C. XXX
Note 13
Habitants de l'Anjou, dans la troisième Lyonnaise, attachés à Vercingétorix. La capitale était Angers, Andes, Andegavi, aujourd'hui chef-lieu de Maine-et-Loire, avec 40,000 habitants.
Note 14
Sanctus Martinus de Riparia, chef-lieu de commune du canton de Chauvigny (Vienne), mentionnée à la fin du xiv"= siècle ; c'est une population d'environ 1,000 âmes, dont l'église de Saint-Martin, posée au milieu du village, sur la rive droite de la Vienne, relevait autrefois
du Chapitre voisin de Morthemer. Sur son territoire était le prieuré de N.-D. de Cubord, dépendant de Saint-Benoît-sur-Loire, et dont l'abbé de Saint-Benoit de Quinçay avait la présentation. — Bonneuil est un village de quelques feux placé vis-à-vis de Saint-Martin , sur la rive gauche de la rivière, dont le gué le sépare du chef-lieu.
Note 15
Hirtius dit « xxv cohortes », et alors chaque cohorte, dont la force a varié souvent, était de 400 hommes.
Note 16
Petite ville de 4,000 âmes, chef-lieu de canton de Maine-et-Loire, à 6 kilomètres sud-est d'Angers. C'était, dès ce temps, un point militaire important, nommé Pontes CœsariSj et qui consistait en une suite de ponts et de chaussées traversant, sur une longueur de trois ou quatre milles, les bras et les îles de la Loire. (Malte-Brun.)
Note 17
Capitale des Cadurei^ dans la première Aquitaine , nommée d'abord Divonaj du nom d'une déesse adorée dans le pays.
Note 18
Village et commune de la Vienne, canton de la Villedieu, sur le territoire de laquelle passait à l'époque gallo-romaine, la voie de Poitiers à Limoges. On y a découvert, en 1857, un cimetière de cette époque avec un grand nombre de monnaies du temps, frappées entre la conquête et le règne de Constantin.
Note 19
Les Asturiens et les Cantabres étaient deux petits peuples voisins, cachés dans les montagnes des Asturies, en Espagne, dont la soumission donna beaucoup de peine aux Romains.
Narbonne, Narbo, une des principales villes de la Gaule, donna son nom à deux provinces gauloises, la première et la seconde Narbonnaise. C'est de la première que la grande ville était la métropole. Elle était le séjour du proconsul romain, — Elle a 10,000 âmes et est une des sous-i>réfectures de l'Aude.
Note 21
Eause, Blusa, ville capitale du pays des Elusates, dont les ruines sont représentées aujourd'hui par la petite ville d'Eauze ou de Ciutad (Gers), chef-lieu de canton de 3 à 4,000 habitants.
Note 22
Nous n'essayons pas de donner l'étymologie de ce nom , pas plus que de celui de PictonSj, sur lesquels de plus savants se sont épuisés on dissertations qui n'apprennent rien. Les Gaulois n'écrivaient pas, ne laissaient aucune trace de leur idiome, ni de leurs sciences. De là pour nous une ignorance à peu près complète de leur langue, dont nous n'avons recueilli aucune phrase, et dont on ne peut retrouver à peine, à force de recherches et de conjectures, que des mots dont le sens est encore peu assuré. En face de telles conditions, il est nécessairement de ces mots dont l'étymologie est impossible. Cependant, on ne peut que pencher avec Dom Martin, auteur de V Histoire des Gaules j vers l'opinion qui, se rattachant à l'origine commune des Lemovices et des Pictones, en trouverait une preuve dans la ressemblance des mots Limovix et Limonum. (V. le Mémoire de M. Deloche, sur les Lemovices Armorici de César. (Mém. des Antiq. de France^ 1857, p. 51. j
Note 23
Les auteurs de VArt de vérifier les Dates, (in-8°, x, 87), prétendent que Poitiers fut fondé par Auguste, «. comme l'indiquent, disent-ils, son nom d'Augustoritum. » C'est confondre Poitiers avec Limoges, par une erreur qu'avait déjà faite Adrien de Valois, et. qu'ont relevée Banville et A^'alkenaër. Nos bénédictins prétendent aussi « qu'il ne faut pas confondre ce Poitiers Augustoritum, avec un autre, nommé Lemonum , et dont la position n'est pas bien connue ». C'est là une idée confuse du vieux Poitiers dont nous parlerons bientôt, et de telles assertions accusent l'absence des indications locales, si nécessaires pourtant dans l'étude de ces questions. Hauteserre s'y était trompé le premier. En définitive, il est certain que Poitiers fut appelé au ii" et au in'' BièclQ?, ^Augustoritum Pictonumj comme Limoges, nommée depuis Civitas Lemovieum, et qu'à l'une et à l'autre ce surnom était venu de quelque faveur impériale, octroyée dans le but de lier les deux cités à l'Empire par une distinction qui semblait engager leur fidélité.
Note 24
V. ^L Deloche, cité ci-dessus note 22. Ce fut après cette adjonction que ce vaste pays acquit une grande prépondérance.
Note 25
Il n'en est plus ainsi depuis longtemps, et les agrandissements de Poitiers, qui se sont portés^ comme il arrive le plus souvent pour les grandes villes , vers le côté occidental , en font un ensemble à peu près circulaire, sauf la pointe qui se prolonge vers le nord , par tout le faubourg de Montierneuf.
Note 26
Les Bellovaques habitaient le territoire de Beauvais (Bellovacum), dans la deuxième Belgique. Cette ville de 15,000 âmes est devenue la préfecture de l'Oise. Les Bellovaques étaient alliés aux Carnutes, fort belliqueux, et se distinguèrent par une longue et énergique résistance aux Romains qui, cinquante ans après l'invasion, ne les avaient pas encore vaincus.
Note 27
Nous voyons ici une preuve entre mille de la bonne foi de Bouchet. Souvent il nous dit avoir lu « en de vieux manuscrits » les faits extraordinaires qu'il nous raconte ; mais voici que sur cette prétendue reconstruction de Poitiers par Claude, il nous a dit qu'il ne l'avait lue nulle part, mais seulement entendu raconter. Or, autant nous sommes autorisés à le croire sur d'autres faits affirmés par lui, malgré une teinte de merveilleux, autant nous devons refuser de le suivre, quand son propre doute vient fortifier le nôtre.
Il en est bien autrement quand il parle des Barbes de saint Pierre, relique conservées dans la cathédrale de Poitiers, et qui, au premier abord, étonnerait quelque peu. Il était impossible d'avoir inventé la nature d'un tel objet de dévotion; on le croirait donc quand bien même il serait dénué de preuves ; mais ces preuves ne manquaient point, quoiqu'il ne croie pas utile de les dire, et on le trouvera en grand nombre dans notre Histoire de la cathédrale de Poitiers, t. I et 11 pas sim. (V. la table gén., à la fin du IP vol, V° Reliques.)
Note 28
Walkenaër a voulu établir que le vieux Poitiers avait été la capitale d'un petit peuple particulier renfermé dans le territoire des Pictones (Géog. anc. de la Gaule, 1, 365). Mais il n'y a réussi qu'autant qu'il le fallait pour prouver que, s'il eût été local, les vestiges qui n'auraient pas échappé à ses investigations l'eussent rangé de notre avis. Et, d'ailleurs, quel eût été ce peuple, et quelle ombre a-t-il laissé dans l'histoire, qui ne bégaye même pas son nom?
Note 29
Dafour, uh. supr. — Il y a bien dans cet écrivain quelques observations non toujours dépourvues d'une certaine sagacité , lorsque, par exemple, il croit découvrir de notables différences de constitution, qui ne sont peut-être pas toutes chimériques, entre les populations campagnardes qui s'étendent de Poitiers à Lusignan et celles qui, de ce dernier point, se prolongent jusqu'à Saint-Maixent, Melle et autres lieux circonvoisins. Du Radier conclut à des origines diverses. Mais ce système est un peu trop généralisé , comme tous ceux que s'est fait cet auteur, en d'autres cas, et qui se ressentent un peu trop des prétentions à une érudition qui s'exagère.
Note 30
L'Allia, aujourd'hui Aia^ est une rivière d'Italie qui passe à Nementano (l'ancienne Nomentum) et se jette dans le Tibre à quatre lieues au-dessus de Rome. C'est après avoir gagné une bataille sur ses bords que les Gaulois entrèrent à Rome, commandés par Brennus, l'an 391 avant Jésus-Christ.
On n'a donné contre les assertions de César sur ce point que des preuves de sentiment ou des arguments négatifs jaillissant de la même source. Cette question a été traitée en sens contraire par des dissertateurs qui oubliaient les témoignages antiques et l'opinion que s'en étaient faite les historiens modernes les plus sérieux (V. Amédée Thierry, Hist. des Gaulois^, t. II, 2'' partie, c. i, p. 97, et t. III, p. 455), — Là se trouvent les textes indiqués de Strabon, de Lucain, de Lactance, de Minutius Félix. Quelles preuves apporter contre ces contemporains, renommés à si juste titre, et qui tous sont d'accord avec César : « Supplicia corum qui in furto, aut latrocinio )i aut aliqua noxa sunt comprehensi, gratiora diis immortalibus essa » arbitrantur. » [loc. cit.) — Et si l'historien ne parle ici que des exécutions criminelles, vous verrez ailleurs dans son livre IV, c, xvi, qu'il y est aussi question de sacrifices humains : « qui sunt affecti » gravioribus morbis, quique in prœliis periculisque versantur, aut » pro victimis homines immolant, aut se immolaturos vovent, admi- » nistris que ad ea sacrificia druidibus utuntur, » Il y a plus : quand les coupables manquent, poursuit l'auteur, on dévoue des innocents : « Cum ejus generis copia déficit, etiam ad innocentium supplicia y» descendunt, a — Enfin Pline et Aurelius- Victor attribuent à Claude, voyageant dans la Gaule l'an 43 de Jésus-Christ, des sévérités jugées nécessaires contre les druides et leur culte,
lesquelles reçurent l'approbation de tous les hommes éclairés de ce temps (V. A. Thierry, Hist. des Gaulois, III, 319). — Et un Discours historique sur les druides, ])Slv Dreux du Radier, dans les Mémoires de l'académie de la Rochelle, 1757, p. 211. Que voudrait-on de plus clair? Et après tout les Romains eux-mêmes n'avaient-ils pas le droit de vie et de mort sur leurs esclaves?
Note 32
Le titre de consulaire se donnait à ceux qui avaient été honorés du consulat, qui ne s'exerçait que pendant un an par deux consuls à la fois, et souvent pendant quelques mois seulement, lorsqu'il s'agissait de remplacer l'un de ces deux sorti de charge pendant le cours de l'année.
Note 33
Sur les Arvernes, voir la note l"''^ de ce livre.
Farnabe, dans son édition de la Pharsale, lib. I, v, 436. Amstelod., 1613, — ■ interprète cet immunes j)ar amotis prœsidiis. Donc, et précisément au i" siècle , Limonum n'avait pas de garnison romaine, se gouvernant par ses propres magistrats, tout en faisant partie de l'Empire, ce qui supposait pourtant l'action d'un proconsul romain. C'était de cette prérogative que découlaient toutes les autres pourles villes qu'on appelait municipales. (V. Sabbatier, Montchablon et autres.)
Note 35
Les empereurs, pour garder avec leur pouvoir absolu une apparence de république, s'étaient déclarés consuls en prenant l'Empire, et leur consulat se renouvelait chaque année par un acte de complaisance du Sénat, qui ne leur manquait jamais.
Note 36
Tarbes, Tarvia ou Tarba, ville de la Novempopulanie, au nord-est de cette province, sur l'Adour, et capitale des Tarhellii, habitant le territoire qui représente une partie méridionale du département des Landes. Ville de 10,000 âmes, chef-lieu des Hautes-Pyrénées et de l'ancien Bigorre.
Note 37
Les plus anciennes de leurs colonnes itinéraires trouvées dans les vieilles localités gallo-romaines de quelque importance, comme Rom,
Chauvigny, Cénou et autres, ne remontent guère au-delà du milieu du 11^ siècle ; mais on n'a pas tout recouvré.
Note 38
<( Et tu, Bethléem Ephrata, parvulUs es in millibus Juda, ex te.... » orietur Parvulus qui sit Dominator m Israël, et egressus Ejus ab » initio, a diebus œternitatis. » (Mich. V, 2.)
Ces paroles, dont le sens est si précis, et que l'événement a si bien justifiées, réalisent dans leur concision pleine de clarté, toutes les promesses de la loi mosaïque. Elles sont du prophète Michée, contemporain du roi Achab, et qui florissait entre 740 et 724 avant Jésus-Christ. C'était donc pendant la fondation même de la ville éternelle par Romulus, qu'un Juif, ignoré de la terre, annonçait un événement qui détruirait la puissance temporelle de ce nouveau peuple destiné à enchahier l'univers, et à ménager la ruine du paganisme que devait remplacer à Rome même le triomphe de l'Eglise chrétienne.
Note 39
« Rex regum etdominusDominantium, » disait saint Paul il'" Epitre à Timothée, VI, 15).
Note 40
Ce nom grec latinisé, et d'autres que nous rencontrerons bientôt, comme Etienne, s'explique par l'incorporation, qu'Auguste avait faite récemment à l'Empire, des Galates ou Gallo-Grecs, qui, toujours armés contre Rome, supportaient difficilement le joug étranger. La politique du successeur de César parvint à faire cesser ces oppositions, et il jtaraitrait, par le fait raconté ici, qu'il sut prendre le moyen efficace de déplacer le patriotisme des vaincus. Ce même nom parait s'être implanté dans la Gaule, car, vers le milieu du vi" siècle, on le trouve appliqué dans Grégoire de Tours à un sénateur du pays [Hist. franc, lib. I, c. xxix. et De glor. confess. c. xcii). Le fils du comte de Tours Leudaste, portait aussi ce nom [Hist. franc, lib. V, c. XLvni). Ainsi, encore une fois, voilà Bouchet, dont les traditions sont les nôtres, justifié par des autorités irrécusables. (V. Annal. d'Aquitaine^ p. 18 et 19. — Sabbatier, Dict., V° Galates.)
Note 41 Et erit iste pax (Mich. v, 5;. — Princeps pacis (XIII, xi, 6).
Note 42 César distingue deux LemoviceSj dont il attribue l'un au territoire
qui confine au Poitou et au Berry, l'autre qui aurait été dans l'Armorique. Cette distinction qu'on a voulu expliquer par une mauvaise copie du mot Lemoviees, laisse toujours une obscurité qui tient aussi au sens mal connu du -mot Armorique (V. ci-dessus, note 3). Elle est de celles sur lesquelles on peut beaucoup travailler sans rien éclaircir ; et d'ailleurs elle est aussi d'un moindre intérêt puisqu'on ne trouve nulle part un choix à faire entre les deux peuples. Toutes ces incertitudes viennent certainement comme le •croit Banville (Notice de la Gaule, p. 407 et suiv.), de la géographie mal connue de la Gaule d'alors, où quelquefois César nomme de petits peuples qu'on n'a pu retrouver.
Note 43
Nous devons dire ici qu'à Pavie on regarde saint Cyr, iDremier évèque de cette ville, honoré le 9 décembre, comme ayant été l'enfant qui, dans le désert, fournit les cinq pains multipliés par Notre- Seigneur (Saint Jean, VI, 113). — Mais Labus, Fasti délia Chiesa, au 9 décembre, attribue ce saint au ii*^ siècle : et nous pouvons ajouter que son histoire est loin d'avoir été étudiée d'aussi près que celle de saint Martial. — V. les ch. ix de saint Marc et de saint Luc.
Note 44
Les Elusates étaient les habitants de la ville d'Eause (V. ci-dessus, note 3).
Note 45
Saint Grégoire de Tours est en contradiction sur ce point avec la tradition de toutes les Eglises des Gaules, parce que les documents lui ont manqué lorsqu'il a voulu parler de toutes à la fois , ce qui n'empêchait pas celle-ci d'avoir eu leurs dyptiques dont la perte, due aux invasions et aux incendies qui ravagèrent la Gaule aux iv^ et v^ siècles, s'opposait à ce que des étrangers les consultassent pendant que les indigènes, de leur côté, en conservaient toujours les souvenirs locaux. Ce n'est pas d'ailleurs la seule erreur qu'ait commise Grégoire de Tours. N'a-t-il pas dit que les Teifaliens étaient un peuple du Poitou, en termes qui feraient prendre leur pays pour le Poitou lui-même? (De vit. pair., c. 15.) N'a-t-il pas confondu ou interverti l'ordre des rois Vandales, attribuant même à l'un d'eux ce qui appartenait à un autre (V. Guizot, Introd. à la traduction de Grégoire de Tours, dans sa Collection des historiens de France. — Migne, Patrologie latine, t. XCV, col. G86 et GS8). Ne s'est-il pas trompé aussi en mettant le sac de la ville de Metz
par Attila SOUS l'épiscopat de saint Autor, évèque de cette ville, qu'il fait contemporain de saint Saturnin, évèque de Tongres : ce qui établit une différence de plus de cent ans entre l'événement et sa date véritable ? M. Chaussier, supérieur du petit séminaire de Metz, a donc eu raison dans sa Dissertation sur l'origine apostolique de l'Eglise de Metz (V. Migne, uh. supr.) de dire que Grégoire n'est pas d'une grande exactitude sur les faits qu'il n'a point vus par luimême, et qui ne se sont point passés dans le pays où il écrivait. Nous en pourrions donner bien d'autres preuves.
Note 4G
Le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, qui a rédigé dans la France pontificale, le volume qui contient sa métropole, a persisté en 1867, dans la vieille opinion de Grégoire de Tours (in-8°, page 10, Paris, 1867), en dépit du beau travail produit dès 1855 contre cette idée par M. l'abbé Arbellot [Dissertation sur l'apostolat de saint Martial^ in-8'', Paris et Limoges). En 1851, le Saint-Siège rendit un nouveau décret sur la question, où il confirma celui qu'avait donné le pape Jean XIX, au commencement du xi"" siècle. Il y a plus : c'est qu'on 1867, M. l'abbé Cirot de la Ville, dédia ses Origines de l'Eglise de Bordeaux au cardinal Donnet, qui put y lire les preuves de l'opinion commune que saint Martial n'avait pas moins fondé le siège de la métropole de la deuxième Aquitaine , que ceux de Limoges et de Poitiers.
Note 47
Il faut bien s'attendre que ce mot de miracles reviendra souvent dans la partie ecclésiastique de cette histoire. C'est à faire crisper les nerfs à ceux qui ne veulent plus pour expliquer toutes choses que la nature et la science. Une fois pour toutes, nous dirons à ces formidables savants qui demandent surtout pourquoi on ne voit plus de miracles : d'abord qu'on en voit encore qu'ils refusent systématiquement d'examiner ; et puis, que la suspension des lois ordinaires de la nature par la Providence était indispensable à la diffusion du christianisme et à la conversion des masses. Nos systématiques antagonistes se regimberont donc inutilement contre l'emploi du surnaturel que Dieu se permet sans les consulter quand il le juge nécessaire. Le passé du monde, son présent et son avenir répondront aussi catégoriquement à ces prétendues difficultés, aussi bien que la perpétuité même de la religion qui ne durerait pas si longtemps si elle s'était appuyée sur des mensonges.
76 NOTES DU LIYRK l'
Note 48
En effet, dans ce récit que nous reproduisons des mémoires de plusieurs auteurs, il y a des caractères de vérité qu'on ne peut méconnaître. Ce qui nous y semble plus frappant et dont nous devons tirer les plus utiles conclusions, c'est par dessus tout la nature de ces noms propres qu'un auteur de légendes faites à plaisir, n'eût certainement pas puisés aux sources d'où viennent ceux d'Etienne, de Suzanne, d'André, d'Aurélien et d'Arcadius. On voit bien que ces noms accusent des éléments de nationalités diverses, et se rencontrent parfaitement avec le fait historique du mélange des Juifs et des Grecs avec les Romains. Le grand nombre des premiers qui étaient venus s'établir à Rome, suppose quelques alliances, qui, avec le temps, durent se multiplier entre les familles des deux nations, et c'est pourquoi, à côté du nom latin d'Aurélien, nous voyons ici trois noms hébreux ou grec : Etienne, Suzanne et André. Il est clair que de tels noms, ainsi rassemblés, ne l'ont pas été par le hasard, non plus que par l'ingénieuse industrie d'un romancier de ce temps, et quand on les voit accolés à des événements très conformes à la marche des histoires contemporaines, on a une preuve de plus en faveur d'une tradition dont les sources, toutes taries qu'elles soient, n'ont pas moins laissé des traces certaines de leur passage dans nos chroniques originales. Le vocable donné alors et conservé à travers tant de siècles à la cathédrale de Limoges, est encore d'une coïncidence remarquable et très naturellement expliquée.
Note 49
Bouchet, {AjiJial.j p. 14). — Bonnes n'existait sans doute pas encore à titre de localité centrale. Aucuns restes anciens ne s'y rencontrent: elle est toute du moyen âge, avec son église romane de Saint-André qui semble du xn'' siècle. C'est actuellement une commune de 1,500 habitants, au bord de la Vienne, qui la partage, et du canton de Saint-Julien-l'Ars. La paroisse relevait de l'abbaye de Déols ou du Bourg-Dieu, en Berry. — Elle avait aussi un prieuré de Saint-Benoit, dont la chapelle occupait la rive droite de la Vienne à l'opposite du bourg. Ces détails laissent entrevoir que la paroisse remonte à une époque bien plus reculée. Au reste, nous verrons que c'est à peu près aux v° et vi'^ siècles qu'il faut attribuer la fondation du jilus grand nombre de nos églises paroissiales.
Quand nous publiâmes V Histoire de la cathédrale de Poitiers, en 1849, cette question était loin d'avoir été étudiée comme elle le fut
depuis , et sans prendre parti pour aucune des deux thèses contradictoires, nous nous attachâmes aux errements suivis, dont nous étabhssons aujourd'hui le peu de fondement et l'insuffisance. (Cf. sur la tradition toujours reçue de notre diocèse. Labbe, Biblioth. Nooa, t. I, p. 636. — Bouchet, Annal., p. 14. — Pétri Venerabilis, opp., apud Migne, Bihiol. latinœ, t. CLXXXIX, col. 771.)
Note 51
Sigebert, établi à Bordeaux, est encore une trace de l'émigration teutonique dans la Gaule, par suite de la soumission des Germains à César, à Auguste et à leurs successeurs, jusqu'à Néron. Sigebert^ en Teutonique, signifie victoire éclatante. C'est un caractère des langues germaniques, nous le verrons souvent, d'exprimer toujours par leurs noms d'hommes une qualité guerrière, comme par les noms de femmes un titre qui convient mieux à leur sexe. Ainsi donc Sigebert est la victoire éclatante,, comme Radégonde était la/ee des bons conseils.
Note 52
Encore un trait de vérité en faveur de nos sources historiques. Un romancier qui aurait voulu établir les choses d'après son imagination, n'aurait pas manqué de mettre à la place de saint Martial, sur le siège de Limoges , Albinien ou Austriclinien , l'un des deux prêtres qu'il avait amenés de Rome, et dont l'un avait été l'objet d'un miracle. Tous deux lui avaient survécu; l'un ou l'autre aurait pu lui succéder plus ou moins immédiatement. Eh bien ! l'histoire s'y prend tout autrement, et en rendant justice à la sainteté des deux amis dé Martial, elle leur préfère, par la force des faits, un idolâtre converti et ne songe pas même, après ce second évêque, à rendre enfin à l'un de ces deux prêtres une position qu'on semblait avoir oublié de leur faire.
Note 53
Nous ne décidons pas ici qui est dans le vrai, entre les savants qui traduisent Prœtorium par Pontorion, comme nous ici, ou par Les Arènes, comme Banville, ou pavEridi^rs, comme M. de Beaufort [Mémoires des Antiq. de l'Ouest, xxix, 289 et suiv.). L'essentiel est d'indiquer ici la route la plus directe, et tout le monde accorde à Banville que le tracé de ses voies est exact parle Prœtorium d'alors, en quelque façon qu'on le traduise aujourd'hui.
Note 54 C'est donc mettre trop tard la mort de saint Julien que de lui
assigner l'an 131, comme font plusieurs martyrologes. Mais une particularité notable, c'est que ces deux saints, l'apôtre et le martyr, sont en même temps patrons de Saint- Julien-lc-Pauvre, à Paris. On pourrait y reviser utilement ces données si incertaines.
Note 55
Cette paroisse est connue sous le nom de Saint-Julien-l'Ars (Arsus)j triste souvenir de quelque sinistre antérieur au xii" siècle, car elle est nommée Saint-Julien-le-Brûlé (Arsus)^ dans un acte de 1119. (V. D. Fonteneau, xxvii, 67.) C'était de l'abbaye de la Trinité de Poitiers que relevait le patronage de la cure, aussi bien que la seigneurie et la haute justice. Elle est le chef-lieu d'un canton de 900 âmes, à 12 kilomètres de Poitiers. C'est une localité d'origine romaine, la voie de Poitiers à Bourges passant par son territoire. Elle a une église du xii® siècle et un château du xv« encore bien conservé.
Note 56
Les Landes -Genusson, devenues une paroisse de 1,400 à 1,500 âmes, n'étaient au xiii'^ siècle qu'une étendue de terrain inculte, dont un ecclésiastique nommé Genusson , qui en était seigneur , prit en même temps le soin spirituel avec la charge de curé. Il y avait un droit de triple justice pour lequel il relevait de la Tour de Maubergeon ou du Palais de Poitiers, dont il faisait aveu au roi, comme le prouve un titre de 1670.
Note 57
Petosse, paroisse de 5 à 600 âmes, du canton et au sud de l'Hormenault. Son nom contourné de cinq ou six manières par les manuscrits du moyen âge, y apparaît pour la première fois en 1003, quand déjà le service paroissial y était fort ancien. C'est tantôt Podatieum, Perdueia, tantôt Palotia, de Polaciis. Sous l'église et le cimetière on avait creusé des souterrains-refuges qui paraissent remonter au x^ ou xi^ siècle, et à l'époque de guerres ardentes dont cette partie de la Vendée eut à souffrir. L'église de Saint-Julien date de cette même époque et dépendait alors de l'abbaye de Maillezais, dont elle était un prieuré longtemps connu sous le non de La Court (Curtis). Plus tard, et sans doute, et par suite de quelqu'un des fréquents revers de l'abbaye, elle dépendit de l'évêque de Luçon qui y nommait encore en 1740. — (V. M. l'abbé Aillery, Pouillé, p. 182. — Congrès archéologique de Fontenagj 1865, p. 78 et suiv.)
Note 58
Cordas a dans l'histoire de ce temps une existence assez restreinte, comme celle de la plupart des personnages qui jouèrent le même rôle que lui dans la légation de la Gaule. On ne sait comment il disparut de l'Aquitaine, ni quand cessa son gouvernement.
Note 59
En présence des opinions de Banville (V. sa carte de la Gaule antique) et celle de M. Deloche {Mém. des Antiq. de France, xxni, 82), nous croyons pouvoir nous en tenir, jusqu'à preuves contraires, à la position plus généralement donnée aux Aséginates vers les confins septentrionaux du Poitou, entre Portas Secor (les Sables, ou, selon d'autres, Saint-Gilles-sur- Vie), et Ratiatum (Rezé). Toutes les discussions auxquelles se sont livrés les savants modernes sur ce point n'ont abouti enfin qu'à dissiper les obscurités de la question, qui, heureusement, ne reste plus à l'état de doute (V. le Mémoire de M. Deloche cité ci-dessus\
Note 60
Commune de Fief-Sauvin, près Baupreau, sur la voie romaine de Nantes à Tours, aujourd'hui département de Maine-et-Loire. Non loin de là, dans la plaine des Cranières, de nombreux débris galloromains attestent l'antique existence d'une station considérable.
Note 61
Le P. Dupuy {Estât de VEglise de Pèrigord, I, 64) réfute très bien à l'égard de la France et de l'Aquitaine, dont il avait fort étudié les traditions historiques, l'opinion de Bellarnim, appuyée de Sulpice-Sévère et de Grégoire de Tours, sur l'époque où les martyrs commencèrent à souffrir dans la Gaule. A entendre ces auteurs, il n'y en aurait pas eu avant l'an 160 de Jésus-Christ, ce qui répondrait aux règnes d'Antonin et de Marc-Aurèle. Dupuy leur oppose saint Jean Chrysostôme, saint Prosper d'Aquitaine, Eusèbe, Suidas, Bède, et tous les actes des martyrs de la province, avec les savantes critiques de Pithou et de la Saussaye. Nous avons d'ailleurs des traditions très acceptables sur des disciples de saint Martial, honorés dans notre pays du titre de martyrs. Entre ces derniers, on a conservé dans nos dyptiques la mémoire de saint Branchier et de sa sœur sainte Pia, qu'avait baptisés le grand évêque, et dont les reliques furent longtemps vénérées à l'abbaye de Nanteuil. Cette abbaye, souvent appelée Nanteuil-en-Vallée, fut fondée par Charlemagne, vers l'an 800, sur un terrain appelé Fossa. Elle était de
l'ordre de Saint-Benoît, et fondé sous le titre de Notre-Dame au diocèse de Poitiers. Mais elle est devenue depuis 1801 une paroisse de celui d'Angoulème, dans le canton de Ruffec.
Note 6.2
C'est ce champ dont l'appellation significative excite l'attention du R. P. de la Croix, jésuite de la résidence de Poitiers. Les fouilles qu'il y pratiqua avec un succès digne de son habileté, lui firent découvrir en 1878 le lieu et les objets que nous mentionnons ici.
Note 63
Cette tradition n'a pas manqué de contradicteurs, et il eut fallu s'étonner qu'elle en manquât. Un avocat de Chartres, dans une brochure publiée en 1863, s'est efforcé d'en anéantir la valeur, en la traitant comme on peut faire des faits historiques, invoquant des témoignages qu'on ne peut avoir, s'appuyant des doutes exprimés çà et là dans le même intérêt que les siens, et feignant de traiter la pieuse croyance comme si elle eût été un article de foi. Il fallait, pour éviter ce fatras d'érudition inutile , ne considérer la question qu'au point de vue des écrivains sérieux, qui l'ont toujours regardée comme une de ces mille traditions conservées chez tous les peuples, et dont beaucoup s'étaient déjà répandues lors de la dispersion des hommes après le déluge. Les historiens et les poètes du paganisme sont pleins de cette pensée d'un envoyé céleste promis à la terre comme un sauveur qui devait venir à une époque inconnue, et dont les sages s'entretenaient comme d'une espérance universelle. Platon, Virgile, Confucius ne furent en cela que les échos d'Isaïe, et les druides, fort instruits de ce qui se passait dans le monde intelligent, pouvaient bien l'avoir recueillie et examinée, et trouver qu'elle méritait leur confiance.
Note 61
Ce village a pris le nom de Sainte-Soline : il est sur la Dive, dans le canton de Lezai, et a une population de 1,000 âmes. Il eut, outre sa cure du vocable de la sainte, un prieuré auquel nommait l'abbé de Saint-Sôverin, voisine de Melle, et réunie à la cure dès avant 1682. — Puis un autre prieuré à Bonneuil, village de la paroisse, dépendant de Fontevrault.
Note 65
Sous-préfecture do la Charente-Inférieure ; Il a 3,000 habitants. C'était alors BarhesiUum, à 11 lieues au sud-ouest d'Angoulème.
Note 66
Il faut toujours compter sur quelques incertitudes en des faits dont les détails authentiques n'ont pu résister aux attaques des siècles d'invasion ou des catastrophes locales. Ainsi nous ne voyons pas le nom de Justin dans la nomenclature des consuls ; ce qui est toujours regrettable, puisqu'il eût fixé la chronologie inconnue de saint Simplicien. Mais ce nom a pu être altéré avec le temps, ou accompagné dans les dyptiques d'un ou de plusieurs autres qui s'éiant succédé la même année, y furent omis et remplacés par ceux de leurs collègues qui avaient pris une plus grande part aux affaires. Surtout n'oublions pas ici que dans nos vieux documents (Proprium sanctorum Ecelesiœ Pictaviensis, in-S", 1682, p. 59), Simplicien étant le fils d'un ancien consul, et ce consul devenant gouverneur d'une province, reçoit de ces traits qu'on n'a pas pu inventer à plaisir, une singulière affinité avec d'autres vérités obscurcies. (V. D. Fonteneau, t. LXXVII, p. 70; LXXXVIII, p. 523 et suiv. — Bouchet, Annal. ^ p. 45.) Des découvertes faites en 1873 dans le sol où fut l'abbaye de Saint - Cyprien , ne laissent aucun doute sur l'existence de constructions gallo-romaines bien antérieures au premier monastère qui ne datait que du commencement du ix° siècle. Ces constructions primitives semblent être celle d'une villa considérable , ayant eu ses tours de défense, comme située en dehors des remparts de la cité, et des thermes avec leurs conduits et leurs hypocaustes.
Note 67
La Rocheposay s'est trompé de beaucoup en plaçant saint Clair sous le règne de Gallien (Notœ ad Utanias SS. Pictav.) D'autres hagiographes l'ont suivi en cela. Nous préférons ici Hauteserre (Rer. Aquitan.j p. 277). Ce qui est certain, c'est que les dates données par lui de l'apostolat de saint Clair coïncident parfaitement avec celles du pontificat de saint Anaclet, de 83 à 96, et de saint Evariste, de 96 à 108. C'est en quoi s'est grossièrement trompé André du Chesnes, dans son Histoire des Papes, t. I, p. 15, où il fait régner le premier de 103 à 112, et le second de 112 à 121.
Note 68
Ce fut peut-être au xi^ siècle, qui semble être celui de la reconstruction de l'église. Cette église paroissiale, dans un village de 600 âmes, est du canton de Montcontour (Vienne).
Note 69
On voit par là combien se sont trompés les historiens qui font saint Clair originaire du Loudunais et contemporain de Gallien qui, vers 265, l'aurait fait martyriser.
Note 70
Dufour tient pour la date que nous donnons ici aux voies militaires, aux arènes et aux aqueducs de Poitiers. M. Mangon de la Lande tient pour le règne de Gallien, qui n'est pas soutenable. M. Bourgnon de Laire {Mém. des Antiq. de l'Ouest,, X, 147) préfère l'opinion de Dufour, et la défend avec autant de solidité que de fondement.
Civaux, d'abord Exidualinsis au ix® siècle, puis Sievallir au x', chef-lieu de commune et paroisse de Saint-Gervais et Saint-Protais, est peuplé de 1,000 à 1,100 habitants, sur la Vienne, canton de Lussac-le-Château. Nous en parlerons plus au long quand nous le trouverons, au ix® siècle, parmi les nombreux chefs-lieux de viguerie.
Note 72
Synope, Sinibra ou Synoriaj sur le Pont-Euxin ou mer Noire, devait beaucoup à César et était devenue très florissante sous les empereurs romains.