‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 10 sur 298 · Hérodote, 1. 1, ch. lvi · texte numérisé non relu

Hérodote, 1. 1, ch. lvi

6ù CHAPITRE DEUXIEME.

inventât des moyens de transport sur des îles ou dans des pa\s voisins. De l'Espagne, par exemple, on passa en Afrique, de l'Italie en Sicile, de la Grèce sur l'île de Crète et sur celles de la mer Egée, de la Thrace en Asie Mineure, de l'Arabie en Ethiopie et dans l'Egypte supérieure, de la Colchide enfin en Europe.

Nous voyons par tout ce qui précède que les peuples primitifs doivent avoir habité la montagne, et que par conséquent les pays de montagnes ont dû être les premiers peuplés. Les montagnards restent longtemps barbares et vivent de la chasse ; l'antiquité les nommait chasseurs, géants, titans. Les grands plateaux de moyenne élévation ont donc reçu des populations moins anciennes, connues sous le nom général de Scythes, qui devinrent nomades, et vivaient de la pêche et de leurs troupeaux; la fable les appelle enfants et peuples de dieux. Or, cet état nomade et pastoral est le premier pas vers la civilisation ; ces populations sont déjà plus civilisées que les montagnards chasseurs; elles se livrent à la culture de la terre et de ses produits, et la civilisation commence à poindre par l'agriculture.* Cet art est donc fort ancien, car il a précédé la fondation de la cité. Un dieu ou une déesse enseigna chez tous les peuples l'agriculture; il leur apprit à labourer la terre. Brahma fait connaître l'agriculture aux Indiens, Isis aux Égyptiens, Déméter aux Grecs S et Cérès importe cet art en Italie et en Sicile.

11 serait difficile de préciser les époques auxquelles les peuples de la montagne sont descendus dans les plaines pour s'y fixer. Ces époques ne peuvent être admises que dans une acception générale, car elles ne reposent que sur l'observation et la marche philosophique de l'histoire, un peu plus tôt dans un pays, un peu plus tard dans un autre.

Des révolutions physiques du globe ont obligé l'homme de quitter son séjour primitif. Le montagnard devint alors nomade. Il descendit vers le couchant dans les plaines fertiles de la Soghdiane et de la Bactriane, peupla ensuite les rives méridionales de l'Indus, les plaines de la Perse ou l'Aria, vint jusque vers le Tigre et la Mésopotamie.

Dans la Genèse, dont Moïse est l'auteur, dit-on, nous trouvons une table généalogique qui passe pour celle de toutes les nations de la terre, mais qui ne doit être admise que pour celle de certains peuples de l'Asie occidentale ; les peuples sémitiques. Les chapitres x et xi de la Genèse nous parlent de la fondation de Babylone, dans la

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