di pape saint Grégoire le Grand pour la conversion d( l'Angleterre? comment comprendre sa religieuse condes cendance à entrer dans les vues de ce pontife contre le; abus introduits dans le clergé par la collation anticanoniqui des évêchés et aulre-s bénéfices ? On a plusieurs lettres d ce pape à Brunehaut et à ses petits-fils dans lesquelles i s'élève contre la simonie ^ l'impudicité des clercs, I schisme qui tendait à s'immiscer parmi eux dans l'affairi des Trois Chapitres (3), et l'exhorte à convoquer ui concile national qui rétablisse les règles violées en chose de si haute importance w. Dans ces relations entre 'la plu haute puissance spirituelle qui fût sur la terre et ce majestés toutes puissantes qui commandaient aux popula tions tremblantes sous le joug de tant de lois de fer, on ni peut s'étonner assez de cette sollicitude pastorale qu pourvoit â tout, sait les abus et en ménage les réformes insiste sur les devoirs de chacun pour tout ramener i l'ordre chrétien méconnu ou méprisé. Et comment ne pa; admirer aussi ce concours dévoué d'une âme si pei chrétienne, en qui la foi se ranime à l'instant même où ell< doit ser\ir les intérêts de Dieu et la religion des peuples ' Enfin, qui croirait que cette docilité féminine alla jusqu'i s' 'ccuper des succès de la prédication catholique sur ces
t) Fredegar., Chronie., ad b. ana. et ad ano. 600 et 60S. ■) S. Cregor., papiB, Epù(. 106, lil). IX.
malheureuses populations rurales ensevelies encore en beaucoup de campagnes dans les ténèbres du paganisme? Ce même pape nous apprend qu^en quelques lieux de la Neustrie et sans doute aussi du Poitou les superstitions de ridolâtrie avaient résisté aux prédications de tant d'apôtres dont le zèle, il est vrai, avait dû se ralentir forcément pendant les guerres civiles, et qu'on y sacrifiait toujours aux idoles tout en fréquentant les églises, qu'on y honorait les arbres et les fontaines et qu'on y faisait des offrandes sacrilèges de têtes d'animaux (4). Brunehaut se donna à tous ces soins, peut-être par ce besoin secret que ressentent les âmes égarées en beaucoup de maux, de dédommager leur conscience par des œuvres d'éclat qui semblent les réconcilier avec le Ciel. Elle protégea donc toutes les démarches du pape pour la mission de saint Augustin chez les Anglo-Saxons. Elle adjoignit à ces missionnaires des prêtres de ses Etats pour les accompagner outre-mer ; elle donna ses soins à un concile qui se tint sûrement sans que l'histoire nous en ait laissé de traces ; de sorte que le grand pape put dire que la reine avait contribué beaucoup à la conversion de l'Angleterre, et la féUciter de son ardeur à procurer le salut de ses sujets (a).
Toutefois il est croyable que le saint pontife , qui voyait en elle des preuves de ce bon vouloir religieux, ignorait les douloureux contrastes de sa conduite publique et privée. Les nouvellistes, dans ce -temps, étaient rares; les communications difficiles; les calomnies, comme toujours, fort communes ; et, à distance, on ne pouvait guère bien juger de ce qu'on ne voyait pas. Ainsi s'expliquent les éloges, d'ailleurs mérités, donnés par les papes à des gens qui avaient leurs bons côtés et qui par là n'en étaient pas moins avertis plus ou moins directement des vertus dont ils ne pouvaient être dispensés.
A peine maîtresse du pouvoir, qu'elle ne partageait plu ,
(a) Bedœ, Hist. ecdes. angl, lib. I, c. xxv.
Brunehaut en profita pour rétablir la paix dans les d royaumes de ses petits-fils. Sa prudence les débarrs sans coup férir d'une invasion des Huns, qui voula pénétrer à travers la Thuringe sur le territoire des jeu rois. Elle les en éloigna à force d'argent.
Mais un tel succès ne changeait rien aux dispositi qu'elle avait créés autour d'elle ; sa conduite, d'ailleurs, si ouvertement scandaleuse, ses immoralités si dégoutan l'abus de son pouvoir absolu si excessif, qu'elle fit déboi enfin les colères, jusque-là contenues, des courtisan; ses petits-fils. Le meurtre de Wintrion, surtout avec qu'avait d'odieux le prétexte de son supplice, sou' contre elle l'indignation des seigneurs austrasiens, conspirèrent pour s'en délivrer, et persuadèrent à son qu'elle usurpait ses droits et qu'il devait secouer ce j importun. Théodebert n'avait que quatorze ans, mais facultés développées par sa mère même, qui l'avait 1 déjà à la débauche pour le dominer plus complètement avait fait perdre le sentiment de l'obéissance, et il éc les conseils de ses courtisans jusqu'à consentir à l'exi celte ennemie commune. Ils la tirèrent donc par forci palais, ils la menèrent jusque sur les frontières d Bourgogne, et l'y abandonnèrent dans un très méc équipage, non loin d'Arcis-sur-Aube (5). Un seigneui ses parents, nommé Didier, et qui avait su le complot trouva là déguisé en mendiant et la conduisit par chemins détournés jusqu'à Chàlons-sur-Saône , où Tlii l'accueillit, sinon mieux que ne le devait un petit-fils moins beaucoup moins mal qu'une telle aïeule ne le mérita
Nous verrons que plus tard elle ne devait oublier n telles injures ni des bienfaits si opportuns, car outr vengeance qu'elle chercha plusieurs fois avec succès ce rhierry et les siens, elle donna deux ou trois ans apr Didier l'évêché d'Auxerre, que saint Annachaire lai;
(a) Fredegar., Ckronu., ano. 599.
vacant par sa mort. Quelque douteuse que semble d'abord une vocation acquise en de telles circonstances , il paraît que le choix de la reine ne s'égarait pas alors, puisque le nouvel évêque devint un saint , honoré le 27 octobre dans son église qu'il gouverna une dizaine d'années («;.
évêqw^de PoitfeMr' ^^ y ^^^^^ ^®P* ans, que Platon, le vertueux ami et l'élève
fidèle de saint Grégoire de Tours, gouvernait le diocèse de Poitiers et partageait avec le comte de la province les soins administratifs de sa ville ëpiscopale (6). On ne sait rien ni de cette double administration ni des détails de sa vie personnelle. Nous avons vu Fortunat' chanter son avènement, en remercier saint Grégoire, et faire des vœux pour les rois qui avaient contribué à son élévation (*). Les persécutions qu'il avait souffertes de Leudaste, la foi inébranlable dont il avait fait preuve au milieu de ces amènes contradictions, durent le faire aimer d'un peuple qu'il édifia par sa douceur autant que Marovée l'avait chagriné par ses bizarres emportements. Au reste, son épiscopat fut aussi moins troublé, et relativement tranquille, le Poitou ayant vu cesser, pendant cette période de repos durement acheté, les commotions violentes des jours précédents. Platon avait joui des derniers temps du saint évêque de Tours, de l'amitié de saint Fortunat, et par conséquent des doux entretiens des pieuses filles de Sainte-Croix, pour qui la paix était aussi revenue. Il dut voir et seconder tians leur monastère l'abbatiat de Justine, et de Didymie, qui la suivit. Celle-ci ne disparut que vers 607, et après eUe la liste des abbesses se perd, aussi bien que l'histoire de l'abbaye, dans les obscurités qui les couvrent jusqu'au commencement du ix® siècle (O.
sDc?^'.-xxv-E!èi Fortunat, le vingt-cinquième dans la liste de nos évêques,
fut le successeur immédiat de Platon, quoi qu'en ait dit une
(a) V. Labbe, Bibl. nova manmc, t. I.
(b) Miscellan.j lib. X, c. xvm.
(c) M. de Fleury, Hist. de sainte Radégonde, p. 364.
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E HII
critique peu éclairée (7). Honoré à Poitiers du clergi peuple, ami de l'évêque défunt dont il était archidia saint homme était âgé de soixante-dix ans ta) et i mauvaise santé quand il assuma cette charge qu'il guère accepter que sur les instances de ses amis, e être parce que Platon, selon un usage louable de ce l'avait recommandé au choix de ceux qui devaient 1' à la bienveillance du roi Théodebert. C'était pour évêque un moyen très approuvable de se ménager \ cesseur selon le cœur de Dieu et les besoins de son c C'en était un aussi de prémunir leur Eglise con prétentions des princes en faveur de courtisans
On a de Fortunat plusieurs lettres écrites à se; soit en vers, soit en phrases, où il se plaint des in de son grand âge. Très assidu aux devoirs de sa ] ecclésiastique, partout cependant il ressentait le be s'éloigner des troubles du monde et des affaires. . quittait Poitiers pour quelques jours, allait à la can sans doute dans l'un des prieurés que posséd environs sa chère abbaye de Sainte-Croix, et là il ce sa correspondance et d'autres écrits (*), peut-être mettait-il en ordre le recueil de ses poésies , s recommandation que lui en avait faite plus d'une I saint ami Grégoire de Tours (e). Devenu évêque songea plus qu'à sacrifier ses derniers jours au dont Dieu le chargeait, lui donnant l'exemple d' innocente et pieuse dans la pratique des vertus aui dans le zèle qu'il témoigna pour la sanctification i C'est dans ce but qu'il exposa en diverses I VOraison dominicale et le Symbole de saint Athar de graves auteurs lui attribuent comme formulé d'
(a) Lachi, Vit. Fortun., c. xc.
[b) Mitcet., lib. VIII, c. xvi.
(e) V. Vie de S. Grégoire, par H. l'abbé Dupuy, p. I6t el suir.
théologie du saint évèque d'Alexandrie, nous sont restés ca).
iBCHiiiad» snr La Nous ïiB savons combien d'années sa
durMile soiieiliicapat.
le siège de Poitiers. Sa fête, qu'on y a 14 décembre, indique assez que ce y mort. L'année nous échappe quoique i lui assignent l'an 604 dont ils ne donr Ce fut dans la basilique de Sainl-Hîl dépouille mortelle soit parce que plusi cesseurs y reposaient déjà, ce qui sei l'usage en était adopté ; soit peut-êti dignitaire, comriie on le voit souvent personnages constitués en dignité dans diocèse. Ce qui est certain, c'est que s aussitôt après sa mort. Les plus an diocèse l'invoquaient parmi nos saints et Charles le Chauve récitait une pri saint Fortunat était conjuré de prie] tombeau resta longtemps dans l'églis vers le chevet, où les derniers vestiges se conservaient encore au milieu du xv des populations aussi bien que des pi HiiioirciicEoncpiie pfières des étrangers, ^'e^s la Hn du vi Paul Warnefride, passant à Poitiers h l'abbé Aper, une épitaphe où il le lo de son esprit, la douceur de son éloqu ses nombreux poèmes. Il le remerciait le récit do la vie de beaucoup de s; France de cette pierre précieuse qui feux une époque d'obscurités. En pari tombeau, ajoutait le poète, il avait tenu
ia) Cf. Higne, Patrolog. tat., t. LX.\\VIII, p. 583
(b) Baluzc, in append. ad Capilul. reg. Franc, i 11, col. 1 151. — Du Saussay, Marlyrol. galtic, cal.
(c) Ureux do Radier afiirme l'y avoir vu. Bibtioth
;E GÉNÉRALIi DU POITOU (v. 599) 259
ur lui-même de IVidcr prés de Dieu de se&
mérites (8).
de saint Fortunat furent conservées de
al dans une chîlssc d'argent qu'on portail
de saint Hilaire. En 15G2, les huguenots ise chargèrent cette châsse sur un charrioi ut entassé bien d'autres. Deux hommes a porter. Elle était citée comme récemmen ritaire de 1549. Avec le beau reliquaire les irofanées et périrent aussi bien que celles et de saint Fridolin, que le zèle pieux c labiletés des clianoines avaient pu jusquc-Ii criléges qui les avaient souvent mcnacéesca)
littéraire de saint Forlunat a été faiti irce qu'en fait de jugement il est plui passer do solidité et de réflexion que di
légèreté et l'impertinence. Les latiniste:
sortent pas de Virgile et d'Ovide, n'on irfalte connaissance de ceâ derniers effort: itine dut faire à l'époque de Chilpéric, oi plus de guerroyer que d'écrire, où le:
lient à peine lire, aimaient mieux admire irs et les vers passables que d'en faire oi n'est pas moins vrai qu'il fallait le génii en produire un si grand nombre, don .'es bons, se trouver toujours prêt pour tan 5 variées, et donner â ses descriptions 1 r retrouve si souvent. En ces onze livre i, fort bien tournés en général, voudrait-oi intràt dans la forme aucun de ces défaut depuis plus d'un siècle la décadence de 1 aissemeiits de la littérature romaine? Faut-:
un poète de premier ordre pour plaire . lisonnablos, et quand nous jugeons u:
Ant. de VQuest, XV, 320. — D. FoDteDcaa, XII, 291
ivain, ne faut-il pas éclairer notre goût et notre jugement la connaissance de son époque et l'esprit habituel de ses temporains? La poésie qui a certainement besoin d'un tme à part, mesuré et cadencé pour i'orsille, n'est-elle cependant par elle-même, indépendante de l'expression le trouve-t-on pas dans noire auteur beaucoup de pièces rmantes de diction et d'harmonie, ou quelques mots ne ment nous choquer que parce que c'était les défauts de siècle? C'est de la sorte qu'il faut se prononcer sur lunat. Comme à Grégoire de Tours, sur lequel il l'emte infiniment comme écrivain, il faut lui reconnaître une Bonnalité de haute valeur, et un rang très distingué mi les littérateurs des premières années du moyen âge Wn des grands services que Fortunat a rendus à notre ise de Poitiers est d'avoir écrit son livre de la Vie de la ite reine Hadégonde. Son assiduité à Sainte-Croix, où it témoin de cette vie admirable, les miracles que la ite opéra sous ses yeux faisait de lui un écrivain futable. Aussi ce livre est fourni d'intéressants dét^s nous eussent manqué sans un écrivain de cette valeur, mieux que personne il pouvait apprécier ses vertus et grâces extraordinaires qui les lui méritèrent du ciel, idonivie, dont nous parlerons, ajouta à ce livre un )nd travail où elle se plut à raconter ce qui lui avait été nu de la sainte, et qui avait dû échapper à Fortunat. otre saint fut remplacé immédiatement sur le siège de tiers par Carégisile, homme de race franque, dont le 1 seul apparaît dans nos vieilles listes sans aucuns lils qui s'y rattachent. Si son illustre prédécesseur le nut et le désigna au choix de son Eglise, cette désl- ,tion ne peut que faire son éloge, et c'est une consolation r l'histoire, privée de tout souvenir à son égard, ers le même temps, et par conséquent sous le cour icopat de Fortunat, ou sous celui de Carégisile, disparu
I V. D. Rivel, Bist. littêr., 111, i83 et suit. — Dupiu, Biblioth. eecUt
rOIRE GÉNÉRALE DU POITOU (V. 599) 261
I autre saint que nous avons vu déjà s'employer bien de l'Eglise de Poitiers dans ses jours les iux. Nous voulons parler de saint Porchaire, qui été longtemps abbé de Saint-Hilairft, s'était charge sur la fin de sa vie laborieuse et tout autres. L'âge le pressait de songer à la mort, méditer en silence ses années éternelles. En nceinte occidentale de Poitiers, et non loin du re depuis huit cents ans l'église paroissiale qui n, existait alors une chapelle dédiée au Sauveur, îlait du bois sacré, parce qu'on y vénérait un la sainte croix. Cette relique n'était-elle pas ivait apportée sainte Loubette, deux cents s auparavant, ou bien était-ce un souvenir des lient reçus de Porchaire les filles de sainte
Nous l'ignorons. Toujours est-il que là il !r ses derniers jours et il y fut tout aussi 3 la sollicitude absolue qu'il l'avait été avec ses existence angélique se prolongea jusque vers siècle qu'il fut appelé dans le sein de Dieu par 3ine de paix et de douceur. Sa dépouille resta cette chapelle sous les auspices de Platon ou
Mais cette vie humble et pénitente avait eu
la gloire qu'elle avait reniée aux yeux des I fréquents miracles attestaient la sainteté du s ; les fidèles accouraient en plus grand nombre
pour se recommander aux faveurs du saint aient comme un autre protecteur de la cité. Il ontenter cette dévotion populaire et lui donner lus vaste, ce fut l'origine de l'église de Saintont nous ignorons la première date, mais qui truire peu de temps après la mort du saint, ehors des murs de Poitiers, elle subit le sort
p2tr les invasions normandes du ix® siècle aux inte-Radégonde et de Saint-Germain. Cependant lastère s'était formé sur le lieu même, sous la
direction du Chapitre de Saiiit-Hilaire, e de solitaires y vivaient saintement. ] GuillaunieVlII (Guy-Geoffroy) donna ce n de Bourgueil, dont il devint un prieun blement l'occasion de la reconstruction bâtisse déjà vieille avait dû souffrir de ce alors sous de belles formes romanes, des diverses expéditions des Anglais ] xrv* siècles, lorsqu'elle fut reconstruite Les hordes protestantes, qui dévasti xvi^ siècle, se firent un sacrilège honn reliques de toutes nos églises. Alors le Rogier de Migné (11), et les autres maf ville, voulurent, par une juste prévisioi devait subir la malheureuse ville, sou de l'ennemi public le dépôt vénéré de I 1558 ils firent murer le tombeau du s; caveau sous le grand autel, et il y dem qu'on s'en souvenait à peine lorsqu'il fu Les plus considérables des précieux oss{ le 26 mai, par Gilbert de Clérembault, dans une châsse d'argent, et les moi dans leur ancienne sépulture pour y s ment la dévotion des fidèles. Mais le i évité une fois ne put être coojuré en d' l'Eglise. Les révolutionnaires de 1792 i et imitateurs des' calvinistes par la poussait à la dépouille des autels. A] nouveau qui ne tremblaient pas de profai d'une réforme insensée, les objets sac de la veille, ils s'emparèrent de la ( jetèrent à qui les voulut les restes contenait. Dans ce désordre lamentable fut recueillie secrètement par des mains d Elle fut confiée alors aux pieuses filles celles-ci, fidèles gardiennes du trésor
TOIRE GÉNÉRALE DU POITOU (v. 599) 263
défirent après le retour du calme en faveur do
ssiale, où il est encore vénéré <'••>.
ise de notre diocèse de Poitiers doit reporter • oriBjM a» ii pj-
' rolsM de Saint-Vtreiit
^ers les premières années du vii^ siècle. C'est int-Varent (12|, petite localité placée entre ^irvault, au bord du Thouet. En 598 mourut le , à-Cavaillon (13), dont il était évoque, le saint »n nom à cet endroit, parce que sans doute on reliques , pour lesquelles fut bâtie la première siaie. En effet, il avait dû partager en Poitou
que s'étaient attirée les évoques venus en 590 mcile de Poitiers, à l'occasion des troubles de . Saint Varent était né dans le Gévaudan, avait rdoce à Mende, et, s'étant retiré à Cavaillon îhapelle de la Sainte-Vierge qu'il y avait fait l'ait dans la sainteté, quand il fut choisi pour ,'évêque Prétextât. Son épiscospat fut signalé p de guérisons miraculeuses qu'il opérait par a croix. II fut un des évêques délégués par le
II pour informer sur l'assassinat de saint Rouen. Plus tard il devint le parrain du prince de Childebert II, et qui fut en 596 roi d'Orléans )gne.
le 11 novembre, il fut enterré dans sa chapelleme d'où le pape Innocent IV, qui se trouvait à 245, fit transporter ses reliques à Jargeau (14), ition fut l'occasion do grandes fêtes, ■ et ce
de là que ses reliques auraient été portées en imoins il est très possible que son culte y ait Lussttôt après sa mort, sur le bruit de ses
cette année étant si près de celle où tant de mt connu à Poitiers <*i .
I des saints de l'Eglisê de Poitiers, p. 167 el suiï.
)u Sanssaj, au 11 Doverabrc, et noire Histoire de saint Martin
ghnug ds 3Û-Croii,
Une autre raison milite pour cette dernii le jour où son culte est célébré en Poitou Si Ton y eût reçu, en effet, ses reliques i est probable qu'on eût plutôt fait son de leur translation, qui avait plus de ' contrée. Nous croyons donc qu'on a commi dès les premières années qui suivirent sa
Le nom de Varent est, en latin, Verai et ne doit pas être pris pour celui de saint \ confesseur, dont la fête est le 23 février, e à Gennes, bourg de Maine-et-Loire, dar était consacrée. Dufour les a confondus i
Il faut placer peu de temps après la r et certainement sous Tépiscopat de son i gisile, la mort d'une religieuse de Sainte notre souvenir par les vertus de sa vie zélé filial qu'elle mit à compléter sur sain données historiques laissées par son pr Nous avons vu que saint Fortunat, toi à la mémoire de son illustre amie, avaii sainte Radégonde. Cet opuscule, qui n'i chapitres assez courts, dut être fait à la hî très occupé de multiples affaires et se ■ l'essentiel dans la crainte de ne pouv( œuvre de longue haleine. Il sembla à B qu'elle savait en plus ne devait pas i composa donc une sorte de second livre regardé comme la suite inséparable du pi çoit bientôt à le lire que ce travail est trèi de son devancier. Les meilleurs critiqi trouver dans ce monument littéraire du v justesse d'appréciation, tant de candeur e1 ce qui ne brillait pas, on le sait, dans époque (■>). Baudonivie n'a pas cru nécessa
(a) V. D. Riïet, HW. mér., 1. 111. p. 491.
HISTOIRE GÉNÉRALE Dtl POITOU
les miracles de sa sainte mère, dont elle en avait vu coup, mais que saint Fortunat n'avait pas omis de rac C'est au reste une grosse erreur de l'avoir inscrite les abbesses de Sainte-Croix. Elle ne le fut jamais, e qui l'avancent n'en peuvent donner aucune preuve, no que la date de sa mort, qu'on reporterait à l'année ' Ce qui est certain, c'est qu'elle vécut sous le gouvern de l'abbesse Didymie, à qui son livre fut dédié (16).
Nous ne perdons pas de vue que notre Aquitair toujours partie du royaume d'Austrasie quoiqu'elle séparée par ceux de Neustrie et de Bourgogne. C'est quoi nous continuons ici de rapporter des événemeni sans intéresser le Poitou proprement dit, mettent en le souverain que la bizarrerie des événements lui donné. Théodebert II, encouragé par Thierry que po sa détestable aïeule, se laissa aveugler encore ji s'unir à lui pour attaquer Clolaire II toujours posst d'Auxerre, de Sens et de Melun, qu'il avait prises ï précédente sur ses deux cousias. Ceux-ci le défirent une sanglante bataille livrée à Dormeille, dans le Sen reprirent sur les bords de la Seine toutes les villes i diquées par eux, et s'emparèrent de Chartres qui fut à la fureur et à l'avidité de leurs soldats. Un traité r( le vaincu à l'impuissance de nouveaux mouve militaires, le territoire de son royaume de Soissons été diminué de plus des trois quarts (»). Ces événer qui se passèrent aux mois de janvier et de février, i fin au vr*' siècle sans éteindre dans les jeunes conqui l'ardeur guerrière que leur mauvais génie s'efforçait toi de raviver,
Brunehaut semblerait pourtant, si on la connaissait r être restée étrangère à l'idée que Théodebert conçi après d'intéresser dans une guerre commune avt l'empereur d'Orient dont les frontières étaient se
(a) L'abbé de Longcbamps, Tableau kàtor. det gens de lettret, t. III, (6) Fréd^aire. c. XX. - Aimoin, c. LXXXVII.
inquiétées par les Abares ou Avares, qui ravageaient les bords du Danube et menaçaient jusqu'à Constantinople. Ces peuples indomptables se ressentaient toujours de leur origine barbare. C'étaient les mêmes que ces Huns qui avaient attaqué l'empire romain au temps de Justinien 1% vers 557, et à qui il avait fallu céder la Pannonie (aujourd'hui l'Autriche), d'où ils ne cessaient de tenter des incursions dans la France orientale. Contre ces dangereux voisins, Théodebert aurait donc voulu faire alliance avec l'empereur Maurice, afin de protéger plus efficacement ses sujets dans la partie de la Germanie qui lui était soumise. Mais à Constantinople on ne goûta pas la proposition. Le roi d'Austrasie tourna alors d'un autre côté son humeur remuante ; et là encore on se persuaderait difficilement que Brunehaut, qu'aucune apparence n'accuse pourtant dans l'histoire, n'eût pas cherché à fomenter une nouvelle guerre à défaut de celle qui venait d'avorter. Si l'on considère en effet qu'elle gouvernait en réalité la Neustrie par l'activité de son ambition, et l'Austrasie par les relations secrètes qu'elle y entretenait ; en songeant aussi que Théodebert et Thierry n'avaient guère que treize à quatorze ans, ce qui lui donnait sur eux une toute-puissante influence, on ne peut attribuer qu'à elle cette fougue militaire dont ses neveux eussent été certainement incapables. La guerre lui était d'ailleurs un moyen d'élever ses favoris aux premières charges des camps. Par là elle les entourait d'un éclat qui lui assurait d'autant plus leur ' reconnaissance et leur dévouement, de ve'rtou'**'**^"" Cctto auuéc 601, dout nous ignorons les autres événements,
fut remarquable par la mort de saint Martin de Vertou. Nous l'avons vu plusieurs fois s'adonnant à une vie active pleine de fruits, aussi bien que de sève et de vigueur. Ses deux monastères de Vertou et d'Ansion, fatiguaient son corps par de fréquentes courses ; ceux de Saint-George? restaient l'objet continuel de sa vigilance et de ses soins mais le moment approchait où Dieu allait lui donner 1î
couronne précieuse des serviteurs fidèles et laborieux. En 596, il eut, disent ses biographes, une révélation que sa mort approchait, et il redoubla d'attention sur lui-même et d'empressement à la sanctification de ses enfants : cependant quatre ou cinq ans se passèrent encore dans les exercices de la ferveur habituelle, mais enfin tout allait finir pour lui de ces fatigues et des préoccupations de son apostolat* terrestre. Un jour qu'il s'était dirigé seul vers Saint-Georges, il se reposa un peu après une marche pénible, en un endroit écarté où le sommeil s'empara de lui. Pendant qu'il durait, un ange lui apparut, et, lui ordonnant de retourner dans son monastère, l'avertit que sa mort n'était pas éloignée, et qu'il devait s'y attendre. Les frères, inspirés eux-mêmes d'aller à sa rencontre, le trouvèrent non loin de son église où il entra à leur suite : il les recommanda au suprême Pasteur, et leur annonça le sacrifice que Dieu allait leur imposer. Puis, fixant son bâton pastoral au milieu du cloître où il les conduisit ensuite, il les exhorta à le laisser en ce lieu comme un signe de sa sollicitude passée et en souvenir de ses enseignements ; après quoi il retourna à Saint-Georges pour y faire sa dernière visite de père et de supérieur. A peine était-il parti que la crosse plantée par lui reprenait son ancienne végétation ; elle devenait un if touffu et vigoureux dont les branches eurent le don, perpétué jusqu'aux derniers temps de l'abbaye, de guérir de la fièvre les malades qui y eurent confiance («)(17). Mais pendant qu'à Vertou on admirait cette nouvelle preuve des complaisances de Dieu sur son serviteur, à Saint- Georges, le saint était frappé d'une pleurésie que son âge de soixante-quatorze ans ne lui permit pas de supporter longtemps. Il expira doucement au milieu de ses frères le 24 octobre, qui est le jour où sa fête se célébrera Vertou, à Saint-Georges et à Ansion, aujourd'hui Saint-Jouin-de- Marnes (18).
(n) BoUand. 24 octobre, p. 813. — Mabillon avait vu cet arbre, et atteste de piel respect tout le pays rentoorait encore de son temps.
Quand il fallut songer aux funérailles, les religieux de Vertou et Saint-Georges se disputèrent les saintes dépouilles, comme avaient fait à Candes les Poitevins et les Tourangeaux pour saint Martin de Tours, lorsqu'il y mourut en 397. Comme à Candes aussi, la vigilance des uns fut trompée , et le corps emporté par les autres à Vertou. Pendant le trajet, un • paralytique et un aveugle furent guéris par le seul attouchement du cercueil , et les historiens rapportent , d'après les traditions du pays, que ceux de Durinum ayant poursuivi les ravisseurs jusqu'à la Sèvre où ils allaient les atteindre, les moines de Vertou se jetèrent à genoux sur l'autre rivage, implorant le ciel pour le succès de leurs espérances, et que la rivière s'étant séparée à l'instant, le pieux cortège put la traverser et la voir reprendre son cours aussitôt qu'il s'était trouvé hors d'atteinte. Ce triomphe fut regardé par les Durinois eux-mêmes comme une visible intervention de la Providence, et le lieu où le prodige s'était opéré était encore connu au ix« siècle sous le nom di attardé, qui consacra, dans le latin du temps , le souvenir d'un fait qui ne devait plus s'oublier. Ce lieu devint plus tard un prieuré du monastère. Les reliques du saint reposèrent dans la première des églises qu'il avait construites. On les confia à un cercueil de pierre qui fut encastré dans le pavé de la nef, et y demeura jusqu'aux profanations successives des Normands du x« siècle , des huguenots du x vi®, et des pillages non moins impies des Français civilisés de 93. Revenons à nos- débats du monde politique. Débite des GtKons ' A peiuc Ics dcux rois d' Austrasie et de N eustrie s'étaient-ils
msoàçuX le Uidi de ^
l'AqBiuiiM. reposés de leur expédition contre Clotaire II, qu'ils partirent
ensemble pour aller attaquer les Gascons , peuple d'origine espagnole, qui déjà, en 586, étaient descendus des Pyrénées dans les plaines de l'Aquitaine inférieure. Ils défirent ces voisins trop entreprenants en plusieurs rencontres, leur imposèrent des tributs sous un chef nommé Génialis, et remireT t sous leur domination les Cantabres, qui avaient autrefo s secoué le joug de la France, et qu'on força de nouveau à c i
lourdes contributions (a>. Cette fois du moins s'était faite dans les véritables intérêts de l'Aqui
C'est peut-être en 603 que se tint le conci demandé cinq ans auparavant par le pape saii le Grand. On n'en sait pas précisément la date que les matières qui y furent traitées. Quoi qu'il voit que l'année suivante Brunehaut, qui abui autorité à la cour de Thierry, comme elle avait en flt réunir un à Châlons-sur-Saône l'année su ménagea par ses intrigues la déposition et Vei Didier, évêque de Vienne, qui lui avait déplu ei ses désordres avec une liberté toute sacerd profita aussi du crédit qu'elle avait acquis en contre le saint abbé saint Colomban, qui voulai Thierry de ses concubines par un mariage lé contraire aux intérêts de cette mauvaise mère.
Pour le malheur de TAustrasie , Brunehaut r pas à ces intrigues. Elle conservait une haine moi le roi Théodebert, qui ne l'avait pas protégée con ses sujets qui l'avaient chassée de son territo d'ailleurs du mariage que ce prince avait con son aveu avec Blichilde, femme belle et vertueu basse extraction, elle ne perdit aucune occas venger. Elle eut entre autres le cruel plais entreprendre au roi de Bourgogne contre C guerre à laquelle elle eut l'adresse perfide d'asf d'Austrasie. En même temps l'horrible femm calomnier elle-même, fit accroire à Thierry que n'était pas son frère, mais le fils d'un jardinier elle aurait eu un commerce criminel. A l'aide d'i mensonge, elle persuada au roi de Bourgogne c sur celui d'Austrasie le royaume dont la posses elle, était pour Théodebert aussi peu légiti naissance. Thierry adopta sans examen cet
(a) Frëdégaire, c. xxxiil.
HESTOIRI-: GÉNÉRALE nU POITOU (604)
'invraisemblable, et aussitôt il déclara la guerre à •e
ces cruels fratricides répugnaient aux leudes des rinces. Ils résolurent de s'y opposer, et n'ayant jêcher la prise d'armes et la marche des deux qui devaient bientôt se rencontrer, ils se réunirent trier d'accommodement. Protade, maire du palais, îigneur gaulois et l'un des amants de Brunehaut à 1 avait fait confier le commandement des troupes mnes, n'y voulut rien entendre, ayant trop à cœur )nder les haines de sa maîtresse. Alors ceux de s'attroupèrent, et, pénétrant dans sa tente, le niassa-
en dépit d'une défense désespérée. Il avait été
pendant une partie d'échecs qu'il jouait avec le ' médecin du roi w.
vers ce temps que commence â se montrer avec jortance qui ne fit qu'augmenter jusqu'à son entière ice une institution dont le rôle menaçait déjà d'être la race mérovingienne. Nous voulons parler des
du palais dont il est temps de retracer l'action e, notre attention devant s'y arrêter maintes fois. 3 sait pas certainement l'origine de cette dignité qui
avec la première charge militaire le droit d'admi- )n générale de la maison du roi (*), on ne voit iprême magistrature dans aucun de nos historiens 5 règnes de Clovis et de ses enfants, mais quand il
parlé dans Grégoire de Tours, dans Frédégaire, ujours comme des dignitaires déjà établis depuis ips. Contenus d'abord dans les limites d'une autorité rne, ils durent se maintenir sous la main vigoureuse
premiers monarques dans une dépendance conve- Mais leur position prêtait trop au favoritisme et nuait trop dans les détails du gouvernement pour
Jégnire, c. xxvi et suiv.
litler palalii ou major domas regia.
qu'ils n'arrivassent pas peu à peu à se faire de nombreux partisans et à capter d'autant plus la condescendance du souverain. Que ne fût-ce pas, à plus forte raison, quand ils se virent à la tête des affaires sous de jeunes princes incapables de* rien faire par eux-mêmes et gouvernés par des reines-mères comme Frédégonde et Brunehaut? Le triomphe de ces ambitions monta à son comble lorsque peu après la France se trouva, par l'avènement simultané de trois enfants en bas âge, livrés aux vicissitudes que nous avons vues. Sous cette triple minorité trois maires prirent à la fois une autorité absolue, secondée encore par les complaisances peu honnêtes des reines qui gouvernaient au nom de leurs petits-fils. On les avait vus, dit un historien (a), soutenus tantôt par les grands pour borner le despotisme des rois, tantôt par les rois pour réprimer les entreprises des grands.
Leur indépendance de la couronne s'exalta d'autant plus dès qu'ils furent parvenus à se faire élire par le concours des grands et du peuple. Ce fut alors, et vers l'époque où nous sommes, que les deux reines Frédégonde et Brunehaut, et ensuite cette dernière toute seule, gouvernant les trois royaumes abandonnés à des enfants par la mort de Childebert, voulurent s'appuyer sur des serviteurs intelligents et dévoués dont l'intérêt se trouvât dans le maintien de leur autorité, et qui hésitassent d'autant moins à prendre ce rôle qu'ils s'y feraient un moyen de succès par la réussite de leurs honteuses complaisances. Chaque royaume eut donc son maire du palais : Landry en Neustrie, Berthoalo en Austrasie, et en Bourgogne ce même Protade dont nous venons de parler, puis le Romain Claudius qui lui succéda. L'âge des petits princes qui so partagent alors dans la France un pouvoir nominatif les plaçait nécessairement sous la tutelle des maires : ceux-ci furent plus rois que leurs pupilles â qui ils avaient soin toutefois de laisser
(a) Anquelil» Histoire de France, ad ann. 602.
tout le prestige de la royauté. C'est pourquoi ils s'en faisaient accompagner dans toutes les guerres qui s'entreprenaient sous leur nom et devinrent d'autant plus funestes à quelques-uns. Les reines mêmes, durant la vie de leurs époux , eurent aussi teurs maires pour leur tnaison particulière, et ceux dont l'histoire raconte les actes sous le gouvernement de Frédégonde et de Brunehaut furent bien plus les leurs que ceux des prétendus rois qu'elles gouvernaient (a). Au reste, comme il fallait toujours aux rois un officier qui se chargeât de la direction et de la surveillance immédiate et continuelle des affaires de leurs palais, il y eut toujours auprès d'eux quelqu'un revêtu de ces mêmes fonctions. D'abord élus par le choix du prince, ils se rendirent plus tard inamovibles à la faveur des événements dont ils profitaient ; ils en vinrent «à transmettre cette dignité â leurs enfants, et quand les abus dont ils se rendaient coupables engagèrent des rois plus énergiques à les supprimer, il fallut encore les remplacer pour des fonctions analogues par d'autres magistrats qui furent décorés du titre de grand-maître, de surintendant ou de sénéchal, dont la charge ne fut plus seulement de commander aux armées, mais d'avoir la haute main et la direction supérieure sur une ou plusieurs branches de l'administration gouvernementale.
Nous pouvons une fois de plus opposer au spectacle affligeant de toutes les intrigues les vues plus saines d'un personnage autrement illustre et dont la vie était une leçon d'une bien autre portée.
Il y avait depuis longtemps sur les arriére-confins du Poitou et de la Bretagne, à deux ou trois lieues au Sud de la Loire, un lac devenu célèbre par le souvenir d'une catastrophe dont nous avons parlé en racontant la mission si mal accueillie de saint Martin de Vertouw. Ses eauc
(a) Cf. Favin, Traité des premiers Officiers de la Couronne, — Morer , Dict. — Dueajige, Gloss, latin.
(b) Supra^ 1. 1, p. U2.
une assez vaste étendue, et sur leurs bords onstruites des habitations. Le pays environnant rvé son nom ancien, on l'appelait encore le rbaugesi"), et il était toujours gouverné par des relevaient des ducs de Bretagne. C'est d'une e, Serenus, l'un de ses seigneurs, et de sa ^^cmu pouse Amance, que naquit vers 584 un enfant "**■ illustrer sous le nom d'un des plus grands saints !e mérovingienne. Au baptême il reçut le nom Ipris dès son enfance de la sainte envie d'imiter 'êtes qui habitaient déjà les rochers des fies jTéalisa à vingt ans le projet qu'il avait formé r aussi une solitude, et se retira, sans faire personne, dans une petite lie nommée alors Ola, travers beaucoup de prononciations variées par est devenue l'Ile-d'Yeu, ou l'Ile-Dieu. Cette Ile
été Â cette époque la même que celle du Pilier, cher posé à une petite distance au Nord de la trionale de l'Ile de Her ou Hero, nommée depuis r. L'oratoire que le jeune homme s'y fit fut sans rme d'une église et l'origine d'une communauté .ccrue, mais qui se trouva bientôt trop isolée de ressources de la vie ; ce qui engagea en 1205 neur de la Gamacbe (19), à transférer les moines de leur existence sur les côtes voisines (20). va quelques pauvres cabanes de pêcheurs qu'il car c'est ainsi qu'il faut quelquefois expliquer is légendaires qui font exterminer par le signe ou dans les plis d'une étole d'énormes serpents, contrée abordée par le pauvre solitaire. Ce zèle i l'empêcha pas de se livrer au soin de sa propre îrâce à l'étude des saintes règles et aux austères
pratiqua. Mais cette paix ne lui fut pas de îe ; son père découvrit sa retraite après un an
frbatilwtu.
de recherches les plus actives, et s'efforça de l'en arracher. Amand, pour se soustraire à ces tendres importunités, qu'il repoussa avec l'énergie d'une vocation inébranlable, se réfugia d'abord à Tours, sur le tombeau de saint Martin, où il reçut les Ordres mineurs des mains de l'évéque Luparius, puis à Bourges, où le saint évéque Austré^sile lui fit bâtir une cellule et un oratoire qu'il habita quinze ans dans les pratiques austères de la vie anachorétique : il n'avait pour tout aliment que du pain d'orge et de l'eau pure qu'il ne prenait encore chaque jour qu'en petite quantité et fort tard. Nous le retrouverons vers 628 formé, par cette vie pleine de renoncement et d'études sérieuses, à l'apostolat que la Providence lui destinait (i).
Le roi d'Austrasie Théodebert II n'était pas à beaucoup près un modèle de loyauté dans ses conventions , de modération dans le gouvernement de ses vastes Etats, ni de prudence dans ses entreprises guerrières, conduites avec autant de fougue et d'irréflexions qu'il en avait mis à les concevoir. Sa vie, tout occupée d'expéditions injustes, de perfidies, d'attaques et de défenses, se passa en une succession de troubles soit dans ses rapports violents avec les rois de France et de Bourgogne, soit dans sa propre famille où le poignard le délivra d'une femme hautaine pour lui en donner une autre qui ne valut pas mieux. A travers ces événements d'un intérêt très secondaire pour le Poitou, qui n'en fut pas le théâtre, notre roi d'Austrasie et d'Aquitaine arriva à la catastrophe qui devait terminer sa vie. En 612 son frère Thierry, avec lequel il s'était longtemps disputé l'Alsace, lui déclara la guerre. Les armées se rencontrent dans les plaines de Toul, où les Austrasiens sont écrasés. Bientôt après, Théodebert, que la perte de cette bataille avait forcé de fuir au-delà du Rhin , lève une autre année avec laquelle il vint camper à Tolbiac, déjà célèbre par lu victoire de Clovis en 496. Un affreux carnage s'y fit de part
(a) BaudemoDt, Vita S. Amandi, apud Bolland., 3 npril.
et d'autre dans une actian qui dura pendant p heures sans rien décider , mais qui enfin força Thi à lâcher pied. Le vainqueur le poursuivit jusqu'à ( s'y arrêta pour piller les trésors du vaincu, et fit c sa poursuite par un de ses officiers, qui atteignit Thi et le ramena à son frère. Celui-ci le dépouilla ornements royaux, et l'envoya à Châlons-sur-Si Brunehaut, toujours avide de vengeance, lui fit co cheveux et le tua quelques jours après à l'âge de v: ans (1).
Des versions diverses ont été données par les h sur cette mort prématurée, mais trop méritée par crimes, et qui mit fin au second royaume d'A Nous avons suivi le récit de Frédégaire, contempo événements w, les autres s'en éloignent de plus d'i et d'ailleurs s'accordent peu sur les détails contradictoires w. Ce qui parait plus certain , c'es qu'aura eue Brunehaut au massacre des trois er Théodebert, que Thierry redoutait comme com capables de revendiquer bientôt la succession père, et sur le sort desquels il pourrait s'en ra[ ce mauvais cœur si capable de seconder sa cruaul temps-là, le côté le plus important d'une telle défa pas la disparition de quelques princes dont le r beaucoup moins connu que celui de leurs tuteur surtout que l'Aquitaine et par conséquent le Poitou t( aux mains d'un nouveau maître, Thierry II, réunis: sa main au royaume de Bourgogne celui d'Austra; TAquitaine était devenue une des plus florissantes
Théodebert ne laissa qu'un nom deshonoré par sions violentes qu'avaient fomentées son ambition mentaient les incessantes contradictions d'un frère n
(a) Fréd^aire, Chron., c. xxviii.
<6) Frédégaire moarot en 658.
(c] Getta Francorum, d'Aimoins, qui les a souvent copiés.
ambitieux, d'un cousin dont les vices dépassaient encore la faiblesse, et d'un frère dont la haine triompha enfin de sa perfidie et de sa mauvaise foi. Ce caractère si opposé aux influences du christianisme s'explique très bien par ie mélange des deux races qui s'était fait depuis la conquête des Barbares. La race gauloise, alliée aux Romains et Fondue avec les éléments plus doux venus de la péninsule italique, se trouvait en contradiction radicale avec les Farouches conquérants qui, du Nord, avaient apporté dans la Gaule leurs mœurs indomptables et l'irrésistible force de leurs habitudes natives. Le christianisme, qui était parvenu à leur donner des idées nouvelles, était trop opposé à leurs passions désordonnées pour leur imposer toujours des vertus difficiles. Nous avons vu les Evêques et les Conciles i l'œuvre dans cette opposition véhémente, mais aussi des volontés de fer leur répondre par l'oubli des saintes régies DU la persécution des saints. Les nouveaux tyrans dont lous venons d'étudier la vie n'avaient pas mieux trîùté saint Colomban, le célèbre abbé de Luxeuil, ni s^nt Didier, .'illustre évéque de Vienne. Qu'eût-ce été si pendant que de els personnages cédaient par l'exil ou la mort à des ï engeances orgueilleuses, mille autres, sincrés dans les Tiêmes principes et prêts à subir les mêmes épreuves, l'avaient pas préparé la même résistance, dans le silence les cloîtres ou sur les sièges épiscopaux f Nous avons dû, plus d'une fois déjà, constater ces difficultés faites à la 'eligion dans l'éducation des peuples devenus sa conquête. Sous voyons encore combien persistent ces obstacles à .'adoucissement des coutumes franques, et il faudra les subir encore, jusqu'à l'anéantissement, devant une race nouvelle, de cette lignée septentrionale aussi rude à la :our que dans les camps.
Les derniers malheurs de Théodebert et de la famille, disparue avec lui, rendirent Thierry maître de ses Etals. Mais il n'en devait pas profiter longtemps. Comme son Frère, il fut arrêté au milieu de sa course, qu'il avait souilltei
de révoltantes débauches, et sans être regretté ine l'entouraient que pour honnir ses injustices . Aussi quand il était sur le point d'en veniiec Clotaire II. qui lui disputait avec raison de 3lts sur les terres de son royaume ; quand ait peut-être avoir à se défejidre contre :nt de tous ses Etats, son antagoniste était à Metz, d'où il comptait tomber sur les provinces qu'une dyssenterie subite termina ses jours, s qu'il laissa, dont pas un ne lui était venu t légitime, Brunehaut s'empressa de faire igebert, qui était l'atné, et n'avait que dix
nouveau moyen de maintenir sous les appa- „^g"'',^i^[^''' tutelle le pouvoir personnel de cette bisaïeule ^ p™ '<*^'*' i. Mais sa prévoyance échoua contre l'activité ir de Clotaire. Après s'être emparé de la il pénétrait en Austrasie : Brunehaut l'y )ied ferme pour tenir tête à l'orage , et par un lestiné à éloigner son ennemi de ses propres ittira dans les plaines de Châlons-sur-Marne, ce même du roi de Paris. Cette conduite habile, Pésence des petits princes, aurait pu animer ! ses troupes et lui donner l'espérance fondée i succès. Mais Dieu avait des desseins bien sur ce champ de bataille, où personne ne tre, on entendit tout à coup sonner la retraite e charger l'ennemi. C'était une trahison ourdie caire , maire du palais d' Austrasie, et Radon , lis de Bourgogne. Ces deux seigneurs, gagnés étaient convenus de lui livrer, de concert avec irons (2i), le territoire disputé, de faire périr •inces, et de le délivrer en même temps de jente dont la tyrannie leur était devenue insup- ; soldats de la reine, dont les chefs avaient gnés, se débandèrent à ce signal. Comme
HISTOmE GÉNÉRALE DU POITOU (613)
les suivait en bon ordre jusqu'en Austrasie, où it, retirée à Metz, s'efforçait de soulever contre lui Etions de ce royaume et celles de la Bourgogne,
ranger de son parti le plus grand nombre des i soumis à cette princesse. Celle-ci, de son côté,
des atteintes de son neveu qu'elle savait décidé à r d'elle. Il fut trop secondé en cela par les grands 1 par les évêques des deux royaumes qu'elle . à s'assurer. Tant de motifs lui avaient aliéné its ! C'est pourquoi se voyant' cernée par de ses embûches, convaincue qu'elle ne pouvait plus personne ; ayant d'ailleurs contre elle, parmi ces es déclarés, les deux maires dont elle avait voulu
contre Clotaire, et qu'elle avait résolu de faire ar mieux assurer le secret de ses trames, elle •f& à voir le danger qui la menaçait. Elle songeait asile en asile jusqu'au delà du mont Jura. Meus e fuite on parvint à la séparer de ses enfants qui is et menés au camp de Clotaire. Elle-même ne i à être arrêtée à Orne (22), petite ville située entre t le lac de Genève (23).
tits princes, le premier, nommé Childebert, et que ms vu couronné par Brunehaut roi d' Austrasie,
par les conjurés, et comme en n'entendit jam^ j lui, on peut croire qu'il se sera caché dans monastère où l'intérêt de sa propre vie l'aura i demeurer toujours ignoré. Clotaire fit tuer le ;ebert , qui , en qualité de fils de Thierry , pouvait ir bientôt un nouveau rival ; le troisième enfant, jorbus, subit le même sort, ir n'y eut d'épargcé 3Vôe , le plus jeune : il ne dut son salut qu'au d'avoir excité la compassion du meurtrier de ses nt il était le filleul. Il fut recommandé à un comte a secrètement en Neuslrie, où il se maintint assez s dans une condition obscure. Quelques historiens nt pas en cela la tradition la plus reçue : itf-
6 Mérovée fut massacré avec ses frères. C'est le nous suivons encore ici(<i).
unehaut, rien dans les malheurs d'une femme i égaler le triste sort qui lui était réservé. On ^ Clotaire, qui s^était arrêté dans le château mava, situé sur une petite rivière qui se jette ne (M). Elle tombait ainsi aux mains d'un ongtemps courroucé et que le souvenir de sa tnde animait à une plus cruelle vengeance. Il as à ce mauvais sentiment. Après lui avoir lort de tant de rois de sa propre famille, les lie y avait suscitées, les guerres que son ïolitique avait fomentées ou entreprises, iU itre elle une sentence capitale, osant entrer idres détails d'un supplice jusque-là inouï, et ï par l'horrible peur de ces épouvantables e femme de quatre-vingts ans qui lui tenait de 3S liens du sang et de la famille. Ce fut sur e les soldats auxquels elle fut abandonnée la 1 faisant d'elle le triste objet de leurs insultes et s. Après l'avoir promenée à plusieurs reprises attachée sur un chameau, poursuivie et flétrie langlants outrages, on l'attacha enfin par un bras et par les cheveux, à la queue d'un pté qui la traîna à travers les ronces et les lit son corps en lambeaux. Ses misérables livrés au feu, tout sanglants encore, par la secondée d'une populace toujours prête à rt de pareilles exécutions. Pitoyable exemple de lurs que la Providence impose souvent à l'abus sans frein, et des bonnes qualités qui eussent lyées au sage gouvernement des peuples ! rable fin semblait due en effet à une femme j„ ble ambition , à travers tant d'iniquités révol- '*'
tantes, était allée jusqu'à corrompre ses enfants pour régner plus sûrement en leur nom. N'était-ce pas elle qui, craignant de partager sa puissance avec une autre reine, avait persuadé à Thierry de s'en tenir à d'ignobles concubines de préférence à la fille d'un roi d'Espagne qu'une politique plus chrétienne lui conseillait d'épouser? Cette vie de meurtres, de trahisons et d'iniquités ne se signala guère que par des crimes dont le souvenir ne peut être effacé par quelques-unes de ces belles qualités toujours plus faciles dans les grands, mais qui ne font ressortir qu'avec plus d'éclat les affreux contrastes de leurs excès. Aussi, à l'exception de quelques rares historiens qui ont cherché à la réhabiliter (â), de certains autres qui ont, sans assez de preuves, traité d'exagérations les sanglants reproches que lui ont faits tous les siècles, on a honni partout, et toujours où s'est rencontré le nom de cette femme, l'odieux caractère de ses principes et de ses mœurs. Tant de mauvaises actions ne sont pas rachetées par ses magnificences princières, par son courage et son habileté dans le gquvernement, pas même dans les grands travaux d'art qu'on lui attribue , et qui aurait doté la Gaule Belgique de splendides églises et de voies ou chaussées qui retieiment encore son nom. A côté de ces grandes œuvres, sa mémoire se rattachera toujours aux tristes fléaux d'un règne agité par des passions qui firent le malheur de ses provinces, et le Poitou, souvent engagé par ses intrigues en des agitations malheureuses, lui dut en grande partie les troubles et les guerres dont, il eut tant à souffrir.
quï^^tttaMitt^ Nous lui avons reproché d'avoir mieux aimé pour ses leté da mariage. eufauts dcs coucubines que des femmes légitimes. Il faut
d'autant mieux s'expliquer sur ces licences des siècles dont nous parlons, qu'elles sont peu comprises et méritent cependant qu'on s'en fasse une juste idée. Ce terme de concubine se prenait quelquefois pour
(a) Cordemoy^ Histoire de Fraiice, t. H. — Mariana, Hièi, Hispan., lib. V c. X.
marquer une femme légitime à qui Ton donnait la f( mariage sans ta doter, sans lui accorder le nom qualité d^épouse, et dont les enfants n'étaient pas aâr rhôritage du père (a). D'après la loi romaine (»), l'époux, ce cas, devait déclarer en prenant une personne libre q\ ne jouirait dans la maison d'aucuns privilèges ni p gatîves civiles propres aux personnes : s'il prenait esclave, il n'était pas obligé d'en faire la déclaratic justice ; m^s aussi il lui arrivait souvent de la che pour une autre, parce que cette condition, pour la fei n'était pas celle d'une épouse légale et véritable.
L'Eglise n'a jamais souffert que les chrétiens m eussent des concubines, ce qui aurait autorisé la polygi contrairement à la sainteté des liens conjugaux étaW Dieu même (c). 11 n'y eut véritablement de sa part qi indispensable tolérance à l'égard des Barbares qui av apporté leurs usages d'au-delà du Rhin, et prétend les garder en faveur de leurs passions, même pendi cours d'une union légitime. Pour les rois, dans la m; desquels cet abus se soutint jusqu'à la lin de la prei race, les évéques n'épargnèrent ni les réprimandes, i reproches sévères : on l'a vu par saint Médard et par d'autres. Les papes sui-tout, avec une autorité plus é et plus générale, se prononcèrent toujours seloa 1 évangélîque, et plusieurs fois leurs excommunica atteignirent les plus puissants princes aveuglés pi désordre de leurs passions. Mais le titre de reine n jamais donné par les rois Mérovingiens qu'à des femmt premier ordre ; les autres, avec lesquelles ils vivaient un véritable adultère, n'avaient aucun titre légal, su quand elles sortaient des rangs infimes et qu'elle; devaient leur position qu'à une beauté qui faisait
(a) Heman., Bittor. ConcU., t. II.
(b) Justin.. Novel., XVIII, c. s. ■ {c) Cime. Tout., c. XVII.
; mérite. On ne doit donc pas oublier que tout ge contracté avec une autre femme, quand on possédait me concubine ou femme légitime du second ordre, ondamné par l'Eglise comme libertinage proprement
que la véritable concubine dans le sens que nous ns aujourd'hui à ce mot, était ceUe qui survenait nt la durée d'un premier mariage béni par l'Eglise ntracté dans les conditions dont elle entoure le nent.
)ns aussi qu'à travers certaines obscurités de l'histoire ;ru voir quelquefois des concubines possédées simulent par le même prince, quoique en réalité ce fussent names légitimement épousées, mais successivement, et it aucun des caractères qui constituent l'adultère pendanl lion chrétiennement contractée. Ainsi tous les historiens X regardent comme autant de femmes religieusement ées les unes après la mort des autres, celles qu'on lie à Charlemagne, et dont on sait les noms, mais dont 1 pas assez distingué les noces selon leurs époques sntes. C'est le sentiment de Fleury, auquel on peut ■apporter quand son jugement n'est pas faussé par i'stèrae d'idées appelées si longtemps gallicanes [■>>. ces événements résulta pour Clotaire II, qui régnait > vingt-huit ans sur la Neustrie, une extension de ir qui, du consentement unanime des seigneurs de ;ogne et d'Austrasie, le fit régner sur toute la France, 1 devint ainsi l'unique roi. Mais ces leudes ou barons ■ent, en lui assurant cette foyauté, que la Bourgogne ustrasie conserveraient chacune sous sa domination e de royaume, et auraient chacune leur maire parti- . C'était s'assurer un appui et un point de ralliement conserver leur indépendance si plus tard Clotaire ait vouloir y attenter. Ce maire fut pour l'Austrasie,
conséquent pour le Poitou, le comte Radon, qui étal
ùt. Eeckt., Ub. XLVl.
maire du palais de Bourgogne, et avait été l'un d principaux conspirateurs contre la vie de Brunehaut celle de sa famille. Comme ses complices créés à ce occasion maires de Neustrie et de Bourgogne, il c cette charge à vie, et ce fut une des plus grandes faut politiques du nouveau roi de France, car en revêts ses ofRciers d'une magistrature inamovible, il ne s'a percevait pas qu^il en fusait, avec leur puissance di si étendue, autant de rivaux de sa propre autorité, qui pouvaiçnt un jour trouver parmi eux un homme capal de renverser sa dynastie et de lui subtituer sur le trô une famille dont les intérêts feraient oublier les sier De cette inamovibilité, en effet, il n'y avait pas loin un titre héréditaire, et les maires, en se l'attribua bientôt, profitèrent de l'aveuglement des peuples qui I soutinrent dans leurs entreprises contre les rois, suscitant des changements radicaux, source de boulevt sements dont ils devaient souffrir eux-mêmes plus d'u fatale conséquence. Jusque-là les Mérovingiens avaie régné seuls : quelques violences qu'ils eussent pratiqué à l'égard des grands et des peuples, selon que leur politiq les y avait poussés, toujours est-il que ceux-ci n'avaient subir qu'une espèce de tyrannie. Ce fut bien autre cbo quand une véritable aristocratie fut créée auprès des ro destinée à les surveiller, aussi bien qu'à maîtriser 1 masses et à exercer plus que jamais sur elles une pressii continue et des exactions spoliatrices que le prince devait même pas contrôler. C'était précisément ce côté < pouvoir des maires qui rendait leur charge si importan' Surintendants de la maison royeile, ils veillaient p^^• c£ même à la levée et à la collecte des impôts. C'était doi réformer toute l'administration des finances au profit d fTands que recevoir d'eux un nouveau système de fon lionnement monétaire, qui devait aggraver les charg fubliques , soulever d'énergiques mécontentements , amener sûrement des révoltes et des trahisons capabl
nier le trône d'abord, et enfla de le renvei-ser. Tels sont iractères que nous observerons comme autant de î qui vont ménager la chute de nos premiers rois. Ce empêchera pas Clotaire II, à qui la forme morale ne la jamais, de réprimer sévèrement Taudace de quelques eux dont les entreprises avaient déjà troublé les mes de ses parents, et le sien même. C'est que ses s qualités maintinrent Tordre en faisant respecter le I : avantages que ses successeurs , bien différents de le surent pas maintenir pour le bien-être de leurs )S et la conservation de leur dynastie.
cs^:pso
} semble avoir 6t6 une interprétation de la loi salique, Bonséquence immédiate de sod application, qui ne >iDS l'action du pouvoir Buprâme aux femmes de i. En effet, dans les circonstances où le pouvoir du ver plus entièrement, comme le commauden^eût des les femmes paraissaient impropres , l'nsage s'était nmencement de la monarchie franque de ne jamais igne sans que les troupes fussent accompagnées du me qu'il fût, étaient censé obéir tous les généraux. toire de ta milice française, 1, 149, in-i", 1721.)
Note 2
lib. IV, c. XII. — Frôdégaire, ibid., nomme ce lieu in, Latopkao. — Geata fancor., p. 142. — VArt de 8, V, p. 395, l'indique entre Laon et Boissons (Aisne), les établissent en effet un village de 200 habitants Laffaux.
Note 3 apitrea. — On appelait ainsi les écrits de Théodore une lettre d'Ibas, évéque d'Edesse, et un traité de « la doctrine catholique de saint Cyrille. Ces Trois iraient le neslorianisme , qui affirmait en Notre-
personnes comme deux natures. Ils avaient été ^I par le Concile gôoëral de Chalcédoîne ; ce qui s que cent cinquante ans après ces opinions réproule avaient encore leurs partisans. — Que serait-ce 'eurs et de tant d'autres, si les Papes et les Conciles maintenu sans interruption depuis dix-neuf siècles que, qui ne brille jamais plus que dans cette perpétuité
doctrine I
Note 4 . IV, 311 et suiv. — Vers le môme temps un Concile 1 en 586 ou environ, s'élevait contre la coutume
de se dègaiser ea cerf, en vache ou autres aDÎmaux le vier de chaque année. C'était nne continuation des salurnalej ea. Le concile de Narbonne, tenu le 1" novembre 589, avait nné la coutume de s'abstenir de travailler le jeudi, consacré ter.
Note 5 s-sur-Aube, Areiaeum ad Albam, château de la Champagne, ortiflé et entouré d'une population considérable qui en faisait !le. C'est aujourd'hui un chef-liou,d'arrondis8emeot de l'Aube, les Nopd de Troyes. — La ville a 3,000 habitants.
Note 6 s prenons ici les dates les mieux autorisées pour donnera sept ans d'épiscopat, de 392 à E>99, et non à 596, comme certaia in se l'est persuadé. Ses calculs, à cet égard, ne reposent, 9 il lui arrive trop fréquemment, que sur des probabilités. Ce qai tain, c'est que le docte Luchi fait mourir Platon en 599, où jnce, dit-il, le gouvernement de Fortunat (Cf. Prol«gom.ad 1. opp. — Migne, PatroL, t. LXXXVIII, col. 47), et qufl du Radier, parlant en plusieurs endroits de ce dernier el de lui-même, leur assigne la même chronologie. (V. du Radier, p. 15 et 128.) — On peut le conclure aussi de ce que dit et {Hièt. littér., t. m, p. 467).
Note 7 lur, Hist. générale, p. 131, qui cherche & ressasser toutes les ises raisons contre l'épiscopat de saint Fortunat.
Note 8 Ingenio clarus, sensu celer, ore suavis, Cujus dulce melos pagina multa canit, Fortunatus apex vatum, venerabilis actu Ausoniâ geai tus, hoc tumulatur humo.
Hujus ab ore sacro sanctorum gesta priorum Discimus : hoc monstrant corpore lucis iter. Félix quœ tantis decoraris, Galliâ, Gemmis Lumine de quarum nox tibi tetra fugit.
Hos modico prompsi plebeio carminé versus Ne tuns in populo, Sancte, lateret honor. Redde vicem misero : ne Judice spemar ab eequo Eximiis meritis posce, Béate, precor.
(Luchi, Vita Fortunati, c. x
NOTES DO LIVRE XI Note 9
V. nos Documents pour l'histoire de saint Porehaire de Poitiers dans notre Seges Pietaoiensis, vol. Poitiers; Paroisses. Nous parlerons en son lieu du Prieuré de saint Porehaire. — Bourgoeil-en-Vallée était une Abbaye de Bénédictins fondée en 990 par Guillaume IV, comte de Poitou, au diocèse d'Angers. C'est maintenant une petite ville chef-lieu de canton d'Indre-et-Loire, et de 3 à 4,000 habitants, k trois lieues au Nord de Chinon, qui en est séparé par la Loire. Boui^ueil est sur l'Anthouin, et figure dans les chartes soua le nom de Burffolium in Vaile.
Note 10
C'est celle que nous voyons encore aujourd'hui avec son style de salle de spectacle, et son défaut absolu d'esthétique chrétienne que la prétendue Renaissance ne connaissait plus.
Note 11
Joachim Rogier de Migné portait ■ d'azur à trois roses d'or, deux en chef, une enpointe. » Il ne faut pas confondre ce nom avec celui des Rogier de Marigny, non plus que des Rogier de Nouzilles, maires antérieurement, et dont les armoiries se rapprochaient beaucoup de celles-ci, sans doute parce que dès l'origine ces diverses branches étaient sorties du même tronc. Quoi qu'il en soit, cette famille de Rogier, qui possède encore d'honorables repréaentantE dans la ville même de Poitiers, s'est divisée en trois branches : d'Irais, de Rothemond et de Belleville, dont les surnoms étaient ceuii d'autant de seigneuries du Poitou dont ils furent tour à tour titulaires. Us sont originaires de la province, où on les voit figurer au xii* siècle. L'un d'eux était en 1293 un des dignitaires de l'église cathédrale ; nn autre, Savin Rogier, parut en 1334 dans le Conseil de la ville de Poitiers. Ils comptèrent dans la suite parmi les hommes du clergé dé la magistrature, de l'échevinage, de la finance, et même dans lea lettres.
Leur noblesse semble remonter au xiv siècle, et fut maintenue dans toutes les revues ordonnées sous les ministères de Colbert, de Barantin et de Maupeou, Leurs titres sont constatés dans les diverses situations qu'en ont établies MM. Beauchet-Filleau et de Cherché dans leur Dictionnaire des familles du Poitou, à qui noua avons emprunté la plupart de ces détails.
Les armoiries des Rogier, citées au commencement de cette note, Il ur furent définitivement attribuées en avril 1635 par lettres-patentes Ai Louia XIII.
Saint-Varent est aujourd'hui un chéf-Heu de caoton dis Deuxvres, arrondtBaemenl de Bressuire. On y compte 1,800 àmea.
Note 13 CavEiilloD, anciennement CabalUo, ville du pays des Cabares, ns la Gaule viennoise, sur la Durance (Durentia), qui part du )nt Genevre, dans les Alpes Cottiennes, et se jette dans le RhAne -dessous d'Avignon. Cavaîllon eut, dès le iv* siècle, un ëvtehi, pprimè en 1790. C'est maintenant un chef-lieu de canton du partemeot de Vaucluse^ peuplé de 7,000 habitants.
Note 14 Gergeau, aujourd'hui Jargeau, Gargogylum, ancienne ville gallomaine, sur la rive droite de la Loire, à quatre lieues Sud-Ouest Orléans. Elle est chef-lieu d'un canton de 2 & 3,000 habitants.
Note 15 Gennes est un chef-lieu de canton de 1,500 âmes, sur la rJTe luche de la Loire, à 11 lieues au Nord-Ouest de Sauainr.
Note 16 Il est vrai, comme nous l'avons fait observer déjà, que Didymie t la dernière abbesse que nous puissions reconnaître aujourd'hui tre les dernières du vi* siècle et Gerberge, qui se trouve placie de 4 à 840. — Baudonivie, à qui sou livre peut faire supposer une ité solide et une éducation élevée, pourrait bien avoir reçu hbatiat après Didymie, et son nom s'être effacé avec tant d'autres. !B lors on devrait l'admettre comme ayant gouverné jusqu'en 607', iis où sont les preuves t
Les naturalistes seraient d'accord avec nous pour avouer la Bsibilité de celte longue existence, par une végétation, non terrompue pendant tant de siècles, de certains végétaux. On nserve encore à Poitiers, dans les jardins de l'ancien évëchë, qui cupa pendant cinquante ans l'emplacement primitif de l'abbaye de linte-Croix, les restes considérables d'un laurier planté par sainte idégonde, et dont les biographes de la sainte reine rapportent que s feuilles employées par des malades les guérirent de la fièvre et autres infirmités. Le bras de Dieu ne se raccourcit jamais, et les
NOTES DO LIVRE XI 28î>
merveilles de sa bonté se perpétuent dans tous les âges oi!i la Tôt tes implore et les obtient.
Note 18 D. Lobîaeau, dans ses Vies des Saints de Bretagne, et quelques entres qui l'ont suivi, prolongent la vie de saint Martin jusqu'à 'anoée 625, et même 630. Mabillon, Bulteau, Baillet et le Prcpre le Nantes indiquent 601 ou 602. — Baronius l'a avancé de plus de :eot ans, le confondant avec un abbé du même nom qui vécut dans la SaiotoDge vers le milieu du v° siècle.
Note 19
La Garnache, Ganaapia, bourg de la Vendée, canton de Challans,
3,000 habitants. C'est une vieille seigneurie dont nous aurons
occasion de reparler, et où l'on voit encore une vieille motte féodale
et des tours ruioées de l'ancien cb&teau féodal.
Note 80 V. Bolland., 7 février. — Cette petite lie d'Yeu forme aujourd'hui sur l'Océan, et à 3 lieiies de la côte, une pauvre paroisse du diocèse de Luçon sous le vocable de saint Sauveur. On a des preuves de l'existence de cette église dés l'au 1053 par des titres de l'abbaye de Saint<Cyprien de Poitiers, à qui elle fut adjugée alors par l'évâque de Poitiers IsembertII, contrairement aux intentions des moioes de Noirmoutier. Elle fut dotée au commencement du XIII* siècle par les seigneurs de la Garnache, pour des moines de Citeaux, et nommée dès lors l'Abbaye blanche, de la couleur de l'habit de ces religieux. — M. l'abbé Briand, eu préférant ici l'tle de Ré, s'éloigne de la véritable géographie, et n'a pas assez songé que saint Arnaud habitant le pays d'Herbauges, devait plus naturellement choisir la petite lia d'Yeu, qui faisait face à ce. pays, que l'Ile de Ré, qui était fort éloignée au Sud, moins facile à atteindre, et d'ailleurs dès lors la plus habitée des lies voisines.
Note 21
Ce mot baronug est ainsi écrit dans quelques éditions de Frédé^ire (Chronie., c. xli), et en d'autres on écrit faronua avec le même sens. Il vient de /ara, qui désigne dans la basse latinité les lignes généalogiques d'une famille noble. Ce serait donc Ae/arones qu'on aurait fait barones. De là sans doute l'expression populaire de/araud, pour exprimer qui fait le fier, qui se donne des airs de baron. Nos exicographes n'admettent pas ce dernier mot : c'est à tort, croyonsions, car il a ici sa véritable étymologie et sa dérivation naturelle.
Note 22
Orne. Les historiens la nomnient tantôt Urba et Orba, tanUt Urbanaeum. C'est aujourd'hui Orbe ou Orbach, petite ville du canton de Vaud (Suiase), au pied du Jura, sur la petite rivière de l'Orbe, qui lui a donna son nom.
Note 23
Le lac de Genève ou lac Léman, Lemanus,eat situé entre 1« cantons suisses do Genève, de Vaud et du Valais, à l'Est de la France, entre le mont Jura et le Rhône, qui le traverse jusqu'à Genève, d'où il s'en échappe pour entrer en France par le département de l'Ain.
Note 24
Cette rivière est connue sous le nom de Vingenne, Elle se |wrd dans la Saône , à peu de distance et au Nord de Ch&lons : son nom semble lui être commun avec la Vienne, Vingenna;eit cette i nauté d'appellation prouve bien qu'il faut chercher leur étyi comme celle de bien d'autres cours d'eau, dans quelque larité commune de leur existence.
""our
U fut aussi un des princes de ce temps qui comprit (lieux comment la religion devait seconder fructueusemenl es efforts du pouvoir temporel pour le bonheur des peuples. 1 y avait longtemps, qu'en dépit de l'Eglise et de ses travaux lar les évêques et les moines, le paganisme, avec ses uperstitions les plus barbares, son polythéisme qui s'entreenait par des sacrifices humains, sa haine du prêtre atholique prêchant une foi si différente et si pure, persistai lans les campagnes surtout; et tel était encore l'attachemenl ,e la populace, et même d'un certain nombre de grands, i es habitudes diaboliques, que les rois eux-mêmes ne pouaient les interdire absolument, et s'y prêtaient quelquefois our ne pas froisser en face les hideuses croyances des iudes dont ils avaient besoin (ah En vain les Conciles et les onstitutions des princes avaient condainné et voulu réprimer es mœurs grossières et ces extravagantes croyances : on persistait, et quand Clotaire II fut devenu le maître de tout 1 territoire et de toutes les provinces que bornaient d'un 5té l'Océan et la Méditerranée, et de l'autre les Alpes, les [uns, la Bohême(l), la Saxe et le pays des Frisons, beaucoup B ceux qui avaient aidé sa conquête n'entrèrent pas en eustrie, et préférèrent se retirer avec leurs dieux et leurs ratiques barbares dans les provinces orientales , sur les Drds de la Meuse (2) et de l'Escaut (3), le plus loin possible n souverain qu'ils voulaient bien pour protecteur et pour lef, mais dont ils redoutaient l'influence religieuse m. Aussi voyons-nous dans ce- temps le christianisme agir 1 Austrasie, bien plus sûrement qu'ailleurs, sous la main 3S évêques et des moines, ceux-ci les secondant plus ctivement que le clergé séculier, trop empreint encore des «perfections de la race franque ; et là, en regard de lœurs plus douces , d'habitudes qui rattachaient plus â la
(a) Grégoire ie Jours, Hist. Franc., lib.\'UÏ,c.\v.—il&biaaa,aclaO. t. S.,