‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 168 sur 298 · Ce lac est à 1,461 mètres au-dessus du niveau de la mer · texte numérisé non relu

Ce lac est à 1,461 mètres au-dessus du niveau de la mer

2. L'Anahite Aphrodite de ce passage de Bérose est l'Ardvicura Anahita. Elle est nommée Aphrodite, pour exprimer l'eau féconde, créatrice, génératrice. Anahita veut dire sans ténèhres.

Babylone, à Suse, à Ekbatane, à Persépolis, à Bactres, à Damas et à Sardes. On voit déjà sur les monuments de Darius des figures symboliques de divinités imitées des Assyriens, et Strabon rapporte que le dieu Omanos (Horma) et la déesse Anahite auraient eu des temples, et que la figure d'Omanos était portée en procession dans certaines fêtes. Au reste, il n'est point étonnant que les Iraniens de l'occident, entourés de peuples chez lesquels les images religieuses étaient usitées, les aient peu à peu introduites chez eux jusqu'à un certain degré.

L'empire des Mèdes et celui des Perses étaient au fond le même ; seulement, lors d'un changement de dynastie, la préséance était assumée par d'autres peuples de leur sein. Hérodote ' explique dans un passage ce qu'il avait dit ailleurs-, à savoir : qu'un peuple commandait à d'autres, les derniers à ceux qui les touchaient, faisant le moins de cas des peuples les plus éloignés. Il a voulu dire en même temps que, lorsque les Perses assumèrent l'empire, il ne s'opérait autre chose que l'inverse de l'ordre établi antérieurement. Il dit ^ que les Perses habitent jusqu'à la mer Erythrée (océan Indien), vers le nord, audessus les Mèdes ; au-dessus des Mèdes, les Sapires; et, par delà les Sapires, les Colchidiens. Au chapitre 134 du livre I, il ne fait aucune différence entre les mœurs des Mèdes et celles des Perses. « Les Mèdes les ( divers peuples) gouvernaient tous ensemble, aussi bien que leurs plus proches voisins. » Un passage positif d'Aristote ne laisse point de doute sur l'identité des Mèdes et des Perses. « Des généraux d'armée ont souvent attaqué des monarques. Kyros dépouilla Astyages par mépris pour son genre de vie et sa puissance : Astyages passait sa vie au sein des délices, et son armée était sans discipline ^. » Les Mèdes et les Perses sont également confondus par Strabon.

Les Mèdes étaient un peuple fort ancien, car le sémite Ninus, roi d'Assyrie, leur lit la guerre et les vainquit environ deux mille ans avant l'ère vulgaire. Les Mèdes restèrent sous la domination assyrienne jusqu'à une révolution qui s'opéra sous un Sardanapale, en 714 avant l'ère vulgaire. Ils commencèrent les premiers à se révolter : en combattant pour la liberté contre les Assyriens, ils s'aguerrirent et parvinrent à secouer le joug et à se rendre indépendants; les autres nations soumises aux Assyriens les imitèrent ^. Les Mèdes élevaient beaucoup de chevaux, et étaient excellents cavaliers. De là aussi leurs avantages sur les Assyriens arabes, experts dans les combats de cava-

]. Hérodote, 1. iv, cli. xxxvii. — 2. L, i, ch. cxxxiv. — 3. 1. i, th. xxxvn. 4. Polit., 1. V, cil. vni. — 5. Hérodote, 1. i, ch. xcv.

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lerie, mais où chaque guerrier ne combattait que pour son propre compte. Les Mèdes, au contraire, de la race qui a la faculté de concevoir l'ordre et l'unité, avaient une tactique militaire et des idées stratégiques. Toutefois, relégués pendant longtemps dans une contrée qu'il fallait convertir à l'agriculture et défendre en même temps contre les Assyriens, les Mèdes durent rester pendant une longue suite de siècles nomades et rudes.

Quelques auteurs se sont appuyés sur un passage de Diodore^ pour prouver que les Égyptiens bâtirent les monuments perses. — Diodorc dit que les Perses (sous Kambyscs) transportèrent par la suite en Asie les dépouilles des temples égyptiens , et qu'ayant emmené avec eux des ouvriers égyptiens, ils les employèrent à agrandir et à décorer ces palais renommés que l'on admire à Persépolis, à Suse et dans la Médie. On a voulu fortiiier l'hypothèse de l'origine égyptienne de l'architecture des Perses en se référant à un membre décoratif, le couronnement des portes encore debout sur l'emplacement des palais en question, consistant dans cette gorge puissante qui termine le dessus des portes d'entrée des palais et des tombeaux des anciens Perses. Cette gorge est sans doute une des formes employées dans l'architecture des bords du Nil ; mais elle est aussi assyrienne , comme le prouve le profd de couronnement d'un mur de soutènement du palais de Khorsabad -, antérieur d'un siècle et demi aux constructions de Persépolis et autres.

Quant au chambranle à trois retraites, nous le retrouvons aussi au tombeau, dit d'Atrée, à Mykènes, et souvent dans l'architecture grecque et étrangère.

L'architecture perse porte un caractère asiatique : elle n'est nullement africaine dans son ensemble et dans ses détails. Elle a été conçue avec un esprit d'indépendance qui pouvait facilement se soustraire aux lois impérieuses qu'imposait la grande dureté des matériaux en Egypte, et nous voyons effectivement qu'elle a une légèreté qu'on ne trouve pas dans les temples et les palais des bords du Nil , une élégance très-grande qui n'est pas celle des édifices égyptiens. Ce sont les mœurs, la situation géographique de la Perse et de la Médie, le climat et les matériaux , qui ont amené la légèreté et l'élégance dans les monuments de Pasagardes et de Persépolis, élégance née de la liberté d'imagination, affranchie des bornes posées par le granit, le

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