Partie de la Guyenne dont Auch (Augusta Oscorum) était la capitale
Note 45
Nous l'avons prouvé dans nos Mélanges d'archéologie et d'histoire.
Note 46
Sauf Dufour qui, dans son amertume de sceptique affirme nettement qu'on n'y doit pas croire « parce que rien n'en justifie la vérité. » {Hist. gén. du Poitou, p. 126.) Comme si ces noms eux-mêmes avaient pu être inventés par des écrivains qui avouent n'en savoir pas l'histoire ! Pour nous qui devons suivre avec toute l'exactitude possible la trace des choses même à travers les ténèbres , et saisir les moindres lueurs qui les pénètrent , nous donnerons à ces neuf personnages leur rang légitime dans nos annales diocésaines. C'est pourquoi ayant compté jusqu'ici huit évêques donnés à Notre Eglise depuis saint Nectaire, jusqu'à et y compris saint Anthême, nous ne craignons pas d'y ajouter les neuf autres dont nous n'avons plus que les noms, et de compter ainsi pour le dix-huitième l'Adelphius dont nous parlerons au commencement du vi^ siècle.
Note 47
Echappés dans le même but que leurs voisins des bords du Tanaïs et de la mer Glaciale.
Note 18
Melle, Metalunij prit peut-être ce nom de ses mines qui, plus tard, en firent un atelier monétaire d'une grande activité. Elle fut, au ix^ siècle, le chef-lieu d'un pagus et d'un archiprêtré qu'elle possède encore à titre de sous-préfecture des Deux-Sèvres. — Nous reparlerons de cette localité importante.
Note 49
Lusignan doit son origine gallo-romaine à quelque Lieinius. Ce nom fut porté par une famille consulaire dont le dernier membre et le plus célèbre est le fameux antagoniste de Constantin. De là Lieiniaeum, dont le moyen âge fit Leziniaeum. C'est, à la fin du viii® siècle, une viguerie, Viearta Leziniaeo en 775. — Le château, l'un des plus beaux de la contrée, qui rendit en peu de temps ce lieu l'un des plus célèbres du Poitou, fut construit au commencement du x'= siècle par Hugues II, fils de Hugues I", qui est l'origine do la
première branche de cette maison. Cette belle forteresse maintes fois assiégée, ruinée et rebâtie, succomba à la suite des guerres civiles du xvi** siècle. Comme les huguenots remuaient encore et s'efforçaient de se l'approprier, elle fut rasée, en 1622, par les ordres de Louis XIII.
L'église est encore un des plus remarquables monuments religieux du Poitou; elle fut commencée en 1024, et ne fut terminée que plus de cent ans après.
Note 50
Dufour dit mal en 455. — Il a longuement disserté (Aricien Poitou, p. 9G et 105 et suiv.) sur l'époque où nous arrivèrent les Teifales. Rien de concluant dans les longueurs qui n'aboutissent qu'à des conjectures. Grégoire de Tours dit vrai en indiquant leur apparition en Gaule au commencement du v'' siècle.
Note 51
C'est le pays que le moyen âge a connu sous le nom de Pagus Teifalgicus. Il a donc perdu beaucoup de son importance, n'étant plus qu'un bourg d'un millier d'habitants, dans le canton de Mortagnesur-Sèvre.
Note 52
Appelés alors les Burgondes. On ne les trouve pas dans l'histoire avant l'année 275. Ils habitaient alors les bords de la Vistule, près des Vandales leurs alliés. Cette année-là, ils inondèrent les Gaules, et après plusieurs revers, finirent par s'y établir et occupèrent le littoral et les campagnes du Rhône vers le commencement du v® siècle. En 524 ils furent vaincus par les Francs, puis en 534. Cette dernière défaite amena leur soumission. Leur conversion date de leur retour dans la Gaule en 413, et les circonstances en sont curieuses dans Fleury, ad H. ann. V. Longueval, ad ann. 411, et les auteurs originaux cités dans sa note.
Note 53
Le Mein ou Mayn, grande rivière d'Allemagne qui sort du Fichstelberg en Franconie, et après avoir passé à Francfort se jette dans le Rhin vis-à-vis Mayence.
Note 54
L'Elbe, AlbiSj a sa source au mont des Géants, sur les confins de la Silésie et de la Bohême, et s'embouche dans la mer d'Allemagne, à 20 lieues au Nord-Ouest d'Hambourg.
Note 55
Le mot warmont signifiait tuteur ; on croit que c'est le mot dont
on a fait Pharamondj, et qu'il aurait bien pu être donné à un prince
qui aurait restauré dans les Gaules le trône que son père avait été
forcé d'abandonner.
Note 56
La loi salique fut ainsi nommée de ce qu'elle s'appliqua surtout aux possessions territoriales des seigneurs saliens ; c'est-à-dire, d'après Ducange (V. salle), de ceux qui étant de la cour ou de la salle du roi, étaient obligés au service militaire, sans aucune autre charge, servitude, ni impôt. Mais ne serait-il pas plus rationel, quant à ce mot, d'en attribuer l'origine à ce petit peuple des SalienSj habitant au pays des Francs, entre les Frisons, les Chaucas et les Bructères, vers les bords de l'Océan germanique, et que ce peuple étant surtout distingué par le grand nombre de seigneurs qui s'étaient multipliés par suite du partage des terres, avait sans doute quelques lois plus en rapport avec la position de la majorité des citoyens. De là serait venu le nom de loi salique à une disposition législative qui dut continuer chez les Francs établis dans la Gaule la tradition nationale observée même avant cette conquête.
Nous aurons de fréquentes occasions de mentionner cette loi qui reilfermait à })eu près tout ce qui regardait la vie extérieure d'un conquérant do la Gaule, et se perpétua, par quelques vestiges importants, bien après la disparition de la race mérovingienne. (V. Mézerai, I, 313 et SOL)
Note 57
La malheureuse Espagne où la question héréditaire n'aura pas dit de longtemps son dernier mot, doit aussi à la violation de ce droit les infortunes et les sanglantes catastrophes dont l'aveugle maladresse de Ferdinand VII la dota en 1829 lorsque, pour complaire à l'astucieuse ambition de sa coupable épouse Marie-Christine de Naples, il viola une loi qui avait son principe dans la loi salique, apportée en Espagne avec Philippe V. C'est au mépris de ce principe tutélaire qu'il déclara héritière du royaume, au détriment de son frère don Carlos, la jeune fille d'un an dont l'âge promettait à sa mère une longue régence. Comment s'étonner que les peuples pervertissent toutes les notions du droit et de la probité , quand ils sont conduits par de tels princes ?... Et ceux-ci qu'y ont-ils gagné ?
Note 58 Toxandrie, partie du Brabant actuel habitée par les anciens Toxandri^ dans la Germanie inférieure.
Note 59
Dispargum, aujourd'hui Ducisbourg, sur la rive droite du Rbin, dans la régence de Clèves.
Note 60
Amiens, Ambianunij capitale des Arahiani, dans la seconde Belgique dont ils étaient un des peuples les plus considérables. Elle était baignée par la Samara, la Somme, qui a donné à la fin du dernier siècle son nom à un département de l'ancienne Picardie. Amiens qui a aujourd'hui 10,000 âmes, est le chef-lieu de préfecture.
Note 61
VArt de vérifier' les dates dit 448, peut-être eu égard au commencement de l'année. Il est bon de remarquer ici pour l'avenir qu'en France le commencement de l'année n'a pas toujours été pris de la même époque. Nous ne la commençons au l^"" janvier que d'après l'ordonnance de Charles IX du 20 janvier 1564. — Sous la première race, l'année s'ouvrait le l®"" mars, jour de la revue des troupes ; sous la seconde, c'était le jour de Noël, et sous la troisième, c'était le jour de Pâques. Cette différence est utile à observer pour comprendre beaucoup de passages de notre histoire, sans oublier surtout qu'en Aquitaine on ouvrait l'année au 25 mars, fête de l'Incarnation. (V. Bouchet, Annal,, p. 213, édit. de 1553.)
Note 62
Châlons, Catalaunum, capitale de la Catalauni, sur les deux rives de la Marne, dans la deuxième Belgique. Châlons, peuplé de 12,000 habitants , est la préfecture de la Marne.
Note 63
Nous abandonnons ici les données suivies jusqu'à présent sur les origines du monastère de Saint-Maixent qu'on a placé dès sa première apparition sur les rives de la Sèvre-Niortaise. Nous ne tarderons pas à voir pourquoi cette réforme des idées reçues nous a parue indispensable après un sérieux examen d'une autre question qui lui est connexe.
Note 64
V. Dufour, Hist. génér. du Poitou, p. 140. — Nous avons établi la preuve de notre opinion à cet égard dans VArt en province, 1814.
V. aussi nos Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littératurej t. II.
Note 65 ""
Mém. des Antiq. de l'Ouest, t. XXXV... Le sol de Poitiers fut élevé à diverses reprises de plus de 40 pieds, dit M^"" de Beauregard dans ses Recherches sur le Campus. VocladensiSj p. 68. Ce mém. est à la Bibl. des Antiq. de l'Ouest, avec une carte qui l'accompagne.
C'est parce que cette inscription avait été déposée dans l'église Saint-Jean, après avoir été découverte sans doute, et on ne sait quand, en quelques fouilles du voisinage, que M. de la Lande s'était décidé à regarder la petite église chrétieune comme ayant été le monument funéraire de la dame romaine. (V. Mém. des Antiq. de l'Ouest, t. I, p. 195.) Rien n'est moins concluant que cette raison.
Note 67
On a un savant commentaire de cette règle de Victorinus par le P. Boucher, jésuite, imprimé à Anvers, in-f", 1633. — V. aussi Hauteserre, lîer. Aquit., lib. V, c. xiv.
Note 68
Vivonne, petite ville sur la Vonne qui lui a donné son nom (Vicus Vedonœ), à cinq lieues au sud -ouest de Poitiers. Ce mot Vicus exprimait alors un village ou agglomération de maisons assez nombreuses pour composer ce que nous appelons maintenant une paroisse, un chef-lieu de commune. (V. Longnon, Géographie de la Gaule au vi® siècle, p. 16.) Vivonne devint aux ix" et x° siècles une viguerie dite alors Vicaria Vicvedonensis. La voie de Poitiers à Saintes traversait son territoire, qu'observait un château bâti plus tard (au xn° siècle), et dont l'enceinte ruinée est enpartie restée debout. Son église, rebâtie aux xii" et xiii° siècles, porte tous les caractères de ce temps. Elle fut d'abord entourée de villas nombreuses et considérables. Des bijoux païens trouvés récemment dans le sol, sont d'une époque antérieure au martyre de saint Aventin.
Note 69
V. Propre de Tarhes. — M^^"" Guérin^ Petits Bollandistes ad. 13 juin. — Une légende apocryphe, citée par M»"' Chevallier dans son Cartulaire de V abbaye de Noyers, place le martyr de saint Aventin au iv° siècle, et fait de lui un compagnon de saint Catien, martyr de la Touraine. Nos sources indiquées ici nous font
croire qu'il y a eu confusion entre cet Aventin et le nôtre que nous maintenons pour ce motif au temps que lui assignent les documents
poitevins.
Cheneché, Cheniché, au xiv° siècle Ceniaeum, ancienne villa qu'on trouve nommée dans les chartes Sedgesciaeiis^ en 929, et qui eut longtemps un château fort dominant la vallée qu'arrose la petite , rivière du Pal u. Celle-ci vient des environs de Mirebeau et se perd dans le Clain non loin de Beaumont, canton de Vouneuil-sur- Vienne. Le château en ruines est encore flanqué en partie de ses quatre tours angulaires, et repose sur un terrain qui dépendait de la paroisse. Cheneché est aujourd'hui du doyenné de Neuville, dans l'arrondissement de Poitiers, et à 15 ou 16 kilomètres de cette ville. Il a 350 habitants. Ce fut très anciennement un prieuré de Bénédictins dépendant de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, lequel fut réuni au Grand séminaire jusqu'en 1790,
Note 71
C'est ce qui a fait croire à quelques hagiograi)hes qu'ils étaient nés à Brescia, en Italie. Le martyrologe romain a sur ce point deux erreurs sous le 11 juillet qu'il importe de signaler. Il indique à la fois, ce jour-là, les deux saints martyrs Savin et Cyprien, martyrisés, dit-il, à Brescia (Brixice) ; puis saint Savin du Lavedan, confesseur dont nous avons raconté la vie ci-dessus (sous l'année 400), et sur ce dernier, il s'exprime en ces termes : In territorio Pietaviensi sancti Sahini confessoris . Il est évident que ce confesseur qui appartient réellement au territoire de Poitiers, est bien celui qui fut se cacher dans une solitude du Bigorre et y mourut. Mais ce qui est certain aussi, c'est que sa fête n'est point le 11 juillet, mais le 9 octobre dans le Propre de Poitiers, et que le 11 il est encore nommé parce que, sans doute, c'est le jour d'une de ses translations. Châtelain et Saint-Aîlais ont renouvelé cette grosse faute. Il faut la compter parmi celles très nombreuses signalées par le savant pape Benoit XIV", dans la préface de son édition du martyrologe donnée en 1718, (n°* 2 et!) : Quœdam subobscura vel incerta... — Non nulla sanctorum nomina de/lciunt, ex oscitantla atque incuria eorum quorum Intererat aeta.... adiré. C'est une preuve de plus de l'indispensable nécessité des études locales, sources limpides d'où jaillissent les eaux toujours transparentes de la vérité historique.
Note 72
La Gartempe, Vartimpa, est une des grandes rivières du département de la Vienne, Elle prend sa source dans celui de la Creuse,
traverse la Haute- Vienne, puis l'arrondissement de Montmorillon du sud au nord, passe à Saint-Savin, et va se jeter dans la Creuse, à 1 kilomètre au-dessus de La Rocheposays
Note 73
La Creuse, Crosa, appelée en 730 Crosajluvius, donne son nom au département où elle naît, et se perd dans la Vienne, près Port-de- Piles, l'un des derniers villages du Poitou qui confinent au département d'Indre-et-Loire.
Note 74
Antigny, lieu d'origine celtique, Antedleianaeum, puis Antiniaeum^ devenu un simple chef-lieu de commune du canton du Saint-Savin, après avoir joui d'une certaine notoriété sous l'ère înérovingienne. On y avait alors établi un atelier monétaire. — Le gué de Sceaux était le passage de la voie romaine de Poitiers à Bourges. L'église romane, remaniée au xvi"^ siècle, est sous le vocable de Notre-Dame de l'Incarnation. — Le Cerisier n'existe plus.
Note 75
Le Mont-Saint-Savin, devenu un simple hameau de la commune de ce nom, est le même lieu que les Trois-Cyprès dans la légende que nous venons de citer d'après le P. Labbe. C'était une ancienne dépendance de l'abbaye où une chapelle de saint Venant était indiquée comme bénéfice curial dans le Pouillé de Gauthier de Bruges. Cette paroisse, disparue en 1790, fut réunie en 1801 à celle de Saint-Savin dont l'abbé y avait toujours nommé.
Note 76
Sanctus Wasius. I! y avait aussi à Niort une paroisse de ce nom dont nous verrons l'origine, et qui fut réunie à Notre-Dame.
Note 77
Granzay, Granzaium, paroisse de 4 à 500 âmes, du canton de Beauvoir (Deux-Sèvres). L'ancienne église paroissiale de Saint- Vaize y était à la présentation de l'abbé de Saint-Liguaire, près Niort, et à la collation de l'évêque de Saintes. — La cure était en même temps un prieuré qui dépendait du même patronage. Un autre prieuré conventuel de saint Martin, existait sur le même territoire, qui après avoir dépendu du Chapitre de Saintes parce qu'il avait été fondé par
un des chanoines de cette église, était devenu un bénéfice de l'abbaye bénédictine de Saint-Jean-d'Angély, dont l'abbé conférait le titre.
Note 78
Nommé en latin AnnariuSj Annaeius, écrit quelquefois par erreur Amantius dans les vieux titres. Depuis la prétendue réforme, il y a dans cette paroisse beaucoup de calvinistes, comme dans toute cette contrée.
Note 79
Le Propre de l'abbaye de Saint-Maixent, imprimé sans date (mais probablement vers 1730), in-8°, par Léonard Dessables, imprimeur de l'abbaye et de la ville, ne parle point de saint Eanne, sans doute faute de détails sur sa légende, et que déjà son culte y avait été oublié. — Robert du Dorât, qui se fourvoie aisément sur tous les faits qui ne lui sont pas évidents, fait de saint Eanne un évèque de Poitiers^ (V. D. Fonteneau, XXXIX, 307.) Il aurait dû dire chorévèque.
Note 80
Sancta Néomadidj Néomeniaj Néoraoie, à 4 kilomètres au sud. Le village avoisine les bords de la Sèvre et le chemin de fer de Poitiers à Niort. Il a 800 habitants. Le Chapitre de Poitiers y était patron de l'église, et l'évêque nommait de plein droit parce que probablement la paroisse avait été fondée par la Cathédrale. Une autre chapelle de la même sainte aujourd'hui disparue, existait en 1437 près La Plante, dans la paroisse de Thuré, en Chàtelleraudais.
Note 81
C'était le territoire représenté depuis par le diocèse de Liège. — L'abbé Dubos (Hlst. critique de la monarchie française, liv. II, c. vu) démontre que Procope, Grégoire de Tours, et par conséquent les historiens modernes qui les ont suivis, comme Velly, ont pris Thuringia pour Tongria, et il est certain que c'est là une erreur, Clovis n'étant jamais allé dans la Thuringe.
Note 82
Ce lieu de Tolbiac a trouvé quelques contradicteurs qui ont voulu, «par suite, disent-ils, de nouvelles études, » porter près de Strasbourg le théâtre de la fameuse bataille. Il est bon de constater ici que ces nouvelles études ont fait rire beaucoup à la Faculté des lettres de
Strasbourg , où nous avions dénoncé en 1872 le laborieux mémoire écrit sur cette question par M. Ravenez, et qu'on y tient toujours pour le Zulpich des environs de Cologne.
Note 83
Tournay, Tornaeum et d'abord Civitas Nerviorum^ capitale d'un peuple originaire de la seconde Germanie, représentée aujourd'hui par la Flandre. Tournay est sur l'Escaut, et renferme 25,000 hab.
Note 81
Soissons, Augusta Suessionum, Noviodunum, était la capitale d'un peuple considérable de la Gaule, appelé Suessiones, établi sur les deux rives de l'Aisne, entre Reims et Beauvais. Elle appartenait à la seconde Belgique. Aujourd'hui elle est, avec une population de 8 à 10,000 âmes, une sous-préfecture de l'Aisne, et un évêché de la métropole de Reims.
Note 85
On y trouve au reste un Petrus de Palatio qui signe ainsi et dont on ignore le siège. Longueval [Hist. de l'Eglise gall.., ad ann. 506) conjecture de là qu'il y avait dans le palais d'Alaric II un évêque pour les catholiques comme il devait y en avoir un pour les ariens. Adrien de Valois croit que ce Pierre était un évêque de Limoges qui aurait pris le nom d'une villa habitée par lui aux environs de la cité [Gesta franeor.j ad h. ann.). Mais aucun évêque de Limoges ne porte ce nom à cette époque où siégeait Rurice II, quoique M. Marion, dans sa laborieuse et utile nomenclature des évêques de France {Annuaire historique^ 1817, p. 167), ait indiqué ce Pierre comme le douzième évêque de ce siège. Enfin l'auteur de la Notice sur le département de la Loire- Inférieur e^ in-12, p. 235, affirme que cet évêque de Palatio était celui de Poitiers, habitant alors le lieu de ce nom, près Clisson, dans cette partie de la Bretagne qui appartenait au Poitou. Rien donc de plus obscur que ce fait; tout au plus pourrions-nous supposer en ce personnage un de ces chorévèques répandus en certain nombre dans le diocèse. Nous reviendrons bientôt sur ce point à propos d'un évêque de Poitiers et de son chorévêque AdelphiuSj, sur lequel aussi planent quelques doutes que nous croyons avoir éclaircis.
Note 86
Le 18 janvier 199, d'après Lecointe {Annal, eeelés., I, 202 et 231). On ne comprend pas comment le savant historien a pu méconnaître
cette conduite d'Alaric jusqu'à représenter Clovis pour l'agresseur. La suite prouva bien quel était l'esprit d'Alaric et sa mauvaise foi.
Note 87
L'ancienne Ambeciaj petite ville d'origine gauloise, fondée par une colonie amenée par les druides du pays chartrain, vers 300 avant l'ère chrétienne. Aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Tours, ayant 5,000 habitants. La première paroisse y fut établie par saint Martin.
Note 88
Agaunum, monastère célèbre depuis le martyre de la légion Thébéenne, au pied du mont Saint-Bernard, dans les Alpes. On l'appelle encore Saint-Maurice en Valais. Ce ne fut d'abord, comme toutes les institutions de ce genre, qu'une simple réunion de solitaires menant la vie commune en des cellules séparées, comme nous avons vu Saint-Jouin de Marnes, Ligugé, Marmoutier et Saint-Maixent. Le monastère d'Agaune proprement dit fut construit en 515 par Sigismond, roi des Bourguignons. (V. Dom Ruinard, Act. Sine., t. II, p. 63, in-12, Lyon, 1818. — Greg. Turon., Hist. Franc, III, 3.
Note 89
Pour ce récit, nous avons étudié avec soin, outre les lieux décrits, les nombreux critiques et historiens qui ont traité de la mémorable bataille que les uns ont placé à Vouillé, les autres à Voulon. Nous pensons en tous points comme ces derniers, dont les raisons, après mûr examen, ne nous semblent pas contestables, parcequ'clles ont pour elles les hommes les plus savants, et parmi eux ceux dont les connaissances locales et les études spéciales garantissent mieux la vérité. C'est Cordemoy qui, de Paris, où il écrivait VHist. générale de France durant la première race (2 vol. in-f°, 1685), avec une érudition que l'exactitude ne seconde pas toujours, traduisit le premier Vocladunij Voglodense, par Vouillé, qui pourtant, selon la juste remarque de l'abbé Lebœuf, est en latin Villiacum et plus tard Volleiacum. Pour se tromper ainsi, il fallait d'ailleurs méconnaître toute la géographie locale et ignorer que Vouillé n'est pas sur le Clain, indiqué par toutes les chroniques un peu détaillées, qu'il est près de l'Auzance et sur la Vendelogne ; qu'enfin il est bien plus près de Poitiers que Voulon, dont la position, eu égard à cette ville, s'accorde mieux avec les dix milles marqués par Grégoire de Tours plutôt comme une appréciation approximative que selon un calcul
d'exactitudegéométrique. L'idée de Vouillé, donnée par Cordemoy dans un livre reçu avec faveur pour beaucoup de bonnes qualités, fut adoptée à la fin du xvii° siècle, comme il arrive souvent à des nouveautés qu'on reçoit plus facilement qu'on ne les étudie. Il n'en est pas moins vrai qu'aucun des auteurs anciens, depuis Grégoire de Tours jusqu'au chroniqueur de Saint-Denys, au xii*^ siècle, n'a tenu pour Vouillé, mais pour un Vogladum situé au bord du Clain. La carte du Poitou, éditée en 1627 par le géographe Nicolas Sanson, porte à côté du nom de Voulon les mots campus Vogladensis, qui auraient dû éclairer Cordemoy, écrivant cinquante-huit ans après. A la suite de Sanson vinrent, en 1730, l'abbé Lebœuf, et plus près de nous le P. Routh, Dom- Fonteneau, Walkenaër, le docte évêque d'Orléans, M»"" de Beauregard, La Fontenelle, et en dernier lieu le commandant Saint-Hippolyte. [Mém. des Antiq. de l'Ouest^ II, 109, xi.) — Tous ont tenu pour Voulon, après exploration des lieux et un sérieux examen de la marche qu'avaient dû suivre les deux armées. La Société des Antiquaires de l'Ouest s'est prononcée dans ce sens toutes les fois qu'il s'est agi de ce fait important dans ses travaux écrits. Nous pouvons donc regarder comme bien appuyé le sentiment que nous suivons ici. On opposerait en vain à tant de raisons les prétendues exigences de la linguistique. D'aucuns ont trouvé de grandes irrégularités dans le passage du mot Vocladum au mot Voulon. Vouillé conviendrait-il mieux ? Et qui ne sait que dans la traduction des noms de lieux il y a trop de caprice et d'arbitraire, il faut trop accorder aux déformations de la prononciation populaire et aux désinvoltures d'un patois essentiellement variable, pour exiger toujours l'observance absolue de certaines règles voulues par le rigorisme des linguistes et des grammairiens ? — Ajoutons avec La Fontenelle [Mém. des Antiq. de l'Ouest, I, 92) que Voulon dut être assez considérable dès l'origine du christianisme pour avoir été le chef-lieu du territoire et de l'archiprêtré, transféré à Lusignan après le x^ siècle, quand cette dernière localité fut créée par une famille puissante. De là le nom de campus Vocladensis donné à la campagne environnante où toutes les églises relevaient de Voulon. Il est évident qu'ici le mot Vocladensis ne peut se rattacher à Vouillé. — Les notes qui vont suivre fortifieront les conséquences à tirer de celle-ci.
Note 90
Il était fils de saint Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont, qui avait été marié avant son épiscopat. — Il devint lui-même évêque du même Siège.
Note 91
Ce lieu, dont le nom est probablement celtique, est très rarement placé sur les cartes locales, et occupe encore dans la vallée de î'Auzance, à mi-distance à peu près entre le village d'Auzance à l'ouest, et le bourg de Quinçay (Vienne) au midi, un espace dépourvu de toute habitation, qu'entoure en partie une sorte de muraille de 15 pieds de haut, formée d'un mélange de pierres et de terre ; il a 3/4 de lieues de circonférence, on l'appelle encore le Camp de Cénei'et. A peine défendu par la petite rivière d'Auzance qui coule au midi, et nullement protégé par aucun fossé, on voit bien que ce n'était ni un oppidum qui supposerait une ville fortifiée, ni même un retranchement sérieux d'où l'on put tenir tête à des assiégeants. Néanmoins sa proximité de Poitiers explique bien comment Alaric avait pu y placer un camp provisoire d'observation , destiné à surprendre Clovis par ses flancs ou par ses derrières, pendant qu'un autre camp formé sous Poitiers l'aurait reçu en tête, avec une double chance de succès. Vouillé n'est qu'à une petite distance à l'est de ce camp. Il n'est pas impossible qu'un mouvement militaire s'y soit fait pendant l'action que nous allons raconter, et ait donné le change sur le nom qu'il fallait donner à l'action principale. Nous verrons ce même camp de Céneret servir plus tard à d'autres opérations militaires.
Note 92
Bourgeois, p. 2. — Dom Fonteneau, t. XXXII, avance que Clovis assiégea Poitiers ; mais ou ne trouve pas le temps de ce siège qu'il a sans doute confondu avec le campement de Voulon.
Note 93
Cenon. C'est l'ancien Sannoni des gallo-romains. Un vieux cimetière de cette époque y fut employé pendant le moyen âge, et a laissé de nombreux débris à nos musées. Nous aurons occasion d'y revenir. — (V. ci-dessus, p. 171, note 79.)
Note 91
Vigenna, Vincenna. Elle a sa source dans le département de la Corrèze, en Limousin, donne son nom à deux départements, et arrose ceux de la Haute- Vienne et de la Charente avant d'entrer dans celui de la Vienne, qu'elle traverse du Sud au Nord. Elle baigne dans son cours plusieurs villes de cette province et du Poitou, et va se jeter dans la Loire, près de Candes, sur la limite méridionale de la
Touraine. (V. D. Ruinard, in cap. 43, lib. I, Hist. franc. j de Grég. de Tours.)
Note 95
Le Clain, Clanum, Clinum, Clanus, prend sa source dans la commune d'Hiesse (Charente), sur les confins du département de la Vienne. Il traverse du sud au nord les arrondissements de Civray et de Poitiers, et se jette dans la Vienne, près Cenon. Les vieilles chroniques qui racontent la bataille de Voulon l'appellent Clinnus (V. Dorn Bouquet, Scrip. Rer GalL, II, 551), et Grég. de Tours Clennus {Hist. franc. j IX, 41). — (V. Redet, Diction, du départ, de la Vienne.)
Note 96
Calviniaciim ; nous avons parlé de cette petite ville ci-dessus , liv. II, p. 141 et 171. Elle eut sous les Romains une voie de Poitiers à Bourges. Aux xi*^ et xii*^ siècles, elle passa des Sires de ce nom, illustrés dans les croisades, aux Evoques de Poitiers, dont elle devint une baronnie, et alors deux remarquables églises, l'une de Saint-Pierre, l'autre du Saint-Sépulcre, furent construites, la première sur la hauteur féodale, au milieu de quatre châteaux aujourd'hui en ruines, l'autre dans la vallée où elle sert de paroisse à la ville inférieure. Par ses souvenirs, son histoire, les vues pittoresques de ses forteresses, et sa magnifique position sur la Vienne qui la baigne à l'occident, Chauvigny est une des plus intéressantes localités du Poitou.
Note 97
Lussac-les- Châteaux, Lussiaeus dans une charte de 901. Son nom lui est venu sans doute de quelque Lueius romain, et son surnom d'aujourd'hui de la forteresse qui dominait son point culminant. Le pont, détruit par les Wisigoths, mettait les châteaux en correspondance avec la voie de Poitiers à Limoges. C'est encore une preuve que Clovis ne passa point par Vouillé, que cette circonstance rapportée en ces termes par saint Grégoire de Tours : « Porro ille (rex Chlodoveus), ad fluvium Vigennam cum exercituadvenisset, in quo eum loco transire deberet penitus ignorabat ; intumuerat enim • abinundationepluviarum... Dominumdeprecatus... Mane facto cerva ante eos, nutu Dei flumen ingreditur.... Quo transire possitagnovit. » (Hist. franc, lib. II, 93.) Ce passage transporta inoffensivement Clovis de la rive droite sur la rive gauche de la Vienne. C'était son plan de tourner ainsi Alaric, encore renfermé à Poitiers, afin qu'apprenant l'arrivée des Francs il ne se portât point du côté de
l'Auvergne, d'où il attendait un secours, et dont la route lui était ainsi interdite.
Note 98
Mazerolles, Maciriola, MazeroUum, Maeeriolense , dans les chartes, dérive de Maeeries„ muraille, amas de constructions ruinées, comme Mézières, Masières, Mazère et autres dont nous avons fait aussi masure. C'est une petite bourgade avec paroisse, autrefois dépendante de l'archiprêtré de Lussac, qui n'est plus qu'un chef-lieu de canton ou Doyenné ecclésiastique. Elle dut être plus importante dès nos premiers temps historiques, puisqu'un embranchement y reliait entre elle et le port de Lussac la voie romaine de Poitiers à Limoges. Un petit monastère, de très ancienne fondation, atteste que le christianisme y fut honoré de bonne heure, et nous avons découvert en 1843, sous l'abside obscurcie de sa petite église du X® siècle, un petit autel de forme primitive, l'un des plus anciens, sans contredit, des autels fixes du diocèse, lequel existait encore en 1868, et qu'une déplorable incurie a laissé périr. — (V. ci-dessus, p. 154, note 22.)
Note 99
Gentiacum, demeure ou villa d'un certain Gentius, dont le nom est dans Tite-Live et dans Pline, et qui revient en plusieurs inscriptions de Gruter. C'est une très ancienne localité que sa position, sur la vallée de la Clouère, rendait aussi agréable comme villa romaine, que forte sous le régime féodal. En 1095, elle était le siège d'une viguerie, ensuite d'un archiprêtré qui eut jusqu'à vingt-six paroisses ; aujourd'hui c'est un doyenné de 1,200 âmes, dans l'archiprêtré de Civray, à Cou 7 lieues au sud de Poitiers. Son château, dont on ne voit plus que des ruines, fut rebâti au x^ siècle par le duc d'Aquitaine Guillaume le Grand. Son église est un édifice du xn^ siècle dont elle conserve les beaux caractères. Des faits militaires se rattachent à son histoire. Nous retrouverons plus d'une fois Gençay dans celle-ci.
Note 100
La Clouère, Clodera, Cludera en 799 et 888, rivière qui commence dans la commune de Lessac (Charente), tout près du département de la Vienne, traverse l'arrondissement de Civray du Sud au Nord et va se jeter dans le Clain à 2 ou 3 kilomètres au-dessous de Vivonne. Cassini s'est trompé en indiquant outre la Clouère un autre cours d'eau, qu'il appelle le Gloire, et qu'il absorbe dans le Clain, près la Brunetière, commune de Saint-Martin-Lars. (V. Redet, Diction, de la Vienne.)
Note 101
Tous nos historiens locaux, Robert du Dorât, Bourgeois et les autres, décrivent la marche de Clovis par l'itinéraire que nous venons d'établir, et se rencontrent avec M»"" de Beauregard qui, plus habile et sans divaguer comme eux, en tire parfaitement pour l'histoire les conclusions qu'il en faut tirer forcément. — Ces mêmes chroniqueurs parlent aussi d'engagements partiels entre les troupes françaises et les garnisons de Wisigoths jetées dans les importantes forteresses du littoral. Ainsi, avant d'arriver à Lussac, il fallut franchir plus d'un obstacle en côtoyant la Vienne ; à Chauvigny, à Saint-Pierredes-Eglises où était le gué des Chirets, à Sivaux, et enfin à Lussac même. Tous ces endroits sont mentionnés, même par Fauchet (Antiquités gauloises et françaises ," 2^ part.). Ce qui a pu faire croire à quelques-uns que l'action s'était passée à l'un ou l'autre de ces lieux. Mais quelque vagues et inexactes que soient ces données, elles servent toutes contre Vouillé, placé à 10 lieues de Chauvigny, à plus de 15 de Lussac, et dont Clovis, campé à Voulon, était encore éloigné de 11 lieues, occupant dès lors au Sud de Poitiers le dixième mille à peu près donné par Grégoire de Tours. Celui qui se trouva le plus rapproché de Vouillé était certainement Alaric par son camp de Céneret, au nord-ouest de sa capitale. Mais qu'aurait-il été y faire, sachant bien que Clovis l'attendait bien au-delà de cette ville, et à 8 ou 10 lieues vers le Sud.
Note 102
Ce Mougon ne doit pas être confondu avec un petit village de ce nom, encore connu dans la commune d'Iteuil. Nous verrons que ce nom était au ix® siècle celui d'une villa nommée villa Alalgone, dont on a fait le campus Mogotensis d'Hincmar, que d'autres ont appelé Vogladensis, par la raison même de son voisinage avec Voulon. Ce lieu avait eu déjà une certaine importance avant les événements qui dès lors le rendirent célèbre. Il perdit ce nom quand un seigneur nommé Achard y bâtit un château qu'on n'appela plus que Castrum Achardi, puis Chàtel-Achard, et enfin, à en juger par les débris, comme aujourd'hui encore Chàteau-Larcher. On voit qu'il n'est pas facile de chercher ailleurs le lieu de Mougon.
C'est ce même lieu au reste qu'Hincmar, dans sa Vie de saint Remy (V. Dom Bouquet, Rer. Gallic. Scrip., III, 379), indique simplement et sans nulle forme de controverse comme « le champ de bataille situé au bord du Clain, à dix milles de la ville de Poitiers, où le roi Clovis se mesura avec Alaric. » — Tout est là, jusqu'aux fameux dix milles de Poitiers qui, admettant qu'ils fussent plus ou
moins exacts à quelques mètres près, sont invoqués ici par le nouvel auteur d'après le récit même de Grégoire de Tours.
Note 103
Batteresse est l'ancienne villa Batriacensis, nommée dans les actes du vieux temps Bateresia, Batterieia, Batrizia et Batriacum, ce qui ne ressemble pas absolument à Baptismus dont on a voulu la tirer. On y a trouvé des armes gallo-romaines et un autel païen portant sur les quatre faces les figures et les attributs de Mars, Mercure, Hercule et Vulcain. Ce curieux monument est catalogué dans le musée lapidaire de Poitiers. — Batteresse est de la commune de Château-Larcher.
Note lOi
Ces levées existent encore, quoique cachées en partie dans les bois voisins qui en rendent l'accès difficile. C'est tout cet ensemble d'ouvrages militaires qu'on cite sous le nom de camp de Sichar, sans doute du général de Sigebert dont nous parlerons à l'année 573, et qui dut le mettre à profit pour un autre événement qui l'engagea à s'y abriter. L'ensemble de ces fortifications pourrait bien avoir été construit longtemps avant Clovis lui-même, si l'on considère que tout y rappelle parfaitement le caractère de la castramétation romaine.
Note 105
Une charte de 692 indique, sous le nom d^ Aneiaeum^ le village dont on a fait Anché. C'est un chef-lieu de commune d'origine romaine, à 2 kilomètres sud-est de Voulon. Nous l'avons fouillé en 1843 et nous y découvrîmes des restes considérables d'établissements de cette époque. C'est dans cette commune qu'est le camp de Sichar. (V. la note précédente.) La vallée est dominée par le château de Villenon, reconstruit à la fin du xv° siècle.
Note 106
Ceux qui ne veulent plus de miracles se sont ingéniés à chercher des explications très variées de cette apparition merveilleuse. La plus simple a été de supposer que les moines de Saint-Hilaire avaient élevé un fanal au-dessus de leur église pour avertir Clovis... de quoi? on ne le dit point, et on aurait bien dû colorier cette belle invention en en faisant un signal du départ d'Alaric quittant Poitiers pour aller à la rencontre des Francs. Malheureusement pour ce système, il n'y avait plus alors ni religieux, ni église de Saint-Hilaire à
Poitiers. Nous avons vu les Vandales ruinant celle-ci en 410 (Thibaudeau, Abrégé de Vhist. du Poitou, I, 134), et en 453, après une réédification que la piété des Poitevins n'avait pas fait attendre, les Wisigoths étaient survenus, qui avaient de nouveau rasé le saint édifice et chassé les moines (Thibaudeau, id., uh. sup.) C'est après cette dispersion que saint Agapit avait fondé sur les bords du Clain un petit monastère dont nous avons déjà parlé et sur lequel nous devrons bientôt revenir. Quoi qu'il en soit, et que le monastère existât ou non, l'apparition du globe de feu pouvait bien être attribuée à la protection de saint Hilaire, dont nous verrons que les reliques reposaient encore sous ces ruines.
Note 107
Non loin de ce camp de Céneret est encore un chemin connu dans le pays comme étant le chemin des Goths. Cette particularité est ici très significative et doit rappeler la présence des gens d'Alaric dans une circonstance qui n'a pu s'oublier, et que cette dénomination a naturellement consacrée.
Note 108
C'est l'avis de Sansou, de Lebœuf, de Routh et de La Fonlenelle. M. Saint-Hippolyte suppose avec raison, croyons-nous, qu'Alaric vint ranger son armée vis-à-vis du camp de Clovis et en s'adossant au Clain. En effet, les gués qui laissaient la communication libre entre les deux rives durent être disputés par les Francs, mais ne tardèrent pas à être traversés, et ce dut être par ce premier conflit que la bataille s'engagea sur les deux rives à la fois.
Note 109
Champagne fut d'abord Campanîaeum jusqu'à la fin du xi"^ siècle. La basse latinité en fit Campania sancti Hilarii, depuis que son territoire fut donné par Clovis aux Clercs de la célèbre collégiale. L'endroit resta dès lors sous son patronage. Le Chapitre nommait à la cure, dont l'église était sous le vocale des saints Gervais et Protais, ce qui la fait remonter à une haute antiquité. — Sur son territoire sont les ruines de l'ancienne abbaye de Moreaux, qui n'y montre plus que des restes informes de sa belle église romane.
« C'est la tradition de la contrée, » dit le Manuscrit de Bourgeois, p. 120. — Remarquons ici que la Fontaine du roi étant au Nord-Est et à une très petite distance de Lussac, y plaide encore pour Voulon contre Veuille, qui n'a rien de semblable à faire valoir.
Note 111
La Tour-aux-Cognons, ou aux Cognoux dans la prononciation populaire, n'a plus que les ruines remarquables d'un donjon dé la fin du xn° siècle. — Elle est de la commune de Civaux, où ses débris dominent un village sur la Vienne. L'ancienne châtellenie relevait du château de Calais à l'Ile-Jourdain. La plus ancienne mention qu'on en trouve est dans un acte de 1443. Elle y est nommée la Touraux-Connioux, et celui de ConionSj, Cognons^ ne date guère que de la moitié du xvi*^ siècle.
Note 112
Cet épisode, qu'on avait placé jusqu'à présent dans la forêt de Vaudairj sur la Sèvre-Niortaise, et dans les bois où s'élève encore la malheureuse abbaye de Saint-Maixent, n'était ainsi expatrié que parce qu'on n'avait pas lu attentivement un auteur presque contemporain, et que nous ignorions nous-mème quand nous l'avons écrit comme tant d'autres (Vies des Saints de l'Eglise de Poitiers^ p. 183). Cet auteur anonyme est du vu" siècle ( Viïa sancti Maxentii^ apud Bolland., "25 jun.), et avait encore toutes les informations capables de le guider sûrement. Un passage de cet écrit ne laisse aucun doute sur le lieu où Maixent avait remplacé Agapit comme abbé, sept ans auparavant, « il arriva, dit-il, que les Francs s'étant trouvés à la suite de Clovis pour se battre contre les Goths, ils vinrent jusqu'à un monastère que gouvernait le saint Abbé Maixent (près le village de Voclade) , et parurent disposés à le .piller. » C'est donc près de Voulon, et non près de Vouillé, où personne n'a jamais songé à donner un monastère à saint Maixent. — Grégoire de Tours, mort en 593, en avait parlé en termes qui complètent ceux de l'anonyme, quand il disait en racontant le même fait, « qu'il ne nomme pas ce monastère, situé au-dessous de Poitiers, infra terminum Pietaviensem (ce mot terminum exprime dans notre annaliste un rayon peu étendu autour d'une ville ou d'un château) (V. Hist. franc, II, 37, — et De glor. Confess., c. xi), parce que jusqu'à ce jour on ne l'appelle que la Celle de saint Maixent. » Ces deux textes prouvent très bien que l'abbaye de Saint-Maixent proprement dite n'existait pas encore ailleurs qu'à Voulon, et qu'elle y demeura sous cette forme modeste indiquée ici par l'historien jusque vers la fin du vi" siècle. Tout nous persuade donc qu'il faut attribuer à cette époque la translation qui s'en fit des bords du Clain à ceux de la Sèvre. Au reste, ces temps historiques sont fort obscurs pour le vrai monastère de Saint-Maixent, puisqu'il n'est pas même sur que Didon, qui monta sur le Siège épiscopal de Poitiers en 626, et qu'on indique dans le Gallia christiana et dans du Tems comme
ayant succédé auparavant à saint Maixent dans la charge abbatiale, ait réellement occupé cette charge. On peut même conclure très nettement le contraire du récit de D. Pitra (Hist. de saint Léger, p. 92), et de ce que dit Ursinus, abbé de Ligugé, auteur d'une vie de ce même saint, suivie par notre savant Cardinal. — Enfin, une autre particularité non moins remarquable prouve que saint Maixent a résidé à Voulon. On ne peut expliquer autrement, en effet, que l'église paroissiale ait toujours été sous son vocable, et nous y avons vu, comme principale parure de l'autel majeur, un tableau du saint guérissant le soldat paralysé. Tout cela ne se serait pas trouvé, à Vouillé, non plus que le Clain.
Note 113
Cette terre de Milon n'est plus connue depuis longtemps ; on ne sait où la trouver ; on manque même de conjectures à cet égard, ce qui l'a fait négliger par tous les géographes, dont pas un n'a songé à en faire même une simple mention. Les Bénédictins eux-mêmes, des Historiens de la Gaule, les Jésuites des Aeta Sanctorum , ne songent à accompagner ce nom d'aucune note. Cependant quelques données l'indiqueraient comme ayant été un domaine impérial sous les Romains, et situé, à notre avis, sur l'emplacement même qu'occupe le monastère, et sur les bords même de la Sèvre. Clovis, en en disposant envers les moines de Voulon , faisait acte d'héritier de l'Empire romain. Ce fut peut-être l'importance de cette donation, dans laquelle se pouvait très bien confondre la forêt de Vauclair, dont l'acquisition engagea bientôt les moines à se transporter sur le bord de la Sèvre; car il est remarquable que l'anonyme auteur contemporain de la Vie de saint Maixent parle de cette donation comme ayant eu une grande valeur. « Rex vero, dit-il, midtis impensis Sanctum honoravit dédit que ci tune temporis villam vocabulo Milon necnon et alia multa. » Tout cela nous parait établir que ce nom, impossible à retrouver aux environs de la ville de Saint-Maixent, s'est confondu avec le monastère qui l'a fait oublier, et que la villa du Romain devint sur les bords de la Sèvre la seconde demeure des moines de Voulon. (V. ci-après, ad ann. 626. — Dufour semble aussi avoir eu quelque sentiment de cette disparition. Il dit {Hist. génér., 1 12) « Que le monarque fit don aux religieux de l'emplacement où l'abbaye fut élevée. » — Au reste, il nous paraît très convenable ici de tenir notre lecteur au courant de ce qu'étaient alors, et seront dans la suite de notre histoire, les villas dont nous aurons souvent à parler.
C'étaient donc chez les Romains des fermes entourées de plusieurs maisons et édifices, parmi lesquels une plus importante et plus
luxueuse pour la demeure des maîtres : habitations fort agréables telles que Cicéron, Salluste, Horace en avaient eu aux abords de Rome. Les Romains fixés dans la Gaule ne manquèrent pas d'y reproduire sur le terrain conquis les agréments de leurs belles demeures d'Italie. Ils annexèrent à leurs maisons de plaisance des cultures, des bois, des eaux, qui en faisaient le plaisir et le revenu. La villa de Milon devait être de celles-ci. Les riches propriétaires portaient le soin de ces maisons de campagne jusqu'à en faire de vastes parcs entourés de murailles. Tant de circonstances devaient faire apprécier d'autant plus à la nouvelle communauté la beauté de ses sites et les aménités de sa solitude.
Note 111
Robert du Dorât et quelques autres écrivains de Mémoires rapportent l'invasion du petit monastère par les coureurs de Clovis comme ayant eu lieu lors du retour de ses troupes, envoyées à Toulouse et à Bordeaux, sous la conduite de Thierry. C'est se mettre en opposition avec le plus grand nombre et avec toutes les données historiques qui établissent ce fait avant l'arrivée d'Alaric en présence des troupes françaises. Les termes employés par l'auteur anonyme, contemporain de saint Maixent, et qui a écrit sa vie (Bouquet, Serip. Rer. GalL, III, 390j, ne laissent pas de doute que cette visite n'ait eu lieu aussitôt après la victoire, et du moment même où le roi put apprendre le fait. Aeeurrens oeius ipse ad saneium virum pervenit. Ces mots aeeurrens... oeius, ne supposent pas une aussi longue course que de Voulon à Saint-Maixent, c'est-à-dire d'une dizaine de lieues. Ajoutons en passant que si l'affaire de Voulon se fût passée à Vouillé, cette visite si prompte fut devenue bien plus difficile, puisqu'elle aurait allongé le voyage de cinq ou six lieues de plus.