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jeux et les fêtes publiques devinrent une véritable plaie pour l'Italie et pour tous les pays dominés par les Romains et qui devaient se courber sous leur puissance ou conjurer enfin l'orage qui menaçait de fondre sur eux. Sous le consulat de L. .Kmilius et Cn. Brebius, en 182, on décréta bien une loi qui fixait le maximum de la somme destinée aux jeux; mais l'édile Tibérius Sempronius n'en dépensa pas moins des sommes si considérables que les plaintes sur les exactions devinrent enfin générales. Quand plus tard le consul Fulvius voulut donner les jeux qu'il avait promis pendant la guerre avec les Celtibères, le sénat ordonna, pour éviter les abus, que Fulvius ne dépenserait pas plus d'argent que Fulvius Nobilior n'en avait employé pour ses jeux après les guerres d'.Etolie. Tous ces faits eurent les conséquences les plus désastreuses; le peuple de la ville de Rome ne fut pas seul corrompu par les jeux et les distributions d'argent qu'on faisait fréquemment : mais l'agriculteur laborieux fut attiré à la \ille, où il se corrompit dans l'oisiveté.
Le butin déposé par l'aul Emile dans le trésor (|ui fut rapporté de la Macédoine, après le triomphe sur Persée, se montait à 30 millions de sesterces, 6,300,000 francs, sans comprendre les quatre cents énormes couronnes ou guirlandes en or massif que fournirent les villes grecques. Manlius fit aussi porter à son triomphe deux cents couronnes d'or, Flaminius cent vingt, et Pline dit qu'à cette époque les revenus publics de Rome étaient déjà si considérables, que, toutes dépenses faites, il restait dans le trésor 726,009 livres d'or et 92,000 livres d'argent non monnayé. Ensuite il y avait encore 775,000 livres provenant de recettes extraordinaires, et Pline ajoute qu'à partir de cette époque le ]icnple romain cessa de payer des contributions de guerre.
Nous nous sommes étendu sur la source des richesses dont les Romains profitèrent à im moment donné pour se livrer non à la cullui'e des arts, mais uniquement pour créer des moniunents d'une extrême magnificence de matériaux et d'ornementation. Toutes ces ric]ies.ses furent enlevées à des nations auxquelles on Ht des guerres injustes et sans motif.
Chez les Romains, l'art et la poésie furent assujettis au service de la cruauté et du meurtre, qui, pour divertir le peuple dominateur du monde occidental, furent substitués aux arts des Mu.ses qui avaient charmé les Grecs et qui en avaient fait le peuple le plus aimable, le plus civilisé et le plus élégant qu'il y eut jainiis sur la terre.
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Les Komaiïis accoplèrent seulement la civilisation qui leur vint de la Grèce comme une nécessité, comme une sorte d'exigence de la vie pnliii(iue, et ensuite cnmnio luxe et récréation, mais nullement comme une consi^jnenco du (h'veloppement de la culture nalionale. L'exislenre artificielle et arbitraire que le Romain s'élait faite au sein de ses esclaves lui sullisait ; il était satisfait de cette vie toute matérielle et physiquement pratiquée au suprême degré.
On ne peut classer parmi les monuments essentiellement romains les édifices du temps de la royauté et des siècles qui la suivirent. Tous les édifices élevés pendant ces époques étaient encore étrusques; nous en avons parlé dans le chapitre sur l'architecture de l'Étrurie. Ne sont vérilablement romains que les monuments élevés par les Romains après leur conquête de la Grèce. A partir de cette épocnie, l'architecture revêt un caractère particulier à la société italicpie, dominatrice de l'Occident. Ce ne fut pas le dorique sévère et élégant qu'ils imitèrent; cet ordre ne se pliait et ne convenait pas aux exigences de leur esprit fastueux. L'ordre ionique et surtout le corinthien, qui s'adaptaient mienx à leur goût pour une grandeur factice, furent pris comme types. Nous avons vu précédemment que le corinthien était di'jà un slyle dû à une époque de décadence^ dans le(|uel le cachet et les' règles du beau et du vrai ne sont pas aussi fortement inculquées que dans le dorique et dans l'ionique. La richesse de l'ornementation du corinthien était plus sympathique au goût d'un peuple moins difficile sur la qualité que sur la quantité. Avec la volute ionienne et les touffes de feuillages corinthiennes, les Romains créèrent un ordre bâtard, le composite, inconnu aux beaux temps de la Grèce. Le Romain emprunta donc, tailla, retrancha et ajouta surtout pour plier le corinthien à toutes ses volontés et à tous ses caprices de fantaisie.
Antérieurement aux rapports établis entre l'Italie et la Grèce, il est vraisemblable que l'architecture italique fut bornée aux cabanes ou huttes en bois, à la charpenterie, aux amas de terre et de pierre quelque peu informes, et que la construction réelle en pierre pratiquée selon des lois ne fut en usage qu'à la suite de la connaissance des outils dont les Grecs se servaient. Il est incontestable qu'à l'origine les Italiques apprirent de ces derniers l'usage et la connaissance du fer, la préparation du mortier (cal (e) x, culecare, deyâ>,i^), de la machine {machina, ^.-/r/ v.vrt) , de l'étalon (groma, corrompu de yvojjx&jv, Yvâjp.a) ainsi que de la grille comme clôture (clalhri yJkyfiow). Il s'en-
M'a livre premier.
suit qu'il peut à peine être question d'une architecture italique originale, sauf la construction en bois de la maison primitive en dehors des modifications amenées par l'influence grecque. Car bon nombre de particularilés de la maison italique primitive .se perpétuèrent, particularités qui furent in.sensiblement perfectionnées avec le temps et qui réagirent ensuite sur la conception comme sur la construction des temples italiques.
Il est donc difficile de savoir si la tectonique nationale italique a pris sa naissance et son développement de son propre fonds indigène, car l'influence grecque a exercé son empire en Italie dès les temps les plus reculés, et avec une toute-puissance telle qu'elle anéantit les premiers éléments nationaux de l'architecture. La plus ancienne architecture italique qui nous soit connue n'a pas subi l'influence grecque à un moindre degré que la tectonique du siècle d'Auguste. Les tombçaux primitifs de Cœrae et d'Alsion, et probablement aussi le tombeau du même genre récemment découvert à Praeneste, ont des couvertures absolument identiques à celles des trésors de Mykène et d'Orchoménos, c'est-à-dire des assises de pierres horizontales en encorbellement et terminées par une pierre unique, faisant fonction de clef de voûte. Une très-ancienne construction qui existe dans le mur d'enceinte de Tusculum est également couverte de la même manière. 11 en était de même, dans l'origine, de la fontaine nommée Tullianum, située au pied du Capitole, qui subsista dans cette forme jusqu'à ce qu'on en enlevât la partie supérieure pour construire l'édifice actuel. Nous en avons déjà parlé précédemment.
Les portes, bâties d'après le même système, sont semblables à Arpinum et à Mykène. L'émissaire du hic d'Albano avail la plus grande ressemblance avec celui du lac Lopaïs. Les murs d'enceinte, dits cyclopéens, se voient en Italie et principalement en Étrurie, dans l'Ombrie, le Latium et la Sabine; quant à leur disposition, ils appartiennent aux plus anciennes constructions de l'Italie, quoique la plus grande partie qui en existe encore aujourd'hui ait probablement été bâtie dans un âge postérieur, quelques-uns même avec certitude dans le vil® siècle do la fondation tie la ville de Home, \insi cpie les nnirs grecs, ils sont tantôt élevés en énormes blocs de pierre tout à fait bruts, sans aucune espèce de façon, tantôt en blocs rectangulaires par assises horizontales; d'autres enfin consistent en blocs polygonaux à plusieurs faces et juxtaposés entre eux. Ce furent sans doule les matériaux qui décidèrent en général du choiv d'un d(> C(>s systèmes, comme
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à Rome, par exemple, où l'on construisait, dans les temps les plus reculés, unitpiement en lui"; là, la construction polygonale ne fut point employée. On |ieiil ramener l'analogie des deux ])ivmières catégories à la nature des matériaux et au but de l'œuvre; mais il est impossibli; d'attribuer uniquement au hasard la construction polygonale des murs et des portes avec le contre-fort en saillie à droite des assaillants, les laissant ainsi à la merci des assiégés, œuvres qui se voient identiquement les mêmes dans les fortifications italiques et grecques. Mais il y a encore d'autres indices importants qui se rapportent à l'influence grecque; ce n'est que dans cette partie de l'Italie, par exemple, qui fut soumise par les Grecs ou en rapport avec eux, que ce genre de construction pour les murs est devenu coutume du pays, et que les murs polygonaux proprement dits ne se rencontrent en Étrurie qu'à Pyrgoi et dans les villes de Cosa et de Saturnia qui n'en sont pas éloignées. La fondation des murs de Pyrgoi avec le nom significatif de « tours » est attribuée aux Grecs avec autant de certitude que celle des murs de Tiryns, et il est très-probable qu'on a en eux le type d'après lequel les Italiques ont appris la construction des murs en général. Le temple enfin surnonniié « To.scan » du temps de l'empire, et qui fut considéré comme un genre de style coordonné aux différentes sortes de temples grecs, est en général comme ceux-ci, ordinairement un espace rectangulaire, enceint d'une muraille (la cella), au-dessus des murs et des colonnes duquel le toit est suspendu. Dans tous ses détails aussi et surtout dans la colonne elle-même, ainsi que dans toutes ses parties architectoniques, ce temple est bâti à l'instar du modèle grec.
Quant au développement architectonique de la maison, il a incontestablement pris sa naissance chez les Étrusques. Les Latins et les Sabelliens tenaient toujours opiniâtrement à la hutte en bois traditionnelle, en même temps qu'à la vieille et bonne coutume de ne pas consacrer de demeure à la Divinité; ils ne lui assignaient qu'un espace sacré, tandis que les Étrusques avaient déjà commencé à transformer la maison d'habitation avec art et à élever, en imitation de la maison de l'homme, un temple à la Divinité et un tombeau pour l'âme. Ce qui prouve qu'on n'arriva dans le Latium à des constructions de luxe qu'au moyen de l'intluence étrusque, c'est la dénomination du style le plus ancien des temples et des maisons particulières, qu'on qualifiait de Toscan [Ratio Tuscanica; cavum xdium Tuscanirum). Quant à ce qui a rapport au caractère de cette transposition.
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le lemple grec imite bien en général la forme de la maison, mais il est bâti en pierre de taille, couvert de tuiles ; les proportions, prescrites par la pierre et la terre cuite, ont donné naissance à l'application des lois de la nécessité et de la beauté.
La tradition et le souvenir de la partie primitive de la maison romaine et destinée à l'usage de la famille ne se sont jamais effacés : dans la suite des temps, le lectiis genialis. comme image symbolique, et la telœ, en face de la porte, conservèrent leur signification, et le mot atrium restait usité dans la poésie pour désigner la maison en général.
Dans différents lieux, l'alriolum fut maintenu, par exemple, dans la villa de Cicéron, mais seulement, il est probable, comme un usage traditionnel qui servit ensuite aux architectes de motif pour développer la maison sur une plus grande échelle : témoin le Laurentinum de Pline le Jeune. Mais l'atriolimi manque tout à fait dans les maisons italiques, tant dans celles de Pompéï que dans celles tracées sur les fragments du Capitole, représentant le plan de Rome.
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