‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 151 sur 298 · JARDINS SUSPENDUS · texte numérisé non relu

JARDINS SUSPENDUS

fermaient plusieurs appartements royaux diversement ornés, dont l'un, percé à sa surface supérieure par plusieurs ouvertures, contenait des machines qui élevaient une grande quantité d'eau du fleuve sans que personne put, à l'extérieur, apercevoir le travail'. C'est dans ce jardin, adossé à l'Euplirate, ainsi que nous l'apprend Arrien par le bulletin journalier qu'Aristobule fit dresser de la santé d'Alexandre , que, le troisième jour de sa lièvre, ce prince se fit transporter. Ce jardin existait donc encore en 2>2k avant l'ère vulgaire. De ces terrasses colossales qui atteignaient la hauteur des murs du château-, on dominait les deux régions de la ville : à l'occident, le temple de Bel et le vieux palais, l'Euphrate, son pont et les rues dans lesquelles la foule se pressait; à l'orient et au sud, le nouveau palais, les remparts de la ville, et, au loin, les plaines interminables et fertiles, aux bois de palmiers et de peupliers , plaines que l'esprit arabe a rendues des déserts infestés de bédouins ou de brigands ! , •

Ce qui reste de l'architecture babylonienne ne suffît pas pour nous donner le caractère de son style. Nous n'avons que les fondements et les noyaux bruts des monuments; leurs décorations et leurs détails sont à jamais perdus. Heureusement, Ninive est sortie de dessous terre; ses fragments et ses bas-reliefs aideront, dans un avenir peu éloigné, à faire une restitution assez exacte des édifices babyloniens, dont on continue au surplus les fouilles et les déblaiements avec un zèle ardent et un louable amour.

A cause de la rareté du bois de charpente, dit Strabon, les poutres et les poteaux des maisons de Babylone étaient formés de bois de palmier. Autour des poteaux ou pièces de charpente verticales, les Babyloniens tendaient des cordes tressées de paille; ils formaient ainsi le remplissage que dans d'autres contrées on faisait en pisé. La superficie extérieure, formée par la superposition de ces cordes, était enduite et peinte en plusieurs couleurs. Les portes, également formées d'un entrelacement de cordes de paille , étaient enduites d'asphalte. Toutes les maisons étaient couvertes en terre. Ce genre de construction antique indique déjà assez par lui-même qu'il n'était point propre à permettre des maisons à plusieurs étages, comme le rapportent quelques auteurs. Ces maisons, à trois ou quatre étages, dataient sans doute d'une époque où les briques de certains monuments servirent déjà à l'édification des maisons en question.

1. Diodore,!. ii, c. x. — Strabon, 1. xvi, p. 738. — 2. Quinte-Curce, 1. v, c. v.

Les monuments, dont nous venons de nous occuper, prouvent suffisamment que Sémiramis n'est pour rien dans leur édification, car elle n'appartenait pas à la race qui élevait des édifices.

La Babylonie devait à l'Euplirate la fertilité de son sol, comme l'Egypte devait la sienne au Nil. Ainsi que le Nil, l'Euphrate avait ses inondations annuelles. Afin de régler les suites de ses inondations, Nabuchodonosor fit creuser un lac au-dessus de Babylone, auprès de la ville de Sepharvain (Sippara), semblable à celui établi par Aménemhé dans le Fayoum , en Egypte. Hérodote rapporte que ce lac avait /|20 stades de tour' ; selon Diodore-, cbaque côté avait 300 stades de longueur, et sa profondeur aurait été de 35 pieds. Nabucbodonosor fit aussi élever la célèbre muraille médique de l'Euphrate au Tigre, de plus de 80 kilomètres de longueur.

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