GRAND TEMPLE DU MONT BARKAL
12"" 70 de profondeur, orne'e de douze piliers carrés sur trois rangs transversaux. De là on passe par une porte médiale dans une seconde salle de 12 mètres carrée , ornée de six piliers carrés sur deux rangs en profondeur. Au fond , est le sanctuaire qui est flanqué de chaque côté d'une petite salle. Le temple de Derr est une œuvre du règne de Rhamsès le Grand , qui le dédia à Amon-Ra , le dieu suprême, et à Phré, l'esprit du soleil, Phré qu'on y invoquait sous le nom de Rhamsès, le patron du conquérant et de toute sa lignée. Les statues de ce temple n'ont pas la lourdeur de celles de Girsché, mais elles sont d'un travail grossier.
Rhamsès le Grand étendit sa domination jusque sur la Nubie supérieure ou méridionale; c'est ce que prouvent les ruines d'un temple élevé par lui dans les environs de l'ancienne Napata ', au pied du mont Barkal, au sud de la quatrième cataracte. La longueur totale de ce grand temple était de 152 mètres. On pénétrait par un vaste pylône dans une cour de /j5™ 71 de longueur sur 39" 62 de largeur, entourée de vingt-six colonnes, chacune de 1"' 75 de diamètre, posant sur une base ou .plinthe circulaire peu saillante. Ensuite, par un second pylône de S"" 53 d'épaisseur, on entrait dans une seconde cour de 38 mètres de longueur sur 31 mètres de largeur. Deux rangées de colonnes, chacune de neuf, formaient une galerie centrale , conduisant du second pylône , à travers '-• "" ^'^'^^^ Tcmpie
du mont Bavkal.
cette seconde cour, à la première salle qui précédait le sanctuaire. Cette salle, de 15'"5/i de longueur sur 17 mètres de largeur, était ornée de deux rangs de colonnes longitudinaux : cinq de chaque côté, d'un diamètre de l'"80, posées sur des bases circulaires qui, elles-mêmes, posaient sur un soubassement ou plinthe carré. De chaque côté de cette pièce, il y avait une galerie. Ensuite, toujours dans l'axe principal , on arrivait au sanctuaire d'une petite dimension , car il n'avait que k"^ 87 de largeur. Les colonnes de ce temple étaient couronnées par un chapiteau à boutons fermés de lotus, semblables à ceux du Ménephthéion de Kourna.
Au nord-ouest de Thèbes, est une vallée étroite, pierreuse, déserte, circonscrite par des montagnes assez élevées, dénuée de toute espèce de végétation et appelée Biban-el-Molouk , les Portes des rois (A du
1. Cailliaud, Voyage à Méroé, t. I, pi. 42 et suivantes. — Hoskins, Travels in Etliiopia, pi. 25.
plan général de Tlièbes, figwc n° 43), corruption de l'ancien mot égyptien Biban-Ourôou, leshijpogèes des rois. C'était la nécropole des rois des wiu", xix« et xx^ dynasties qui sont toutes trois des dynasties diospolitaines ou thébaines. On y a trouvé les tombeaux de six des rois de la xvm*' dynastie et celui du plus ancien de tous, Aménophis-Memnon , inhumé à part dans la vallée isolée de l'ouest. Viennent ensuite le tombeau de Rhamsès-Méiamoun et ceux de six autres rois, ses successeurs, appartenant à la xix*' ou à la xx*^ dynastie. Notre plan montre onze de ces tombeaux : six à droite en entrant par le levant et cinq à gauche; le troisième à droite est celui de Rhamsès le Grand. L'antiquité connaissait à Thèbes quarante * et même quarante-sept ^ tombeaux de rois ; mais du temps de Ptolémée I''"' il n'en existait déjà plus que dix -sept, dont le plus grand nombre était même détruit , lorsque Diodore visita les lieux en l'année 60 environ avant l'ère vulgaire. Diodore appelle ces monuments admirables, et ajoute qu'ils ont enlevé à la postérité l'espoir d'en égaler la magnificence.
Chaque tombeau était isolé et avait sa porte ; toutes ces portes se ressemblent et sont d'un style fort simple. De longs corridors descendants ou horizontaux, séparés par un nombre de marches plus ou moins considérable , conduisent a des distances quelquefois de plus de 100 mètres dans l'intérieur de la montagne. On arrive alors à des salles soutenues par des piliers riches de décorations, jusqu'à ce qu'on pénètre enfin dans la salle principale , que les Égyptiens nommaient la salle dorée, plus vaste que toutes les autres, et au milieu de laquelle reposait la momie du roi dans un énorme sarcophage de granit.
II existe à Medinet-Abou ', presque enfouis sous les débris d'habitations particulières qui se sont succédé d'âge en âge, une masse de monuments de haute importance. Ces monuments, étudiés avec attention, montrent, au milieu des plus grands souvenirs historiques, l'état des arts de l'Egypte à toutes les époques principales de son existence politique ; ils sont en quelque sorte un tableau abrégé de l'Egypte monumentale. On y trouve en effet réunis : un temple appartenant à l'époque pharaonique la plus brillante, celle des rois de la xvin* dynastie; un immense palais de la période des conquêtes;