‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 101 sur 309 · DU STYLE I!VZ\.MI · texte numérisé non relu

DU STYLE I!VZ\.MI

Le st^le byzantin s'est-il inlioduit vénlal)lement avec son ensemble et ses détails dans les pays de l'Occident? Nous prétendons que non. 11 est clair qu'il ne peut pas être question ici du style byzantin de la première époque, de Constantin à Justinien, du iv'" au vi'' siècle ; car il est impossible d'admeltre qu'une nation quelconque ait cherché à imiter l'architecture byzantine avant que celle-ci n'eût acquis un caractère spécial, avant qu'elle ne se distinguât par une plus grande richesse dé style, que celui usité dans les provinces de l'empire d'Occident. Mais nous savons que les circonstances ne permirent pas aux divers peuples de l'Italie, et en général à tous ceux de l'Occident, d'adopter et d'imiter exactement ce que l'architecture byzantine offrait d'original, de diflërent, de nouveau, sous Justinien, ce qu'elle ajoula encore à son style, et ce qu'elle modifia et perfectionna pendant le règne de ses successeurs. On sait que les règlements liturgiques de Justinien ne purent être introduits à Rome, ni même encore dans la Pentapole. Puis le plan compliqué des églises grecques était incompatible avec le rite de l'Église latine. Les dimensions grandioses, la magnificence et le luxe dans l'exécution, qui, vers cette époque, distinguèrent l'architecture byzantine religieuse, étaient au-dessus des ressources de l'Italie après la guerre avec les Goths, après l'invasion des Lombards, ressources qui faillii'ent jusqu'au temps des Carlovingiens et même plus tard. On se demande donc ce que les peuples de l'Italie ont pu emprunler en fait d'architecture à l'empire d'Orient depuis le vi*" jusqu'au viii" siècle. L'exécution, peut-être? Mais nous savons que la technique, dans les deux écoles, sortait des traditions romaines , et il n'existe aucune raison pour en admettre l'oubli com-

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])l('t cliez les llalic'iis, du temps de la dominalion dos Gotlis et des Loml)ards.

L'école romaine n'avait été somnise , pendant la domination des Goths, à aucune interruption essentielle ; elle se maintint même sous les Lombards, et nécessairement donc à Kome et plus particulièrement à Ravenne. L'influence grecque sur l'exarchat était faible, l'opposition du peuple et du clergé élait violente. Dans Iv. récit d'Agnelliis, dans les monuments de Ravenne, dans les paroles d'Anastasius, et dans les égli.ses latines, nous n'apercevons pas la moindre trace d'un effort ou d'une envie de transplanter en Italie ce qui servait à caractériser l'architecture byzantine.

Il est certain que du temps de Charlemagne on alla chercher les types de l'architecture dans les villes qui avaient fleuri dans l'empire d'Occident. 11 est certain encore que pendant le ix' et le x« siècle, pendant l'époque de décadence et de barbaries la plus complète de l'exécution malérielle des monuments, toutes les églises d'Italie montrent dans leurplan la tradition latine. Cette barbarie dans l'exécution exclut toute pensée de modèle esthétiquement beau. Et lorsque Vasari nous parle de l'influence de modèles byzantins, d'architectes et d'artistes byzantins ou néo-grecs, ce qu'il dit n'n pu avoir lieu que depuis le xi' siècle.

L'usage, à compter de Vasari jusqu'à nos jours même, de commencer la série des monuments soi-disant byzantins avec le dôme de Pise et l'église Saint-Marc de \enise est devenu sacramentel, (".es deux monuments sont. cependant fort différents, tant dans leurs i)lans (]ue dans leurs détails : examinons-les donc

Le dôme de Pise est bâti selon la basilique romaine qui , depuis le iv" siècle, est constamment restée en mémoire en Italie. Un simple COU]) (l'œil sur son plan suffit pour s'en convaincre. Ce qui diffère de la basilique, c'est la coupole centrale, élevée sur l'intersection de la croix, et qui, à la première inspection, donne au dôme de Pise, ainsi ([u'à beaucoup d'autres églises du xi' siècle et des siècles suivants, mic sorte de ressemblance extérieure avec les monuments byzantins de l'époque avancée du moyen âge. Une disposition semblable se remarque dans un monument antérieur, dans Saint-Nazaire et Saint- Celse, à Ravenne, bâti, dit-on, par Galla Placidia. Mais cette forme est probablement née de traditions locales et latines, et a eu une sorte de renaissance lorsque les moyens d'exécution de toute espèce augmentèrent, et il est présumablc encore qu'elle n'a pas été imitée'

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