‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 155 sur 298 · L ARCHE ET LE TABERNACLE · texte numérisé non relu

L ARCHE ET LE TABERNACLE

Lorsque, après avoir reçu la loi sur le mont Sinaï, les Hébreux voulurent conserver les tables sur lesquelles les dix commandements étaient inscrits, ils confectionnèrent l'Arche.. C'était un petit monument mobile, de 2 coudées 1/2 ou 1™ 38 de longueur, 1 coudée 1/2 ou 0™ 83 de largeur et 1 coudée de hauteur '. Cette boîte était couronnée tout autour, à son sommet, d'une corniche en forme de boudin ou tore. Aux quatre coins, vers le milieu de la hauteur, était fixé un anneau ; par deux de ces anneaux, à droite et là gauche, on passait une traverse sei'vant à porter ce dépôt des archives saintes. Les anneaux étaient en or, le reste en bois de Sittim, c'est-à-dire en bois d'acacia. L'Arche était dorée à l'intérieur : son couvercle ^ était en or et orné de deux chérubins ^ en ronde bosse et en or, le visage tourné l'un vers l'autre. Ces chérubins rappellent ces figures ailées de toute sorte qu'on a retrouvées à ^inive. Il ne faut pas oublier que les livres qui portent le nom de Moïse ont été remaniés après la captivité, et que les auteurs ont tiré bon parti des arts assyriens dans leurs visions, leurs images et leurs descriptions. Entre ces deux représentations singulières, qui n'avaient plus les ailes reployées sur le corps, mais libres, en sorte que l'aile d'un chérubin touchait presque celle de l'autre ; entre ces figures merveilleuses, disons-nous, on se figurait la présence du dieu Jehovah \ Cette idée fait naturellement penser aussi à ces immenses avenues de sphinx au-devant des temples égyptiens, qui représentaient le mystère de la divinité. D'autres peuples encore ont employé le

1. Exode, eh.xxv, V. lOàie. — 2. Id., v. 17. — 3. Id., v. 18. 4. Id., V. 22. — Nombres, ch. vu, v. 89. — Psaume xcix, v. 1.

sphinx dans leurs idées religieuses : les Grecs les nommaient Ânka; les Perses leur donnaient le nom de Simurg; dans l'Inde même ils apparaissent '. L'Arche se plaçait dans le tabernacle, pendant que les Israélites parcouraient les déserts de l'Arabie. Lorsque Salomon eut construit le temple de Jérusalem, l'Arche fut déposée dans le lieu trèssaint 2. Quand Nabuchodonosor livra aux flammes le temple de Jehovah, en 588 avant l'ère vulgaire, l'Arche périt dans cet incendie. Le lieu très-saint des temples de Zorobabel et d'Hérode resta vide. La colonne de feu qu'on supposait voir au-dessus de l'Arche pendant le trajet des Hébreux d'Egypte en Palestine n'est autre que la fumée des sacrifices consommés par les prêtres auprès du dépôt de la loi. L'Arche était une copie des barques sacrées, représentées sur les monuments égyptiens; elle avait seulement une autre destination. La forme des premiers reliquaires chrétiens a peut-être été inspirée par celle de l'Arche.

112. — Barque sacrée tirée d'un bas-relief du temple d'Essaboue.

On nommait tabernacle le petit sanctuaire mobile et portatif que les Hébreux ont construit et gardé avec eux pendant leur voyage d'Egypte dans le pays de Chanaan. Ce tabernacle était un édifice moyen, conçu de telle sorte que les parties qui le composaient étaient facilement jointes et aussi facilement enlevées de l'endroit que les Hébreux choisissaient pour leur séjour momentané.

.Le tabernacle se composait de deux parties distinctes : du lieu saint et du lieu très-saint. 11 était toujours placé dans une enceinte formant une cour, qui elle-même était fermée par une clôture mobile. Ce tabernacle, de forme oblongue, se composait d'une espèce d'échafaudage en bois formé de quarante-huit, petits compartiments en bois

1. Voyez 3. @. aîficfcc, Sic tjctltiic Saçjc uiifc ta? gciainmte McligiLMiéùiftcm tci altcn S.itttcv, 2)îetet uiifc ^'erfcr cbct tcê 3cniï'cl!s. Çvanffuït, 1820. 1 vol. iii-8, p. 217 et suiv.

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