‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 93 sur 309 · Eusébc, Vie de Constantin, 1. ni, cli. XLil · texte numérisé non relu

Eusébc, Vie de Constantin, 1. ni, cli. XLil

PLAN DES ÉGLISES. 7/il

Rhodes. Ces statues n'étaient point des sujets d'adoration, mais de purs ornements servant à l'umbellissement de la ville. On mutilait souvent les monuments antiques et on les transformait d'une singulière façon afin de leur enlever l'aspect païen. Les temples qu'on trouva à Byznnce n'étaient ni vastes ni nombreux, et ne fournissaient point ces matériaux magniliques et précieux que les Romains mettaient en pièces pour les réunir et les combiner de nouveau dans la construction des églises. Mais, privés de ces ressources, les architectes de Constantinople n'avaient pas à lutter du moins contre les obstacles qui arrêtaient ceux de Rome, et ils purent immédiatement réaliser leur désir de donner à l'architecture chrétienne un caractère différent de celui de l'antiquité.

Nous ne rencontrons plus d'une manière aussi absolue, dans le plan des églises de l'architecture byzantine primitive, la forme oblongue de la basilique romaine. Il semble que le cube ait ser\'i de base, de type, de point de départ pour la disposition des plans des nouvelles églises élevées sous Constantin 1" et ses successeurs. Lacroix grecque est produite par le carré de la base du cube et le déploiement horizontal de ses quatre faces perpendiculaires ; cette figure est-elle une réminiscence de la forme du lieu trèssaint du temple de Salomon, qui avait vingt coudées de large, vingt coudées de longueur et vingt coudées de hau- "^*'

° ° ° ° Crois grecque.

teur'? Jésus ayant ordonné le respect pour la religion juive, les architectes chrétiens se sont servis de ce qui pouvait leur paraître convenable dans les monuments sacrés des Hébreux et se rattacher mystiquement au culte chrétien. Qu'on se rappelle ici le bonheur des Orientaux et des premiers chrétiens de jouer avec la combinaison des nombres. Par l'admission de notre hypothèse, la longueur de l'édifice avait trois unités, et sa largeur également trois autres ; nous voyons ici d'abord la trinité simple, et, en doublant les unités, la trinité double; en multipliant ces nombres par eux-mêmes nous aurons enfin la trinité triple. Les architectes chrétiens grecs ont voulu exprimer dans le plan de leurs monuments sacrés les dogmes d'une manière symbolique, et , semblables en cela à tous les peuples de l'Orient, ils ont appelé à leur secours la géométrie et les nombres, car il est impossible d'admettre que le hasard seul ait pu déterminer la forme simple quoique compliquée des premières églises chrétiennes.

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