Procope, Guerre des Goihs, lib. II, c. xxv
{b) V. le bel ouTTa^ d'Ozanani, la CiDitùation chrétienne chez k» Fratct,
HISTOIRE GéNÉRALI
vie de famille qu'à celle des Nord surtout n'avaient guère , eus, on est fondé à croire, pai porains , qu'avec la paix la re en plus et régler plus facil chrétienne. En effet , quelc Poitevins en particulier dans !
sairement les jeter les événer conclure du silence gardé à tour à tour, comme les autre:
divers conquérants imposés à aussi , à cette réserve de l'his ne dut se dessiner alors su actuel doit représenter assez
Cette obscurité de notre hi A cette époque par le nom d connu par cela même qu'on disons à quelle occasion il no
Beaucoup de règlements époque pour établir solidemer troublé par tant de secous Clotaire s'en occupa; U voul idées une sanction irrévocal contester. 11 indiqua donc Paris où il résidait : Ce fut le ville (*), et le plus nombreua France. Soixante-neuf évêqut ments qu'ils y firent en pré représentants du souverain, :
discipline ecclésiastique donl comprendre les usages et l'es on peut conclure des près contraire avait été observé, i discipline, soit parce qu'auc les règles â suivre. Dans ( surtout de l'élection des évê(
lercs, de Pinviolabilité des biens de TEglise, de l'action du létropolitain , et du soin de ramener dans leurs couvents ;s religieux et religieuses qui, au mépris de leurs romesses, demeuraient dans leurs familles après les •oubles qui les avaient forcés de s'y réfugier. C'est le 3 octobre 614 que ces canons furent arrêtés au nombre e quinze d8ins l'église Saint-Pierre devenue ensuite Sainlereneviève. Le même jour Clotaire donna un ôdit pour leur xécution, sanctionnant ainsi aux yeux des peuples ces )is qui concouraient au bien de tous. C'était bien jusque- !i : mais les actes de ce concile furent modifiés par la éclaration royale sur un article fort important et que nous e pouvons laisser ici sans observations. Il s'agissait de élection des évêques , réglée par le premier canon , et qui evait se faire t gratuitement par le métropolitain, les omprovinciaux, le clergé et le peuple de la ville. » C'était ancien droit émis' par les Pères, et qui assurât sous >utes ces formes l'indépendance et la dignité d'une si rave opération (5). Mais un grand abus s'était glissé peu
peu dans cette matière : les rois depuis Clovis s'y étwent nmiscés souvent dans l'intérêt de quelques favoris bien lus que dans ceux des Eglises. Le Saint-Siège, à qui ppartint toujours le droit d'acceptation ou de refus, ne ouvait, en ces temps où les communications étaient si difS- Ues avec les différentes parties du monde chrétien, veiller ssidûment au maintien des règles canoniques-, il devait 'en rapporter aux évêques, et l'action de ceux-ci manquait ouvent de la force nécessaire contre de dangereux empièïments. Souvent aussi ils cédaient volontiers soit & ud entiment de reconnaissance plus ou moins simoniaque, oit à de plus hautes considérations qui leur faisaient ïénager un pouvoir très disposé à trouver dans une Jgitime résistance de nouveaux prétextes à son ambitieuse ^rannie.
Pourtant on doit remarquer que les Conciles avaient si in e ne jamais indiquer la sanction royale comme nôcessa re
Eiient des conditions des élections .épiscopales
saires des libertés de l'Eglise citent parfoi
i qui lui semblent défavorables sur ce poini
upart sont interpolés, comme il était arriv
concile d'Orléans (6), ou qu'on y cédait forcé
ression du pouvoir laïque, malheureusemer
aire, qui avait vu cette pression prajiquée pa
3urs et ne voulait sans doute pas abandonne
ce qu'il regardait comme une prérogative royale, publia, 1
jour môme où le concile de Paris venait de promulguer se
actes , un ôdit pour l'exécution de ces canons devenus loi
de l'Etat. Mais il ajouta, quant au premier, qu'avan
d'ordonner un évêque d'après sa teneur, il faudrait ui
commandement du prince M. C'est un de ces article
organiques qui n'ont jamais manqué au pouvoir tempore
pour s'assurer indûment un excès d'autorité contre 1;
puissance spirituelle. Le prince voulait aussi que si lui
même venait à choisir pour un évêché quelque officier d
son palais, ce sujet fût accepté par cela même commi
ayant pour cette charge tout le mérite suffisant. On sen
combien de telles clauses étaient sujettes à discussions
le moyen de les faire admettre, c'était de les improvise:
après coup, aussi bien que celle qui imposait aux évêque:
l'obligation de pardonner aux clercs qui, après avoir faill
i quelque point de discipline ou à toute-autre condition di
leur vie extérieure, reviendraient vers leur ordinaire ave<
des lettres du roi demandant leur réhabilitation. Là encon
il était facile de surprendre une arrière-pensée en faveu:
des créatures que le roi voudrait protéger. Il paraîtrait qui
d'autres règles tracées par ce même édit étaient asse:
favorables  la religion pour qu'on ne se hasardât point i
la contester. Une des plus importantes établissait, et
modifiant la défense faite aux clercs de s'adresser au?
juges séculiers, que pour les causes criminelles on appel
(<i) Conâi. Game, 1, 47i.
lerait des juges ecclésiastiques à siéger avec les juges
civils. On regarde en cela Porigine de la' coutume qui
admit dans les parlements des conseillers-clercs.
cii2*°^?efforceni^î Dans CCS mcsurcs, que le mauvais vouloir d'un souverain
ÎÎSÏÏûce^'S^USite hostile à PEglise pouvait souvent tourner contre felle, on
rE^îisè?* ^^^^ *** peut voir aussi bien pour un roi juste et religieux comme
Clotaire JI, autant de moyens à employer pour maintenir la justice et l'inamovibilité des évoques contre les prétentions alors trop peu rares d'ennemis que d'ambitieux desseins leur suscitaient. Mais nous verrons ses successeurs, moins bien inspirés, en abuser plus d'une fois dans l'intérêt de leurs passions irréfléchies, et s'en faire des lois dont l'Eglise eut trop à souffrir. C'est ce qui engagea plus tard d'autres conciles à décréter, dès le ix® siècle, qu'on ne choisirait les évoques que dans le clergé de la ville ou du voisinage, qu'on n'en prendrait parmi les officiers des princes qu'après un examen de sa capacité et de ses mœurs (a), et qu'enfin on n'en ordonnerait jamais pail'autorité et le commandement du prince, sous peine d'anathéme et excommunication (*).
Saint Augtrégisiie Ce concilc uatioual de Paris réunit parmi ses nombreux
tnnrff h Poitiers. JT
évêques beaucoup de saints dont les sièges illustrés par eux ne sont connus qu'en petit nombre. On y doit surtout reconnaître saint Austrégisile, évoque de Bourges, que ses miracles glorifièrent même pendant sa vie, et qui eut son culte à Poitiers, où sa fête se célèbre le 20 mai, jour de sa mort, eii 624. Nous lui devons une mention particulière, car la ville de Poitiers posséda jusqu'en 1791 une petite église sous son vocable dans l'enceinte de l'abbaye de Sainte-Croix. Cette église avait le titre de paroisse, et son curé était à la présentation de l'abbesse ; c'était le doyen de la cathédrale qui nommait. Tous ces détails font croire que ce petit monument avait été élevé par la communal té
(a) ConciL Valentin.^ ann. 855, can. 7. (h) Conc, ConstatUinopley ann. 870, eau. i'i.
boooré à Poitiers.
ours du Chapitre, à une époque très éloignée )ù elle fut dotée de quelques reliques (7). Le 5 à Bourges le 29 novembre 551, Devenu à ms officier de saint Gontran, roi de Bourgogne, inte et sanctifiée à la cour qu'il quitta bientôt dans les saints ordres à Auxerre, sous les saint évêque Aunarius. Celui-ci lui conféra le jis, étant devenu métropolitain de Lyon, il lui verner l'abbaye de Saint-Nizier, fondée depuis ' ville (8). Cependant le siège de Bourges vint à la mort d'Apollinaire : AustrégisUe, dont la ait parvenue au clergé et au peuple de cette ! parfum de ses vertus, fut élu d'une commune ô le 15 février 612. Les douze années de son 'ent remarquables par ta vénération que lui sainteté et ses miracles. Parmi ceux-ci, les lu Berry ont conservé en particulier le souvenir Q d'une femme énergumène nommée Friovala. îrs consacré par une inscription qui semble de le du saint, et figure encore au mur méridional lise paroissiale de Châtillon-sur-Indre [9). Saint ist appelé par le peuple saint Outrille ou saint ce nom appartient à quelques paroisses du
ilarité qui n'avait pas encore été observée se v^iitam^ciua is l'ôdit que Clotaire II publia à la suite des ^^J^^*^ ^' " dème concile de Paris : c'est le plus ancien, la signature du roi est accompagnée de celle
de l'Etat, nommé aussi Référendaire. Un autre nt est celui qui renouvelle aux familles nobles Titeî!S,™di'°'nobi«sc
héréditaire des charges ou bénéfices accordés f"'^'*'""' ; prédécesseurs. On a observé justement que es le texte de la charte, non pas comme
, Act. SS. tfoit, t. V. p. 229 el soir. . de France, I. 391.
Pa écrit Condillac, rétablissement des charges héréditaires, mais la continuation de ces privilèges à ceux qui en étaient nantis et à leurs enfants ou héritiers , jusqu'à révocation par le prince. Citait une simple confirmation du traité donné en 587 à Andelot («).
EnoaM.xxvii-ETô. Lc nom d'un de nos évoques entièrement inconnus se
que de Poitiers. ^
trouverait, dit Besly (»), à la date de 615 dans la série de ces prélats : ce serait Enoald, dont pas un trait ne peut éclairer la biographie. Ce serait le vingt-septième dans Tordre que nous donnons à ses collègues, car son existence ne peut être douteuse, quelque ignorée qu'elle semble avoir toujours été.
En 616, saint Léger naît à Soissons, où Clotaire habitait. Nous le verrons archidiacre de Poitiers, abbé de Saint- Maixent, évèque d'Âutun, puis martyrisé, succombant sous la haine d'un maire du palais.
à^î^iîêf'î^u Un épisode se présente ici, qui nous révèle clairement
une de ces origines obscures dont l'histoire est pleine, et qu'on ne découvre jamais sans une grande satisfaction de l'esprit, surtout quand il se rattache à un fait intéressant de notre histoire locale. Clotaire avait confié l'éducation de son jeune fils Dagobert et recommandé l'enfant à l'évêque de Metz Arnulfus ou Arnoux, qui déjà était vénéré pour sa sainteté. A cette occasion, nous nous arrêterons un peu sur un usage de ce temps qui expliquera dans l'avenir plus d'un fait semblable , d'où résultait l'éducation élevée , soit des jeunes princes, soit des jeunes seigneurs que leur naissance destinait à la cour.
Chez les Francs, même avant la conquête qu'ils firent de la Gaule romaine , les leudes avaient coutume de livrer au chef de leur tribu ceux de leurs enfants qu'ils destinaient à la guerre, et par conséquent à y accompagner ce chef, qui les dressait à ses vues et s'en faisait autant de vassaux soumi» à tous ses desseins. Ceux de ces jeunes gens qui appart( -
(a) V. Art de vérifier les dates, in-8o.
{b) Evesq, de Poit., p. 12. — Dreux da Radier, BibUoth. du PùU., h 16.
recommandation.
naient aux familles illustres devenaient les co jeunes fils du prince. C'éttiit un honneur bi parce qu'on y voyait une assurance de riche ill celle de la protection royale. Une fois accepté, Â la cour, devenait le commensal du prince, 1 ses chasses comme à la guerre, et ne pi quitter, inféodé qu'il était au service de son arriver à lui procurer cette position , il avait parents le recommandassent à la bienveillan< cet usage s'était perpétué, les rois y trouvan moyen de s'assujettir les familles nobles, ti leurs enfants comme d'elles-mêmes un dévoui plus entier qu'il entrait dans les mœurs publiqi à faire de ces jeunes gens des guerriers fori vice de tous les instants ; ils devenaient pour seule et même personne avec le maître i comptaient. Cette donation s'appelait la reei sous les Mérovingiens, elle n'était pas seulem au roi, mais des familles inférieures à puissantes. C'étaient, à des degrés différent engagements et la même protection.
Chez des peuples barbares, de tels rappc consacrer avec le temps et des idées supei sans doute aussi leur avaient servi de ba considérables incompatibles avec la civili< christianisme. Aussi les évéques s'efforcère commencement, de régulariser au moins et cette hiérarchie où l'absolutisme du chef av; fois imposé des crimes à ses subordonnés. \ des jeunes leudes qu'il fallait s'emparer. On s mieux réussir, à multiplier, partout où ceuxréuoir, cette chapelle palatine, dont le noir petite cape de saint Martin, portée en temps la tête des armées et gardée pendant la ] oratoire du palais. C'était autour de cet orato relique longtemps fameuse et populaire, qu
nt soin de former une école où ils firent autant d'élèves de jeunes recommandés, mais comme tous n'étaient admis parmi ceux de la cour mérovingienne, les ues se chargèrent aussi de recommandés. Ceux-ci Se entirent d'autant mieux de cette tutelle, par des relations intimes et plus continues avec leurs généreux protec- 3. Ces hommes de Dieu, en effet, ne leur donnaient que aints exemples ; ils ne les quittaient dans l'adolescence nbus déjà des solides principes d'une foi éclairée et lœurs qui n'avaient encore rien souffert des contagieuses luches du monde et de ta cour. Les rois eux-mêmes sitaient pas à préparer de tels guides pour leurs nts , et c'est dans une pensée toute de confiance pater- ( que nous voyons Clotaire recommander son fils obert au saint évêque de Metz, lequel ne devait pas autant le ministre que le gouverneur d'un roi de vingt à peine, dont le caractère bouillant semblait déjà, en ., avoir besoin d'un tuteur et d'un ami sûr plutôt que 1 exécuteur de ses volontés.
arlons aussi de ces écoles du palais, qui y furent toujours éesà côté de la chapelle comme des annexes insépiu-ables. s étaient communes aux jeunes clercs et aux jeunes les de la cour. Dirigées par des évoques, et ayant pour très des prêtres et autres ecclésiastiques dont l'éloquence D savoir furent souvent renommés, on les vit fleurir 3 les auspices des rois et du clergé, qui seul alors ivait les sciences et publiait le fruit de doctes labeurs. !t dire que les écoles n'étaient pas seulement dans les lis royaux : la maison de l'évêque renfermait aussi uis longtemps ces foyers de lumière où s'enseignaient c les lettres et la grammaire, c'est-à-dire l'éloquence et loésie, ce qui regardait les sciences proprement dites, 3S que les mathématiques, l'astronomie, la géographie, «la on n'avait garde de ne pas associer la théologie saintes Ecritures, et l'étude des Pères et des Docteurs servaient merveilleusement à en préparer d'autres et i
propager la connaissance des vérités catholiques. Nous avons vu quel était l'état de cet enseignement dans l'Aquitaine et à Poitiers du temps de saint Hilaire, qui avait professé avec succès, même avant son apostolat, dans cette école déjà en renom. Aux vi® et vu® siècles, il y eut une recrudescence des glorieux efforts de l'Eglise, forcément suspendus par les invasions et les troubles des deux siècles précédents. On vit se fonder et se distinguer dans les monastères, les évêchés et les cathédrales, les écoles publiques du Vigeois en Limousin (10), d'Arles, de Chartres, et de Saint-Seine (11), de Saint-Domnole(12), de Saint-Maur(13), de Saint-Jouin-de-Marnes, et d'Agaune. Au vu® siècle, ce sont Luxeuil (14), Vienne (15), Lyon, Auxerre, Marmoutier (16), Lérins,(17), Saint-Maixent ; enfin l'école de Poitiers, qui se maintenait toujours au monastère de Saint-Hilaire avec sa réputation déjà ancienne. C'étaient là autant de centres laborieux d'où sortirent des hommes sérieusement adonnés aux grandes études, auxquels nous devons les seules histoires de leur temps qui nous soient restées, et un grand nombre de Vies de Saints, lesquels même dans la solitude prenaient, comme malgré eux et sans y prétendre, une part active et toujours fructueuse aux événements du monde et à la direction morale de ses affaires. Aussi la vie pure, austère et toujours édifiante du clergé monastique lui attirait de la part des peuples un respect et une affection fidèle qui, presque toujours, lui épargna les revers dont souffrirent encore beaucoup, dans le cours de ce vu® siècle et plus tard, les grands seigneurs devenus évéques, et que des liens de famille engageaient plus ou moins dans les commotions politiques de l'Etat. C'est pourquoi, lorsque les lettres, dans ces secousses civiles, souffrirent d'un grand dépérissement, elles se soutinrent pourtant dans les monastères. On y voit une foule de livres composés par des religieux qui gardent en plus grand nombre l'anonyme, plus jaloux de se rendre utiles que d'en retirer une vaine gloire. C'est ainsi que« se prépare, en des études naissantes et en des bibliothèques
chaque jour augmentées par le travail des moines, une renaissance que Pesprit humain appelle toujours avidement quand reviennent après des troubles prolongés le sentiment et les habitudes de la paix (a).
tèwXDski"?^e Nous venons d^indiquer le monastère de Saint- Jouin, dont saiDi.jomii.de-itor. qq g^it Torigine. Foudé entre 340 et 350 sous Tépiscopat de
saint Hilaire, il avait promptement grandi par Péclat de sa discipline monastique, et Tesprit de ce saint état s^y était si bien développé que dès 592 les lettres y étaient cultivées avec succès. Ce n'était plus alors depuis longtemps sous son premier nom d'Ansion qu'il était célèbre entre les institutions de ce genre : quoique ce nom lui fût donné jusqu'au viii® siècle en certaines chroniques. Il avait reçu, après la mort de son saint fondateur, celui de SaintrJouinde-Mames, et tout s'y passait, sans aucun affaiblissement de la discipline ou des études, dans l'esprit de la perfection évangélique. Plusieurs évoques ou abbés y furent formés, et de ce nombre l'Eglise de Poitiers honore dans ses offices publics saint Paterne, qui devint évêque d'Avranches, saint Achard, qui fut abbé de Jumièges (18), et saint Généroux, qui, après avoir gouverné le monastère même de Saint- Jouin, fit bâtir sur les bords du Thouet, au commencement du vi« siècle, un prieuré dont la belle église, survivant à la ruine des autres bâtiments, porte encore son nom et est devenue le chef-lieu d'une paroisse m .
En fait d'écoles célèbres, nous ne pouvons oublier celle de Metz, qui le fut beaucoup sous l'épiscopat de saint Cloud, fils de saint Arnoux, mais qui n'avait pas manqué de réputation sous ce dernier. D en avait continué les traditions déjà anciennes. Ce fut sans doute un des motifs de la confiance que témoigna au saint prélat le roi Clotaire quand il lui confia l'éducation de son fils aîné, auquel il nous faut maintenant revenir (O .
(a) V. Dom Rivet, Hist. littér., t. Il et III, pamm.
(b) V. ci-dessus, t. I, p. 374.
(c) D. Rivet, Hisl. littér., III, iU,
Ce jeune prince lui était né d'Aldétrude , la de ses trois femmes, dans la dernière année précédent. Il paraîtrait qu'après avoir compléta des études alors en usage dans l'école de sain celui-ci le rendit à son père orné d'une instruct avait donné le goût des lettres et lui fit recherch ceux qui les cultivaient. Heureux si ces belles q les précieuses lumières qui les avaient éclmn développant, ne s'étaient pas changées bietit passions avec lesquelles le goût des choses é jamais pu s'allier. Un autre obstacle vint s'op tiiiits précieux qui auraient dû naître d'une a si bien conduite.
A peine revenu à la cour, le jeune homme goût prononcé pour la chasse que tous les grand à l'exemple du roi lui-môme. Dagobert y excella reçut pour gouverneur un seigneur nommé S; qui fut pourvu en même temps du gouven l'Aquitaine. Ces deux titres étaient loin d'être al patibles. Le dernier, véritable sinécure, n'obligei résidence, mais il procurait de gros revenus, et payaient guère autrement les services que de rendre ces grands officiers munis de telles dél< était rare que ces riches positions où un homi toujours à satisfaire son amour de la domin l'argent, ne devinssent pas très onéreuses aux pe aussi très dangereuses pour ceux qui en abi nouveau duc, enivré de sa position, ne sut pai contre l'orgueil qui le porta jusqu'à oublie disciple était le fils du roi. Le jeune homme, souffrait impatiemment des familiarités dont s'accommode peu à vingt-trois ans, et un jou résister au désir de s'en venger.
Clotaire s'était absenté pour une grande levait durer trois jours. Dagobert, dans cet lonna un banquet aux seigneurs de la cour.
;ait, lequel s^oublia jusqu'à exiger que Le jeune prince arvtt à boire , et à lui présenter pour qu'il y but à son la coupe qu'il venait de vider â demi. Irrité de cette cieuse insolence, le prince entre en colère, fait saisir upable qui, par ses ordes, est battu de verges et privé i barbe comme un homme de bas étage. Si mérité que e châtiment, lé duc n'eut rien de plus pressé au retour )i que de s'en plaindre avec amertume, Clotaire était :e pour son fils, et avait donné à d'autres plus d'une ve qu'il fallait redouter son ressentiment. Dagobert Sroba donc à ses yeux, et alla se cacher non loin de i, dans une petite chapelle où naguère s'était réfugié irî qu'il chassait, et dans laquelle ses chiens n'avaient u entrer, quoique les portes en restassent ouvertes. C'est lans cette chapelle reposaient alors les corps de s^nt 3 et de ses compagnons martyrisés ensemble à Paris,
le cours du i^"" siècle (19). Ce qui était arrivé pour le se renouvela pour le fils du roi de France, car celui-ci t été prévenu de l'asile où le jeune homme s'était ;ié, y envoya à plusieurs reprises sans qu'on pût en Dcher, une force secrète s'y opposant toujours, de
que le père dijt y venir en personne et s'assurer du ige. 11 vit là une marque de protection divine sur le ! homme, auquel Clotaire pardonna en le réconciliant
le duc.
lis celui-ci ne pouvait plus garder le poste que le
ui avait confié près de son fils, et quitta la cour
se rendre dans le gouvernement de sa province, iremment que le Poitou lui semblait plus agréable à er que le reste de l'Aquitaine, ou qu'il le préféra comme
plus rapproché de Paris, dont il lui semblait important i pas trop s'écarter. Quoi qu'il en soit, nous tirons de dt un renseignement local d'un véritable intérêt : c'e?t le Vieux-Poitiers était déjà à cette époque relevé de ; !S que les invasions du iv" siècle y avaient fwtes , ca r agésile y habitait en qualité de propriétaire ou de ch< t
de la province. Ce dernier titre nous paraît plus croya car, quinze ou seize ans après, lors de la catastrophe le frappa et lui enleva ia vie, on ne voit pas que le Vit Poitiers figurât parmi ses possessions confisquées profit de l'abbaye de Saint-Denis. Il paratt, au contn que Tancienne mansion romaine était encore un palaî; domaine royal. Nous le retrouverons au milieu du si suivant, gardant le même caractère, et devenant le ren vous de deux rois c).
Cependant, au milieu des actes d'un sage gouvernen où Clotaire manifestait son amour de la paix, agissai tout avec une grande droiture , et se faisait aimer 'de sujets de toutes conditions, notre province semble s'efFs et rien ne retrace dans Thistoire qu'elle ait pris une quelconque à ces événements, qui l'aient mise unNant peu en relief. La paix, qui régnait par toute la Franci surtout en Aquitaine, explique assez ce calme d'o Poitou ne semble pas sortir. Nous ne le voyons figurer d'une façon non moins pacifique, dans un acte royal haut intérêt qui divisa le gouvernement de Clotaire, vaste et trop difficile pour qu'il ne cherchât point à soulager. Il songea donc à en partager le poids avec 1 de ses enfants, Dagobert, qui atteignait alors sa v troisième année. En effet, le royaume de France était t étendue immense et ne pouvait être bien dirigé pai souverain unique. Le roi oublia donc les griefs qu'il a trouvés en quelques actes de la jeunesse de son fils, tout en l'associant dans un âge encore inexpérimenté propre puissance, et donnant par là un surveillant na aux grands qui prétendaient discuter parfois avec lu: leur autorité trop souvent rappelée â de justes boi Clotaire n'abandonna cependant pas ses droits de pèr s'il cédait à un autre une sorte de vice-royauté, il gardait pas moins la souveraineté réelle sur l'Etat n
(a) Cf. Ann. d'Aquit., 16ii, p. 78. — Aimoin, lib. IV, c. xvii. —B le* Antiquairet de l'Ouest, 1 (f édition), p. 232, 2ifi.
qu'il semblait abandonner. Il cédait donc Tancien royaume d'Austrasie et toute la Germanie au-delà du Rhin. Mais en deçà du fleuve, et dans TAustrasie même, il se réservait la forêt des Ardennes et les montagnes des Vosges, avec toutes les villes considérables que ces pays renfermaient; puis l'Auvergne , la Touraine, le Poitou, et même une partie de la Provence, lesquelles contrées avaient presque toujours fait partie du royaume d'Austrasie. C'était un bonheur pour ces pays et pour le nôtre en particulier, de ne pas changer de maître, celui qui les maintenait sous sa puissance leur valant bien mieux sous tous les rapports que celui dont bientôt la vie violente et débauchée allait faire regretter aux peuples le souverain qui ne devait pas survivre longtemps à cet acte de bonne politique et de condescendance royale. C'est en 622 que ce partage se fit. Dagobert, nous l'avons dit, avait alors vingt-trois ans. Les quatre premières années de son règne, en Austrasie, furent heureuses autant que sages, grâce à deux ministres recommandables que lui avait donnés son père : ce saint Arnoux, évêque de Metz, de qui il avait appris la science et la vertu (20), et Pépin de Landen, dit le Vieux, qui devint son maire du palais. Ces deux ministres se tenaient donc par les liens du sang autant qu'à leur nouveau roi par l'honnêteté d'un dévouement exemplaire. Un mariage se fit bientôt, en 625, entre le jeune roi et une belle-sœur de son père ; ce fut l'occasion de prétentions qu'il avait dissimulées jusque-là, et comme il avait supporté avec peine le démembrement de l'Austrasie quand elle lui fut confiée, il donna la première preuve de son caractère hautain , maîtrisé à grand'peine jusque-là, et revendiqua sans ménagement les riches portions qu'il n'avait pas cessé de convoiter en secret. Clotaire, par une modération dont il s'éloignait rarement, après avoir pris pour arbitres douze prélats, consentit à ne retenir plus que les douze provinces situées au Sud de a Loire, avec la Provence, qu'il préférait justement a bieo d'autres pour la richesse et la sérénité de son climat. 1 e
langea donc pas encore de mattre. C'était un allait lui paraître bien court.
) s'assembla à Reims en 625 soiis la présidence (, de rarchevôque Sonnatius. C'était le premier tenu en cette " ville. On y fit vingt-cinq canons de discipline traitant des mêmes matières que presque toujours on était forcé de renouveler, vu l'ignorance générale des lois ecclésiastiques et les déloyautés dont certains ambitieux usaient pour arriver aux évêchés et autres dignités spirituelles. On y compta quarante et un évèques, dont le quart étaient des métropolitains de la France restés sous la domination de Clotaire II. De tant de prélats, il n'y en avait pas qui ne fussent recommandables par leurs vertus , et plusieurs étaient des saints : ce qui prouve que les efforts des conciles ne manquaient pas tout leur effet. L'évoque de Poitiers s'y trouva, et c'est grâce à son nom recueilli parmi les signataires par Flodoard (<«, qu'on l'aperçoit dans ces rangs illustres (21). C'est tout ce que nous savons de Jean !"■, qui fut notre vingt-huitième ôvêque ; mais il paraît, d'après un passage de Besly, qu'il avait été lié d'amitié avec aint Arnoux de Metz , ce qui serait déjà un éloge- de sa ie et de ses sentiments (*).
Le premier canon du concile de Reims est à remarquer our bien se rendre compte d'une coutume de cette époque elative aux bénéfices ecclésiastiques. Il porte que quel que oit le temps écoulé depuis qu'un laïque possède les biens 'une église à titre de précaire, c'est-à-dire pour une ertaine redevance annuelle, on ne pourra se les approprier, t que l'Eglise est toujours en droit d'y rentrer. C'est que leaucoup de seigneurs, en effet, arguaient de cette espèce le bail parfois prolongé et à vie, pour en induire une sorte le prescription qui trop souvent favorisait des usurpations
{a) Uitt. Bcda. Rem., lib. I, c. v. ConàU GaU. 1, 479. — Dom Bivet, i$t. lut., 111, 533.
(fc) Besly, Bvaq. de Poict., p. i2.
i HISTOIRE GÉNÉRALE DU POITOU (626)
donnait lieu à des conflits toujours préjudiciables aux ;itimes possesseurs. Ceux-ci finissaient presque toujours r céder pour avoir la paix. On voit par là que Pusage s précaires ou baux à ferme des biens religieux, existait puis quelque temps déjà au commencement du vu' siècle, oique quelques-uns en attribuent l'origine au gouverment du maire Ebroln en 660 (ai : car il en est déjà estion aux septième et quarante-cinquième canons du Qcile d'Agde de 506, et au vingt-troisième canon de celui )rléans de 511.
Mous avons vu, dans le dernier'quart du vi« siècle, que int Junien mourant dans son petit monastère de Maire lit désigné pour lui succéder dans la direction de la namunauté son disciple Aurémon ou Anémond. C'est is ce dernier nom qu'il est honoré en Poitou, le 9 juillelw. 1 long espace de quarante ans s'était presque écoulé ir le saint homme dans l'exercice continuel des vertus mastiques, lorsque Dieu le rappela à lui un neuvième ir de juillet qu'on croit être l'an 626. Aurémon était né yhaunay, comme le saint abbé qui avait été son maître, lui-ci, après avoir prédit sa naissance, l'avait baptisé, et, londant à une inspiration de la Providence, il l'avait destiné ' une éducation pieuse et solide à le remplacer dans la ection de ses frères. Aussi Aurémon fit-il revivre avec zèle digne d'éloges la pureté de sa doctrine et la sainteté vie d'un tel prédécesseur. Sa mémoire fut honorée dans monastère de Nouaillô et dans la paroisse de Mairévêcault.
)n regarde saint Aurémon comme l'auteur d'une Vie de iit Junien, qui fut inconnue pendant deux siècles, et qui ■vit dans le cours du ix*' à celle qu'écrivit "Wulfin Boêce, ;f de l'école d'Orléans, et mort vers 840, étant, à ce qu'on
i) An de vérifier les data, (2» parUe), III, 12. — V. Ducange. \- precmh
en parle lopgneineiit.
>) V. nos Fin des Saintt de l'EglUe de PoUiert, p. 261 .
évêque de Poitiers f"). Nous reviendrons en son
ce personnage.
Jean I*', dont nous venons de dire le peu de DiS!l!'^Siv*Ë-t]Sï
'histoire nous en a laissés, eut un épiscopat dont ^*^""-
le terme ne peut se rattacher à aucune date. On ignore
absolument s'il y eut quelque lacune entre lui et Didon, qui
paraît immédiatemement à sa suite, dans nos dyptiques.
Ce qui est certain , c'est qu'un malentendu souvent et
depuis longtemps répété, place après Jean, dans presque
toutes les listes un saint Erameran qui ne peut être un des
successeurs de saint Hilaire, puisque jusqu'à l'année 673,
qui fut celle où mourut Didon, on ne saurait quelle époque
donner à. son épiscopat (22}- Nous parlerons donc de ce saint
comme d'un chorôvêque assez illustre dans nos annales
pour que nous ne puissions pas l'y oublier, mais qui, avant
d'aller exercer en dehors du diocèse des fonctions saintes
qui lui valurent ta couronne du meirtyre, dut certainement
concourir chez nous à soulager l'évêque du lieu dans
raccomplissement des difficiles devoirs qu'imposait une
Eglise d'une si vaste étendue.
Il paratt donc bien établi que Didon monta sur le Siège de
•oitiers en 626, et qu'il en fut le vingt-neuvième évêque.
ia famille, illustre entre celles qui entouraient le trône
les rois mérovingiens, leur tenait par les Hens du sang.
)es liens étaient même fort étroits et le rattachaient à
es chefs puissants qui, dès avant l'établissement dans
es Gaules des premiers chefs des Francs, et parallèlement
, leur puissance royale, avaient possédé, sur les deux
ives du Rhin et aux limites de la Germanie, de vastes
égions dont ils avaient construit les magnifiques châ-
eaux et les plus célèbres monastères. Le duc d'Alsace,
Idalric, avait fondé entre autres celui d'Hohembourg, où
a fille sainte Odille, qui en fut abbesse, devint une des plus
(a) V. nos Vieg des SaitUs du Poitou, p. 261. — Hist. liltér. de la France, 1, 537. — Châtelain, Martyrol., au t) juillet. — Labbc, Biblioth. manuicr. w., II, p. 569.
'emarquabies femmes de son siècle. La mère de cette sainte semble avoir été sœur de Didon (a), et d'elle soDt iescendues par Adalric des générations de rois et autres )rinces souverains qui ont régné sur les pays septenrionaux de l'Europe, et même sur la France, où Robert e Fort et Hugues Capet font remonter jusqu'à lui leur çénéalogie. Ces rapports de famille n'entrèrent pas pour )eu sans doute dans les intrigues politiques où nous /errons se fourvoyer le célèbre évêque de Poitiers. Heureusement, l'histoire montre dans sa parenté de lombreux personnages dont la sainteté, honorée par 'Eglise, a pu la dédommager de ces tristes souvenirs.
On ne parle pas de l'époque précise de la naissance de Didon, mais en la calculant d'après les diverses phases le sa vie, on pourrait la faire remonter jusqu'au dernier juart du vi" siècle, peut être vers 590, ce qui prolongerait îon existence jusqu'à une vieillesse avancée et de plus de juatre-vingts ans. On ne dit rien non plus de son origine, li quels furent les auteurs de ses jours, mais on n'ignore )as qu'il naquit en Poitou, que les siens y tenaient un rang rès élevé, jusque-là même qu'un de ses neveux nommé Warein , plus connu sous le nom de Guérin , y fut préposé ivec le titre de comte au gouvernement militaire de la Province. Enfin une de ses nièces devint la belle fille de Hhildéric II, en épousant son fils Clovis, deuxième du lom (*).
A cette époque l'antique capitale du Poitou, à laquelle lucun événement n'a depuis longtemps ramené notre îttention, n'en était pas moins une des plus florissantes ïités de l'Aquitaine. Paisible par le caractère de ses labitants qui semble s'être conservé à travers les âges ians cette désirable placidité qu'inspire le culte des lettres, les sciences et de la religion, elle n'avait rien perdu ce
(a) Art de vérifier les dates (2« parlie), t. XIII, p. i63. {b) Besly, Evesg. de Poictters, p. ii.
son goût pour les habitudes sérieuses. Elle était encore tout entière sous l'influence des beaux génies qu'elle avait aimés. Saint Hilaire n'y était pas plus oublié avec son génie propagateur que sainte Radégonde, sainte Agnès, Baudonivie et saint Fortunat qui l'avait si bien reproduit. Ces modèles si purs des esprits distingués avaient continué sur la province un souffle de civilisation littéraire et de mœurs commodes. C'est là ce qui faisait surtout de' la grande ville un centre digne de tant d'autres qui l'entouraient, et dont l'éclat n'était pas moindre. Ainsi : Tburs, Nantes, Orléans, Bordeaux, Clermont, dont les évêques n'étaient pas seulement des personnages de la plus haute noblesse, mais rehaussaient encore cet éclat par l'élévation de leur intelligence et leur entente des affaires du monde. Ces grands hommes, dont on a dit avec tant de raison qu'ils ont fait la France, s'y étaient pris pour cette fondation si glorieuse, de la manière la plus propre à en assurer le succès. Ils avaient compris que la première loi du monde est la Révélation chrétienne. Ils s'étaient donnés tout entiers, par eux et par les leurs, à l'émission de la sainte doctrine et à la diffusion de la foi d'où elle vient. Ils avaient donc voulu que la science marchât d'un pas. égal avec la religion, et les écoles qu'ils avaient établies d'abord dans les palais des rois, nous avons vu qu'ils les eurent aussitôt dans leurs propres maisons, où s'enseignèrent les autres études capables de policer les habitudes publiques, d'adoucir les caractères, et de faire aimer la foi qu'on y montrait toujours d'accord avec la science. Que diraient aujourd'hui nos prétentieux réformateurs dont l'audace d'innovation va jusqu'à nier les saintes sollicitudes de l'Eglise pour l'enseignement populaire, s'ils feuilletaient ces vieux livres dont ils ne soupçonnent même pas l'existence, s'ils y voyaient tout à coup ce zèle des premiers temps, et qui ne s'est jamais démenti, cette générosité qui faisait alors de toute
(a) Cf. D. Pitra, HUt. de saint Léger, p. 46.
aison de clercs une école gratuite ouverte à tous, même IX S6i"fs et aux pâtres de la campagne ? (a) Au-dessus de is écoles du premier degré étaient celles de Tévêque dans laque diocèse, où s'enseignaient les sciences supérieures IX prêtres, aux diacres et aux plus jeunes élèves qu'on rmait ainsi aux premières places du clergé et à l'easeilement même : car il fallait un professorat, soit pour les lies, soit pour les écoles monastiques d'où sortaient •dinairement les meilleurs sujets (j).
Telle fut la part faite à Dldon et la haute influence qu'il ait appelé à exercer sur les intelligences quand il monta ir .un siège dont les grands souvenirs inspiraient à jnivers chrétien une vénération si justement acquise, ialheureusement il se détourna parfois des graves et iintes pensées que do tels précédents devaient lui Mre imer à l'exclusion de toute ambition mondaine.
Didon était-il abbé de Saint-Maixent quand il fut appelé à âvêehé de Poitiers? C'est une question diversement !solue par les annalistes, et sur laquelle on semble devoir îster indécis. Toutefois, et quoi que Mabillon ne le lentionne pas à ce litre (», les Bénédictins qui ont écrit histoire des Eglises de France le placent forcément entre aint Maixent et saint Léger v). On voit que cette place lême est assez équivoque , puisqu'elle séparerait de cent ns ou plus le second abbé du troisième. Il y a dans cet itervalle une lacune considérable due, comme tant d'autres,
la perte de documents contemporains. Mais un grand vénement avait dû se passer pendant cette durée de tout n siècle, et c'est ici que nous devons reprendre l'histoire e la célèbre abbaye.
(a) Labbe, Coneii. ComlafOituip. gener. VI, can. 5. — Cotic. ToUI. II, caa. 6. - Greg. Turon,, Yita Patrum, passim. — Johan Diac.j Vit. S. Gregor., lii). H, , XVIH.
{b) Annal. Béuédict., lib. I, p. 33.
(c) Gallia chrUtiana, t. II, Ecclei. pictav.
Nous l'avons laissée sur les bords du Clain, tout ému encore en 507 de la visite et de la bienveillance de Clovis Ce prince venait de gratifier les moines de Saint-Hilaii de la terre de Champagne, théâtre en partie de la victoii de Voulon. Il avait donné à ceux du petit monastère baign par la Bouleur (33) et le Clain la villa de Milon, dont toi fait croire, en dépit des incertitudes de notre géographie si ce point effacé de la carte, et comme nous Tavons déj établi, qu'il faut la poser à l'emplacement qu'occupa ensui la petite ville de Saint-Maixent w. Toutes les traditior locales, tous les historiens redisent, d'après les pli antiques renseignements, que ce lieu s'appela primitivi ment Vauclair, i non pas, comme l'a dit trop nettemei Dufour (*), parce qu'en cet endroit le sol était absolumei nu, c'est-à-dire dépourvu de forêts, mais parce qu'il y ava beaucoup de clairières : les bois touffus ne devaient pi déplaire à des hommes de solitude et de silence. » C'est 1; nous le croyons, qu'au bord de la Sèvre un de ces opulen 'Romains dépouillés ensuite par les Wisigoths aurait établ après la conquête de César, une de ces maisons de can pag:ne où les personnages consulaires goûtaient les délicieii loisirs de la vie tranquille et opulente (24). Là aussi monastère de Saint-Maixent s'éleva et fit disparaître jamais le nom de la villa qu'il venait remplacer, ce qi explique parfaitement comment cette villa n'est plus nul part, ni sur le sol du pays ni dans les travaux des géi graphes. Mais quand et en quelles circonstances se sei faite la translation de la petite laure des bords du Clai aux rives de la Sèvre? Le doute qui reste sur cette questic et qu'explique suffisamment l'énorme lacune de cinq c six abbés entre saint Maixent et Didon, ce doute n'infirn en rien le fait de cette émigration qui semble d'autai moins contestable quand on en calcule toutes les cause; Clovis, en efîet, qui avait donné le vaste territoire occuj
(a) V. ci-dessus, I. I, p. 318 et suiv.
(b) Hi^oire générale du Poitmi, p. 18â.
alors par la villa romaine, rendait par ce bienfait à la petite communauté de Voulon un service qui tendait â la développer en Penrichissant. Nous avons vu w) combien était importante la donation royale, consistant en plusieurs viltîis et en sommes d'argent considérables {3S}. 11 n'était guère possible que l'on devint propriétaire de ce beau domaine sans penser à s'y poser au plus tôt, et on hésite peu à croire que dès sa prise de possession le saint abbé n'y ait au moins dépêché quelques moines pour y former un prieuré dépendant du monastère primitif. Mais qu'était-ce qu'un prieuré qui valait mieux que la maison-mère? L'envie devait venir bientôt de changer les rôles, et c'est ce qui eut lieu. Vauclair devint le monastère principal ; Voulon ne fut plus qu'une annexe dépendante de lui, jusqu'au moment où il devint après 1024 une simple cure de l'archiprêtré de Lusignan (26/. Mais la petite paroisse n'en conserva pas moins un des plus intimes souvenirs de sa première existence. Elle gîirda le vocable de saint Maixent, et jusque vers la moitié de notre xix" siècle nous avons vu son retable décoré d'un tableau où revivait sur la toile la guérison miraculeuse du soldat de Clovis (27).
Nous croyons donc que c'est entre les années 507 et 516, par conséquent avant la mort de saint Maixent, arrivée en cette dernière année, que la petite abbaye de Vouloo se sera transplantée sur d'autres bords : car si un fait aussi considérable s'était passé pendant la vie du saint cénobite, son historien n'aurait pu manquer d'en parler. Un autre fait contribue à le persuader. Il fallait bien en effet qu'un certain nombre d'années se fussent écoulées depuis son installation et qu'une suite de cinq ou six abbés lui eût amené d'heureux développements pour qu'elle put tenter les prétentions de Didon. Le rang élevé et le caractère ambitieux de ce prélat ne devaient pas se contenter d'ui mince bénéfice, et il dut en recevoir l'abbatiat quani
(a) Ub sup., ad ann. 507.