I. Rois, c. vin, v. 27. — 7. Id., c. xi, v
d'Amon, l'esprit universel'. Ce ne fut que le roi Ézéchias (de 725 à 696 avant l'ère vulgaire) qui brisa le serpent d'airain que Moïse avait fait adorer, parce que jusqu'à ce jour-là les enfants d'Israël lui faisaient des encensements ^. C'est aussi sous ce roi que la conception de Jehovah, quelque mesquine qu'elle soit, se forma avec une entière liberté; on le voit par la prière d'Ézéchias, dirigée contre Sanacharib : « 11 est vrai, Jehovah, que les rois des Assyriens ont détruit ces nations-là et leur pays; et qu'ils ont jeté au feu leurs dieux, car ce n'étaient point des dieux, mais des ouvrages de main d'homme, du bois et de la pierre : c'est pourquoi il les ont détruits. Maintenant donc, Jehovah, je te prie, délivre-nous de la main de Sanacharib, afin que tous les royaumes de la terre sachent que c'est toi, ô Jehovah! qui es le seul Dieu^. »
Au rapport de l'égyptien Manethon *, (c les Juifs auraient été une foule affligée de la lèpre , qu'on avait d'abord exilés dans les carrières situées à l'orient du Nil , mais qui plus tard parvinrent à s'emparer d'Avaris, ville abandonnée par les Hyksos. Ces Juifs appelèrent à leur secours les Hyksos ou Arabes qui avaient bâti Jérusalem; tous ensemble, ils maltraitèrent les Égyptiens pendant treize années. Mais le chef de ces lépreux fut un prêtre apostat d'Héliopolis, nommé Osarsyph , et connu plus tard sous le nom de Moïse. Il enseignait à mépriser les dieux , à manger les animaux sacrés. Enfin le roi d'Egypte , qui s'était retiré en Ethiopie, réussit à expulser les lépreux et les Hyksos de son royaume. <( Cet événement eut lieu, très-vraisemblablement, sous le règne deMénephtha, fils de Rhamsès II, qui régnait de loki à 1321 avant l'ère vulgaire. L'époque de l'esclavage, le temps de la fabrication des briques par les Juifs datent du règne de Rhamsès Sésostris, père de Ménephtha. C'est indubitablement sous ce roi que les enfants d'Israël furent forcés de bâtir les villes de Pithon et de Rhamsès^.
Lors de leur expulsion de l'Egypte, les Juifs dérobèrent des ustensiles sacrés qui appartenaient sans doute aux temples. C'est ce qui engagea les Égyptiens à les poursuivre : l'historien juif ne parle que d'un emprunt; mais Justin rapporte le rapt tout au long dans le second chapitre du trente-sixième livre de son histoire.
La morale des Hébreux était une morale à part , particulière aux
1. Nombres, c. xxi, v. 8. — 2. II. Rois, c. xviii, v. 4. 3. Id., c. XIX, V. 17. — 4. Josèphe contre Apion. 5. Exode, c. I, V. 11.
Sémites. Leur patriarche Abraham en partant pour l'Ég^'pte, est-il rapporté , emmena avec lui des esclaves qu'il avait faits à Haran ; ils étaient trois cent dix-huit. Il s'en servit comme soldats contre Kedorlaomer, émir d'Élam. Arrivé en Egypte avec les Hyksos, Sémites ou Bédouins comme lui, il dit aux autorités hyksos cfui gouvernaient alors le pays que sa femme est sa sœur, ce qui n'empêche pas qu'elle fut obligée d'entrer dans le harem royal, quoiqu'elle eût soixante ans! Abraham avait une idée bien excentrique de son Dieu pour avoir conçu la pensée de lui sacrifier jusqu'à son fils! Les Hébreux n'étaient point religieux d'intuition ni de sentiment, puisque Mo'ise fut obligé de leur annoncer, profitant d'un orage, au milieu des éclairs et du tonnerre , que les peines les plus sévères punissaient la transgression des préceptes moraux les plus rudimentaires du décalogue. Dans les guerres que les Hébreux soutinrent sous David, ils s'abrutirent tellement, qu'ils finirent par ne plus même saisir les sentences du décalogue. ils retombèrent dans l'adoration des divinités arabes de leurs ennemis ou de leurs rivaux. Sous Salomon, les idées religieuses se bornèrent à la représentation de Jehovah comme une divinité nationale. Le dogme de l'immortalité de l'âme est encore inconnu, ainsi que l'espérance d'une autre vie plus heureuse. Tout est limité à la terre, au temporel, David, par son exemple, avait conlribué à la culture de la poésie, mais poésie mélancolique, ne touchant nullement aux événements qui se passent sur la terre, poésie qu'on est convenu de nommer religieuse. Sous son successeur Salomon , l'esprit juif redevient stationnaire. Ce n'est pas qu'il fût tout à fait sans aptitude naturelle, mais l'on apprend par les annales juives jusqu'où allait sa sagesse, et par son temple on connaît l'insuffisance ou le peu de délicatesse de son goût. Six siècles avant l'ère vulgaire , le peuple juif est amené en Babylonie. A son retour dans sa patrie, il est un peu moins ignorant; il avait retenu quelques notions de la religion de Zoroastre, qui florissait chez les Mèdes de race ariane. Les Juifs furent incapables de cultiver les sciences naturelles et mathématiques; ils n'eurent même pas une connaissance bien juste de la grammaire de leur langue. Le vide, la sonorité, un arrangement de mots et de sentences pompeux sont l'essence de leur poésie comme de toute celle des races arabes : elle ne brille que par la quantité des images qu'elle emploie dans la forme. Il ne pouvait en être autrement chez un peuple dont la nature avait façonné l'esprit et les aptitudes en rapport avec le laid et la pauvreté du pays qu'il était destiné à habiter.
Après Alexandre, les Juifs s'hellénisent jusqu'à un certain degré. Les Romains les écrasent , et ils disparaissent enfin comme corps de nation. Plus tard, les chrétiens les remettent en évidence.
Les Juifs ne se contentèrent pas de brûler des enfants en les plaçant entre les bras, rougis par le feu, de la statue de Moloch, dans la vallée de Hinnom ' qui s'étendait au sud de Jérusalem, au pied de la montagne de Sion ; mais ils offraient encore un sacrifice d'hommes en masse à Jehovah, témoin celui des Gabaonites consommé par Saiil. David promit aussi la mise en croix devant l'Éternel de sept fils de Said, qu'on exécuta à Gibra, ville située non loin et au nord de Jérusalem. Les Juifs n'avaient pu apprendre ces cruautés en Egypte, elles ne sont que d'essence sémitique, phénicienne. Les atrocités révoltantes commises dans la guerre n'ont rien de commun avec les Égyptiens, elles sont arabes. Quand David eut pris Rabba, capitale des Ammonites et à l'est du Jourdain, il emmena le peuple et le mit sous des scies, sous des herses de fer et sous des haches de fer, et il le fit passer par un fourneau oi!i l'on cuit les briques ; et il en fit ainsi à toutes les villes des enfants de Hammon ^. Ayant battu les Moabites, il les fit mesurer au cordeau, les faisant coucher à terre, et il en mesura deux cordeaux pour les faire mourir, et un plein cordeau pour leur sauver la vie'\ Quel contraste avec l'P^gypte, le peuple le plus humain de toute l'antiquité ! L'humanité, c'est-à-dire le respect pour la vie et le droit de l'homme, ne se trouvait que dans la vallée du Nil. Là, la peine de mort était encourue par quiconque tuait un esclave. Dans les bas-reliefs égyptiens, on voit que les prisonniers sont surveillés dans leurs travaux par des hommes la canne à la main ; mais jamais on n'y rencontre l'expression du plaisir produit par les mauvais traitements exercés sur autrui ; jamais on n'y voit une exécution capitale.
Diodore nous apprend combien le pouvoir des rois d'Egypte était restreint ^. , ' .
Toutes leurs actions étaient soumises à des lois précises qui réglaient non-seulement comment ils devaient se conduire dans les audiences publiques, mais encore l'emploi de leur journée et leur régime de vie.
Ce n'est pas chez un petit peuple, manifestant, comme les Juifs, le
1. II Rois, eli. xxiii, V. 10. — Jérémie, eh. vu, v. 31; ch. xix, v. 5; cli. xxxii, V. 35.
2. II Samuel, ch. xn, v. 31. — 3. II Samuel, eh. vjii, v. 2. 4. Diodore, 1. i, ch. i,xx.
caractère sémitique au plus haut degré, qu'il faut s'attendre à trouver l'inspiration des beaux-arts. L'esprit turbulent, inquiet et égoïste du Juif lui fit porter son acti\ité intellectuelle sur d'autres sujets que l'Architecture. Il trafiquait et brocantait comme le Phénicien , qui avait toutefois une supériorité fatale sur lui : le courage et Taudace de parcourir des mers lointaines, des rivages inhospitaliers et des pays inconnus et presque toujours ennemis. Le Phénicien y rencontrait des peuples tatars ou arians ; il portait à un haut degré d'expansion l'industrie; à la vérité, cette industrie était inutile et portait sur des nécessités imaginaires, et, à la longue, elle devenait préjudiciable, funeste même à tout ordre social régulier. Le Juif ne trafiquait qu'avec l'argent. Le Phénicien a commencé la ruine du beau, du noble et du saint chez toutes les nations bordant la Méditerranée; le Juif l'a continuée par d'autres moyens qu'il a inoculés aux races qui ne sont pas de son sang, c'est-à-dire aux races caucasiennes de l'Europe. La prétention qu'il avait d'être le peuple de Dieu constituait un vrai blasphème, que quelques historiens modernes perpétuent inconsidérément.
Leur séjour en Ég\"pte , où les arts étaient poussés, comme nous l'avons vu, à une grande élévation, ne put profiter en rien aux Juifs. Ils n'en firent que de grossières imitations, auxquelles ils mêlèrent des inspirations empruntées aux arts des Assyriens, et surtout à ceux de leurs plus proches voisins, les Phéniciens. Mais toutes ces copies imparfaites se manifestèrent principalement dans les détails , l'ornementation et l'ameublement du temple national.