‹ Histoire générale, civile, religieuse et littéraire du PoitouChapitre 3 sur 37 · LIVRE 1er · texte numérisé non relu

LIVRE 1er

Depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fondation DU diocèse de Poitiers

(De l'an 50 avant Jésus-Christ à Tan "272 de l'ère chrétienne.)

'un des i)i*emiers soins nue se donne ordinai- riifocuités .le rtiis

^ toire locale.

l'ement un historien, c'est de remonter à l'origine du peuple dont il veut raconter les fastes, pour tracer les limites géographiques de

son action dans la grande famille des hommes.

Les usages particuhers, les mœurs publiques, les lois, la religion sont aussi pour lui autant de matières à traiter, et très souvent des problèmes à résoudre.

Dans l'objet qui va nous occuper, nous rencontrons des difficultés aussi épaisses qu'ailleurs, et nous devons nous résigner à éviter de longues discussions dont il semble qu'on a trop abusé maintes fois pour se faire des conclusions purement négatives, qui nous laissent dans la môme anxiété que devant. A quoi servent au lecteur avide des enseignements de riiistoire une suite de conjectures sur les temps antéhistori(pies, et les interminables probabilités fondées le plus souvent sur les plus contestables apparences ? INIieux vaut.

2 IIISTOIPwE GENERALE

sans contredit, aller droit au but qu'on se propose d'instruire et d'attacher, en élaguant les doctes inutilités, les préambules oiseux, et les vagues données qui n'éviteront aux âges suivants ni des persuasions erronées, ni le besoin de recourir à des preuves que nous n'aurions pas à leur donner. Sans attaquer les recherches faites de bonne foi, sans condamner ceux qui s'y livrent dans un sincère désir d'éclairer, ni accuser la simple naïveté de leurs croyances scientifiques, on peut reconnaître que beaucoup ont sombré contre des écueils qui, pour être mieux connus aujourd'hui et définitivement signalés, n'en restent ni plus ni moins immobiles sur l'océan des choses humaines , et demeurent redoutables aux mêmes titres pour qui s'obstinerait à les côtoyer encore de trop près. Nous entrerons donc dans notre sujet sans élaborer davantage les points péniblement maniés dans nos chroniques locales, laissant pour incertain ce qui paraît l'être encore , affirmant avec la netteté de l'histoire ce qui ne peut être douteux , et discutant aussi brièvement que possible ce que d'autres nous avaient transmis longuement sans assez de preuves ou de sagacité.

Cependant une juste curiosité se rattache, dans les études historiques, aux temps primitifs et à la position géographique des peuples dont nous avons à parler. D'où viennent-ils? Quelles migrations les ont implantés sur le sol où nous les voyons encore, où nous-mêmes faisons partie de leur grand tout si souvent modifié à travers les siècles? Quels peuples voisins furent leurs alliés ou leurs antagonistes sur ce théâtre plus ou moins connu de leur activité politique ou religieuse? Autant de questions que provoque un légitime intérêt, et qu'il faut toujours exposer et résoudre, s'il est possible, avant d'entrer dans le domaine de l'action, et d'ouvrir la scène où doivent se passer d'innombrables événements. Cherchons donc à établir, avant tout, ces préliminaires importants. Ce sera indiquer a notre lecteur son point de départ, et l'orienter pour l'avenir sur le vaste cham]) qu'il parcourra avec nous.

DU POITOU (av. j.-c. 58) 3

Et d'abord , d'où étaient venues les peuplades vagabondes Anciennes tradition-s

' i i o sur les Poitevins et leur

OU conquérantes qui envahirent la Gaule à des époques provenance. indéterminées? Cette première question, pour n'avoir pas semblé résolue encore, ne paraît pas moins avoir sa véritable solution dans les vieilles traditions de nos ancêtres. Bouchet(a), Haute-Serre (*) et tous ceux qui les ont précédés prétendent que les Poitevins descendent de Gomer, fils de Japhet, et par conséquent, petit-fils de Noé. De telles données ne s'inventent pas et tiennent à une filiation d'idées trop peu appréciée de certains critiques. On en dit autant des Arvernes (1). D'autres peuples primitifs qui vinrent s'encastrer dans ce pays encore caché sous des forêts immenses doivent avoir, aux yeux des premiers historiens, la même origine. Rien n'étonne dans un tel fait quiconque a médité attentivement les assertions de la Bible, c'est-à-dire du plus ancien historien que nous ayons, sur l'époque de la formation des langues. En suite de ce grand événement, les enfants de Noé se fondirent, bientôt après s'être détachés des plateaux de l'Arménie , avec les races indo-européennes dont l'Asie avait été le berceau. Ceci ne contredisait pas d'ailleurs l'opinion émise sur les Aquitains, dont nous étions une branche, par les savants qui prétendent, avec Am. Thierry(c) et beaucoup d'autres, que ce grand pays s'était peuplé débandes ibériennes venues d'au-delà des Pyrénées à des époques inconnues : ce seraient donc d'anciennes colonies du monde primitif qui, par des stations successives, seraient parvenues à travers les races de l'Ibérie jusqu'à notre territoire, et s'y seraient implantées définitivement. Ceci se prouve par les débris qui nous sont restés de l'idiome gaulois comparés à ceux des langues sémitiques.

Quoi qu'il en soit de ces précédents pour nous plus que probables , personne n'ignore que nous habitons le territoire

(a) Annales d'Aquitaine, p. 4, in-f*^, Poitiers, 1544.

(h) Rerum Aquitanicarum, lib. I, c. i et ii.

(r) Histoire des Gaulois, \, 3. — Paris, in-S», 18'28.

4 HISTOIRE GÉNÉRALE (aV. J.-C. 58)

occupé par les Piétons lorsque César entra dans la Gaule, et que nous descendons de ce peuple dont Phistoire va d'abord nous occuper, comniencement de LorsQuc Ic couQuérant qul s'était fait nommer par le Sénat

la cûD(|ui'te (le I Aqui- .

laine ]iar César. roiiiain gouvemcur de la Gaule y fit sa première apparition, Tan 58 avant l'ère chrétienne, il y avait déjà plus de trois siècles que les Gaulois, se signalant contre les Romains par de longues et fréquentes alternatives de succès et de revers, avaient enfin succombé à la puissance colossale de leurs ennemis, et s'étaient vu forcés de souffrir dans leurs villes principales des garnisons qui faisaient de ce grand pays comme une dépendance de la capitale du monde. La Gaule conquise Cependant dcs disscusious fréquentes s'élevaient entre

s agite par d inces- ^ ^

santés révoltes. j^g chcfs de CCS nombrcuscs peuplades : des tribus limitrophes y étaient autant de causes de désordres auxquels remédiait à peine l'entremise des proconsuls romains : car leur autorité, souvent méconnue, leur attirait des inimitiés de ces populations peu soumises. C'est ainsi qu'après la guerre sociale entre Marins et Sylla(^j, les Aquitains s'étaient déclarés pour Sertorius, qui avait tenu le parti du premier. Plus tard, l'an 7G avant Jésus-Christ, ils menacèrent d'envaliir le territoire de Marseille et de Narboimc, qui s'étaient déclarées pour Sylla. Mais Pompée y étant venu, s'y étant conduit en vainqueur, et abandonnant les révoltés et la Province romaine entières aux rigueurs du proconsul Manilius Fonteius, celui-ci ne la pacifia qu'en lui imposant les plus affreux excès que puisse subir un peuple vaincu (O. Tranquillité relative Lcs Pictous, dout Ic territoire était alors bien moins étendu qu'il le devint plus tard, ne paraissent pas s'être mêlés à ce dernier soulèvement. Comme la prise d'armes se fit dans l'Aquitaine méridionale, et près des côtes de la Méditerranée, nos ancêtres durent s'en abstenir, puisqu'ils tenaient la partie

(a) De l'an 91 à 88 avant J.-C.

{b) Appelée aujourd'hui la Provence.

(c) César, de Bello avili, lil). I.

DU POITOU (av. j.-c. 56) 5

la plus septentrionale du pays. D'ailleurs, à en juger par un mot de César, qui parle d'eux pour la première fois dans son troisième livre des Commentaires (^i, les Poitevins étaient déjà compris parmi les peuples soumis à ses armes, lorsque dans sa deuxième campagne, Pan 56 avant Jésus-Christ, il requit des Poitevins et des Saintongcois (2) un certain nombre de vaisseaux qui durent aller contribuer à sa victoire navale sur les Armoricains (3) de Vannes (4), qui avaient tué ses ambassadeurs.

C'était à un de ses jeunes lieutenants , Publius Crassus, qu'était due en grande partie cette victoire navale. Il connaissait bien l'Armorique pour l'avoir parcourue en tous sens pendant l'année qui suivit l'apparition de César dans les Gaules. C'était lui qui s'était chargé de recruter, sur les côtes de l'Océan, tous les navires qui garnissaient les ports entre In Loire et la Garonne ; et quand cette marine eut déterminé en grande partie la défaite des Bretons, Crassus, qui avait pu rendre compte de ce qu'il avait vu dans les Aquitaines d'antipathie et d'oppositions sourdes, n'eut rien de plus pressé que de retourner dans le pays pour s'assurer de lui. Il pénétra jusque dans la Province pour y lever de la cavalerie, et après s'être emparé de la capitale des Sotiates t*) la plus redoutable des nations aquitaniques, il finit par asservir toute la province jusqu'à Saintes et à Poitiers. Bouchet, qui avait beaucoup lu, et qui puisait à des sources que nous ne saurions toujours retrouver, parle d'après César (c) mais aussi d'après quelques

^ ^ 1 1 j. Menées de Pisoii

mémoires locaux aujourd'hui perdus, d'un certain Pison «^"tre la liberté des

•' ^ ' Gaules.

d'Aquitaine, petit-Hls d'un roi ou chef de la contrée, assez dévoué aux Romains pour que le Sénat lui eût donné le titre d'ami, et dont les menées n'avaient pas peu servi à l'assujettissement de sa patrie. Le lieutenant P. Crassus l'avait amené à des intelligences, et le dévouement de l'ambitieux Gaulois

(a) C. II.

{h) Peuples des environs de Lcctourc (Gers) et d'Agcn ('Lot-ct-Garoniic).

(^0 De Bello gaUico, lib. IV, c. \iii.

110 lui avait pas fait défaut. On n'en doit pas conclure avec un auteur peu solide , que ce Pison fût établi dés avant le départ de César Fun des premiers gouverneurs de la province. Son nom ne figure point parmi ceux de ces magistrats qui, d'ailleurs, ne furent institués que plus tard par Auguste. Remarquons aussi que Pison est un nom tout romain, applicable à plusieurs familles illustres, et que celui dont il s'agit ici pouvait bien avoir une origine romaine avec des alliances de parenté dans la Gaule aquitanique, ce qui expliquerait comment il put s'entendre avec les conquérants du pays, sans excuser la duplicité de son rôle. Les Poiieviiis et les Quoi qu'il cu soit , Ics succés dc César et de ses généraux,

Saintongeois alliés des , , , . , . - i i • . i ■ i

Romains. ct la dépendance qui en résultait pour les provinces mal-

traitées par ces guerres incessantes, ne faisaient que les prédisposer d'autant mieux à un de ces mouvements qui revenaient si souvent déjouer la sécurité des vainqueurs. 11 n'y avait pas une cité, pas une province de la Gaule qui, dans toute son étendue, ne se révoltât, à l'occasion, contre les maîtres dont les exactions et les cruautés eussent assez justifié ces colères, si le patriotisme seul n'eût suffi à les expliquer. C'est au milieu d'une de ces mémorables révoltes que nous trouvons le plus ancien souvenir de la vie militaii'o des Poitevins.

i>..iiii.iuc (Ju con- César, qui venait de délivrer d'Arioviste, roi de Germanie (5), les, tribus de la Belgique et de l'Helvétie ('?) (6), profita de ce service rendu pour établir son autorité bien au-delà de ce qu'on attendait d'un tel associé. Ce qu'on avait pris pour de la générosité parut bientôt n'être plus qu'une ambitieuse politique. Et, en effet, en se mêlant de tout, en prétendant faire tout plier à ses arrangements dans le gouvernement (le ces petits peuples qui, jusque-là, n'avaient obéi qu'à des chefs autonomes, son but était bien de tout assujettir à son unique volonté. Quelque visibles que fussent ces prétentions, certaines grandes populations s'y soumirent, comme celle

((/) C('s., Comm., I. — Tacilo, Ifisl.. c, iv.

ifuéiaut

de Reims (7), qui trouvait de grands avantages à la faveur du général ; mais le plus grand nombre préféra garder une indépendance sur laquelle elles avaient compté et une nationalité dont la perte était celle de leur patrie. Une ligue fut donc conclue de toutes les villes du nord-est, et bientôt du contingent proportionnel de chacune se forma un corps redoutable de deux cent quatre-vingt-dix mille hommes prêts à se défendre ou à attaquer.

De là ces reprises de guerres sanglantes, ces batailles et ces sièges, ces massacres, ces supplices, qui signalèrent la première campagne de César, et qui tendirent, avec tant d"'autres qui les suivirent pendant sept ans, à la conquête et à Fassujettissement, enfin obtenus, de ce vaste territoire, qui succomba sans retour sous Tavide activité du vainqueur.

Ne nous en plaignons pas. Le christianisme n"'était pas loin. , vues du la Provi-

i^ o ^ 1 deiice dans I assuj.'i-

Dieu préparait son avènement dans le monde en disposant la Juf'Romaiïs.'^'' ^^^^ Gaule , par sa soumission même , à la grande mission qui lui serait faite. Sa conquête portait en germe les merveilles de sa vie future par ce Christ qui devait aimer les Francs.

Mais jusqu'au jour de ces origines morales, que de travaux encore et que de guerres devaient s'accomplir ! La résistance, dès la seconde année du gouvernement de César, devint des plus ardentes ; le général romain, tout en gagnant par ses intrigues les chefs de quelques populations, éloignait celles-ci par ses cruautés, qui les exaspéraient jusqu'à leur faire préférer la mort à son esclavage. Aussi ne fut-il pas rare de voir dans son parti des chefs de provinces que leurs peuples se gardaient bien de suivre, et contre lesquels même ils se révoltaient ouvertement. '

De ce nombre furent les Piétons, que commandait alors le chef Duratius (^). Celui-ci, qui, dit-on, les gouvernait depuis eiîtïaÈoïcoiire quelques temps, était ami des Romains. Ses complaisances ^"^^°'''"pour eux dataient déjà de longtemps ; il s'efforçait alors da leur conserver sa capitale, et quand les habitants s'y étaient

(a) Hirtius, continuateur de César, Ville

liv. c. xvu

8 HISTOIRE GÉNÉRAL i:

enfermés poLir la garder au parti national, leur elief, renfermé avee eux, tendait à la livrer par une de ces trahisons qui lui étaient familières. Jusqu'à quel point avait-il trempé dans l'accord qui avait fait remettre à César, prêt à attaquer la flotte des Armoricains, tous les navires frétés sur la côte occidentale de TAquitaine ? Nous Tignorons, aussi bien que la ])lupart des détails de sa conduite : mais rien n'autorise à croire que son penchant pour Tétranger ne Taura pas déjà, en ces circonstances, employé au triomphe d'une cause qui n'aurait pas du être la sienne. Quel fut son rôle aussi lorsque César, revenu de Rome, où Pavait appelé la crainte des succès de Pompée, trouva la Gaule presque entière soulevée par Vercingétorix (8), liguée autour de ce roi, dont elle soutenait la valeur déterminée, en une coalition qui dut s'effacer par la chute de Timportante ville d'Alesia (9)? Où était Duratius, lorsque ses Poitevins durent, comme tant d'autres, après vme nouvelle défaite, regagner leurs foyers et peut-être, imitant les Bituriges (10) et les Carnutes (11), incendier leurs villes et leurs villages, toujours résolus à lutter encore, sans rien exposer aux rapacités du vainqueur?

Les courts réchs de l'écrivain militaire, aussi rapides que ses conquêtes, ne nous laissent apercevoir aucune trace du complaisant ami dont la fidélité eût honoré une meilleure cause. Mais l'occasion allait enfin se présenter où son nom, devenant historique, apprendrait à la postérité ce qu'elle doit penser des éloges trop mérités par lui. Ses intrigues avec Aprês avoir comprimé toutes ces grandes prises d'armes et dispersé ses valeureux antagonistes. César craignait encore cependant, et se dirigea vers la Belgique où Ambiorix continuait une guerre défensive (12) : mais le midi ne l'inquiétait pas moins, et il dirigea son heutenant Fabius vers la basse Aquitaine, tandis que C. Caninius, autre général qui avait fait ses preuves, exerçait, avec huit mille hommes et })las, près de nous, une surveillance (|u'il fallait renforcer. Celui-ci avait pour affidé dans le Poitou, Duratius, cet ancien roi de la ])rovinr-e, rjui, grâce à sa complicité bien connue avec

Fennemi, iry conservait qu'une royauté nominative. Ardent à maintenir dans la dépendance de Rome ce plus ou moins grand nombre de timides ou d'intéressés qui ne manquent jamais en pareil cas, il était de rapports faciles avec ceux du parti contraire, et ainsi s'était maintenu dans une position aussi favorable à l'ennemi qu'à lui-même. Son principal soin était donc d'assujettir le pays à ses vainqueurs. C'est pourquoi, quand il vit un grand nombre des peuples battus par César, au centre de la Gaule, se réfugier sur les frontières du Poitou et y former d'importants rassemblements, il n'eut rien de plus })ressé que d'informer Caninius, par des lettres et des coureurs, de ces apparences redoutables. Pour lui, peu enclin à seconder le mouvement national, il feignit de craindre, au contraire, que son peuple ne le favorisât, et résolu de défendre Lemomun contre le patriotisme qui s'y manifestait, aidé d'une autre troupe vendue comme lui à l'étranger, il s'était retiré derrière ses muraillo^-; et n'en avait fermé les portes que pour les soustraire à un coup de main des mécontents, assurés, d'ailleurs, de la plus grande partie de la population. Caninius, qui occupait un poste de surveillance sur les frontières du Limousin, se hâta de partir, et marcha dans cette direction, ^lais Dumiiacus, chef des Andes (13), homme iniencniion .ii. g.--

ncral aiiijcviii Uuin-

aussi brave que dévoué à son pays, n'avait pas tardé à "'-eussavoir ces grandes nouvelles. Il avait fait diligence, et à la tète de près de vingt mille hommes, venait au secours de la ville, décidé à en chasser Duratius et à se joindre, pour la recouvrer, à ceux de ses habitants dont ce perfide capitame violentait les patriotiques affections.

Caninius n'était qu'à cinq ou six lieues de l'importante cité, quand des prisonniers surpris dans la campagne lui apprirent ce qui se passait sous ses murs. Comme il avait peu de monde, il sentit qu'il fallait éviter une rencontre. Il s'établit donc prudemmeilt sur le territoire d'un petit village nommé aujourd'hui Bonneuil,près du gué de S*-Martin-la-Rivière (14). Là s'éle\;i!t mie ceintin-e de collines qui lui offrait un lieu sûr de retranchement. Il en profita, et bien lui en prit: car

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