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tout genre, surtout mystiques et symboliques. Mais l'acquisition de la normalité de quelques formes ne put traduire des abstractions irrationnelles et toutes de convention. Tout en conservant pour le diagramme ou la charpente de sa conception, pour le travail d'opérations abstraites les quelques lois naturelles que l'étude venait de surprendre, l'architecte outra surtout les hauteurs et en général les dimensions de .ses œuvres, les surchargea d'une ornementation géométrique à lignes courbes et droites, inorganique dans son essence, vivifiée par des feuilles, des fleurs et des fruits empruntés à la végétation nationale. Tout cet ensemble formait le caractère religieux de l'édifice. Pour entretenir les espérances et les éléments qui constituaient le vague de la pensée religieuse qui chancelait à cette époque, l'architecte couvrit à l'intérieur son œuvre d'une ob.scurité que brisaient les quelques rayons de lumière polychrome pénétrant par les vitraux de couleur. Ces ténèbres mystérieuses voilaient la juste et normale déduction des formes premières; la contrainte de l'imagination indéterminée couvrait encore l'œuvre rationnelle de l'artiste, et donna ce sombre caractère de religiosité mélancolique qui s'est attaché aux monuments dès le xui*" siècle.
L'architecture à ogive porte essentiellement, d'un autre côté, le caractère chevaleresque de l'époque qui la vit naître : elle est aventureuse comme la chevalerie elle-même et la poésie qui en chantait les exploits.
L'art fut jusqu'au xir' siècle le domaine exclusif du clergé et des moines. Mais dès que les villes s'émancipèrent et qu'une bourgeoisie ou tiers état commença à se constituer, les prêtres se sécularisèrent et les moines se relâchèrent de leur règle. Une quantité d'ouvriers de bâtiment s'était formée parmi les frères convers des monastères. Avec le temps, ces ouvriers devinrent indépendants. En dehors des églises, un grand nombre de constructions d'un genre inconnu auparavant étaient à élever : les prêtres et les moines ne purent plus sullire à ces travaux et ils furent, de plus, incapables de résoudre les nouveaux problèmes que faisait naître l'architecture de l'époque. Les constructeurs laïques formés antérieurement parmi les frères convers des couvents purent s'émanciper et travailler en ne se soumettant plus à leurs maîtres, qu'ils surpassèrent même dans leur art. L'édification déportes de villes, de ponts, de beffrois, de châteaux, d'hôpitaux, de fortifications, d'hôtels de ville, etc., était en dehors tics attributions du sacerdoce, auquel il était, de plus, inlerdit, dès 1157, de s'occuper de con-
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stnictions séculières'. Les difiicultés et les conditions impérieuses qu'imposait la technique des nouvelles constructions embarrassèrent les ecclésiasticjues et ils durent se retirer souvent devant les embarras qu'elles leur suscitèrent. La science des gens d'église n'était plus à la hauteur des justes exigences de l'époque. Vers la fin du xu'" siècle, il se forma des architectes, des tailleurs de pierre et des maçons capables qui se réunirent en une corporation spéciale lorsque leur nombre devint considérable. Un des plus anciens exemples de l'emploi d'un laïque dans la construction d'un monument du culte est celui d'Enselin, chargé en 1133 par un évêque de Wurzbourg de réparer et d'orner une église, curcim Magistcrium in reparanda et ornancla ecclcsia^. En 1258, Etienne Boileau, prévôt de Paris sous Louis IX', fit dresser les statuts ou règlements sur les arts et métiers de Paris. On y trouve les maçons au nombre des autres corporations. Ils formaient donc un corps séparé, séculier, ne relevant que de l'autorité royale. La corporation des tailleurs de pierre de Paris se vantait d'une grande antiquité, car elle faisait remonter son origine jusqu'à Charles Martel !
Malgré l'absence de preuves écrites, de documents historiques, il est vraisemblable que des corporations de constructeurs laïques existèrent en Allemagne dès le xiu'^ siècle. Il est très-probable qu'en l'année 1275 l'empereur Rodolphe octroya une charte particulière aux constructeurs établis à Strasbourg, qu'en 1278 le pape Micolas ni leur délivra un bref d'indulgence, renouvelé par ses successeurs dans la suite et en dernier lieu par Benoît xu. Mais l'idée d'une réunion de tous les constructeurs de l'Allemagne ne fut réalisée qu'en l/tSO : une assemblée générale eut lieu à Ratisbonne. D'autres assemblées semblables eurent lieu à Spire eh 1/|64 et en 1469, et enfin, en 1498, l'empereur Maximilien ratifia à Strasbourg les statuts des loges maçonniques allemandes.
Le développement des études archéologiques a prouvé que le style à ogive, vulgairement nommé fjolhique, a eu son origine en France. Il est en outre incontestable que le plus ancien exemple de l'emploi de l'ogive est celui du portail et du chœur de Saint-Denis, près de Paris. On sait que ces constructions sont dues à Suger, qui les entreprit de 1137 à 1144- Dès le moyen âge, on s'est servi de l'adjectif français, pour qualifier l'origine du stjle en question. Dans un document de la fin du