Chapeauville, Gesla ponlif. Leod., t. I, p
6. MrdMologifdie Sîcîcfireibuiij fccr 3)!ùn|ict= obcr Sri'iiungt'tivcjie in îl.irficu , vcn 5. 3iijlttn, îtadien , 1818, in-8. — Jpiiictifrtie Scfifivcibuitg bet ïïùnflcvtitcfic in Jladieii , »on G. Ouir. Starfjen. 1825, in-8. — Mémoire accompagné de planches de Fr. Mertens, sur Kotre-Dame d'Aix-la-Chapelle, dans SBicuec Sauscitung de 1840, p. 135. — Mémoire sur les colonnes antiques du Miinster d'Ai.t-la-Chapelle par Xôggerath, dans Siften-^cinifc^cS Saljttmifc, vm S. Strfé, Sonii, 1843, in-8, p. 193.
un octogone de 1V"W de diamètre, qui est entouré d'un bas côté ou collatéral de 6™ 25 de largeur. A l'extérieur, le monument a 16 pans ou faces, qui sont produits par la disposition des voûtes du collatéral, qui règne également au premier étage. Huit piliers s'élèvent aux angles de l'octogone, sur lesquels repose la coupole, qui n'est pas circulaire, mais à huit pans. Au-dessous de la naissance de la coupole, qui est marquée par une corniche, il y a huit fenêtres couronnées par un plein cintre. L'arcade de la galerie du premier étage est divisée perpendic-iilairement par deux colonnes de 0" 86 de diamètre. Ces divisions sont terminées également par un plein cintre. Au- , ^ dessus de ces trois petites arcades s'en élèvent
j.'J f*.J ''"O's autres. Cette disposition est la même pour
T r les huit pans. A l'ouest s'élève le clocher ou la
tour. C'est une construction carrée flanquée de chaque côté d'une tourelle; dans les tourelles sont pratiqués les escaliers. Le chœur élégant et léger d'aujourd'hui y a été ajouté en 1353. Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle est une réminiscence des constructions italo-byzantines.
11 paraîtrait que des Grecs coopérèrent à la construction de Notre- Dame d'Aix-la-Chapelle : des .sculpteurs au moins, si l'on s'en rapporte au témoignage d'un auteur du xiv siècle', qui nous apprend que l'évêque Meinwerk de Paderborn, mort en 1036, fit élever une chapelle dans le goût d'un monument semblable et plus ancien que Charlemagne, dit-il, avait fait bâtir par des artistes grecs, pcr opcrarios ijrxcos.
Louis le Débonnaire aimait les arts et les sciences : il leur donna une puissante proteclion. 11 s'attacha plusieurs architectes, qu'il chargea d'élever des monuments sacrés; parmi eux se distinguait Uunaldus. En 82Zi, l'empereur des Francs reçut une lettre de l'empereur Michel concernant l'adoration des images saintes. Louis convoqua un concile à Paris, dans lequel Jonas, évèque d'Orléans, défendit vigou-
'J6S. — Notie-Dame d'Ais-la-Chaptille.
1. Gobelini Persoiiîe Cosmodromium aet. 6, ap. Meibomium, Srript. lier. Gem. t. I, p. 257. « Meinwercus quaiidam capellam prope majorem ecclcsiam Paderboinensem quondam per Gcroldum coiisanguineum et sisîtiiferum Caroli Magni, per Grœcos opcrarios constructam in lionorc beatîu Mari.i^ dcsoiatam veforniavit, et eam in lionore saneti Kartliolonuei consecravit. ••
CHARLES LF. CHAUVE. 801
rGusemont l'admission des aris dans le ciillo, et son éloquence lui acquit une grande célébrité'. Mais, bientôt après le règne de Louis le Débonnaire, les arts tombèrent dans une barbarie absolue. Les causes de cette décadence sont les invasions fréquentes et funestes des Normands, de ces hordes venues du Nord, et qui se ruaient sur la pauvre France comme sur une proie à dévorer. \'ers la fm môme du règne de l'empereur, les Normands firent une apparition, et depuis ils réitérèrent leurs irruptions pendant un espace de quatre-vingts ans. Ces guerriers sauvages profitèrent de la faiblesse des successeurs de Louis, particulièrement de l'épouvante du roi Charles le Chauve; ils pillèrent les couvents, en dévastèrent les bâtiments, incendièrent les églises, et s'embarquèrent pour leur patrie chargés d'un butin énorme et précieux. En 842, ils ravagèrent Rouen, et Saint-Ouen devint la proie de leur fureur. L'abbaye de Jumiéges fut également incendiée. Les lieux qui eurent plus particulièrement à souffrir de leur pillage furent Nantes, Chartres, Bordeaux, Toulouse, l'île dite d'Oissel, Rouen et Paris, d'où ensuite ils passèrent en Angleterre. D'un autre côté, les Sarrasins entrèrent en France et s'avancèrent jusqu'au mont Saint-Michel, dont ils pillèrent la riche abbaye.
En 856, les Normands inondèrent de nouveau la France-, et mirent le feu à toutes les églises de Paris. Saint-Étienne, la cathédrale, Saint- Germain-des-Prés et Saint-Denis furent seules sauvées des flammes. Le royaume était ébranlé jusque dans ses fondements; l'empereur même était abandonné, parce que les seigneurs, s'occupant de la défense du territoire, s'étaient retirés dans leurs châteaux, d'où ils gouvernèrent non comme vassaux, ainsi qu'autrefois, mais en souverains absolus, qui transmettaient directement à leurs fils leurs propriétés comme patrimoine indépendant. Ils adoptèrent même, dans la suite, les mœurs des Normands, fortifièrent leurs châteaux, faisant des battues dans la contrée afin de piller sur les grands chemins les pèlerins et les voyageurs.
Charles le Chauve (mort en 877), passionné pour le luxe et la pompe, ainsi que pour les fêtes splendides, protégea et encouragea les arts. Dans ce but, il appela en France des artistes grecs et de l'Asie Mineure. Mais ces hommes ne purent maîtriser le caractère barbare et sauvage de l'époque, et leurs efforts tentés en faveur d'une régénération des arts ne furent point couronnés de succès. Pendant le règne
1. Jona?, Aurelianensis ecclesise Episcoiii, De ciiltu imarjinum.