Encorbellement d'une voûte luahométane
pièces moulées de plâtre, rassemblées de façon à former des angles saillants et des superficies concaves qui ressemblent aux cloisons de ruches d'abeilles avec leurs alvéoles infinies. D'autres produisent l'eflet de stalactites. Toutes les colonnes sont grêles et semblent insuffisantes à l'œil pour porter le poids qui repose dessus. Dans le rapport du fût avec le chapiteau , régnent l'arbitraire et la fantaisie :
il y en a de toutes formes et de toutes dimensions.
Les mahométans ont prodigué l'ornementation, qui couvre entièrement les parois de leurs édifices. Chez eu.x, est née l'arabesque, qui joue le principal rôle
dans la décoration de leurs monuments. Mais si les intérieurs des mosquées; des palais, des châteaux de plaisance, étaient d'une excessive
richesse, leurs extérieurs étaient sans ornementation et articulation architectonique. On y trouve rarement plus d'une porte d'entrée : quant aux fenêtres, on n'en avait point pratiqué au-dehors : le harem ne le permettait pas.
Le style mahométan n'est point une architecture, à proprement dire-, c'est de la bâtisse sur une grande échelle : des cours plus ou moins vastes, entourées de logements de médiocre dimension ; les mosquées ne se composent généralement que de rangées d'arcades formant des avenues couvertes, aussi monotones les unes que les autres. La profusion décorative y domine, il semble que l'imagination
- Ornementation murale lie VAllmmbra.
MOSQUÉE DE ÏOULOUN. ll/,3
ne s'est reposée qu'après avoir satisfait toutes les volontës du caprice qu'elle paraît avoir épuisé : aussi les murs et les plafonds sont-ils couverts d'une exubérance excessive de petits détails, gracieux en euxmêmes, mais monotones, tristes, sans vie comme le désert. Les arabesmahométans ont ignoré la grande science du mariage de ce qui supporte avec ce qui est supporté : ils ont ignoré et ignorent les formes normales de la construction, parce que chez eux il y a absence totale du vrai, conséquence de leur inaptitude à embrasser une synthèse quelconque. Ces constructions en pisé, mêlé de charpentes légères, avec leurs combinaisons sans fin, avec leurs parois ornées et ressemblant à de l'étoffe brodée, sont sans grandeur, sans élévation morale : comparée au style égyptien et grec , la bâtisse mahométane n'est qu'un joli enfantillage. 11 n'y a dans cette architecture aucun élément ni caractère de staT^ilité : elle est l'expression du caractère arabe; la course, la course éternelle ! 11 n'y a point de monuments mahométans en Arabie. On n'en trouve que dans les pays conquis par les Arabes et où ils trouvèrent des artistes et des édifices de l'antiquité qui leur servirent d'inspiration.